La vie de Jesus tome2 - Anne-Catherine Emmerich
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Vision de Anne-Catherine Emmerich

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TOME DEUXIEME HUITIEME CHAPITRE.   (Du 6 janvier au 23 mars 1822.) Jésus revient de Cana  à Capharna ûm, et enseigne en diff érents endroits.­ il va   sur les bords du Jourdain.­ il arrive  à Ono; ­ au lieu o ù l'on baptise, pr ès de   Jéricho. ­ Coup d'œil sur la mer Morte et sur Melchis édech. ­ J ésus enseigne en   divers endroits. ­ Entretiens avec Lazare. ­ J ésus c élèbre le sabbat  à Adummim,   ville de refuge pour les criminels. ­ J ésus à N ébo au del à du Jourdain.­ il va en   Galilée et gu érit à Phasael la fille d'un Ess énien. ­ J ésus à Jezrael ­  à  Capharnaûm ­ à Gennabris ­  à B éthulie ­ à Kisloth­Thabor ­  à Sunem ­  à Ulama   ­ il revient  à Capharnaum. ­ J ésus pr ès de sa m ère. ­ F ête à Capharnaum. ­   Jésus à Sephoris : il assiste de loin des gens pr ès de faire naufrage. ­ J ésus à  Nazareth.­ La f ête des Purim. ­ J ésus à Legio. ­ il va avec Lazare sur la propri été  de celui­ci  à Thirza.­ il quitte Thirza.­ Sa premi ère rencontre avec le jeune   homme riche. ­ il va  à B éthanie.  (6­13 janvier.) Lorsque le sabbat fut fini, J ésus partit avant le jour avec ses   disciples pour Capharnaum. Le fianc é, son p ère et plusieurs autres   l'accompagnèrent pendant quelque temps. On avait beaucoup donn é aux pauvres   lors du repas de noces : car rien ne revint une seconde fois sur la table, tout fut   immédiatement distribu é. Demain et apr ès­demain sont des jours de je ûne, et je vis   que d ès avant le sabbat on faisait cuire d'avance des aliments pour ces jours l à.  Tous les feux furent  éteints, et toutes les fen êtres au del à du n écessaire ferm ées.  Les gens ais és ont  à leur foyer des places o ù tout se conserve chaud sous de la   cendre chaude. J ésus se trouvait, pour ces jours de je ûne,  à Capharnaum, et il y   enseigna dans la synagogue. Deux fois le jour on lui amenait des malades qu'il   guérissait. Ses disciples de Bethsa ïde all èrent chez eux, et plusieurs revinrent. Il   alla aussi dans les environs et y enseigna ; pendant le temps du repos, il  était chez   Marie.  Il envoya cinq de ses disciples baptiser dans le Jourdain, sur la rive occidentale,   près de J éricho, au lieu principal o ù Jean baptisait et que celui­ci avait quitt é,  C'étaient Andr é, Saturnin, Aram, Th éméni et Eustache, fils de l'une des veuves.   Jésus les accompagna pendant une partie du chemin et alla ensuite  à B éthulie, o ù il   guérit et enseigna. Il revint apr ès cela jusqu' à sept  à huit lieues au nord­ouest de   Capharnaum vers Hanathon ; il y a pr ès de l à une montagne destin ée à la   prédication. On arrivait au haut de cette montagne par une pente douce d'environ   une lieue de long. On avait fait l à des arrangements expr ès pour qu'on p ût y   prêcher : il s'y trouvait une chaire de pierre tr ès élevée, entour ée de pieux, au   moyen desquels on pouvait tendre au­dessus un grand pavillon pour d éfendre du   soleil et de la pluie. Apr ès chaque instruction on le remportait. Sur l'ar ête de la   montagne s' élèvent trois  éminences : l'une d'elles est la montagne des B éatitudes.  Au lieu o ù J ésus et enseigne, la vue est tr ès étendue : on voit au­dessous de soi la   mer de Galil ée, et l'on peut apercevoir Nazareth dans le lointain. La montagne est   boisée et cultiv ée par places, mais non au lieu o ù J ésus enseigna. Tout autour sont   les fondations d'une muraille ruin ée, o ù l'on distingue encore des restes de tours.   Autour de la montagne sont des endroits appel és Hanathon, B éthanat et Nejel, qui   font l’effet d'avoir form é ensemble une tr ès grande ville.  Jésus avait pr ès de lui trois disciples, un fils de la tante du fianc é de Cana, le fils   d'une autre veuve et Jonathan, le demi fr ère de Pierre. C' étaient eux qui   convoquaient les gens  à venir entendre l'instruction faite sur la montagne. J ésus  enseigna ici sur la diversit é de l'esprit des hommes, suivant les lieux et m ême  suivant les familles, et sur l'esprit qu'ils recevaient dans le bapt ême et qui les   unissait entre eux et avec le P ère c éleste, par la p énitence, la satisfaction et   l'expiation. Il leur dit aussi  à quoi ils pourraient reconna ître dans quelle mesure ils   auraient re çu le Saint Esprit par le bapt ême.  