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ARTS N° 394 du 16 janvier 1953

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Description

Admirez avec ce journal intégral de l'édition du magazine "ARTS N° 394" et trouvez enfin les grands titres de l'actualité de cette époque du 16 janvier 1953.
Venez découvrir en une de ce journal de 1953, les sujets clés des actualités à la une de cette l'époque :
-GERARD BAUER
-H. MILLER
-MONTHERLANT R.M. BILKE.

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Publié par
Publié le 16 janvier 1953
Nombre de lectures 18
EAN13 3607910116332
Langue Français
Poids de l'ouvrage 18 Mo

Cette semaine: Gérard Bauër, Henry Miller, Montherlant et R.-M. Rilke
w
Spectacles
.140, Faubourg Saint-Honoré - ELY. 21-1 5 EDITION GENERALE Du 16 a u 2 2 janvier . 1953. - N° 394. - 3 0 franc s
ERVIC E INUTIL E es t le plu s célèbr e de s livre s d'essai s
d'Henr y d e Montherlant . Tradui t il y o quelque s moi s e n S japonais / il rencontr a u n te l succè s qu e l'éditeu r japonai s
en fi t ensuit e un e édition « pocke t boo k » , un e éditio n d e poche ,
c'est-à-dir e un e éditio n populaire . Un e maiso n d'éditio n sud - Henry Miller américain e es t su r le poin t d e fair e d e même .
Ce s fait s on t incit é u n éditeu r parisie n à tire r lui auss i « Ser -
vic e inutil e » e n un e éditio n populair e à bo n marché , typ e d e l a
collectio n d e L a Pourpre . L'ouvrag e vien t d e paraîtr e sou s cett e
forme . «J'ai rencontré à Montparnasse
Nou s avon s pens é qu e cett e innovatio n — u n volum e d'essoi s
dan s un e collectio n où n e figuren t qu e de s roman s — méritai t
d'êtr e appuyée , e t nou s profiton s d e c e qu e le hasar d a fai t m
coïncide r cett e publicatio n ave c l'émissio n d e Pierr e Siprio t consa -
cré e à « Servic e inutil e » don s la séri e de s X V soirée s un peintre de mes amis» m Montherlon t pou r reproduir e ici un e parti e d e cett e émissio n
l'obligeant e autorisatio n d e la Chaîn e Nationale .
Henry Miller est revenu en trepri s sur le front, et sur le sa sensibilité à l'égard de la se livrer à des confidences
France. Son passage à Paris, peinture qui se traduit d'ail- personnelles. Ce soir-là, cepen- terrain expérimental non loin
s'il fut bref, lui a permis de leurs chez lui par l'apparition dant, il était d'humeu r à s'é- de Nancy , se caractérisait pa r
retrouver tant de lieux où >ancher. Nous venions de par- l'absence complète de peintur e de tableaux oniriques où les
Printemp s Noir et les Tropi - sirènes de Californie et les er de la guerre qui appro- et de formes brossées au
pinchait, lieu commun devenu ceau (de trompe-l'œil destiné ques ont pris âme. Miller est maisons du Thibet continuent Henry de hantise depuis la réoccupation à confondr e la vue). L'affaire certainement l'un des rares l'enchantement d'un vivant
poètes épiques de notre civi- prodigieux. Ce texte sur son de la Rhénanie par les Alle- de Rattner était de construire
mands. Brusquement, le volcan de vrais artifices, des structu-lisation. Le texte qu'il a bien ami, le peintre Rattner
apparde l'autre guerre se réveilla, res faites de perches, de treil-voulu me remettre, au cours tient à Remember to
Rememde son séjour parisien chez et cela fit comme un éclate- lages en fil de fer, de guirlan-ber que traduit Georges
Belmnt de shrapnells dans la nuit des de toile de jute teinte, Montherlant Maurice Nadeau, témoigne de mont.
arbre s ,boue, plantes, canons JL silencieuse.
