Politiques macroéconomiques et disparités régionales dans la zone Euro, Macroeconomic policies and national divergences in the euro area
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Politiques macroéconomiques et disparités régionales dans la zone Euro, Macroeconomic policies and national divergences in the euro area

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Description

Sous la direction de Patrick Villieu
Thèse soutenue le 02 décembre 2009: Orléans
Après dix ans de monnaie commune, les disparités régionales persistent dans la zone euro et l’activité économique a du mal à se dynamiser. Le dysfonctionnement du système de politique économique figure parmi les explications possibles de ces évolutions. Cette thèse reconsidère la conduite des politiques macroéconomiques dans une Union hétérogène, avec transmission asymétrique des chocs. Trois essais de modélisation sont développés dans ce but. Le premier étudie la politique monétaire dans un modèle à la Barro-Gordon, à l’aide d’un jeu défini entre la banque centrale et les différents agents de l’Union. Le second introduit l’interaction entre politique monétaire et budgétaire dans l’Union, afin d’assurer un environnement stable, favorable à l’activité économique. Il se situe dans un cadre néo-keynésien, modifié pour inclure certains aspects des pratiques monétaires et budgétaires de la zone euro. Enfin, un troisième essai analyse le rôle de ces politiques dans la stabilisation des chocs conjoncturels, à l’aide d’un modèle d’équilibre général dynamique stochastique (DSGE) avec asymétries financières. Les enseignements vont dans une direction commune. Une politique monétaire orientée vers la réduction des divergences nationales serait bénéfique pour l’Union, uniquement si la banque centrale est hostile simultanément aux divergences d’inflation et de revenu. L’intérêt de la banque centrale pour les seules divergences d’inflation peut être contreproductif. Les politiques nationales restent les principaux outils pour réduire les disparités. Leur conduite doit se faire dans un cadre coordonné, qui tient compte des asymétries structurelles dans l’Union. Ce serait compatible avec la conduite autonome des politiques budgétaires, suivant une stratégie commune pour la zone. L’annonce publique des règles budgétaires nationales permettrait d’améliorer la transparence des politiques et d’accroître leur efficacité.
-Union Economique monétaire
-Politique monétaire et budgétaire
-Divergences d’inflation et de revenu
-Transmission asymétrique des chocs
-Règles de politique économique
After ten years of using the common currency, national divergences in the euro area are persistent and the economic growth is slower than expected. This manuscript is focusing on the use of inappropriate economic policies as potential reason for such empirical facts. It tries to reconsider the monetary and fiscal policy definition in a heterogeneous monetary union, with asymmetric monetary transmission. Three different models were developed in this work. The first one studies the monetary policy in a Barro-Gordon traditional framework, by using a game among the central bank and the different agents of the Union. The second model appeals to the interaction between monetary and fiscal policies, in order to guarantee stable economic conditions. It proposes a dynamic analysis of an asymmetric monetary Union, in a neo-keynesian framework, modified to take into account an interest rate rule for the monetary policy. The last model analyzes the importance of the previously mentioned policies for stabilizing shocks, using a DSGE model. The overall conclusions suggest that a monetary policy oriented to the reduction of the national divergences would be beneficial for the Union only if the central bank is simultaneously adverse to inflation and output divergences. If the central bank is only concerned by inflation divergences, and disregards the output differentials, the monetary policy could be counterproductive. The national policies are the main means of reducing asymmetries. They should be rigorously conducted, and must take into account the structural asymmetries in the Union. The public announcement of the national fiscal rules could be a solution for increasing the policies’ transparency and for improving their efficiency.
Source: http://www.theses.fr/2009ORLE0505/document

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 57
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Exrait



UNIVERSITÉ D’ORLÉANS



ÉCOLE DOCTORALE SCIENCES DE L’HOMME ET DE LA SOCIETÉ

LABORATOIRE D’ECONOMIE D’ORLEANS (LEO-UMR 6221)

THÈSE présentée par :
Cristina SEMENESCU-BADARAU


soutenue le : 02 Décembre 2009

pour obtenir le grade de : Docteur de l’Université d’Orléans
Discipline : Sciences Economiques


Politiques macroéconomiques et disparités
régionales dans la zone euro



THÈSE dirigée par :
Patrick VILLIEU Professeur à l’Université d’Orléans

RAPPORTEURS :
Franck MARTIN Professeur à l’Université Rennes 1
Marc-Alexandre SENEGAS Professeur à l’Université Bordeaux IV

