Misanthrope Comédie française

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Paris, le 19 mars 2014 DDDDoooossssssssiiiieeeerrrr ddddeeee pppprrrreeeesssssssseeee LA TROUPE DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE PRÉSENTE SALLE RICHELIEU DU 12 AVRIL AU 17 JUILLET 2014 Le Misanthrope Comédie en cinq actes et en vers de MMMMoooolllliiiièèèèrrrreeee mise en scène Clément Hervieu-Léger Avec Yves GASC Basque I Éric RUF Philinte I Florence VIALA Arsinoé I Loïc CORBERY Alceste I Serge BAGDASSARIAN Oronte I Gilles DAVID Du Bois I Georgia SCALLIET Célimène I Adéline D’HERMY Eliante I Louis ARENE Acaste I Benjamin LAVERNHE Clitandre I et les élèves-comédiens de la Comédie-Française Heidi-Eva Clavier, Lola Felouzis, Pauline Tricot, Gabriel Tur Domestiques, Matĕj Hofmann, Paul Mc Aleer Gardes NOUVELLE MISE EN SCÈNE Scénographie Éric RUF I Costumes Caroline DE VIVAISE I Lumière Bertrand COUDERC I Musique originale Pascal SANGLA I Réalisation sonore Jean-Luc RISTORD I Création coiffures Fabrice ELINEAU I Assistante à la mise en scène Juliette LÉGER I Assistante à la scénographie Dominique SCHMITT Représentations à la Salle Richelieu, matinées à 14h, soirées à 20h30. Prix des places de 5 € à 41 €. Renseignements et réservation : tous les jours de 11h à 18h aux guichets du théâtre et par téléphone au 0825 10 16 80 (0,15 € la minute), sur le site Internet www.comedie-francaise.fr.

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Publié le 22 avril 2014
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Paris, le 19 mars 2014







DDDDoooossssssssiiiieeeerrrr ddddeeee pppprrrreeeesssssssseeee



LA TROUPE DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE PRÉSENTE
SALLE RICHELIEU DU 12 AVRIL AU 17 JUILLET 2014


Le Misanthrope

Comédie en cinq actes et en vers de MMMMoooolllliiiièèèèrrrreeee
mise en scène Clément Hervieu-Léger



Avec
Yves GASC Basque I Éric RUF Philinte I Florence VIALA Arsinoé I Loïc CORBERY Alceste I Serge
BAGDASSARIAN Oronte I Gilles DAVID Du Bois I Georgia SCALLIET Célimène I Adéline D’HERMY Eliante I
Louis ARENE Acaste I Benjamin LAVERNHE Clitandre I et les élèves-comédiens de la Comédie-Française Heidi-Eva
Clavier, Lola Felouzis, Pauline Tricot, Gabriel Tur Domestiques, Matĕj Hofmann, Paul Mc Aleer Gardes
NOUVELLE MISE EN SCÈNE


Scénographie Éric RUF I Costumes Caroline DE VIVAISE I Lumière Bertrand COUDERC I Musique originale Pascal
SANGLA I Réalisation sonore Jean-Luc RISTORD I Création coiffures Fabrice ELINEAU I Assistante à la mise en
scène Juliette LÉGER I Assistante à la scénographie Dominique SCHMITT







Représentations à la Salle Richelieu, matinées à 14h, soirées à 20h30.
Prix des places de 5 € à 41 €. Renseignements et réservation : tous les jours de 11h à 18h aux guichets du théâtre et par téléphone
au 0825 10 16 80 (0,15 € la minute), sur le site Internet www.comedie-francaise.fr.


Les générales de presse ont lieu les 14, 15 et 16 avril à 20h30
Contact presse
Vanessa Fresney Tél 01 44 58 15 44 Courriel vanessa.fresney@comedie-francaise.org

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Alceste aime Célimène, une jeune femme éprise de liberté, conduite, à la suite de son récent
veuvage, à prendre les rênes de son salon. Hanté par un procès dont il redoute l’issue, Alceste se
rend chez elle, accompagné de son ami Philinte auquel il reproche ses complaisances vis-à-vis de
la société. Il souhaite que sa maîtresse se déclare publiquement en sa faveur. Mais c’est sans
compter l’arrivée impromptue d’un gentilhomme poète faiseur de vers de mirliton, de deux
marquis intronisés à la Cour, d’Éliante, la cousine de Célimène, qui a emménagé au-dessus de
chez elle, et d’Arsinoé qui vient la mettre en garde contre des rumeurs circulant à son propos.
Le Misanthrope donne à voir une société libérée de l’emprise parentale et religieuse, dont le
vernis social s’écaille lorsque surgit le désir. Poussés à bout par la radicalité d’Alceste, prêt à
s’extraire de toute forme de mondanité, les personnages dévoilent, le temps d’une journée, les
contradictions du genre humain soumis à un cœur que la raison ne connaît point.


