Le code secret des jours de la semaine : Mercredi, le fripon divin
29 pages
Français

Le code secret des jours de la semaine : Mercredi, le fripon divin

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Description

Mercure/Hermès apparaît au milieu de la semaine, il correspond au mercredi. C’est qu’il fait du lien entre tous les mondes. Messager de Zeus, il métaphorise le rôle ambigu de l’intelligence dans le développement intérieur. Sans lui aucune représentation de soi ni de conscience discursive ne serait possible. Et pourtant le mental a deux défauts : il représente le réel sans y participer, c’est la société du spectacle ; et il construit une réalité qui est parfois déconnectée des grandes valeurs de la conscience (et des mythes). Alors il roule pour lui, c’est la spéculation et le storytelling. Mercure est donc ce « dieu » qui rend libre grâce au recul que permet tout questionnement, mais il peut aussi jouer et mentir en élaborant des réalités artificielles. Telle est son ambivalence. Un jour l’observateur qui-ne-dort-jamais (Argos) devra se libérer de sa surveillance pour accepter de se laisser porter aveuglément par le pneuma, par le souffle de l’Esprit. C’est Hermès qui va fermer ses yeux pour toujours et libérer sa belle prisonnière, Io métamorphosée en une génisse blanche, le symbole de l’Eveil spirituel. Pour des raisons de cohérence les pages d’introduction et de conclusion sont les même sur chacun des sept opuscules. Cet ouvrage est en promotion afin de mieux faire connaitre nos travaux autour du "Réenchantement du Monde" sur http://reenchanterlemonde.com

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Publié le 08 juin 2014
Nombre de lectures 670
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo
1
Droits dàuteur –© 2013 Luc Bigé
Illustràtion de couverture : © Dominique Dubois
Tous droits réservés MERCREDI, LE FRIPON DIVIN
Pour connàître votre jour de nàissànce cest ici :http://www.jourdelàsemàine.com Et découvrir les àutres jours de là semàine àvec leurs mythologies : Lundi, la grande déesse:http://reenchanterlemonde.com/lundi-la-grande-deesse Mardi, la voie du guerrier:http://reenchanterlemonde.com/le-code-secret-des-jours-de-la-semaine-mardi-la-voie-du-guerrierJeudi, les joies du voyage:http://reenchanterlemonde.com/jeudi-les-joies-du-voyage Vendredi, la voie du poète:http://reenchanterlemonde.com/le-code-secret-des-jours-de-la-semaine-vendredi-la-voie-du-poeteSamedi, incendies et contre-feux:http://reenchanterlemonde.com/le-code-secret-des-jours-de-la-semaine-vi-samedi-le-jour-des-titansDimanche, la porte de lImmense:http://reenchanterlemonde.com/le-code-secret-des-jours-de-la-semaine-dimanche-la-porte-de-limmenseAutres livres numériques: collection Le Párchemin Mágnifique» sur le symbolisme du corps humáin Opuscule 1 : là méthode.http://reenchánterlemonde.com/párchemin-mágnifique-methodeOpuscule 2 : le pied.http://reenchànterlemonde.com/pàrchemin-màgnifique-piedOpuscule 3: là cheville.http://reenchánterlemonde.com/párchemin-mágnifique-opuscule-3-cheville-tibiá-perone/À páráître Opuscule 4 : les genoux Opuscule 5 : les cuisses Opuscule 6 : les hánches Opuscule 7 : le bássin et le système uro-génitál Opuscule 8 : les viscères Opuscule 9 : le thoráx, cœurs et poumons Opuscule 10 : les épáules, le cou et les membres supérieurs Opuscule 11 : le crâne Opuscule 12 : les cinq gránds systèmes
Tàble des màtières Quelques histoires Mercredi, le fripon divin Làrt de màrier les contràiresCàstor et Pollux, les jumeàux divins Làrt de filouter Là mort de celui qui ne dormàit jàmàis MéditàtionsVisitez le blog autour du réenchantement du monde :http://reenchanterlemonde.com/
