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Janvier
2011
n° 58
Politiques sociales locales :
l’éclairage statistique
p. 2 à 10
p. 11
France, portrait social - Édition 2010 Le commerce en France - Édition 2010 Politiques sociales locales : l’éclairage statistique
Éditorial
Connaître pour agir, quelle information statistique Sommaire
construire et partager au service des politiques de
Le vaste champ statistique du social p. 3solidarité ? Ce débat, initié à Nantes en janvier 2008
par divers acteurs nationaux et locaux - dont bien Le vieillissement de la population p. 4
sûr des conseils généraux - s’est prolongé au sein se poursuit en Seine-Maritime
d’un groupe de travail mis en place sous l’égide du
La dépendance des personnes âgées p. 5
Cnis, du service statistique public et de l’Assemblée dans les Alpes-Maritimes
des départements de France. Ce groupe a produit à l’horizon 2020
en décembre 2009 un premier socle d’indicateurs
Travailler et être pauvre en Lorraine p. 6
sociaux départementaux pour éclairer les politiques
sociales, prémices d’un système d’information Les inégalités aux Antilles-Guyane p. 7
harmonisé sur l’ensemble du territoire ; une seconde
Les facteurs sociaux de la réussite p. 8
étape est programmée pour 2011. scolaire en Picardie
C’est dans ce même esprit de coordination que
La double journée des Franc-Comtoises p. 9l’Insee propose aux acteurs publics en région des
études en partenariat orientées vers l’évaluation, Le logement en Midi-Pyrénées : p. 10
le diagnostic et la ...

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Langue Français
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Exrait

Janvier 2011 n° 58
Politiques sociales locales: l’éclairagestatistique p.2 à10
p. 11 France, portrait social - Édition 2010
Le commerce en France - Édition 2010
P o l i t i q u e s s o c i a l e s l o c a l e s : l ’ é c l a i r a g e s t a t i s t i q u e
Éditorial
Connaître pour agir, quelle information statistique construire et partager au service des politiques de solidarité ?Ce débat, initié à Nantes en janvier 2008 par divers acteurs nationaux et locaux - dont bien sûr des conseils généraux - s’est prolongé au sein d’un groupe de travail mis en place sous l’égide du Cnis, du service statistique public et de l’Assemblée des départements de France. Ce groupe a produit en décembre 2009 un premier socle d’indicateurs sociaux départementaux pour éclairer les politiques sociales, prémices d’un système d’information harmonisé sur l’ensemble du territoire ; une seconde étape est programmée pour 2011. C’est dans ce même esprit de coordination que l’Insee propose aux acteurs publics en région des études en partenariat orientées vers l’évaluation, le diagnostic et la prospective dans le champ du social. Vieillissement de la population, intensité de la pauvreté, égalité des chances sont, par exemple, des sujets que l’Insee est désormais capable de traiter rapidement avec ses partenaires, grâce à la mutualisation des méthodes utilisées par ses services en région. Ce dossier illustre la diversité des acteurs locaux déjà engagés aux côtés de l’Institut dans ces partenariats et il leur donne la parole. C’est aussi une invitation à développer ces études en commun auxquelles l’ensemble du service statistique public apporte sa contribution.
Chef du départe de l’action régio de l’In
p2- Janvier 2011 - n°58-INSEEActualitésMagazin
Bernard Morel
Sommaire Le vaste champ statistique du social
Le vieillissement de la population se poursuit en Seine-Maritime
La dépendance des personnes âgées dans les Alpes-Maritimes à l’horizon 2020
Travailler et être pauvre en Lorraine
Les inégalités aux Antilles-Guyane
Les facteurs sociaux de la réussite scolaire en Picardie
p. 3 p. 4
p. 5
p. 6p. 7 p. 8
La double journée des Franc-Comtoisesp. 9 Le logement en Midi-Pyrénées :p. 10 quels choix pour les ménages pauvres ou modestes ?
