Le bon vieux temps

Le bon vieux temps

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Hector Berthelot (1842 - 1895) est un journaliste, caricaturiste et humoriste québécois. Extrait : L'auteur anonyme de ces articles n'était pas un historien, encore moins un archéologue

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Nombre de lectures 27
EAN13 9782824712635
Langue Français
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H ECT OR BERT H ELO T
LE BON V I EUX T EMPS
BI BEBO O KH ECT OR BERT H ELO T
LE BON V I EUX T EMPS
Un te xte du domaine public.
Une é dition libr e .
ISBN—978-2-8247-1263-5
BI BEBO OK
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compris à Bib eb o ok.Au le cteur
 1884  1885, la Patrie de Montré al publia une série de p etits
articles non signés qui eur ent une grande v ogue .E On y racontait sans façon, sous la r ubrique : Le bon vieux temps,
l’histoir e pior esque des mœur s et coutumes des g énérations qui
vécur ent à la fin du 18 ᵉ siè cle ou dans la pr emièr e moitié du 19 ᵉ .
L’auteur anony me de ces articles n’était p as un historien, encor e
moins un ar ché ologue ; c’était tout b onnement, ainsi qu’ on le sut
bientôt, un jour naliste humoristique , dont les saillies et les p ortraits-char g es
faisaient les délices de ses contemp orains, nous av ons nommé M. He ctor
Berthelot, l’hilarant fondateur du Canard, du Farceur , du Violon, etc., et le
cré ateur du fameux ty p e de Ladébauche . Par quel hasard notr e humoriste
s’était-il eng ag é dans une v oie si contrair e à ses aptitudes ? V oici :
M. H. Be augrand, alor s pr opriétair e de la Patrie et grand amateur
de folklor e ayant imaginé qu’un r ep orter intellig ent, en inter vie want les
vieux cito y ens ou compulsant les anciens jour naux et les ar chiv es p
oudr euses, p our rait pr o duir e , chaque jour , des b outs de pr oses qui
piqueraient la curiosité du public, song e a que M. Berthelot s’acquierait à
merv eille d’une semblable tâche et il la lui confia.
M. Berthelot pr ouva sans tarder qu’ on l’avait appré cié justement, mais
ainsi qu’il l’av ouait v olontiers, ses articulets ne sont p as imp e ccables. Ne
1Le b on vieux temps Chapitr e
p ouvant contrôler les r enseignements qu’il r e cueillait, il a commis, p
arfois, des oublis et des er r eur s ; ensuite , comme il é crivait au jour le jour ,
au fil de la plume , sans s e r elir e , sa phrase est quelconque ; cep endant,
M. Berthelot a le mérite d’av oir accumulé une quantité de détails qu’ on
cher cherait vainement ailleur s et qui, malgré tout, sont d’une le ctur e fort
arayante .
M. E. Z. Massicoe , l’ar chiviste en chef du p alais de justice de la
métr op ole , qui colle ctionnait déjà , à cee ép o que , tout ce qui concer nait
l’histoir e de Montré al – l’étude de sa vie – ne manqua p as de dé coup er ces
causeries r emplies d’intérêts et, après tr ente ans, il nous les r emet av e c
des annotations pré cieuses, fr uit de ses p atientes r e cher ches.
Sous sa nouv elle toilee , Le bon vieux temps for me donc un do cument
historique de grande valeur et qui de v ra obtenir un succès durable auprès
de ceux qui sav our ent les choses du p assé .
L’ ouv rag e est divisé en deux séries ; la pr emièr e compr end les articles
p ar us durant l’anné e 1884 et la se conde ceux qui fur ent publiés en 1885.
Les Éditeur s.
N.B. La plup art des notes, suivant la coutume , sont r ejeté es au bas des
p ag es, mais lor sque le compilateur s’ est contenté de cor rig er ou
d’ajouter des p oints de susp ension r emplacent les mots r etranchés et les mots
nouv e aux sont mis entr e cr o chets, afin que le le cteur sache que le te xte
est mo difié .
n
2CHAP I T RE I
La mar que et le fouet - Le guet et le coin flambant.
 1830,  justice de Montré al faisait p eu de cas de la vie d’un
homme . On p endait celui qui avait v olé un che val, une vache ,E ou un mouton. Celui qui commeait un v ol domestique dont