Il enseigna en outre sur la pri ère et les diverses demandes, et je m' étonnai de   l'entendre d éjà enseigner sur les demandes de l'Oraison dominicale, quoiqu'il n'en   eût pas encore donn é la formule. Cette instruction dura depuis midi jusqu'au soir :   alors il descendit  à B éthanat, o ù il prit un repas et passa la nuit. Il avait pass é la   nuit pr écédente a Hanathon.  Le jour suivant, je vis J ésus aller de B éthanat dans la direction du lac, puis dans   cette de Capharnaum. Cinq disciples de Jean  étaient venus le trouver. Ils  étaient  d'un pays situ é à peu de distance de la mer M éditerranée, au nord d'Apheka, la   patrie de saint Thomas. Ce n' étaient pas de vrais Juifs, mais des esp èces  d'esclaves ; ils avaient  été longtemps avec Jean et venaient maintenant  à J ésus.  Je vis vers midi J ésus avec huit disciples sur une colline, entre l'embouchure du   Jourdain et Bethsaide,  à environ une demi lieue du lac Ils avaient vue sur le lac, o ù  ils voyaient Pierre, Jean et Jacques sur leurs barques. Pierre avait une grande   embarcation, sur laquelle  étaient ses serviteurs ; lui­m ême était sur une petite   barque qu'il dirigeait. Jean et Jacques, avec leur p ère, avaient aussi une grande   barque et de plus petites. Je vis encore la barque d'Andr é : elle  était petite et se   trouvait pr ès de celles de Z ébédée. Pour lui, il  était alors sur les bords du Jourdain,   où il baptisait.  Lorsque les disciples virent leurs amis sur le lac, ils voulurent descendre pour les   appeler. Mais J ésus leur ordonna de rester l à. Je les entendis dire : "Comment ces   hommes peuvent­ils encore naviguer et p êcher apr ès avoir vu ce que vous avez fait   et avoir entendu vos enseignements ?” Et J ésus leur dit : ‘ Je ne les ai pas encore   appelés ; ils ont un m étier qui fait vivre beaucoup de gens, sp écialement Pierre ; je   leur ai dit de continuer  à l'exercer et de se pr éparer pour le moment o ù je les   appellerai. J'ai encore beaucoup de choses  à faire jusque­l à ; il faut aussi que j'aille   à J érusalem pour la P âque. ”  Sur le c ôté occidental de la colline, il y avait environ vingt­six habitations, o ù  demeuraient principalement des p êcheurs et des gens de la campagne. Lorsque   Jésus y arriva, un poss édé courut apr ès lui et se mit  à crier : "Le voil à ; il vient, le   prophète ; nous devons fuir devant lui ; "et il fut bient ôt entour é de plusieurs autres   possédés, qui criaient et se d émenaient. J ésus leur commanda de se tenir tranquilles   et de le suivre ; il monta sur la colline et enseigna. Il y avait bien, outre les   possédés, une centaine de personnes autour de lui. Il parla des mauvais esprits, de   la r ésistance qu'il fallait leur opposer et de la n écessité de se corriger. Les poss édés  furent tous d élivrés ; ils devinrent paisibles et le remerci èrent en pleurant ; ils   disaient qu'ils ne savaient plus en quel  état ils  étaient auparavant. Ces malheureux,   parmi lesquels quelques­uns  étaient attach és ensemble, avaient  été amen és de   divers lieux des environs, parce qu'on avait entendu parler de l'arriv ée du proph ète  qui était, disait­on, aussi saint que Mo ïse. Ils n'auraient pas rencontr é J ésus si l'un   d'eux n'e ût pas bris é ses liens et n'avait pas cri é apr ès lui.  Jésus partit de l à pour aller chez sa m ère entre Capharnaum et Bethsaide. La   première de ces villes  était si tu ée à peu de distance de cette colline, un peu plus au   nord. Le soir, lorsque le sabbat commen ça, J ésus enseigna dans la synagogue de   Capharnaum. Ils avaient encore une f ête particuli ère qui se rapportait  à Tobie,   lequel avait v écu dans cette contr ée et y avait fait beaucoup de bien. Il avait aussi   laissé des propri étés aux  écoles et  à la synagogue. J ésus enseigna sur la   reconnaissance.  