Notes sur les Chams  - article ; n°1 ; vol.7, pg 313-355
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Notes sur les Chams - article ; n°1 ; vol.7, pg 313-355

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Description

Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient - Année 1907 - Volume 7 - Numéro 1 - Pages 313-355
43 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié par
Publié le 01 janvier 1907
Nombre de lectures 29
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Exrait

E.-M. Durand
Notes sur les Chams
In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 7, 1907. pp. 313-355.
Citer ce document / Cite this document :
Durand E.-M. Notes sur les Chams . In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 7, 1907. pp. 313-355.
doi : 10.3406/befeo.1907.2376
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/befeo_0336-1519_1907_num_7_1_2376NOTES SUR LES CHAMS
"• ' ' > Par E.-M. DURAND -
Missionnaire apostolique,
Correspondant de l'Ecole française d'Extrême-OrienL.
VI. — LES BASÊH .
J'ai déjà parlé dans une note sur les Chams Banis (*), des ačar, les prêtres
des Chams musulmans : il me reste à dire quelques mots sur les basêh, la caste-
sacerdotale des Chams brahmanistes.
Gomme nous l'avons vu, les Ghams musulmans ont emprunté à leurs frères
brahmanistes le terme ačar (skt. acûrya) pour en former le nom générique
de leur hiérarchie sacerdotale, qui comprend : Yamôm ou imôm (arabe imam),
le chef de la prière ; le katip (ar. khalib, malais këtib), le lecteur de mosquée, -
plus particulièrement chargé de l'office du « jour de bénédiction », le vendredi;
le môdin (ar. mueddin, muezzin, mal. modin), celui qui appelle à la prière,
simple chantre, chez les Ghams, où les minarets n'existent pas ; le gru (skr.
guru), titre également emprunté aux brahmanistes, président de l'assemblée
religieuse et de la communauté laïque ; et enfin Y ačar 7 terme ici spécifique,
qui désigne le maître d'école suppléant du gru.
Les prêtres brahmanistes répondent au nom générique de basêh ou basaih.-
Ce terme n'a pas laissé jusqu'ici que de recevoir des explications souvent con
tradictoires. Dans les Nouvelles recherches sur les Chams, M. Cabaton le fait
dériver (p. 22) du skt. upusaka, °sikû, mais rectifie dans les addenda (p. 209) :
« ce mot et le khmêr bachay viennent plutôt du pâli upajjhaya ». Le Dic
tionnaire cam-français, de MM, Aymonier et Cabaton, maintient cette dernière
etymologie. Dans son ouvrage sur le Cambodge (t. m, p. 635-638), M. Aymon
ier assimile ce nom à celui de pa-sseu \ JgL ou pa-sseu-wei X S Ш qu'un
voyageur chinois du XIIIe siècle donne aux bonzes taoïstes. La seconde secte,
(•) B. E. F. E.-O., 111 (iqo3), p. 54-62. - - 314
dont parle le mémoire de Tchao-ta-kouan, dit-il (p. 636), « est celle des Passe
ou Pa-sseu-wei, qui sont vôtus comme tout le monde, à l'exception d'un mor
ceau d'étoffe rouge ou blanche qu'ils portent sur la tête, à la façon d'une
certaine coiffure des femmes tartares, mais un peu plus bas. Ils ont aussi des
édifices et des tours, ainsi que des couvents et des temples, mais qui ne peuvent
se comparer pour la magnificence, aux monastères des Bouddhistes dont la
religion est aussi beaucoup plus florissante, ils ne rendent de culte qu'à un
bloc de pierre assez semblable à la pierre du dieu du sol en Chine. Le narrateur
ignore quelles sont exactement leurs divinités. » Et M. Aymonier ajoute (p. 6З7) :
« 11 ne nous paraît guère possible de voir en- ces Passe ou Pa-sseu-wei, les
(acàrgas) paçupatas que mentionnent quelques inscriptions et qui n'ont
jamais pu être qu'une simple variété des sectateurs du sivaïsme, une petite
catégorie, d'ordre secondaire, des gens appartenant à la hiérarchie religieuse
du brahmanisme. Or, dans ce corps religieux ainsi réduit, appauvri et en visible
décadence en cette fin du XIiI« siècle^ les nuances devaient s'estomper, s'effacer
à leur tour et échapper à un observateur aussi superficiel, en pareille matière
du moins, que l'était Tchao-ta-kouan, et ceci de son propre aveu. Ses prêtres
taoïstes, ses Pa-sse étaient les brahmanes. Jusqu'à plus amples renseignements, le
nom qu'il leur donne ne ressemble guère qu'à celui des Bashèh ou hommes de la
caste sacerdotale des Chames du Binh-Thuan. Ces Bashêh, dont les fonctions
