Psychanalyse et subversion / Psychanalyse et poésie

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La "pulsion adolescente" qui pousse les jeunes à s'engager dans la vie, à défendre des idées, est réduite à du passage à l'acte, quasi délinquant. Et dans ce cas de figure, apparentée à un dérèglement mental, une sorte de bouffée délirante puisqu'un pédo-psychiatre a été sommé d'examiner la jeune fille, bien que ce soit elle qui ait appelé ses parents pour leur indiquer où elle se trouvait.Frans Frans Tassigny Madame Longre, la poésie; comprenez la création poétique ne s’inquiète ni des réalités existentielles, ni des nécessité d’un groupe. Elle est affaire de révoltes, d’insoumissions, voire-même de provocations.
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Psychanalyse et subversion 14 janvier 2013 Parguycl@free.fr
"Une des deux lycéennes du Puy-en-Velay en fugue depuis le 4 décembre a été récupérée samedi soir par sa famille dans la zone de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes où elle avait rejoint les opposants à ce projet. Après avoir été examinée au service des urgences dans la nuit de samedi à dimanche, elle a également été vue par un pédopsychiatre à la demande du parquet. Elle est en bonne santé et va très bien, selon la même source".
La "pulsion adolescente" qui pousse les jeunes à s'engager dans la vie, à défendre des idées, est réduite à du passage à l'acte, quasi délinquant. Et dans ce cas de figure, apparentée à un dérèglement mental, une sorte de bouffée délirante puisqu'un pédo-psychiatre a été sommé d'examiner la jeune fille, bien que ce soit elle qui ait appelé ses parents pour leur indiquer où elle se trouvait.
Aujourd'hui, tout écart d'un ado signale une déviance. Loin des jeunes d'hier, adultes d'aujourd'hui qui rappellent avec délectation les sottises qu'ils ont commises alors présentés comme des faits d'armes.
La société attend clairement des psychiatres qu'ils préviennent les passages à l'acte dirigés contre les siens. Ils n'ont pas le choix face au risque inhérent à leur fonction et sont donc tenus à une obligation de protection. C'est ainsi qu'un médecin psychiatre de Marseille a été récemment condamné par le tribunal correctionnel de la ville pour homicide involontaire, après qu'un meurtre eut été
commis par l'un de ses patients. Mais, en prêtant son concours à une administration, un procureur de la République dès qu'elle est sollicitée, l'institution psychiatrique participe d'une idéologie. Etre psychiatre implique directement la confrontation avec le politique et le pouvoir. Son inscription sociale lui donne ce pouvoir et le convoque à cette place. Les différences de position tiennent à la façon dont chacun y répond : simple acceptation ou engagement politique comme le pratiquent certains d'entre eux, expressément engagés.
Le psychanalyste pour sa part, œuvre pour dégager le patient (volontaire est-il besoin de le préciser ?) de la gangue morale et culpabilisante+ dans laquelle il est englué. Il incite le patient à penser par lui-même, s'excluant et l'excluant de fait du quota des cerveaux disponibles pour coca-cola ou Disney.
Son cabinet est un lieu de changement, d'évolution, et de révolution, plus que jamais au regard de l'ordre établi qui ne souffre pas la remise en cause ni l'objection. Certes, il n'est pas le seul à penser les évènements. Les philosophes, journalistes, enseignants et autres citoyens "ordinaires" en témoignent, mais ils s'adressent à des collectifs, au monde. Le psychanalyste lui est dans une relation à deux, avec le patient dans un lien transférentiel et de transmission, ce qui nécessairement l'oblige.
Les tracasseries et humiliations des institutions fréquentées par des millions de gens pour des actes relevant de la vie quotidienne eurent été qualifiées il y a encore quelques années de ubuesques ou de kafkaïennes. Aujourd'hui, on est abasourdis de constater que le "ubuesque" et le "kafkaïen" d'antan sont devenus la norme. Des petits fonctionnaires tatillons et obsessionnels, interchangeables, sans nom propre, robots sans état d'âme s'octroient un droit
de vie et de mort sur les administrés et en jouissent d'autant plus que ceux-ci sont fragilisés. (fins de droit, sans papiers, étrangers …)
On peut affirmer à ceux qui souffrent d'un "burn out" qu'ils ne sont pas capables de supporter les contingences économiques inhérentes à notre époque. Mais il est aussi possible de penser l'institution et ses avatars, de constater les abus de pouvoir et les perversions fréquentes sur les lieux de travail. Du "pervers narcissique", on parle comme d'une catégorie méprisable, mais peu d'institutions le reconnaissent comme point de départ d'un effondrement pour ceux qui s'y frottent.
