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« Immo verius sub ducati Venetiarum communis proprio stigmate ». La question des émissions d'or de Francesco Ier Gattilusio, seigneur de Metelino (1355-1384) - article ; n°160 ; vol.6, pg 223-240

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Revue numismatique - Année 2004 - Volume 6 - Numéro 160 - Pages 223-240
Résumé. — L'auteur publie un ducat du trésor de Duda§u Schelei (Drobeta-Turnu Severin, dép. de Mehedinti, Roumanie), trouvé dans la région des Portes de Fer du Danube. La monnaie porte au revers la légende : FRANCISCVS: - ans - •meteLlnl» et a été attribuée à Francesco Ier Gattilusio, seigneur de Metelino (1355-1384). Quoique inspirées du dessin des ducats vénitiens, les monnaies en or du seigneur de Metelino présentent assez d'éléments distinctifs pour ne pas être confondues avec les émissions vénitiennes comme, par exemple, la légende grecque du droit, le nom et le titre de l'émetteur, ainsi que sa représentation en tenue militaire. Selon l'auteur, les ducats, les gigliati et les basilica de Francesco Ier avec légendes bilingues, qui mentionnaient le nom de l'empereur byzantin Jean V Paléologue ont été frappés en quantités très réduites, en 1355 ou immédiatement après, à des fins de propagande. La motivation du seigneur de Metelino n'était pas d'obtenir des gains illicites par la falsification de monnaies vénitiennes, comme l'ont prétendu les autorités de Venise, mais d'affirmer son rôle lors du rétablissement de Jean V sur le trône byzantin, tout comme sa promotion au rang de membre de la famille impériale.
Summary. — The author is publishing a ducat from the Dudaçu Schelei hoard (Drobeta- Turnu Severin, Mehedinti County, Romania), found in the area of the Iron Gates of the Danube. The coin bears on the reverse the inscription: FRANCISCVS: - ens - •meteLlnl» and was attributed to Francesco I Gattilusio, Lord of Metelino (1355-1384). Although inspired by the design of the Venetian ducats, the coins of the Lord of Metelino had enough distinctive features, such as the Greek inscription of the obverse, the name and the title of the issuer, as well as his portrait in military attire, for them to be distinguished from contemporary Venetian issues. Very probably the ducats, as well as the gigliati and the basilica of Francesco I with bilingual inscriptions mentioning the name of the Byzantine Emperor John V Palaeologus, were struck in very limited numbers, in 1355, or soon after, for propagandistic purposes. Their aim was not to obtain illegal gains by forging the coinage of the Serenissima, as the Venetians asserted, but to emphasize the role played by Francesco Gattilusio in the re-establishment of John V on the Byzantine throne and his promotion as a member of the imperial family.
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 2004
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Langue Français
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Ernest Oberländer-Târnoveanu
« Immo verius sub ducati Venetiarum communis proprio
stigmate ». La question des émissions d'or de Francesco Ier
Gattilusio, seigneur de Metelino (1355-1384)
In: Revue numismatique, 6e série - Tome 160, année 2004 pp. 223-240.
Citer ce document / Cite this document :
Oberländer-Târnoveanu Ernest. « Immo verius sub ducati Venetiarum communis proprio stigmate ». La question des émissions
d'or de Francesco Ier Gattilusio, seigneur de Metelino (1355-1384). In: Revue numismatique, 6e série - Tome 160, année 2004
pp. 223-240.
doi : 10.3406/numi.2004.2560
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/numi_0484-8942_2004_num_6_160_2560Résumé
Résumé. — L'auteur publie un ducat du trésor de Duda§u Schelei (Drobeta-Turnu Severin, dép. de
Mehedinti, Roumanie), trouvé dans la région des Portes de Fer du Danube. La monnaie porte au revers
la légende : FRANCISCVS: - ans - •meteLlnl» et a été attribuée à Francesco Ier Gattilusio, seigneur de
Metelino (1355-1384). Quoique inspirées du dessin des ducats vénitiens, les monnaies en or du
seigneur de Metelino présentent assez d'éléments distinctifs pour ne pas être confondues avec les
émissions vénitiennes comme, par exemple, la légende grecque du droit, le nom et le titre de l'émetteur,
ainsi que sa représentation en tenue militaire. Selon l'auteur, les ducats, les gigliati et les basilica de
Francesco Ier avec légendes bilingues, qui mentionnaient le nom de l'empereur byzantin Jean V
Paléologue ont été frappés en quantités très réduites, en 1355 ou immédiatement après, à des fins de
propagande. La motivation du seigneur de Metelino n'était pas d'obtenir des gains illicites par la
falsification de monnaies vénitiennes, comme l'ont prétendu les autorités de Venise, mais d'affirmer son
rôle lors du rétablissement de Jean V sur le trône byzantin, tout comme sa promotion au rang de
membre de la famille impériale.