P o l i t i q u e s s o c i a l e s l o c a l e s : l ’ é c l a i r a g e s t a t i s t i q u e
Le vaste champ statistique du social En France, beaucoup de sphères d’intervention sont qualifiées de « sociales » : on parle de sécurité sociale, d’action sociale, de cohésion sociale, de logement social, etc. La plupart des études statistiques réalisées par l’Insee en partenariat visent à porter un diagnostic ou à anticiper les besoins sociétaux. e champ du social est très et la jeunesse en danger, les minima é t e n d u . P a r v o i e d e sociaux et l’insertion, les personnes conséquence, les politiques âgées en dépendance. L s o c i a l e s m e n é e s s o u s l a responsabilité des acteurs L’ I n s e e s ’ e ff o rc e d e r é p o n d re d e locaux sont caractérisées par une m a n i è re c o h é re n t e à l ’ e n s e m b l e imbrication de domaines très divers. des acteurs publics locaux sur leurs d o m a i n e s d e c o m p é t e n c e . A i n s i , P o u r g u i d e r l e s a c t e u r s d e s l’institut a ajouté aux problématiques p o l i t i q u e s s o c i a l e s , l ’ I n s e e m e t à départementales déjà citées celles la disposition des acteurs locaux d e l ’ é g a l i t é d e s c h a n c e s e t d u d e s d o n n é e s e t d e s a n a l y s e s s u r logement. d e s t h è m e s v a r i é s , q u i s o n t d e véritables outils d’aide à la décision. On ne trouvera pas dans ce numéro Les thèmes traités par la statistiqueLes politiques sociales sont caractériséesde référence à la Politique de la ville, par une imbrication de domaines très divers. publique couvrent actuellement un carINSEE Actualités Magazinea déjà l a r g e p a n o r a m a : f a m i l l e s , p e t i t e consacré un dossier à ce sujet en enfance, handicaps, santé, parité, 2007 (n° 45). i l l e t t r i s m e , p a u v re t é e t p r é c a r i t é , immigration, personnes âgées, etc. L e v a s t e d o m a i n e d e l a s a n t é pourrait faire l’objet d’un dossier à D a n s t o u s c e s d o m a i n e s , l e s lui tout seul. Même si des directions d o n n é e s s o n t c o l l e c t é e s e t régionales de l’Insee sont sollicitées analysées par l’Insee, les services re n e s y p o s e s , re v e n u s p o u r p a r t i c i p e r à l a m i s e e n s t a t i s t i q u e s d e s m i n i s t è r e s , territorialisés des ménages, taux de p l a c e d e s o u t i l s p r é v u s p a r différentes administrations d’État, pauvreté départementaux, etc. l a l o i « H ô p i t a l , p a t i e n t s , avec le concours d’autres acteurs s a n t é e t t e r r i t o i r e s » , i l a p a r u des politiques sociales. C e n u m é r o d ’A c t u a l i t é sI N S E E préférable de faire un point sur les Magazinestatistiques de santé une fois que lesprésente plusieurs études Les résultats obtenus par l’Insee sont réalisées par l’Insee, en partenariat nouvelles structures locales, agences mis à disposition des publics sous avec les acteurs publics locaux, sur r é g i o n a l e s d e s a n t é e t d i re c t i o n s forme de produits diversifiés : quatre thématiques : régionales de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale auraient • les résultats du recensement de • le vieillissement ; coopéré. l a p o p u l a t i o n , d i s p o n i b l e s s u r • la pauvreté ; www.insee.fr ; • l’égalité des chances ; Comme le souligne Ber nard Morel • les résultats des autres enquêtes • le logement. dans son éditorial, ce dossier est menées par l’Insee ; résolument orienté vers les acteurs • l e s p r o d u i t s s u r m e s u r e q u e L e s p a r t e n a i re s p o u r c e s é t u d e s locaux. En conséquence, ne sont pas l e s a c t e u r s l o c a u x p e u v e n t s o n t v a r i é s : c o n s e i l g é n é r a l , présentées les enquêtes nationales commander ; conseil régional, rectorat, conseil q u i e x p l o re n t l e c h a m p d u s o c i a l • les résultats des études menées é c o n o m i q u e e t s o c i a l r é g i o n a l , mais ne donnent pas de résultats en partenariat qui débouchent sur caisse d’allocations familiales, etc. a u n i v e a u l o c a l , à l ’ e x c e p t i o n d e la réalisation d’une publication. deux enquêtes : l’enquête statistique L’importance des problématiquessur les ressources et conditions de L e s é t u d e s r é a l i s é e s l o r s d ’ u ndépartementalesvie (SRCV) qui peut fournir certains partenariat avec des acteurs locaux Le groupe de travail du Cnis qui a i n d i c a t e u r s à l ’ é c h e l l e v i s e n t p o u r l a p l u p a r t à p o r t e r élaboré des « indicateurs sociaux r é g i o n a l e , o b t e n u s g r â c e à u n d i a g n o s t i c s u r l e s q u e s t i o n s d é p a r t e m e n t a u x » a c o n d u i t s e s d e s e s t i m a t i o n s d i t e s « s u r sociales ou à anticiper les besoins r é f l e x i o n s e n f o n c t i o n d u c h a m p p e t i t s d o m a i n e s » e t l ’ e n q u ê t e de notre société. Ainsi, à partir de d ’ i n t e r v e n t i o n d e s c o n s e i l s n a t i o n a l e L o g e m e n t , q u i f a i t problématiques sociales identifiées, généraux en matière sociale : les régulièrement l’objet d’extensions l ’ I n s e e r é a l i s e d e s é t u d e s s u r l e s personnes handicapées, l’enfance dans plusieurs régions.
