Le ministre de Wakefield

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f>l, Goldsmith publia Le Voyageur. a vu qu'il en avaitOn tracé le plan pendant son séjour en Suisse mais il l'avait ; beaucoup travaillé depuis. Ce nouvel ouvrage fut très-bien accueilli par le public, et il établit, comme poëte, la réputa- de Goldsmith, prosateur.tion qui était déjà faite comme Johnson disait du Voyageur, que c'était le meilleur poëme qui eût paru en Angleterre depuis la mort de Pope, duel- temps il réunit en un volume ses Essais, quique après, avaient aussi été insérés séparément dans divers Magasins, ou recueils périodiques. quiDe tous ses ouvrages, les Essais sont ceux ont éprouvé le plus de critiques. On leur a reproché de présenter la vie humaine sous et par là de jeter l'esprit duun aspect triste, enverslecteur dans l'abattement. Mais, pour être juste Goldsmith, il faut à l'époque de sa vie à laquellese reporter GOLDSMITH.SUR XVll Essais. C'était lorsque abandonné,il a composé ses sans mêmeamis, sans ressources, manquant du nécessaire, le sans plaisir, et l'avenir sans espérance.présent était pour lui accordé à direToutefois, on s'est généralement que, sous le rapport du style, ils sont un modèle d'élégance et de perfec- tion. Dans aucune production de ce genre, on ne pourrait rencontrer un plus grand nombre d'aperçus fins et neufs, des réflexions morales plus exactes et plus vraies, et des pré- ceptes plus justes, plus frappans, et exprimés d'une ma- nière à la fois plus énergique et plus imposante.

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f>l<i^LE MINISTRE
WAKEFIELD.ESSAI
ÉCRITSSUR LA VIE ET LES
GOLDSMITH.DE
le 29Goldsmith naquit à Elphin, en Irelande,Olivier
vénérable ecclésiastique de laNovembre 1728.* Son père,
de Kilkenny-West, dans le comté de Westmeath,paroisse
Jones, maîtreavait épousé Anne, fille du révérend Olivier
de l'école diocésaine d'Elphin. Il en eut sept enfans, deux
le second.filles et cinq garçons ; Olivier était
modique fortune de son père, ay-Une grande partie de la
qui de-ant été absorbée par l'éducation de son frère aîné,
Olivier, qui on ne pouvaitvait entrer dans les ordres ; à
voi-en donner semblable, fut envoyé dans une école duune
lire, à écrire, et les élémens de l'a-sinagepour apprendre ày
exercer la pro-rithmétique. C'était tout ce qu'il fallait pour
de marchand, à laquelle il était destiné.fession
par un ancien militaire,L'écoleoù il fut placé était dirigée
homme d'un caractère tout-à-fait romanesque, qui aimait à
entretenait ses écoliersraconter ses exploits guerriers, et qui
des récits merveilleux de ses voyages. Il trouva dans Oli-
un ces premi-vier auditeur attentif, et il est à présumer que
* Deux d'avoir vu naîtrevillages d'Irelande réclament l'honneur
Goldsmith
: Pallas, dans le comté de Longford, et Elphin, dans ce-
lui de Roscommon. Le premier est cité dans l'épitaphe que lui a
faite le docteur Johnson mais les recherches les plus récentes ont;
décidé la question en faveur d'Elphin.
M 9508ESSAIVI
impressionsne contribuèrentères pas peu à lui donner cette
tournure d'esprit originale et bizarre qui, en se développant
avec l'âge, influèrent si puissamment sur sa destinée; et
sa vie si aventureuse.rendirent
Son instituteur, tout borné qu'il était, découvrit les dis-
précoces du jeune Olivier il vitpositions ; bien qu'un pareil
disciple ne pouvait rester long-temps sous sa férule, et qu'il
était appelé à de plus hautes destinées. En effet, sous un
Olivier montrait quelquefoisextérieur grave, une gaîté folle,
mais toujours spirituelle. Sa santé, naturellement faible et
lui fit contracter une disposition beaucoup pluschancelante,
favorable aux ouvrages d'imagination qu'aux exercices du
corps, et, dès l'âge de huit ans, il composait des vers que ses
n'étaitcamarades trouvaient excellens, mais dont lui seul
point satisfait.
