Notes d'épigraphie chrétienne - article ; n°1 ; vol.107, pg 601-618

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Bulletin de correspondance hellénique - Année 1983 - Volume 107 - Numéro 1 - Pages 601-618
Ces quatre chapitres font suite aux quinze Notes parues en cinq séries, dans le BCH, depuis 1976. Les 3 premiers sont consacrés à des inscriptions grecques d'Occident (de Salone, de Syracuse et de Ravenne) dont l'interprétation n'est possible qu'au prix d'enquêtes lointaines dans le monde grec oriental. L'onomastique permet de fixer l'origine exacte de deux personnages, l'un natif de Damas, l'autre Libyen, et la toponymie celle d'un homme enterré à Ravenne. La restitution d'une dédicace également ravennate est l'occasion d'étudier un terme du vocabulaire de la parenté. Le chapitre XIX complète, par des exemples de Sparte et Hermionè, nos études sur le formulaire des adjurations et des malédictions funéraires.
Τά τέσσερα αυτά κεφάλαια αποτελούν συνέχεια των δεκαπέντε Σημειώσεων πού δημοσιεύτηκαν στό BCH άπό τό 1976 σέ πέντε συνέχειες. Οι τρεις πρώτες είναι αφιερωμένες σέ ελληνικές επιγραφές τής Δύσης (Σάλων, Συρακούσες καί Ραβέννα) : ή ερμηνεία δέν είναι δυνατή χωρίς νά ερευνηθεί ό μακρινός κόσμος τής 'Ανατολής. Τά ονόματα μας επιτρέπουν νά καθορίσουμε μέ ακρίβεια τήν προέλευση δύο προσώπων * 6 ένας κατάγεται άπό τή Δαμασκό, ο άλλος άπό τή Λιβύη. 'Από τήν τοπωνυμία καθορίζεται ή καταγωγή ενός τρίτου πού θάφτηκε στή Ραβέννα. Ή αποκατάσταση μιας αναθηματικής επιγραφής, κι αυτής άπό τή Ραβέννα, μας δίνει τήν ευκαιρία νά μελετήσουμε έναν δρο του λεξιλογίου τών βαθμών συγγενείας. Τό κεφάλαιο XIX συμπληρώνει, μέ παραδείγματα άπό τή Σπάρτη καί τήν Ερμιόνη, τίς μελέτες μας σχετικά μέ τή διατύπωση επιτύμβιων επιγραφών μέ εξορκισμούς καί κατάρες.
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1983
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Langue Français
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Denis Feissel
Notes d'épigraphie chrétienne
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 107, livraison 1, 1983. pp. 601-618.
Résumé
Ces quatre chapitres font suite aux quinze Notes parues en cinq séries, dans le BCH, depuis 1976. Les 3 premiers sont
consacrés à des inscriptions grecques d'Occident (de Salone, de Syracuse et de Ravenne) dont l'interprétation n'est possible
qu'au prix d'enquêtes lointaines dans le monde grec oriental. L'onomastique permet de fixer l'origine exacte de deux
personnages, l'un natif de Damas, l'autre Libyen, et la toponymie celle d'un homme enterré à Ravenne. La restitution d'une
dédicace également ravennate est l'occasion d'étudier un terme du vocabulaire de la parenté. Le chapitre XIX complète, par des
exemples de Sparte et Hermionè, nos études sur le formulaire des adjurations et des malédictions funéraires.
περίληψη
Τά τέσσερα ατά κεφάλαια ποτελον συνέχεια τν δεκαπέντε Σημειώσεων πού δημοσιεύτηκαν στό BCH πό τό 1976 σέ πέντε
συνέχειες. Ο τρες πρτες εναι φιερωμένες σέ λληνικές πιγραφές τς Δύσης (Σάλων, Συρακοσες καί Ραβέννα) : ρμηνεία δέν εναι
δυνατή χωρίς νά ρευνηθεί μακρινός κόσμος τς νατολς. Τά νόματα μς πιτρέπουν νά καθορίσουμε μέ κρίβεια τήν προέλευση δύο
προσώπων · νας κατάγεται πό τή Δαμασκό, λλος πό τή Λιβύη. πό τήν τοπωνυμία καθορίζεται καταγωγή νός τρίτου πού
θάφτηκε στή Ραβέννα. ποκατάσταση μις ναθηματικς πιγραφής, κι ατς πό τή Ραβέννα, μς δίνει τήν εκαιρία νά μελετήσουμε ναν ρο
το λεξιλογίου τν βαθμών συγγενείας. Τό κεφάλαιο XIX συμπληρώνει, μέ παραδείγματα πό τή Σπάρτη καί τήν ρμιόνη, τίς μελέτες
μας σχετικά μέ τή διατύπωση πιτύμβιων πιγραφών μέ ξορκισμούς καί κατάρες.
