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Description

Lire-écrire, un processus interactif

Quelques définitions
Les experts du domaine s’accordent pour dire que lire est une activité mentale complexe. Tous
établissent une distinction claire entre les notions de « apprendre à lire » ou « décoder, déchiffrer » et
celle « savoir-lire » ou « comprendre, donner du sens ».
S’ensuivent diverses appellations pour désigner le lecteur - novice, déchiffreur, débutant, bon,
mauvais, habile, rapide, lettré, expert… -, appellations qui soulignent la pluralité des compétences
exercées lors de cette activité.
Le concept de lecteur novice ou de lecteur expert n’est pas lié à l’âge ou au niveau de diplômes
ou d’acquisitions scolaires, mais bien à la familiarité, la connivence, l’interactivité que le lecteur peut
établir avec l’auteur du document. Lire un texte et ses schémas prescriptifs pour réaliser le tricotage
d’un pull jacquard peut s’avérer aussi ardu, pour les uns, que aller au-delà de la première page d’un
roman de Burgess, pour les autres.

On soulignera, de même, la difficulté à définir le notion de « texte » ou « document », désignant une
trace écrite sur un support, comme porteur d’information ou de connaissance.

La définition de l’acte de lecture la plus communément admise est celle-ci : lire, c’est donner du
sens à des signes conventionnels abstraits.

Cette définition souligne la part importante des règles qui régissent essentiellement le texte écrit :
codes graphiques et orthographiques, codes ...

