Cours ADD N2
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INTRODUCTION : Vous étiez plongeur N 1, les plongées se déroulaient dans la zone des 20 mètres c'est-à-dire une zone peu saturante ou il y a peu de risques liés à la décompression. Vous allez devenir N2 c'est-à-dire autonome dans la zone des 20 mètres et vous allez devoir gérer votre décompression et accéder encadré dans la zone des 40 mètres (zone saturante donc à risque). 3 cours vont vous familiariser avec les risques de la décompression et leur prévention. Aujourd’hui nous allons voir l’origine des accidents de décompression et la façon de les éviter. Historique : Respiration d’air sous pression : les premiers comptes rendus datent de 1755. Au cours du 19 ème siècle : construction de pont et mines de charbons : les ouvriers sont soumis à des pressions supérieures à la pression atmosphérique. Des machines envoient de l’air comprimé pour évacuer l’eau. Les ouvriers travaillent au sec en milieu hyperbare (2 à 4 atmosphères) pendant plusieurs heures par jour. Ils remontent sans précaution et sont parfois victimes d’un mal mystérieux : le mal des caissons : douleurs articulaires, congestions pulmonaires / hépatiques / cérébrales…. Les médecins de l’époque ne comprennent pas le phénomène. Ensuite vers le milieu du 19 ème commencent également le travail sous-marin avec également de nombreux accidents. Auguste Denayrouse préconise de limiter la profondeur à 35 m, de ne pas y séjourner plus de 2H30 par jour et de remonter très ...

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Langue Français

Exrait

INTRODUCTION :

Vous étiez plongeur N 1, les plongées se déroulaient dans la zone des 20 mètres c'est-à-dire
une zone peu saturante ou il y a peu de risques liés à la décompression.

Vous allez devenir N2 c'est-à-dire autonome dans la zone des 20 mètres et vous allez devoir
gérer votre décompression et accéder encadré dans la zone des 40 mètres (zone saturante donc
à risque).

3 cours vont vous familiariser avec les risques de la décompression et leur prévention.

Aujourd’hui nous allons voir l’origine des accidents de décompression et la façon de les
éviter.


Historique :



Respiration d’air sous pression : les premiers comptes rendus datent de 1755.
Au cours du 19 ème siècle : construction de pont et mines de charbons : les ouvriers sont
soumis à des pressions supérieures à la pression atmosphérique. Des machines envoient de
l’air comprimé pour évacuer l’eau. Les ouvriers travaillent au sec en milieu hyperbare (2 à 4
atmosphères) pendant plusieurs heures par jour. Ils remontent sans précaution et sont parfois
victimes d’un mal mystérieux : le mal des caissons : douleurs articulaires, congestions
pulmonaires / hépatiques / cérébrales…. Les médecins de l’époque ne comprennent pas le
phénomène.

Ensuite vers le milieu du 19 ème commencent également le travail sous-marin avec également
de nombreux accidents. Auguste Denayrouse préconise de limiter la profondeur à 35 m, de ne
pas y séjourner plus de 2H30 par jour et de remonter très lentement (1 m par min).

C’est ensuite Paul Bert qui met en évidence le rôle de l’azote et qui préconise également une
remontée très lente.

C’est ensuite Haldane (un anglais) qui propose en 1908 la première table de remontée avec
palier qui permet d’assurer un retour sans incident à la pression atmosphérique.
I Cause : Dissolution de l’azote dans les tissus :




.

En surface comme au fond l’oxygène est transporté des poumons jusqu’aux cellules par le
sang (circulation artérielle, rouge sur le schéma) jusqu’aux cellules (muscles…) ou il est
consommé et transformé en CO2. Le CO2 est également transporté par le sang (circulation
veineuse, bleu sur le schéma) jusqu’au poumons pour être évacué.

Les échanges se font toujours de la plus forte concentration vers la plus faible concentration.

En surface l’azote ne participe pas aux échanges. Par contre sous l’effet de la pression il se
dissout dans les tissus plus ou moins rapidement :

- Tissus ou l’azote se dissout rapidement : sang, graisses.
- Tissus ou l’azote se dissout lentement : muscles, os.

Plus la pression et le temps passé au fond sont importants et plus la quantité d’azote
dissoute est importante.

A la remontée l’azote dissous dans les tissus va reprendre sa forme gazeuse, être
transporté par le sang et évacuer par les poumons (la quantité d’azote dans l’air étant alors
moins importante que celle dissout dans le sang….).

II Mécanisme : cas d’une remontée trop rapide et / ou du non respect des paliers :

Si la remontée est trop rapide l’azote va reprendre sa forme gazeuse directement dans les
tissus ou le sang sans repasser par les poumons. Les bulles ainsi formées vont provoquer
un certains nombres de perturbations :



Cas particulier du Foramen Ovale Perméable (ou FOP)

Le FOP est une malformation cardiaque (1 personne sur 3 en est atteinte) qui peut mettre
en relation la circulation veineuse et artérielle. En cas d’effort important (gonflage gilet à
la bouche, remonter l’ancre….) Il peut se créer un passage entre le cœur droit et le cœur
gauche. Ainsi des bulles d’azote peuvent atteindre le cerveau y compris en cas de respect
des procédures de décompression.



III Les différents types d’accidents :

Les conséquences seront plus ou moins graves selon les régions atteintes :

A) Accidents de type I (bénins):

1) Accidents cutanés

Les bulles se forment dans les capillaires sous cutanés qui provoquent
- Des démangeaisons localisées ayant l’aspect de petites brûlures appelées aussi puces.
- Des boursouflures en plaques appelées aussi moutons.

