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Étude archéologique - article ; n°1 ; vol.30, pg 91-116

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Gallia préhistoire - Année 1987 - Volume 30 - Numéro 1 - Pages 91-116
Le Terrier de Biard à Segonzac (Charente)
par Claude Burnez, Jean-Pierre Pautreau, Michel Gruet, Pierre-Roland Giot et Charles-Tanguy Le Roux
Le gisement du Terrier de Biard à Segonzac (Charente) fut découvert en 1952 et des photographies aériennes permirent alors de dresser un plan approximatif des traces pouvant indiquer des fossés. En 1959, 1961 et 1962, trois campagnes de fouilles furent effectuées par une équipe anglo-française.
En C, entre les parcelles du vignoble, deux fossés furent explorés sur 1 m de large. Ils ont livré un matériel homogène du cycle peu-richardien, faciès continental, comprenant de la céramique à décor en relief et «peint» et des perçoirs du Moulin-de-Vent. Une datation 14C (Gsy-71) 4435 ± 200 ans BP a été obtenue.
En B, la fouille ne donna aucun résultat.
En A, furent rencontrés successivement : un niveau d'habitat peu-richardien contemporain des fossés de C ; un petit fossé du Néolithique final creusé par les Artenaciens ; quatre trous de poteaux qu'il n'est pas possible de rattacher à l'une ou l'autre des structures précédentes ; une fosse allongée comblée de pierrailles et un petit foyer qui doivent appartenir au Bronze final.
Le bilan est double : premièrement le riche matériel recueilli permet de préciser notre connaissance du Peu- Richardien continental ; deuxièmement la stratigraphie observée montre son antériorité, du moins à Biard, par rapport à la civilisation d'Artenac dans une période chronologique où les datations 14C réciproques se chevauchent.
The site of Biard at Segonzac (Charente) was discovered in 1952. Excavations were conducted by an Anglo-French team in 1959, 1961 and 1962 in three areas : A, B and C.
In C, in between the vineyards, there were two ditches which were both originally dug and one of them recut by the continental Peu-Richard cultural group. Ceramic showing ribbed and/or painted decorations and Moulin-de-Vent borers were present in the lowest levels. It was 14C dated (Gsy-71) 4435 ±200 years BP.
In B, the excavation was unsuccessful.
In A, rather complicated structures were met and were very difficult to interpret mostly because of the restricted surface free of vines. Through a primary Peu-Richard occupation level a small ditch was cut during the late neolithic period of the Artenac culture. At a later stage a large pit was opened and immediately refilled with picked up weathered stones, bits of querns, thick neolithic sherds, cores, etc. Four post holes were also discovered but could not be correlated to any of the structures. An unbuilt hearth, a human femur and a late Bronze Age sherd found in the vicinity of the pit could be cautiously used to suggest a date.
The valuable information supplied by the excavation was the stratigraphical evidence that the late continental Peu-Richard clearly preceeded the Artenac occupation at least at Biard in spite of numerous overlapping 14C datations on other sites.
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Publié le 01 janvier 1987
Nombre de lectures 12
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

Claude Burnez
Jean-Pierre Pautreau
I. Étude archéologique
In: Gallia préhistoire. Tome 30, 1987. pp. 91-116.
Citer ce document / Cite this document :
Burnez Claude, Pautreau Jean-Pierre. I. Étude archéologique. In: Gallia préhistoire. Tome 30, 1987. pp. 91-116.
doi : 10.3406/galip.1987.2366
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/galip_0016-4127_1987_num_30_1_2366Résumé
Le Terrier de Biard à Segonzac (Charente)
par Claude Burnez, Jean-Pierre Pautreau, Michel Gruet, Pierre-Roland Giot et Charles-Tanguy Le Roux
Le gisement du Terrier de Biard à Segonzac (Charente) fut découvert en 1952 et des photographies
aériennes permirent alors de dresser un plan approximatif des traces pouvant indiquer des fossés. En
1959, 1961 et 1962, trois campagnes de fouilles furent effectuées par une équipe anglo-française.
En C, entre les parcelles du vignoble, deux fossés furent explorés sur 1 m de large. Ils ont livré un
matériel homogène du cycle peu-richardien, faciès continental, comprenant de la céramique à décor en
relief et «peint» et des perçoirs du Moulin-de-Vent. Une datation 14C (Gsy-71) 4435 ± 200 ans BP a été
obtenue.