Molière
Le Misanthrope est une œuvre en cinq actes qui y voit « un chef-d’œuvre inimitable », selon
longuement mûrie. Commencée en 1664 Subligny, faisant « continuellement rire dans
pendant l’affaire Tartuffe, elle est présentée l’âme », d’après Donneau de Visé. Si Le
en 1666 sur la scène du Palais-Royal avec Misanthrope reste une comédie singulière dans
Molière dans le rôle de « l’homme aux rubans l’œuvre de Molière, c’est qu’elle allie le naturel à
verts ». La pièce déconcerte un temps le la vérité pour dresser le portrait d’un salon
parterre rompu à la farce française et à la tiraillé entre une société de ville et une société de
commedia dell’arte. Mais la comédie en vers cour soumise au pouvoir monarchique.
est aussitôt portée aux nues par la critique


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Entré dans la troupe en 2005, Clément au Studio-Théâtre en 2011 que Clément Hervieu-
Hervieu-Léger est comédien et metteur en Léger a souhaité monter Le Misanthrope,
scène. En dehors de la Comédie-Française, il comédie versifiée en germe dans la pièce en
met en scène La Didone de Francesco Cavalli prose. Fasciné par « le regard sociologique »
avec les Arts Florissants, sous la direction de que Molière porte sur les tensions d’un salon
William Christie, et L’Épreuve de Marivaux mondain en pleine restructuration, le metteur en
avec la compagnie des Petits Champs qu’il scène entend explorer, par un « théâtre de
codirige depuis 2010. C’est après avoir mis l’incarnation », le Grand Siècle.
en scène La Critique de l’École des femmes





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Alter ego
Le projet de cette mise en scène du doute. Mais il me semble que cela a pour
Misanthrope est né après celle de La Critique conséquence principale non pas tant de donner
de l’École des femmes. Lorsque Muriel des détails de la vie de son auteur, que d’amener
Mayette-Holtz m’a demandé si je souhaitais le metteur en scène à livrer à son tour une part de
monter un classique à la Salle Richelieu, j'ai lui-même. De ce point de vue, quand je suis
immédiatement pensé au Misanthrope, mais spectateur, je peux être tout à fait ravi qu’on me
je n’aurais jamais proposé cette pièce si je raconte l’histoire d’un homme de cinquante ans
n’avais pas, d'abord, monté La Critique. J’ai amoureux d’une jeune fille de vingt ans. Je me
le sentiment que cette petite pièce en prose, sens en revanche incapable de la raconter en tant
écrite en 1663, contient en germe toute la que metteur en scène. J’avais besoin d’avoir un
grande pièce en alexandrins à venir trois ans Alceste qui puisse être une forme d’alter ego. C'est
après. À la fois quant aux situations, quant le troisième spectacle que je fais avec Loïc
aux personnages et peut-être quant aux Corbery, qui est aussi un ami ; nous nous
enjeux artistiques et théâtraux. Il me connaissons et nous comprenons bien. Comme
semblait évident, en montant La Critique, Jean-François Sivadier, qui a monté la pièce la
que derrière le personnage de Dorante on voit saison dernière avec Nicolas Bouchaud – alter-ego
affleurer celui d’Alceste ou, de la même de Sivadier s'il en est –, j’aime l’idée qu'un
manière, derrière Élise celui de Célimène, metteur en scène puisse monter Le Misanthrope
derrière Climène celui d'Arsinoé, derrière le avec son acteur fétiche. Certes, quand Molière l’a
Marquis celui d'Oronte. J’ai donc eu envie de joué, il était plus âgé qu’Armande, mais il ne faut
repartir de ce noyau-là. Et comme Loïc tout de même pas oublier qu’elle était sa femme et
Corbery jouait Dorante, personnage jeune qu'une très grande intimité existait entre eux.
dans La Critique, je lui ai proposé le rôle Ainsi, juste après sa mort, c’est Baron qui a repris
d'Alceste dans Le Misanthrope. Mais il y a le rôle – tout porte à croire d’ailleurs que Molière
autre chose : on dit beaucoup que Le le lui avait fait répéter – or Baron était un homme
Misanthrope est une pièce très jeune, extrêmement séduisant et, de surcroît,
autobiographique pour Molière. Elle l'est sans l’amant d’Armande…

