éducation la santé et la gestion de la vie physique et sociale

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Scolarisation des élèves handicapés et éducation physique et sportive
Programme National de Pilotage – Colloque national organisé par la DGESCO et l'ESEN
18 et 19 Mai 2009 – École supérieure de l’éducation nationale



Table ronde 1
Éducation à la santé
et à la gestion de la vie physique et sociale




Philippe GAGNAIRE,
professeur d’éducation physique,
collège Oradou – Clermont-Ferrand


Dans ma pratique quotidienne d'enseignant d'EPS, deux champs organisent plus particulièrement mes
interventions, notamment avec des enfants en situation de handicap.

erIl s'agit pour le 1 des références institutionnelles avec les compétences du socle commun et les
programmes avec les compétences propres à l'EPS. Pour le dire rapidement, même si le socle commun ne l'a
pas retenu, l'enseignant d'EPS, en permettant aux élèves de construire ces compétences, vise l'acquisition
d'une culture corporelle dont l'objectif est le titre de cette table ronde : "Éducation à la santé et à la gestion de la
vie physique et sociale".

eLe 2 champ est celui que je qualifierais des exigences éthiques. Et j'en vois principalement trois :
1) un élève handicapé est un élève singulier mais comme les autres, ni plus, ni moins, avec des envies,
des désirs, des besoins, des frustrations, etc., bref, des émotions ;
2) un élève handicapé doit pouvoir acquérir la même culture commune, c'est-à-dire la même culture
corporelle que les valides ;
3) avec ces élèves, il s'agit ...