En B, la fouille ne donna aucun résultat.
En A, furent rencontrés successivement : un niveau d'habitat peu-richardien contemporain des fossés
de C ; un petit fossé du Néolithique final creusé par les Artenaciens ; quatre trous de poteaux qu'il n'est
pas possible de rattacher à l'une ou l'autre des structures précédentes ; une fosse allongée comblée de
pierrailles et un petit foyer qui doivent appartenir au Bronze final.
Le bilan est double : premièrement le riche matériel recueilli permet de préciser notre connaissance du
Peu- Richardien continental ; deuxièmement la stratigraphie observée montre son antériorité, du moins
à Biard, par rapport à la civilisation d'Artenac dans une période chronologique où les datations 14C
réciproques se chevauchent.
Abstract
The site of Biard at Segonzac (Charente) was discovered in 1952. Excavations were conducted by an
Anglo-French team in 1959, 1961 and 1962 in three areas : A, B and C.
In C, in between the vineyards, there were two ditches which were both originally dug and one of them
recut by the continental Peu-Richard cultural group. Ceramic showing ribbed and/or painted decorations
and "Moulin-de-Vent" borers were present in the lowest levels. It was 14C dated (Gsy-71) 4435 ±200
years BP.
In B, the excavation was unsuccessful.
In A, rather complicated structures were met and were very difficult to interpret mostly because of the
restricted surface free of vines. Through a primary Peu-Richard occupation level a small ditch was cut
during the late neolithic period of the Artenac culture. At a later stage a large pit was opened and
immediately refilled with picked up weathered stones, bits of querns, thick neolithic sherds, cores, etc.
Four post holes were also discovered but could not be correlated to any of the structures. An unbuilt
hearth, a human femur and a late Bronze Age sherd found in the vicinity of the pit could be cautiously
used to suggest a date.
The valuable information supplied by the excavation was the stratigraphical evidence that the late
continental Peu-Richard clearly preceeded the Artenac occupation at least at Biard in spite of numerous
overlapping 14C datations on other sites.LE TERRIER DE BIARD À SEGONZAC (CHARENTE)
ÉTUDE ARCHÉOLOGIQUE
par Claude BURNEZ et Jean-Pierre PAUTREAU
L'enceinte de Biard, découverte en 1952 sur la ses sections ; photographies du chantier B et partie
commune de Segonzac en Charente, a déjà donné llement du chantier C. Par ailleurs, le matériel du
lieu à deux publications (Burnez et Façon, 1957; chantier A a parfois été mélangé mais dans des zones
Burnez, 1957) et une partie seulement des fouilles a à multiples occupations appartenant à trois périodes
été publiée (Burnez, 1976). Ces dernières, à partir chronologiques non stratifiées. Ces avatars ont été
d'un sondage en 1958, se sont échelonnées sur heureusement épargnés aux objets et aux plans des
plusieurs années : un chantier important en août- sections des fossés du chantier C. La reconstitution
qui est ici donnée du A a été établie à partir septembre 1959 et, après une interruption en 1960
(fouilles des Matignons à Juillac-le-Goq), en 1961 du cahier de fouille, des photographies, du plan
une campagne avec une équipe plus réduite sur la partiel publié par A. Hesse (Hesse, 1966) et de mes
zone A qui fut terminée en 1962 (fig. 1). Le Doyen souvenirs. Il ne faut en aucun cas le considérer
comme un témoin exact et aux dimensions précises, E. Patte1, alors Directeur de la Circonscription, a
mais il m'a semblé préférable de recourir à cette toujours donné son appui et sa compréhension pour
projection d'éléments convergents plutôt qu'à une que ces recherches soient poursuivies2.
description sans illustration qui aurait pu, dans un
Tout d'abord par suite de déménagements, de flou artistique, dissimuler les limites de cette étude.
transferts de documents entre diverses personnes au Du moins une vision d'ensemble est ainsi donnée
cours des vingt dernières années, une partie des prenant en compte tous les éléments fiables de cette
informations a disparu : plans du chantier A et de ancienne fouille.