Pour bien haïr un seul homme, il faut les haïr tous
De la même façon, je peux comprendre la induction, pour pouvoir haïr une personne, il
misanthropie d’un homme de cinquante ans, décide de haïr tout le monde. Or, dans l’histoire
mais je ne peux pas la raconter. Avant de de Molière, 1665 – l'année d'écriture du
monter la pièce de Molière, je pense qu'il Misanthrope – est une année de trahison : celle
faut d'abord se demander ce qu’est la de Racine, qui donne sa tragédie Alexandre le
misanthropie. Et se rappeler que la pièce Grand à l’Hôtel de Bourgogne, après l’échec de
comportait à l'origine un sous-titre : sa création par Molière. Molière tombe alors
L’Atrabilaire amoureux. Pour moi, la plus malade et il est obligé, pour la première fois, de
belle définition de la misanthropie, se trouve fermer le théâtre pour raisons de santé. La
dans le Phédon de Platon où Socrate, pour seconde fois qu’il sera amené à le faire, ce sera
donner un exemple de ce qu’est la misologie, lorsque la Du Parc, maîtresse de Racine, quitte
évoque la misanthropie. Il est passionnant sa troupe, juste après avoir interprété Arsinoé,
de rapprocher misologie et misanthropie, y pour rejoindre l’Hôtel de Bourgogne afin d'y jouer
compris pour parler du Misanthrope de le rôle d’Andromaque. Ce sont peut-être des
Molière. Ce que dit Socrate, en substance, coïncidences. Toujours est-il que les deux seules
est que ce qui peut rendre un être fois où Molière fut trop malade pour entrer en
misanthrope c’est d’être trahi par l’homme scène sont visiblement liées à une rupture avec
qu’il pensait être un ami et auquel il avait Racine, son grand ami, son alter ego.
donné toute sa confiance. Alors, par




DDDDéééépppprrrreeeessssssssiiiioooonnnn eeeetttt ddddééééssssiiiirrrr
Pour revenir au sous-titre, il faut évoquer ici compris au théâtre, alors même qu’on joue avec
la théorie des humeurs développée ses partenaires… On n’est jamais plus seul que
notamment par les disciples d’Hippocrate ; il lorsqu’on entre en scène, au moment où l’on pose
y en a quatre : le sang, la bile jaune, la bile le premier pied sur le plateau. La mise en scène,
noire et la lymphe. Et la bile noire – elle aussi, est un grand apprentissage de la
l’atrabile – ce n'est ni plus ni moins que la solitude. La figure de misanthrope qui m’est alors
mélancolie. On comprend dès lors pourquoi apparue est celle de Glenn Gould, au moment où,
Le Misanthrope a pu être une telle source à trente ans, il décide d’arrêter les concerts pour
d’inspiration pour les Romantiques. Ce qui ne plus se consacrer qu’aux enregistrements et à
est intéressant dans cette théorie, c’est de ce face à face avec le piano. En somme, ce qui fait
considérer la dépression comme une progresser l’intrigue dans Le Misanthrope, c’est
maladie; dans la première scène, Philinte en ce combat entre le désir irrépressible et le constat
parle d'ailleurs en ces termes à Alceste, sous- de sa propre dépression. Ce qu’Alain Ehrenberg
entendant qu'elle fait partie de sa nature. nomme La fatigue d’être soi : pour affronter cela,
Alceste se bat donc également contre son on s’arc-boute sur une posture philosophique, ou
tempérament, son penchant mélancolique, plutôt morale. Une posture qui ne cesse pourtant
lui-même nourri par sa misanthropie. La d’être tiraillée entre passion et raison. Ce combat
misanthropie et le fait d’être atrabilaire ne est passionnant à raconter, rendant le
sont pas la même chose, mais la personnage de Célimène d’un côté, et celui de
confrontation entre les deux est Philinte de l’autre, extrêmement importants. Le
passionnante à mettre en scène. Comment le Misanthrope est l'histoire d'un trio et non
corps d’un homme de trente-cinq ans se uniquement celle d’un tête-à-tête entre Alceste et
débat-il avec cela ? Comment affronter le Célimène. L’ami y a également toute sa place.
moment où surgit le désir physique – c’est Dans la pièce, très souvent, il y a un amalgame :
toute la grande histoire avec Célimène : « Il on a l’impression que quand Alceste vitupère
est vrai, ma raison me le dit chaque jour, contre l’amitié, il s’en prend à Philinte. Ce n’est
mais la raison n’est pas ce qui règle pas le cas. Il s’en prend à cet ami dont il parle au
l’amour? » Le sentiment amoureux n’est pas début de la pièce, qui l’a trahi, et qui entame à
seulement cérébral, c’est aussi un désir présent un procès contre lui, et va même jusqu’à
physique, ardent et irrépressible. Tout cela lancer ensuite une cabale. Cette histoire du
m’évoque des figures de la misanthropie : procès passe souvent à l’as lorsqu’on monte Le
Pascal, qui après avoir brillé dans les salons Misanthrope. Je crois, au contraire, qu’il est
a rejoint Port Royal, ou l’Abbé de Rancé qui essentiel de bien comprendre où l’on en est du
se retira à La Trappe. Le désert d'Alceste procès tout au long de cette journée, de bien en
n’est pas loin de celui de Pascal ; Philinte, comprendre les tenants et aboutissants pour
quant à lui, se rapproche de « la philosophie mesurer la blessure fondamentale d’Alceste. Il
ordinaire » de Montaigne, selon laquelle le est obsédé ; pas une scène, pas un moment où ne
compromis n’est pas la compromission. À soit fait référence, allusion à ce procès, à cette
mon tour, je me suis demandé ce qu’était le amitié trahie. C’est Philinte qui est alors en
désert. Pour quoi serais-je capable de tout mesure d’occuper la véritable place de l’ami, « Je
quitter ? Sans doute pour l’Art. Pour moi, ne vous quitte pas » dit-il alors à Alceste, à la fin
l’Art est l’expérience absolue de la solitude, y de l’acte I.