____________________________________________________________________

JURY:
Christian BORDES Professeur à l’Université Paris 1
Grégory LEVIEUGE Maître de Conférences à l’Université d’Orléans
Franck MARTIN Professeur à l’Université Rennes 1
Jean-Paul POLLIN Professeur à l’Université d’Orléans
Marc-Alexandre SENEGAS Professeur à l’Université Bordeaux IV
Patrick VILLIEU Professeur à l’Université d’Orléans

tel-00473690, version 1 - 16 Apr 2010
















L’Université d’Orléans n’entend donner aucune approbation
ni improbation aux opinions émises dans cette thèse ;
elles doivent être considérées comme
propres à leurs auteurs.








tel-00473690, version 1 - 16 Apr 2010Remerciements

Je tiens en premier lieu à remercier le M. Patrick Villieu, mon directeur de
recherche. Je lui suis très reconnaissante de la confiance qu’il m’a accordée en me
proposant cette thèse et je le remercie pour sa collaboration, son encadrement attentif,
sa disponibilité au cours du temps et sa patience dans nos discussions. Son soutien
constant, sa passion pour la recherche et sa rigueur scientifique m’ont guidé et m’ont
encouragé à avancer dans ce travail. J’ai été toujours très impressionnée par l’attention
et la diligence de ses lectures.
Je remercie le Pr. Franck Martin et le Pr. Marc-Alexandre Sénégas qui m’ont
fait l’honneur de rapporter sur cette thèse, ainsi que le Pr. Christian Bordes d’avoir
aimablement accepté le rôle de président de mon jury de soutenance.
J’adresse ma profonde reconnaissance au Pr. Jean-Paul Pollin, pour ses
conseils et remarques précieuses lors de la pré-soutenance et durant les années lors des
séminaires de recherche où j’ai présenté mes travaux. Il m’a aidée à éclaircir mes idées
et à améliorer cette thèse. Je le remercie également d’avoir gentiment accepté de faire
partie du jury.
Mes remerciements tout particuliers s’adressent à Grégory Levieuge, qui a suivi
mon parcours depuis mon arrivée en thèse. Il m’a offert son soutien, m’a encouragée et
m’a donné ses conseils à chaque fois que j’en avais besoin. Sa collaboration m’a été très
précieuse pour la réalisation du dernier chapitre de cette thèse et je lui en suis
reconnaissante. Je le remercie également pour les remarques très utiles lors de la pré-
soutenance et pour avoir accepté d’être membre du jury.
Je n’oublie pas mes collègues et amis doctorants qui créent une ambiance très
agréable au laboratoire, ni le personnel administratif qui nous facilite la vie de tous les
jours. Je remercie Renée-Hélène en particulier, pour sa gentillesse et son aide dans
toutes les démarches administratives, surtout concernant la soutenance. Merci à Audrey,
Cheikh et Camelia pour une première lecture des chapitres de cette thèse, à Linh,
Alexandra, Elena et Angela pour leur amitié prouvée jour après jour.
Enfin, mes pensées les plus chaleureuses vont vers ma sœur et mes parents, que
je remercie de tout cœur pour leur confiance et leurs encouragements. Je ne saurais
jamais remercier Edi, mon époux, pour avoir cru en moi (plus que je ne l’ai fait moi-
même), avoir été un compagnon de route idéal pendant toutes ces années, m’avoir
supportée et particulièrement soutenue durant la rédaction de cette thèse.
tel-00473690, version 1 - 16 Apr 2010SOMMAIRE

Introduction Générale…………………………………………………………………1

1. Eléments empiriques concernant l’hétérogénéité de la zone euro…………….14
1.1 Hétérogénéité des performances économiques dans la zone euro………….…..64
1.2 D’où viennent les divergences dans la zone euro et pourquoi sont-elles
dangereuses ?......................................................................................................................39
1.3 Hétérogénéité structurelle et transmission monétaire dans l’UEM…………....46
Conclusion……………………………………………………………………… .…59
Annexe Graphique…………………………………………………………………..61

2. Politique monétaire et divergences nationales dans une Union hétérogène… 62
2.1 Comportement optimal de la banque centrale dans une Union hétérogène…....64
2.2 Mise en place de la politique monétaire optimale …..………………….…….....79
2.3 Politique monétaire et divergences d’inflation dans une Union hétérogène…...90
Conclusion…………………………………………………………………………125
Annexe Technique………………………………………………………………....129