Ses parens, qui l'aimaient tendrement, s'appercevant du
peu de penchant et d'aptitude qu'il avait pour le négoce, se
décidèrent, avec l'appui de quelques amis généreux, à lui
donner une éducation plus conforme à ses goûts, et aux
dispositions qu'il montrait.
Le jeune Goldsmith fut donc placé dans un collège, et les
ses études, le mirent bientôt enprogrès qu'il fit dans état
d'être admis au nombre des répétiteurs. A quinze ans, il
de Dublin, dirigée alors par le révérendentra à l'université
maître Wilder, homme d'un caractère dur et violent, etpeu
par même, à se concilier la confiance et l'affec-propre, cela
et timide, mais en mêmetion d'un jeune homme simple
temps, étourdi, comme on l'est ordinairement à cet âge.GOLDSMITH. VilSUR
maître était fait pour gâter le meilleur naturel,Un pareil
que lentement dans laaussi le jeune Goldsmith n'avançait-il
carrière des sciences, et ne justifiait-il pas les espérances
années auparavant. Cepen-qu'il avait données quelques
dant, il n'y avait guère que cinq ans qu'il était à l'université,
lorsqu'il fiit reçu bachelier.
eut bientôt forméD'un caractère liant et facile, Goldsmith
âge,liaisons avec dé s personnes de sonungrand nombre de
qu'il les avait réuniesde l'un et de l'autre sexe. Un jour
bal ledans sa chambre, pour leur donner un souper et un ;
inopinément au milieu derecteur, averti sans doute, parut
il s'em-la fête. Irrité de cette infraction à la discipline,
Goldsmith, et, dans sa colère, ilporta violemment contre
présence de toutes'oublia jusqu'à lui donner des soufflets en
la société.
traitement humiliant ne pouvait qu'enflammerUn aussi
l'était celui de notreun caractère ardent et fier, comme
jeune bachelier aussi prit-il, des ce moment, la résolution;
quitter le collège. Ayant réuni ses livres, et le peu d'ef-de
et, en-fets qu'il avait, il s'échappa furtivement un soir
;
chanté de jouir d'une liberté toujours séduisante pour un
parcourir les' rues de laécolier, il passa plusieurs jours a
profonde.ville. Mais il se vit bientôt réduit à la misc're la plus
avait procuré la vente de sesLe peu d'argent que lui
livres, et de quelques-uns de ses vétemens, étant épuisé, la
sentir. Un soir, n'ayant pointfaim commença à se faire
mourant de besoin, au-mangé de toute lajournée, il tomba,
près d'une église une jeune fille, qui le vit dans cet état, lui
;Vlll ESSAI
donna une poignée de pois verts, qu'il mangea avec une
avidité extrême
: il avouait depuis que c'était un des repas
les plus succulens qu'il eût faits de sa vie.
Cependant, au bout de quelque temps, honteux de son
escapade, las de la vie qu'il menait, mais n'osant rentrer dans
la maison paternelle, il se décida à informer son frère de la
triste situation dans laquelle il se trouvait. Celui-ci le
fit habiller et ayant négocié sa; réconciliation avec le
recteur du collège, il l'y reconduisit. Entre deux carac-
tères aussi opposés, la paix ne pouvait pas être de longue
durée. Goldsmith n'avait point oublié les soufflets, et le
sévère recteur ne lui passait pas la plus petite faute. Dans
cette disposition des esprits, il aurait fallu, de la part du
jeune bachelier, un redoublement de zèle pour faire oublier
ses anciens torts : mais, au contraire, le dégoût s'était em-
paré de lui, et on le voyait souvent oisif, à la porte du col-
lège, pendant des journées entières.
A cette époque éclata parmi les étudians, une insurrec-
dont le but était de déliverer,tion à force ouverte, les mal-
faiteurs renfermés dans Newgate. Goldsmith s'y trouva
compromis mais un aveu sincère; de sa faute, joint au re-
pentir qu'il en témoigna, lui mérita son pardon, et l'exemp-
tion du châtiment qu'il avait mérité.
Il avait quitté depuis quelque temps l'université, lors-
qu'on lui proposa de se charger de l'éducation d'un jeune
homme issu d'une des familles les plus considérables de
l'Ecosse il
:, accepta cet emploi ; mais à peine une année
s'était-elle écoulée, que, las du métier de précepteur, et ay-