INSEEActualitésMagazine - n°58- Janvier 2011- p3
P o l i t i q u e s s o c i a l e s l o c a l e s : l ’ é c l a i r a g e s t a t i s t i q u e
Les départements au cœur du social Avec 71 indicateurs répartis sur quatre domaines-clés de la politique sociale - personnes handicapées, enfance et jeunesse en danger, minima sociaux et insertion, personnes âgées en dépendance ou en voie de dépendance - le groupe du Cnis sur les « indicateurs sociaux départementaux » aprésenté en décembre 2009 le socle de ce que pourrait être le futur système d’information et d’échanges entre acteurs du social.
La démarche a été initiée lors d’un colloque organisé à Nantes en janvier 2008, par une commission du Cnis, avec le concours de l’Assemblée des départements de France et le conseil général (CG) de Loire-Atlantique. La direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Drees) et l’Insee s’y sont fortement investis. La démarche est entrée en 2010 dans une seconde phase d’expérimentation qui doit tester la robustesse des indicateurs retenus et surtout évaluer leur faisabilité en termes de mesure. Dès janvier 2011, cette expérience menée dans une vingtaine de départements et par quelques instances nationales sera progressivement généralisée.
Joël Guist’hau, directeur général adjoint du CG de Loire-Atlantique, chargé de la solidarité, a présidé la première phase; Michèle Mansuy, chargée de mission à la sous-direction « Observation de la solidarité » de la Drees, était le corapporteur. J. Guist’hau remarque que « les
personnes en charge de l’observation sociale dans les départements éprouvent parfois des difficultés à faire prendre en compte la réalité de leurs observations par les responsables et les élus locaux et surtout à rendre publiques ces observations au-delà de leur territoire. « En harmonisant et en simplifiant l’information produite, et en réalisant, au-delà des seuls indicateurs, des « analyses partagées », la démarche mise sur un décloisonnement des acteurs. « Si l’on a cherché à mettre en place un ensemble d’indicateurs, qui ne soient pas une simple juxtaposition, mais qui forment système, c’est aussi parce que nous voulions que l’observation contribue à remédier au cloisonnement des politiques locales, notamment en replaçant la personne au centre des préoccupations. » Comment parvenir à ce qu’uneMaisondépartementaledespersonneshandicapées(MDPH) et la Protection de l’enfance aient un regard croisé sur un adolescent relevant de leurs deux services ? Dans le champ du handicap, la création d’un indicateur des « places offertes par rapport aux orientations données par la MDPH » devrait permettre de remédier à une lacune du système actuel d’observation qui ne permet pas de savoir si les orientations données par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDA) sont suivies d’effet. Pour Michèle Mansuy, la restitution des expérimentations, en janvier 2011, devrait conduire à la généralisation du calcul des indicateurs à l’ensemble des départements. Selon elle, avec cette démarche, « un réseau sans équivalent a été constitué et il faudra trouver des modalités pour le faire subsister. »
Pour en savoir plus : • Rapport du groupe du Cnis « Indicateurs sociaux départementaux » - décembre 2009, www.cnis.fr/doc/rapports/RAP_0086.HT
