Ces joueurs qui cherchent un club...
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Ces joueurs qui cherchent un club...

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Le chômage. Ce mot inconnu dans le monde du rugby a fait son entrée depuis quelques années avec le professionnalisme. Désormais, le rugby est un métier, et comme dans tout métier, il y a du chômage.

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Ces joueurs qui cherchent un club...

Virgile Lacombe-Ronnie Cooke. Deux anciens coéquipiers, deux destins différents. Ils se côtoyaient encore à Brive il y a quelques mois, mais avec la relégation du club en Pro D2, ils ont été laissés libres comme c'est souvent le cas quand un club descend et doit donc bien évidemment réduire sa voilure financière. Les deux joueurs se sont donc retrouvés sans club. En attendant que la situation s'améliore, Lacombe a pris la direction de Toulouse, son ancien club, pour s'entraîner et se maintenir en forme. Finalement, il a eu de la chance car le Stade Toulousain a décidé de lui proposer un contrat. Son ancien coéquipier, l'ailier Ronnie Cooke n'a pas eu cette chance pour l'instant. Pendant cette période de chômage, il a obtenu le feu vert des dirigeants brivistes pour s'entraîner avec l'équipe en attendant de trouver un point de chute et mettre un terme à cette période de chômage qui lui pèse de plus en plus au fur et à mesure que les semaines passent. A 28 ans, l'ailier sud-africain espère trouver une place de joker médical dans un club avant la fin de la période des mutations qui est fixée au 12 septembre pour permettre aux joueurs sans club de trouver un point de chute. Aujourd'hui, même si les chiffres sont difficiles à définir clairement car certains joueurs n'ont pas demandé de période supplémentaire pour effectuer une mutation et d'autres sont partis jouer dans les divisions fédérales tout en touchant leurs allocations chômage, il y a environ 50 joueurs qui recherchent un club. Un chiffre à peu près similaire aux années précédentes alors que l'on aurait pu craindre une grosse augmentation vu le contexte économique. Mais, en fait, quand ils ont des difficultés à trouver un club de Top 14 ou de Pro D2, beaucoup de joueurs préfèrent se diriger vers des contrats en Fédérale 1 avec des reconversions à la clé. En plus du contexte économique difficile qui amène à des réductions de budget, les autres causes de chômage sont les blessures ou l'arrivée de nombreux joueurs étrangers : "Non, avec l'arrivée de joueurs étrangers, il n'y a pas plus de chômeurs. Cette arrivée change la donne dans le sens où moins de joueurs ont l'opportunité d'accéder au monde professionnel. C'est le souci. Les joueurs trouvent donc une place en Fédérale car les clubs peuvent offrir une plus grande employabilité et des possibilités de reconversion intéressantes" explique Gaël Arandiga de Provale. Provale, le syndicat des joueurs, tente de trouver des solutions pour tous ces joueurs en difficulté. En suivant un peu le même principe des stages UNFP en foot, Provale avait, notamment, mis en place, il y a quelques années, pendant la période de préparation, un match entre une équipe regroupant les chômeurs et une équipe professionnelle, mais l'expérience n'a pas été renouvelée car seuls sept joueurs chômeurs se sont présentés à la convocation le jour du match. Le syndicat organise, désormais, des réunions avec les joueurs en privilégiant un discours réaliste. Hors de question de vendre du rêve. Et parallèlement, Provale diffuse dans les clubs la liste des joueurs au chômage au cas où un club pourrait avoir des besoins à un poste précis. Cela porte parfois ses fruits comme en 2009 lorsque Robins Tchale-Watchou a signé à l'USAP juste avant le début du Top 14 avec l'aide de Provale alors que son contrat au Stade Français n'avait pas été renouvelé. Un an plus tard, le 2ème ligne catalan était finaliste du championnat. Fabrice Estebanez, a lui aussi été confronté aux affres du chômage et a réussi à s'en sortir puisqu'il est devenu international et a évolué à Brive puis au Racing aujourd'hui : "C'est vrai que mon parcours a été compliqué J'ai connu plusieurs périodes de chômage, une à Colomiers. J'étais un espoir du club et il ne m'a rien proposé. Je me suis tourné vers le rugby à XIII, j'ai été international à XIII avant de connaître de nouveau le chômage. Je suis alors reparti au XV chez moi à Gaillac et là rebelote en 2006 quand le club a mis la clé sous la porte. C'est finalement Brive qui a cru en moi en 2007. Je ne remercierai jamais assez les dirigeants brivistes qui ont pris un risque. Mon exemple prouve à tous les joueurs qu'il ne faut jamais lâcher. Quand j'étais au chômage, j'avais un boulot de plombier, mais je ne me suis jamais éloigné du rugby, j'ai toujours gardé foi en moi et la roue finit toujours par tourner. C'est le message que je voudrais faire passer aux joueurs qui sont en difficulté aujourd'hui, il ne faut surtout pas lâcher et y croire." Des conseils que les joueurs de Bourgoin vont reprendre à leur compte et essayer d'appliquer car une mauvaise nouvelle vient de leur tomber sur la tête avec le dépôt de bilan du club. Entre les pros et les espoirs, il y a 40 joueurs sous contrat. Si certains comme le talonneur Briggs qui a signé aux London Irish ont trouvé rapidement des points de chute, 80% de l'effectif se retrouve en difficulté d'autant plus que la décision a été prise tard, les championnats étant sur le point de reprendre.

Le dépôt de bilan de Bourgoin va faire grimper les statistiques

Sans club, Virgile Lacombe a eu la chance de signer à Toulouse, mais tous n'ont pas cette chance.