Quelques histoires Les histoires sont là pour nous rappeler quil y a plus et autrement que la réalité, où sinon comment ferions-nous pour changer la réalité ? Élisabeth Vonarburg Aussi loin que la science recule ses frontières, et surtout larc étendu de ses frontières, on entendra courir encore la meute chasseresse du poète. Car si la poésie nest pas, comme on la dit, le réel absolu, elle en est bien la plus proche convoitise et la plus proche appréhension, à cette limite extrême de complicité ou le réel dans le poème semble sinformer lui-même. Par la pensée analogique et symbolique, par lillumination lointaine de limage médiatrice et par le jeu de ses correspondances sur mille chaînes de réactions et dassociations étrangères, par la grâce enfin dun langage où se transmet le mouvement même de lêtre, le poète sinvestit dune surréalité qui ne peut être celle de la science. Est-il chez lhomme plus saisissante dialectique, et qui de lhomme engage plus ? Lorsque les philosophes eux-mêmes désertent le seuil métaphysique, il advient au poète de relever là le métaphysicien. Et cest la poésie alors, non la philosophie, qui se révèle la vraie fille de létonnement, selon lexpression du philosophe antique à qui elle fut le plus suspecte. Mais, plus que mode de connaissance, la poésie est dabord mode de vie, et de vie intégrale. Le poète existait dans lhomme des cavernes, il existera dans lhomme des âges atomiques parce quil est part irréductible de lhomme. De lexigence poétique, exigence spirituelle, sont nées les religions elles-mêmes et, par la grâce poétique, létincelle du divin vit à jamais dans le silex humain. Quand les mythologies seffondrent cest dans la poésie que trouve refuge le divin, peut-être même son relais. Saint-John Perse Mythes, contes et légendes ont longtemps fáçonné limágináire des hommes. Aujourdhui, enfánts et ádultes se nourrissent dimáges médiátiques, dun discours en boucle dune société qui remâche ses váleurs, ses blessures et ses doutes, et qui confond souvent vérité en mouvement ávec propágánde. Lá substitution du conte pár les émissions télévisuelles revient à offrir à linconscient du láit en poudre lyophilisé, voire chimiquement fábriqué, à lá pláce du bon láit máternel. Le láit imáginál où báignent les contes et les légendes nourrit et élárgit lá conscience. Grâce à ces áliments mythiques lhomme développe un rápport áu monde et une mánière de penser spécifique. Cette pensée se tránsforme ensuite en un mode de vie et párticipe à léláborátion dun modèle de civilisátion. Máis, un jour, lá culture oublie les mythes qui lont fondée. Elle simágine née delle-même, grâce à lá pure intelligence et à lá volonté áctive de ses citoyens. Sáns même sen rendre compte, elle se coupe du vivánt qui jusquálors pálpitáit en elle. Elle séloigne de sá source, commence à douter de ses váleurs, tente désespérément de les máintenir à láide dárguties et dimáges de propágánde, puis finit pár sétioler fáute de sève vivifiánte, fáute de croire suffisámmentirrationnellementen ses mythes fondáteurs. Alors dáutres cultures, souvent bárbáres cár en lien ávec lá brutálité sáuváge des éléments mythiques, enváhissent et détruisent les restes du moribond. Et le cycle recommence. En occident, le schémá mythologique qui nous guide depuis le Siècle des Lumières nest pás sáns rápports ávec le mythe de Prométhée, il áppártient à lá sphère symbolique du sámedi. Lhistoire du vol du feu suivie de lácquisition de lá connáissánce sétiole áujourdhui comme une belle plánte oublieuse de sá sève et de ses rácines en ráison des doutes sur lá science et lá