Vieillissement Le vieillissement de la population se poursuit en Seine-Maritime En Seine-Maritime, la population âgée de 60 ans ou plus va augmenterdeprèsd´untiersd´ici2020.Suivantcetteprogression,le nombre de personnes âgées potentiellement dépendantes devrait augmenter de 18 % dans les quinze prochaines années. ici 2020, les plus de 85 ans l´évolution de la population dépendante représenteraient plus de âgée de 75 ans ou plus, le nombre de D la moitié de la population résidents en institution pourrait atteindre d é p e n d a n t e ( 4 4 % e n 21 000 personnes en 2020. Les effectifs 2005). En 2020, 32 % en personnel soignant devront donc des personnes dépendantes vivraient augmenter pour accompagner ces en institution, contre 35 % en 2005. Les personnes dépendantes. personnes âgées dépendantes vivant S i l a r é p a r t i t i o n d e s p l a c e s seules à domicile représenteraient entre les différents types d’établissements 21 % de la population dépendante en 2020 n’évoluait pas d’ici 2020, une grande partie (18,5 % en 2005). des places se situeraient en maisons de D´ici 2020, 5 700 emplois supplémen- retraite (MDR) ou en établissements t a i r e s s e r a i e n t n é c e s s a i r e s p o u r d´hébergement pour personnes âgées : répondre aux besoins liés à la dépendance. 47 % de l’ensemble. Les logements foyers Si l´évolution du nombre de places suit et les autres alternatives (entre le logement
p4- Janvier 2011 - n°58-INSEEActualitésMagazine
de ces places et les unités de soins longue durée 9 %.
Pour en savoir plus : Haute-Normandie « L e s p e r s o n n e âgées dépendantes en Seine-Maritime : u n e a u g m e n t a t i o n potentielle de 18 % entre 2005 et 2020 » Avaln° 80 - juin 2009
Vieillissement
P o l i t i q u e s s o c i a l e s l o c a l e s : l ’ é c l a i r a g e s t a t i s t i q u e
Entretien Le conseil général de Haute-Normandie partenaire de l’Insee Isabelle Jollivet-PerezComment les résultats ont-ils été utilisés par Directrice de la Direction de la personne âgée le conseil général ? du conseil général de Seine -Maritime. Nous avons obtenu des éléments quantitatifs Sur quel thème précis l’étude portait-elle ?de référence pour élaborer le programme L’étude portait sur la dépendance des interdépartemental d’accompagnement des personnes âgées d’ici à 2020 (degré de handicaps et de la perte d’autonomie (PRIAC) dépendance, conditions de vie et conditions entermesdebesoinsdeplacesenétablissements de ressources). dansles10ansàvenir.Desdonnéesessentielles nous ont également été fournies pour étudier Comment le partenariat s’est-il noué ?les besoins à couvrir (formation, emploi…) Le partenariat s’est noué sur la base du schéma concernantlesservicesd’aideàdomicile,surles départemental en faveur des personnes âgées, ressources des personnes âgées dans les 20ans intitulé « Bien vieillir en Seine-Maritime ». à venir et les modes d’habitat. Ainsi, une première rencontre a eu lieu pour fixerlesobjectifsetlesenjeuxdel’étude.Puis,auEn quoi l’étude a-t-elle répondu à votre coursd’unedeuxièmerencontre,uneconventiondemande ? de partenariat a été établie. Une troisième L’étude a donné des éléments objectifs et rencontre a permis de faire le point sur les quantifiés. Elle permet d’avoir une analyse données obtenues (sociales, démographiques, prospective et de mettre en place des actions etc.) et d’échanger sur les résultats. adaptées aux besoins.
La notion de dépendance Dans la définition retenue par la loi du 24 janvier 1997, la dépendance se dit de « l’état de la personne qui, nonobstant les soins qu’elle est susceptible de recevoir, a besoin d’être aidée pour l’accomplissement des actes essentiels de la vie ou requiert une surveillance régulière ». La dépendance est liée non seulement à l’état de santé de l’individu, mais aussi à son environnement matériel: une personne âgée se déplaçant difficilement sera très dépendante si elle habite en étage dans un immeuble sans ascenseur, mais plus autonome dans le cas contraire. er Au 1 janvier 2008, l’Insee recensait 1 314 920 personnes âgées de plus de 85 ans. En 2015, elles seront plus de 2 millions et en 2060, si les tendances démographiques observées jusqu’ici se prolongent, elles dépasseront 5 millions.
