Nouveau départ pour le football féminin anglais
3 pages
Français

Nouveau départ pour le football féminin anglais

-

Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Description

Nouveau départ pour le football féminin anglais. Jeudi 17 mars 2011 site : fifa.com. L'énorme succès de la Premier League anglaise – en termes sociaux et ...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 139
Langue Français
Nouveau départ pour le football féminin anglais Jeudi 17 mars 2011 site : fifa.com L’énorme succès de la Premier League anglaise –en termes sociaux et économiquesest peut-être une des causes des difficultés que rencontre le football féminin pour s’imposer en Angleterre. Depuis ses débuts en 1992, cette prestigieuse compétition suscite un tel engouement qu’il ne reste que peu de place pour le football féminin dans le paysage médiatique et les discussions entre supporters. En Angleterre, le football est encore clairement considéré comme une discipline essentiellement masculine. Et bien qu’elle contribue aujourd’hui activement à la promotion du football féminin, la Fédération Anglaise de Football (FA) a par le passé nettement contribué à promouvoir cette attitude machiste, en particulier lorsqu’elle a interdit aux femmes d’utiliser les terrains dela ligue masculine pendant un demi-sièclede 1921 à 1971au motif que "le football ne convient pas aux femmes et que celles-ci ne devraient pas être encouragées à le pratiquer". Le football féminin anglais n’est pas encore au bout du long chemin qui le sépare de la pleine reconnaissance mais des progrès ont indéniablement été réalisés, et ce avec la bénédiction de la FA. En 2002, le football a délogé le net-ball en tant que sport féminin le plus populaire en Angleterre,et la discipline compte désormais plus de 150 000 licenciées. La prochaine grande étape aura lieu en avril lorsque la nouvelle Women’s Super League (WSL) remplacera la National Division de la Premier League féminine en tant que championnat de première division anglaise. Or, il ne s’agit pas seulement d’un changement de nom, mais de la mise en oeuvre d’un nouveau concept de ligue pour les meilleurs clubs féminins. "Nous avons analysé le football féminin et avons créé une nouvelle stratégie", explique Kelly Simmons, responsable du football national au sein de la FA et membre de la Commission du Football Féminin et de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA. "Les équipes de jeunes et les ‘A’ obtenaient de bons résultats dans les principales compétitions mais tout le monde disait que la Premier League féminine était en difficulté et qu’elle n’avait pas les bases nécessaires pour répondre à nos attentes."Des leçons tirées du passé Le précédent système présentait de nombreux inconvénients. La plupart des terrains étant partagés avec des clubs de football masculin qui jouaient souvent la veille, les pelouses n’avaient pas le temps de se régénérer et des matches devaient souvent être reportés en raison des mauvaises conditions climatiques. Les clubs comptaient généralement sur des dirigeants bénévoles et le peu de marketing mis en oeuvre n’attirait que de maigres affluences, de cinquante à cent spectateurs. Ceci rendait le produit difficile à vendre aux diffuseurs et perpétuait legrand problème du manque de couverture médiatique. Les organisateurs de la nouvelle ligue ont tiré les leçons de ces précédentes expériences et la première saison de la WSL se disputera du mois d’avril au mois d’août 2011, évitant ainsi les rigueurs de l’hiver, avec une pause de neuf semaines en juin et juillet pour ne pas interférer avec la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Allemagne 2011. Un nombre limité de huit clubs disputeront un total de quatorze matches (aller-retour) par saison. Chaque club aura droit à un maximum de quatre joueuses payées plus de 20 000 livres sterling, l’objectif étant de répartir les talents entre les clubs etd’éviter les dépenses excessives.
En outre, les internationales 'A' d’Angleterre percevront un supplément de 16 000 livres dans le cadre d’un contrat avec la FA faisant d’elles des joueuses professionnelles à temps plein, alors que la plupart des autres joueuses seront semi-professionnelles. Afin de promouvoir le football féminin dans les médias nationaux et d’obtenir une meilleure couverture, la chaîne de télévision privée ESPN s’est engagée à diffuser cinq matches de la première saison en direct et à programmer une émission hebdomadaire de trente minutes présentant les points forts de la semaine. Actuellement, seuls les finales de coupes et certains matches internationaux sont diffusés en direct. Nouvelle licence Parmi les conditions imposées par la ligue, les clubs doivent avoir un entraîneurdétenteur de la licence A de l’UEFA et leurs installations médicales, d’entraînement et de match doivent répondre à certains critères définis dans l’objectif d’améliorer le football féminin dans son ensemble.Une approche si rigoureuse s’est avérée difficile à mettre en place pour quelques clubs, dont certains des grands noms de l’ancienne première division tels que Leeds Carnegie et Sunderland