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Feissel Denis. Notes d'épigraphie chrétienne. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 107, livraison 1, 1983. pp. 601-
618.
doi : 10.3406/bch.1983.1899
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1983_num_107_1_1899NOTES D'ÉPIGRAPHIE CHRÉTIENNE (VI)
XVI. Un phénicien à Salone
L'attachante étude de la diaspora des Orientaux en Occident, au Bas-Empire,
repose essentiellement sur la documentation épigraphique. Or ces brèves inscriptions
funéraires, dont je prépare un recueil mis à jour1, continuent de poser à l'interprète de
multiples questions, particulièrement d'onomastique et de toponymie2. Si la plupart
des documents proviennent de Rome et d'Italie du Nord, la Dalmatie vient immé
diatement ensuite avec l'abondante série des épitaphes de Salone. Il faudra revenir
ailleurs sur plusieurs mentions de villages non identifiés3. Qu'il suffise ici d'énumérer
les quelques Syriens connus à Salone avec le nom de leur cité. L'un venait de la
lointaine Nisibe4, un autre d'Apsona, village d'Antiochène5, tandis que la plupart,
six sauf omission, étaient originaires de villages d'Apamène6 : κώμ(ης) Αιους7, κώμ(ης)
Α[.]σα8, κώμης Γ[ ]9, κώ(μης) Κ[α]προνανέων10, κώμης Μαγ[. . . ]χ[. . . ]πιατωνη,
Φασέων12.
(1) Voir provisoirement Carl Wessel, Inscr. gr. chr. veteres Occidentis (1936), nos 39 à 81 pour des Syriens.
Abrégé plus bas : Wessel.
(2) Cf. D. Feissel, « Remarques de toponymie syrienne », dans Syria (1982), en particulier chap. IV, 2
et 3 où toponymie et anthroponymie se prêtent, comme ici, mutuellement appui. Voir également mes notes
sur des Syriens de Concordia, Aquileia nostra, 51 (1980), col. 329-344, et de Rome Riv. arch, cr., 58 (1982).
(3) Entre autres, R. Egger, Forschungen in Salona II (1926), nos 175, 196 (Wessel, n° 97) et 252.
Abrégé plus bas : Egger (1926).
(4) Egger (1926), n° 73 (Wessel, n° 74). Noter le vocalisme Νεσι.βη[νό]ς, comme déjà à Athènes au
Ier s. p. C. Νεσειβηνήι (cf. L. Robert, Hellenica II, p. 79-81). A Rome au contraire on lit Νισιβανός (ICUR IV,
12198), en latin Nisibenus {ICUR V, 13470).
(5) CIL III, 14894 (Wessel, n° 49). E. Honigmann, RE, s.v. Syria (1931), col. 1555, identifie cette
kômè avec Afboniâ attestée en syriaque et rapproche le nom byzantin de la vallée de l'Afrin, ή Αύσονΐτις.
(6) J. et J. Ch. Balty, dans La géogr. adm. et polit. d'Alexandre à Mahomet (1981), tableau p. 57-59, ne
citent que les villages Α[.]σα, Κ[α]προνανέων et 'Ρασέων.
(7) Egger (1926), p. 101, n» 224 (Wessel, n° 53).
(8) CIL III, 9522 (Wessel, n° 55).
(9) CIL III, 9505, en note.
(10) Egger (1926), n° 217. Sur cette kômè, cf. Syria, 59 (1982), à paraître.
(11)p. 82, n° 107 (Wessel, n» 59).
(12) CIL III 2659, en note (Wessel, n° 62). 602 DENIS FEISSEL [BCH 107
Fig. 1. — Épitaphe de Palladios, fils de Beliabos (Salone, 400 p. C).
C'est dans cet ensemble que s'insère l'épitaphe d'un Syrien de Phénicie, datée
de 400 p. G., ou peut-être 405, d'après le consulat de Stilichon. Je m'efforcerai d'en
préciser le nom, le patronyme et l'ethnique. Cette inscription, conservée au musée
de Split13, a été publiée plusieurs fois avec de sensibles variantes. Découverte par
F. Bulic, parue en 1893 dans le Bullettino di archeologia e storia dalmata1*, elle fut
rééditée l'année suivante par W. Kubitschek15. Dans une note en italien intitulée
« Palladio Damasceno », le savant de Vienne donnait de l'épitaphe, avec un bref
commentaire, un texte restitué sous la forme suivante :
Αύρ (ήλιος) Πα(λλ)άδιος υίδς Βεναβου Δαμα[σκηνος
Φοινίκης ένθα κΐτε ζήσας ετη με' πισ[τεύ-
* έπαύσατο [δε ων εν Χριστώ έν ειρήνη
προ δεκατεσσάρων καλανδών Μαρ[τί-
ων υπατία Στιλιχώνος λαμπροτάτ[ου.
Ses remarques portaient toutes sur la première ligne, avec une notice sur Damas
et, surtout, sur les noms de personnes : Kubitschek reconnaissait Palladios, d'abord
mal lu Pamadios. La révision de la pierre confirme ce nom16, qui n'est pas rare en
Syrie sans être du tout propre à cette province. Le même savant ajoutait : « Le nom
du père est Βεναβου, nom sémitique, c'est-à-dire ben (fils) + abu (père) », et comparait
le Barabbas des Évangiles. Avant de revenir à ce patronyme, objet principal de notre
étude, il faut citer pour mémoire les éditions suivantes, dans l'ensemble inférieures
à celle de Kubitschek.
