Le CDI face à Internet

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LEFEVRE Carole Année universitaire 2003-2004
Documentation IUFM de Créteil










Le CDI face à Internet :
entre politique d’accueil et mission pédagogique


















Sous la direction d’Ariane Malrieu.
Conseiller pédagogique : Gilles Murail.

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Le CDI face à Internet :
entre politique d’accueil et mission pédagogique

Mémoire professionnel

2 Sommaire

Introduction page 1

1. La notion d’accueil : une priorité pour le CDI page 3

1.1. Les missions et le projet de service
1.1.1. Les missions du documentaliste
1.1.2. L’orientation impulsée par l’établissement
1.1.3. Le projet de service du CDI page 4
1.2. La politique d’accueil du CDI
1.2.1. Entre contraintes et liberté page 5
1.2.2. La régulation de l’accès à Internet
1.2.3. Les dérives éventuelles page 6
1.3. Les attentes multiples des usagers page 7
1.3.1. Les attentes des adultes
1.3.2. des jeunes
1.3.3. Les compétences documentaires page 8

2. Les apprentissages liés à Internet page 9
2.1. La recherche documentaire sur le Web
2.1.1. Vers le « Tout Internet »
2.1.2. Un exemple d’activité pédagogique :
La lecture d’une page de résultats sur un moteur de recherche page 10
2.2. Internet, outil d’écriture multimédia page 11
2.2.1. Un rôle original dévolu au Web
2.2.2. Premier projet : l’écriture interactive
2.2.3. Second projet ...

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LEFEVRE Carole Année universitaire 2003-2004 Documentation IUFM de Créteil           
 
Le CDI face à Internet : entre politique d’accueil et mission pédagogique    
         
     Sous la direction d’Ariane Malrieu. Conseiller pédagogique : Gilles Murail.   
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Le CDI face à Internet :
entre politique d’accueil et mission pédagogique
 
Mémoire professionnel  
2
Sommaire  Introduction        1.  
 2.
 
La notion d’accueil : une priorité pour le CDI 1.1. Les missions et le projet de service 1.1.1. Les missions du documentaliste 1.1.2. L’orientation impulsée par l’établissement 1.1.3. Le projet de service du CDI 1.2. La politique d’accueil du CDI 1.2.1. Entre contraintes et liberté 1.2.2. La régulation de l’accès à Internet 1.2.3. Les dérives éventuelles 1.3. Les attentes multiples des usagers 1.3.1. Les attentes des adultes 1.3.2. Les attentes des jeunes 1.3.3. Les compétences documentaires
 
             
 