Après le sabbat, je vis J ésus aller chez sa m ère, avec laquelle il s'entretint seul ;   cela dura m ême une partie de la nuit. Il parla de ce qu’il allait faire, lui dit qu'il irait   d'abord au Jourdain, puis  à J érusalem pour la P âque ; qu'ensuite il appellerait les   apôtres et commencerait sa vie publique ; qu'on le pers écuterait à Nazareth ; puis   de ses projets ult érieurs et des relations que sa m ère et les autres femmes auraient  à  entretenir avec lui. Il y avait alors dans la maison de Marie une femme tr ès avanc ée  en  âge. C' était une pauvre veuve, sa parente, que sainte Anne lui avait envoy ée à la   grotte de la Cr èche pour l'assister ; maintenant elle  était si vieille, que Marie la   servait plut ôt qu'elle ne servait Marie.  (14­20 janvier.) Aujourd'hui, je vis J ésus avec les huit disciples se mettre en route   pour le lieu du bapt ême, pr ès du Jourdain. Ils partirent avant le jour, se dirigeant   vers le c ôté oriental du lac. Ils franchirent de nouveau la colline, d'o ù ils avaient vu   les barques des futurs ap ôtres. Ils travers èrent le Jourdain sur un pont tr ès élevé. Le   Jourdain coulait l à dans un lit profond ément encaiss é ; il entrait dans le lac environ   une demi lieue plus bas.  De l'autre c ôté du fleuve, dans l'angle qu'il forme avec le lac, se trouve un village   de p êcheurs, autour duquel on voit beaucoup de filets  étendus par terre ; il s'appelle   le petit Chorozaim  à une petite lieue, plus au nord du lac, se trouve Bethsaide­ Juliade. Le grand Choroza ïn est  à deux lieues  à l'est du lac. C' était l à que Matthieu   était publicain.  Jésus descendit le long de la rive orientale du lac, et il passa la nuit  à Hippos. Le   lendemain, il passa devant Gadara, gu érit dans le voisinage de cette ville un   possédé, qu'on lui avait amen é attach é avec des cordes, mais qui les brisa et se mit   à crier de toutes ses forces : "J ésus ! fils de David ! J ésus ! que veux­tu faire ? Tu   veux nous chasser ! ‘ J ésus s'arr êta, ordonna au d émon de se taire et de sortir de cet   homme il lui dit aussi o ù il devait aller.  A deux lieues de Gadara, J ésus arriva au Jourdain, le passa, et continua son voyage   dans la direction du sud­ouest, laissant Scythopolis  à gauche ; il franchit une   montagne du nom d'Hermon et arriva  à Jezra ël, ville situ ée au levant de la plaine   d'Esdrelon (la Soeur s'exprime ici peu clairement). Cette ville est situ ée sur les   deux rives d'une petite rivi ère. J ésus y est d éjà all é une fois. Il y gu érit beaucoup de   malades en public, devant la synagogue.  Je me suis tromp ée derni èrement en disant que Marthe  était revenue de Cana chez   elle avec Lazare. Lazare alla seul, Marthe resta encore en Galil ée,  à Gennabris, je   crois, ou habitait Nathana ël. Elle avait fait prier Madeleine de venir l'y trouver. Il y   avait encore l à plusieurs disciples On parla des miracles de J ésus, et lorsque J ésus  vint dans la contr ée de Jezra ël, Marthe engagea sa sœur  à faire avec elle huit lieues   de plus, jusqu' à Jezra ël. Mais J ésus n'y  était plus, et elle entendit seulement   raconter ses miracles par ceux qu'il avait gu éris. Alors les deux sœurs se s éparèrent  et Madeleine retourna  à Magdalum.  Lazare avait, dans les environs de Samarie, une vigne, un champ et une maison   dans le voisinage du champ de Jacob ; tout cela, par la suite, fut mis au service de   Jésus et des siens pendant leurs voyages. C'est l à que plus tard les deux Sœurs   vinrent trouver J ésus lorsqu'elles le pri èrent de venir  à B éthanie apr ès la mort de   Lazare. Dans les temps post érieurs, il y eut l à une chapelle consacr ée à sainte   Marthe.  (15 janvier.) (La Sœur  était tr ès malade et fort d érangée.) J ésus n'est rest é que   quelques heures  à Jezra ël. Il a enseign é dans un endroit appel é Akrabis,  à deux   lieues de Silo, sur une chaire en plein air. Ce n' était qu'un village de bergers.  Le soir du jeudi 17, je vis J ésus arriver  à Ha ï, qui est  à peu de distance de Bethel,   au levant et  à quelques lieues au nord­ouest de J éricho ; il y a de l à environ neuf   lieues jusqu' à l'endroit du bapt ême. Cette ville avait  été enti èrement d étruite à une   époque ant érieure à J ésus. Elle fut reb âtie plus tard, mais sur de plus petites   dimensions. J ésus y enseigna et y gu érit.  