Pétrole et gaz naturel au Sahara - article ; n°385 ; vol.71, pg 279-308

-

Documents
31 pages
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Annales de Géographie - Année 1962 - Volume 71 - Numéro 385 - Pages 279-308
30 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 01 janvier 1962
Nombre de visites sur la page 31
Langue Français
Signaler un problème

Robert Fosset.
Pétrole et gaz naturel au Sahara
In: Annales de Géographie. 1962, t. 71, n°385. pp. 279-308.
Citer ce document / Cite this document :
Fosset. Robert. Pétrole et gaz naturel au Sahara. In: Annales de Géographie. 1962, t. 71, n°385. pp. 279-308.
doi : 10.3406/geo.1962.16198
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1962_num_71_385_16198PÉTROLE ET GAZ NATUREL AU SAHARA
1960 a marqué un tournant dans la mise en valeur des réserves d'hydro
carbures du Sahara. La production du pétrole a atteint 8 627 000 t, elle a
doublé approximativement en 1961 1 ; il est possible qu'en 1965 elle soit
de l'ordre de 30 à 45 millions de t selon la conjoncture du marché mondial
et l'évolution des techniques de récupération du pétrole. L'exploitation
du gaz naturel a commencé en mai 1961, mais la production doit rester
limitée, elle ne dépassera probablement pas 500 millions de m3 en 1962.
Cependant, malgré ces progrès très spectaculaires, la place du Sahara
reste encore modeste à l'échelle mondiale : 0,8 p. 100 de la production mondiale
en 1960, un peu plus de 1 p. 100 en 1961. Avec 740 millions de t, le Sahara
ne possède que 1,7 p. 100 des réserves mondiales ; les pays les plus riches
étant, par ordre d'importance2 :
Moyen-Orient 60,86 p. 100 des réserves mondiales
États-Unis 11,10 — — —
U.R.S.S. 10,30 — — —
Venezuela 6,04 — — —
I. — Les régions productrices
II n'y a pas eu de grands changements ; les années 1959 et 1960 ont
été consacrées à la mise en exploitation des gisements déjà connus et à une
plus juste évaluation des réserves plus qu'à la recherche de nouveaux gise
ments. Les changements les plus importants concernent précisément l'évalua
tion des réserves : selon les publications, les chiffres cités varient ; il est
en effet possible de jouer sur les différences, considérables, entre réserves
probables, réserves possibles, réserves prouvées et réserves prouvées récupé
rables ; seuls, ces derniers chiffres présentent un caractère de certitude, ils
pourront toujours être modifiés dans l'avenir si de nouvelles techniques
d'extraction sont mises au point et utilisées.
A. Les régions pétrolières.
1. — Les grands gisements2 (fig. 1 et 2).
Hassi Messaoud. L'importance des réserves place Hassi Messaoud
parmi les gisements de classe internationale. Toutefois, les qualités médiocres
de la « roche magasin » réduisent considérablement les réserves récupérables
évaluées à 450 millions de t ; les failles sont nombreuses, les roches ont une
faible porosité et leur perméabilité est très variable ; d'autre part, la grande
profondeur du gisement accroît le prix de revient des forages (3 300 m).
L'avenir du dépend de l'efficacité de l'injection des fluides pour
maintenir la pression et ainsi maintenir ou augmenter la récupération.
1. 15,6 millions de t.
2. Pétrole 1960, Comité professionel du Pétrole. 280 ANNALES DE GÉOGRAPHIE
TALGER
Gaz naturel
□ gis»m,
Pétrole:
♦ gisem
V1 л. gisement encore exploité. découvert
RÉSERVES (prouvées récupérables/
£v) pétrole.
Rayon
100 3OO S00 millions ae tonnes de pétrole, milliards de m> de gaz.
DE
nln Salah
En Bazzene Dj.Berga U 0
Dj.Thara Tibaradine H
FlG. 1. Localisation et importance des gisements
d'hydrocarbures sahariens.
La mise en exploitation du gisement a été achevée en 1961, mais l'ex
traction n'a que faiblement progressé d'une année à l'autre :
1960 : 6,6 millions de t
1961 : 8 — —
Cependant, Hassi Messaoud est remarquable par le débit très élevé des
puits ; en 1960, les 14 puits forés productifs se classaient de la manière sui
vante :
— 9 puits avec un débit de 400 t/jour (146 000 t/an),
— 2 un de 400 t à 800 t/jour,
— 3 puits avec un débit supérieur à 800 t/jour (292 000 t/an). ET GAZ NATUREL AU SAHARA 281 PÉTROLE
Mazoula
« Ouan
TKÁ Taredjeli
x<&
Zarzaïtine
Г:-*.*1 La Reculée
Tiguentourine
Edjeleh
Adeb Larache
Ouan Taredert
LOued Oubarakat
50 Km.
gisements en exploitation. en cours de prospection,
gaz nature/.
