Deuxième région française en terme de PIB par habitant, Rhône-Alpes fait également partie des régions de province ayant les plus hauts niveaux de revenus. Ainsi en 2004, le revenu disponible brut par habitant, d'un niveau de 17 634 euros, est supérieur de 6 % à celui de l'ensemble des régions de province. Le revenu fiscal médian rhônalpin est de 16 390 euros par unité de consommation (UC), soit 7 % de plus que celui de la France de province. La moitié de la population rhônalpine vit dans un ménage dont le revenu par UC est inférieur à 16 390 euros, alors que l'autre moitié dispose d'un revenu supérieur. Cinq départements sont au-dessus de la moyenne régionale pour cet indicateur : la Haute-Savoie avec 50 % de la population qui déclare gagner plus de 18 300 euros par an par UC, le Rhône (17 100 euros), l'Ain (16 700 euros), l'Isère (16 600 euros) et la Savoie (16 600 euros). A l'inverse, les revenus médians de l'Ardèche, de la Drôme et de la Loire sont les plus faibles de la région. Les rhônalpins déclarent une part de revenus d’activité légèrement plus élevée que l'ensemble des régions (73,8 % contre 71,2 % en province et 72,8 % sur l'ensemble de la métropole). Inversement, la part des retraites, pensions et rentes est un peu plus faible (22 % contre 24,8 % en province et 23 % sur l'ensemble de la métropole). L'Ardèche, la Loire et la Drôme ont une part de retraites, pensions et rentes plus élevée que la part régionale. Les taux de ménages imposés y sont les plus faibles et les taux de chômage les plus élevés. Ces éléments peuvent expliquer la faiblesse de leurs revenus médians. En 2004, 10 % de la population rhônalpine vit dans un ménage déclarant moins de 6 500 euros par UC par an tandis qu'à l'autre extrémité, une personne sur dix déclare plus de 32 200 euros par UC par an. Les revenus ne sont pas répartis de manière homogène dans la population selon les départements. Ainsi c'est dans le Rhône que l'hétérogénéité des revenus déclarés est la plus importante, plus marquée qu'au niveau régional : 10 % de la population déclare moins de 6 000 euros par UC par an, tandis que 10 % vit avec plus de 34 500 euros par UC. A l'inverse la Savoie est le département pour lequel l'écart entre les hauts revenus et bas revenus est le plus faible.
En 2004, Rhône-Alpes se place en quatrième position des régions de province, avec un salaire annuel moyen net de 16 300 euros, derrière l'Alsace, la Haute-Normandie et la Picardie. Les salariés rhônalpins gagnent en moyenne 4 % de plus que l'ensemble des salariés de province. Les inégalités de salaires entre les hommes et les femmes persistent, quelle que soit la catégorie socio-professionnelle. En 2004, les femmes gagnent 28 % de moins que les hommes. Ces différences de salaires sont plus marquées pour les femmes cadres. Celles-ci gagnent 29 % de moins que leurs collègues hommes. Les femmes cadres de Rhône-Alpes sont payées pratiquement au même niveau que celles de province (300 euros de plus) tandis que les hommes cadres de la région gagnent en moyenne 1 100 euros de plus que ceux de province. En 2004, un salarié sur quatre gagne moins de 8 600 euros par an et un autre quart de salariés gagne plus de 20 500 euros par an. De plus, les trois quarts des hommes gagnent moins de 22 900 euros par an alors que les trois quarts des femmes gagnent moins de 17 700 euros.
Fin 2004, 322 300 personnes touchent la couverture maladie universelle complémentaire (CMU), soit à peine 5,5 % des rhônalpins contre 6,7 % au niveau national. Après avoir diminué depuis 2000 jusqu'en 2002, passant de 6 % à 5 %, le taux de couverture de la population rhônalpine progresse à nouveau. Les habitants de la Drôme et du Rhône bénéficient plus souvent de la CMU que ceux des autres départements (7% contre 5,5% en Rhône-Alpes). En Rhône-Alpes, après une baisse entre 1999 et 2001, le nombre de bénéficiaires du revenu minimum d'insertion (RMI) n'a cessé d'augmenter depuis 2001 avec une très forte augmentation entre 2002 et 2004 (+16 %). En 2005, 79 300 rhônalpins touchent le RMI, soit 1,3 % de la population de la région. Le nombre de personnes percevant des allocations familiales a augmenté de 12 % depuis 1999, avec une forte augmentation entre 2004 et 2005 (6 %). Ces hausses suivent la tendance nationale. En 2005, 466 200 personnes reçoivent les allocations familiales, soit 8 % des rhônalpins. De plus, depuis 2001, les bénéficiaires de l'aide aux parents isolés ont augmenté de 14 % pour atteindre 12 700 personnes fin 2005, alors qu'entre 1999 et 2000, leur nombre avait très légèrement diminué.
Le nombre de retraités en 2005 est de 973 600 personnes, soit 16 % de la population de Rhône-Alpes. Depuis 2000, cette progression est de 13 % (11 % au niveau national) avec une forte augmentation depuis 2003 (7 % contre 6 % au niveau national).
102 INSEE - Tableaux de l'économie Rhône-Alpes 2006/2007