Il y avait l à des pharisiens qui tenaient des discours pleins d'aigreur. Quelques­uns   d'entre eux s' étaient trouv és à J érusalem lorsque J ésus y avait enseign é dans sa   douzième ann ée. Ils parlaient de cela et taxaient d'hypocrisie ce qu'il avait fait   alors, s'asseyant par terre avec les  écoliers dans une assembl ée de docteurs,   disputant avec eux, puis interrogeant les ma îtres comme pour recourir  à leurs   lumières contre ses contradicteurs, et leur disant par exemple : "Que pensez­vous   de cela ? Instruisez­nous ! Quand le Messie viendra­t­il, etc. ? ‘ les engageant ainsi   dans des assertions de toute esp èce et pr étendant ensuite tout savoir mieux qu'eux.   N'était­ce pas lui qui avait fait tout cela ? lui demandaient­ils.  (18 janvier). Je vis J ésus dans la matin ée au lieu o ù Jean baptisait pr écédemment,  près du Jourdain,  à huit lieues au midi de J éricho. On fit plusieurs changements   dans l'administration du bapt ême. L'eau fut b énie, on la prit pour baptiser dans une   auge de pierre, J ésus fit aux aspirants des instructions pr éparatoires (Elle se plaint   d'être trop faible, elle racontera cela une autre fois.)  Plusieurs disciples all èrent à un petit endroit situ é au couchant,  à une lieue de l à : il   y a l à un bois qui s' étend avec des interruptions jusqu' à J érusalem. Les habitants   gagnent leur vie en faisant passer le fleuve et en travaillant le bois : ils font aussi   les radeaux pour le passage. L'endroit s'appelle Ono. Jean a aussi  été l à ;   (L'écrivain lui demanda si ce lieu s'appelle r éellement Ono : Oui, dit­elle, mais il y   a encore une plus grande ville du m ême nom, dans la tribu de Benjamin elle est   près de Lydda).  Note : Lydda est aussi appel ée Lod (I. Esdr., II, 33. ­ II Esdr., XI, 34)  à une  époque  postérieure ; apr ès J.­C., Lydda changea de nom, pour s'appeler Diospolis.  Cet Ono, au bord du Jourdain existait d éjà lorsque les Isra élites prirent J éricho : au   temps de J ésus, il en restait peu de chose : plus tard il n'y en avait plus de trace :   c'est pourquoi ce lieu est tr ès inconnu. Mais comme il en existait encore un autre   du m ême nom, on pensa qu'il y avait eu une confusion. Les disciples annonc èrent à  Ono l’arriv ée de J ésus, disant qu'il y c élébrerait ce soir le sabbat et y gu érirait : ils   ajoutèrent qu'il continuait l'enseignement et l’œuvre de Jean, que celui­ci ayant   posé le fondement, J ésus y mettait la derni ère main avec plus d'autorit é.  Jésus fait ici son s éjour ordinaire dans une h ôtellerie devant Ono,  à une demi lieue   de l'endroit o ù l’on baptise. Il y a l à un homme qui appr ête les aliments, toutefois   Jésus mange froid habituellement. Le samedi il enseigna encore ici et gu érit  plusieurs malades qui lui furent amen és, entre autres une femme tr ès ext énuée qui   avait une perte de sang. Je vis J ésus aller  à Ono pour le sabbat avec les disciples et   enseigner dans la synagogue devant beaucoup d’auditeurs.  Je vis pendant ces jours­l à H érode visiter Jean plusieurs fois et celui­ci le traiter   toujours avec m épris comme un adult ère. H érode sentait int érieurement qu'il avait   raison, mais sa femme  était furieuse contre Jean. H érode habitait  à Liviade,  à peu   de distance du lieu o ù Jean baptisait maintenant. Je vois Liviade plus au nord et   plus au levant que Bethabara, pas tr ès loin d'El éalé. Jean dans ses instructions parle   toujours de J ésus et renvoie  à lui ses auditeurs.  (20 janvier.) J ésus revint aujourd'hui au lieu o ù l'on baptisait : il instruisit et   prépara les aspirants qu'Andr é, Saturnin et d'autres encore baptisaient   alternativement. Jean ne baptisait presque plus personne : il se bornait  à enseigner   et envoyait tout le monde de l'autre c ôté du Jourdain au bapt ême de J ésus. La   plupart de ceux qui venaient au bapt ême de J ésus étaient des jeunes gens de la   Judée et d'H ébron. Tout se faisait avec plus de solennit é et de r égularité qu'au   baptême de Jean. Le lieu o ù l'on passait le Jourdain n' était plus Si rapproch é :  à  cause du grand concours de peuple, on avait  établi le passage plus loin en aval du   fleuve. D'apr ès les instructions de J ésus, plusieurs choses avaient  été chang ées à  l'endroit du bapt ême par les disciples envoy és d'avance de Cana. La grande   enceinte établie par Jean autour d'un r éservoir en plein air n'existait plus. On   baptisait à peu de distance de l à, sous une grande tente, dans la petite  île ou J ésus  avait été baptis é. La fontaine baptismale de J ésus sur cette  île avait subi plusieurs   changements ; les cinq canaux