Le nouveau Théo

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Description

Tout l’univers des catholiques à la portée de tous

Comment sont choisis les saints du calendrier ? Pourquoi y a-t-il quatre évangiles ? Qui est Jésus pour les chrétiens ? Peut-on se dire croyant quand on doute ? Combien y a-t-il de chrétiens dans le monde ? Comment est organisé le Vatican ?...

Le nouveau Théo donne des réponses fiables à toutes les questions, de la plus simple à la plus profonde, sur la Bible, l’histoire religieuse, l’Église d’aujourd’hui et ce en quoi croient les catholiques…

Théo s’impose comme l’encyclopédie catholique de référence, en mettant la culture chrétienne à la portée de tous.

Avec un index interactif et des liens web !

Au sommaire :
- Les saints
- La Bible
- L’histoire de l’Église
- La foi catholique
- La situation des catholiques dans le monde
- L’Église aujourd’hui

Tous ces chapitres sont aussi vendus à l’unité en format numérique !

Le nouveau Théo, c’est :
- 90 nouveaux contributeurs sous la direction de deux évêques ;
- 3 000 articles, citations, annuaires et chronologies pour tout connaître et comprendre ;
- 620 mots de vocabulaire clairement définis ;
- 170 tableaux, cartes et graphiques pour faciliter la compréhension ;
- un index de 13 000 mots ;
- 251 entrées et des renvois simples pour circuler dans l’ouvrage.