en bois et le reste. La peintur e
C'est à la seconde bataille en trompe-l'œil représentait, 'EST au café de Versail- de tapis bourdonnen t autour de la Marne, à Château-Thier- à l'usage, une forme d'illusion les. en face de la gare de nous comme des taons. Par- ry, alors qu'il dirigeait les opé- trop limitée, inefficace parc e parle de C Montparnasse, que j'ai fois, une poule tentait d'amor- rations de camouflage des 75, qu'elle ne dissimulait pas les vraimen t fait la connaissance cer la conversation par-dessus que Rattner fut mis hors de ombres en repoussoir des de Rattner. Je revois parfai - les tables, mais sans allégresse combat, pa r un percutant qui structures fondamentales. Le tement cette soirée d'été. La ni conviction. Sous les réver- l'envoya valser dans un trou princip e du camouflage était terrasse était relativement dé- bères, le feuillage très vert des d'obus. Il souffre toujours de de tromper l'oeil de la caméra. « Service inutile » serte. De temp s à autre, quel- arbres luisait avec un éclat fc la blessure au dos qu'il reçut Si je fais allusion à cette ques attardés disparaissaient m qui faisait pâlir le vert chlo- alors. Transfér é au camp de phase de l'expérience de Ratt-dans la bouche béante du mé- rophylle naturel. Souge, près Bordeaux, il prit ner pendant la guerre, c'est me à son ami propre. Son ami-SIPRIOT. — J'entends souvent tro. Il y avait un léger mou- J'avais beau connaître Ralt-, en mai n l'Ecole de Camoufla- que, étudiant certains de ses tié est trop large pour compor-dire : « Service InutiJe vement de brise, juste ce qu'il 11er depuis quelque temps déjà, ge, nouvellement ouverte. Tout
ter des gros plans. Il me disait, est un livre ambitieux ». fallait pour que les vendeurs jamais je ne l'avais entendu (Suite à la page 6.) le travail de camouflage en- L* Certes, si l'ambition est une fa- il g a deux ans : « Les
larmoyeurs de profession nous çon de faire confiance à autrui
disent : « On est toujours et enferme une estime des hom- M seul» . Mais, c'est le contraire Miller à Big-Sur. mes. En fait, Service Inutile
qui est vrai ; aussi bien dans est surtout une œuvre de
la vie de la pensée que dan s cœur. Montherlant, fort des
acla vie sentimentale, l'être le quêts de trois ans de médita- M*® plus rare, à la fin, ne se trou- SïfsS Ï tion, et solide, et équilibré,
c! ve jamais seul. » Et, en effet , comme on l'est à quarante ans
Montherlant, dans Service Inu- LETTRE — Service Inutile a paru en
tile est avec le petit homme 1935 — se tourne vers toutes
qui meurt subitement sur un les catégories de la société :
champ de course et a honte de l'enfance, dans la Lettre d'un iïïV.?:
déranger les gens par sa mort; pèr e à son fils ; la noblesse,
avec le plongeur russe Serge dans Sur la Noblesse en Fran - AUX JEUNES I » : Dimitrief qui, apprenant que ce ; les chrétiens dans La Fête
le président Doamer vient à l'écart ; les combattants
d'être assassiné par le Busse d'une guerre éventuelle, dans
Gorgoulof, se suicide pour ra-La Prudenc e ou les morts per- S cheter ce crime ; avec la vieille dues ; les désespérés, dans Un 4 PEINTRES
dame inconnue, qui, entree Sens perdu , et, nouant ce pac- r •
avant lui, maintient un instant te, cherche à communiquer à imm
la porte ouverte qui ouvre « La tous ces groupes humains sa par Cla ude Roger-Marx Fêt e à l'écart », c'est-à-dire la m propre maîtrise, au moment où H porte de l'église. la France et l'Europe se sen- 1 comm e eux, les héritiers de la ICTIME d'une surproduc -taient menacées par le travail tradition, invoquan t sans ar -tion san s précédent, de ïd . d'approche de la guerre mon- 1 rê t les règles de la composi-succès qui n e sont pa s Vdiale. Service Inutile est, en ce Une leçon tion, le respect des techniques, toujour s de bon aloi, la sens, dans l'axe des principes pour mieux les trahir . peintur e contemporain e tra -que se fixait Alfred de Vigny: eDès la fi n du XIX siècle verse une crise grave, et don t « Ne jamai s perdr e de vue ce de sagesse nous voudrions tente r de pré - nous voyons s'infiltrer dan s but : moraliser la nation et la
ciser les causes. les milieux même s qui se pré -spiritualiser » ; mais là, il faut Après l'amitié, la sagesse ;
tenden t d' « avant-gard e », prendre garde : si Montherlant Certes, à toutes les époques, la sagesse, c'est-à-dire la
toléon a vu le jeu nature l des de nouvelles variétés d'acadé-est humain il ne prend pas le rance, celle sorte de