qui allaient du Jourdain  à cette fontaine  étaient à  découvert et les quatre pierres en avaient  été retir ées ainsi que la grosse pierre   triangulaire vein ée de rouge qui  était plac ée au bord, et sur laquelle se tenait J ésus  quand le Saint­Esprit descendit sur lui. Toutes ces pierres avaient  été port ées au   lieu o ù l'on baptisait maintenant. Jean et J ésus étaient les seuls  à savoir que la place   où J ésus avait  été baptis é était celle o ù s' était arr êtée l'arche d'alliance, et que les   pierres plac ées dans la fontaine  étaient celles o ù elle avait repos é dans le lit du   Jourdain, mais ils ne l'avaient dit  à personne. De m ême le Seigneur seul savait que   c'étaient ces pierres qui formaient maintenant la pierre baptismale. les Juifs avaient   oublié depuis longtemps le lieu o ù ces pierres reposaient et les disciples n'en   avaient aucune connaissance. Andr é avait creus é un bassin rond dans la pierre   triangulaire : celle­ci reposait sur les quatre pierres plac ées au­dessous dans une   fosse pleine d'eau qui entourait cette pierre baptismale comme un foss é : l’eau y   avait été apport ée de la fontaine baptismale de J ésus sur l' île. L'eau qui  était dans la   pierre triangulaire venait aussi de l à et J ésus la b énissait. Quand ceux qui devaient   être baptis és descendaient dans la fosse creus ée autour des bassins triangulaires, ils   avaient de l'eau jusqu' à la poitrine.  Près de l à était une esp èce d'autel o ù l'on pla çait les robes blanches pour les   baptisés. Deux disciples leur mettaient les mains sur les  épaules ; Andr é ou   Saturnin ou quelquefois un autre les baptisait trois fois avec de l'eau du bassin qu'il   prenait dans le creux de la main et qu'il leur versait sur la t ête au nom du P ère, du   Fils et du Saint­Esprit. Ceux qui baptisaient et imposaient les mains avaient de   longues robes blanches avec des ceintures et de longues bandes blanches tombant   des épaules, comme de larges  étoles. Jean baptisait avec un vase  à trois rainures,   d'où coulaient trois filets d'eau : et il pronon çait d'autres paroles o ù il  était question   de J éhovah et de son envoy é. Aucun de ceux qui avaient  été baptis és par Jean ne   fut rebaptis é ici : mais je crois qu'on les rebaptisa apr ès la descente du Saint­Esprit   lors du bapt ême qui eut lieu a la piscine de Bethesda. Aucune femme ne fut   baptisée ici. Ce fut aussi  à la piscine de Bethesda que la Soeur vit pour la premi ère  fois administrer le bapt ême avec triple immersion.  Jésus enseignait au dehors sur un tertre au­dessus duquel une tente  était tendue   pour la grande chaleur. Il parlait du bapt ême, de la p énitence, de l'approche du   royaume des cieux et du Messie, dit o ù on devait le chercher, non parmi les grands   du monde, mais parmi les petits et les pauvres. Il appelait ce bapt ême une ablution,   celui de Jean un bapt ême pour la p énitence : il parla aussi du bapt ême de feu du   Saint­Esprit qui devait venir plus tard.  Les arbres et les buissons que Jean avait plant és autour de l' île o ù J ésus avait  été  baptisé, s'unissaient par leurs sommets et formaient un beau massif : l’arbre qui   était dans la fontaine s' élevait au­dessus de tout le reste. Je vis sur sa cime se   détacher une figure comme celle d'un petit enfant qui sortait d'un cep de vigne, les   bras étendus, et d'une main pr ésentait des fruits jaunes, de l'autre des roses. La   Soeur voit dans cela un ornement destin é à f êter l'ouverture du bapt ême de J ésus,  mais elle est trop faible pour d écrire clairement cette figure.­Le 29 janvier, je vis   continuer le bapt ême.  (22 janvier.) J ésus est all é avec plusieurs disciples dans la direction du midi, au   couchant de la mer Morte, l à o ù se tenait Melchis édech lorsqu'il prit la mesure du   Jourdain et des montagnes. Longtemps avant Abraham il avait conduit ici des   ancêtres de ce patriarche : mais leur ville fut d étruite avec Sodome et Gomorrhe.