La dépendance des personnes âgées dans les Alpes-Maritimes à l’horizon 2020 Le conseil général des Alpes-Maritimes et l’Insee se sont associés pour réaliser une étude dont les principaux résultats ont été présentés lors d’une conf n t r e 2 0 0 5 e t 2 0 2 0 , l e En 2020, 24 % des personnes âgées d é p a r t e m e n t c o m p t e r a i t dépendantes seraient en institution 68 000 personnes âgées contre 29 % en 2005. liéeEde 11 %.principalement à l’augmentation supplémentaires. Les taux de dépendance Le nombre de personnes dépendantes sont en recul : cette évolution serait vivant seules à domicile serait en hausse La dépendance engendrera une hausse de des 60-74 ans, tranche nombreuse et l’emploi de 30 % dans les Alpes-Maritimes. traditionnellement peu concernée par L’emploi induit par la dépendance la dépendance. À tout âge, on observe progresserait d’environ 30 %. Les 42 % du total des emplois en 2020 et un recul des taux de dépendance. personnels soignants représenteraient les aides à domicile 49 %.
Omphale a de l’avenir… L’application Omphale est un outil méthodologique de projection du nombre d’habitants, d’actifs, de logements et d’élèves. Omphale permet d’effectuer des projections démographiques (population, ménages et actifs) sur les regroupements de communes totalisant plus de 50 000 habitants, à partir des données des recensements de population et de l’état-civil. Ces projections sont utilisées par les acteurs locaux pour l’anticipation des besoins en infrastructures et en services. La version 2010 d’Omphale
permet la réalisation de projections démographiques dans le cadre du recensement rénové. La nouvelle application prend davantage en compte les spécificités démographiques locales et rend possibles des projections de flux migratoires entre territoires par origine et destination. Les acteurs publics locaux peuvent ainsi passer commandes de projections démographiques qui leur seront livrées selon plusieurs scénarii et avec des hypothèses d’évolution paramétrables.
INSEEActualitésMagazine - n°58- Janvier 2011- p5
P o l i t i q u e s s o c i a l e s l o c a l e s : l ’ é c l a i r a g e s t a t i s t i q u e
Vieillissement
La grille Aggir La grille Aggir (Autonomie gérontologie g ro u p e s i s o - re s s o u rc e s ) e s t u n « outil de mesure de l’autonomie, à travers l’observation des activités qu’effectue seule la personne âgée ». Cette grille répartit les personnes dans six groupes Gir, les personnes d é p e n d a n t e s a p p a r t e n a n t a u x groupes 1 à 4.
Pour en savoir plus :
PACA « Alpes-Maritimes, vers une stabilisation du nombre de personnes âgées dépendantes d’ici 2020 » -Rapport d’étude n° 26 - juin 2009
Interview Eric Ciotti Président du conseil général, député des Alpes-Maritimes Pourquoi le conseil général souhaitait-il une étude sur la dépendance des personnes âgées ? Avecl’allongementdeladuréedevie,lenombrede personnesâgéesdeplusde80ans,particulièrement soumisesaurisquededépendance,estenconstante augmentation. De plus, avec l’amélioration des conditions du vieillissement, elles souhaitent préserver leur autonomie et aspirent à vivre dans les meilleures conditions. Pour les accompagner, le conseil général met en œuvre une politique solidaire,humaineetgénéreuse,baséenotamment sur des services d’hébergement et des prestations comme l’allocation personnalisée d’autonomie. 120 millions d’euros sont dédiés à cette politique, dont 80 millions pour le maintien à domicile de 15 000 personnes. Mais il faut s’adapter aux nouveaux besoins des seniors. Pour mieux les connaître, les comprendre et les anticiper, j’ai souhaité que le conseil général s’associe à l’Insee, par un partenariat sur les personnes âgées dépendantes, afin de mener une étude précise des projections dans les Alpes-Maritimes à l’horizon 2020. Pourquoi un partenariat avec l’Insee ? L’Insee a développé un outil spécifique, autour de la dépendance des personnes âgées. Le traitement
d’informations issues de différentes bases de données permettra de mieux appréhender le poids des personnes âgées potentiellement dépendantes durant les 12 prochaines années. Quel lien avec le schéma gérontologique ? Le schéma gérontologique de 2005 incluait des projections démographiques à l’horizon 2020 qui pouvaient être affinées grâce à de nouvelleshypothèsesconduitesàpartird’éléments plus récents. Cette nouvelle étude contribue à l’actualisation du schéma pour la poursuite de la planification d’une prise en charge toujours plus adaptéeauxattentesdesseniorsetdeleursfamilles. Quelles ont été les difficultés ? Lanotiondedépendanceestcomplexe,etladéfinir pour la catégoriser est d’autant plus compliqué. Il était nécessaire pour les études et les travaux menés, de s’appuyer sur des critères communs qui répondent à l’approche du conseil général qui détermine le calcul de l’allocation personnalisée d’autonomieetàl’approchedel’Insee,surlaquelle sontbaséeslesenquêtesautourduressenti,comme Handicap-Incapacité-Dépendance. C’est la grille Aggir qui a été choisie. D’autre part, la diversité géographique dans les Alpes-Maritimes induit des inégalités de peuplement qui ont dû être prises en compte pour une étude complète.