Abstract
Summary. — The author is publishing a ducat from the Dudaçu Schelei hoard (Drobeta- Turnu Severin,
Mehedinti County, Romania), found in the area of the Iron Gates of the Danube. The coin bears on the
reverse the inscription: FRANCISCVS: - ens - •meteLlnl» and was attributed to Francesco I Gattilusio,
Lord of Metelino (1355-1384). Although inspired by the design of the Venetian ducats, the coins of the
Lord of had enough distinctive features, such as the Greek inscription of the obverse, the
name and the title of the issuer, as well as his portrait in military attire, for them to be distinguished from
contemporary Venetian issues. Very probably the ducats, as well as the gigliati and the basilica of
Francesco I with bilingual inscriptions mentioning the name of the Byzantine Emperor John V
Palaeologus, were struck in very limited numbers, in 1355, or soon after, for propagandistic purposes.
Their aim was not to obtain illegal gains by forging the coinage of the Serenissima, as the Venetians
asserted, but to emphasize the role played by Francesco Gattilusio in the re-establishment of John V on
the Byzantine throne and his promotion as a member of the imperial family.Ernest Oberlànder-Târnoveanu*
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Gattilusio, seigneur de Metelino (1355-1384). Quoique inspirées du dessin des ducats vénitiens,
les monnaies en or du seigneur de Metelino présentent assez d'éléments distinctifs pour ne pas
être confondues avec les émissions vénitiennes comme, par exemple, la légende grecque du
droit, le nom et le titre de l'émetteur, ainsi que sa représentation en tenue militaire.
Selon l'auteur, les ducats, les gigliati et les basilica de Francesco Ier avec légendes bilingues,
qui mentionnaient le nom de l'empereur byzantin Jean V Paléologue ont été frappés en quanti
tés très réduites, en 1355 ou immédiatement après, à des fins de propagande. La motivation du
seigneur de Metelino n'était pas d'obtenir des gains illicites par la falsification de monnaies
vénitiennes, comme l'ont prétendu les autorités de Venise, mais d'affirmer son rôle lors du réta
blissement de Jean V sur le trône byzantin, tout comme sa promotion au rang de membre de la
famille impériale.
Summary. — The author is publishing a ducat from the Dudaçu Schelei hoard (Drobeta-
Turnu Severin, Mehedinti County, Romania), found in the area of the Iron Gates of the Danube.
The coin bears on the reverse the inscription: FRANCISCVS: - ens - •meteLlnl» and was
attributed to Francesco I Gattilusio, Lord of Metelino (1355-1384). Although inspired by the
design of the Venetian ducats, the coins of the Lord of Metelino had enough distinctive features,
such as the Greek inscription of the obverse, the name and the title of the issuer, as well as his
portrait in military attire, for them to be distinguished from contemporary Venetian issues.
Very probably the ducats, as well as the gigliati and the basilica of Francesco I with bilingual
inscriptions mentioning the name of the Byzantine Emperor John V Palaeologus, were struck in
very limited numbers, in 1355, or soon after, for propagandistic purposes. Their aim was not to
obtain illegal gains by forging the coinage of the Serenissima, as the Venetians asserted, but to
emphasize the role played by Francesco Gattilusio in the re-establishment of John V on the
Byzantine throne and his promotion as a member of the imperial family.
En dépit de progrès très sensibles accomplis depuis un siècle et demi, la
question du monnayage d'or des principautés franques du Levant au cours des
XIVe et XVe siècles est loin d'être pleinement résolue '. Un des principaux
* Conservateur en chef du Cabinet des Médailles du Musée national de Bucarest
1 . Sur le monnayage d'or des principautés du Levant, cf. G. Schlumberger, La numismatique
de l 'Orient latin, Paris, 1 878; Idem, La numismatique de l 'Orient latin. Supplément & Index alphab
étique, Paris, Л 882 ; H. E. Ives, The Venetian Gold Ducat and its Imitations, éd. P. Grierson,
RN 2004, p. 223-240 Ernest Oberlànder-Târnoveanu 224
points en suspens concerne le monnayage d'or de Francesco Ier Gattilusio, se
igneur de Metelini (Mytilène) (1355-1384) 2. Cette situation est d'autant plus
surprenante que la communauté savante connaît l'existence de ces émissions
d'or depuis le milieu du XVIIIe siècle grâce à la publication d'une lettre que lui
avaient adressée les plus hautes autorités de Gênes le 8 août 1357 3.