­ Maintenant on voyait dans une contr ée sombre, d ésolée, parsem ée de rochers noirs   et de grandes cavernes, s' étendre dans la campagne  à environ une demi lieue de la   mer Morte des restes de murs avec les tours  à moiti é écroulées d'une ville d étruite,  Hazezon Thamar. L à o ù est la mer Morte, avant la destruction de ces villes impies,   il n'y avait que le Jourdain. Il  était large d'environ un quart de lieue. Les gens qui   maintenant sont  établis plus  à l'int érieur des terres dans des cavernes et des ruin és  de toute esp èce, ne sont pas de vrais Juifs, mais des esclaves, provenant des   peuples qui ont pass é par l à : ils cultivent la terre au profit des Juifs. Ils sont   pauvres, timides et tr ès d élaissés. Ils ont regard é l'arriv ée de J ésus parmi eux   comme une faveur inestimable et l'ont tr ès bien accueilli. J ésus en a gu éri  beaucoup.  Aujourd'hui cette contr ée est meilleure qu' à l' époque de J ésus : mais anciennement   elle était d'une beaut é et d'une fertilit é incroyables. Au temps d'Abraham, la   formation de la mer Morte a fait un d ésert d'un des plus magnifiques pays du   monde. une quantit é de villes et de bourgs  étaient situ és sur la ; rive du Jourdain :   une chauss ée de pierres carr ées longeait le fleuve. Entre elles s' élevaient de belles   montagnes et d'agr éables collines, et tout  était couvert de bosquets de dattiers, de   vignes, d'arbres fruitiers et de champs de bl é. Rien ne peut rendre la beaut é de ce   pays. Avant que la mer Morte n'e ût paru, le Jourdain, au­dessous de l'endroit o ù il   était le plus large, se divisait en deux bras qui arrosaient des villes disparues. L'un   tournait à l'ouest et recevait divers cours d'eau ; l’autre coulait vers le d ésert au   travers duquel eut lieu la fuite en  Égypte, et arrivait jusque dans la contr ée de   Mara, o ù Mo ïse rendit douce une source d'eau saum âtre, et o ù avaient habit é les   ancêtres de sainte Anne. Il y avait entre les villes des mines de sel : mais l'eau   n'était point sal ée : il jaillissait la beaucoup de sources. Les peuples buvaient et   honoraient l'eau du Jourdain jusqu' à une grande distance dans ce qui devint plus   tard le d ésert.  Les anc êtres d'Abraham,  établis anciennement  à Hazezon par Melchis édech,  dégénérèrent beaucoup, et ce fut par un second trait de la mis éricorde de Dieu   qu'Abraham fut conduit dans la terre promise. Melchis édech a  été ici lorsque le   Jourdain n'y  était pas encore : il a tout mesur é et d éterminé. Il allait et venait   souvent, et avait quelquefois avec lui deux hommes qui semblaient  être des   esclaves.  (21­30 janvier.) J ésus est all é avec ses disciples dans la direction de Bethl éhem : il   a suivi une partie de la vall ée des Bergers jusqu' à Betharaba,  à trois lieues de   l'endroit o ù l'on baptise. J ésus y  était d éjà all é lorsqu'il visita les bergers apr ès le   baptême. Les habitants vivent du passage des caravanes. Cet endroit est  à environ   trois lieues de B éthanie, sur les fronti ères des tribus de Juda et de Benjamin.  Il y avait ici beaucoup de poss édés ils couraient tout nus dans les environs, devant   cet endroit, et ils se mirent  à crier lorsque J ésus approcha. Il leur ordonna de se   couvrir, et en quelques minutes ils se firent des ceintures de feuillage. J ésus les   guérit, et envoya du bourg des gens qui leur port èrent des v êtements.  André et cinq autres disciples  étaient venus ici avant le Sauveur, et avaient dit qu'il   y c élébrerait le sabbat. Il logea seul avec les disciples dans une h ôtellerie gratuite,   comme il y en avait toujours alors dans les villes pour les docteurs et les rabbins en   voyage. Lazare, Joseph d'Arimathie et d'autres personnes de J érusalem,  étaient  aussi venus ici.  Jésus enseigna dans la synagogue et aussi sur la place publique et sur les carrefours   et les chemins : car il y avait ici une nombreuse population que l' école ne pouvait   pas contenir. Il gu érit beaucoup de gens afflig és de diverses maladies. Les disciples   les amenaient et leur faisaient faire place dans la foule. Lazare et Joseph   d'Arimathie se tenaient  à distance.  A la fin du sabbat, le Sauveur retourna encore  à Ono avec les disciples. Il passa par   un petit endroit appel é Bethagla, o ù les Isra élites étaient venus apr ès avoir pass é le   Jourdain : car ils ne pass èrent pas  à une seule place, mais sur une grande  étendue, à  travers le lit dess éché du fleuve. Lorsqu'ils arriv èrent ici, ils mirent leurs v êtements  en ordre et se ceignirent. J ésus passa devant la pierre de l'arche d'alliance o ù Jean   avait c élébré la f ête dont il a  été parl é plus haut.  