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Français
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1986
Description
The planters lived on very extensive credit lines opened with the French commercial firms, much beyond the potential sale value of the planted part of their land holdings. This produced great instability of tenure, as they lived in fact partly from land speculation on a fictitious domain, transfering regularly the greater part of their earnings to Australia, through selling their crops to Burns Philp although being heavily in debt to Ballande or de Béchade. After the 1929 crash, planters were left with little choice than being unpaid managers for the commercial firms which held the real title to their lands, while the same firms were devoid of the means, in manpower and capital, to operate plantations dispersed all over the group. The number of planters has in fact never ceased to diminish after 1929. French settlers slowly leaving the group or going over to tertiary activities and official employment, letting Melanesian production to become paramount.
In between, the relations between planters and Melanesians have not been without some notable variations, tensions and opposition not being an inflexible rule. The strategy never faltered. Melanesians wanted to get back all they had lost. But tactics could vary, in a period of coexistence, characterised by a constant search for what adaptation was the best, for a more lucid analysis of each situation, for a way of manipulating Europeans and pitting them one against the other, in particular missionaries versus planters.
Commencée par des agents de sociétés commerciales australiennes, poursuivie par des colons français dépendant étroitement de la Compagnie Calédonienne des Nouvelles-Hébrides, puis de la Société Française des Nouvelles-Hébrides, Société d'économie mixte où l'État était majoritaire, ou des Comptoirs Français des Nouvelles-Hébrides, c'est-à-dire de la Maison Ballande de Bordeaux, ou de la Maison de Béchade, qu'ils entraîneront dans la ruine en 1929, la colonisation française n'a jamais réussi à s'implanter de façon définitive, ni à mordre sur autre chose que des zones côtières frappées par une dépopulation intense.
Se faisant ouvrir constamment des crédits au-delà de la valeur même de la part de leurs domaines réellement exploitée, extrêmement instables parce que vivant de la spéculation sur des emprises en grande partie fictives, transférant régulièrement la plus grande partie de leurs gains en Australie par l'intermédiaire de la Maison Burns Philp, à laquelle ils vendaient les récoltes engagées par ailleurs auprès des sociétés commerciales françaises, les planteurs ont fini par devenir en fait pour la plupart les agents infidèles, mais non rémunérés, de ces dernières sociétés, elles-mêmes incapables de gérer les domaines qu'elles avaient ainsi acquis imprudemment, sans le vouloir. Le nombre de planteurs proprement dits n'a cessé de diminuer à partir de 1929, la colonisation française passant majoritairement aux activités de service et à la fonction publique, laissant la production mélanésienne devenir progressivement, d'abord majoritaire, puis enfin la seule force productive du pays.
Dans l'intervalle, les relations entre planteurs et Mélanésiens ont relevé d'autre chose que d'une opposition sans nuances. Si la stratégie générale était claire — reprendre ce qui avait été perdu — les tactiques employées ont été diverses, et la période de co-existence pleine d'enseignements quant à la recherche constante d'adaptation des sociétés mélanésiennes, aussi quant à leurs capacités d'analyse de la situation et de manipulation des Européens les uns contre les autres, missionnaires contre planteurs en particulier.
34 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Publié par
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Publié le
01 janvier 1986
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Langue
Français
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Poids de l'ouvrage
4 Mo