Le Corpus de Berlin (CIL) publia tout d'abord, d'après un estampage envoyé
par Bulic, un texte assez fautif17 : Αύρ. Παμάδιος υίος Βεναβουδάμα[ς ?] Φοινίκης κτλ. Mais
(13) J'en ai pris en 1980 une rapide copie. C'est à l'amabilité de M. Emilio Marin que j'en dois la photo
graphie, à partir de laquelle j'ai exécuté le calque de la flg. 1.
(14) F. BuLié, Bull, daim., 16 (1893), p. 161, n° 105 : Αύρ(έλιος) Παμάδιος υΐός Βεναβουδάμα, Φοινίκης
κτλ. Id., Inscriptions quae in C. R. Museo arch. Salonitano Spalati asservantur (1886-1894), p. 598, n° 1958.
Cette dernière édition est proche de celle de Kubitschek, Bulic lisant : Παλλάδας υίος Βεναβου Δαμά[σκου].
(15) W. Kubitschek, Bull, daim., 17 (1894), p. 68-69.
(16) II ne s'agit pas d'une correction : s'il est vrai que le lapicide a maladroitement accolé les deux lambdas,
le résultat ne peut être confondu avec les M très incurvés de la même inscription.
(17) CIL III, Suppl. 2 (1902), p. 2157, n° 13123, en majuscules avec la transcription citée. notes d'épigraphie chrétienne (vi) 603 1983]
les éditeurs ne tardèrent pas, dans un correctif, à adopter les lectures de Kubitschek18.
Enfin Garl Wessel, dont l'édition repose sur le CIL, préféra reléguer en note l'ethnique
restitué par Kubitschek et chercher à la fin de la première ligne une interprétation
onomastique19. Rejetant aussi en note le nom monstrueux Βεναβουδάμ qui serait suivi
de ά[πο] Φοινίκης, Wessel finit par adopter la lecture suivante : Αύρ. Πα(λλ)άδιος, υιός
Βεναβοΰ Δαμα, (ά)[πο] Φοινίκης ... Le nom Δαμας, en effet bien attesté, ne serait-il pas
celui du grand-père? Restait l'hapax Βεναβοΰ, que l'éditeur a cru expliquer ainsi :
hésitant entre Παλλάδιος υίός Άβου, et Παλλάδιος βεν Άβοΰ, le lapicide aurait par
erreur écrit : υίός βεν Άβου.
Ces conjectures laborieuses tombent devant une simple constatation, que les
éditeurs du CIL avaient déjà faite, sans pourtant retenir la bonne lecture : la pierre
ne porte par BENABOT mais, sans aucune confusion possible, ΒΕΛΙΑΒΟΥ. La persis
tance de l'erreur est d'autant plus surprenante que le nom *Bεvαβoςest sans exemple,
tandis que Βελιαβος est, depuis longtemps, bien attesté. Ce n'est cependant pas un de
ces noms sémitiques banals, susceptibles de se rencontrer dans toute la Syrie. L'invent
aire suivant montrera, au contraire, assez précisément de quelle région devait être
originaire Beliabos, père de Palladios.
Ce nom composé, dont le sens est « Ba'al » ou peut-être « Bel a donné », paraît
faiblement représenté dans l'épigraphie sémitique20. En revanche les documents grecs
et latins n'en produisent pas moins de seize exemples, sous les variantes Βαλιαβος,
Βεελιαβος, Βελιαβος, Βηλιαβος, en latin Beliabus, Belihabus ou Beliabo. Il ne nous
appartient pas, n'étant pas sémitisant, de nous étendre sur l'étymologie de ce nom
théophore. Ses multiples variantes appellent cependant, pour justifier le fait de les
traiter ensemble, un essai de classement. La forme la plus anciennement connue est,
on va le voir, Βαλιαβος, qui me paraît être une simplifiée de *Βααλιαβος, composé
sur le nom du dieu phénicien Ba'al. La graphie la plus fréquente, Βεελιαβος, est aussi,
avec le vocalisme Be'el propre à l'araméen, la transcription grecque attendue, avec
deux E, d'un B'LYHB. Deux variantes grecques sont d'interprétation ambiguë : si
Βελιαβος est vraisemblablement issu de Βεελιαβος comme Βαλιαβος d'un *Βααλιαβος21, il
n'est pas certain que la forme Βηλιαβος dérive de la même origine. Le vocalisme est en
effet celui du théonyme babylonien Bel, dont on sait la place éminente dans le pan
théon et l'onomastique de Palmyre22.
Quant aux formes latines Beliabus. Belihabus ou Beliabo, elles paraissent auto
riser l'une ou l'autre étymologie. Aussi bien n'est-ce pas l'origine ultime du nom dans
(18) Ibid., Auctarium, p. 2263. Cette notice corrige sur quelques points l'édition de Kubitschek : à la
ligne 1 Βεναβοΰ « scriptum ΒΕΛΙΑΒΟΥ » ; Δαμα[σκ(ηνός)] abrégé par souci de ne restituer nulle part plus de
deux lettres ; aux lignes 3-4 έπαύσατο [τγ]] πρό δέκα τεσσάρων καλανδών Μαρτ[ί]ων. Ce [τγ)1 est meilleur
que le [δέ] de Κ., d'autant plus qu'il faut, comme l'a fait Wessel, ponctuer avant έν εΙρήνη έπαύσατο.
