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Description
d’insertion sont reconnus comme des outils de développement social, de plus en plus
souvent utilisés par les différentes politiques chargées de la lutte contre l'exclusion qu'il
s'agisse des plans départementaux d'insertion ou d'opérations de développement social
urbain (DSU).
Un nouveau regard se pose donc sur certaines formes de jardinage. Depuis le
début du siècle, l'image du "jardin ouvrier" s'est répandue, relayée, après la guerre, par
celle des "jardins familiaux".
Cet équipement qui a marqué la physionomie des banlieues avait lui aussi, dès le
départ, une vocation sociale. C'était un outil de lutte contre la pauvreté qui offrait aux
classes défavorisées de la société industrielle, à la fois un complément de ressources et
un accès à la "nature" voire un substitut à la résidence secondaire des classes moyennes.
Selon les conjonctures historiques, l'accent a été tour à tour mis sur la dimension
économique ou sur la dimension loisir de l'utilité sociale de cet équipement. Mais la
constante pendant un siècle environ reste que cet équipement a été conçu, développé et
géré pour des populations économiquement défavorisées, menacées même par la
paupérisation, mais qui étaient culturellement et socialement intégrées par leur
participation au monde du travail (d'où le terme de jardin "ouvrier"), ou par leur
insertion dans des réseaux de sociabilité (d'où le terme de jardin "familial").
De puissantes fédérations associatives ont su développer et défendre cette
vocation du jardinage collectif, en s'appuyant sur des méthodes éprouvées tant en
matière d'implantation et de gestion des jardins qu'en matière d'encadrement des
jardiniers. Aujourd'hui la crise de l'intégration sociale et culturelle associée à la crise de
l'emploi qui affecte nos sociétés industrielles nous amènent à promouvoir l'accès de
nouvelles catégories sociales au jardinage social : celles qui sont soumises à des
processus d'exclusion.
Dès lors tout est à repenser en terme de méthodologie et d'accès. L'expérience
montre, en effet, que face à ce nouveau type de population, les organisations
gestionnaires classiques sont prises au dépourvu : leurs indiscutables savoir-faire se
sont en effet construits pour de tout autres publics et dans d'autres contextes socioéconomiques.
De nouveaux modèles doivent donc être élaborés pour articuler
efficacement jardinage et insertion. Mais on se heurte alors à une double difficulté. La
première concerne surtout les organismes gestionnaires : ceux-ci ont à gérer la pénurie.
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