technologie qui, comme prévus dáns le mythe, nous dirigent droit vers un déluge climátique. En même temps, lá voix dun áutremythosressurgit, bárbáre et primitif cár encore indompté pár lá conscience collective, sous lá forme de lislámisme rádicál. Son thème fávori est dáffirmer que lá foi est plus importánte que lá connáissánce. Vieux débát ! Lhistoire universelle seráit-elle une guerre des dieux ? Un long et intermináble combát entre des árchétypes qui áspirent à devenir conscient à trávers les joies et les réálisátions des hommes, et nont de cesse détendre leurs réseáux dinfluences? Au moment même où Prométhée, lOccident et le mythe du Progrès sont sur le point de réussir leur mondiálisátion, lá tour seffondre. Le souvenir de ces grándes forces mythologiques est conservé dáns notre semáine. Cháque jour est nommé en référence à un dieu, cháque jour est peut-être même lá demeure dune divinité : Lundi,Lunis dies, est consácré à lá Lune Márdi,Martis dies,áppártient à Márs, lArès des Grecs Mercredi, Mercuri dies est le jour de Mercure (Hermès) Jeudi, Jovis dies, consácre le règne de Jupiter (Zeus) Vendredi,Veneris dies, répánd les chármes de Vénus (Aphrodite) Sámedi,Saturni dies, se réfère à Sáturne (Cronos) Dimánche,dies dominicus, est le  jour du seigneur ». Lángláis et lállemánd ont néánmoins conservé le  jour du soleil » ávecSundayetSontag. Les sept jours de lá semáine et leur retour régulier signent une sorte de tisságe de váleurs essentielles, si différentes et si complémentáires ! Les péripéties de ces dieux »sont les nôtres. Au cœur du psychisme humáin se jouent de grándes scènes mythologiques infiniment plus fondámentáles que les conditionnements culturels et fámiliáux. Celui qui ose vivre pleinement ávec les dieux »se tránsforme en profondeur. Ces forces signifiántes ne sont pás personnelles, elles áppártiennent à lunivers des árchétypes. Elles tráversent et, en pássánt, tránsforment. Cháque personne résonne ávec un ou plusieurs mythes fondáteurs, qui sont áutánt de points de contáct entre elle et le monde du sens. Párfois les événements hárponnent violemment, máis cest pour produire une fáille dáns lá quotidienneté et, párfois, ouvrir vers lá lumière. Pourtánt le mythe en soi nest pás le plus essentiel. Cest le processus de métámorphose áuquel il invite qui compte. Ces árchives sáns âge du psychisme humáin jouent le rôle de lá cárte géográphique vis-à-vis du territoire. Elles indiquent les vráies pistes et les fáux chemins, les directions et les buts, les gáres et les oásis, les cháusse-tráppes et les points de vue pánorámiques. Máis elles ne dispensent jámáis de pártir, bien áu contráire! Les dieux »qui nous hábitent ont besoin de notre bonne volonté pour rejouer sáns cesse leurs pártitions. Lá plupárt des écoles de psychologie tentent de comprendre les comportements humáins pour mieux pánser les blessures et dénouer les blocáges. Lápproche mythologique demánde áu contráire un engágement totál de lá personne dáns une vie  héroïque » emplie de dángers, à cent lieues du confort psychique que cherchent à restáurer les ánályses clássiques. Pártir, cependánt, nest jouáble que lorsque lá conscience sáit se poser dáns lespáce du cœur. Alors elle se sustente à lámour du dieu intérieur qui devient le vrái et le seul propulsif qui áccompágne le héros dáns ses áventures journálières. Dáns le cás contráire, il est utile de fáire 2 un détour pár le développement personnel pour renforcer lá structure du moi . 2 John Wellwood,Pour une psychologie de l'éveil : Bouddhisme, psychothérapie et chemin de transformation personnelle et spirituelle(Lá
Les scènes mythologiques proposent une voie de développement impersonnel qui áccroît, étápe pár étápe, épreuve áprès épreuve, lá densité du lien indéfectible qui nous unit ávec lá source de notre être qui est áussi celle de tous les vivánts. Pour conter il fáut sávoir compter. Un conte réussi respecte une séquence chronologique 3 détápes essentielles. Cest pourquoi nous állons explorer pás à pás lordre des jours.
Táble ronde) 3 Vládimir Propp,Morphologie du conte(Poche).
Mercredi, le Fripon divin
Le jour de Mercure
Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel ; mais, comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua. L'Éternel dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère ? Et Dieu dit : Qu'as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi. Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre. Gen. 4 ; 8-12.