Pauvreté Travailler et être pauvre en Lorraine La situation des « travailleurs pauvres » a été étudiée dans le cadre d’une étude réalisée par l’Insee et le conseil général de Meurthe-et-Moselle. é m i e t t e m e n t p r o g r e s s i f qu’ayant un emploi, des hommes qui permet d’obtenir des indicateurs d u t r a v a i l a g é n é r é et des femmes vivent sous le seuil régionaux. u n e n o u v e l l e f o r m e d e de pauvreté. Cette pauvreté s’est Appliquée à la pauvreté laborieuse, L50ll.eepsr00r0essoonnentncradueaifdutétstnocseuMnoeFneidolsdeuenevRSR(evitcaétiraA)pauvreté, perçue d’abord a n c r é e d a n s l e p a y s a g e s o c i a l , c e t t e m é t h o d o l o g i e a f o u r n i d e s comme paradoxale : bien m ê m e s i s o n d é v e l o p p e m e n t e s t r é s u l t a t s p o u r l a L o r r a i n e e t l e  d é p a r t e m e n t d e l a M e u r t h e - e t -et plus généralement des politiques des travailleurs pauvres, soit 6 % d e r e d i s t r i b u t i o n . C e s o n t c e s travailleurs pauvres et cette pauvreté laborieuse que l’Insee Lorraine aPour en savoir plus : entrepris d’analyser, à la demande du conseil général de Meurthe-et-La pauvreté laborieus• « Moselle.e n L o r r a i n e e t L’étude s’est appuyée sur l’enquêteMeurthe-et-Moselle : s t a t i s t i q u e s u r l e s r e s s o u r c e smécanismes à l’œuvre e t c o n d i t i o n s d e v i e ( S R C V ) ,et leviers à mobiliser » -p a r t i e f r a n ç a i s e d ’ u n e e n q u ê t eÉconomie Lorrainecommunautaire. L’enquête nationalen° 204 - janvier 2010. SRCV ne fournit pas normalement dea F « L s e se t r a n c e résultats au plan local. Mais l’Inseerégions », édition 2010, a d é v e l o p p é u n e m é t h o d o l o g i eInsee Référencespages 18 à 26. La pauvreté laborieuse touche particulièrement les femmes à la tête d’une famille monoparentale.originale dite sur « petits domaines »
gazine
P o l i t i q u e s s o c i a l e s l o c a l e s : l ’ é c l a i r a g e s t a t i s t i q u e
Pauvreté de l’ensemble des travailleurs de la région. La pauvreté laborieuse t o u c h e p a r t i c u l i è re m e n t c e r t a i n s profils de ménages : les femmes à la tête d’une famille monoparentale et fréquemment contraintes au travail à t e m p s p a r t i e l , l e s f a m i l l e s
n o m b re u s e s d o n t u n s e u l a d u l t e est actif, les personnes seules… E n M e u r t h e - e t - M o s e l l e , l ’ i n t e n s i t é d e l a p a u v r e t é [ v o i r e n c a d r é ] e s t l a p l u s é l e v é e d e t o u s l e s d é p a r t e m e n t s f r a n ç a i s(à l’exclusion de Paris).