             
Les apprentissages liés à Internet 2.1.La recherche documentaire sur le Web 2.1.1. Vers le « Tout Internet » 2.1.2. Un exemple d’activité pédagogique : La lecture d’une page de résultats sur un moteur de recherche 2.2. Internet, outil d’écriture multimédia 2.2.1. Un rôle original dévolu au Web 2.2.2. Premier projet : l’écriture interactive    2.2.3. Second projet : l’écriture multimédia 2.3. Un parcours jalonné de contraintes 2.3.1. « Error 404. Page Not Found »
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2.3.2. Projets ARAPA : les erreurs de parcours    3. Un regard critique : quelle place pour Internet au CDI ?  3.1. L’évaluation des actions pédagogiques autour du Web 3.1.1. La fréquentation du CDI et l’appropriation du règlement 3.1.2. L’acquisition de compétences documentaires 3.1.3. Des lecteurs polyvalents 3.2. Le dilemme de l’accueil et des apprentissages 3.2.1. Des apprentissages possibles en dehors de la classe 3.2.2. La sécurité des élèves, condition clé de l’accueil 3.2.3. L’éducation à la citoyenneté 3.3. Quelques perspectives pour une meilleure insertion d’Internet dans la politique documentaire 3.3.1. L’analyse des besoins      3.3.2. Le CDI, moteur d’activités et de projets pédagogiques 3.3.3. L’indispensable collaboration avec les enseignants  Conclusion  Bibliographie sélective et webographie  Annexes  Table des matières   
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
page 15   page 16  page 17  page 18    page 19   page 20
page 21
pages I à VI
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   Introduction
      Le défi proposé aux documentalistes en milieu scolaire comporte trois dimensions complémentaires : la gestion documentaire, la pratique pédagogique et l’accueil des élèves. Pour assumer ces missions professionnelles, le professeur documentaliste néo-certifié doit acquérir rapidement des automatismes, qui vont l’aider dans la gestion du CDI. Dans cette perspective, il importe pour le stagiaire, dès les premiers jours de la rentrée scolaire, de trouver sa place et de prendre ses marques au sein de l’équipe du CDI et de l’établissement.  Les documentalistes du lycée Marcel Cachin m’avaient chaleureusement accueillie, à l’occasion d’un stage d’observation hebdomadaire, tout au long de la préparation des épreuves écrites du CAPES de documentation, de novembre 2002 à février 2003. Par coïncidence, c’est dans le même établissement que j’ai été appelée à exercer pour mon année de titularisation. La connaissance préalable des lieux et de l’équipe du CDI, acquise en première année d’IUFM, aurait pu faciliter mon intégration dans cette même équipe dès la rentrée scolaire 2003. Cependant, mon précédent statut d’étudiante stagiaire a plutôt ralenti le processus d’acquisition d’une véritable identité professionnelle vis-à-vis des élèves. L’an dernier, notamment, le tutoiement s’était instauré à mon égard de la part de certains élèves : cette relative familiarité, enrayée difficilement à la rentrée, se manifeste encore occasionnellement.  Des statuts professionnels variés cohabitent au sein de l’équipe du CDI : titulaires certifiés, personnel en réadaptation, maîtresse-auxiliaire, CES, emploi-jeune. Une telle juxtaposition de statuts suscite une hésitation autour du rôle et des compétences de chacun. Dès lors, il n’est pas rare, en début d’année, que des élèves s’adressent à moi pour du soutien scolaire : ils pensent avoir recours à une aide-éducatrice. Mon image de documentaliste va se forger lentement, mûrie par la pratique professionnelle et par les interventions face à la classe ou aux groupes d’élèves.  L’implication dans les projets et dans la gestion documentaire m’amène rapidement à m’interroger sur un thème essentiel dans ce CDI : l’accueil. En effet, tout est mis en œuvre pour rendre les ressources du CDI disponibles à l’ensemble de la communauté scolaire du lycée Marcel Cachin. Un effort particulier est réalisé pour accueillir les élèves dans les conditions les plus favorables. Et cette politique est efficace : en moyenne, 150 élèves franchissent chaque jour la porte du CDI, doté d’une capacité d’accueil simultané de 30 élèves, pour un lycée comptant 1010 élèves. Les statistiques de fréquentation attestent le rayonnement du CDI dans l’établissement – lecentre de documentation représente d’ailleurs le seul lieu d’accueil des élèves en dehors de la classe, le lycée ne possédant ni salle de permanence, ni foyer, ni cafétéria.  
 
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Parmi les motifs de fréquentation du CDI, Internet tient une place de premier choix. Les ressources numériques disponibles semblent illimitées aux yeux des élèves. Une charte informatique pondère la liberté d’accès au Web : elle n’empêche pas certains excès dans l’utilisation d’Internet. Il n’est pas toujours facile de poser des limites, mais en milieu scolaire il semble impératif de mettre tout en œuvre pour protéger les élèves. La présence d’Internet constitue donc à la fois un frein, un atout et un enjeu pour les activités pédagogiques et les missions du CDI. La volonté d’ouvrir celui-ci à la communauté scolaire, de favoriser l’accueil sous toutes ses formes, ne doit pas pour autant masquer cette question fondamentale : le CDI favorise-t-il les apprentissages scolaires et documentaires ?  Comment concilier le choix d’une politique d’accueil très développée au CDI, et l’exigence d’apprentissages documentaires, notamment liés à Internet ?   Pour tenter de répondre à cette problématique, j’analyserai dans un premier temps l’importance accordée à la notion d’accueil au CDI du lycée Marcel Cachin, avant d’évoquer les projets mis en place pour améliorer les apprentissages documentaires. Enfin, je dresserai le bilan de ces actions, dans l’optique de répondre à la question suivante : quelles perspectives pour le CDI de demain, dans cet établissement ?
 