(19) Wessel, n° 67 : « num Δαμα[σ(κηνός)] | (της) Φ. ? ».
(20) J. Κ. Stark, Personal Names in Palmyrene Inscriptions (1971), p. 10, ne cite qu'un exemple de
BLYHB. Selon l'auteur, qui compare (p. 76) les théophores NSRYHB et ëMSYHB à Hatra, le verbe YHB
est moins fréquent dans l'onomastique que ZBD et d'autres synonymes. A. Caquot, Syria, 39 (1962), p. 245
note 6, relève à Doura, à côté de Belihabus (infra, note 41) aussi Ναβουιααβος et Σεμσιαβος.
(21) Les variantes du vocalisme sont analogues pour un nom sémitique que j'étudierai ailleurs :
Ναασταβος, Νεσταβος, mais aussi avec H, Νηησταοος.
(22) Cf. note 20. Βηλιαβος pourrait fournir la vocalisation du BLYHB attesté à Palmyre. 604 DENIS FEISSEL [BCH 107
tel ou tel rameau de la famille sémitique qui importe ici mais, durant les cinq siècles
couverts par les témoignages épigraphiques grecs et latins, l'origine des hommes qui
portent ce nom. Le classement des exemples ci-dessous sera donc avant tout géo
graphique. En tête vient une inscription d'Egypte à la basse époque ptolémaïque
(n° 1). Suivent les documents syriens, la plupart du 11e et du 111e s. de notre ère (nos 2-
14) ; enfin deux inscriptions latines d'Occident (nos 15-16).
1. Le plus ancien témoin du nom, sous la forme Βαλιαβος, est une inscription
d'Hermoupolis Magna, précisément datée en 78 a. C. Un 'Απολλώνιος Βαλιάβου fait
partie d'une liste de plus de deux cents fidèles d'Apollon, pour la plupart des Apollo-
niates en garnison à Hermoupolis, παρ[ε]φεδρεύοντες εν Έρμου πόλει ξένοι Άπολλω[νιαται].
Dans sa publication approfondie23, Friedrich Zucker a décelé la présence parmi eux
d'un certain nombre d'Iduméens et donné des raisons d'identifier cette Apollonia à
celle de Palestine entre Césarée et Joppè. Le nom Baliabos n'a, lui, rien de part
iculièrement édomite. L'éditeur, dans son commentaire, en a cité divers exemples et
ainsi résumé la distribution géographique : « Ce nom fréquent apparaît en Syrie du
Nord, dans la région de Damas, dans le Liban et l'Antiliban, dans le Hauran24».
La suite permettra de préciser cette répartition, de densité fort inégale. Nous commenc
erons par la région de Damas, où les exemples sont le plus nombreux.
2. Près de Qal'at Djendal, sur le versant oriental du mont Hermon à environ
30 km à l'Ouest de Damas, un Μεννέας Βεελιάβου του Βεελιάβου fait une dédicace à la
déesse Leukothéa de Ségeira25. Cette inscription datant du règne de Trajan, les deux
Beeliabos, père et grand-père du dédicant, ont dû naître dans la seconde moitié du
Ier s.
(23) F. Zucker, Abh. Berlin (1937), VI (63 p.) : Doppelinschrift spàtptolemaischer Zeil aus der Garnison
von Hermopolis Magna {Sammelbuch 8066). Je remercie M. O. Masson d'avoir appelé mon attention sur cette
importante étude. Voir aussi le fragment supplémentaire publié par Zucker, Aeggptus (1938), p. 279-284
[Bull. ép. [1938], 550 ; 1952, 181 a).
(24) Op. cit., p. 59 (l'appendice III, p. 57-62, est consacré aux noms sémitiques de la même liste). Aucun
Beeliabos n'est en réalité connu dans le Hauran (cf. note 25).