Pauvreté en France Sans la redistribution opérée par les diverses prestations sociales, il y aurait près de 19 % de pauvres en France en 2006. Grâce à elle, ce taux est ramené à 13,2 % : ce chiffre ne doit pas masquer les écarts entre régions où la pauvreté est inférieure à la moyenne (Alsace, Bretagne, Pays de la Loire) et régions où la pauvreté est plus importante (Corse, Languedoc-Roussillon, Nord-Pas-de-Calais). Pauvreté et inégalités vont de pair, sauf en Île-de-France où se combinent un taux de pauvreté relativement faible par rapport à la moyenne et une forte inégalité, du fait de la proportion élevée des hauts revenus dans la région. L’hétérogénéité des situations régionales est largement commandée par la démographie et le poids relatif de couches sociales plus fragiles que d’autres. En croisant intensité et caractéristiques de la pauvreté observées, l’Insee a établi une typologie des départements français en six groupes répartis sur tout l’Hexagone.
Pauvreté, intensité de la pauvreté
Une personne (ou un ménage) est considérée comme pauvre lorsqu’elle vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. En Europe, le seuil de pauvreté est fixé à 60 % du revenu médian (revenu qui partage la population en deux groupes de même effectif). L’intensité de la pauvreté est un indicateur qui mesure à quel point le niveau de vie de la population pauvre est éloigné du seuil de pauvreté. Formellement, il est calculé de la manière suivante : (seuil de pauvreté - niveau de vie médian de la population pauvre) / seuil de pauvreté. Plus cet indicateur est élevé, plus la pauvreté est dite intense.
Les inégalités aux Antilles-Guyane L’étude a permis de comparer la situation sociale et économique en Guadeloupe, Martinique et Guyane. e s c a i s s e s d ’ a l l o c a t i o n s imputable au développement de formes L’étude a confirmé que les transferts f a m i l i a l e s ( C a f ) d e l a particulières d’emploi (CDD, emplois sociaux réduisaient les inégalités par G u a d e l o u p e , d e l a aidés, emplois à temps partiel, etc.). la redistribution. L Martinique, de la Guyane et l’Insee ont réalisé une étude e n p a r t e n a r i a t a f i n d e d é v e l o p p e rInterview l a c o n n a i s s a n c e d u t i s s u s o c i a l e t Jean Saint-Clément é c o n o m i q u e d e l a r é g i o n . C e t t eDirecteur de la Caf de la Guadeloupe collaboration a abouti à la publicationSur quel thème précis l’étude portait-elle ?parent isolé (API), a conduit naturellement intitulée « Les inégalités aux Antilles-L’objectif était d’analyser la pauvreté des les acteurs locaux à s’intéresser aux Guyane : dix ans d’évolution ».publics potentiellement concernés. Ainsi,ménages en Guadeloupe, en Martinique et D a n s c e s d é p a r t e m e n t s , l e sl’Agence départementale d’insertion (ADI),en Guyane. L’étude reposait essentiellement f a m i l l e s m o n o p a re n t a l e s s o n t t r è sétablissement public local, rattaché au conseilsur l’exploitation de l’enquête « Budget des touchées par la pauvreté. En outre,général, avait besoin d’une informationfamilles » réalisée en 2006 par l’Insee et sur l e s p e r s o n n e s r é s i d a n t d a n s c e sles informations contenues dans le fichier statistique précise pour assurer l’ensemble des départements, originaires d’un Étatdes allocataires des Caf, notamment la base attributions relatives au RMI. h o r s d e l ’ U n i o n e u ro p é e n n e , s o n tL’ADI, grâce à la connaissance de la situationressources ainsi que le montant des différentes encore plus défavorisées que cellesetdel’importancedesfamillesmonoparentalesprestations servies. originaires des départements d’Outre-pauvres a davantage développé son axe social mer. La forte hausse de l’emploi auComment le partenariat s’est-il noué ?enaccompagnant,notamment,desprojetssurla cours des dernières années est surtoutDes contacts ont eu lieu avec l’Insee dès lutte contre l’illettrisme et l’accès au logement. 2006 pour définir un cadre pluriannuel de contributions.En quoi l’étude a-t-elle répondu Pour en savoir plus : à votre demande ? DIRAGComment les résultats ont-ils été utilisés?L’étude a montré la pertinence des choix « Les inégalitésdes Caf qui mettent en place desLe panorama des minima sociaux a évolué : d’action aux Antilles-l’instauration prévue avant fin 2010 du interventions ciblées pour les allocataires Guyane : dix ansrevenu de solidarité active dans les Dom, les plus démunis et développent des actions d’évolution » –partenarialesaveclescollectivitésterritorialesen remplacement du revenu minimum juillet 2009et l’État.d’insertion (RMI) et de l’Allocation de
INSEEActualitésMagazine - n°58- Janvier 2011- p7
P o l i t i q u e s s o c i a l e s l o c a l e s : l ’ é c l a i r a g e s t a t i s t i q u e
Égalité des chances Les facteurs sociaux de la réussite scolaire en Picardie
Les évaluations effectuées par l’Éducation natio élèves de sixième portaient sur le français et les ont été analysées dans le cadre d’un partenaria d’académie d’Amiens et le Conseil économique, (CESER).