contentemisme, je veux dire des routi -ton sentimental. C'est un ami, réactions opposer une généra -ment de soi et des autres, qui
ne s différentes, d'autre s pro-mais tin ami rude, qui n'a point nous enjoint de nous dévelop- tion à la génératio n suivante,
des modes contradictoires s'af - cédés de fabrication. Des ar -de pitié ; un ami redoutable per selon notre intention, sans
tistes d'une dextérité de plu -aussi, qui s'adresse à la liberté fronter , la diversité des tem -rudesse, sans humeur, ayant
pérament s s'affirme r pa r des m e souvent remarquable , et individuelle, car il sait que no- une conduite réservée qui lais- . - I*
méthode s ou des techniques plus brillants dialecticiens que tre salut dépend, non pas d'un se concourir les autres hommes
ennemies. San s remonte r au x peintres, s'habituen t à légifé-miracle, non pas d'une réforme à leur bonheur, comme nous
rer, à édifier des systèmes, à luttes qui dressèrent les un s extérieure, mais de noirs ; et ce allons nous-mêmes vers notre
être leurs propres défenseurs. que notre volonté peut, rien contre les autres Classiques et vrai bien. Disons, entre
parenRomantiques , combien de De Sérusier, de Maurice De-d'autre au monde ne. le peut thèse, que Montherlant s'est
nis, d'Emile Bernar d et de nom s furen t inventés pour bap -faire, ni la contrainte, ni la toujours retenu d'agir sur les
tiser les écoles qui se succédè- Signac, à Lhote, à Ozenfant, à pitié, ni l'amour. consciences. Il avait dix-neuf
rent, depuis plus d'un demi - Gischia, que de peintres-écri-ans quand il écrivait à Faure-Ce n'est que longtemps après
vains et doués pou r la polé-siècle, à u n rythm e accéléré : Biguet : qu'on sent l'efficacité de telles
BRIANCHON. — La plage de Cornac. Impressionnisme, Néo-impres - mique ! A leur tour, ils vont leçons ; sur le moment elles « Je n'ai jamai s cherch é à sionnisme, Symbolisme, Fau - forme r — e t parfoi s défor -offensent, elles touchent au vif attirer 'personn e à moi, et je me r — de nouvelles généra -visme, Cubisme, Futurisme , comme un coup de baguette souhaite que cela, qui a été Purisme, Musicalisme, etc. Ces tions d'artistes - esthéticiens. et, quand les textes qui compo- la paix de m a vie. soit la paix appellations plus ou moin s L'esprit doctrinaire, l'esprit sent Service Inutile commen- de ma mort. » contrôlées, ces étiquettes pro - partisan , des notions philoso-CENTENAIRE cèrent de paraître dans les
Cette tolérance envers les au- visoires témoignen t d'une agi-journaux, on demanda, bien (Suite en page 7.) tres ne fait qu'un avec la tolé- tation, d'un e inquiétude vite à Montherlant de changer rance envers soi; on se conduit grandissantes. Pou r se rassu -de ton ou de cesser sa
collaboavec les hommes comme on se rer sur eux-même s e t sur les ration. DU BOIS conduit avec soi-même : tolé- fin s qu'ils poursuivent, les ar -
Mais, dira-t-on, il est tou- rant ici, tolérant là, en sorte tistes croiront nécessaire de
jours plus aisé de s'apercevoir que si on accepte que chacun s'enrôler sous un e bannière ,
du mat que du remède. Où sont soit autre, on peut bien accep- m de faire part i d'un clan, de se APOLL O DE BOULOGNE mm les remèdes ? ter aussi de « devenir un autre répandr e en programmes , en
Revue mensuelle anglaise pour
soi-même », comme le souhaite manifestes . Alors mêm e qu'ils connaisseurs et collectionneurs
le roi Minos du Chant de Mi- Dans Je numéro de janvier figuren t se diron t ou se voudron t naïfs ,
notammen t des articles sur : nos. nu livrés à l'inconscient-, ils se-Une leçon par Gérard Bauër
La sagesse marque encore ron t naïf s ou inconscients avec
cette acceptation de soi : s'ac- LA COLLECTION THYSSEN d e l'Académi e Goncourt . méthod e e t sur commande ; ils o
cepter, c'est faire confiance à s'expliqueront longuemen t sur de civisme
glai s d e Talbo t e t le s Espagnol s la vie, à sa fécondité, et la sa- E Bois de Boulogne , paraît - • * leurs intentions, deviendront L'ART DU MOYEN AGE
il, a cen t ans . Pourquo i pa s d u du c d e Parm e y on t précéd é gesse, c'est cette confiance, de plus en plus raisonneurs. wm D'abord, ce que Montl L mill e ? A-t-i l don c pouss é les botte s de s Hanovriens . Qu<v>d c'est cette sécurité. Ce qui n e veut pas dire qu'ils EN ECOSSE nous propose, c'est le civ comm e un e forê t enchanté e le le s chemise s brunes , rwjuèr. , oc -Reste à envisager l'unité de deviendront plus intelligents.