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Scolarisation des élèves handicapés et éducation physique et sportive
Programme National de Pilotage – Colloque national organisé par la DGESCO et l'ESEN
18 et 19 Mai 2009
École supérieure de l’éducation nationale
Table ronde 1
Éducation à la santé
et à la gestion de la vie physique et sociale
Philippe GAGNAIRE,
professeur d’éducation physique,
collège Oradou – Clermont-Ferrand
Dans ma pratique quotidienne d'enseignant d'EPS, deux champs organisent plus particulièrement mes
interventions, notamment avec des enfants en situation de handicap.
Il s'agit pour le 1
er
des références institutionnelles
avec les compétences du socle commun et les
programmes avec les compétences propres à l'EPS. Pour le dire rapidement, même si le socle commun ne l'a
pas retenu, l'enseignant d'EPS, en permettant aux élèves de construire ces compétences, vise l'acquisition
d'une culture corporelle dont l'objectif est le titre de cette table ronde : "
Éducation à la santé et à la gestion de la
vie physique et sociale".
Le 2
e
champ est celui que je qualifierais
des exigences éthiques
. Et j'en vois principalement trois :
1)
un élève handicapé est un élève singulier mais comme les autres, ni plus, ni moins, avec des envies,
des désirs, des besoins, des frustrations, etc., bref, des émotions ;
2)
un élève handicapé doit pouvoir acquérir la même culture commune, c'est-à-dire la même culture
corporelle que les valides ;
3)
avec ces élèves, il s'agit d'abord d'attraper le positif et de valoriser les possibles, et non d'essayer de
combler des manques. C'est-à-dire s'intéresser à leurs aptitudes pour bâtir la construction de leurs
apprentissages. L'essentiel n'est donc pas qu'ils se situent dans tel niveau moteur ou qu'ils réalisent telle
performance sportive mais bien plutôt qu'ils se mobilisent à leur niveau, qu'ils utilisent de façon optimale
leur capacité,
qu'ils exploitent leurs potentialités.
La question fondamentale est donc :
comment offrir à tous les élèves handicapés
les possibilités d’apprentissage auxquelles ils peuvent prétendre pour se
développer, pour acquérir une culture corporelle commune et pour devenir des
citoyens à part entière ?
Qu'est-ce que cette culture corporelle commune à enseigner aussi bien aux valides qu'aux élèves en
situation de handicap ?
Celle-ci représente un champ de la culture générale, au sens universel du philosophe Marcel Conche , elle
émerge à partir de l'enseignement de cultures physiques particulières (sportives, artistiques, jeux traditionnels,
jeux didactiques, etc.). Elle permet d'agir avec plus de liberté, plus d'autonomie, plus de responsabilité, plus de
sécurité. La culture, "c'est le fait de ne pas être désarmé quand on vous place dans différents problèmes" .
1
2
Quels principes organisateurs de l'enseignement de cette culture corporelle avec ces élèves
handicapés ?
1)
Créer des formes scolaires de pratiques adaptées afin de leur faire vivre en premier une pratique
signifiante : soit pour le groupe spécifique UPI, soit pour un groupe d'élèves de la classe de rattachement
dans lequel participe un ou des élèves en situation de handicap. Exemples : balle au cordon, balle au
capitaine, bowling, parcours didactiques, etc. ;
1
M. CONCHE, Les fondements de la morale, PUF, 1993.
2
E. MORIN, Dialogue sur la nature humaine, avec B. CYRULNIK, L'aube, poche essai, 2000, p9.
École supérieure de l'éducation nationale
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Table ronde 1 – Éducation à la santé et à la gestion de la vie physique et sociale
Scolarisation des élèves handicapés et éducation physique et sportive
2)
celles-ci doivent répondre aux besoins d'agir des élèves, elles doivent leur permettre d'éprouver du
plaisir dans l'action, mais aussi une forme de réussite pour favoriser, grâce à la gratification, des
sentiments de compétence et une bonne image de soi ;
3)
chercher à avoir une attitude empathique (se mettre dans la peau d'un élève qui ne nous ressemble pas)
pour comprendre et accepter en situation les émotions, les sensations et les difficultés des élèves, pour
créer une ambiance calme, sereine, sécurisée et conviviale. Cela nécessite de faire de nombreux
feedbacks
positifs sur les réalisations des élèves, ce qui leur offre de la reconnaissance et développe, là
aussi, une meilleure image de soi. Aussi le ressenti émotionnel des élèves est privilégié, ce qui permet à
certains d'accepter, puis de vaincre leur peur et finalement de s'engager dans une prise de risque.
En conclusion
1)
Mon expérience d'enseignant d'EPS avec ces élèves m'a appris que
nous les sous-estimons trop
souvent.
Nous, c'est-à-dire les enseignants mais aussi les parents et surtout les médecins. Les
médecins, en plus, ont parfois une mauvaise représentation de l'EPS, qu'ils confondent plus ou moins
avec le sport compétitif institutionnel, du coup ils dispensent certains de ces élèves dans un but
parfaitement louable de protection. Par exemple, cette année, pour 2 élèves de l'UPI dispensés d'EPS,