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Informations

Publié par
Publié le 15 avril 2011
Nombre de visites sur la page 108
EAN13 9782728914173
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0300 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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À Xavier Lesort,
qui fut l’un des grands artisans de la première édition de T h é o.
© Mame, Paris, 2009
www.fleuruseditions.com
ISBN : 978-2-7289-1417-3Pourquoi Théo ?
Théo est le diminutif familier du prénom Théophile. Celui-ci est lui-même la francisation du
prénom grec Théophilos, qui signifie littéralement « ami de Dieu ».
Théo est du reste le préfixe d’un ensemble de mots se rapportant eux aussi au divin (théologie,
théophanie, théogonie, théodicée).
Ces deux syllabes suggèrent et symbolisent tout ce que voudrait être le livre qu’elles désignent :
un ami très proche du lecteur (ils s’appellent par leur prénom, et même par son diminutif) ; un
ami qui ne cache rien de sa conviction de foi et de son amitié avec Dieu, mais qui respecte toute
autre manière de penser et de voir ; un ami toujours disponible lorsqu’on fait appel à lui sur les
sujets qui relèvent de sa compétence, et qui s’efforce alors de les exposer de manière
accessible au non-spécialiste.
En somme, sous ce titre, c’est une double amitié qui se propose, sans jamais vouloir pour autant
s’imposer.Auteurs
Mgr Michel Dubost
Né en 1942 au Maroc, il est ordonné prêtre au sein de la congrégation des eudistes en 1967.
Au service des jeunes dans les aumôneries de l’enseignement public ou catholique, formateur
de prêtres, curé de paroisse, il est ordonné évêque en 1989 et nommé aux armées françaises. Il
a présidé l’organisation des JMJ de Paris en 1997.
Cette expérience pastorale s’ajoute à une bonne connaissance du monde des médias puisque
Michel Dubost a aussi été chargé d’études à la Sofres avant de tenir une chronique sur RTL et
Radio Notre-Dame, et de colla- borer à de nombreuses émissions télévisées.
Auteur de multiples ouvrages, il est évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes depuis 2000, membre du
conseil Famille et Société, consulteur du Conseil pontifical pour les laïcs et président de Justice
et Paix France.
Mgr Stanislas Lalanne
Né en 1948 à Metz, il est ordonné prêtre en 1975 pour le diocèse de Versailles. Formé en
France et en Allemagne, il a exercé son ministère en aumônerie auprès de collégiens, de
lycéens puis d’étudiants avant de prendre la responsabilité du Centre national de l’enseignement
religieux. Formateur de catéchistes, il a été membre du Conseil international de la catéchèse
auprès du Saint-Siège et a participé à la rédaction de plusieurs ouvrages de catéchèse et de
vulgarisation théologique.
Curé de paroisse puis vicaire épiscopal, Stanislas Lalanne est nommé porte-parole de la
Conférence des évêques de France en 1999. Secrétaire général de la Conférence des évêques
de France de 2001 à 2007, il est ordonné évêque en 2007.
Il est aujourd’hui évêque de Coutances et Avranches, membre du Comité Études et Projets et
consulteur du Conseil pontifical pour les communications sociales.
Collaborateurs de la rédaction pour la présente édition :
Coordination des livres 2, 3 et 4 : David Gabillet
Coordination des livres 1, 5 et 6 : Thomas Wallut
Rédacteurs
Régis Anouil
Dominique Barde
Matthieu Billaud
Père Alphonse Borras
Isabelle Brian
Régis Burnet
Alain Cabantous
Édith Carbonneau
Père Pierre de Charentenay
Dominique Chivot
Père Olivier de Dinechin
Mgr François Duthel
Père Yvon Christian Elenga
Père Dominique Fontaine
Père Jacques Fournier
André Géraud
Père Jean HamotPère Henri de La Hougue
Étienne Jacquemard
Guilhem Joly
Père Jean Joncheray
Père Philippe Kloeckner
Jean-Baptiste Lebigue
Marie-Alice Loiseau
Élisabeth Martin
Bérangère Massignon
Père Roger Michel
Père Éric Morin
Père Pierre-Yves Pecqueux
Mgr Paul Huot Pleuroux
Mgr Bernard Podvin
Guillaume Riff aud
Virginie Riva
Ludovine de La Rochère
Jean-François Rod
Mgr Michel Santier
Jean-Louis Schlegel
Adrien de Tricornot
Alain de Villemeur
Relecteurs
Mgr Claude Bressolette
Père Jean Camus
Pasteur Marc Chambron
Père Joseph Choné
Père Luc Crépy
Mgr Gérard Defois
Père Michel Delahoutre
Pierre Diarra
Père Jean Dujardin
Mgr François Favreau
Mgr François Fleischmann
Père Jean-Marie Gaudeul
André Géraud
Mgr Grégoire Ghabroyan
Dennis Gira
Mgr Clément Guillon
Clothilde Lalanne
Olivier Lebel
Père Denis Lecompte
Père Yvon Le Mince
Philippe Le Vallois