(25) Après d'autres, Ch. Fossey, BCH, 19 (1895), p. 303-306 [OGJ II, 611. IGR III, 1075). La fausse
attribution au Hauran (encore dans OGI) ne repose que sur une indication anonyme communiquée à Clermont-
Ganneau par Mgr David, archevêque de Damas (cf. Ch. Clermont-Ganneau, Études dOrch. orientale II
[1896], p. 62). Le savant orientaliste a rapproché ce Beeliabos de ceux de l'Hermon et de Ham, pour conclure
(ibid., p. 77 note 1) : « Tout cela nous éloigne sensiblement du Hauran ». Achetée à Damas en 1907, la pierre
est au musée de Bruxelles : F. Cumont, Catalogue des musées royaux du cinquantenaire (1913), p. 166-168,
n° 141, avec photographie. Le toponyme Ségeira a été jadis identifié à l'actuel Rakhlé, hypothèse que
R. Dussaud, Topographie historique de la Syrie (1927), p. 394, jugeait encore probable. Il faut rappeler qu'elle
avait été exclue de façon décisive par L. Jalabert, Mélanges de la faculté orientale, Université Saint-Joseph
(en abrégé MUSJ), 2 (1907), p. 274-278, éditant une dédicace à la déesse Leukothéa de Rakhlé, Θεα(ς) Λε(υ)κο-
θέα[ς] 'Ραχλας. Cette lecture ne me paraît pas démentie par la copie de Puchstein publiée par R. Mouterde,
MUSJ, 36 (1959), pi. XII : « Χάας nicht Ραχλας ». Qu'il faille transcrire 'Ραχλας ou Ταχ(λ)δς, cette dédicace
atteste en l'an 379, soit 268/269 p. C, le nom qui a survécu jusqu'à nos jours. On sait qu'en 518, au synode
de Tyr, figurait l'évêque Élie de Rakhlé, επίσκοπος της 'Ραχληνών ou επίσκοπος της Ζηνοπολιτών
(Ε. Schwartz, Ada concil. oecum. Ill [1940], p. 85, 2 ; 85, 35 ; 89, 22). Rakhlé avait donc pris alors le nom
de Zènopolis ou plutôt, comme préfère Schwartz, de Zènonopolis. Quant au nom de Ségeira, ce pourrait être
celui de Qal'at Djendal mais, avec L. Jalabert, op. cit., p. 277, « la question doit être laissée prudemment
indécise ». notes d'épigraphie chrétienne (vi) 605 1983]
3. D'autres Beeliabos sont connus à Rakhlé, important sanctuaire de l'Hermon,
situé quelque 10 km au Nord du précédent. Une dédicace offerte encore à la déesse
Leukothéa nomme, entre autres administrateurs du temple26 : Άματέου Βεελίβου, ou
plutôt Βεελι(ά)βου, [Άεια]νους Βεελιάβου, Βεελιάβου Άειανου[ς]. On peut se demander s'il
ne s'agit pas là d'un seul Beeliabos, fils d'Aianès27, et de ses fils, Amatéos et Aianès.
Cette inscription sans date a été, à tort, attribuée au ive s.28. Pour la chronologie des
inscriptions suivantes, il faut rappeler que l'ère en usage à Rakhlé, ainsi qu'à Deir el
Asaïr et à Kefr Qouq, était celle de Sidon, commençant en 111/110 a. C, tandis que
le village de Qal'at Djendal mentionné plus haut utilisait, comme la Damascene en
général, l'ère des Séleucides29.
4. A Rakhlé également, en Xandikos 394, soit juin 284 p. C, le magistrat épo-
nyme était un Άβιδαανου Βεελιάβου30.
5. A 5 km au Nord de Rakhlé, à Deir al Asaïr, un Βεελιάβου του και Διοδότου
'Αβεδάνου offre, avec son signum grec, l'exact équivalent du théophore sémitique, Zeus
étant ici V inter pretalio graeca de Be'el31. Ce Beeliabos était grand-prêtre des dieux
de Kibôreia, peut-être le nom antique de Deir el Asaïr, en l'an 242 de Sidon, soit
132 p. C. On a vu ci-dessus qu'au sanctuaire le plus proche, celui de Rakhlé, l'éponyme
de Fan 394 était un Abidaanès fils de Beeliabos. Malgré l'écart d'un siècle et demi qui
sépare les deux inscriptions, on peut se demander si les noms Abidaanès/Abédanès32 et
(26) D'après la copie de Puchstein, R. Mouterde, MUSJ, 36 (1959), p. 81-82, n° 18 (SEG, 18, 613).
(27) II est aussi possible que Amatéos et Aianès soient fils d'un Beeliabos I, et Aianès père d'un
Beeliabos II. Un autre Aianès, fils de Aninos, est connu à Rakhlé en l'an 268, soit 157-158 p. C. (fac-similé
Puchstein, MUSJ, 36 [1959], pi. XI).
(28) Des raisons de formulaire ont fait attribuer cette liste de dioikètai à la même époque qu'une autre
liste, à tort datée de 360 p. C. (Mouterde, op. cit., p. 79-80, n° 17, fac-similé de Puchstein pi. XII). Or la date
op' aussi bien que οφ'. L'éditeur a repoussé la lecture « 170, ce qui, d'après de cette dernière peut se lire Ιτους
l'ère de Sidon, 111/110 av. J.-C, reporterait à 60 de l'ère chrétienne, date évidemment trop haute. L'an 470,
Lôos, ère de Sidon, répond à 360 ap. J.-C, date à laquelle le paganisme se maintenait encore en Syrie. » Mais
οφ' est 570, et non 470, et la date de 460 p. C. est évidemment trop basse, tandis que rien n'empêche, quelle
que soit la date des temples de Rakhlé, que le culte de la déesse y soit attesté dès le Ier siècle.