j'ai rédigé un projet spécifique avec : horaire, spécificité du groupe EPS, état d'esprit, activités prévues,
aménagement de ces activités en formes de pratiques adaptées, exemples. Cette démarche explicative
auprès des médecins a permis à ces 2 élèves de ne plus être dispensés.
2)
Si l'accueil de ces enfants dans nos établissements, notamment en classe ordinaire, peut s'avérer parfois
relativement
difficile pour l'enseignant
, paradoxalement c'est peut être aussi
une chance pour l'EPS.
La présence de ces élèves dans nos classes nous oblige à des innovations pédagogiques, didactiques,
à de la créativité. Elle peut
changer notre regard sur les élèves ordinaires en difficulté
, notamment
dans la manière de percevoir en positif l'élève dans ce qu'il présente plutôt qu'en négatif ou en manque.
Ces élèves en situation de handicap participent d'une certaine façon à la transformation de notre métier
en mieux.
3)
Donc, pour résumer, l'EPS pour ces élèves, comme pour les autres, ne doit être ni une rééducation, ni
une récréation. Mon idée est que ce sont les pratiques sportives ludiques (et non les exercices) qui vont
permettre aux élèves de vivre toute une palette d’émotions fortes. Or ces jeux, pour marquer
positivement les élèves, nécessitent
des formes de pratique adaptées
qui favorisent l’engagement
moteur dans un climat social à la fois dynamisant et serein. Même si ces élèves sont généralement
enthousiastes dès qu’il s’agit de "bouger leur corps", je cherche à renforcer ce plaisir d’agir. Et il est
fortement lié à l’action et à l’interaction sociale que suscitent ces formes de pratique adaptées. Celles-ci
sont construites de telle sorte que les élèves puissent exprimer leurs ressources de façon optimale, sans
contraintes excessives.
C’est à cette condition que ces élèves peuvent
acquérir une culture corporelle
. Cet enseignement, pour
répondre aux besoins des élèves, doit viser à leur procurer du plaisir d’agir pour favoriser une image positive de
soi.
Pour revenir au titre de cette table ronde, à mon avis
la question de l'éducation à la santé pose le problème
du plaisir en EPS.
Et comme le dit L. D'HAINAULT : "
Le baromètre de tout pédagogue n'est-il pas le rire et le plaisir de l'élève ?"
École supérieure de l'éducation nationale
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Table ronde 1 – Éducation à la santé et à la gestion de la vie physique et sociale
Scolarisation des élèves handicapés et éducation physique et sportive
La culture corporelle
(générale, commune, universelle)
est le fond culturel de l’EPS
: "
En EPS, l'élève est
en droit d'exiger... l'accès à une culture corporelle polyvalente, partagée, ludique, sportive et artistique, et
ouverte sur des pratiques à venir"
(Charte de l'AEEPS).
Elle représente un champ de la culture générale,
elle émerge
à partir de l'enseignement de cultures
physiques particulières (sportives, artistiques, jeux traditionnels, jeux didactiques, etc.). Parce qu'elle permet
d'agir avec plus de liberté, plus d'autonomie, plus de responsabilité, plus de sécurité, donc d'être actif et de
mieux agir,
elle participe à l'éducation pour la santé
.
Pour cela, il faut…
Vivre des expériences
motrices multiples
Savoir pratiquer
avec efficience
Construire des
habitus corporels
FONCTION
: apprendre à
connaître ses possibilités pour
s’engager dans l’action.
FONCTION
: apprendre à mieux agir
et de façon plus autonome dans le
cadre des activités physiques
sportives et artistiques.
FONCTION
: acquérir des savoirs
réutilisables ultérieurement, au service
de diverses pratiques physiques.
1. Se connaître dans
l’expérience d’un
affrontement
physique
individuel et/ou collectif.
2. Se connaître dans
l’expérience de création
et
de réalisation
d’actions à
visée artistique.
3. Se connaître dans
l’expérience de réalisation
de déplacements
dans un
environnement naturel et
incertain.
4. Se connaître dans
l’expérience de réalisation
de performances
dans un
milieu stable et prévisible.
5. Savoir
réguler ses actions :
apprendre à se donner des
projets d’action ;
apprendre à tirer un
enseignement d’une action pour
engager la suivante en adaptant
les contraintes à ses possibilités
ou/et en adaptant ses façons de
faire aux contraintes.
6. Savoir
s’entraîner :
apprendre à se choisir des
exercices appropriés à ses
besoins dans l’activité.
apprendre à développer et
utiliser ses capacités physiques.
7. Savoir
agir en toute sécurité
pour
soi et pour les autres :
connaître les règles de sécurité, la
gestion du temps, des répétitions, du
recueil des informations.
8. Savoir mobiliser son corps :
acquérir des principes
psychomoteurs et sociomoteurs ;
apprendre à utiliser ses émotions
de façon positive ;
apprendre à repérer ses ressentis
corporels ;
apprendre à être à l’aise dans
l’eau (nage de survie).
9. Savoir entretenir son corps :
apprendre à s’échauffer ;
apprendre à se mettre en
condition physique (footing,
musculation, stretching, aérobic,
yoga, etc.) ;
apprendre à récupérer, à se
relaxer, à s’alimenter.
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