La lettre faisait suite à une longue série de récriminations, mêlées de
menaces de représailles, adressées par Venise aux gouvernants de Gênes à part
ir de 1355. L'ambassadeur de Venise, Rafaino Coresini, les renouvela, une fois
de plus, devant le doge Simone Boccanegra (1356-1378). Les principales
charges contre les activités supposées de monnayage illégal du seigneur de
Metelini, Francesco Ier Gattilusio, étaient résumées dans la formule suivante :
« monetám auream ducato protinus apparentia consimilem, immo verius sub
ducati Venetiarum communis proprio stigmate, quantumcumque in qualitate,
materia et quantintate diversam ».
Il semble que la fureur des Vénitiens et la gravité de leurs menaces à peine
voilées poussèrent les Génois à se charger d'une mission bien embarassante. Il
est vrai que Francesco Gattilusio était un ancien citoyen noble de la République,
mais il avait depuis peu atteint une position élevée à la cour impériale de Byzanc
e. En 1355, il était devenu membre de la famille impériale byzantine et avait
été investi par son beau-frère, l'empereur Jean V (1341-1391), comme seigneur
New York, 1954 (ANS-NNM, 128) ; G. Lunardi, Le monetě délie colonie genovesi, Gênes, 1980 ;
A. P. Tzamalis, Ta vop-íapara щс фраукокрапад 1184-1566, Athènes, 1981 ; D. M. Metcalf,
Coinage of the Crusades and the Latin East in the Ashmolean Museum Oxford, 2nd éd., Londres,
1995 ; A. Mazarakis, Chio: revisioni monetarie, dans Oriente e Occidente tra Medioevo ed Età
moderna Studi in onore di Geo Pistarino, ed. L. Balletto, Gênes, 1997, p. 813-901 ; S. Kopho-
poulos et A. Oi FaxeXouCoi xnç ЛеарЧш. FeveaXoyiKéç кон vou-iouatiKéç ava-
9ea>peaeiç, dans / Gattilusio: Revisioni genealogiche e numismatiche, Athènes, 1996, p. 399-436
and G. Giacosa, И ducato d'oro di Caffa, Annotazioni Numismatiche, 29, 1998, p. 649-657. La pre
mière publication d'une pièce d'or frappée par un seigneur de Metelini revient à F. Schweitzer,
dans Notizie peregrine di numismatica e d'archeologia. Decade terza, Trieste, 1856, pi. I, n° 2 et
Numismatica Veneta, о série di monetě e medaglie dei dogi di Venezia, vol. I, Venise, 1856 (Jacopo
Gattilusio).
2. Durant le Moyen Âge, l'île de Lesbos s'appelait Metelini, Mitilene ou Medelin. Ce terme
tire son origine d'une l'extension à l'ensemble de l'île du nom de la cité-capitale, Mytilène.
Comme la forme Metelini était employée par les seigneurs de l'île sur leurs monnaies, c'est celle
que j'ai privilégiée.
3. Le texte de la lettre du 8 août 1357 a été publié pour la première fois par B. Nanni, De
duobus imperatorum Rascie nummus, Venise, 1752, p. 25, cf. G. Schlumberger, op. cit. n. 1, p.
436 qui en reproduit un bref passage ; voir aussi: R. Predelli, Giornale Ligustico di Storia, Arte
ed Archeologia, 1, 1874, p. 84-85 ; Idem, I libri commemoriali délia Repubblica di Venezia-
Regesti, vol. II, Venise, p. 266. L'édition de référence est celle de V. Padovan, La nummografia
veneziana : sommario documentato, Archivio Veneto, 21, 1881, p. 132. Elle a été aussi reprise,
pour partie, par G. Castellani, Civico Museo Correr, Catalogo délia raccolta Papadopoli Aldo-
brandini, vol. H, Venise, 1925, p. 244, note 11.
RN 2004, p. 223-240 émissions d'or de Francesco Ier Gattilusio (1355-1384) 225 Les
(a\)0évTT|ç ou dominusY de l'île de Lesbos5. Officiellement, l'île resta territoi
re byzantin jusqu'en 1453 6. Du même coup, la position du seigneur était seule
ment une concession personnelle, la conséquence d'une relation bilatérale entre
la famille impériale des Paléologues et les Gattilusii dans laquelle Gênes n'avait
rien à voir. Effectivement, en 1357 comme plus tard, Francesco Gattilusio était
officiellement hors d'atteinte pour les autorités génoises. Néanmoins, les
Génois fortement pressés par les Vénitiens de manifester leur bonne volonté
donnèrent l'ordre à leur ancien concitoyen de cesser immédiatement toute entre
prise portant préjudice au crédit du ducat d'or de Venise.