Fig. 2. — Bassin de Polignac.
(D'après le rapport d'activité annuelle de la GREPS.)
Le Bassin de Polignac. Ce bassin sédimentaire situé aux confins algéro-
Iibyens, dans la partie Sud-Est du Sahara, est actuellement la région qui
attire le plus l'attention : l'exploitation progresse très rapidement, de nou
veaux gisements ont été découverts en 1960 et 1961 et vont être mis ince
ssamment en exploitation ; enfin, la prospection qui se poursuit activement
a révélé de multiples indices qu'il reste à interpréter. Le Bassin de Polignac
est encore loin d'avoir révélé toutes ses richesses.
Le gisement de Zarzaïtine. C'est le plus important, non par ses réserves,
évaluées actuellement à 80 millions de t, mais par sa production croissant
à un rythme très rapide. Le rendement par puits est bon : 270 t/jour
(100 000 t/an) ; il a été accru par fracturation des couches. D'autre part, 282 ANNALES DE GÉOGRAPHIE
les niveaux argilo-sableux peuvent être mis en production. La production
a évolué de la manière suivante :
1960 : 1,6 million de t
1961 : 6,6 millions de t1
1962 : 9,5 — — (prévision)
Au gisement d'EDJELEH, 35 millions de t d'huile sont récupérables sur
un total de 110 millions de t en place ; la production a triplé en 1961 :
1960 : 0,5 million de t
1961 : 1,5 — —
La mise en exploitation à un rythme normal exige le forage de 200 puits,
ce qui signifie un faible rendement par puits (de l'ordre de 10 000 à 20 000t/an),
mais les différents niveaux producteurs étant situés à faible profondeur,
le coût du forage d'exploitation est relativement faible. Les 3 niveaux pro
ducteurs sont situés :
— dans le Carbonifère à 400 m,
— dans le Dévonien à 800 m,
—l'Ordovicien à 1 100 m.
En juin 1961, la production a atteint un niveau record avec :
— 24 500 m3/jour à Zarzaïtine,
— 6 500 nrVjour à Edjeleh.
Soit un rythme annuel de 9,5 millions de t.
2. — Les nouveaux gisements mis en exploitation.
— El Gassi-El Agreb. Ce gisement est situé au Sud d'Hassi Messaoud ;
son exploitation a commencé dans le courant de l'année 1961 ; revaluation
des réserves reste encore imprécise et le gisement, situé à une profondeur
de 3 100-3 200 m, est décevant par suite d'une structure complexe, variant
sur de courtes distances. Cependant, la production en 1960 a été de l'ordre
de 200 000 à 300 000 t. En 1962, elle sera de 500 000 à 1 million de t. Le
rendement de chacun des 6 puits atteint 300 t/jour (120 000 t/an).
— Le Bassin de Polignac : il s'agit, dans l'état actuel des recherches,
de petits gisements.
— Le gisement de Tiguentourine possède des réserves d'huile équivalant
à 15 millions de t, à 1 400 m ; 46 puits ont été forés produisant au total,
depuis janvier 1962, 1 285 t/jour, soit environ 250 000 1 pour l'année en cours.
— Le gisement de El Adeb Larache présente des caractéristiques à peu
près identiques (profondeur, réserves, production, etc.).
— Le gisement de Ohanet, au Nord-Ouest de Zarzaïtine, a été mis en
1. Prévisions perturbées par l'affaire de Bizerte et l'interruption du trafic du port de La
Skhirra. PÉTROLE ET GAZ NATUREL AU SAHARA 283
exploitation dès l'entrée en service de l'oléoduc Ohanet-Hassi Messaoud ;
située à 2 350-2 400 m de profondeur, la « roche réservoir » appartient au
Dévonien ; une poche de gaz existe à la partie supérieure du réservoir.
Avec 13 puits producteurs, la production a été de l'ordre de 100 000 à
500 000 t en 1961 ; les réserves sont actuellement évaluées à 15 millions de t.
3. — ■ Les nouveaux gisements découverts. Bien que la prospection
se soit ralentie, de nouveaux ont été découverts en 1960 et 1961
mais des études complémentaires sont nécessaires pour apprécier leur impor
tance et décider de leur mise en exploitation.