é t u d e v i s a i t à e x p l i q u e r l e s f a c t e u r s d u re t a rd d e l a P i c a rd i e e n t e r m e s d e L formation par rapport aux autres régions de France. « N o u s a v i o n s i n t u i t i v e m e n t é m i s certaines hypothèses. À ce stade, une étude statistique était nécessaire pour confirmer ces hypothèses, les infirmer ou découvrir d’autres facteurs », déclare Serge Camine, président du CESER de Picardie. Afin de déterminer précisément les défis que la Picardie devait relever en termes de formation d’ici 2030, un partenariat d’étude a été établi entre le CESER, le Rectorat et l’Insee : le Rectorat a fourni les chiffres, l’Insee a fait « tourner » ses modèles, tandis que le Conseil a interprété les résultats et émis des propositions d’action. Le Conseil a présenté les résultats sur les forces et les faiblesses de la Picardie en termes de formation lors de sa session plénière du 14 décembre 2009. L’interprétation des résultats a été réalisée en s’appuyant sur les perspectives d’évolutions législatives et sociologiques. Des préconisations
ont été élaborées sur la bas travaux. L’étude montre un retard de Les trois départements pi situent, en effet, sous la nationale. Plusieurs facteurs sont déte pour la réussite des élèves : e lieu le milieu social d’origine. d’enseignant a presque cinq de chances de répondre corr à la moitié des items des évalu sixième qu’un enfant d’un mili favorisé. Les enfants qui obtiennent de résultats qu’en moyenne habitent dans les commune des grandes villes. Or, en Pica au pourtour des villes que les a u x re v e n u s p l u s é l e v é s s’installer, ce qui semble c l’importance de l’environnem sur la réussite aux tests. Seco i d e n t i f i é p a r l ’ é t u d e , l e v scolaire impacte également l aux évaluations. À caracté identiques, un enfant a plus d de réussir lorsqu’il se trouve enfants d’un milieu social favorisé.
M. Serge Camine, président du CESER de Picardie, décrit les apports de l’étude. « Nous savions déjà que la forte de France où le diplôme facilite le plus représentation de la population rurale et l’insertion professionnelle. celle de la population industrielle dans la Le CESER a donc préconisé une population totale influaient négativement meilleure information des familles sur sur le niveau de formation des jeunes la formation, des actions accrues en picards. Les résultats de l’Insee ont tout m a t i è re d ’ o r i e n t a t i o n s c o l a i re e t d’abord confirmé cette hypothèse. professionnelle et la formation et la L’étude a aussi démontré un lien étroit sensibilisation des enseignants non entre le niveau de diplôme de la mère originaires de la Picardie aux spécificités et les résultats scolaires de son enfant, socio-économiques de la région. ainsi qu’une attitude moins ambitieuse Il est important que chaque Picarde des familles concernant l’obtention d’un et chaque Picard détiennent une diplôme. Pourtant la Picardie est la région qualification. »
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difficile à rattraper. En Picardie, les ème redoublants en 6 ont en moyenne 1 0 p o i n t s d e m o i n s q u e l e s n o n -r e d o u b l a n t s d a n s c h a c u n e d e s matières. L’ensemble des redoublants ème de 6 n’atteint pas le niveau moyen des enfants qui arrivent de CM2.
Pour en savoir plus : Picardie ème « Évaluations en 6 : l’environnement familial et le voisinage scolaire pèsent sur la réussite d e l ’ e n f a n t » -I n s e ePicardie Analysen° 42 - décembre 2009.