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« L'OBSCÈNE EST UNE MACHINE DE GUERRE CONTRE LA MÉTAPHORE »

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Exrait

« L’OBSCÈNE EST UNE MACHINE DE GUERRE CONTRE LA MÉTAPHORE »
Entretien avec Serge Tisseron erge Tisseron, psychanalyste, l’image et sur le rapport entre l’obs-s’intéresse à l’image à travers la cénité et ce qu’il appelle le « désir enSun chacun à exposer son intimitétretient avec elle. Au centre de son relation que l’être humain d’extimité », ce désir qui conduit tout travail, une réflexion qui mêle les arts devant un public. Serge Tisseron nous et les médias : après la BD (Tintina reçus chez lui le 21 décembre 2001. chez le psychanalyste, Aubier, 1985), il s’intéresse à la photographie (Le Mystère de la chambre claire, photo-La Voix du Regard : Vous avez graphie et inconscient, Les bellesécrit dans plusieurs de vos récents lettres, 1996), à la télévision sousouvrages que l’image a le pouvoir l’angle de la violence (Enfants sousde « représenter, contenir et trans-influence : les écrans rendent-ilssurformer ». Pouvez-vous revenir les jeunes violents?, Armand Colin,cette idée, tout à fait centrale 2000), mais aussi à une réflexionpour comprendre votre réflexion théorique globale sur l’image (Psy-sur l’image ? chanalyse de l’image, des premiers traits au virtuel, Dunod, 1995 ;Y a-t-Serge Tisseron: Dans notre culture, il un pilote dans l’image?, Aubier, l’image est en général considérée du 1998). Dans son dernier ouvrage, point de vue de son pouvoir de signi-L’Intimité surexposée(Ramsay, 2001), fication, comme un symbole ou il s’appuie sur le phénomèneLoftcomme un signe. Personnellement, je Storypour aborder les nouvelles rela- ne me définis pas comme un spécia-tions de l’individu à son identité et à liste des images mais plutôt comme son image. Dès lors, à la lumière de un spécialiste des relations que nous ses analyses sur la « télé-réalité », établissons et entretenons avec elles. nous avons souhaité l’interroger sur Dès lors, si l’on adopte ce point de ce que la psychanalyse apporte à vue, on s’aperçoit que la relation que notre perception de l’obscène dans l’on a avec les images excède de
toutes parts le fait de les traiter comme des signes. Si j’ai sur moi la photographie d’une femme que j’aime, je sais bien que cette photographie ne contient rien en réalité de cette femme ; c’est une représentation imagée de cette femme ; mais si quelqu’un me vole la photographie et se met à la salir, à cracher dessus, à planter des aiguilles dedans, c’est quand même quelque chose qui va m’affecter énormément, comme si la personne dirigeait son agressivité directement contre la femme que cette photographie représente. C’est pourquoi, si l’approche de l’image en termes de signes n’est pas fausse, elle me paraît insuffi-sante. Pour rendre compte de cette com-plexité, je propose d’envisager deux formes de pouvoir des images, à l’œuvre dans nos relations avec elles. Il y a d’abord le pouvoir de contenance des images, que l’on peut envisager sous trois aspects. Le premier, c’est le fait qu’une image crée toujours l’illu-sion de contenir en réalité quelque chose de ce qu’elle représente ; c’est
LA VOIX DU REGARD N° 15 - automne2002
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