sont nombreuses, président aux crémations des fidèles qui appartiennent à leur
secte et reconnaissent leur autorité morale ; ils pratiquent certaines abstinences,
sont habillés de blanc et, en dehors de leur ministère, vaquent à leurs opérations
journalières comme les autres Chames. » Enfin il observe plus loin (p. 638) :
« Remarquons, en ce qui concerne les sectes religieuses, qu'A. Rémusat a aussi
reproduit le passage suivant, extrait de Y Histoire des étrangers : Dans ce pays,
on nomme un homme lettré, panki; un prêtre de Fo, tchou-kou; un tao-sse,
pa-sse. »
Par contre, M. Pelliot (') critique celte assimilation. « Les Pa-sseu-wei, dit-il,
sont un sujet d'assez grave d'embarras. Le nom même est lu par nous Pa-sseu-
wei au lieu de Pa-sseu de Rémusat. » Après avoir cité quelques références
qui contredisent la « césure » de Rémusat, il continue : « Mais qu'étaient les
Pa-sseu-wei, ces « taoïstes » du Cambodge? Trois hypothèses sont en présence :
Yule (Hobson-Jobson, Londres, 1886, in-8n, s. v. Panthag, Penthé) discute
l'origine du mot Panthag qui fut donné au royaume musulman de Ta-li au
Yunnan (1856-187З). Peu porté à admettre le chinois pen-ti fc Klí, qui
s'applique à tous les indigènes, il songe à Path!, appelation birmane des mu
sulmans. — Sir Arthur Phayre distingue path! de penthé, moderne en Birmanie
selon lui, et qui ne désignerait que les musulmans chinois venus du Yunnan.
(•) В. E, F. E.-O.,.u (1902V p. 149. n. 2, — — 315
Quoi qu'il en soit du rapport des deux termes, tout ce qui nous intéresse ici est
que PatKi (ou Passai) est ancien dans la langue birmane; sir Arthur Phayre le
litre de Pârsl ou Fur si, c.-à-d. Persan, ъ M. Pelliot discute cette thèse avec sa
riche érudition coutumière.. et, en dernière analyse, la rejette. Une de ses
objections, et non la moins forte, est qu'il est fait mention des « taoïstes » au
Cambodge à une époque où l'islamisme est tout à fait hors de question.
Enfin il conclut : « Si on admet que Pa sseu-wei désigne un culte hindou,
quel nom faut-il lire ici? M. Aymonier, nous-mcme, avons songé aux Basaih
chams. Les Basaih sont la caste sacerdotale des Chams ; le nom est. peut-être
apparenté au khmèr bacchây (== \u\pajjhmja). Mais les Basaih représentent
le culte brahmanique et l'on a vu plus haut que nous identifions les brahmanes
aux pandits et les séparons nettement des Pa-ssen-wei. Aussi inclinons-nous
à adopter l'hypothèse de M. Finot qui propose de voir dans les Pa-sseu-wei
« les Pûçupatas, secte çivaïte, mais distincte des Çaivas ; une inscription
« d'Angkor détermine ainsi l'ordre des préséances dans la hiérarchie religieuse:
« le brahmane, Yacarya Çaiua, Yucûrya Pâçupata (I. S, С. С, р. 42â) »•
Nous ne nous dissimulons d'ailleurs pas la fragilité de notre argumentation ; du
Siam, de la Birmanie, des Etats Chans viendront peut-être quelques éclair
cissements. ». .
La question serait donc encore intacte ; mais, quoi qu'il en soit des pa-sseu-
wei du Cambodge, je crois que pour les Chams tout au moins il fout chercher
chez leurs lointains ancêtres malayo-polynésiensl'étymologie prochaine du nom.
de leurs basêh. De Backer (Archipel indien, p. З19) nous donne, chez les
Dayaks de Bornéo, Sie Basso et Orang Balouwa, ce qui, entre parenthèses,
justifierait de Rémusat avec ou sans « césure ». Ailleurs (p. 4o4) il dit : « Chez
les Battaks, ces consultations sont données par les Datos et les Si Bassos. Cette '
caste de devins et de charlatans, dépositaire d'une science occulte, sait quels sont
les jours néfastes et les jours heureux. )> Les nombreux traités de divination des
basêh, leur intervention rituelle dans le choix des terrains, l'orientation des
maisons, la consultation des victimes sacrifiées, la conjuration des maléfices; etc.,
toutes choses qui forment le plus clair de leurs honoraires, prouvent assez
qu'entre les bassos de Bornéo et de Sumatra et les basêh du Binh-thuân la
parenté est réelle, et pour le nom et pour la chose. • '
Par ailleurs et comme confirmation de cette etymologie, je trouve dans le
Kawi-Balineesch Woerdenboek de Van der Tuuk (t. m, p. 54o, à l'article
,wama-wâsa) le mot javanais wasi, celui qui possède un pouvoir surnaturel ;
.et la forme dérivée angawasi, sorci

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