Ces découvertes sont surtout localisées dans le Bassin de Polignac :
— Oulougga, situé au Nord d'Hassi Messaoud, a révélé des indices très
prometteurs à la fois dans le Trias, le Gothlandien et FOrdovicien ; des
essais auraient donné 160 t/jour.
— Le gisement du Djebel Onk est situé aux confins algéro-tunisiens,
à l'Ouest de Tébessa, à proximité des gisements de phosphates ; 3 forages
ont permis de déterminer l'existence de sables imprégnés vers 1 100 m ;
les réserves sont actuellement évaluées à 6 millions de m3 dont 12 p. 100
seraient récupérés par pompage ; ces indices sont assez sérieux pour que la
société des phosphates ait pris une part de 35 p. 100 dans l'exploitation.
— Le Bassin de Polignac La plus intéressante des découvertes est
celle de Tin Fouyé (fig. 1) (faible profondeur : 1 270-1 300 m) ; on a parlé
d'une production possible de 3 à 12 millions de t, mais ces précisions semblent
prématurées ; indices à Tamadanet (30 km à l'Est de Ohanet), à Ouan
Taredert (au Sud-Ouest d'Edjeleh), à Oued Oubarakat, à Ouan Tared jeli
(au Nord d'Edjeleh), etc.. A Tan Emellel, un petit gisement exploitable
a été reconnu dans le Dévonien.
— A Rhourde el Baguel, à 105 km au Sud-Est d'Hassi Messaoud, un
forage a donné un débit de 8 t/h lors d'un test effectué au début de 1962.
— - A Belketaieff, à 100 km au Sud-Ouest d'Hassi R'Mel, un forage a
atteint 2 réservoirs dans le Dévonien : l'un à 2 132-2 134 m (4 000 1 d'huile
en 1 h 30), l'autre à 2 250-2 257 m a donné un débit plus élevé encore. Les
indices sont d'une grande importance, car si le Dévonien est réellement
producteur, de grands espoirs sont permis quant aux possibilités du Bassin
Nord-occidental du Sahara1.
B. Les réservoirs de gaz naturel (fig. 1 et 2).
1. — Les gisements de gaz seul. Ils sont très nombreux mais bien moins
concentrés géographiquement que les gisements de pétrole. La prospection
amène chaque année de nouvelles découvertes mais, actuellement, ces gis
ements intéressent peu les sociétés de recherche et les pouvoirs publics :
à l'exception d'Hassi R'Mel, les gisements sont abandonnés aussitôt que
découverts s'ils ne s'accompagnent pas de pétrole ; on ne cherche pas même,
1. D'après Pétrole- Informations, févr. 1962. 284 ANNALES DE GÉOGRAPHIE
semble-t-il, à évaluer leur capacité et leur extension, leur exploitation étant
considérée comme non rentable, par suite de l'abondance du gaz et de l'éloi-
gnement des zones consommatrices.
— Le gisement d'HASSi R'Mel est d'importance mondiale par ses dimens
ions : 80 km sur 45 km et surtout par ses réserves évaluées à 2 000 milliards
de m3 pour les réserves probables et 450 milliards pour les réserves prouvées
récupérables. La productivité des puits est grande, puisque 9 puits seulement
suffiront pendant longtemps pour assurer la production. De ce fait, le coût
de la production est bas :
États-Unis 11 000 m3/jour par puits
Lacq 500 000 — — —
Hassi R'Mel 1 000 000 — — —
La production peut être poussée jusqu'à 25 milliards de m3 par an sans
amener un épuisement trop rapide du gisement. Elle représente un équivalent-
charbon de 40 millions de t par an. Celle de 1961 paraît bien dérisoire compar
ée à ces chiffres : 300 millions de m3 dont 200 millions commercialisés,
et 75 000 t de gazoline.
— Le gisement de La reculée : 150 milliards de m3 seraient enfouis
à 1 850 m à l'Ouest d'Edjeleh, dans le Bassin de Polignac.
— Le gisement de PAhnet, situé en plein cœur du Sahara, dans la région
d'In Salah, n'a pas été inventorié et son exploitation reste hypothétique
dans la conjoncture économique actuelle, par suite de sa position géogra
phique ; pourtant, il semble avoir une extension importante, puisque des
sondages ont rencontré le gaz à In Salah, au Djebel Berga, à Tibaradine,
au Djebel Thara, à En Bazzene, etc.. 11 s'agit probablement d'ailleurs de
gisements différents.