(29) La distinction entre ces deux ères dans la région de l'Hermon, déjà proposée par A. H. M. Jones,
a été clairement établie par A. Alt, Zeils. des d. Palâslina-Vereins, 62 (1939), p. 209-220 : « Die Zeitrechnung
der Tempelinschriften des Hermongebiets ». La frontière attestée au Bas-Empire entre les provinces de Phénicie
libanaise, dont faisait partie Damas, et de Phénicie côtière, à laquelle appartenait Rakhlé, pourrait remonter
à un règlement territorial intervenu sous Tibère entre Sidon et Damas (ibid., p. 217). En marge de l'excellente
étude de Alt, précisons que l'inscription de Rakhlé de l'an 268 (non identifiée par Alt, p. 210, note 1) avait été
copiée notamment par R. E.Brunnow, Die Provincia Arabia II (1905), p. 248, et par Puchstein (supra, note 27).
Il n'y a plus d'autre part à s'interroger sur la proximité des évêchés de Rakhlé et de Barkousa identifié à Burqus :
A. Alt lui-même a montré plus tard, Festschrift Ο. Eissfeldt (1947), p. 1-7, que était en fait BurqêSa,
à mi-chemin de Damas et d'Ëmèse.
(30) Waddington, 2557 c (mauvaise copie). Ch· Fossey, BCH, 21 (1897), p. 64, n° 75. Brunnow et
Domaszewski, Die Provincia Arabia II (1905), p. 247. D'après la copie du P. Bourquenoud, entre 1860 et
1865, L. Jalabert, MUSJ, 2 (1907), p. 272, n° 66 ; d'après celle de Puchstein, MUSJ, 36 (1959), pi. XII.
(31) La meilleure édition, encore d'après une copie du P. Bourquenoud, est celle de L. Jalabert, op. cit.,
p. 278-280, n° 70, avec la bibliographie. Le toponyme a été lu Κιβωρείας par Puchstein (cf. MUSJ, 36 [1959],
pi. XI).
(32) L. Jalabert considère le nom Abédanès comme nouveau. Je crois qu'il s'agit d'une autre graphie
du nom Abidaanès, attesté dans deux inscriptions de Rakhlé, BCH, 21 [1897], p. 64, n° 75 : Αβιδαανου ; 606 DENIS FEISSEL [BCH 107
Ο notes d'épigraphie chrétienne (vi) 607 1983]
Beeliabos n'alternaient pas, de génération en génération, dans une même famille de
notables locaux.
6. Au temple de Kafr Qouq, à 7 ou 8 km à l'Ouest de Rakhlé, on a relevé l'ex-voto
d'un Beliabos au ive siècle de l'ère de Sidon, soit après 190 p. G.33 : έτους [. .]τ' Βελίαβος
Σ[υ]χώμου εύ[ξ]άμενος έπόησεν.
7. Le temple de Hammàra se trouve à environ 17 km au Nord-Ouest de Rakhlé.
Dans une liste d'épimélètes figure encore un Βεελίαβος, après 212 p. G. comme l'indique
le gentilice Aurèlios qu'ils portent tous34.
8. Encore plus au Nord, au templs de Hosn Nîha dans la Beqà\ une liste d'épi
mélètes en latin mentionne aussi un Beliabus35.
9. Dans l'Antiliban, à quelque 12 km au Sud de Baalbek se trouvait l'antique
κώμη Χάμωνος, aujourd'hui Ham. Dans une dédicace latino-grecque datée de 172-
173 p. G., on remarque un Βηλίαβος Σαφοφας36.
10. Au même groupe d'inscriptions de Phénicie se rattache une dédicace de
provenance incertaine, conservée au musée de Damas (n° 243) 37. Βεελλίαβος (sic) et son
frère Σαμαΐος offrent un autel au dieu Ελασεχνα. A. Alt a d'abord traduit ce théonyme
araméen comme « le dieu de la demeure ». Il faut au moins mentionner une conjecture
ingénieuse due au P. Mouterde : Elasechna pourrait être le « dieu de Sahnâya », nom
d'un village situé à 10 km environ au Sud de Damas. Dans ces parages, le nom Bee
liabos n'aurait rien de surprenant.
11. Toujours dans la province de Phénicie mais plus au Nord, à Sadad entre
Damas et Émèse, un Markos Aurèlios a gardé son nom indigène Βεελιαβος Μολιμου38.
12. Au Nord-Ouest de la même province, à Halat près d'Arados, on relève au
Ier ou IIe s. un Ζαβδαι Βεελιαβου39. Après ces onze inscriptions de Phénicie, le reste de
la Syrie n'apportera au dossier que deux personnages supplémentaires.
MUSJ, 36 [1959], p. 79, n° 17 : Αβιδαανας. Plutôt que d'un composé en Abd-, il pourrait s'agir du même
nom qu'on trouve aussi sous les formes Αουεδανης, Αουιδανης (cf. H. Wutiinow, Die semitischen Menschen-
namen [1930], p. 24).
(33) CIG, 4522. Waddington, 2557 e (texte cité ici). Fossey, BCH, 21 (1897), p. 65, n° 76, lit : Βελίαβος
Εχχώμου. Wuthnow, op. cit., p. 114, n'a retenu que Συχώμου. La lecture Εχχωμου est confirmée par la révi
sion de Ch. Ghadban (thèse inédite citée par J.-P. Rey-Coquais, dans Archéologie au Levant. Recueil R. Saidah
[1982], p. 403 note 23).