C. B.
1. Je tiens à lui exprimer toute ma reconnaissance.
2. Par suite de problèmes personnels auxquels vinrent
s'ajouter des relations difficiles avec la nouvelle Direction de la
Circonscription, je fus amené à abandonner complètement la entre autres effectué la quasi-totalité des illustrations. C'est en
recherche archéologique. Plusieurs personnes se sont intéres grande partie grâce à lui qu'elle voit le jour et sans sa
sées à la publication de la fouille, mais pour des raisons compétence et son amicale persévérance elle aurait eu le triste
diverses ce projet n'a pas encore abouti. Seul J.-P. Pautreau, sort de n'être qu'une vague référence bibliographique. J'assu
resté résolument disponible et motivé pour la mener à bien, a me seul la responsabilité des diverses lacunes de ce travail.
Gallia Préhistoire, 1987-1988, tome 30, p. 91-118. CLAUDE BURNEZ ET JEAN-PIERRE PAUTREAU 92
Fig. 1 — Le Terrier de Biard, situation
et plan du site, emplacement des chant
iers A, B et C. TERRIER DE BIARD À SEGONZAC 93
des cas, ce niveau 5 blanchâtre était impossible à ÉTUDE ARCHÉOLOGIQUE
différencier du sous-sol géologique.
Le Terrier de Biard, situé sur la commune de
Les trous de poteaux Segonzac (section M, feuille 4 du cadastre), se trouve
à la cote 88 et se présente comme un mamelon quasi Trois trous de poteaux semblables (fig. 2, 3 et
circulaire dégagé de tous les côtés. Il fait partie de 4), d'un diamètre à peu près régulier d'une trentaine
l'ensemble des enceintes creusées dans le Campanien de centimètres mais dont la profondeur dans la craie
dominant le Santonien et la moyenne terrasse de était au moins de 40 cm, pouvaient avoir appartenu
l'ancien lit de la Charente (fig. 1). Cette plaine devait à la même structure. L'un d'eux avait encore en
alors se présenter comme une zone marécageuse place les pierres de calage (le n° 2) dressées dans la
(cote de 26 à 36 m) que la toponymie évoque couche 3. Le quatrième était irrégulier, moins pro
(Gensac-la-Pallue, Les Grands Marais) et dont la fond, beaucoup moins soigné et ne semblait pas
nappe phréatique peu profonde alimente les résur appartenir au même ensemble. Deux d'entre eux
gences de Veillard et du Ris de Gensac. Elle pouvait contenaient des tessons néolithiques et un éclat de
aussi fournir un point d'eau dans la vallée, actuell silex. Dans une zone archéologique aussi mélangée,
ement sèche, de la Gore (altitude 32 m) entre Le ils ne fournissent aucun élément de datation puis
Terrier de Biard et les enceintes des Matignons. Au qu'ils auraient fort bien pu être creusés lors de la
nord, cette fois dans les affleurements du Turonien dernière phase d'occupation et avoir enfoui des
supérieur, se trouve une autre ligne de camps vestiges plus anciens. De plus leur position respecti
encerclant cette dépression. ve ne permet pas de les rattacher avec cohérence aux
Les photographies aériennes, prises en 1956, autres traces architecturales.
montraient sur le sommet de la colline des traces
circulaires réunies par les labours qui pouvaient être Le foyer interprétées comme des fossés parallèles. Cette
Un foyer (fig. 2) très cendreux et ayant cuit le hypothèse était d'autant plus plausible qu'une
enceinte extérieure de ce type était très visible dans sol en profondeur se trouvait en F. A proximité, mais
sans indice de combustion, il y avait un fragment de les vignes nouvellement plantées au nord avec une
entrée et trois interruptions possibles. fémur humain ainsi qu'un petit tesson à cannelures
internes faisant penser au Bronze final (fig. 26, n° 18) En 1958, un sondage ouvert par G. Burnez en A
révélait un trou de poteau. En 1959, 1961 et 1962 les en tout cas n'appartenant pas au cycle peu-richar-.
fouilles proprement dites furent effectuées sous la dien. Il n'y avait pas d'entourage construit autour de
direction de C. Burnez et T. Gee3. ce feu précaire et son usage autant que sa datation
restent inconnus.