Le palier comme métaphore du répertoire aujourd'hui
Molière nous dit que l'action se passe dans le suis donc demandé comment, théâtralement,
salon de Célimène, et l'on comprend à résoudre cette question-là en gardant un lieu
certaines répliques qu'il se situe entre deux unique, tout en le faisant évoluer au fur et à
étages. Célimène parle également d’une mesure des scènes et des actes. Avec Éric Ruf,
galerie. C’est tout ce que l’on sait. En qui réalise le décor, j’ai donc choisi de représenter
mettant cela bout à bout, on peut se dire le palier d’un hôtel particulier parisien.
qu’on est dans un entre-deux : entre le bas et Célimène, jeune veuve, revient chez elle après
le haut, avec une galerie sur le côté. Et avoir vécu le grand deuil à la campagne. Elle
pourtant, en relisant la pièce, j'ai eu rentre, accompagnée de sa cousine, dans cette
l’impression que l'action ne se passait pas maison qui lui appartient désormais entièrement.
toujours dans le même lieu. Que l’on J’imagine que la première chose que pourrait
pourrait parfois être dans une chambre, ou faire une jeune veuve de vingt ans serait de
dans un autre endroit plus intime. Je me changer les meubles de place, de remettre

l’intérieur à son goût. Cette idée du goût – de qui évolue, complètement dans son siècle, mais
l’envie d’être moderne – qui nous raconte en nourri des siècles précédents et déjà tourné déjà
même temps une succession d’époques (car vers le siècle à venir. J’appartiens à un théâtre de
les époques s’imbriquent), est aussi pour moi répertoire, et je me dis que si l’on ne pose pas un
une métaphore de ce que doit être le regard neuf sur les œuvres, alors ce théâtre de
Répertoire : un lieu en mouvement. Un lieu répertoire n’a plus lieu d’être.