3. Policy-mix et gestion des asymétries dans l’UEM……………………………..141
3.1 Cadre général de l’analyse : une brève revue de littérature…………….……..142
3.2 Le modèle………………………………………………………………………146
3.3 Analyse des politiques macroéconomiques au niveau de l’Union……………..152
3.4 Asymétries structurelles et effets des politiques économiques au niveau
national………………………………………………………………………...167
3.5 Policy-mix et asymétries structurelles dans l’Union………………………….175
Conclusion…………………………………………………………………………192
Annexe Technique………………………………………………………………....196



tel-00473690, version 1 - 16 Apr 20104. Asymétries financières et politique économique en Union monétaire.
Expérimentations sur un modèle DSGE………………………………………..205
4.1 Transmission monétaire asymétrique et imperfections des marchés du crédit
bancaire………………………………………………………………….……..206
4.2 Asymétries financières dans un modèle DSGE………………………………..230
4.3 Politiques économiques et asymétries financières dans une Union
monétaire………………………………………………………………………282
Conclusion…………………………………………………………………………302
Annexe Technique…………………………………………………………….........306

Conclusion Générale………………………..………………………………………. 330

Bibliographie…………………………………………………………………………337







tel-00473690, version 1 - 16 Apr 2010Introduction générale

La zone euro représente la phase la plus avancée de l’intégration économique au
sein de l’Union Européenne (UE). Après avoir graduellement franchi les étapes de zone
de libre échange, d’union douanière, de marché commun et enfin d’union économique,
seize de ses vingt-sept pays membres se regroupent actuellement dans l’Union
Economique et Monétaire (UEM), appelée la zone euro. Comme prévu à sa création,
tous les pays de l’UE devraient intégrer à terme l’Union monétaire. Les Etats membres
utilisent l’euro comme monnaie unique, et partagent la même politique monétaire.
La responsabilité de cette politique revient à la Banque Centrale Européenne
1
(BCE). Conformément à son statut défini par les traités , l’objectif principal de la BCE
est « de maintenir la stabilité des prix ». « Sans préjudice à l’objectif de stabilité des
prix », elle « apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l'Union »,
en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l'Union :
« le développement durable de l'Europe fondé sur une croissance économique
équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement
compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social, et un niveau élevé de
2protection et d'amélioration de la qualité de l'environnement » .
Mais, la conduite des politiques économiques n’est pas une tâche facile dans la
zone euro. La diversité des pays européens était depuis longtemps reconnue comme un
obstacle important à la construction le l’UEM. Les spécificités institutionnelles et
culturelles nationales de ces pays, ainsi que l’asymétrie de leurs systèmes financiers et
productifs, induisent des besoins nationaux différents et rendent difficile la conduite
d’une politique commune.
Pour répondre à cette diversité, une stratégie macroéconomique particulière à été
choisie pour la zone euro. Si les décisions de politiques monétaires sont centralisées dans
la zone, les Etats membres disposent d’autonomie dans la gestion des politiques
nationales, qui doivent être conformes aux axes généraux définis par l’Union :
« Le renforcement du potentiel de croissance et la garantie de situations
budgétaires saines forment les deux piliers sur lesquels repose la politique économique
3
et budgétaire de l'Union et des États membres » .