(34) En dernier lieu IGLS VI, 2986, avec la bibliographie.
(35) CIL III, 14384». VI, 2946. La pierre a BEIIABI pour BELIABI.
(36) CIL III, 141622. En dernier lieu Y. Hajjar, La triade d'Héliopolis-Baalbek (1977) I, p. 184-186,
n° 168, qui distingue entre Βηλίαβος, « don de Bel », et Βεελίαβος, « don de Ba'al ». La première forme se trouve
peut-être aussi à Doura (cf. note 41).
(37) A. Alt, Zeits. fur die alttestamentliche Wissenschaft, 50 (1932), p. 87-89 : « Ein neuer syrischer Gott »
(SE G 7, 229, avec la note de R. Mouterde). S. Abdul-Hak, Catalogue ... musée de Damas (1951), p. 72.
(38) IGLS V, 2695. La date n'est pas forcément postérieure à 212.
(39)VII, 4057. L'an 397 peut être calculé selon l'ère séleucide ou celle d'Arados. 608 DENIS FEISSEL [BCH 107
13. En Commagène, aux carrières d'Enes, un Beliabus tubic(en), avec d'autres
soldats de la IVe légion, offre une dédicace à Jupiter, à Silvain et au Soleil40. La
provenance de ce soldat, évidemment syrien, ne peut être déterminée exactement.
14. A Doura-Europos, parmi les cavaliers de la cohors XX Palmy renorum, deux
parchemins datés de 219 et 222 p. C. mentionnent un Garmelus Beliabi ou Belihabi*1.
Bien que le nom BLYHB soit très rare à Palmyre, il n'y a pas à douter, en ce cas,
que Garmelus Beliabi soit bien un Palmyrénien. La présence passagère de ces deux
soldats dans la Syrie du Nord ou de l'Est n'a pas de signification pour la géographie
du nom, jusqu'ici sans exemple « épichorique » au Nord de la Phénicie42. Les deux
inscriptions latines examinées ci-après, bien que découvertes en Occident, vont
corroborer ce constat.
15. Un Baramna Beliabi f(ilius) apparaît dans une inscription d'Arrabona
(Raab), en Pannonie supérieure, comme héritier de l'Ituréen Bargathes Begebali
f(ilius)**.
16. Enfin à Tipasa, en Maurétanie, un autre soldat Ituréen a pour héritier
C. Beliabo^.
Il est a priori très probable que ce Beliabo, ainsi que Baramna fils de Beliabus,
étaient également des Ituréens, appartenant aux mêmes garnisons que ceux dont ils
ont hérité. Or on sait que les dynastes Ituréens, au Ier s. a. G., régnèrent sur la Beqâ*
avec pour capitale Ghalcis, entre Damas et Beyrouth45. Ce n'est donc pas un hasard si
le nom Beliabus, dont une dizaine d'exemples ont pu être situés précisément dans cette
région, ne se retrouve en Occident qu'en milieu ituréen. L'épigraphie latine confirme,
par les données de la « prosopographie externe », ce que nous ont appris les inscriptions
de Syrie.
(40) F. Cumont, Études syriennes (1917), p. 325-326, n°24 (IGLS I, 68). Dans son commentaire, Cumont
a rapproché les formes du nom en grec (ici nos 2, 5, 6 et 9) et en latin (ici nos 8 et 15).
(41) R. O. Fink, dans Exe. Dura, Final Report V, 1 (1959), n° 100, col. 42, 1. 30 : Be[l]iabi (219 p. C.) ;
ibid., n° 101, col. 42, 1. 21 : Be[l]ihabi (222 p. C). Cette dernière forme note fidèlement les consonnes du verbe
YHB (cf. note 20 : BLYHB à Palmyre). A Doura également, F. Cumont a proposé de reconnaître dans SEG 7,
490, un Βηλίαβος (?) plutôt que Βηλιαίαος.
(42) S'il est permis de compter Palmyre au nombre des cités de Phénicie, comme c'est le cas au Bas-
Empire.
(43) CIL III, 4371. Dessau, n° 2511. Les noms Bargathes et Regebali ont été rapprochés des formes
grecques correspondantes par F. Cumont, Fouilles de Doura-Europos (1926), p. 361-362 et p. 439-440. Sur
Bargathes en latin, cf. F. Zucker, Hermes, 78 (1943), p. 201-202, à propos de ce nom à Minturnes dans le Latium.
L'auteur compare des inscriptions de Doura et de Palmyre ; il cite en Occident (outre Dessau, n° 2511) un
Barates Palmyrenus en Angleterre (Dessau, n° 7063) ; d'autres en Gaule (CIL XII, 4886, 2 ; 4895 C) et à Cumes
[CIL X, 8214). Ajouter en Espagne un L. Bruttius Bargalh.es Firmus (J. Vives, Inscr. Lat. Esp. Rom., n° 264).