Les pathologies actuelles signalent un désarroi, un questionnement sur un "qui suis-je", "que puis-je faire de ma vie". Loin des considérations bien pensantes et morales, le psychanalyste accompagne le sujet vers ce qu'il est appelé à être, vers la place qui exigera de lui les aspects les plus créatifs de lui-même. C'est sans doute pourquoi la psychanalyse est attaquée. Elle est dangereuse, encore trop libre, même si les tentatives des institutions psychanalytiques elles-mêmes tendent à réfréner les ardeurs de leurs membres francs tireurs, peu enclins à rentrer dans le rang.
Mais, de même que les surréalistes et les poètes du XXème siècle ont ouvert les portes de la création, il reste assez d'hommes et de femmes engagés qui, sans bruit, dans le secret de leur cabinet, œuvrent à la découverte du sujet par lui-même et pour lui-même, sourds aux attaques, aux rappels à l'ordre, échappant ainsi à la perversion ordinaire et faisant tout pour en détourner ceux qui leur font confiance.
Votre billet est juste, éclairant, j'en retiens trois points clairs comme eau de roche:
-La "pulsion adolescente" qui pousse les jeunes à s'engager dans la vie, à défendre des idées, est réduite à du passage à l'acte, quasi délinquant.
-Mais il est aussi possible de penser l'institution et ses avatars, de constater les abus de pouvoir et les perversions fréquentes sur les lieux de travail
-de même que les surréalistes et les poètes du XXème siècle ont ouvert les portes de la création, il reste assez d'hommes et de femmes engagés qui, sans bruit, dans le secret de leur cabinet, œuvrent à la découverte du sujet.
Et j'aime que partant de l'adolescence en rupture ( qui s'ouvre au monde ), passant par le monde ravageur ( parfois ) du travail, vous terminiez par la découverte de soi, de la création et de l'art, d'où cet insert de Magritte.
De Jacque Prévert :
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Au-dessus de l'île on voit des oiseaux Tout autour de l'île il y a de l'eau
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Qu'est-ce que c'est que ces hurlements
Bandit ! Voyou ! Voyou ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens Qui fait la chasse à l'enfant
Il avait dit j'en ai assez de la maison de redressement Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents Et puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Maintenant il s'est sauvé Et comme une bête traquée Il galope dans la nuit Et tous galopent après lui Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens Qui fait la chasse à l'enfant
Pourchasser l'enfant, pas besoin de permis Tous le braves gens s'y sont mis Qu'est-ce qui nage dans la nuit Quels sont ces éclairs ces bruits C'est un enfant qui s'enfuit On tire sur lui à coups de fusil
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Tous ces messieurs sur le rivage
Sont bredouilles et verts de rage
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent !
Au-dessus de l'île on voit des oiseaux Tout autour de l'île il y a de l'eau.