1
Voir le Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne, Art. 127, soit l’Article 105 du Traité
instituant la Communauté Européenne.
2 L’Art. 3 du Traité sur l’Union Européenne fait référence à ces objectifs.
3
Voir l’Art. 126 du Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne.
1
tel-00473690, version 1 - 16 Apr 2010Introduction générale
Les gouvernements nationaux sont responsables de la politique budgétaire. Ils
doivent assurer la bonne allocation des dépenses publiques dans l’économie pour
renforcer la croissance, tout en respectant les règles de discipline imposées par l’Union.
Le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC) définit ces règles. Il impose aux
gouvernements nationaux des ratios du déficit budgétaire/PIB inférieurs à 3% et une
limite maximale de 60% de leurs ratios dette publique/PIB. C’est le cadre de référence
dans lequel doit s’effectuer la coordination des politiques budgétaires des Etats
membres. En cas de non-respect du PSC, les gouvernements doivent fournir des
explications. Ils peuvent même subir des sanctions, si les déséquilibres persistent au-delà
d’un délai considéré raisonnable par l’Union. Conformément à la réforme de 2005 du
PSC, les Etats membres peuvent cependant échapper aux sanctions dès lors qu'ils se
trouvent en situation de récession. En fonction de la gravité des faits, les délais accordés
pour le retour à l’équilibre seront allongés. Etant donné que la crise financière mondiale
de 2008-2009 a fortement touché les économies européennes, les critères du PSC ne
semblent plus à l’ordre du jour, et la situation pourrait perdurer.
Le rôle de cette configuration de politiques économiques était de réduire
progressivement les asymétries dans l’Union (afin d’accroître les bénéfices de la
politique commune), d’assurer une croissance économique soutenable et un faible taux
de chômage, dans un environnement non-inflationniste.
Or, les évolutions en termes de croissance ont été plutôt décevantes. Depuis
quelques décennies, l’Europe semble avoir progressivement perdu sa capacité à soutenir
l’activité de manière stable. La situation n’a pas changé après le passage à l’Union
monétaire. A titre d’exemple, le taux de croissance de la zone euro est resté relativement
faible et systématiquement inférieur à celui des Etats-Unis. La Figure 1 illustre ces faits.
Figure 1. Taux de croissance tendancielle zone euro / Etats-Unis







Source de données : Eurostat et Bureau of Economic Analysis, US Department of Commerce
2
tel-00473690, version 1 - 16 Apr 2010Introduction générale
Elle compare le taux de croissance annuel aux Etats-Unis et dans la zone euro et
met en évidence une particularité européenne inquiétante : la dégradation tendancielle de
la croissance dans le temps. Si les Etats-Unis se caractérisent par une forte stabilité de
leur taux de croissance tendanciel, chaque accident conjoncturel semble déprimer
durablement l’activité économique européenne.
Quant aux divergences nationales dans zone euro, les résultats ne sont pas non
plus favorables. L’hétérogénéité des performances économiques nationales (inflation et
taux de croissance) n’a pas diminué depuis le passage à la politique monétaire commune.
Elle présente, en outre, un fort degré de persistance dans le temps. Cela implique une
dynamique divergente des revenus et des prix dans l’Union et traduit le caractère
fondamentalement structurel des asymétries dans cette région. Les graphiques de la
Figure 2 mettent en évidence ces particularités. Ils tracent l’évolution dans le temps de
l’écart-type simple d’inflation et de taux de croissance dans la zone euro, ainsi que la
dynamique cumulée des revenus nationaux et des prix pour les 12 premiers pays
membres de l’Union (en déviation par rapport à l’évolution des variables moyennes de la
zone).
Figure 2. Divergences nationales à l’intérieur de la zone euro














Source de données : Eurostat
3
tel-00473690, version 1 - 16 Apr 2010Introduction générale
Les pays où les variables nationales s’écartent de la moyenne de l’Union par des
valeurs positives sont des pays qui connaissent des taux d’inflation et/ou des taux de
croissance, systématiquement plus élevés que ceux de la zone. De manière symétrique,
les agrégats nationaux s’écartent de la moyenne par des valeurs négatives, pour les pays
où leurs taux de croissance sont systématiquement inférieurs à ceux de la zone. Des
divergences existent dans l’UEM aussi bien en ce qui concerne les variables réelles et
nominales et elles ne sont pas de nature à disparaître prochainement.
Selon le Rapport du Conseil d’Analyse Economique (Aghion & al., 2006), ces
évolutions seraient attribuables, au moins en partie, au « dysfonctionnement du système
de politique économique européenne, qui tient aux principes qui le sous-tendent et aux
incitations qu’il met en place ».
La question de la conduite des politiques macroéconomiques dans une Union
monétaire asymétrique reste alors ouverte. Elle constitue l’élément central autour duquel
sera construit le présent travail de recherche. En utilisant des outils théoriques divers
d’analyse statique et dynamique, la thèse cherche à mieux définir le rôle des différentes
autorités (monétaires et budgétaires) dans la gestion des disparités nationales dans une
Union hétérogène. Des stratégies alternatives de décision seront évaluées pour la banque
centrale et, respectivement, pour les gouvernements nationaux, tout en restant aussi près
que possible des conditions statutaires décrites par les Traités de l’Union Européenne.
Dans la littérature, les études théoriques s’intéressant à la gestion des politiques
1
économiques dans un cadre du « policy-mix » ont été nombreuses . Les questions
posées, dans le contexte simplifié d’un seul pays, concernent à la fois la détermination
du statut de la banque centrale et le besoin de coopération avec le gouvernement. Mais
leurs résultats ne font pas l’unanimité. Selon les travaux de Rogoff (1985b), Walsh
(1995), Persson & Tabellini (1993) ou Svensson (1997b), l’indépendance de la banque
centrale s’est imposée pour éviter le souci d’inconséquence temporelle, nuisible à la
2crédibilité de la politique monétaire . Cependant, lorsqu’elle est étudiée dans un contexte
de « policy-mix », en interaction avec la politique budgétaire, son optimalité est parfois
3
remise en cause . C’est notamment le cas lorsque l’indépendance de la banque centrale
est interprété comme sa capacité à imposer sa politique au gouvernement (Debelle &
Fischer, 1994). Elle peut toutefois constituer une solution acceptable, si la coordination
entre autorités monétaires et budgétaires est difficilement concevable (Blinder, 1982).
Cette position est partagée par Thygessen (1993), selon qui cette « monture bicéphale »