Women. Leeds, qui a terminé la saison dernière en quatrième position, n’est pas parvenu à obtenir suffisamment desoutien financier, tandis que Sunderland, cinquième l’année dernière, n’a pas pu présenter de projet commercial et marketing assez solide. "Nous pouvions uniquement garantir des fonds de 49 000 livres par saison, tandis que certains clubs annonçaient 70 000 livres", a confié le président de Sunderland Women, Maurice Alderson. "Cette nouvelle a été un véritable choc pour le club et nous a tous cassé le moral. Mais nous pouvons mettre à profit cette expérience pour nous améliorer de notre côté et nous inscrire de nouveau dans deux ans, ce qui permettra aussi à la ligue de régler ses problèmes initiaux. Cela pourrait donc être une bonne chose en fin de compte." Malgré les difficiles décisions qui ont dû être prises, Kelly Simmons est convaincue que le fait de débuter avec huit clubs seulement est le meilleur moyen pour la nouvelle ligue de s’assurer un bel avenir. "Nous voulions améliorer les standards dans tellement de domaines commercial,marketing, communication, entraînement, etc.que la création d’un système de licences était le meilleur moyen de mettre en place des bases permettant à la discipline de s’améliorer et de devenir commercialement viable." Simmons et ses collègues ont souvent à la bouche les mots "viables" et "long terme" lorsqu’ils parlentde ce projet. Ils ont étudié d’autres ligues, notamment aux Pays-Bas, en Allemagne, en Australie et aux États-Unis, afin de tirer des leçons des réussites et des échecs qu’elles ont rencontrés.
La FA a notamment beaucoup appris de la ligue américaine (WPS) et de son système de franchises commerciales. Fondée il y a tout juste deux saisons, la WPS a elle-même appris des erreurs de son prédécesseur, la trop ambitieuse WUSA qui a duré trois saisons avant de faire faillite en 2003 en affichant un déficit de plus de 87 millions de dollars. La WPS a toutefois rencontré des problèmes particuliers et trois franchises ont déjà mis la clé sous la porte (Saint Louis Athletica, Los Angeles Sol et FC Gold Pride) tandis que les Chicago Red Stars ont dû se retirer du championnat de 2011 par manque d’argent.
Le FC Gold Pride, champion en titre, a eu des difficultés à financer les salaires élevés qu’il avait accepté de payer à des superstars telles que la Brésilienne Marta, quintuple Joueuse Mondiale de la FIFA. C’est là un problème auquel la FA compte bien ne pas être confrontée grâce à sa réglementation plus stricte en matière de salaires.
Une approche durable "C’est un modèle très différent de celui des États-Unis", insiste Simmons. "Et en plus de la question des salaires, les frais de déplacement sont beaucoup moins élevés dans notre cas puisque les distances sont plus courtes. On ne veut pas que la ligue grandisse trop vite. On a par ailleurs créé des postes dans la structure de la ligue pour permettre à nos meilleures joueuses de s’entraîner à temps plein et aussi pour aider à la promotion des clubs au sein des communautés. C’est donc une approche plus conservatrice et plus durable." Contrairement à son équivalent américain dont l’objectif est essentiellement commercial, la WSL sera la propriété de la fédération qui la gèrera entièrement, ayant prévu un investissement de 3 millions de livres sterling pour la mise en place du championnat et l’organisation de ses deux premières saisons. Une critique souvent formulée à l’encontre de la Premier League anglaise masculine est que le calendrier surchargé de sa saison n’est pas favorable au succès de l’équipe d’Angleterre. Les médias britanniques ont souvent tenu l’état de fatigue des joueurs pour responsable de l’échec de la sélection en huitièmes de finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2010. De nombreux sélectionneurs aimeraient voir plus de poids accordé aux équipes nationales et souhaiteraient que leurs joueurs n’aient pas à consacrer autant d’énergie pour le championnat.Une telle discussion, souvent difficile, avec les clubs sur les possibilités de éductiondu nombre d’équipes en lice n’a pas été nécessaire pour le championnat féminin puisque la FA est àfois la responsable de la structure de la nouvelle ligue et de la gestion de l’équipe nationale.Simmons précise que la FA a travaillé en étroite collaboration avec la sélectionneuse de l’équipe féminine, Hope Powell, pour veiller à ce que les dates des matches du championnat tiennent compte du calendrier international. "Il est vraiment important que la WSL contribue au succès de l’équipe nationale", affirme Simmons. "Nos internationales sont un modèle pour les filles du pays." Quant à Powell, elle se ditenchantée de la nouvelle structure de la ligue: "Je pense que c’est vraiment une bonne chose. Cela signifie qu’on n’est pas en concurrence avec le football masculin (en termes de couverture médiatique ou de spectateurs). On a aussi notre propre diffuseur et le fait que les matches se jouent principalement en été devrait attirer plus de monde dans les stades. Je pense que cette nouvelle ligue est fantastique et je suis très impatiente que le coup d’envoi soit donné."