Stephan Lunte
Père Paul Magnin
Père Michel Mallèvre
Bernadette Mélois
Mgr Gaston Poulain
Yannick Provost
Père Jean QurisJoël Sérard
Étienne Vallée
Père Joseph-Marie Verlinde
Index
Marie-Valentine Duboin
Bénédicte Ducatel
Philippine de Lovinfosse
Remerciements
Pasteur Christian Barbery
Jean-Michel Blanc
Pierre-Yves Camiade
Vincent Fauvel
Christophe Gosselin
Olivier Granier
Dominique Lemau de Talancé
Père Gérard Le Stang
Patrick de Miribel
Jean-Louis Posté
Robert Rochefort
Stéphanie Woringer
Anne-Claire Yvet
Paule Zellitch
Ont participé aux précédentes éditions :
Gilbert Adler, Mette Andresen, Jean-Louis Angué, Georges Assemaine, Jean-Marie Aubert,
Michel Barnouin, Guillaume de Bertier de Sauvigny, Georges Beyron, Charles-Henri de Blavette,
Jean Bonfils, Charles Bonnet, Henri Bourgeois, Michel Boullet, François Bousquet,
IsabelleMarie Brault, Félix Caillet, Claude Cesbron, Monique Chabaud, Paul Christophe, Albert Cohen,
Germaine Colas, Père Corlay, Jacques Couturier, Henriette Danet, Gérard Defois, Agnès
Delesalle, Marie-Georges Delmasure, Nicole Denain, Nicole Desjardins, René-Charles Dhont,
Jean-Pierre Dubois-Demée, Mireille Dubost, Pierre Dubuisson, Christiane Dupouy-Camet,
JeanMichel di Falco, Pierre Faure, Paul Faynel, Jacques Fihey, Michel Fournier, Claude Fraudet,
Claude Frikart, Mireille Gaillot, Pierre-Marie Galepin, Pierre Gallimard, Étienne Garin,
MarieLaure Gauliard, Colette Génichon, Jean-Clair Giraud, Philippe Gruson, Philippe Gueneley, Jean
Guilmard, Paul Guiraud, Albert Guimbert, Lucien Guissard, Pierre-Marie Gy, Jean Hau, Monique
Hébrard, Pierre Ho ffmann, Geneviève Honoré-Lainé, Bernard Housset, Odile Hubert, Élisabeth
Jousset, Michel Jullien, Jean Klein, Germaine Lacorre, Jean-Yves Lahrer, Albert Lalanne, Pierre
Lambert, Simone Larrouturou, Jean-Jacques Latour, Armand Le Bourgeois, Jacques Leclerc,
Guy Lecourt, Michel Leduc, Yves-Noël Lelouvier, Élisabeth le Mintier, Suzanne Lepoittevin,
Jean-Baptiste Lesort, Marie-Cécile Lesort, Xavier Lesort, André Manaranche, René Marlé,
Colette Marlot, Geneviève Médévielle, Marcel Merle, Pierre Moitel, Jean Monsterleet,
JeanMarie Moretti, Pierre Motte, Élisabeth Oberson, Brigitte Ogée, Paul Ollivier, Nicole Peigneguy,
Benoît Pelistrandi, Danielle Penuel-Monneron, André Perrier, Jean Perronneaud, Jean-Marie
Petitclerc, Bernard Peyrous, Gaston Pietri, Claude Piquemal, Adela de la Plaza-Munoz,
Catherine Poisson, Charles de Pontevès, Noël Rath, André Ravier, Christophe Raymond, Émile
Rideau, Dominique Régnier, Albert Rouet, Michel Rougé, Colette Rouillard, Vincent Rouillard,
Françoise Rouquette, Odette Sarda, Joseph Sarat, André Sève, Christine Sinan, Aimé Solignac,
Anne-Marie Tranvouez, François Trollu, François Tricard, Paula Van Eecloo, André Venard,
Jacques Venard, Jean Vernette, Renée Vilain, Denis Villepelet, Ephrem Yon, A.T.D.-Quart
Monde, les religieuses clarisses de Versailles.Équipe éditoriale
Direction : Guillaume Arnaud
Direction éditoriale : Sarah Malherbe
Conception et conseil éditorial : David Gabillet
Direction artistique : Élisabeth Hebert
Chef de projet éditorial : Anne de Lilliac
Édition : Jeanne Venant, Charlotte Walckenaer Assistants d’édition : Marie-Valentine Duboin,
Philippine de Lovinfosse, Martin Nielly, Camille Passot, Pauline Trémolet, Marie de Varax
Fabrication : Thierry Dubus, Marie Guibert
Correction orthographe et typographie : CorrectifPrésentation
Notre époque a soif de comprendre le monde sans cesse en évolution dans lequel elle vit. Mais
peut-on comprendre ce qui se passe en France et dans le monde, peut-on connaître la culture
française aujourd’hui sans connaître le christianisme ?
Le nom de beaucoup de villages français, les expressions usuelles, les références historiques, le
problème scolaire, l’importance du pèlerinage de Lourdes, l’impact de la figure du pape et tant
de sujets d’actualité sont incompréhensibles si on ne les réfère pas à la vie de l’Église catholique
dans notre pays. Théo a été conçu pour répondre à ce besoin.
Cet ouvrage est d’abord un acte de respect : né de la conviction que tous les Français, chrétiens
ou non, ont le droit de connaître leur culture et donc le catholicisme, il s’efforce de présenter
celui-ci de manière toujours respectueuse du croyant comme du non-croyant.
Cet ouvrage est aussi un acte de confiance dans l’intelligence de ses lecteurs : il se veut simple
et accessible au plus grand nombre, mais il refuse le simplisme. Aux multiples questions qui se