En plongées loisirs ces accidents sont rares et surviennent surtout en vêtements secs.

2) Os, articulations, muscles : Bends (de l’anglais to bend : se courber): 28 %

Ces accidents font apparaître des douleurs aiguës et localisées (coup de poignard du
plongeur lors de la remontée sur le bateau). Le traitement hyperbare en caisson permet de
résoudre le problème. Dans le cas contraire les lésions peuvent devenir irréversibles.

Les accidents de type I peuvent annoncer des accidents plus graves de type II.



























B) Accidents de type II (graves):




En cas de manque d’oxygène au niveau du cerveau ou de la moelle épinière certaines
zones peuvent être endommagées et entraîner des troubles moteurs (50 %) :

- Monoplégie : paralysie d’un membre.
- Hémiplégie : paralysie d’un coté du corps (atteinte au niveau du cerveau).
- Tétraplégie ou quadriplégie : paralysie du tronc et des 4 membres : atteinte de la
moelle épinière au niveau des cervicales ou anoxie générale du cerveau.
- Paraplégie : paralysie des 2 jambes et du tronc : atteinte de la moelle épinière au
niveau des dorsales.
- Troubles de certaines fonctions : vue, parole si l’atteinte se situe au niveau du cerveau. - D’autres troubles peuvent apparaître dès la sortie de l’eau et évoluer différemment :
§ Fourmillement et sensation d’engourdissement d’un membre.
§ Difficulté ou incapacité d’uriner (voire incontinence).
§ Faiblesse générale.
§ Trouble de la sensibilité au toucher.
§ Fatigue générale.

- Atteinte de l’oreille interne : vertige, nausée, surdité. (22 %)

- Troubles respiratoires : des bulles peuvent se coincer au niveau de la circulation
artérielle pulmonaire entraînant des conséquences respiratoires :
§ Hypoxie généralisée.
§ Dégazage perturbé qui va favoriser la création de bulles dans la moelle
épinière.
§ Difficulté à respirer avec crachats sanglants. Ces symptômes
ressemblent à la surpression pulmonaire.

3) Délais d’apparition des symptômes :


Phase Délais d’apparition des %
symptômes
Rapide < 10 minutes 55 %
Moyenne 10 – 60 minutes 25 %
Lente 1 à 24 H 20 %


IV Conduite à tenir :

La qualité des actes prodigués et leur rapidité augmente grandement les chances de n’avoir
aucune séquelle : donc si vous vous ressentez l’un des symptômes ou si vous les détectez chez
l’un de vos camarades prévenir immédiatement le directeur de plongée ou à défaut un niveau
IV.

La procédure sera alors la suivante :

1) alerter les secours (à terre téléphone SAMU 15, en mer VHS canal 16 pour le
CROSS)

2) Oxygène pur 15 l/mn en inhalation sujet conscient ou insufflation sujet inconscient :
but : maintenir en vie les tissus lésés et accélérer l’élimination de l’azote.
Le sujet peut se sentir mieux mais il est impératif de poursuivre la procédure.

3) Corriger la déshydratation : faire boire de l’eau plate ou du jus de fruit (1 litre).
Proposer (sujet conscient) de l’aspirine (500 mg) sauf si allergique.

4) L’ensemble des paramètres de la plongée (temps, profondeur, incidents éventuels)
doivent être notés sur la feuille accidents qui suivra l’accidenté. Son profondimètre
doit également parvenir au médecin hyperbariste.
5) Re-compression dans un caisson hyperbar avec oxygénothérapie. Par mesure de
précaution l’ensemble de la palanquée suivra.

Rôle des Niveaux 2 : facilité l’intervention des N4 et N5 :
Ranger le pont du bateau, se tenir prêt pour assister les secouristes.

Reprise de la plongée après un ADD :
Suite à un ADD et même sans séquelles il peut y avoir :
Une contre indication définitive.
Une contre indication relative (interdiction de plonger profond).
Une contre indication temporaire.

C’est le président de la commission médicale fédérale régionale qui vise le certificat de non
contre indication.

V Prévenir les risques d’ADD :

1) Avant la plongée :

- Bien boire pour ne pas être déshydraté.
- Etre dans une condition physique correcte : pas de médicament, éviter de fumer (viscosité du
sang), l’age et l’embonpoint doivent inciter à la prudence.
- Ne pas être trop fatigué (cas d’un long voyage en avion ou excès d’alcool la veille par
exemple).
- Ne pas plonger si l’on n’en a pas envie.

2) Durant la plongée :

- Adopter une vitesse de remontée lente (10 mn/mn) et ce d’autant plus que l’on se rapproche
de la surface.
- Effectuer les paliers dans de bonnes conditions : profondeur, temps mais aussi ventilation
normale. D’où à 50 bar (voire 70 dans le cas de plongée profonde) on remonte pour avoir le
temps d’effectuer les paliers.
- Eviter les plongées avec paliers, si vous n’en avez pas à faire, faites en un de principe entre 3
et 6 m de 3 à 5 mn.
- Si vous plongez à l’ordinateur majorer de 3 à 5 mn le pallier donné à 3 mètres.
- Froid : vasoconstriction périphérique donc vaisseaux plus petits et risques accrus :
augmenter le temps de palier.
- Effort essoufflement : taux de CO2 dans le sang plus important = terrain favorable à la
création de bulles.