En dépit du nombre assez élevé des offenses imputées au seigneur de Mete-
lini, qui comprenaient :
- l'usage non autorisé du dessin du ducat d'or de Venise,
- l'altération de son poids et de sa finesse,
la véritable nature des agissements de Francesco Gattilusio reste cachée
sous la phraséologie caractéristique de la « langue de bois » des chancelleries
vénitienne et génoise. Il est presque certain que le manque de précision est dû
à la prudence diplomatique déployée par les autorités génoises eu égard à la
complexité de tout ce qui touchait à Francesco Gattilusio. Ce comportement
n'était pas seulement destiné à ménager la susceptibilité du seigneur de Mete-
lini qui était devenu une pièce importante du puzzle politique du Levant, mais
surtout celle de sa parenté impériale.
En l'absence de tout ducat connu portant le nom et/ou le titre de Francesco
Ier Gattilusio, la lettre de 1357 était interprétée comme une manifestation tan
gible d'activités de contrefaçon à grande échelle des ducats de Venise. Les his-
4. Le titre officiel des seigneurs de Metelini était « сшбеутпс » ou « dominus », similaire à
celui que portèrent au XIVe-XVe siècle divers princes dans les Balkans, les seigneurs de Dristra
[Silistra] en Dobroudja, les princes de Valachie et de Moldavie et les seigneurs de Mangop ou
Theodoro en Crimée. Dans sa version slavone « Gospodin », ce titre fut largement répandu chez
divers féodaux dans la Serbie depuis la fin du XIVe siècle. Il est intéressant de noter que ce même
titre d'aùGévcnç était souvent employé par les historiens byzantins pour désigner les chefs ott
omans ; voir E. Oberlànder-Târnoveanu, Quelques remarques sur les émissions monétaires
médiévales de la Dobroudja méridionale aux XIVe-XVe siècles, Revue Roumaine d'Histoire, 27,
1988, 1-2, p. 1 16-1 17 et B. Joudiou, Remarques sur la signification du titre « souverain » dans
les Principautés Roumaines, Studii $i Materiále de Istorie Medie, 19, 2001, p. 67-77,
5. Pour l'histoire de Metelini durant le gouvernement de Francesco Ier Gattilusio voir W. Mil
ler, The Gattilusj of Lesbos (1355-1462), dans Essays on the Latin East, Cambridge, 1921, p.
314-317 ; G. T. Dennis, The Short Chronicle of Lesbos, 1355-1420, Lesbiaka, 5, 1965 p. 23-24,
reimprimé dans Byzantium and the Franks: IS 50- 1420, Londres, 1982, article 1 et M. Balard,
La Romanie génoise (XIIe -début du XVe siècle), vol. I-II, Gênes-Rome, 1978 (Atti de la Società
Ligure di Storia Patria NS volume XVIII (XCII), fasc. 1, Bibliothèque des Écoles Françaises
d'Athènes et de Rome, fasc. 235), passim. Comme l'a démontré G. T. Dennis, Francesco Ier n'est
pas mort en 1376, selon l'opinion communément admise depuis longtemps mais sensiblement
plus tard, en 1384, lors d'un violent séisme.
6. Sur le statut légal de la seigneurie de Metelini voir M. Balard, op. cit. n. 5, vol. II, p. 889-
890 et A. M. de Guadan, El escudo personal de los Paléologos y la amonedación de los Gatti
lusio de Metelin en los siglos XIV y XV, Acta Numismàtica, 5, 1975, p. 137-149.
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toriens considéraient que le trafic d'imitation des ducats avait été vraiment
lancé à partir du moment de sa désignation comme maître de l'île7.
Il y a quelques années, Ph. Grierson expliquait la hargne des protestations
vénitiennes par la peur qu'aurait suscitée l'apparition sur une grande échelle
d'imitations des ducats d'Andréa Dandolo (1342-1354) frappées, selon lui, par
Francesco Ier Gattilusio. Aux yeux des autorités vénitiennes, l'effet le plus pré
judiciable de cette émission de ducats d'imitation tenait au fait que ces pièces
étaient frappées dans un or légèrement affaibli, à 22 ou 23 carats seulement, et
difficilement détectables par les moyens courants. Ph. Grierson pensait que
l'afflux de ces imitations sur les marchés monétaires de la Méditerranée orien
tale était une affaire sérieuse, susceptible de porter atteinte au crédit des monn
aies d'or de Venise dans toute la région8.
Le monnayage de Metelini et en particulier celui de Francesco Ier Gattilusio
demeure mal connu. Jusque dans les années 1990, bien peu de choses s'étaient
ajoutées au panorama général des connaissances présenté dans l'ouvrage
monumental de G. Schlumberger9. Je voudrais mentionner avant tout la publi
cation par G. Giacosa 10 d'une émission inédite de Francesco Ier Gattilusio. De
7. G. Schlumberger, op. cit. n. 1, p. 436 ; F. W. Hasluck, On the imitations of the Venetian
Sequins struck in the Levant, ABSA, 18, 1911-1912, p. 263 ; W Miller, op. cit. n. 5, p. 316 ; G.