posent dans la vie quotidienne, à l’occasion, par exemple, d’un événement, d’une lecture, d’une
émission, d’un voyage, voire de mots croisés, il apporte des réponses courtes, précises sans
être techniques. Mais il va plus loin. Le catholicisme est, d’une certaine manière, une vision
globale du monde née de la connaissance du Christ. Théo présente aussi cette vision et permet
ainsi de resituer chaque élément dans un tout cohérent. De la sorte, les enseignants peuvent y
trouver des réponses aux interrogations de leurs élèves.
Enfin, cet ouvrage se veut ouvert : présentant le catholicisme français, il le situe, bien entendu,
dans l’Église universelle, mais il le situe aussi en lien avec d’autres religions et avec
l’indifférence religieuse ; de plus, il présente les diverses opinions catholiques quand elles ne
sont pas unanimes.
Cette encyclopédie a été écrite et dirigée par des catholiques : il fallait leur compétence pour
garantir une information exacte au lecteur. Mais ceux qui en ont dirigé la rédaction sont aussi
des hommes passionnés de communication et ayant une réelle expérience de tous les publics,
et spécialement des jeunes, qu’ils soient chrétiens ou non. Leur constant souci a été de
permettre à chacun, quelle que soit sa foi ou sa culture, de trouver facilement dans cet ouvrage
tout ce qui l’intéresse à propos du catholicisme.
Depuis sa première édition en 1989, le succès de Théo a montré la justesse des choix qui
avaient été faits à l’époque : présentation simple de la foi et de la vie des catholiques, objectivité,
ouverture sur tous les sujets, facilité des recherches grâce à son index très détaillé, facilité de
lecture par le mélange de notices, de notes, d’articles, de graphiques, etc. Entièrement revue,
corrigée, augmentée et actualisée, cette nouvelle édition de Théo fait une place plus large
encore à la Bible.
Avec sa présentation totalement refondue, pour améliorer le confort de lecture et l’accès à
l’information, l’encyclopédie Théo se présente plus que jamais comme l’ouvrage de référence de
tous ceux, quels qu’ils soient, qui se posent des questions sur la religion catholique et la foi
chrétienne.L’homme cherche le sens de la vie. Il ne peut pas vivre dans l’absurde. Dans beaucoup de
cultures, cette recherche l’a conduit à penser qu’un Dieu existe, au-delà de tout.
Les chrétiens, les juifs, les musulmans ont en commun de croire que Dieu se révèle et qu’il
s’intéresse à l’homme. Pour ces croyants, la foi est avant tout une confiance, une rencontre dont
Dieu prend l’initiative.Pour les chrétiens, cette rencontre se fait en la personne de Jésus de Nazareth, dont les
premiers disciples ont annoncé la mort et la résurrection. Pour les compagnons de Jésus, cette
résurrection dépasse l’histoire. C’est Dieu qui fait irruption dans la vie des hommes. Leur
témoignage a conduit des millions de personnes à croire que Dieu est vivant, qu’il veut faire
partager aux hommes sa vie d’amour. Les communautés chrétiennes ont choisi parmi les
disciples de Jésus certains modèles et les ont présentés comme des exemples de recherche de
Dieu, de confiance et de vie. Ce sont ces grands saints et saintes que nous présentons dans ce
livre.LIVRE 1
DES CHERCHEURS DE DIEU PAR MILLIERS...LES SAINTS DISENT PAR LEUR VIE L’ESSENTIEL DE LA VIE CHRÉTIENNE
Aujourd’hui, qui ne connaît sœur Emmanuelle, Martin Luther King, l’abbé Pierre, mère Térésa,
Padre Pio, et, déjà un peu plus lointains, monseigneur Oscar Romero, Edmond Michelet,
Madeleine Delbrêl, le père Teilhard de Chardin ? Ces hommes, ces femmes sont comme des
points de rendez-vous connus de l’humanité entière. En même temps, ils se reconnaissent en
relation avec Dieu. À toutes les époques, des personnalités cheminent ainsi entre Dieu et les
hommes. Ce sont des témoins .
5 – Grands
saints
LA FOI EST UNE LIBÉRATION
La liberté est, pour les chrétiens, le lieu obligatoire pour apprendre quelque chose sur Dieu.
Ceux qui n’ont pas découvert la liberté sont, à leurs yeux, des athées, même s’ils adorent des
dieux… ou Dieu ; le mot « athée » est explicitement employé par saint Paul à propos de gens
croyant en Dieu, mais d’une manière telle qu’ils sont prisonniers des lois et des coutumes : ils
n’ont pas encore pris conscience que Dieu est d’abord libérateur (Ép 2, 12 ss) et qu’il permet à
chacun d’être soi-même, libre. « La vérité rend libre », a dit le Christ (Jn 8, 32).
Le concile Vatican II montre qu’une des conséquences de cette liberté est la variété dans la
sainteté . Il décrit successivement quelle doit être la liberté des évêques,