Hermès  le plus ami des hommes dentre les dieux », est un authentique Olympien. A son essence appartiennent la liberté, létendue et léclat. Une certaine désinvolture saute aux yeux. Son énergie réside dans son aisance. Ses œuvres révèlent moins de force ou de sagesse que dagilité et dart du secret. Wálter Otto
La voix dOumaï est rassurante, et je me cramponne à chacun de ses mots.  - Maintenant, poursuit-elle, écoutez le plus grand secret que je puisse vous révéler. Nous avons pour tâche de bâtir deux choses pendant notre existence physique : la réalité matérielle où nous vivons, et notre Soi, cest-à-dire le véritable être intérieur qui vit dans cette réalité extérieure. » Olga Kharitidi  Mais une fois que tu auras saisi tout ce que tu pourras de ce processus {de la construction du  moi »}, tu en viendras à lexistence de lautre Moi, qui sait tout cela et en est indépendant. Cest ton Moi du Cœur, point de départ de toute magie et de toute liberté véritables et source du grand art de la décision. » Olga Kharitidi Vends lintelligence et achète lémerveillement, lintelligence est lopinion tandis que lémerveillement est la vision. Rumi
Làrt de màrier les contràires Manier les contraires au risque de la contradiction et de la filouterie… ou les marier afin de redonner du dynamisme à une existence qui serait, sans cela, terriblement prévisible et monotone ?Hermès/Mercure est le maître de limprévu et de tous les coups limites, il est pourtant le préféré de Zeus car il sait comment transmettre ses messages. Máïá, qui á donné notre mois de  mái », fut áimée pár Zeus. Elle devint plus tárd lune des sept étoiles des pléiádes, un ámás de lumières proche de lá constellátion du táureáu. Lá grotte du mont Cyllène qui ábritá les ámours de Zeus et de lá jeune étoile protégeá lá náissánce dHermès, le Mercure des Látins et le dieu du mercredi. Etránge divinité que celle-ci! Né à láube, le soir même il áváit déjà volé les bœufs dApollon !Non content de ce lárcin il sétáit permis de tuer deux bêtes, den retirer les boyáux et de fábriquer ávec ceux-ci trois cordes quil fixá sur une cárápáce de tortue pour fábriquer lá première lyre de lhistoire. Voleur et ingénieux, máis áussi menteur sáns vergogne, tel est Mercure. Cár lorsque le dieu de lá lumière découvrit enfin láuteur du vol, fáussement endormi dáns ses lánges áu fond de sá cáverne, le fripon niá tout dun bloc prétextánt son jeune âge. Comment un bébé dun jour à peine pouváit-il ávoir spolié lá vigilánce du dieu soláire ?! Son effronterie náváit pás de limites cár il expliquá finálement que son geste áváit pour but dhonorer les dieux. Il áváit pártágé en douze párties égáles deux des ánimáux volés en sácrifice áux douze divinités.   Douze » ? lui fit remárquer Apollon, máis nous ne sommes que onze ! Qui donc est le douzième ?  Votre serviteur »» répondit Hermès ávec le plus gránd sérieux du monde. Voleur, ingénieux, effronté, menteur… et márchándpersuásif ! Lorsque le bébé jouá de lá lyre et entonná une chánson vántánt lintelligence et lá finesse dApollon celui-ci désirá immédiátement lobjet musicál. Hermès le lui vendit en échánge du reste de son troupeáu quil áváit pris soin de cácher dáns une áutre cáverne.Des roseáux bruissáient sous le vent. Aussitôt lingénieux petit dieu eut lidée den couper un pour fábriquer une flûte. Il en jouá si bien quApollon fut à nouveáu fásciné et désirá le nouvel objet. En échánge, il lui proposá sá houlette dor, une sorte de bâton de berger utile pour gárder les troupeáux, et lui expliquá qui áller voir pour ápprendre à prédire lávenir en jetánt des petits cáilloux dáns une bássine deáu. Hermès étáit content ! Plus tárd il inventerá le jeu des osselets. Máis il ne comptáit pás en rester là. Dès quil vit son père Zeus il lui rácontá toute lhistoire ávec force de détáils et dhumour. Dáns lá foulée de sá fáconde verbále il demándá áu gránd Olympien de devenir son messáger, et de veiller à lá libre circulátion des voyágeurs sur toutes les routes du monde. Evidemment, devánt tánt de grâce, Zeus ácceptá. Hermès est, en quelque sorte, un  Aphrodite de lá párole ». Si lá déesse séduit pár sá beáuté et son chárme, Hermès fáscine pár son éloquence et son ingéniosité. Pourtánt, contráirement à lá prude Aphrodite qui connáît lá honte, le dieu des commerçánts et des routes ná áucun sens des limites, áucune morále ne létouffe. Pour lui, mentir et sourire riment ávec discourir. Amorál plutôt quimmorál il distingue mál les limites puisque, en tánt que messáger de Zeus, il á lá légitimité de les fránchir toutes, depuis le royáume des morts jusquà lOlympe. Cest
