Biographie universelle ancienne et moderne/SAVOYE DE ROLLIN (Jacques-Fortunat)
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Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843Tome 38 page 153 à 154SAVOYE DE ROLLIN (Jacques-Fortunat)SAVOYE DE ROLLIN (Jacques-Fortunat), homme politique français, était né à Grenoblele 18 décembre 1754, d’une famille de robe,et fut destiné à la même carrière. Après avoir fait de bonnes études et son droit dans sa ville natale, il fut reçu avocat. Pourvu, en1780, d’une charge d’avocat général au parlement du Dauphiné, il s’allia bientôt à l’une des familles les plus opulentes de cetteprovince (celle des Périer). Dans les agitations des parlements qui précédèrent la révolution, il se montra fort opposé à la cour, etacquit par là une si grande popularité, qu’a la nouvelle du premier renvoi de Necker, le peuple de Grenoble, réuni dans une église,l’obligea de présider cette illégale assemblée et d’y lire une pétition rédigée en faveur du ministre disgracié, laquelle fut[1]immédiatement envoyée au roi, revêtue d’un grand nombre de signatures. L’avocat général de Rollin (1) ne prit toutefois que peude part aux troubles qui éclatèrent ensuite dans toute la France et plus particulièrement dans la province du Dauphiné, et il gardadans les premières années de la révolution un silence prudent, qui le sauva de l’échafaud. Il vint à Paris sous le directoire, et fut alorsappelé au bureau consultatif des arts et manufactures. Nommé membre du tribunat, après le 18 brumaire, il y prononça des discoursassez remarquables par le talent oratoire, mais dans ...

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Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843 Tome 38 page 153 à 154
SAVOYE DE ROLLIN (Jacques-Fortunat)
SAVOYE DE ROLLIN (Jacques-Fortunat), homme politique français, était né à Grenoblele 18 décembre 1754, d’une famille de robe, et fut destiné à la même carrière. Après avoir fait de bonnes études et son droit dans sa ville natale, il fut reçu avocat. Pourvu, en 1780, d’une charge d’avocat général au parlement du Dauphiné, il s’allia bientôt à l’une des familles les plus opulentes de cette province (celle des Périer). Dans les agitations des parlements qui précédèrent la révolution, il se montra fort opposé à la cour, et acquit par là une si grande popularité, qu’a la nouvelle du premier renvoi de Necker, le peuple de Grenoble, réuni dans une église, l’obligea de présider cette illégale assemblée et d’y lire une pétition rédigée en faveur du ministre disgracié, laquelle fut [1] immédiatement envoyée au roi, revêtue d’un grand nombre de signatures. L’avocat général de Rollin (1)ne prit toutefois que peu de part aux troubles qui éclatèrent ensuite dans toute la France et plus particulièrement dans la province du Dauphiné, et il garda dans les premières années de la révolution un silence prudent, qui le sauva de l’échafaud. Il vint à Paris sous le directoire, et fut alors appelé au bureau consultatif des arts et manufactures. Nommé membre du tribunat, après le 18 brumaire, il y prononça des discours assez remarquables par le talent oratoire, mais dans lesquels il était difficile de distinguer ses opinions. L’un de ses discours les plus importants est celui qu’il fit contre l’institution de la légion d’honneur, dont il devait plus tard être un des principaux dignitaires avec le titre de baron, après avoir dit, en 1802, que cette institution « blessait littéralement la constitution, et qu’un Etat libre ne comptait qu’un ordre de citoyens. » Il fut deux fois secrétaire de l’assemblée, et il y parla encore dans plusieurs occasions, entre autres pour la clôture de la liste des émigrés, pour l’établissement des tribunaux spéciaux, pour le nouveau mode d’élection fondé sur les listes de notabilités, et qui a duré jusqu’à la loi de 1817 ; enfin, dans le mois de mai 1801, il appuya la proposition faite par Curée d’élever Napoléon Bonaparte à l’empire. Presque aussitôt, Savoye-Rollin fut nommé substitut du procureur général près la haute cour impériale, puis baron, préfet du département de l’Eure (juillet 1805) et un peu plus tard de celui de la Seine-Inférieure, qu’il administra jusqu’en 1812, où il fut destitué pour complicité ou négligence dans l’affaire du receveur de l’octroi Branzon (voy. MARQUESI). Mais ayant été traduit pour le même fait devant la cour impériale de Paris, toutes les chambres réunies, il fut acquitté solennellement et de la manière la plus honorable. L’empereur nomma immédiatement Savoye-Rollin préfet des Deux-Nèthes, et il administra ce département jusqu’à la séparation de la Belgique en 1814. Alors il se retira dans ses propriétés près de Grenoble, où Napoléon, revenant de l’Île d’Elbe, lui fit offrir la préfecture de l’Isère, puis celle de la Côte-d’Or, qu’il refusa également. Ce refus lui ayant donné quelque crédit auprès du gouvernement de la restauration, il fut choisi pour président du collège électoral de l’Isère en septembre 1815, et par là désigné aux électeurs, qui le nommèrent en effet député. Dès le commencement de la session, il siégea dans la chambre au côté gauche avec l’opposition libérale ; ce qui dut le faire réélire par le même collège après l’ordonnance de dissolution du 5 septembre 1816. Alors, continuant de siéger au côté gauche devenu la majorité, il appuya dans plusieurs discours les prétentions du parti libéral, notamment le 30 janvier 1817, où il parla contre un projet de loi sur la presse, présenté par le ministre Pasquier, et qu’il signala comme la source d’interminables procès. « Je finis, dit-il, par un vœu que je crois celui de toute la France : liberté de la presse, répression des abus, jugement par jurés.... » Il attaqua plus tard avec véhémence le budget de la guerre, présenté par le duc de Feltre. Cette opposition de Savoye-Rollin n’empêcha pas le ministère équivoque de ce temps-là de le nommer encore une fois président du collège électoral de l’Isère, lorsque ce département eut à renouveler sa députation en 1819. Réélu député pour la troisième fois, ainsi que l’on devait s’y attendre, il le fut en même temps et par les mêmes électeurs que le fameux conventionnel Grégoire. Mais il ne pouvait pas essuyer comme lui l’affront d’une exclusion pour cause d’indignité (voy. GRÉGOIRE). Toutefois, depuis cette époque, il prit peu de part aux discussions où son parti ne put conserver la majorité après l’assassinat du duc de Berri. Il mourut à Paris le 31 juillet 1823, et fut inhumé en grande cérémonie au cimetière de l’Est, où le général Foy prononça son oraison funèbre. Outre ses opinions législatives, on trouve quelque chose de Savoye-Rollin dans le volume intitulé Recueil intéressant de plaidoyers dans la cause d’une femme protestante (par Jolly, Farconet et Savoye fils, avec un discours préliminaire du dernier), Genève, 1778, in-8°. M-D j.
1. ↑(1) On trouve ce nom écrit de plusieurs manières dans les différentes phases de la révolution. Ce fut d’abord M. de Rollin tout court ; ensuite Savoye de Rollin, pain Savoye-Rollin, et enfin le baron Savoye-Rollin.
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