Psychanalyse et poésie · FransFransTassignySi dans chaque psychanalyste, il y a un poète qui sommeille, et si dans chaque poète un analyste qui s’oublie, c’est parce qu’ils éveillent tous deux un langage articulé: celui de l’inconscient. Pour les premiers, il se meut dans un champ fermé, rigoureux, presqu’ un “huis clos”; pour les seconds, il n’est vif que d’être avide, lyrique, éperdu ou romantique. · Yann GarvozCheers! · · SophieBardinetUn langage articulé et polysémique, cheers ! · Frans Frans TassignyEt si les poètes n’étaient en fait que de faux marginaux cachant subrepticement leur déshonneur sous le masque abstrait d’inconsolables ténébreux, de romantiques de café, de lyriques affairistes....? ·
· LouisTrenteQuelle ironie Monsieur Tassigny ! Nous ne devons pas lire les mêmes poètes ;-) · Frans Frans TassignyQui ,comprend l'ironie comprend la raison...(S.GUITRY) · Frans Frans TassignySi le poète vit l’angoisse de la page blanche et l’analyste la ruine d’un cabinet vide, c’est que tous deux vivent leur art comme un accoudoir de leur solitude et non comme un éveil de la pensée. · Louis TrenteOn ne se réveille que pour dormir disait notre maître. Votre réponse me rassure d'avoir osé vous taquiner. · Frans Frans TassignyEntre psychanalystes il y aurait hélas le mot trahison. Par contre, entre poètes, le concept de découverte. Comprenez autrement: un grand poète n’est pas seulement celui qui versifie mais celui qui trouve et met en lumière l’oeuvre d’autres poètes. Et c’est principalement cette écoute qui le grandit. Ils ont dès lors pu poser sous le portique le bâton des rancunes, ce qu’aucune école psychanalytique n’a encore atteint. Par contre, les psychanalystes ne cherchent pas à plaire alors que certains poètes, grands ou mineurs, choisissent bien trop souvent ce qui se fait dans l’air du temps, est à la mode, ne respirant plus dans “l’oeuvre à venir”.
· · LouisTrenteTrahison et plagiat sont les deux mamelles des psychanalystes certes. Ne l'ébruitons pas. Qu'il y ait des flatteurs, oui, et partout ! J'aime bien Char de m'aider à entendre les présocratiques ;-) · FransFransTassignyTroisième mamelle, · l’introspection du poète. Celui-ci se surprend à être, et s’il se mire dans un “Je narcisse”, comprenez celui qui fleurit dans son jardin secret, son paradis intime, c’est qu’il se love dans une bulle, un giron, comme à la recherche de l’enfant. Certes, ce champ onirique auréolé d’image d’enfant s’expose souvent à une forme faible, à un romantisme guimauve, édulcoré, d’où pour beaucoup un sentiment de révolte, une non-acceptation du “poète-enfant-naïf”. · · LucileLongreil me semble à vous lire Frans que vous ne connaissez pas grand-chose à la poésie, et surtout à la poésie contemporaine. Mon sentiment est que vous en êtes resté à l'image d'Epinal du poète maudit, façon Rimbaud ou Musset, image qui, si jamais elle a existé, n'est plus du tout de mise à l'heure actuelle. Poète moi -même depuis longtemps, lisant beaucoup de poésie de tous les âges et de tous les pays, animant et participant à des listes de diffusion sur la poésie et participant à des rencontres de poètes, je trouve que ce que vous dîtes est totalement à côté de la plaque. Lorsque je vous
lis, j'y ressens un mépris et une méconnaissance totale de poésie d'aujourd'hui. Mais peut être vous ai-je mal compris. · · LouisTrenteDans mon intime, les poètes boxeur sont chez eux ! · Frans Frans TassignyMadame Longre, la poésie; comprenez la création poétique ne s’inquiète ni des réalités existentielles, ni des nécessité d’un groupe. Elle est affaire de révoltes, d’insoumissions, voire-même de provocations. · Lucile Longrec'est votre sentiment qui vous appartient et ce n'est point le mien · Frans Frans Tassigny....genèse tantôt rimbaldienne de la “parole-a-venir”, tantôt Rilkéenne du “réveille des Dieux enfouis”, mais toujours en lutte, et hélas quelquefois martyre à l’image de Frederico Garcia Lorca....? Lucile Longreil peut y avoir de la révolte dans les poèmes, mais il peut aussi y avoir autre chose, de la mystique chez saint de la croix, de l'émerveillement chez Odysseus Elytis, le recours à des métaphores et des images frappantes comme chez Adonis saint jean de la croix · Frans Frans TassignySi la poésie se loge dans une tour altière et de ses simples sentinelles exsangues jus-qu’aux seigneurs aux lauriers d’éfraîchis, tous savent avec le faucon crécelle la
perspective du vide qui les sépare de l’éternité comme le vol d’Icare celui de la mort. Inséré depuis <http://www.facebook.com/? sk=nf#!/groups/132005510239220/>