Chantier A Le fossé
Une étude de résistivité fut conduite par Dès le décapage initial nous avons pu remarquer
A. Hesse et nous renvoyons le lecteur à sa thèse dans une ligne continue, vide de pierres, qui traçait un
laquelle les résultats ont été commentés (Hesse, sillon dans la couche 3 à travers une bonne part du
1966). Ce chantier fut ouvert dans une des rares chantier. Il s'est révélé qu'elle marquait l'emplace
parcelles hors vignoble en 1958 et, au cours des ment d'un petit fossé, d'un peu plus de 1 m de large
différentes campagnes, a progressivement révélé sous à son sommet, mais dont il était très difficile de
une couche labourée d'une épaisseur de 30 à 35 cm cerner les bords qui se confondaient avec les terres
(niveaux 1 et 2), une couche très caillouteuse (n labourées de même couleur. Ce n'est que dans sa
iveau 3) suivie du niveau 4 de terres grises, riches en partie inférieure creusée dans la craie que nous en
matériel archéologique mais qui s'éclaircissaient et avons réalisé pleinement l'existence. La fragilité de
s'appauvrissaient en s'éloignant du centre du chant ses parois a fait qu'il s'était comblé rapidement de
ier. Sur la roche en place reposait une couche terres tout en laissant un sillon médian qui a piégé,
décomposée avec des éléments délités et dans bien dans les trois sections que nous avons pu examiner,
les pierres dispersées de la couche 3. Son utilisation
3. Ce dernier avec la compétence que lui donnait son demeure aussi sans explication et il faudrait le suivre expérience sur des gisements similaires en Angleterre. Qu'il dans les vignes pour pouvoir peut-être l'insérer dans soit remercié ici à nouveau de son amicale collaboration ainsi
son contexte architectural. Notons qu'il n'est pas que N. Bayne, M. Brouillet, J.-P. Dulioust et A. Hesse qui ont
été associés aux recherches à des degrés divers. sûr qu'il coïncide ailleurs avec les terres noires du 94 CLAUDE BURNEZ ET JEAN-PIERRE PAUTREAU
Fig. 2 — Plan du chantier A : 1-4, trous de poteaux ; F, foyer.
Fig. 3 — Chantier A, le fossé est partiellement dégagé : le Fig. 4 — Chantier A, vue verticale de la même zone.
blocage des pierres en cours de nettoyage ; trous de poteaux
2 à 4. TERRIER DE BIARD À SEGONZAG 95
niveau antérieur. En plus de tessons peu-richardiens,
il contenait à sa base des fragments de céramique
typiquement artenacienne et c'est donc chronol
ogiquement à cette période que nous pouvons le
rattacher.
La fosse
Nous avons progressivement mis au jour une
masse de pierres contenant aussi des meules brisées,
de gros tessons néolithiques, des rognons de silex,
etc., mais totalement exempte d'intrusion de terre
(fig. 2 à 6). Nous l'avons dégagée entièrement par
l'extérieur et avons pu constater qu'elle ne présen
tait pas de parement construit. Il ne pouvait donc Fig. 5 — Chantier A, le remplissage de la fosse vu du nord. s'agir que d'une fosse qui avait été creusée puis
comblée immédiatement avec uniquement des él
éments résistants pour former une sorte de terrasse.
Il apparaît nettement sur la figure 6 que la fosse
a été ouverte perpendiculairement au travers du
fossé artenacien alors complètement comblé. Partant
du nord-est et se dirigeant vers le sud-ouest, les
terrassiers d'alors rencontrèrent cette dépression
dans la craie et la mirent à profit en réorientant l'axe
de la fosse. Cette structure commençait juste en
dehors du chantier et nous avons pu en trouver les
limites en avançant légèrement sous le premier rang
de la vigne.
Le fossé artenacien présentait un élargissement
en forme de cuvette ovale sous la structure en
pierres, nous avons alors pensé qu'il s'agissait d'un
ouvrage contemporain de la fosse. Toutefois comme Fig. 6 — Chantier A, le fossé dégagé : au nord de la section,
la fosse remplie de pierres. elle en dépassait le bord vers l'est et était en cet
endroit remplie de terre, il est plus vraisemblable de
penser qu'elle lui est antérieure. Était-elle contempor structures ou de fossé. Toutefois nous avons dégagé
un banc de blocs de craie agglomérés ayant approxaine ou plus récente que le fossé artenacien? Rien
n'autorise à trancher et son utilité demeure inexpli imativement 3 m de large et que nous avons interpré
té comme un affleurement d'une couche géologique. cable. Il faut souligner à nouveau que l'étroitesse du
Ayant eu le même phénomène aux Matignons en chantier entre les vignobles restreignait l'exploration
1960 et ayant alors rencontré des fossés sous un de cette zone. Une extension seule à la faveur d'un
renouvellement des vignes pourrait peut-être appor niveau similaire, nous sommes à peu près certains
qu'il s'agissait bien d'un fossé à Biard que nous ter une cohérence à ces découvertes fragmentaires.