Les autres gisements : ils sont très nombreux ; on a décelé des indices
à Nezla1 et Hassi Touareg au Sud-Est de Hassi Messaoud ; à El Atchane,
au Sud-Ouest de Hassi Messaoud. A Amasralad, près de la frontière libyenne,
au Nord de Zarzaïtine, des essais de production ont donné des débits de
100 000 à 200 000 m3 par jour et à Hassi Ouan Abeghen, au Sud d'Edjelh,
100 000 m3 par jour. A In Adaoui, à 16 km au Nord-Est de Ohanet, on a
découvert du gaz riche en gazoline.
— Gassi Touil : depuis novembre 1961, ce puits est en feu, le gaz brûle
à la cadence de 10 à 15 millions de m3 par jour, ce qui laisserait supposer
l'existence d'un gisement de plusieurs centaines de milliards de m3 peut-être,
mais il faut, avant d'entreprendre d'autres sondages, éteindre l'incendie, ce
qui se révèle très difficile : les techniciens ont entrepris 2 forages obliques afin
d'injecter de la boue à 1 800 m de profondeur pour ralentir le débit du gaz
en surface ; après quoi les tenteront de souffler la flamme en
faisant exploser une charge de TNT2.
1. Un test dans le Trias (2 310-2 394 m) a révélé une capacité de production de 460 000
mVjour.
2. Opération réussie le samedi 27 avril 1962, à 10 h du matin. PÉTROLE ET GAZ NATUREL AU SAHARA 285
— A Rhourde H ambra, un réservoir de 90 m de puissance a été décelé
dans ce Trias argilo-gréseux à 2 314 m; le débit est de 480000 m3 /jour aux
essais.
— A Hassi Timoulaye, un réservoir dans les grès du Dévonien infé
rieur a été reconnu à 2 400 m ; un test a révélé une productivité de
135 000 m3 /jour.
2. — Le gaz associé au pétrole. Dans des proportions plus ou moins
grandes, le gaz est toujours associé au pétrole ; sa pression, lorsqu'elle est
suffisamment forte, permet le jaillissement du pétrole à la surface du sol ;
la réinjection du gaz est un procédé couramment employé pour accroître
la quantité d'huile récupérable.
A Hassi Messaoud, par exemple, il y a 250 m3 de gaz par tonne de pétrole ;
pour une production annuelle de 8 millions de t, celle de 1961, le volume
de gaz dépasse 2 milliards de m3 dont une infime partie seulement alimente
une petite centrale thermique à usage local ou est réinjectée pour accroître
le débit. Le reste est perdu et brûle jour et nuit dans les torchères.
La production saharienne de pétrole occupe une place modeste à l'échelle
mondiale, mais son importance est grande pour les pays de la zone franc,
plus encore pour l'Algérie. Par ailleurs, la commercialisation de ce pétrole
se produit au moment où sévit une surproduction mondiale, et une concur
rence vive entre les grandes sociétés membres du Cartel International
du Pétrole (Esso, Shell, B.P., CF. P., etc.), les sociétés indépendantes
américaines ou européennes, les sociétés d'État (YEN1 par exemple) et
l'U.R.S.S.
En se basant sur une production annuelle de 25 millions de t et en suppo
sant qu'aucune autre découverte ne sera faite, l'avenir de la production
«st assuré pour 30 ans. Par contre, le Sahara se révèle comme l'une des plus
grandes réserves mondiales de gaz naturel. Avec une production annuelle
de 20 milliards de m3, ce qui suppose un développement industriel considé
rable de l'Algérie et une forte exportation vers l'Europe, le seul gisement
d'Hassi R'Mel ne serait épuisé que dans 20 ans ; or ce chiffre de 20 milliards
de m3 ne paraît pas encore près d'être atteint.
IL — Les conditions de la recherche et de l'exploitation
A. Le coût de la recherche.
La recherche pétrolière au Sahara est onéreuse par suite de l'éloignement
qui accroît les frais de transport et se répercute sur les salaires, par suite
de l'absence de toute infrastructure au départ (routes, aérodromes, etc..)