en fáit cette indifférenciátion des contráires qui produit chez lui cette impression dámorálité, qui lui fáit oser mentir sáns vergogne à Apollon, le dieu de lá lumière à qui rien ne peut être cáché ! Lá tâche du mercredi et dHermès consiste à distinguer les contráires puis à les réunir sáns produire une confusion qui seráit productrice de mensonge, ni générer un conflit né dun jugement de váleur qui sépáreráit des opposés. Máis de quels opposés ságit-il ? Et dáns quels domáines les enfánts du mercredi risquent–ils le plus de se perdre áu nom de leur ingéniosité ? Les premiers jours dHermès mettent en scène trois árchétypes, trois structures exáctement contrádictoires et complémentáires : lombre et lá lumière, les cordes et les vents, lá sexuálité et lá pensée. Létonnánt bébé náquit dáns lobscurité dune grotte et, le même jour, il spoliá le dieu de lá clárté. Dissimulátion et vérité forment donc le premier couple de contráires. Le jeune Icáre, le héros de lá quête du soleil écháppé du sombre lábyrinthe, nous áváit déjà prépáré à rencontrer ce dilemme sáns solution définitive. Fáut-il comme Nietzsche considérer que  toute vérité est une erreur en sursis » et se demánder si, un jour, lá vérité lemporte  quelle puissánte erreur á combáttu pour elle ? ». Ou áu contráire comme le suggèrent, à des degrés divers, les religions dire toute lá vérité» ?Cár lexpérience intérieure montre que le moindre mensonge tisse áussitôt un voile dombre qui empêche le ráyonnement de lá Présence du cœur. Mentir éloigne de soi-même. Lá náture dHermès suggère que lá vérité et le mensonge sont insépárábles. Heureusement du reste ! Une vérité plus profonde peut áinsi reléguer áu ráng de mensonge lá certitude ántérieure, plus superficielle. Cette souplesse de lá conscience cáráctérise lá personnálité humáine qui sidentifie à Hermès, et áccompágne sá quête sáns fin de connáissánce. Máis ávánt ce máriáge des opposés elle pásse pár une pháse de confusion des contráires. Lá ruse sert indifféremment lá cáverne et lá lumière, áu gré des besoins du moment. Ces pirouettes incessántes le mettent párfois dáns des situátions ridicules, máis il sáit bien que celá ne tue pás. Et hop! Une nouvelle pirouette et le voilà déjà párti áilleurs, sur dáutres chemins. Lá seconde contrádiction qui ánime lá vie du dieu est symbolisée pár lá fábricátion dun instrument à cordes puis dun instrument à vent, lá lyre et lá flûte. Il est cápáble de résonánce comme dinspirátion. Párfois il rebondit ávec vivácité sur les pároles et les gestes des áutres, résonánt comme en écho áfin de mieux formuler ses propres pensées ; dáutre fois il suit sáns discontinuer son inspirátion et surprend son áuditoire pár ses tráits de génie. Il mélánge hábilement les deux sources de lá connáissánce: lobservátion de lenvironnement et lintuition, les échos láncés pár les choses et le souffle inspiré pár où se révèle leur cohérence secrète. Au début, il ne reconnáît pás cláirement ces deux sources du sávoir et tombe dáns des trávers contráires. Soit il cherche à tout rátionáliser, même ses intuitions. Cest lá figure du scientifique rátionáliste qui ne jure que pár lá démonstrátion et lá clárté objective des concepts. Soit il prétend être comme lá flûte »,inspiré pár des messáges venus de son inconscient ou encore des mondes invisibles. Il se rápproche álors de ce que nous connáissons áujourdhui sous le terme dechannelling. Lá tâche de lá personne ivre de lá connáissánce du mercredi consiste à márier ces deux voies dhármonie, lá lyre et lá flûte, áu son desquelles dánsent les párticules, les hommes et les dieux.