La fosse et son remplissage pourraient être datés du n'avons pas su reconnaître à ce moment-là.
Bronze final d'après les tessons recueillis aux alen
tours. Chantier C
Après avoir obtenu l'autorisation de tous les Chantier B
propriétaires des vignobles de Biard, nous avons
La parcelle dans laquelle ce chantier a été ouvert une tranchée dans le chemin d'accès au
ouvert en 1959 fut très rapidement couverte par un sommet (fig. 7), seul endroit où il était envisageable
vignoble, ce qui n'a pas permis de reprendre la de fouiller l'enceinte extérieure, la plus visible sur la
fouille. En effet un chantier de 10 m de long sur 2 m photographie aérienne. Malheureusement il ne fut
de large a été décapé jusqu'au sol naturel à une pas possible de lui donner une largeur supérieure à
profondeur de 25 à 30 cm sans rencontrer de 1 m et il fallut plus de 18 m de longueur pour couper CLAUDE BURNEZ ET JEAN-PIERRE PAUTREAU 96
des pierres plus importantes et le remplissage
s'inscrit logiquement dans la continuité de la cou
che 4. La couche 2, formée de terres brunâtres avec
des éléments pierreux, correspond au comblement
final du fossé par le simple effet de l'érosion sur une
pente assez marquée. Il faut noter que ce fossé a
livré relativement moins d'objets que le fossé
extérieur proportionnellement à leurs volumes réc
iproques.
Fig. 7 — Chantier C, plan et sections.
Le fossé extérieur (I)
les deux fossés très obliques par rapport au chemin. Ce fossé (fig. 9) pose des problèmes d'interprétaIls furent très aisément repérés dans une couche de tion plus complexes. Les couches 8 et 9 sont pierres et de craie décomposée de guère plus de équivalentes à la couche 5 du fossé intérieur, avec 25 cm d'épaisseur4. La banquette, étant donné toutefois l'intrusion de gros blocs à un stade initial l'obliquité des fossés et le peu de largeur du sondage, de son histoire. Il avait environ 4 m de large et sa n'a pu être estimée approximativement qu'entre 8 et profondeur à partir du sol actuel était au maximum 10 m. Cela semble relativement important par rap de 1,80 m. D'un profil abrupt au nord, il était plus port aux vestiges modestes d'un «rempart» éventuel adouci (plus érodé?) au sud. La couche 7 d'un retrouvés dans le remplissage des fossés. Toutefois volume peu important semble venir de l'extérieur du
les fossés ainsi que la banquette ont des dimensions camp. Curieusement c'est la seule qui, contenant des très proches de celles notées aux Matignons II, gros blocs, pourrait indiquer les restes d'une enceinte de la même époque (Burnez et Case, 1966). construction. Les couches 6 et 7 rappellent fort
ement la couche 4 du fossé II. Nous nous demandons
Le fossé intérieur (II) s'il ne s'agit pas de vestiges d'éboulis plus impor
tants provenant de la banquette qui auraient été II faisait un peu moins de 2 m de large, du moins amputés par un recreusement ainsi que les couches 3 à la surface actuelle du sol rocheux (fig. 8). Sa paroi
et 3a. Si au moment de la fouille cette hypothèse ne nord descendait abruptement sur une sorte de
fut pas envisagée, à la lumière des découvertes des marche pour atteindre une profondeur de 1 m prise
Matignons, de Champ Durand (Joussaume, 1981), de de la surface de l'humus.
