Les rythmes de travail entre 1995 et 2001 : faible progression de l irrégularité
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Les rythmes de travail entre 1995 et 2001 : faible progression de l'irrégularité

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En 2001, plus des deux tiers des salariés travaillent les mêmes jours chaque semaine avec des horaires identiques d'une semaine à l'autre. Un peu plus d'un salarié sur dix travaille selon des rythmes réguliers mais organisés sur des périodes s'étendant sur plusieurs semaines. Les autres salariés, soit un peu plus d'un sur cinq, ont en revanche un rythme de travail irrégulier caractérisé par la variabilité erratique des jours, des horaires ou des deux à la fois. Depuis 1995, année de la précédente enquête sur la durée du travail, les rythmes de travail n'ont connu pour l'ensemble des salariés que des évolutions ténues, en dépit de la montée en puissance du processus d'aménagement du temps de travail. L'irrégularité du temps de travail est toutefois en très légère hausse. Cette évolution, un peu plus marquée dans le privé, ne concerne pas les cadres. Les femmes continuent d'avoir des rythmes de travail plus souvent réguliers que les hommes, mais l'écart s'est amoindri en six ans. Enfin, les salariés passés aux 35 heures, particulièrement ceux qui se déclarent concernés par un dispositif de modulation ou d'annualisation du temps de travail, ont moins souvent que les autres un rythme fondé sur la répétition de semaines de travail identiques. Toutefois, une partie de ces salariés avaient déjà un rythme de travail irrégulier ou cyclique avant l'ARTT.