Entre-soi
Quand il a été décidé que je monte Le Alceste ; je crois que la question n'est pas tant de
Misanthrope, je me suis demandé : pourquoi savoir ce qu'étaient ces rubans ni pourquoi ils
monter des classiques ? Pourquoi est-ce si étaient verts, mais plutôt de comprendre qu’à ce
important pour moi ? Je trouve que celui qui moment-là, on n'en portait plus depuis plusieurs
a répondu le mieux à cette question et de années déjà. Alceste refuse d'être à la mode,
manière très succincte est Antoine Vitez : d'être dans l'air du temps. Il a ce petit décalage.
« Parce qu’il est indispensable de travailler Cela ne lui ferme pas les portes des salons, mais
sur la mémoire sociale. » La lecture l'y distingue comme quelqu'un qui ne veut pas
sociologique m’intéresse davantage que la correspondre à certains canons. Cela reflète
lecture historique. Je me réfère, de ce point d'ailleurs sa quête fondamentale d'absolu. Il veut
de vue, au travail de Péter Szondi à être entièrement à sa critique du monde qui
l’Université libre de Berlin, qui développe l’entoure, tout en étant, du fait de ce décalage,
une perspective sociologique sur l’œuvre de d'un snobisme absolu. La limite de sa
Molière. On ne parle dans Le Misanthrope misanthropie réside bel et bien dans le besoin
que d’un milieu fermé, celui de l’aristocratie. qu’il a de la mettre en scène, de l’expliquer, de la
Contrairement à beaucoup d’autres pièces de justifier. Que choisira de faire Alceste ? Quittera-
Molière, on n'y trouve aucune notion de t-il « le monde » pour ce fameux désert ? À vrai-
« lutte des classes » ou même simplement de dire, c’est une autre histoire. Celle de la pièce
diversité de classes. On est entre-soi. Cela tient dans ce besoin de dire. Cela nous amène à
concerne même la domesticité : Du Bois et l'art de la conversation. Il est intéressant de
Basque ne sont pas Dorine ou Toinette, il réfléchir à la manière dont la parole circule dans
s'en faut de beaucoup. Ils sont comme le cette pièce, dont elle se modifie. Tout réside dans
pendant obligé, le corollaire de l’aristocratie. l’interaction. Y compris pour Alceste. Ainsi, la
Il m’importait de raconter cet entre-soi posture morale qu’il tient par son discours est en
plutôt que de raconter une époque. Si on réalité constamment modifiée par son désir. Il
emonte un spectacle en costumes XVII , ce voudrait que Célimène lui ressemble, sans
eque le public voit en premier, c'est le XVII , s'apercevoir que la proposition qu'il lui fait est
quoi qu’on fasse. Je voulais pour ma part une contradiction intrinsèque. Si Célimène lui
qu’il voit d’abord le milieu social. C’est ce qui ressemblait, ce serait la mort du désir. Elle ne
a guidé le choix des costumes. Évidemment, peut donc pas accepter sa proposition. Alceste,
quand on monte Le Misanthrope, revient quand on y regarde de plus près, n'est d'ailleurs
toujours l’histoire du ruban vert que porte que contradictions.


Quand les alexandrins circulent autour de la table
Comme l'a expliqué Norbert Elias dans La des trois piliers de ces salons mondains : le jeu, la
Société de cour, on se trouve, à l'époque où la musique et les arts de la table. J’ai souhaité que
pièce a été écrite, à un moment de face à face ces trois éléments soient présents au cours de
entre le Roi d’un côté et l’aristocratie de cette journée. Et, pour revenir au regard
l’autre. On sait à quel point Louis XIV avait sociologique, je prends des éléments qui
été marqué par la Fronde et comment celle-ci organisaient les relations sociales à cette époque
a renforcé sa volonté de main mise sur et continue à les faire fonctionner dans une
l’aristocratie. L'étiquette va devenir sa esthétique plus contemporaine. S’attacher dans
meilleure alliée pour museler la noblesse. une mise en scène à la manière dont la
eDans la deuxième partie du XVII , Louis XIV conversation circule autour d'une table est un
lance à Versailles ce que l’on appellera les formidable exercice : on parle tout en faisant
Soirées d’appartement avec l’idée de calquer autre chose. C'est l’art de la conversation. Il nous
des soirées royales sur celles que tient la oblige, je crois, à nous désinhiber par rapport à
noblesse dans les salons parisiens. Ces l’alexandrin, à l’aborder avec beaucoup de
Soirées d’appartement s’organisent autour simplicité. Il est vrai que, sur ce point, La

Critique de l’École des femmes m’a beaucoup Il s’agit dès lors de considérer l’alexandrin, non
appris. La Critique est en prose et j’ai comme une contrainte, mais comme une langue
compris, là, la manière dont le discours se commune, l’idée d’entre-soi que j'évoquais plus
construit et modifie la pensée. Ce qui haut.
m’intéresse, c’est la production du discours.

CClléémmeenntt HHeerrvviieeuu--LLééggeerr, mars 2014 CClléémmeenntt HHeerrvviieeuu--LLééggeerr
Propos recueillis par Laurent Muhleisen, conseiller littéraire de la Comédie-Française







Maquette du costume d’Alceste



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« ALCESTE
Il est vrai : ma raison me le dit chaque jour ;
Mais la raison n’est pas ce qui règle l’amour. »
Le Misanthrope, Molière, Acte I, scène 1


« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. »
Les Pensées, Pascal (fragment 397)


« PHILINTE
La parfaite raison fuit toute extrémité,
Et veut que l’on soit sage avec sobriété. »
Le Misanthrope, Molière, Acte I, scène 1


« Ne soyez pas plus sage qu’il ne faut, mais soyez sobrement sages. »
Les Essais, Montaigne (Essais I, 30)