Lazare et Joseph d'Arimathie retourn èrent à J érusalem. Nicod ème n' était pas venu :   il se tenait plus  à l' écart à cause de son emploi : mais il  était en secret au service de   Jésus, et plus tard il annon çait toujours  à la communaut é les dangers qui la   menaçaient.  (27 et 28 janvier.) Le jour d'apr ès était le premier jour de la f ête de la nouvelle   lune' et je vis qu' à J érusalem la classe des serviteurs et les employ és avaient un jour   de cong é : il y avait comme une f ête de r éjouissance. C' était un jour de repos, et   aujourd'hui l'on ne baptisa pas.  Le jour de la F ête de la nouvelle lune, des drapeaux suspendus  à de longues   perches flottaient sur le toit des synagogues : c' étaient des pi èces d' étoffe dont les   plis que le vent enflait  étaient s éparés par des nœuds. Par le nombre des noeuds on   indiquait aux gens qui les voyaient de loin quel  était le mois de l'ann ée qui   commençait. Des drapeaux semblables  étaient aussi arbor és en temps de guerre   comme signaux de victoire ou de d étresse.  Pendant tout le jour suivant, J ésus pr épara au bapt ême, par ses instructions,   beaucoup de gens qui s' étaient r éunis ici d ès la veille et avaient camp é dans le   voisinage. Aujourd'hui encore on ne baptisa pas : on c élèbre une f ête à propos de la   mort d'un m échant roi (Alexandre Jann ée). La place o ù l'on doit baptiser est tr ès  bien arrang ée et orn ée : je n'ai pas pu le raconter, je suis trop malade. Mais ils   restent encore longtemps ici ; je pourrai donc le voir encore et le raconter.  (29 et 30 janvier.) Le jour suivant, Andr é et les autres disciples commenc èrent de   bonne heure  à baptiser ceux que J ésus avait pr éparés la veille. Lazare  était revenu   hier soir avec Obed, fils de Sim éon ; je vis J ésus et lui aller seuls de grand matin   dans la direction de Bethl éhem, entre Bethagla et Ophra, qui est plus au couchant.   Jésus prit ce chemin, parce que Lazare voulait lui raconter ce qu'on disait de lui  à  Jérusalem, et que J ésus voulait faire savoir  à Lazare, et par lui  à ses autres amis,   comment ils devaient se comporter dans cette occurrence. Ils suivirent la route   qu'avaient suivie Joseph et Marie du c ôté de Bethl éhem, et firent environ trois   lieues, jusqu' à un groupe de pauvres demeures de bergers, situ ées dans une contr ée  solitaire. Lazare raconta  à J ésus ce qui se disait  à J érusalem ; les uns parlaient de   lui avec col ère' d'autres en se moquant, d'autres encore avec curiosit é ; ils voulaient   voir disaient­ils, s'il viendrait  à P âques pour la f ête, s'il viendrait faire ses miracles   dans une grande ville aussi hardiment qu'en Galil ée, au milieu d'une populace   ignorante. Il raconta aussi  à J ésus ce que les pharisiens de diff érents lieux avaient   rapporté de lui, et comment ils l'espionnaient. J ésus le tranquillisa sur tout cela, et   lui cita divers passages des proph ètes o ù toutes ces choses  étaient annonc ées  d'avance. Il lui dit aussi que dans huit jours il serait sur les bords du Jourdain et   qu'il irait ensuite de nouveau en Galil ée ; qu'il se rendrait  à J érusalem pour la   pâque, et qu'apr ès cela il appellerait ses disciples. Il le consola aussi touchant   Madeleine, en lui disant qu'une  étincelle de la gr âce était tomb ée en elle, et qu'elle   en serait toute enflamm ée.  Ils pass èrent ce jour­l à pr ès des demeures des bergers, o ù on leur donna du pain, du   miel et des fruits. Il demeurait l à une vingtaine de veuves de bergers, ayant pr ès  d'elles des fils d éjà grands qui les assistaient dans leur vieillesse. Leurs demeures   étaient des cellules, s éparées les unes des autres et faites de branchages o ù il   poussait encore des feuilles. Parmi ces femmes, il y en avait quelques­unes qui   l'avaient ador é et lui avaient port é des offrandes dans la grotte de la Cr èche lors de   sa naissance. J ésus enseigna ici ; il alla dans les cabanes et gu érit quelques   femmes. L'une d'elles  était tr ès vieille, tr ès malade et tr ès d écharnée. Elle habitait   une petite cabane o ù elle  était étendue sur une couche de feuillage. J ésus la prit par   la main et la conduisit au dehors Ces femmes avaient un r éfectoire et un oratoire   communs.  