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1. La notion d’accueil : une priorité pour le CDI   Cités dans la circulaire de mission des professeurs-documentalistes, l’accueil des élèves et l’ouverture du CDI prennent tout leur sens au lycée Marcel Cachin, où ils répondent à un réel besoin de la part des usagers. L’historique de ce CDI (considéré auparavant comme une « forteresse ») encourage depuis quelques années le développement d’une politique d’accueil et l’expression d’une convivialité qui n’exclut pas le travail studieux.  1.1. Les missions et le projet de service   En réponse aux directives ministérielles, les documentalistes du lycée Marcel Cachin, avec l’appui du chef d’établissement, ont orienté le projet du CDI dans le sens de la réduction des disparités sociales.   1.1.1. Les missions du documentaliste   Les textes officiels de référence définissent le CDI comme un lieu de réduction de la fracture sociale et scolaire, ainsi qu’un espace de liberté relative et d’autonomie pour l’élève. La circulaire de mission du 13 mars 1986 préconise ainsi – au second paragraphe – de «faire en sorte que le centre soit un lieu de rencontres et d’échanges que les élèves fréquentent volontiers, soit pour rechercher des informations nécessaires à leur travail, soitpour le plaisir de lire et de découvrir. Il conviendra donc de veiller à ce que le fonds documentaire soit suffisamment riche et diversifié pour répondre aux besoins et aux curiosités des élèves, contribuant ainsi àréduire les inégalités face au livre et, de façon générale,aux sources d’information. »  Le premier article de la loi d’orientation du 10 juillet 1989 rappelle à son tour que le service public d’éducation est « conçu et organisé en fonction des élèves et des étudiants.Il contribue à l’égalité des chances.» 1 Les documentalistes sont ainsi invités à définir une politique documentaire répondant aux besoins de chacun, et privilégiant l’accueil de tous les membres de la communauté scolaire.  1.1.2. L’orientation impulsée par l’établissement  La politique de l’établissement fait écho à cette exigence d’accueil et de soutien de tous les élèves. Dans cette optique, le proviseur accorde une importance particulière à la cohésion des projets pédagogiques. Il encourage également le développement d’actions en partenariat avec le CDI. Afin d’accorder aux documentalistes les moyens de mener une politique concertée avec les enseignants, un budget CDI conséquent – environ 6 000 € – est voté chaque année par le conseil d’administration, depuis 2001-2002.  La communication autour du rôle du CDI est assurée dans l’enceinte de l’établissement, dès la rentrée scolaire, en direction des nouveaux élèves. Lu et signé par tous les élèves en début d’année, le règlement intérieur du lycée précise le rôle du centre de documentation : « Un CDI est à la disposition des élèves. Ceux qui le désirent peuvent, pendant les heures d’ouverture, venir y travailler au calme. Un règlement intérieur y est affiché. » (année scolaire 2003-2004, article 2-2).                                                  1Je souligne en gras les passages essentiels.
 