« - Avant tout, attention à ne pas nous moyen de le connaître ; on le tient pour un
laisser envahir par un certain sentiment. homme parfaitement loyal, droit, digne de la
- Lequel ? dis-je. confiance qu’on lui porte ; et on ne tarde pas à
- À ne pas nous mettre à haïr les découvrir qu’il ne vaut rien, qu’on ne peut s’y fier.
raisonnements comme certains se prennent Et on recommence avec un autre. Quand on a fait
à haïr les hommes. Car il n’existe pas de plus plusieurs fois cette expérience, surtout quand on
grand mal, dit-il, que d’être en proie à cette a été victime de ceux qu’on tenait pour ses amis
haine des raisonnements. Or toutes deux, les plus proches, on finit, à force de déceptions,
misologie et misanthropie, naissent de la par détester les hommes et par estimer qu’en
même façon. Voici comme s’insinue en nous aucun il n’y a rien de rien qui vaille quelque
la misanthropie : on accorde à quelqu’un son chose ! Tu as sûrement dû constater que cela se
entière confiance, sans s’être donné aucun produit de cette façon ? »

Phédon, Platon (traduction Monique Dixsaut, 1991)



« On se rend bien compte que les hommes de leurs liens avec la ville sont bien moins solides
cour avaient créé avec leurs “hôtels”un type que ceux de la bourgeoisie exerçant une activité
de résidence citadine assez particulier. Il professionnelle. La plupart sont propriétaires
s’agissait bien de maisons de ville, mais on d’une ou de plusieurs résidences campagnardes.
sent qu’elles dérivent de l’ancienne C’est d’elles qu’ils tirent en général leur nom, une
gentilhommière. La cour de ferme existe bonne partie de leurs revenus, c’est là qu’ils se
toujours, mais elle est devenue une simple retirent parfois. Leur société est toujours la
voie d’accès pour les carrosses, un espace même, si le lieu de résidence change. Tantôt ils
“représentatif”. On retrouve encore les vivent à Paris, tantôt ils rejoignent le roi à
écuries, les communs, les bâtiments des Versailles, à Marly ou dans quelque autre
domestiques, mais ils font corps avec le château, tantôt ils séjournent dans un de leurs
bâtiment central. Le jardin remplace la manoirs, ou bien ils s’installent dans la
campagne environnante. Les réminiscences gentilhommière d’un ami. Cette situation
campagnardes de l’“hôtel” ont une valeur de curieuse, l’attachement inébranlable à leur
symptôme. Il est certain que les hommes de société – leur vraie patrie – et les fréquents
cour sont des citadins, la vie citadine les a changements de résidence, marquent aussi le
marqués dans une certaine mesure. Mais caractère de leurs maisons. Leur structure (nous

en reparlerons plus loin) atteste les liens abstraction de son insertion dans la société de
étroits des hommes de cour avec la société de cour parisienne. Si l’on pouvait trouver à la
cour. Rien, si ce n’est le désir de réunir campagne un nombre de domestiques suffisant,
toutes les fonctions dans un seul complexe, tous les besoins de consommation des grands
n’indique un lien fonctionnel avec la ville. On seigneurs pourraient être satisfaits tout aussi
pourrait transplanter une telle maison sans bien à la campagne. Ce qui dénote l’influence de
grands changements à la campagne. Son la ville, c’est le raffinement de la consommation,
propriétaire n’appartient au tissu urbain ce qu’on a appelé le “luxe” de cette société. »
qu’en sa qualité de consommateur, si l’on fait
La Société de cour, Norbert Elias, Flammarion, 1985.





Maquette du costume d’Arsinoé


© Caroline de Vivaise, reproduction interdite

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Le Misanthrope à la Comédie-Française
Par Agathe Sanjuan, conservatrice-archiviste de la Comédie-Française


La création
Le Misanthrope fut créé le 4 juin 1666 par la souligna son caractère moral et donc la
troupe de Molière au Théâtre du Palais- respectabilité de son auteur sur lequel pesait
Royal. Molière en aurait lu le premier acte l’interdiction du Tartuffe. Molière créa Alceste,
dès 1664 mais ne put l’achever, occupé Armande Béjart Célimène. On peut supposer que
successivement par les créations du Mariage Catherine de Brie prit le rôle d’Arsinoé, la
forcé, de La Princesse d’Élide et de la Marquise du Parc Éliante, Du Croisy Oronte,
première version du Tartuffe pour les Hubert Acaste, Louis Béjart Du Bois, tandis que
« Plaisir de l’Île enchantée », puis par celle La Grange et La Thorillière se partagèrent
du Festin de Pierre, de L’Amour médecin, Philinte et Clitandre. La nouvelle troupe réunie
sans compter les remaniements du Tartuffe par la volonté de Louis XIV deux jours
à la suite de son interdiction. Le auparavant l’interpréta le 27 août 1680. Dès lors,
Misanthrope prenait la suite des petites la troupe mit cette pièce au théâtre avec une
comédies de salon qui avaient eu tant de grande régularité en dehors de la période
succès en 1663, La Critique de l’École des révolutionnaire pendant laquelle elle parut sans
femmes et L’Impromptu de Versailles. Le doute trop liée aux mœurs d’Ancien Régime. Elle
succès de la pièce fut réel (des recettes compte à ce jour 2303 représentations, talonnant
élevées aux deux premières représentations) Le Malade imaginaire, précédée de L’Avare et du
mais de courte durée (la recette tomba Tartuffe, pièce la plus souvent jouée à la
rapidement). Sa réception connue par deux Comédie-Française.
témoignages de gazettes concurrentes,