Pendant que la Sœur racontait ceci le 30 janvier,  à onze heures du matin, elle dit   tout à coup en regardant  à sa droite : ‘ Qui donc  était­ce ? ’’Mais elle se remit   bientôt et reprit en ces termes : "J'ai cru qu'il y avait l à quelqu’un "J'ai vu J ésus  avec Lazare et Obed sur le chemin qu'il avait suivi, lorsque Jean s' écria : Voici   l'Agneau de Dieu ! il y avait quelques disciples en avant et quelques autres en   arrière. Lazare et Obed retourn èrent à J érusalem.  (31 janvier.) Aujourd'hui J ésus fut au lieu o ù l'on baptisait, et il y enseigna.   Beaucoup de gens re çurent le bapt ême.  (1er et 2 f évrier.) Aujourd'hui, J ésus, avec la plupart de ses disciples, est all é par   Bethagla à Adummim. Cet endroit est tout  à fait cach é dans une contr ée  excessivement sauvage : ce ne sont que gorges de montagnes o ù le sentier, qui   court le long des rochers, est souvent si  étroit, qu'un  âne peut  à peine y passer.   C'est un endroit enti èrement cach é, à environ trois lieues de J éricho, sur la fronti ère  de Juda et de Benjamin ; je ne l'avais jamais vu auparavant. Le site est   singulièrement abrupte :  ç'a été autrefois un lieu de refuge pour les malfaiteurs et   les homicides, qui  étaient ici  à l'abri de la peine capitale. Ils  étaient ici en   surveillance jusqu' à ce qu'ils fussent amend és : plus tard on les faisait travailler   comme des esclaves  à exploiter des carri ères ou  à construire de grandes b âtisses.  Ce lieu s'appelait,  à cause de cela, la Mont ée des Rouges, des hommes de sang.   Cette ville de refuge existait d éjà avant David : elle prit fin apr ès J ésus, à l' époque  des premi ères pers écutions de la communaut é chr étienne. Plus tard, on b âtit l à un   monastère, qui  était comme une forteresse des premiers religieux du Saint­ Sépulcre. (Elle veut parler d'une association qu'elle vit se former sous les premiers   évêques de J érusalem, pour garder et honorer le Saint­S épulcre.) Les habitants   gagnaient leur vie en vendant du vin et des fruits : c' était un affreux d ésert h érissé  de rochers presque enti èrement nus : souvent les vignes s' écroulaient avec les   rochers. La route proprement dite de J éricho  à J érusalem ne passait pas par   Adummim, mais au couchant de cet endroit, et l'on ne pouvait pas y arriver par ce   coté, mais le chemin de Bethagla  à Adummim  était coup é par une route qui allait   de la vall ée des Bergers  à J éricho et qui passait  à une demi lieue d'Adummim.   Dans le voisinage de cette jonction  était un passage tr ès étroit et tr ès dangereux. Il   y avait l à un lieu indiqu é par une chaire de pierre, o ù longtemps avant le Christ   s'était pass é r éellement ce que raconte la parabole de l'homme tomb é au pouvoir   des assassins, et du bon Samaritain. Lorsque J ésus alla  à Adummim, il s' écarta un   peu du chemin avec ses disciples, et fit sur cette chaire devant ses disciples et les   gens des environs une instruction sur ce qui  était arriv é en cet endroit. Il avait   célébré le sabbat  à Adummim et enseign é dans la synagogue : il avait racont é une   parabole relative  à l'institution bienfaisante des lieux de refuge pour les criminels,   et il l'avait appliqu ée aux d élais de gr âce laiss és pour la p énitence sur cette terre. Il   guérit aussi plusieurs malades, notamment des hydropiques. Apr ès le sabbat, il   revint avec les disciples  à l'endroit o ù l'on donnait le bapt ême.  (3 et 4 f évrier.) Le soir du jour suivant J ésus alla avec ses disciples  à N ébo, ville   située au del à du Jourdain, au pied de la montagne de N ébo o ù l'on ne peut monter   qu'en plusieurs heures. Il  était venu des messagers pour le prier d'aller l à et d'y   enseigner. Il s'y trouve une population m êlée, descendant d'Egyptiens et d'Isra élites  qui se sont autrefois souill és par le culte des idoles : il y a aussi des Moabites, etc.   Ils avaient  été remu és jusqu' à un certain point par la pr édication de J ésus : mais ils   ne voulaient pas aller  à l'endroit o ù J ésus baptisait. Je crois qu'ils n'osaient pas. Ils   étaient fort m éprisés des Juifs  à cause d'un crime de leurs anc êtres dont je ne me   souviens plus et ils n'avaient pas la permission d'aller partout, mais seulement dans  
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