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Mathieu Bastareaud : " Toulon, c'est une bande de copains"

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Est-ce que cette saison va enfin être celle de Mathieu Bastareaud ? Le trois-quarts centre toulonnais l'espère et il le pense tant il a évolué sportivement et mentalement depuis son arrivée sur la Rade. Il nous parle de tout ça et nous confie ses espoirs.

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Mathieu Bastareaud : " Toulon, c'est une bande de copains"

Quel bilan faîtes-vous de votre première saison à Toulon ? Je suis globalement satisfait. Au sein du club, j'ai rencontré des gens qui m'ont beaucoup aidé pour que je m'intègre au mieux et le plus vite possible surtout. Niveau rugby, le bilan est mitigé. Je sais que je peux faire mieux. Mais je me dis aussi que je reviens de très loin. J'ai repris goût à jouer au rugby et ça c'est déjà très important. Je peux mieux faire et je vais essayer de le faire cette saison. Il faut que l'on efface nos deux échecs en finale.

Sur quoi se sont jouées ces finales selon vous ? Il nous a manqué le petit coup de pouce que nous avions eu en quarts et en demi-finales, ce petit coup de chance qui fait basculer la balance du bon côté. Cela nous avait réussi avant, pas en finale, c'est dommage car on ne retient que les noms des vainqueurs. J'ai hâte d'être au début de la saison pour revenir au Stade de France. Mais nous pouvons être fiers de nous. En début de saison, on ne donnait pas très cher de nous en disant qu'il y avait certes des noms, mais pas d'équipe. Nous avons fait taire beaucoup de personnes. On est une bande de copains. C'est dommage que l'on n'ait pas gagné un titre, on l'aurait mérité. Mais je ne me fais pas trop de soucis pour l'avenir.

Les gens attendent beaucoup de vous. En avez-vous conscience ? Cela vous met-il la pression ? Je suis évidemment conscient que l'on attend beaucoup de moi, tout comme je suis conscient que je peux faire mieux. Mais le plus important, c'est que j'ai retrouvé un bon état d'esprit, l'envie de me faire mal, de me dépasser. Je voulais retrouver un mental de compétiteur, j'y suis parvenu maintenant, il faut avoir des titres avec le club pour nous, mais aussi nos supporteurs qui sont au top.

On parle beaucoup de Toulon. Cela vous perturbe-t-il, vous les joueurs ? Non, je dirai même que cela nous a plutôt resserrés. Le président puis Bernard (Laporte) ont été suspendus, on a fait le dos rond et on s'en est finalement bien sortis. Quand tout cela est arrivé, on s'est dit que les choses nous appartenaient et qu'il fallait nous prendre en main. On est des grands garçons. Bernard Laporte nous donnait des consignes avant le match, charge à nous de les appliquer après sur le terrain. Le RCT est certes atypique, mais je peux vous assurer que les gens ont souvent une fausse image du club.

"L'équipe de France ? Je l'ai dans un coin de ma tête. Il ne faut pas brûler les étapes et s'éparpiller. Si je suis rappelé, tant mieux. Si ce n'est pas le cas, je continuerai à bosser"

Quelle est la véritable image du club alors ? C'est un club où on travaille bien. A partir du moment où on fait notre job on est tranquille. On a l'image d'un club de mercenaires, mais ce n'est pas du tout le cas. Le recrutement est très bien ciblé, il n'est pas fait au hasard pour empiler les stars comme on peut le lire souvent au sujet de Toulon. Je peux vous dire qu'à l'entraînement il n'y a pas de stars, juste des gars qui s'entendent bien, qui se défoncent les uns pour les autres.

Toulon vise forcément le titre cette saison ? Oui. L'objectif sera de faire mieux que l'année précédente et comme on a été finalistes, on va maintenant tout faire pour être champions. On a les moyens pour, les joueurs aussi donc on va tout faire pour faire de nouveau vibrer la Rade, mais en ramenant le Bouclier cette fois-ci.

Vu le recrutement effectué le club est obligé de remporter un titre cette saison. Ressentezvous de la pression par rapport à ça ?

C'est sûr que l'on a un beau groupe, qui va nous permettre de jouer sur tous les tableaux car il ne faut pas oublier que nous sommes aussi en H Cup. Ça ne va pas être simple de faire les deux, mais non, ça ne nous met pas plus de pression que cela. On est relax, on travaille bien et en travaillant bien on sait que l'on aura de bons résultats. Après, comme je vous le disais il faut aussi un soupçon de chance que nous n'avons pas eu sur les deux finales la saison dernière. Si on fait les choses bien, on peut aller loin, le plus important c'est de ne pas se prendre la tête car ça ça ne fait pas avancer.

Vous avez failli avoir Bernard Laporte comme manager au Stade Français, c'est finalement à Toulon que c'est arrivé. Quel genre de manager est-il ? C'est quelqu'un qui a une grande expérience d'entraîneur et de sélectionneur du XV de France. Il a aussi gagné le Bouclier de Brennus en tant que joueur puis comme entraîneur. C'est le type d'entraîneur que j'apprécie car il dit les choses clairement, que ça aille bien ou mal. J'aime ce genre de dialogue franc et droit dans les yeux. Avec lui, il n'y a pas de faux semblants, tout est clair.

Pourtant, il n'a pas été tendre avec vous en milieu de saison quand il a dit à propos de vous et Alexis Palisson "s'ils veulent retrouver les Bleus ils ont intérêt à se bouger". Vous l'avez bien pris sur le coup ? Non, on est habitué avec lui. Il crie souvent (rires). En revanche, chaque chose qu'il nous dit on l'applique à la lettre car on sait que c'est pour notre bien et il connaît tellement bien le rugby que s'il nous a dit ça c'est qu'il avait senti qu'on était moins bien et que l'on exploitait pas à fond notre potentiel.

Pensez-vous toujours à l'équipe de France ? Bien sûr, je l'ai dans un coin de ma tête. Mais je suis plus patient et plus serein qu'avant et j'ai appris qu'il ne fallait pas brûler les étapes et s'éparpiller. Si je suis appelé, tant mieux. Si ce n'est pas le cas, je continuerai à bosser. Voilà qu'elle est ma philosophie aujourd'hui.

Vous vous étiez engagé en faveur du site d'Evry qui a été choisi au détriment de Thiais-Orly. Pourquoi ce choix ? Pour moi, Evry était la candidature la plus évidente dans un environnement idéal et avec le Centre national du rugby implanté tout près, à Marcoussis. Je suis content que la FFR ait fait ce choix. La FFR va posséder une très belle enceinte là.

Mathieu Bastareaud Né le 17 septembre 1988 à Créteil (France) 1m83 - 120 kg - ¾ centre

Clubs successifs : Créteil (1997-2000), Massy (2000-2007), Stade Français (2007-2011), Toulon (depuis 2011)

Palmarès : Vainqueur du Tournoi des Six Nations (2010), finaliste du championnat de France et du Challenge Européen (2012) International français (9 sélections, 2 essais)

Finaliste du Super 15 avec les Sharks, Frédéric Michalak arrive à Toulon remonté comme une pendule.