//img.uscri.be/pth/90f9aebb5457d0ce4f83a5e5e802f8f1adbf7b1c
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Cécité didactique et discours noosphériens dans les pratiques d'enseignement en SEGPA : une contribution à la question des inégalités, Didactic blindness and academic discourses in teachnig practices : a contribution to the question of school inequalities

De
330 pages
Sous la direction de Bernard Sarrazy
Thèse soutenue le 18 novembre 2009: Bordeaux 2
Depuis 50 ans, l’Ecole a profondément changé dans les discours et dans les pratiques des enseignants. Pourtant, elle ne parvient pas à modifier sensiblement l’inégalité d’accès et de réussite des élèves issus des classes populaires. Nous interrogeons ce « changement nul ». L’étude porte sur les discours noosphériens. Elle montre qu’une rupture est survenue au tournant des années 1990. La désignation des élèves en échec et les formes de régulation préconisées pour lutter contre les inégalités scolaires sont marquées par une focalisation sur les individus, leurs mécanismes mentaux, leurs aptitudes et leurs attitudes. La notion « d’élève en difficulté » est convoquée pour l’occasion, elle se conjugue avec des injonctions à recourir à une individualisation de l’enseignement. Un questionnaire et des entretiens réalisés auprès d’enseignants de S.E.G.P.A. montrent que l’idéologie mentaliste à l’œuvre dans les discours noosphériens percole chez les enseignants. Les élèves de S.E.G.P.A. sont ainsi caractérisés par des « spécificités » cognitives censées avoir une valeur explicative à leur échec. Pourtant, cette « hypothèse des spécificités » ne se vérifie pas à l’étude des résultats de ces élèves aux évaluations nationales. L’étude porte sur les pratiques de huit professeurs de mathématiques en S.E.G.P.A. Deux styles d’enseignement contrastés sont définis : un style « magistral » et un métacognitif. Ces deux styles apparamment différents se ressemblent in fine quant aux conditions de la dévolution aux élèves d’une recherche mathématique. L’Arrière-plan dualiste qui les soutient contribue à faire porter sur les élèves seuls la responsabilité de la signification des règles mathématiques enseignées, sans que soient pensées les conditions didactiques qui en permettraient l’efficience. Les professeurs ne peuvent plus considérer ces conditions. Il en ressort une « cécité didactique », directement conséquente de l’impact de l’idéologie mentaliste sur les représentations professorales. La thèse avance l’hypothèse que cette cécité pourrait expliquer en partie la persistance des inégalités scolaires.
-Didactique des mathématiques
-Idéologie
-Cécité didactique
-Pratiques d’enseignement
-Inégalités scolaires
-Discours
-S.E.G.P.A.
-Adaptation scolaire
-Élève en difficulté
-Mentalisme
Since 50 years, school has deeply changed in discourses and teaching practices. Nevertheless, she doesn’t succeed in changing the access and success inequality of lower-class pupils. We question this “useless change”. This study is about academic discourses. We show that a break happened around the 90’s. The focus on the individuals, their mental mechanisms, their capacities and attitudes signed a new way to name pupils in defeat and the types of regulation recommended in fighting against school inequalities. The notion of “pupil in difficulties” appeared, as well as orders to individualize teaching. A questionnaire and interviews with teachers working in adapted teaching classrooms show that an ideology we call “mentalist” comes over academic discourses and teacher’s minds. The “pupils in difficulties” are characterized by cognitive “specificities” which are supposed to explain their failures. Nevertheless, this “hypothesis of specificities” is wrong considering our studies of results these pupils get in national tests. The study is also about eight mathematics teacher’s practices in adapted teaching classroom. We define two types of teaching very different: a “traditional type” and a “meta-cognitive type”. These two types, apparently so different, are finally very similar considering the conditions of devolution of knowledge to pupils during a mathematic research. These two types take sense in a same dualist Background which makes only the pupils responsible of the mathematics rules comprehension, and totally forgets the didactics conditions. Teachers can’t consider these conditions: we call this fact “didactic blindness”. This blindness could explain school inequalities.
Source: http://www.theses.fr/2009BOR21629/document
Voir plus Voir moins