l’ objet valait plus de deux louis sterling, montait sur l’é chafaud.
T ous les vieillards de Montré al se rapp ellent l’ e x é cution d’un jeune
homme de dix-huit ans, tr ouvé coup able d’av oir v olé , à son maîtr e , une
montr e d’ar g ent de la valeur de $16.
Le supplice de la mar que était inflig é dans les cas d’homicide
seulement.
Le p atient était mar qué dans la p aume de la main dr oite av e c un fer
r oug e p ortant les ler es G. R. ( Ge or g es Roi). Le b our r e au pr o cé dait à l’
op ération, immé diatement après la sé ance de la cour . Le prisonnier p assait
sa main dans un bracelet à char nièr e fix é à la cloison de la (piè ce ) en
ar rièr e de la salle des sé ances de la cour des sessions de quartier . Le b
ourr e au sortait d’une chambr e aenante à la pr emièr e où il avait fait r ougir
son fer sur un ré chaud. Il appliquait tr ois fois le fer r oug e sur la main du
3Le b on vieux temps Chapitr e I
prisonnier . À chaque application du fer , le p atient était oblig é de crier :
Vive le Roi ! S’il ne pr oférait p as ce cri de lo yauté sa chair grésillait sous
le fer jusqu’à ce qu’il se fut e x é cuté . ¹
Le supplice du fouet se donnait aux criminels qui s’étaient r endus
coup ables de p etits lar cins. Ceux qui de vaient subir la flag ellation étaient
aachés p ar les mains à un p ote au planté près du monument Nelson ² .
Le fouet n’était p as administré aussi cr uellement que dans l’ar mé e
anglaise , car il ar rivait rar ement qu’il y eut effusion de sang. Le fouet était
le châtiment des v oleur s, des ré cidivistes et des pr opriétair es de maison
malfamé es. T rès souv ent, le supplicié , après la cérémonie , chantait le co q
de vant la p opulace qui l’acclamait en disant : « Ça c’ est un game » !
La p olice de Montré al se faisait dans le b on vieux temps p ar tr ente
Watchmen . C’était le guet municip al.
Le constable était ar mé d’un bâton bleu ayant envir on cinq pie ds de
long. P lusieur s de ces bâtons sont encor e conser vés dans la cour de p olice .
Le Watchman p ortait à sa ceintur e un fanal et il tenait de la main g auche
une cré celle qu’il agitait lor squ’il v oulait app eler un de ses confrèr es à
son se cour s.
La nuit, le constable criait les heur es et les demi-heur es. Lor sque
Montré al dor mait le guet criait l’heur e et ajoutait : « All is w ell. » Le
pèr e de M. Schiller , le gr effier de la cour onne ³ était autr efois capitaine du
guet à Montré al. Les constables étaient alor s souv ent app elés à supprimer
les désordr es au célèbr e coin flambant.
On désignait sous le nom de coin flambant l’ encoignur e des r ues
Lag auchetièr e et Saint-Constant (maintenant Cadieux). D eux de ces
maisons e xistent encor e aujourd’hui.
Le coin flambant était comp osé de cinq ou six maisons érig é es s ur la
pr opriété Sco. Une de ces maisons était une aub er g e b or gne et les autr es
étaient o ccup é es p ar des (p er sonnes p eu r e commandables). La nuit il y
1. V oir Borthwick, History of the Montreal Prisons, é dit. 1907, p . 13.
2. Parfois, aussi, le condamné était aaché der rièr e une char r ee qui p ar courait les r ues
Saint-Paul et Notr e-D ame et la p unition était administré e , p ar fractions, aux princip aux
car r efour s. V . Borthwick, Lo c. Cit., p . 14.
3. M. Charles Edouard Schiller ; le gr effier en question dé cé da en 1887. Il fut r emplacé p ar
M. L. W . Sicoe , mort en 1911. C’ est M. Cor riv e au qui r emplit actuellement cee fonction.
4Le b on vieux temps Chapitr e I
avait toujour s des bag ar r es au coin flambant qui était le r endez-v ous des
matelots et des hommes de chantier .
On s’y baait à coups de g ourdins et à coups de coute aux. P lus d’une
fois ces rix es se ter minaient p ar des meurtr es.
On y r ossait le guet et le désordr e régnait en p er manence . . .
5 no v embr e 1884
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