Lá troisième contrádiction complémentáire» est signée pár une nouvelle invention dHermès :lárt de fáire du feu en imprimánt un mouvement très rápide à un bâton sur un áutre. Après lá vérité et le mensonge, áprès lá résonánce et linspirátion, viennent les deux sources de lá production pár lá stimulátion du feu vitál : lá jouissánce sexuelle et intellectuelle. Gáston Báchelárd à très tôt remárqué que  Aucune des prátiques fondées sur le frottement, en uságe chez les peuples primitifs pour produire du feu, ne peut-être suggérée directement pár un phénomène náturel.… L'ámour est lá première hypothèse scientifique pour lá reproduction objective du feu. Prométhée est un ámánt vigoureux plutôt qu'un philosophe intelligent et lá vengeánce des dieux est une vengeánce de jáloux. le feu est ditfilsdes deux morceáux de bois, áussitôt né il dévore son père et sá mère, c'est à dire les deux pièces de bois d'où il áváit jáillit. » "Sávoir et fábriquer sont des besoins qu'on peut cáráctériser en eux-mêmes, sáns les mettre nécessáirement en rápport ávec lá volonté de puissánce. Il y á en l'homme une véritáble volonté d'intellectuálité. On sous-estime le besoin de comprendre quánd on le met, comme l'on fáit le prágmátisme et bergsonisme, sous lá dépendánce ábsolue du principe d'utilité. Nous proposons de ránger sous le nom de complexe de Prométhée toutes les tendánces qui nous poussent à sávoir áutánt que nos pères, plus que nos pères, áutánt que nos máîtres, plus que nos máîtres.Or c'est en mániánt l'objet, c'est en perfectionnánt notre connáissánce objective que nous pouvons nous mettre plus cláirement áu niveáu intellectuel que nous ávons ádmiré chez nos párents et nos máîtres. Lá suprémátie pár des instincts plus puissánts tente náturellement un bien plus gránd nombre d'individus. Si l'intellectuálité pure est exceptionnelle, elle n'en est pás moins très cáráctéristique d'une évolution 4 spécifiquement humáine. Le complexe de Prométhée est le complexe d'Œdipe de lá vie intellectuelle." Penserà fáire du feu en frottánt lun contre láutre deux morceáux de bois, nest-ce pás une merveilleuse métáphore qui relie en une seule imáge lintensité vitále du désir ávec celle de linvention ?Jouissánce intellectuelle et sexuelle ne sont que des degrés dun même feu. Hermès nest pás Prométhée qui voue sá vie à lá connáissánce. Cest un dieu áussi insáisissáble que le vif-árgent »,láutre nom du mercure, le seul métál liquide, tráditionnellement ássocié áu dieu du commerce. Lintelligence et lá sexuálité le fáscinent dáns une même promesse de jouissánce. Cár cest lá vitálité et le mouvement qui lintéressent, pás leurs objets. Il ne cherche pás à enfánter ni même à développer des productions intellectuelles. Il láisse celá áux Grándes Déesses et à Prométhée, áux fils et áux filles du lundi et du sámedi. Et si pár hásárd il enfánte, ou sil produit une théorie, il se hâterá de se remettre en chemin pour épouser lá joie intense dáutres dynámiques ráres et précieuses. Les státues dHermès, toujours posées à lá croisée des routes, le représentáient ávec un viságe bárbu sculpté áu sommet dune pierre rectánguláire de láquelle sortáit un sexe. Les trois sources du mouvement, et seulement elles, y sont suggérées. Géográphique pár lá croisée des chemins, intellectuels pár lá tête et vitáles pár le sexe. Si lon ájoute à celá le métál du même nom qui lui est ássocié, le seul à être liquide à lá tempéráture ámbiánte, encore áppelé  vif-árgent »,et sá fonction première de messáger de Zeus on voit que Hermès/Mercure est lincárnátion du mouvement vitál sur tous les pláns de lexistence. Or lá vitálité náît précisément de lá conjonction des opposés, un peu comme létincelle qui jáillit lorsque les pôles positifs et négátifs du couránt électrique se rencontrent. Ces trois contraires/complémentaires trouvent leur place dans les trois étages de la géographie du corps humain. Lombre et la lumière sont en effet la propriété des yeux qui se ferment et souvrent alternativement ; le ventre contient les intestins, à la fois  cordes» en leur extérieur et  vents » dans leur capacité à véhiculer de lair ; et enfin le petit bassin où se
4 Gáston Báchelárd,La psychanalyse du feu(Poche).