4 – Saints
des prêtres, des diacres, des veuves, des laïcs, des célibataires, des populaires
couples, des travailleurs, des pauvres… Il suffit de lire ci-après
quelquesunes des notices biographiques des saints pour se convaincre que, si telle est la vitrine du Dieu
des chrétiens, il ne cherche pas à mettre chacun dans un moule. Il n’y a pas de modèle uniforme
de vie chrétienne, mais il s’agit toujours d’assumer avec confiance ce que l’on est et d’aimer là
où l’on est, comme l’on est.
LA LIBERTÉ, POUR LES CHRÉTIENS, C’EST RECONNAÎTRE L’AMOUR DONT ILS SONT NÉS
Ce Dieu qui libère, le Dieu des saints, est un Dieu qu’ils remercient sans cesse. Ils lui «
rendent la gloire et l’action de grâce » qui, à leurs yeux, lui reviennent. Ce merci constant est
toute leur théologie (étymologiquement : leur « discours sur Dieu »). Bien sûr, certains ont tenu
des propos plus complexes. Mais ce qui intéresse dans un exposé, ce sont sa sincérité et sa
vérité. Dans les propos des saints, cette vérité tient en quelques mots : « Mon Dieu, je sais que je
ne sais rien, que je te dois tout, que tu m’as choisi et que mes forces viennent de toi. » Même
pour qui ne croit pas en Dieu, une telle affirmation de liberté et de force est impressionnante. Il
est frappant d’entendre les saints proclamer sans cesse que cette liberté et cette force ont leur
source ailleurs qu’en eux-mêmes et qu’en conséquence, loin de s’en glorifier, ils ne peuvent
qu’en remercier Dieu.
Toute définition du christianisme se doit de faire sentir l’articulation, apparemment paradoxale
mais constamment affirmée par la vie des saints, entre liberté de l’homme et action de Dieu par
sa grâce divine. Le concile Vatican II, reprenant en cela la tradition de l’Église, a largement
souligné que cette articulation devait se comprendre à l’image du mariage, elle-même liée, dans
l’Église, au concept fondamental d’Alliance. L’Alliance, c’est le pacte de liberté à liberté que Dieu
propose à l’homme ; une promesse de bonheur pour l’homme qui accepte d’aimer ce Dieu qui l’a
créé et qui lui révèle l’intimité de la vie trinitaire par Jésus-Christ. Le Concile emploie les mots «
s’unir », « se consacrer », « devenir semblable », « suivre », « imiter », « participer ». Mais cela
n’a de sens que dans un choix (le mot biblique est « élection ») réellement réciproque.
LES SAINTS NE SONT PAS PARFAITS ET LE CHRISTIANISME N’EST PAS D’ABORD UNE RELIGION DE LA PERFECTION
Le chemin vers Dieu passe fréquemment par la rencontre des saints. On apprend souvent à
connaître une personne par l’intermédiaire de son conjoint. Sans tout dévoiler de la personneque l’on cherche à connaître, un conjoint nous aide à comprendre ses raisons de vivre. Pour
connaître Dieu, il en est souvent de même. Les saints nous aident à mieux le rencontrer.
Ceux qui se sont employés à faire connaître leurs vies ont souvent été tentés par le
merveilleux, le légendaire, le miraculeux. Ce faisant, ils contredisaient pourtant ce qui est le fond
de la pensée chrétienne sur la sainteté : Dieu seul est saint, parce que lui seul est don total ;
c’est-à-dire qu’il est ce qu’il dit et qu’il dit ce qu’il est.
Jésus de Nazareth est saint parce que sa personne est intrinsèquement
139 – Morale
unie à Dieu. Le chrétien est saint parce qu’il est uni à Dieu par Jésus dans
l’Église. La sainteté n’est ni dans l’effort moral ni dans la réussite. Elle est dans l’union à Dieu. Le
modèle du chrétien n’est pas Superman ; les chrétiens ne concourent pas au grand championnat
de la vertu toutes catégories. Ils sont saints, même s’ils sont faibles, dans la mesure où ils sont et
restent unis à Dieu. Jésus affirmait à des gens « bien » que des femmes prostituées les
devanceraient dans le royaume des cieux. Cette description de la sainteté montre que le
christianisme n’est pas une simple morale, même si la vie chrétienne est porteuse d’exigences
morales.
LES SAINTS MONTRENT, PAR LEUR VIE, QUE LE CHRISTIANISME EST À LA FOIS UNE RELIGION PERSONNELLE ET
UNE AVENTURE COLLECTIVE
Le chrétien a un lien personnel avec Dieu, qu’il aspire « à voir face à
158 – Vie
face » (1 Co 13, 12). Mais pour lui, personnel ne veut pas dire individuel : spirituelle
s’unir au Christ invite à « donner sa vie pour les hommes ». Bien plus,
s’unir au Christ permet au chrétien d’avancer la réalisation de ce qu’il croit être le plan de Dieu :
rassembler l’humanité entière autour du Christ Jésus et en lui.
102 – Salut