(44) J. Baradez, Libyca, 2 (1954), p. 113-116, fig. 10. (Ann. ép. [1955], 131). L'éditeur ne compare que
notre n° 15. Le nominatif Beliabo paraît avoir reçu un suffixe latin.
(45) Sur la principauté ituréenne, après la mise au point de J.-P. Rey-Coquais, IGLS VI, p. 33 et 37,
deux contributions récentes sont à signaler : G. Schmitt, « Zum Kônigreich Chalkis », dans Zeils. Pal.-Vereins,
98 (1982), p. 110-124, et W. Schottroff, « Die Ituraer », ibid., p. 125-152. Aux p. 148-152, l'auteur a donné,
avec des remarques notamment d'onomastique, l'inventaire des inscriptions de l'époque impériale relatives
aux soldats ituréens (brève notice sur Beliabus, p. 149). notes d'épigraphie chrétienne (vi) 609 1983]
En résumé, laissons de côté le n° 10, de provenance incertaine bien que, selon moi,
proche de Damas ; les soldats des nos 1 et 13, dont l'origine reste conjecturale, et le
Palmyrénien du n° 14 : restent douze cas, y compris nos deux soldats ituréens, où le
nom Beeliabos est sûrement localisé en Phénicie, plus précisément (sauf nos 11 et 12)
entre le mont Liban et la Damascene (voir la carte fig. 2)46.
Nous pouvons maintenant revenir à Palladios, mort à Salone en 400, ou 405, à
l'âge de 45 ans. Son père Beliabos, né par conséquent dans la première moitié du
ive s., est le personnage le plus tardif que nous connaissions sous ce nom. Le nom
Beliabos, nous l'avons montré, serait à lui seul de nature à fixer l'origine de cette
famille en Phénicie. Il est donc incontestable que Palladios venait bien de Damas,
comme l'avaient deviné Bulic et Kubitschek. Les très courtes lacunes du texte, 2 ou
3 lettres à la fin des lignes 2 à 5, ont, il est vrai, gêné la restitution de la ligne l47.
Il est possible néanmoins, si l'on considère l'espace laissé non gravé à gauche de
l'inscription, qu'un vide comparable ait existé à droite, ce qui autoriserait à la pre
mière ligne une restitution sensiblement plus longue qu'aux suivantes. La formule
attendue, sauf abréviation ou omission, est en effet : Δαμα[σκηνος της] | Φοινίκης.
On relève également à Rome des Phéniciens de Tripolis, Θρηπολείτης της Φοινίκης48,
de Sidon, Σιδόνιος τη (ς) Φυνίκης49, ou de Thelséè, άπο Θίλσης της Φυνίκης50. Α Salone
même, la présence d'un Damasquin n'est pas sans précédent puisqu'on y connaissait
déjà un Aurèlios Silanos, originaire de Phaina en Trachonitide51. Tel est donc le début
de l'épitaphe de Palladios : Αύρ (ήλιος) Παλλάδιος υιός Βελιάβου Δαμα[σκηνός της] | Φοινίκης
ένθα κΐτε . . .
XVII. Un Libyen à Syracuse
Paolo Orsi publia en 1923, parmi une série d'épitaphes de Syracuse découvertes
dans la « catacomba Cassia », celle d'un nauclère de Lepcis Magna52 :« Grand loculus
pour adulte, fermé et enduit en surface de chaux sur laquelle fut d'abord incisé en
grandes lettres plutôt soignées, puis passé en rouge le texte suivant» :
ΙΘΑΛΛΑΟΝΑΥΚΛΗΡΟΟΑεΠΤΗΜΑΓΝ
€Ν(θάδε κείται) €T0)N AG
(46) Mon croquis repose sur la carte de Dussaud (cité note 25), carte III. La mise au net en est due à
Nikos Sigalas.
(47) Bulic (note 14) lisait Δαμά[σκου] (exclu : il faudrait άπο Δαμάσκου) ; Kubitschek (note 15)
Δαμα[σκηνός]. Wessel (note 19) a bien indiqué la formule usuelle.
(48) ICUR I, 2634 (Wessel, n° 70).
(49)I, 2151 n° 72).
(50) ICUR IV, 12400. Sur deux chrétiens de Thelséè à Rome, cf. Syria, 59 (1982), à paraître.
(51) CIG II, 1833. F. BuLié, Bull, daim., 25 (1902), p. 165-166 : Αύρ. Σιλανός Σόλωνος Ζομεθερου
Φενήσιος. Sur Phaina, localité au Sud de Damas, cf. Syria, 59 (1982), à paraître.
(52) P. Orsi, Atti Pontif. Accad. Rom. Arch. (1923) = Miscellanea G. Β. De Rossi I, p. 118, n° 21, en
majuscules (en transcription SEG 4, 21 ; Wessel, n° 93). Le SEG donne le texte suivant : Ίθάμας ναύκληρος
Λεπτή μαγν(ίτης) | έν[θάδε κείται] ετών λε'. S. L. Agnello, Archivio strorico siracusano, 7 (1961), p. 124,
reproduit à la lettre l'édition de P. Orsi.
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