Le célibataire au golf
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Les joies du golf...

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Publié le 05 juin 2015
Nombre de lectures 248
Langue Français

Exrait

Le célibataire au golf.
Chaque année, une des associations d’agents de voyages organise un tournoi de golf. Je n’y
étais jamais allé. Cette année, dans un moment d’égarement, je m’y suis inscrit.
Attention, le célibataire a joué au golf pendant dix ans. Entre 25 et 35 ans, le célibataire a
arpenté les vertes verges, de tous les mini putt, jusqu’au parcours professionnel.
D’ailleurs, aux confins de sa carrière, il jouait rarement en haut de quatre-vingt-dix. En haut
de quatre-vingt-dix degrés Fahrenheit, c’était beaucoup trop chaud.
J’ai vendu mes bâtons de golf par amour, mademoiselle, ne jouait pas au
golf. Grossière erreur, aujourd’hui je n’ai plus de bâton, ni de mademoiselle.
Mais j’avais gardé en souvenir mes souliers à crampons. Il est vrai que la
couleur était passée dû (jaune, urine de castor), mais, qu’importe, ce n’était
que pour une journée.
J’ai donc dû emprunter le sac de golf d’une de mes sacoches. Évidemment, sa couleur rose,
avec deux tulipes de cuir surpiquées, était un peu criarde, mais je me suis dit, un coup sur le
car de golf, il se noierait dans le décor.
J’avais donc convenu avec moi-même d’arriver quelques heures avant le début du tournoi,
histoire d’aller sur le champ de pratique frapper un papier de balle. Je me suis donc présenté
au club de golf à quatre heures du matin. J’étais seul dans le stationnement. Bizarre !
J’ai donc abaissé le siège de mon auto, afin de piquer un petit roupillon pour être frais et
dispos sur les verts et ainsi impressionner la galerie.
Slac…. Bang ! Le bruit des valises d’auto qu’on refermait, ainsi que les voix gutturales des
autres joueurs me réveillèrent. Il était temps. Le soleil radieux du matin et l’effet de serre
étaient en train de me déshydrater. Vite, j’ai baissé ma vitre, pour goulûment prendre deux,
trois tasses d’air. C’est en nage que je sortis de l’auto.
Juste le son des crampons sur l’asphalte me ragaillardit de ces souvenirs d’antan ou ma
prestance sur les parcours était mémorable. Je reprends du poil de chevreuil et c’est le torse
prédominant, comme un athlète qui descend du podium avec la médaille d’or au cou que je
me présente au magasin du pro pour aller chercher mon panier de balles.
Premier constat. Je réalise qu’il y aura de la grosse poche sur le tertre de départ. Imaginer, j’ai
vu un gars qui réussissait à mettre une douzaine de balles dans la poche avant de son pantalon.
Deuxième constat. Les regards des autres joueurs me semblaient rieurs à mon endroit, alors
même si le temps était plein soleil, j’ai acheté avec mon panier de balles une sorte de poncho
contre la pluie, afin d’en couvrir mon sac de golf qui me paraissait tout à coup un peu trop
voyant.
Arrivé au champ de pratique, je fus très surpris. C’est la première fois que je voyais un
bouddha jouer au golf. De la bedaine à revendre. C’est certain qu’il ne voit pas sa balle en
frappant. Comme de fait, il a swigné dans le beurre. J’eus un fou rire intérieur.
Je plante mon tee, y dépose ma balle, je regarde au loin, enfile mon gant vert fluo, choisis
mon bois numéro un, et m’installe avec mon air de frais chier.
Woufff, swing dans le beurre, une fois deux fois et trois fois. J’entends la montagne de chair
ricaner dans mon dos.Je change mon bois pour le fer un. J’ai touché à la balle. Elle est devant moi à un mètre et
demi. C’en est trop. Je remballe le tout et quitte le terrain. De la merde……Je prends ma
retraite du golf.
Le gros me crie après.
— Hey, tu oublies ta balle.
— Va kier.
Le célibataire.