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Sous couvert du chef d’établissement, les documentalistes réalisent le livret d’accueil du lycée, et y sont cités parmi les « personnes-ressources de l’établissement ». Ce livret contient en outre une page de présentation du CDI, indiquant les ressources disponibles et l’utilité du CDI. Il mentionne également « La charte informatique et Internet du CDI »2.  Les documentalistes assurent encore la veille documentaire du site Internet du lycée3, qu’ils ont réalisé sous la responsabilité du chef d’établissement. Ce site Web contribue à l’ouverture sur l’extérieur et améliore l’image de marque du lycée Marcel Cachin. Il annonce de façon actualisée tous les projets pédagogiques et événements marquants qui rythment la vie de l’établissement.  Par différents moyens, notamment une politique de communication très développée, l’équipe de direction, en partenariat avec les documentalistes, s’attache donc à promouvoir le rôle et l’intérêt du CDI, aux yeux de l’ensemble de la communauté éducative et scolaire. Compte tenu des attentes du public en termes d’espace de travail et de documentation, c’est un moyen d’enrayer les disparités sociales et scolaires.  1.1.3. Le projet de service du CDI  La notion d’accueil constitue un élément-clé de la politique documentaire menée dans l’établissement. Cela est dû en partie à l’historique du lieu, et à la personnalité des membres de l’équipe. Les documentalistes opèrent différents choix dans ce sens : l’amplitude d’ouverture est adaptée à l’emploi du temps des élèves, la politique d’acquisition tient compte des besoins formulés par le public, l’accès à Internet est pondéré par une charte…  Des expositions variées se succèdent au CDI. Elles présentent les productions des élèves à l’issue d’un projet pédagogique, ou bien s’attachent à suivre l’actualité pédagogique, culturelle et littéraire : Salon du Livre, Printemps des Poètes, Fête de la Science, Semaine de la Presse… pour ne citer que quelques évén ements incontournables. Entre octobre et décembre 2003, deux projets ambitieux ont été menés en partenariat avec la DAAC et le Centre de Promotion du Livre de Jeunesse de Montreuil : des ateliers d’écriture multimédia impliquant des élèves de lycée professionnel et une classe de première SMS. Les efforts fournis par les documentalistes autour de l’action culturelle et de la diffusion de l’information garantissent la convivialité du CDI et définissent son identité en tant que « lieu-ressource ».  Le projet de service du CDI, pour les années 2003 à 2005, correspond à la volonté d’accueil et d’ouverture prônée par les documentalistes. Outre la question de la citoyenneté, les deux principaux axes en sont l’accueil des élèves et des nouveaux enseignants, et la maîtrise de la langue et des nouvelles technologies. Deux thèmes qui s’inscrivent au cœur de cette double exigence : accueillir et former.  1.2. La politique d’accueil du CDI  Assurer conjointement l’accueil et la formation nécessite de poser une série de règles et de limites, pour la cohérence des actions éducatives et pédagogiques au CDI.                                                   2Présentée en annexe I. 3Disponible sur <www.ac-creteil.fr/lycmcachinst ouen/  ->
 
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1.2.1. Entre contraintes et liberté  L’importance des moyens humains et financiers facilite le développement d’une véritable politique d’accueil : le CDI est ouvert du lundi au vendredi, de 8h à 18h, sans interruption. Disposant d’une équipe solide, aux statuts professionnels variés - sept personnes, 140 heures –, le documentaliste responsable du CDI a porté l’accent sur l’accueil en continu et l’amplitude d’ouverture. Les récréations et la pause déjeuner constituent ainsi des hausses de fréquentation qui témoignent du rayonnement du centre de documentation.  La disponibilité du personnel – trois à quatre personnes présentes chaque jour au CDI – permet de répondre aux besoins des usagers, à tout moment, tout en assurant la gestion documentaire. Les séances pédagogiques qui se déroulent au CDI obligent parfois à limiter l’accès : l’espace de travail est malheureusement insuffisant pour accueillir parallèlement des élèves en autonomie.  Le règlement du CDI reprend les règles de comportement adoptées par le lycée. Cette charte invite au respect du travail des autres et à l’exercice de la citoyenneté, notamment par l’exigence d’une certaine correction. Le dépôt obligatoire des cartes de lycéen à l’entrée permet de dresser des statistiques de fréquentation pointues, tout en connaissant le nombre d’élèves présents simultanément au CDI. L’accès à l’espace de travail, de recherches et de loisir que constitue le CDI requiert l’acceptation des règles de fonctionnement fixées par les documentalistes.  1.2.2. La régulation de l’accès à Internet  Les élèves sont libres de consulter Internet avec l’accord des documentalistes. Cette démarche de demande d’autorisation préalable n’est pas toujours spontanée et fait l’objet d’un constant travail de rappel de la part de l’équipe du CDI. Huit postes informatiques sont à la disposition des usagers. Le travail de recherches et l’accueil d’une classe restent prioritaires sur l’accès loisir. On constate que les élèves acceptent volontiers de céder leur place à un camarade qui doit faire des recherches sur le Web ou utiliser le traitement de texte, s’ils surfent eux-mêmes sur des sites de loisir.  Depuis novembre 2003, la connexion Internet est automatiquement coupée pendant les récréations, afin de faciliter la gestion des flux, et d’éviter les dégradations volontaires qui se produisent lors de ces pics de fréquentation. Certains élèves n’acceptent pas cette contrainte, les récréations constituant parfois leur seule plage de liberté pour venir au CDI. Les documentalistes expliquent aux élèves leur choix par les raisons que j’ai indiquées. En outre se pose la question des apprentissages disciplinaires et documentaires qui ne peuvent s’opérer en l’espace de quelques minutes.  Concernant l’usage d’Internet en milieu scolaire, le Bulletin officiel n°9 du 26 février 2004 évoque un certain nombre de « mesures d’accompagnement adaptées, destinées à faciliter le travail des équipes pédagogiques, tout en prenant en compte les impératifs de sécurité et notamment la protection des mineurs. » Cette circulaire suggère d’appliquer « un contrôle a priori des informations consultées, en interdisant l’accès à un ensemble de sites reconnus comme inappropriés (sites au contenu pornographique, raciste, violent…) par l’intermédiaire de "listes noires" », ainsi qu’un « contrôle a posteriori, par examen de la liste des sites consultés. » du lycée Marcel Cachin appliquent ce doubleLes documentalistes dispositif de filtrage, en identifiant quotidiennement, dans l’historique des postes utilisés par
 