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Pièce de troupe, Le Misanthrope fut légère souligne l’aveuglement et la morosité
interprété par de grands acteurs imprimant d’Alceste. Molière qui créa le rôle d’Alceste à plus
leur personnalité aux personnages tout de quarante ans, le donna au tout jeune Baron en
comme Molière avait sans doute puisé dans 1672, alors qu’il était âgé de dix-neuf ans. On
sa propre vie et dans le couple qu’il formait possède deux témoignages de l’interprétation de
avec Armande Béjart l’amertume de la Baron qui semble avoir adouci le personnage et
relation ambivalente d’Alceste et de renforcé son caractère de noblesse, surtout lors
Célimène. Le système des emplois régit la de la reprise du rôle en 1720 après une longue
distribution pendant longtemps. Comme le retraite (il avait alors soixante-sept ans) : « Baron
2souligna Jacques Copeau, deux faisait des a parte des choses trop dures » . Pour
interprétations opposées du rôle d’Alceste cette reprise, il est possible que Baron fût aux
dominèrent la tradition entre lesquelles le côtés d’Adrienne Lecouvreur en Célimène. Dans
comédien doit trouver un juste milieu : l’intervalle, il avait abandonné ses camarades
« Chaque fois qu’un acteur nouveau prend le pour rejoindre l’Hôtel de Bourgogne à la mort de
rôle d’Alceste, on voit s’élever deux partis. Molière et La Grange avait repris le rôle qu’il
L’un ne peut souffrir sur la scène qu’un interpréta jusqu’à sa mort en 1692, aux côtés
parfait et sombre honnête homme […]. d’Armande Béjart. Un auteur anonyme
L’autre parti veut un misanthrope ridicule, (Entretiens galants, Paris, Jean Ribou, 1681)
Molière n’ayant jamais eu d’autre dessein souligna l’excellence de leur jeu commun dans les
dans ses comédies que celui de faire rire les pièces de Molière : « J’ai remarqué souvent que la
honnêtes gens. On reproche à l’acteur ou de Molière et La Grange font voir beaucoup de
pousser son rôle au sérieux, ou de le pousser jugement dans leur récit, et que leur jeu continue
1au comique. » Le rapport de force entre encore lors même que leur rôle a fini. Ils jouent
Alceste et Célimène (qui définit l’emploi de presque aussi bien quand ils écoutent que quand
grande coquette) détermina également le ils parlent. Leurs regards ne sont point dissipés.
caractère des deux personnages. Ainsi, une Leurs yeux ne parcourent pas les loges. Ils savent
Célimène cruelle rend Alceste digne de que leur salle est remplie ; mais ils parlent et
compassion tandis qu’une Célimène plus

2 Lettre d’un homme d’un autre siècle, Le Nouveau Spectateur, 15 juin
1 Copeau, Registres II : Molière, Paris Gallimard 1976, p. 219. 1776.