Majer, Imitazioni e contraffazioni dello zecchino veneziano, dans Congrès International de
Numismatique, Paris, 6-11 juillet 1953, vol. II, Actes, éd. J. Babelon et J. Lafaurie, Paris, 1957,
p. 392 ; H. E. Ives, op. cit. n. 1, p. 23 ; P. Grierson, La moneta veneziana nell'economia medi-
terranea del trecento e quattrocento, dans La civiltà veneziana del quattrocento, Florence, 1957,
p. 92 et Idem, The Fineness of the Venetian Ducat and its Imitations, dans Metallurgy in Numism
atics, vol. II, éd. W. A. Oddy, Londres, 1988, p. 98, réimprimé dans Scritti storici e numisma-
ticii, Spolète, 2001 (Centra Italiano di Studi sull'Alto Medio Evo, Collectanea, 15), p. 317-326 ;
J. Yvon, Monnaies et sceaux de l'Orient latin, RN 1966, p. 103, M. Balard, op. cit. n. 5, vol. II,
p. 671-672 ; G. Lunardi, op. cit. n. 1, p. 243 et 287 ; D. M. Metcalf, op. cit. n. 1, p. 293 ; S.
Kophopoulos et A. Mazarakis, op. cit. n. 1, p. 41 1-412 ; A. M. Stahl, Zecca: The Mint of Veni
ce in the Middle Ages, Baltimore, Londres et New York, 2000, p. 241 et I. Touratsoglou et J.
Baker, Byzantium of Venitians. Greece of the « grossi », dans Bizanzio, Venezia e il mondofran-
co-greco (XIII-XV secolo), Atti del Colloquio Internazionale organizato nel centenario della
nascita di Raymond-Joseph Loernertz o. p. Venezia, 1-2 dicembre 2000, ed. C. A. Maltezou et
P. Schreiner, Venise, 2000, p. 217 et notes 18-19.
8. P. Grierson, The Fineness of the Venetian Ducat, op. cit. n. 7, p. 98.
9. G. Schlumberger, op. cit. n. 1, p. 436-438, pi. n° XVI, n08 1-5 ; Idem, La numismatique
de l'Orient latin. Supplément & Index alphabétique, Paris, 1882, p. 18-19, pi. XXI, n° 13. Les
quelques avancées opérées depuis 1882 jusqu'aux années 1970 ont été synthétisées par G.
Lunardi, op. cit.n. 1, p. 246-247 et D. M. Metcalf, op. cit. n. 1, p. 293-294. L'étude la plus
complète sur le monnayage des seigneurs de Metelini a été récemment proposée par S. Kopho
poulos et A. Mazarakis, op. cit. n. 1 .
10. G. Giacosa, Un gigliato inedito di Francesco I Gattilusio, signore di Lesbos, NAC QT,
19, 1990, p. 337-343. Il s'agit d'un des inédits les plus spectaculaires non seulement pour le
monnayage de Metelini mais aussi pour l'ensemble de la numismatique du Levant. C'est un gil-
lat bilingue présentant au droit le nom et la titulature de l'empereur byzantin Jean V S. Kopho
poulos et A. Mazarakis, op. cit. n. 1, p. 415, Myt. II. z1, ont bien lu la légende grecque du droit
mais l'ont réattribuée à tort à Francesco II Gattilusio.
RN 2004, p. 223-240 Les émissions d'or de Francesco Ier Gattilusio (1355-1384) 227
plus, ces dernières années, d'autres émissions déjà connues ont été réattribuées
ou mieux décrites n.
Jusqu'à présent les numismates semblent admettre que le monnayage d'or
signé par les seigneurs de Metelini commence sensiblement plus tard. L'opi
nion commune est que la première émission des Gattilusii fut celle des ducats
de type vénitien portant les légendes IACOB-GATELV - DMETELINI et
IACOBVSGA-TELVVS (ou autres variantes) attribués à Jacopo Gattilusio
(1376-1396) 12. On avait longtemps vu dans ce Jacopo le successeur de Fran
cesco Ier. Pourtant cette interprétation s'est révélée fausse et les pièces au nom
de IACOBVS appartiennent en fait à Jacopo Gattilusio (1403-c. 1428), le fils
de Francesco II 13.