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Langue Français

Extrait

N° 994 - DÉCEMBRE 2004
PRIX : 2,20€
Les rythmes de travail
entre 1995 et 2001 :
faible progression de l’irrégularité
Pierre Biscourp, division Emploi, Insee
n 2001, plus des deux tiers des sa- 1995. En six ans, la proportion de salariés qui
travaillent selon des jours ou des horaires irré-lariés travaillent les mêmes jours
guliers a ainsi progressé faiblement mais signi-Echaque semaine avec des horaires
ficativement (un peu plus d’un point), alors que
identiques d’une à l’autre. Un peu
celle des salariés dont le rythme de travail suit
plus d’un salarié sur dix travaille selon un cycle plus long que la semaine reste à peu
des rythmes réguliers mais organisés sur près stable (tableau 1).
des périodes s’étendant sur plusieurs se- Le rythme de travail dépend de la profession
exercée, du secteur d’activité et de la taillemaines. Les autres salariés, soit un peu
d’entreprise, mais il varie aussi selon d’autresplus d’un sur cinq, ont en revanche un
caractéristiques du salarié : le sexe, l’âge, le
rythme de travail irrégulier caractérisé
fait de travailler à temps complet ou à temps
par la variabilité erratique des jours, des partiel, le type de contrat de travail. À caracté-
horaires ou des deux à la fois. Depuis ristiques précédentes données, l’irrégularité du
1995, année de la précédente enquête sur temps de travail connaît toujours une progres-
sion faible mais significative (un peu plus d’unla durée du travail, les rythmes de travail
point). En moyenne pour l’ensemble des sala-n’ont connu pour l’ensemble des salariés
riés, on n’observe donc guère de changement
que des évolutions ténues, en dépit de
dans le rythme de travail, en dépit de la montée
la montée en puissance du processus en puissance sur la période du processus d’a-
d’aménagement du temps de travail. L’ir- ménagement du temps de travail. Tout au plus
régularité du temps de travail est toute- peut-on parler d’une légère tendance à la
fois en très légère hausse. Cette
Les rythmes de travail par sexe
évolution, un peu plus marquée dans le
et catégorie socioprofessionnelle
privé, ne concerne pas les cadres. Les
en %
femmes continuent d’avoir des rythmes
Rythmes
de travail plus souvent réguliers que les régulier
hebdo- cyclique irrégulierhommes, mais l’écart s’est amoindri en six
madaireans. Enfin, les salariés passés aux 35 heu-
1995 2001 1995 2001 1995 2001
res, particulièrement ceux qui se décla-
Cadre homme 68 71 2 3 30 27
rent concernés par un dispositif de femme 79 77 2 3 19 21
ensemble 72 73 2 3 26 25modulation ou d’annualisation du temps
Profession homme 67 67 9 10 24 24de travail, ont moins souvent que les au-
intermédiaire femme 71 69 11 11 18 20tres un rythme fondé sur la répétition de
ensemble 69 68 10 10 21 22
semaines de travail identiques. Toutefois,
Employé homme 51 55 14 13 35 31
une partie de ces salariés avaient déjà un femme 74 70 9 9 17 20
ensemble 69 67 10 10 21 23rythme de travail irrégulier ou cyclique
Ouvrier homme 70 67 16 17 14 16avant l’ARTT.
femme 69 66 17 18 13 16
ensemble 70 67 17 17 14 16
Ensemble homme 66 66 12 12 22 22
En 2001, 68 % des salariés travaillent les
femme 73 70 10 10 17 20
mêmes jours de la semaine avec les mêmes ensemble 69 68 11 11 19 21
horaires d’une semaine sur l’autre (rythme de
Champ : ensemble des salariés.
travail « régulier hebdomadaire»,définitions). C’é-
Lecture : aux arrondis près et par année, les lignes somment à 100.
tait le cas d’un peu plus de 69 % d’entre eux en Source : enquêtes Durée du travail, 1995 et 2001, Insee
INSEE
PREMIEREprogression de l’irrégularité, qui ne pro- Les rythmes cycliques concernent quantLe développement
vient pas d’une croissance de l’emploi à eux en 2001 un tiers des salariés dede l’irrégularité reste très localisé
plus forte dans les secteurs et pour les l’automobile, plus du quart des salariés
professions où cette irrégularité est des industries des biens intermédiaires,
structurellement bien établie. Les salariés les plus concernés par les un cinquième des salariés de la santé,
rythmes irréguliers sont ceux des trans- de l’action sociale et de l’agroalimen-
ports (quatre salariés sur dix en 2001), taire, et entre 15 % et 20 % des salariés
de l’hôtellerie restauration, des activités des postes et télécommunications et desUne tendance un peu plus
récréatives, culturelles et sportives, de la services opérationnels. Ces rythmes ne
marquée dans le privé
santé et de l’action sociale (un salarié progressent de façon significative que
sur trois), et du commerce de détail dans des secteurs où ils restent peu
En 2001, presque 22 % des salariés du (plus d’un sur quatre). Les moins tou- répandus : le commerce de gros (3 points)
public (État, collectivités locales, hôpitaux chés sont ceux de l’automobile, de la et les activités financières (2 points). Ils
publics, HLM) ont un rythme irrégulier, construction, des activités immobilières, régressent en revanche dans la santé et
contre 20 % des salariés du privé. Mais des industries des biens intermédiaires l’action sociale (3 points).
alors qu’ils restent stables dans le public, et de l’éducation (environ un salarié sur L’irrégularité est toujours moins fré-
les rythmes irréguliers progressent de dix). En six ans, l’irrégularité n’a pro- quente chez les femmes, mais l’écart
2 points dans le privé, à âge, sexe, temps gressé significativement à âge, sexe, s’amoindrit. En 1995 comme en 2001, le
complet ou partiel, type de contrat et taille temps complet ou temps partiel, type de rythme de travail des femmes est plus
d’entreprise donnés. Les rythmes cycli- contrat, position hiérarchique et taille souvent régulier hebdomadaire que
ques sont en 2001 aussi répandus dans d’entreprise donnés, que dans les secteurs celui des hommes, mais l’irrégularité
le public que le privé (11 %). Mais le taux de l’énergie (9 points), du commerce de progresse davantage pour elles que
de rythmes cycliques (définitions) a aug- détail (7 points), du commerce automo- pour eux : en 1995, le taux de rythmes
menté faiblement mais significativement bile (6 points), des postes et télécommu- irréguliers des femmes était de 5 points
(un point) dans le privé, alors qu’il est resté nications (6 points), et des services inférieur à celui des hommes, il ne l’est
inchangé dans le public. L’analyse par sec- opérationnels (3 points). À l’inverse, elle plus que de 2 points en 2001 (tableau1).
teur d’activité et par profession permet a perdu du terrain dans l’administration Ce rapprochement de la situation des
de mieux cerner l’origine de ces évolutions. publique (4 points). hommes et des femmes n’est pas seule-
ment dû au fait que ces dernières exer-
cent de plus en plus souvent des Rythmes de travail par profession
professions aux horaires irréguliers : à
en %
profession, âge, temps complet ou
Rythme cyclique Rythme irrégulier
temps partiel, type de contrat, taille
1995 2001 évol. 1995 2001 évol.
d’entreprise et secteur d’activité donnés,
Policier, militaire 20 21 1 59 50 - 9 l’écart s’est réduit de façon significative
Profession de l’information, des arts et des spectacles 43 0 43 45 2
(2 points en six ans).
Aide-soignant, ambulancier, agent de service hospitalier 38 34 - 4 36 43 7
Chauffeur 87 - 1 42 40 - 2
Infirmier 41 34 - 7 32 37 5
Employé de commerce 87 - 1 23 30 8 La progression de l’irrégularité
Prof. int. administrative ou commerciale des entreprises 25 3 28 28 0 ne concerne pas les cadres…
Animateur, éducateur, assistante sociale 910 1 28 28 0
Sage-femme, technicien médical 13 17 4 19 26 7
En 2001, un cadre sur quatre travailleOuvrier agricole 43 - 1 30 25 - 6
Professeur, profession scientifique 34 0 22 24 2 selon un rythme irrégulier. C’est le cas
Cadre de la Fonction publique 33 - 1 24 24 0 d’une proportion à peine inférieure de
Professions libérales 42 - 2 20 24 4
professions intermédiaires et d’em-
Cadre administratif ou commercial d’entreprise 12 1 29 23 - 5
plo

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