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les élèves, les sites inappropriés, tout en prenant en considération les recommandations ministérielles4. L’administrateur réseau est chargé d’interdire l’accès aux sites référencés.  La Charte Informatique et Internet autorise théoriquement la consultation des boîtes de messagerie, tandis que les sites de chat sont proscrits. Strictement appliquée l’an dernier, la règle de prohibition du chat n’est plus aussi rigide cette année. Les forums de discussion restent la cible privilégiée des élèves. Ils leur fournissent, certes par une voie peu orthodoxe, une motivation pour fréquenter le CDI. Est-il tout à fait judicieux de leur en interdire l’accès ?  1.2.3. Les dérives éventuelles  Outre le problème des sites de discussion en ligne, l’accès à Internet suscite différentes interrogations au sein de l’équipe des documentalistes. La charte Informatique et Internet manque de crédibilité, puisqu’elle n’est que partiellement appliquée. Dès lors, elle n’est plus mise en valeur dans le CDI et les documentalistes préfèrent rappeler oralement et individuellement aux élèves les règles et les objectifs de travail : cette démarche paraît plus efficace, même si elle nécessite de fréquentes interventions auprès des usagers.  En consultant les historiques de chaque poste, les documentalistes constatent le crédit accordé à certains sites qu’ils jugent totalement inappropriés au cadre scolaire, voire dangereux pour la sécurité des élèves. Les restrictions systématiques n’ont pas toujours suffi à les proscrire. Les élèves ne font pas preuve d’un esprit critique suffisant dans la sélection des sites Web consultés, et il paraît urgent de leur indiquer une grille de lecture et des critères de validation des sites Internet, au-delà des barrières posées par l’administrateur réseau.  J’ai parfois le sentiment d’être dépassée par la consommation du Net – quasiment boulimique pour certains usagers. Malgré l’existence d’un cahier de réservation, il paraît difficile d’interdire aux élèves de se connecter sur le Web alors que l’absence d’un enseignant leur confère une heure de « liberté », et qu’ils constatent que les postes informatiques sont libres. La frustration que provoquerait une rigidité extrême à cet égard risquerait plutôt de nuire à l’image du CDI, et surtout de détruire la relation de confiance entre le documentaliste et l’élève, instaurée par la politique d’accueil.  Interdire, réguler ou favoriser l’accès à Internet : la question fait donc l’objet d’un véritable débat. Il ne suffit pas de poser des limites, il faut encore pouvoir les appliquer pour les rendre crédibles. Mais ces limites doivent être pertinentes, mûries par un travail d’évaluation des mesures précédemment appliquées et des besoins des usagers. Il faudrait également mettre en place un accompagnement éducatif, afin de former l’usager, pour le rendre autonome, et développer ainsi son esprit critique.  Enfin, l’utilisation de l’outil informatique et d’Internet doit tenir compte d’une contrainte supplémentaire : les problèmes techniques. Nombre de séances pédagogiques ont dû être modifiées, voire ajournées, par suite d’une impossibilité momentanée de se connecter au réseau. En début d’année, lors des séances d’initiation et de découverte du CDI pour les classes de seconde, les enseignants et les élèves ont ainsi essuyé plusieurs échecs de
                                                 4Un exemple-type de liste noire du CDI du lycée Marcel Cachin est proposé en annexe II. La liste nationale de référence est disponible sur : <www.educnet.education.fr/aiedu/listenoire.htm>. Consulter également à ce sujet le site édité par le service d’information du gouvernement : <www.internet.gouv.fr>.  
 