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Langue Français

Exrait

Lire-écrire, un processus interactif
Quelques définitions
Les experts du domaine s’accordent pour dire que lire est une activité mentale complexe. Tous
établissent une distinction claire entre les notions de «
apprendre à lire
» ou «
décoder, déchiffrer
» et
celle «
savoir-lire
» ou «
comprendre, donner du sens
».
S’ensuivent diverses appellations pour désigner le lecteur
- novice, déchiffreur, débutant, bon,
mauvais, habile, rapide, lettré, expert… -, appellations qui soulignent la pluralité des compétences
exercées lors de cette activité.
Le concept de
lecteur novice
ou de
lecteur expert
n’est pas lié à l’âge ou au niveau de diplômes
ou d’acquisitions scolaires, mais bien à la familiarité, la connivence, l’interactivité que le lecteur peut
établir avec l’auteur du document. Lire un texte et ses schémas prescriptifs pour réaliser le tricotage
d’un pull jacquard peut s’avérer aussi ardu, pour les uns, que aller au-delà de la première page d’un
roman de Burgess, pour les autres.
On soulignera, de même, la difficulté à définir le notion de «
texte
» ou «
document
», désignant
une
trace écrite sur un support,
comme porteur d’information ou de connaissance.
La définition de l’acte de lecture la plus communément admise est celle-ci :
lire, c’est donner du
sens à des signes conventionnels abstraits
.
Cette définition souligne la part importante des
règles
qui régissent essentiellement le texte écrit :
codes graphiques et orthographiques, codes grammaticaux et linguistiques, codes culturels, etc. Il
s’agira
pour le lecteur de les connaître, et/ou de les rendre explicites, et de se les approprier.
On pourra s’interroger sur la très grande
diversité des codes et règles
en abordant les questions
de :
o
la diversité grandissante des objets à lire dans notre société d’écriture, du roman au slogan
publicitaire, de l’ordonnance médicale à l’arrêté municipal, de la conférence retranscrite in
extenso aux agoras thématiques ouvertes sur les sites des universités virtuelles (voir
typologie
),
o
la diversité des langues et des systèmes d’écriture, (voir
exemples
),
o
la diversité des contenus et supports, du bref article de colloque imprimé à l’encyclopédie
thématique consultable sur cédérom, du manuel universitaire à l’ouvrage de spécialité en n.
volumes,
o
l’évolution des outils de création et diffusion des informations et des connaissances, de l’oral
transcrit sur un rouleau à l’écrit numérique et hypertextuel diffusé en réseau et lisible sur un
écran,
o
l’évolution des modes de communication, en particulier la part accordée à l’image et au son.
La lecture du chercheur est généralement destinée à :
o
définir, approfondir, éclairer un domaine d’investigation,
o
alimenter et étayer sa propre production avec les ressources (concepts, arguments, modèles,
données, exemples…) validées par la communauté scientifique,
o
confronter ses points de vue, questionnements, et/ou résultats avec ceux des experts du
domaine.
En fonction de ces objectifs, il choisira la ou les stratégie(s) de lecture la plus appropriée : lecture de
résumés, d’extraits, lecture en diagonale ou lecture intégrale, lecture découverte ou lecture
approfondie.
Bibliographie
FAYOL M. (1997)
Des idées au texte. Psychologie cognitive de la production verbale, orale et écrite.
Paris . PUF
GIASSON J. (1990)
La compréhension en lecture
. Bruxelles. De Boeck Universités
GOODY J.(1979)
La Raison graphique
. Paris. Minuit
MANGUEL A. (1998)
Une histoire de la lecture
. Arles. Actes Sud.
Quelques stratégies de lecture
Lire pour la recherche : diversité de l’offre, diversité des approches
Lorsqu’il entreprend un cursus universitaire, l’étudiant en sciences humaines se trouve le plus souvent
confronté à de longues listes de références bibliographiques généreusement recommandées par les
enseignants spécialistes d’un domaine. S’y ajoutent aujourd’hui les références
sitographiques
(actes
de colloques, débats, articles et ressources diverses disponibles sur le web).
Il est, bien sûr, vain de penser qu’on peut ou qu’on doit
« tout lire »
Le chercheur procède le plus souvent par étapes; il choisit le mode de lecture le plus adapté au temps
dont il dispose et à l’objectif poursuivi.
Toute lecture de recherche s’accompagne d’une
prise de notes
.
Lecture de surface
Il s’agit d’une lecture de repérage, ou lecture d’approche, qui consiste à prélever des
indices
informationnels
sur l’ensemble du document de façon à anticiper l’adéquation entre le contenu
offert et les attentes.
Une lecture-balayage de la
couverture
, de la
quatrième de couverture
, du
sommaire
, permet
généralement de voir si
l’auteur est ou non spécialiste du domaine qui préoccupe le lecteur,
le texte est récent, est fondateur, ou est circonstancié, voire anecdotique
1
,
le texte traite des concepts et notions recherchées, …
Un rapide feuilletage ou aperçu de l’ensemble du document permet de prélever divers indices,
typographiques, lexicaux, sémantiques, …
Les
indices typographiques
(choix des polices/fontes de caractères, couleurs et mises en forme)
comme les
indices topographiques
(organisation des informations, hiérarchisation des contenus
dans l’ensemble du document, structuration des informations sur l’espace de la page, etc.) permettent
au lecteur de décider si oui ou non il sera en mesure de lire l’ouvrage. Un texte trop dense ou trop
aéré, la présence ou l’absence de
titres et sous-titres
, la présence ou l’absence de schémas, l’usage
exceptionnel ou récurrent de formules mathématiques ou de codes et conventions de spécialités,
l’absence ou la surabondance de
notes de bas de page
, etc., peuvent rebuter le lecteur ou au
contraire l’inciter à aller plus avant.
Cette approche de surface permet de repérer la présence ou l’absence d’un
glossaire
, l’emploi de
sigles
, la
terminologie
dominante, l’usage de citations et références en langue étrangère, etc.,
c’est-
à-dire tout
indice lexical
qui fera que la lecture du document sera ou non perçue par le lecteur
comme aisée, abordable ou rédhibitoire.
Lecture séquentielle, non exhaustive
Le lecteur
parcourt
le document avec pour objectif d’y trouver le plus rapidement possible les
informations nécessaires à son domaine d’investigation.
Il s’agit d’utiliser le document comme une
source d’informations et références
, fiables, validées,
utilisables hors contexte. Il y trouve par exemple des définitions et éléments terminologiques, des
concepts, des approches historiques, etc. Son activité consiste à repérer des informations pour les
prélever.
Cette lecture est non exhaustive : il ne lit de façon approfondie que les fragments nécessaires.
Il est
généralement conseillé de parcourir le document de façon séquentielle, c’est-à-dire dans l’ordre
du contenu construit par l’auteur pour permettre son appropriation.
Un document de référence peut donc être repris, relu, à différents moments d’une activité de
recherche.
Lecture interactive
Il s’agit pour le lecteur d’utiliser le document de référence dans son intégralité ; il s’agit de lire un
article, un ouvrage, voire une oeuvre, en entier, en prenant en compte son contexte d’énonciation.
En lisant un auteur de référence, le chercheur a pour objectifs de comprendre (c’est-à-dire
étymologiquement
prendre avec soi, faire sien
) les concepts, la terminologie, le raisonnement, les
1
Texte écrit dans un contexte et pour un public spécifiques
arguments, les approches, les thèses d’un expert. Par le biais de sa lecture, il établit un dialogue avec
l’auteur. On parle de la lecture comme d’un
processus interactif de construction de sens
.
Les théories linguistiques, depuis la théorie de la communication de Shannon et Weaver (1949), en
passant par le modèle de Jakobson (1952), puis le concept d’énonciation élaboré par les travaux de
Benveniste (1907-1976), jusqu’aux actuels modèles interactionnistes (Kerbrat;1980), s’accordent pour
dire que la lecture est
construction de sens
dès lors que le lecteur établit un
dialogue
interprétatif
avec l’auteur du texte. Le texte à lire est porteur de ses propres ressources
interprétatives.
Bibliographie
BENVENISTE E. (1974)
Problèmes
de linguistique générale.
Paris. Gallimard
CHEVALIER B.
Lecture et prise de notes
. Col 128. Nathan Université
JAKOBSON (1963)
Essais de linguistique générale.
Paris. Minuit
KERBRAT-ORRECHIONI C.
L’énonciation. De la subjectivité dans le langage
. Paris. A. Colin
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