agissent comme s’ils ne voyaient que ceux essai sous le titre : La Célimène de Thermidor
qui ont part à leur rôle et à leur action. » (Paris, Fasquelle, 1929). Molé éclipsa ses
Dancourt, Quinault aîné et Quinault- successeurs : Baptiste aîné, Fleury, Damas,
Dufrêne succédèrent à La Grange. Grandval Perrier. En 1837, un nouveau spectacle fut donné
prit le rôle dès 1741 et ajouta une certaine à Versailles à l’occasion de l’inauguration du
eviolence : il saisissait un fauteuil, le projetait musée, avec de magnifiques costumes du XVII
à l’autre bout de la scène et s’asseyait le dos siècle dessinés par Paul Lormier, payés par
tourné à Philinte. Il joua notamment avec Louis-Philippe. Jusque-là, les comédies de
Mme Préville, grande Célimène qui refusa de Molière se jouaient en costumes du temps.
continuer à l’interpréter après qu’elle eût Perrier eut le privilège d’étrenner ce nouveau
atteint l’âge de quarante ans. Bellecour, puis costume d’Alceste aux côtés de Mlle Mars qui
Molé, devinrent titulaires du rôle. Ce dernier avait définitivement succédé à Mlle Contat en
fit véritablement changer le regard du public 1812, après Mlle Mézeray et Mlle Leverd. Son
sur Alceste qu’il jouait beaucoup plus audace la fit changer d’emploi d’ingénue aux
contrasté, habité par la passion allant rôles de coquettes : elle passa de la tendre Agnès
jusqu’à une violence extrême : il brisait une à la spirituelle Célimène. Tout comme Mlle
chaise à chaque représentation. À partir de Contat, son salon, à la ville, ses bons mots,
1783, il joua avec Mlle Contat, élève de Mme étaient recherchés de tous et elle incarna
Préville, qui, à son tour, enseignera le rôle à Célimène avec une grâce et un esprit mesurés. Ce
Mlle Mars. Insolente et cruelle en Célimène, premier essai de « mise en scène », rompant avec
elle inventa le jeu de scène de l’éventail que l’éclectisme esthétique qui présidait jusque-là
son élève reprendra. La mémoire du jeu de aux représentations du Misanthrope, ne fut pas
3Mlle Contat se transmit par Mlle Mars apprécié du public de l’époque
jusqu’à Béatrix Dussane qui lui consacra un

Le temps des mises en scène
En 1878, l’administrateur Émile Perrin Célimène (1963). Simon Eine fut Oronte (1975),
résolut de sortir de leurs placards les Philinte (1984), Alceste (1989). Dominique
magnifiques costumes de Lormier qui furent Constanza fut Éliante (1977), Célimène (1985),
parfois refaits et proposa une distribution Arsinoé (1995). Catherine Salviat joua Célimène
totalement nouvelle. Delaunay, l’interprète (1975), puis Éliante (1985). Clotilde de Bayser
des héros de Musset, interpréta un Alceste aborda Célimène (2000) puis Arsinoé (2007). Loïc
charmeur auprès de Sophie Croizette. Corbery, l’Alceste d’aujourd’hui, jouait Clitandre
Worms perpétua ce nouvel Alceste séducteur en 2007. Un nouveau décor fut dessiné par Louis
mais en le nuançant d’une mélancolie de Sue à l’occasion de la mise en scène de Pierre
meilleur aloi. Cécile Sorel prit le rôle de Dux en 1947 : le metteur en scène y interprétait
Célimène peu avant la nouvelle mise en lui-même Alceste et Annie Ducaux Célimène.
scène de Truffier dans les décors de Marcel Jacques Charon demanda de nouveaux décors et
Jambon (1908). Ce rôle lui fut peu disputé costumes à Suzanne Lalique en 1963 pour mettre
tant elle y brillait. Ses tenues extravagantes en scène le couple Paul-Émile Deiber Yvonne
marquèrent les esprits. Tandis que sur Gaudeau. Jean-Luc Boutté et Catherine Hiegel
d’autres scènes, la veine comique d’Alceste tournèrent Le Misanthrope sous chapiteau dans
fut accentuée (Coquelin, Lucien Guitry), des costumes et décors de Dominique Borg, avec
Albert-Lambert composa un Alceste mesuré Jean-Luc Boutté et Catherine Salviat. Pour sa
auprès de Mary Marquet. En 1936, la nouvelle mise en scène de la pièce en 1977, avec
première mise en scène moderne du Georges Descrières et Béatrice Agenin, Pierre
Misanthrope fut proposée par Jacques Dux fit appel au décorateur Jacques Marillier. Il
Copeau avec les costumes de Charles Bétout, privilégia alors l’étude du conflit psychologique
Marie Bell en Célimène et Aimé Clariond en plutôt que la peinture de la société de Louis XIV
Alceste, mais dans un décor traditionnel de et revendiqua de se situer dans une tradition de
salon avec tapisseries. À partir de cette date, mise en scène. « Au fond, d’une manière générale,
la logique des emplois fut quelque peu l’importance de l’apport du metteur en scène est
abandonnée et Le Misanthrope fut d’autant inversement proportionnelle à la qualité de la
plus une « pièce de troupe » que les pièce » déclara l’administrateur qui,
comédiens adoptèrent différents rôles de la paradoxalement, avait ouvert les portes du
distribution suivant leurs âges et les mises Français à des metteurs en scène étrangers
3en scène. Aimé Clariond, l’Alceste de d’avant-garde . Autre administrateur et metteur
Jacques Copeau, devint Oronte en 1958.

Yvonne Gaudeau fut Éliante (1947) puis 3 Revue Comédie-Française, n° 58, avril-mai 1977 p.10.