La théorie bien établie d'un monnayage de pure contrefaçon par Francesco
Ier Gattilusio devrait être renversée après la découverte d'un ducat unique pro
venant du trésor trouvé à Duda§u Schelei (Drobeta-Turnu Severin, département
de Mehedinfi), au sud-ouest de la Roumanie, dans la région des Portes de Fer
1 1. À cet égard il faut citer D. M. Metcalf, op. cit. n. 1, n° 1 164 et pi. 45, n° 1 164 qui, réat
tribue ajuste titre à Francesco Ier le demi-basilikon d'argent considéré auparavant par G. Castel-
lani, op. cit. n. 3, p. 235, n° 16025 et G. Lunardi, op. cit. n. 1, p. 254 G 7, comme un denier de
cuivre de Francesco II. Tout aussi importante, la contribution de S. Kophopoulos et A. Mazara-
kis, op. cit. n. 1, p. 418 Myt. П. к1 donne la bonne lecture de la légende grecque du « denier »,
attribué à Francesco Iй par G. Castellani, op. cit. n. 3, vol. II, p. 235, n° 16026 et G. Lunardi,
op. cit. n. 1, p. 247 G 2, var. с. Les deux savants grecs identifient la dénomination de la pièce
comme un soldino mais elle semble plutôt frappée sur l'étalon du demi-basilikon byzantin. Mal
heureusement, ils la réattribuent, à tort, à Francesco II. Le demi-basilikon d'argent publié par A.
P. Tzamalis, Some new evidence of the coinage of the Gattilusii, Lords of Lesbus, NCirc, 88,
1980, 1, Jan, p. 2-4, avait en fait déjà été publié au XIXe siècle par A. von Salet, Die Erwerbung
des Kônigl. Munzkabinets bis 1. April 1888, ZJN, 16, 1888, p. 23-24. Plus tard, un exemplaire de
cette monnaie avait été considéré comme une imitation de cuivre du soldino vénitien par A. Engel
et R. Serrure, Traité de numismatique du Moyen Âge, Paris, vol. II, 1910, p. 1420.
12. G. Schlumberger, op. cit. n. 1, p. 439, pi. XVI, nos 6-7 ; H. E. Ives, op. cit. n. 1, p. 23,
pi. XII, n° 2 ; G. Gamberini di Scarfèa, Le imitazioni e le contraffazioni monetarie nel mondo,
vol. Ill, Bologna, 1956, p. 146 ; G. Majer, op. cit. n. 7, p. 392 ; G. Gorini, Le imitazioni orien-
tali dello zecchino veneziano. Considerazioni stilistiche, Studi Veneziani, 10, 1968, p. 590-591 ;
A. Savio, Imitazioni e contraffazioni del ducato d'oro di Venezia nei secoli XIV e XV, NAC QT,
6, 1977, p. 398 ; G. Lunardi, op. cit. n. 1, p. 248-249 ; A. P. Tzamalis, op. cit. n. 1 1, p. 185 et
G. Giacosa, Annotazioni Numismatické, 29, 1998, p. 651.
13. Suivant G. T. Dennis, op. cit. n. 5, Jacopo était le troisième fils de Francesco Iя Gattilu
sio qui gouverna l'île entre 1383 et 1403 environ, sous le nom de Francesco II. Par conséquent,
toutes les émissions attribuées auparavant à Jacopo Gattilusio (1376-1396 sic) n'ont pas été frap
pées par lui. Elles reviennent au troisième seigneur de Metelini, Jacopo, fils de Francesco II. Les
remarques révolutionnaires de F. W. Hasluck, op. cit. n. 7, que les premiers ducats d'or de Metel
ini avaient été frappés par Jacopo (1404-1428) [sa datation EOT], étaient restées ignorées durant
plus de 70 ans. En se fondant sur la chronologie des seigneurs de Metelini révisée par Dennis,
D. M. Metcalf, op. cit. n. 1, p. 294 propose également l'attribution de ces pièces à Jacopo
(1403-c. 1428). Cette attribution est suivie par S. Kophopoulos et A. Mazarakis, op. cit. n. 1,
p. 420-424, Myt. III. D1, Myt. III. D2, Myt. III. A'-A3, Myt. III. К1- К2 and Myt. III. ď- d3.
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du Danube. Au printemps de 1983, un trésor considérable fut découvert dans
les vignobles du village situé sur un coteau à 1,5 km du Danube. Selon les
informations dont je peux disposer, il contenait plusieurs milliers de pièces
d'or et d'argent, des lingots d'or et d'argent et de l'argenterie de table et d'égli
se. Malheureusement la plus grande partie du trésor a été détruite soit qu'elle
ait été fondue ou dispersée avant toute étude. Ce qui a pu être sauvé se limite à
158 pièces d'or et 461 d'argent, quelques lingots d'or et d'argent et des objets
d'orfèvrerie. Ces objets ont été répartis entre plusieurs collections (Musée
régional d'Olténie à Craiova, Musée de la région des Portes de Fer à Drobeta-
Turnu Severin, Musée national d'Histoire de Roumanie et celui de la Banque
centrale de Roumanie). À l'exception de la plupart des monnaies ottomanes et
du lingot d'argent, le trésor de Dudaçu Schelei a déjà été publié mais les cri
tères scientifiques et la qualité d'impression de la publications restent insuffi
sants, beaucoup de pièces étant mal identifiées et illustrées 14.