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connexion Internet. La formation à l’utilisation du Web n’a pu être réalisée selon les conditions prévues et crée une frustration, chez les usagers et chez les documentalistes. 1.3. Les attentes multiples des usagers    Le lycée polyvalent Marcel Cachin accueille des élèves de filières générales, technologiques et professionnelles. Un Brevet de Technicien Supérieur ainsi que la préparation à différents concours paramédicaux complètent la carte de formations de l’établissement. Situé en ZEP, celui-ci s’adresse à un public diversifié. Dès lors, il n’est pas étonnant que le CDI soit dépositaire d’attentes multiples et variées.  1.3.1. Les attentes des adultes  La communauté scolaire adulte s’adresse régulièrement aux documentalistes afin de consulter Internet. Le personnel ATOSS souhaite un accès loisir, ou bien sollicite une aide pour des recherches concernant les concours et la formation continue – les fonctionnalités du Web n’étant pas systématiquement maîtrisées. Certains enseignants viennent au CDI pour des recherches documentaires professionnelles ou personnelles. Le travail de recherche peut se faire en collaboration avec le professeur-documentaliste.  1.3.2. Les attentes des jeunes  Le public scolaire concerné fréquente peu les cyber-cafés. De plus, chez eux, les élèves sont faiblement équipés en matériel informatique. L’accueil au CDI constitue donc un réel enjeu : les documentalistes ont à cœur de mettre à la disposition des élèves des outils et des médias auxquels ils n’ont pas accès à l’extérieur de l’établissement, tout en assurant un encadrement éducatif. Aussi l’exploration du Web et l’utilisation des ressources numériques requièrent-elles une vigilance et un suivi particulier de la part des documentalistes.  Il est difficile d’évaluer quantitativement l’utilisation d’Internet, le cahier de réservation n’étant pas un indicateur fiable. Les ordinateurs semblent occupés en permanence dans la journée, avec un « turn-over » important : les élèves changent de place au cours de la séance, partageant parfois le même poste informatique. Malgré la déconnexion automatique, les ordinateurs sont pris d’assaut au moment des récréations, obligeant les documentalistes à rappeler continuellement la règle aux élèves.  Dans ce contexte, les historiques des postes élèves nous donnent un aperçu des attentes vis-à-vis d’Internet : chat, messageries, jeux, recherche de stages, offres d’emploi, orientation, travail scolaire, sujets de concours et corrigés de devoirs, sites « loisir » (voitures, sport, télévision, people, chanson…). L’utilisation loisir du W eb semble privilégiée, au détriment des recherches documentaires en vue d’un travail scolaire. Internet est davantage perçu comme un élément de distraction, plutôt qu’une source d’informations.   En outre, il me paraît important de souligner la manifestation, chez certains élèves, d’un désir d’abîmer le matériel mis à disposition, qui témoigne sans doute d’une démotivation scolaire. Les dégradations volontaires sont variables et restent occasionnelles : modification du bureau ou de la barre des tâches, importation de fichiers et d’applications indésirables, vol de souris, fils débranchés, etc. Ce point crucial nécessite une attention constante et soutenue de la part des documentalistes et du personnel du CDI, d’autant plus que la moitié des écrans ne sont pas visibles de la banque de prêt et facilitent donc ce type de dégradations.
 
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