Le « civisme », mol rare dans jou r où Napoléo n III , e n a dot é cupèren t le Bois, elles '.'étaien t l'ouvrage, sur ce point je laisse On remarquer a que ce n'est la littérature depuis Montes- LA PORCELAINE la ville d e Pari s ? A-t-o n oubli é don c pa s les première ? Jrmées à la parole à M. de Montherlant. presque jamai s à de grand s MM quieu, qui l'entendait dans le Philipp e August e e t Louis XI y s'installe r dan s ce s bosquets . Mai s mm artistes, mais à des talent s se-m-i sens même que lui donne Mon- chassan t « d e grande s bête s » ; avan t elles , on n' y rvai t pa s en -MONTHERLANT. — Si je DE SWANSEA m condaires. à des vulgarisateurs, m therlant, comme le maintien e t Françoi s I " y installan t irn cor e fusill é de s inixicent s a u pe -cherch e ce qui fait l'uni- qu'incombe la tâch e de cons-m r m coûte que coûte de la société somptueu x rendez-vous , e t le comt e ti t jour . D u moins , l'histoir e n'e n té profond e de ce livre, mm PENDULES ANGLAISES truire des théories. Le gran d civile ; droit chemin qui crée a pa s gard é la mémoire . d e Retz , y goûtan t le silenc e au compose d'études dont il est peintre, en général, se con-en nous une satisfaction inté- temp s d e la Fronde , e t le comt e possible qu'au premie r abord tente de peindre e t de con- EXPOSITIONS A LONDRES rieure, la satisfaction de se d'Artois , y bâtissen t s a bagatell e ? Cen t an s ? Mill e an s ? Le Bois elles paraissent plus ou moins vaincre pa r ses œuvres. Ni conduire décemment à l'égard d e Boulogn e a l'âg e d e no s sou -Faut-i l poursuivr e cett e chronique , disparates, je crois la trouver Courbet, si fanfaro n pourtant , ET A PARIS des hommes, en sorte que nous évoque r la princess e Borghès e à la venirs . U n jour , où Ludovi c Ha -dans cette morale de la qualité n i Manet, ni Monet, ni Degas, lévy descendai t d e Montmartr e nous trouvons récompensés Folie Saint-Jame s où Wellington , que reprendron t plus tard Le ni Cézanne, ni Renoir, ni Van par notre acte même, dut-il res- lui succéda , lorsqu e la fortun e le vaudevillist e Dupin , le VENTES PUBLIQUES •Kï-Solstice de juin et Fils de per- m Gogh, ni Rodin, n i Bonnard , dialoguist e l'arrêt a soudai n ter isolé, sans appui, incom- de s arme s le conduisi t à Paris . En -sonne, mais qui déjà, dans Ser- ni Braque, ni Picasso n'ont- ja -tr e l'amou r e t le brigandage , le pou r lui dire : « Vou s voyez , à pris, dans la société. A LONDRES vice Inutile, est exposée sans mai s prétend u imposer leurs ce t endroit-ci , j'a i tir é de s le -Après le civisme, l'amitié ; Bois de Boulogn e subit , cel a va de réticence avec le récit intitulé méthode s et détenir la seule » C'étai t plac e Clichy . Pou r on dit souvent que Monther- soi, les injure s de s troupes . O n La Chienne de Colomb-Béchar. LES LIVRES D'ART vérité en art. il s on t laissé s' y es t battu , on y a campé , on y lant n'a pas d'amis. En fait, Bien des problèmes sont cette illusion à des professeurs, 250 francs, ou 2.250 fr . pour dousa
o port é le fe r e t le feu . Les An - (Suite en page 10) c'est qu'il comprend et s'atta- Au Bois, sous l'Empire : Légère, mais non court-vétue ! numéros par abonnemen t annual, qui n e sont pas toujour s du che à l'homme inconnu com- (Suite en page 5.) B«nseigtiera«its : quai Malaquais, mai s se disent N.M.P.P., 111, ruo Réaumar, Pari* <3#)