Selon mes identifications, la partie conservée du trésor de Dudaçu Schelei
contient :
A) Venise - 84 ducats frappés entre 1329 et 1423 (F. Dandolo - 1 ex., B.
Gradenigo - 2 ex., A. Dandolo - 13 ex., G. Dolfin - 1 ex., L. Celsi - 1 ex., M.
Falier - 1 ex., M. Corner - 2 ex., A. Contarini - 10 ex., M. Morosini - 1 ex.,
A. Venier - 26 ex., M. Sténo - 26 ex. et T. Mocenigo - 15 ex.).
B) Seigneuries turques d'Anatolie occidentale durant la seconde moitié du
XIVe siècle et le premier quart du XVe siècle : 35 imitations de ducats de Veni
se (imitations au type d'A. Dandolo, 17 ex., imitations au type d'A. Contarini,
2 ex., imitations hybrides aux types d'A. Dandolo/A. Contarini, 6 ex., imita
tions au type de G. Gradenigo, 4 ex., imitations au type de L. Celsi, 1 ex., imi
tations au type d'A. Contarini, 1 ex., au type d'A. Venier, 3 ex., imi
tations au de T. Mocenigo, 1 ex.).
C) Metelini - 1 ducat (Francesco Ier Gattilusio).
D) Rome - 3 ducats (émissions sénatoriales au type de Venise).
E) Hongrie - 26 florins (Louis Ier - 3 ex., Sigismond Ier - 23 ex.)
F) Saint Empire-Bohême - 1 gulden (Charles IV).
G) France - 8 écus à la couronne VI).
H) Valachie - 59 ducats d'argent et 1 ban (Mircea l'Ancien - 50 ex., Michel
Ier- 12 ex.).
14. T. Radulescu et P. Turturicâ, Tezaurul de monede §i podoabe feudale de la Schela Cla-
dovei-Mehedinti (sec. XIV-XV), Arhivele Olteniei, S.N., 3, 1984, p. 70-88 ; D. Ciobotea, T.
Тома et P. Turturicâ, Noi descoperiri din tezaurul de la Schela Cladovei, jud. Mehedin{i, Arhi
vele Olteniei, S.N., 4, 1985, p. 65-69 et I. Stîngâ, Cetatea Severinului si tezaurele sale (secole-
le XIV-XV) : Tezaurul de la Dudasul Schelei, Drobeta Turnu Severin, Re§ija, 2002, p. 61-1 10. Les
pièces conservées au Musée régional d'Olténie et à la Banque nationale de Roumanie ont été
publiées comme trouvées à Schela Cladovei, ce qui est erroné. Schela Cladovei est un village dif
férent. Je prépare une publication de l'ensemble du trésor en collaboration avec plusieurs de ses
précédents éditeurs.
RN2004,p. 223-240 Les émissions d'or de Francesco Ier Gattilusio (1355-1384) 229
I) Empire Ottoman - 13 1 akçes (émir Siileyman Ier - 3 sp., Musa Çelebi - 3
ex., Mehmed Ier- 124 ex. plus 1 faux contemporain).
J) Serbie - 110 dinars d'argent (George Brankovic et Lazar - 1 ex. et Ste
fan Lazarevič - 109 ex.).
Assurément, la pièce la plus étonnante de ce trésor vraiment considérable
est un ducat inconnu dont voici la description 15 :
D/ «ХЕФУЛАТгВАаЛе - АКйТОШАЛЕОЛОГ. Légende circulaire
débutant en haut du côté droit. Jésus-Christ nimbé, debout dans une mandorle
portant tunique et colobium, bénisssant de la main droite et tenant les Évangiles
de la gauche, dans le champ de la mandorle quatre étoiles à gauche et cinq à
droite, globule entre les jambes, le sommet de la croix du nimbe est formé de
deux globules.
R/ FRANCISCVS: ons - «mEteLInl- (D, N, E et T onciaux). Légende cir
culaire débutant en haut du côté droit. Saint (ou apôtre ?) nimbé debout à g.
portant portant tunique et colobium, tenant une bannière de la main dr. et les
Évangiles de la g. offrant la bannière au seigneur agenouillé à ses pieds à dr. et
portant heaume, cotte de maille et tenant le pied de la bannière; sur celle-ci, une
croix latine.
Or, 3,52 g 20,5 mm.
MRPF - Drobeta-Turnu Severin, Inventaire des monnaies d'or, n° 412.