Semussac (Mohen et Bergougnan, 1984), etc., nous A la base, la couche 5 était très crayeuse et
serions enclins à l'adopter bien que le matériel soit présentait le caractère banal d'une couche de décomp
très homogène entre toutes les couches. osition de la roche. Les rares objets qu'elle conte
Les couches 3 et 3a sont de même nature que nait étaient souvent concrétionnés le long des parois.
dans le fossé II avec des terres noires et des éléments Le ressaut du côté de la banquette s'était d'abord
pierreux dispersés. comblé avant que les dépôts se répandent sur le fond
La couche 5 qui provient de la banquette après au nord. La couche 4 représentait un massif d'ébou-
le recreusement suggéré, représente donc un remplislement, probablement d'une murette, entraînant sage lent composé presque exclusivement de terres toutefois des terres humiques très noires. Cette phase
brunâtres. a dû être d'une formation très rapide étant donné la
La couche 4 qui lui succède, toutefois avec un texture lâche de ses éléments. Les couches 3 et 3a
plus fort pourcentage de pierres, continue de refléter appartiennent à une même phase, probablement un comblement progressif mais sa couleur plus d'abandon du site ou du moins du manque d'entre
foncée pourrait indiquer une présence d'humus plus tien. Du côté de l'intérieur de l'enceinte (couche 3a),
importante. la terre grise limoneuse montrait des traînées de
La couche 2, qui correspond à celle du fossé II, cendres avec de nombreux charbons de bois. Par
était constituée de terres brunâtres avec des cailloux contre du côté de la murette (couche 3), il y avait
assez nombreux, de dimension moyenne, donnant au
décapage un contraste très net avec le remplissage
4. Par suite de manque de temps nous avons dû finir la antérieur. Nous savons que sur certaines photografouille un peu en panique passant une partie de la nuit à faire phies aériennes un fossé peut être ainsi indiqué par des relevés, des photographies au flash et à reboucher pour que
deux lignes noires constituées par l'affleurement des les vendanges puissent débuter le matin suivant. TERRIER DE BIARD À SEGONZAG 97
rempart est intérieur du camp
est intérieur du camp
Fig. 8 — Chantier C, fossé intérieur (II), section sud.
Fig. 9 — Chantier C, fossé extérieur (I), section sud.
couches primaires encadrant un dépôt central de La céramique
couleur plus claire (Bedwin, 1981). Cette couche 2 Dans le fossé extérieur il y avait 1 182 tessons et
comme dans l'autre fossé était la plus riche en dans le fossé intérieur 124 seulement. Nous avons
mobilier. traité statistiquement cet ensemble mais les résultats
Nous pouvons donc distinguer trois étapes obtenus feront l'objet d'une synthèse que nous
chronologiques et culturelles dans les structures tentons sur un nombre important de sites chronolog
rencontrées dans la fouille du Terrier de Biard : iquement et culturellement semblables. Nous ne
1— une phase du cycle Peu-Richard à laquelle ferons donc que sporadiquement référence aux
appartiennent l'enceinte extérieure et une couche pourcentages à notre disposition mais, en tenant
primaire dans le chantier A ; compte des éléments intrusifs arlenaciens dans le
2 — une phase artenacienne qui est absente de chantier A, ils n'ont pas montré d'anomalies entre
l'enceinte extérieure et à laquelle se rattache le petit les deux fossés et la couche d'habitat.
fossé du chantier A ; La céramique est de qualité et de cuisson très
3 — une période plus récente qui est difficilement variables. Les épaisseurs en dessous de 6 mm sont
datable mais à laquelle nous attribuerons avec aux alentours de 7 % du total, les tessons de 6 mm à
réserve le foyer et la fosse remplie de pierres du 10 mm de 40 à 50% et ceux de plus de 10 mm de 41
chantier A qui fait penser au Bronze final. à 51%. Les bords dans le fossé I représentent 12%
du total et dans le fossé II 14%. Il y a donc une
réelle homogénéité entre les deux fossés.
LE MOBILIER Il n'y a eu que très peu de formes reconstitua-
bles. Deux vases à fond rond ont seulement montré
des profils entiers (fig. 10, n° 5 et fig. 11, n° 7), l'un Les fossés d' enceinte
étant un petit bol sans moyen de préhension visible
et l'autre une écuelle assez grossière avec probableLe cycle peu-richardien ment deux mamelons allongés. Il faut noter deux
tessons indiquant presque certainement des épaule- Comme nous l'avons déjà dit, le fossé intérieur
était très pauvre et c'est dans le fossé extérieur que ments (fig. 11, n° 2). Le vase n° 1 figure 10 est le
nous avons recueilli le plus de matériel. seul qui permette de suggérer la forme des vases à ■'.": v.. X'.':}
Fig. 10 — Fossé I : céramique.