1
Desquilbet & Villieu (1998a) présentent un bilan critique sur la littérature consacrée au policy-mix.
2 Voir les modèles fondateurs de cette théorie, de Kydland & Prescott (1977) et Barro & Gordon (1982).
3
C’est le cas des études de Blinder (1982), Nordhaus (1994) ou Debelle & Fischer (1994), par exemple.
4
tel-00473690, version 1 - 16 Apr 2010Introduction générale
conduit le plus souvent à un « conflit constructif » et non pas à un « jeu destructeur» :
davantage de coordination serait « contreproductif ».
Les enseignements de ces travaux s’appliquent dans le contexte de la zone euro.
La configuration discutée par Debelle & Fischer (1994) peut être particulièrement
valable, étant donnée la conduite centralisée de la politique monétaire, alors que la
responsabilité des politiques budgétaires incombe aux gouvernements nationaux.
L’analyse du « policy-mix » dans l’Union soulève alors des interrogations spécifiques,
liées à la coordination internationale des politiques budgétaires, face à la manifestation
des chocs asymétriques. Muet (1995), Goodhart (1995), Masson (1996) ou Persson &
Tabellini (1996) soutiennent le centralisme budgétaire comme réponse au besoin de
coordination des politiques nationales, à travers la mise en place d’un budget fédéral.
Cela demande une coopération forte entre les Etats membres, dont les avantages ne sont
pas incontestables. Les travaux de Beetsma & Bovenberg (1998) ou Villieu (2000) sont
moins tranchants sur la question de la coopération budgétaire. Ils analysent
comparativement les avantages de la coopération, respectivement de la décentralisation
des politiques budgétaires, dans le contexte de l’élargissement de l’Union. Avec
l’élargissement, le besoin de coopération budgétaire pour répondre à l’asymétrie de
chocs diminue. Selon Beetsma & Bovenberg (1998), l’absence de coopération a même le
rôle de discipliner les gouvernements nationaux et devient d’autant plus bénéfique que le
nombre de pays de l’Union est important.
Les avis quant à la définition du policy-mix en Union monétaire restent alors
partagés. L’intérêt de la coordination des politiques budgétaires dépend
fondamentalement des cadres d’analyse employés et des caractéristiques structurelles
des modèles utilisés. Comme discuté dans Van Aarle & al. (2002) cette remarque est
encore plus valable lorsque l’on introduit d’autres sources d’hétérogénéité dans l’Union,
notamment des asymétries structurelles. Pour une Union monétaire avec asymétries dans
la transmission des chocs, les analyses sont peu nombreuses dans la littérature et leurs
résultats sont encore divergents. Si Menguy (2004, 2005) trouve que l’inefficacité
associée à la une solution non-coopérative de politique budgétaire augmente dans une
telle Union hétérogène, Villieu (2008), Lambertini & al. (2007) ou Grimm & Ried
(2007) montrent qu’une coalition entre les gouvernements nationaux peut s’avérer
encore plus coûteuse que la solution non-coopérative.
Nous reviendrons sur la question de la coordination des politiques budgétaires en
Union asymétrique, dans le dernier chapitre de cette thèse. Mais avant de commencer les
exercices de modélisation des politiques économiques en Union hétérogène, nous allons
tout d’abord nous intéresser aux divergences nationales dans la zone euro.
5
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