La légende du revers, Franciscus Dominus Metelini (Francesco, seigneur de
Metelini), indique sans aucune incertitude le nom et le titre de l'autorité émet-
trice. C'était un des deux seigneurs de Metelini de la dynastie des Gattilusii qui
portèrent ce nom - Francesco Ier (1355-1384) ou Francesco II (1384-1403).
Selon moi, la pièce revient à Francesco Ier. Mon affirmation se fonde sur les
similitudes dans la représentation du prince en tenue militaire, avec le même
type de heaume et de cotte de maille, entre ce ducat et le demi-basilikon d'ar
gent qui revient avec certitude à Francesco Ier 16.
15. 1. Stîngâ, op. cit., p. 73, n° 55, avec une attribution erronée à Francesco II (1396-1400
sic !). L'auteur considère cette pièce comme une « imitation ». J'avais déjà identifié la pièce en
1984, détail que l'auteur omet de rappeler.
16. S. Kophopoulos et A. Mazarakis, op. cit. n. 1, p. 412-413 Myt. I. K1. La seule pièce
avec une provenance connue a été trouvée dans le trésor de Pyrgos (Péloponnèse occidental) qui
fut abandonné autour de 1375-1384. Sur ce trésor, voir A. Tzamalis, op. cit. n. 1 1, et D. M. Met-
calf, op. cit. n. 1, p. 354, n° 21 1.
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La seconde raison de mon attribution tient à l'inscription grecque du droit
qui se lit : XPIITE OYAATTE BAZIAEA IŒANNHN TON ПАЛАЮЛОПЖ
= Ô Christ, garde l'empereur Jean le Paléologue !
À mon avis, avec cette formule peu courante la légende de droit n'exprime
pas la simple salutation de reconnaissance formelle d'un seigneur nouvelle
ment établi envers son souverain l'empereur Jean V Paléologue. J'y vois une
évidente allusion aux événements dramatiques qui se déroulèrent à Constanti
nople entre le 29 novembre et le 1er décembre 1354, quand Jean V Paléologue
fut rétabli sur le trône de Byzance. Toutes les sources byzantines mettent net
tement l'accent sur le rôle essentiel joué par Francesco Gattilusio lors de la
reprise du pouvoir par Jean V Le noble Génois offrit à l'empereur déposé, alors
en exil à Ténédos, le plein appui de sa petite flotte et des quelques centaines de
soldats. Malgré la disproportion entre les forces de l'usurpateur Jean VI Can-
tacuzène et celles de Jean V Paléologue, celui-ci s'introduisit à Constantinople
durant la nuit du 29 novembre. Le sang-froid de Francesco et sa brillante ins
piration pendant les premiers moments critiques furent déterminants pour
retourner les dispositions d'esprit de la garnison grecque et de la population et
pour les faire passer rapidement du côté de Jean V. Selon Doucas, l'élément
déclencheur qui produisit ce brusque retournement de toute la situation poli
tique fut le slogan lancé par le Génois : « ПОЛЛА TA ETH TOY ПАЛАЮ-
ЛОГОУ BAEIAEQI IQANNOY ! » Longue vie à l'empereur Jean, le Paléo
logue ". Le slogan scandé par Francesco Gattilusio se révéla essentiel pour
galvaniser les Constantinopolitains et les rallier à Jean V.
Selon moi, la légende inhabituelle - « O, Christ, garde l'empereur Jean le
Paléologue !» - au droit des ducats de Francesco Ier Gattilusio pourrait avoir
une signification plus profonde qu'il n'y paraît à première vue. Je pense qu'en
choisissant ce slogan Francesco Ier Gattilusio ne visait pas seulement à expri
mer sa gratitude personnelle envers l'empereur byzantin mais à immortaliser et
exalter son propre rôle durant la crise. En fait, les mots « Ô Christ, garde l'em
pereur Jean le Paléologue ! », pourraient bien être la version originale du cri de
guerre lancé par Gattilusio et transmis de façon déformée, presque un siècle
plus tard par l'historien Doucas.
Après la victoire, l'empereur récompensa généreusement Francesco. Il
reçut une épouse de sang impérial, la propre sœur de Jean Y Marie Paléologue.
Le Génois fut investi de la seigneurie de Metelini. Le 17 juillet 1355, Frances
co Gattilusio prit officiellement possession de l'île de Metelini et y commença
17. Doucas, Istoria turco-bizantinâ 1341-1462, éd. V Grecu, Bucarest, 1958, p. 67. Toutef
ois, selon le protocole byzantin, ce slogan constitue la salutation traditionnelle durant les cér
émonies du couronnement impérial, ce qui rend surprenant à mes yeux son emploi dans ces temps
troublés de lutte pour le pouvoir.
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