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.
Une tablette est née
Apprécié des élites depuis le dix-septième siècle et célébré notamment par la marquise de Sévigné, le chocolat est
consommé sous forme de boisson chocolatée et comme confiserie de luxe. Mais fabriqué essentiellement dans les
officines, il est surtout utilisé pour atténuer l'amertume de certains médicaments et faire ainsi "passer la pilule".
1836 : la première tablette de chocolat vient révolutionner les habitudes de consommation.
Jean-Antoine-Brutus Menier, fondateur de la dynastie, fait doublement oeuvre de pionnier. Il invente le chocolat sous
la forme de tablettes de six barres semi-cylindriques et les habille du fameux papier jaune, signant l'acte de
naissance de la marque de fabrique. De fait, cet emballage reproduit en fac similé la signature de Jean-Antoine-
Brutus Menier et les médailles d'or et d'argent remportées lors des expositions.
Il met ainsi en place les premiers éléments de marque puisque les médailles valident la production, garantissent la
qualité du produit et permettent de le distinguer de la contrefaçon. Le fondateur justifie sa marque de fabrique "
pour
empêcher qu'on imitât, comme on l'a fait souvent, nos enveloppes, nos étiquettes et nos numéros
". Une
première puisque la propriété des marques de fabrique ne sera définie que par les lois du 23 juin 1837 et du 27 juin
1857.
Cela fait déjà dix ans que Jean-Antoine-Brutus Menier, à l'origine fabricant de poudres pharmaceutiques, s'est lancé
dans la production de chocolat, ce grâce à l'acquisition, en 1825, d'un ancien moulin à blé sur la Marne, à Noisiel.
Reste que sa "fabrique de poudres et farines à l'usage des droguistes" n'accorde qu'une place secondaire à la
production de chocolat, en raison "des difficultés d'approvisionnement en sucre et en cacao
(1)
. À sa mort, en
1853, la production atteint 4000 kg.
Révolution de la production
De 1867 à 1881, "en l'espace d'une décennie, l'usine des bords de Marne devient le coeur productif d'un empire agro-
alimentaire qui s'étend du Nicaragua aux rives de la Tamise
(2)
. En digne héritier, Emile-Justin Menier, qui succède
à son père à vingt-sept ans, va faire entrer le chocolat dans l'ère de la production et de la consommation de masse. Il
est, en France, le véritable "père" du chocolat. Avec lui, l'usine de Noisiel abandonne l'activité pharmaceutique en
1863 pour se consacrer exclusivement à la fabrication de chocolat. C'est l'une des premières en France à être
construite et organisée selon un schéma de production rationnelle
(3)
. Dès 1832, la Société d'Encouragement pour
l'Industrie Nationale qualifiait l'usine de Noisiel d'"
Etablissement unique en son genre
".
Unique sur le plan de l'organisation du travail, du choix des machines et des procédés utilisés. Pendant plus de vingt-
cinq ans, Jean-Antoine Brutus Menier bénéficie de la compétence de Henri-Pierre-François Antiq, un mécanicien. Ses
machines vont assurer le succès de la marque : uniformité du produit, hygiène et sécurité. Avec Emile-Justin Menier,
l'usine est plus que jamais un champ d'expérimentation des techniques de pointe (machine à vapeur, turbine,
machine frigorifique). Il s'attache les compétences d'un des meilleurs hydrauliciens, Louis-Dominique Girard et confie
par ailleurs à Charles Tellier, le spécialiste du froid industriel, le soin de mettre au point une machine à fabriquer le
froid artificiellement. Grâce à un système de circulation d'eau froide dans des galeries sous-terraines, les moules
garderont une température de 12°. Corrolaire de la révolution technologique : l'ordre de la production.
"Du triage des fèves au pliage des tablettes, le cycle de fabrication est décomposé en une série d'opérations traitées
dans des ateliers spécialisés dont la distribution visant à limiter et à réguler la circulation des hommes et des flux de
marchandises se double de la recherche d'une parfaite adéquation entre le cadre bâti et le processus de production
(2)
. Construits le long de la Marne, tous les bâtiments sont conçus pour s'adapter aux étapes de la production.
L'espace n'échappe pas aux exigences d'une mécanisation accrue, mais -autre particularité de la Maison Menier-
l'architecture du site n'a sacrifié ni l'innovation ni l'esthétique.
Une architecture pionnière
On doit ainsi à Jules Saulnier la construction, entre 1865 et 1872, sur le site du moulin médiéval, du premier
bâtiment à structure métallique porteuse : les briques vernissées et les céramiques des murs extérieurs ne font donc
office que de remplissage, tandis que le dernier étage est un plancher suspendu, ce qui en fait... "
l'ancêtre
" des
gratte-ciels. Tout le bâtiment étant dédié au chocolat et à Menier, on retrouve partout le monogramme "M" ainsi que
la fleur et les cabosses de cacao.
Inscrit à l'inventaire du patrimoine en 1986, le Moulin de Noisiel est classé monument historique depuis 1992. Autre
pari de l'audace architecturale : la "
cathédrale
" (puisque sanctuaire du chocolat), construite sur l'île entre 1906 et
1908 par Stephen Sauvestre, premier collaborateur pour la construction de la Tour Eiffel et également architecte des
hôtels particuliers de la famille Menier.
La "
nouvelle chocolaterie
", l'un des premiers édifices réalisés en béton armé, abrite les mélangeuses ultra-
modernes et les deux "
salles des colonnes
" (de 500 mètres carrés chacune) au rez-de-chaussée, où les ouvriers
réceptionnent le cacao broyé. Autre record pour l'époque : Pont Hardi qui, avec ses 44,5 mètres de portée, relie la
"
cathédrale
" aux ateliers de la rive gauche.
Du Nicaragua à la Tamise... l'Empire Menier