et aussi en raison des conditions climatiques qui imposent des aménage
ments spéciaux (installations climatisées des bases de In Amenas, Maison
Rouge, etc.). ANNALES DE GÉOGRAPHIE 286
— Le prix du mètre foré par un appareil lourd (forage de grande profon
deur) s'établit de la manière suivante :
FORAGE FORAGE
DE RECHERCHE DE DÉVELOPPEMENT
France 88 000 F 89 000 F
Afrique Noire 186 000 F
Sahara 249 000 F 176 000 F l
Mais le prix de revient d'un forage varie d'un champ à un autre, en fonc
tion de la profondeur du gisement et de la nature des roches traversées :
— Hassi Messaoud (3 300 m) 600 millions de F
— Zarzaïtine (1 400 m) 60 — —
— Tiguentourine (800 m) 50 — —
— Edjeleh (400, 800 et 1 100 m) 20 — —
II est donc particulièrement important de connaître la part des échecs
dans les forages : au Sahara, elle a été l'une des plus faibles du monde en 1960,
sans doute parce que les forages d'extension et de développement sur des
gisements déjà connus ont été nombreux par rapport aux forages de recherche :
— Forages d'exploration 50
—d'extension 134 2
NOMBRE NOMBRE En p. 100 PAYS DE PUITS FORÉS DE PUITS SECS
49 331 37,8 p. 100 États-Unis 18 668
Canada 2 856 991 34,7 p. 100
Allemagne 508 169 33,2 p.
France 201 129 64,1 p. 100
149 25 16,7 p. Sahara,
Arabie 22 9 40,9 p. 100
Iran 15 1 6,6 p.
50 2 4 p. 100 Koweit
D'après Pétrole 1960, relevé statistique publié par le Comité Professionnel du Pétrole.
B. La situation des gisements.
Pour apprécier le caractère compétitif du pétrole saharien, il faut le
comparer au pétrole du Moyen-Orient qui alimente massivement les pays
de l'Europe occidentale. Il est évident que par rapport à certains gisements
du Moyen-Orient, les gisements sahariens, sur certains points, sont nettement
défavorisés :
— Par la position géographique : tous les gisements sahariens sont situés
à une grande distance des ports exportateurs (660 km ď Hassi Messaoud
1. Chiffres cités dans le rapport annuel du Bureau de Recherche du Pétrole (B.R.P.).
2. D'après Bulletin O.C.R.S. .
ET GAZ NATUREL AU SAHARA 287 PÉTROLE
à Bougie, 775 km d'Edjeleh à La Skhirra), alors que ceux de Qatar, de Koweit,
d'Iran, sont situés sur le pourtour du golfe Persique ou même sous les eaux.
— Par la grande profondeur, en général, des « roches magasins » : 3 300 m
pour Hassi Messaoud, 3 200 m pour El Gassi, 2 300 m pour Ohanet, 1 400 m Zarzaïtine, etc.. Par contre, le gisement de Kirkouk est à 1 000 m,
celui de Doukhan (Qatar) à 1 900 m et celui d'Abqaiq (Iran) à 200 m.
Mais, par l'épaisseur des couches productives, la surface des bassins,
le débit des puits, les gisements sahariens sont de classe internationale :
ainsi, alors que le débit moyen annuel de chaque puits est de 250 000 t au
Moyen-Orient, il est d'environ 100 000 t au Sahara, certains puits ď Hassi
Messaoud atteignant près de 300 000. Rappelons qu'aux États-Unis, le
débit moyen annuel n'est que de 500 t.
La position géographique par rapport aux pays gros consommateurs de
l'Europe occidentale donne aux produits pétroliers sahariens un avantage
décisif :
PORTS D EXPORTATION A MARSEILLE A ROTTERDAM
Pointe du golfe Persique (Koweit, Iran, etc. 9 000 km 12 200 km
3 — 6 — Côte du Levant (Syrie, Liban)
1 835 — 5 000 — Golfe du Siřte (Libye)
1 350 — 4 500 — La Skhirra (Tunisie)
760 — 3 500 — Bougie (Algérie)
Le gain est considérable, notamment sur les pétroles transportés sur
de très longues distances, par oléoducs, et aboutissant aux ports syriens
ou libanais. Il reste appréciable sur les pétroles libyens qui, eux, ont l'avan
tage d'être à une centaine de kilomètres de la côte méditerranéenne.
C. La qualité des produits pétroliers.
1. — Le pétrole. La qualité du pétrole est importante puisqu'elle
conditionne en partie l'orientation des exportations. Le pétrole du Sahara,
notamment celui ď Hassi Messaoud, est remarquable par sa faible densité
et la prédominance des produits blancs (en particulier l'essence), la faible
proportion des produits noirs (fuels) et l'absence ou la quasi-absence de
paraffine, asphalte, soufre (de 0,024 p. 100 à 0,20 p. 100).
HASSI MESSAOUD
40 p. 100 17 p. 100 15 p. 100 Essence
11 — Lampant
19 — 33 22 — Gas-oil . .
25 — 37 — 52 — Fuel ....
D'après la revue Industrie et travaux d'Outre-Mer, numéro spécial sur le Sahara, de nov. 1960.