Le cœur de toute vie est difficile à connaître. Le cœur de la vie
chrétienne, comme la relation des saints avec Dieu, est indicible. Ce qui est 141 – Mystique
certain, c’est que de nombreux saints ont marqué, voire bouleversé, leur
époque. Ils n’ont pas gardé leur élan pour eux seuls. Mystérieusement, et quelquefois à leur
corps défendant, ils ont été suivis ; des communautés sont nées autour d’eux, à partir de leur
témoignage ou de leur souvenir. Tous, en tout cas, ont conforté l’Église.
Pour les chrétiens , tous ceux qui se sont unis au Christ, qu’ils soient
76 – Église
morts ou encore de ce monde, forment un seul corps avec lui et la sainteté
– la plus grande proximité de certains avec Dieu – permet au corps tout entier d’être davantage
tourné vers Dieu le Père.
COMMENT ON DEVIENT « SAINT »
LES PROCÉDURES ACTUELLES
La canonisation et la béatification ne sont décidées qu’au terme d’une
2 –
procédure rigoureuse. Ce fut d’ailleurs le cas dès les premiers siècles du Béatifications et
christianisme. Afin de faire cesser les abus populaires, les évêques canonisations
s’étaient réservé le droit de déclarer qui pouvait être reconnu comme saint,
eau terme d’une véritable procédure. Depuis le XI siècle, l’examen des causes se fait à la curie
romaine. La dernière instruction concernant les normes des procédures canoniques diocésaines
a été fixée par Benoît XVI en 2008. Ce document, intitulé Sanctorum Mater, demande aux
évêques une étude approfondie et rigoureuse des causes qui leur sont présentées afin de veiller
à ce que soit bien reconnue la réputation de sainteté de celui ou de celle pour qui s’ouvrirait une
cause de canonisation.DU SERVITEUR DE DIEU AU BÉATIFIÉ
Tout baptisé ou groupe de baptisés peut demander l’ouverture d’un procès en canonisation en
en saisissant l’évêque du diocèse où est morte la personne.
Deux ordres de faits doivent être démontrés pour aboutir à une canonisation :
Le rayonnement spirituel du serviteur de Dieu après sa mort : c’est à la fois un signe de sa
participation à la sainteté de Dieu et l’assurance que son exemple est accessible et bienfaisant
au peuple chrétien ; les miracles qui peuvent lui être attribués revêtent à ce titre une grande
importance.
Son martyre ou ses vertus chrétiennes : le martyre , c’est-à-dire la mort subie par fidélité à la foi
, est le suprême témoignage que peut donner un chrétien et il suffit à le
6 – Grands
rendre exemplaire quand bien même le reste de sa vie ne l’aurait pas témoins
été. Quant aux vertus chrétiennes, si elles se manifestent de façon
héroïque, elles sont, en l’absence de martyre, la marque d’une foi vivante et la démonstration
que la sainteté n’est pas inaccessible à l’homme.
Étape diocésaine
L’évêque, saisi par le postulateur de la cause, demande l’agrément des évêques de sa région
apostolique et suscite un nihil obstat de la congrégation des causes des saints. Il institue une
commission canonique d’enquête qui recourt à des experts en histoire et en théologie, et
recueille les témoignages de ceux qui ont connu la personne ou en ont entendu parler. Ces
experts sont chargés de rassembler la documentation nécessaire : écrits, témoignages, traces
des activités pastorales, de la vie spirituelle et autres investigations nécessaires pour mettre en
lumière la vie de la personne concernée, souvent désignée alors par le titre de « serviteur
(servante) de Dieu ».
Pour prendre sa décision, l’évêque procède à une investigation approfondie « notamment en
ce qui concerne la réputation de sainteté ou de martyre », réputation qui doit être « spontanée et
non pas procurée artificiellement ». Pour le sérieux de l’enquête, l’évêque « ne doit pas confier
de charge à des personnes appartenant au même institut, à la même société ou à la même
association que le serviteur de Dieu ».
Au terme de ces recherches approfondies, l’ensemble du dossier, avec les conclusions de
l’évêque, est transmis à Rome. La validation de toute cette enquête est en effet réservée au
pape après un examen minutieux du dossier par un organisme spécialisé du Saint-Siège : la
congrégation pour les causes des saints. Pendant ce travail, le « serviteur de Dieu » peut être
appelé « vénérable ». Le postulateur de la cause doit alors séjourner à Rome pour pouvoir
répondre aux questions de la Congrégation romaine.
Étape romaine
Cette congrégation romaine est constituée d’un collège de cardinaux et d’évêques présidé par
un préfet (un cardinal) assisté d’un secrétaire (un évêque). La Congrégation dispose de
rapporteurs et de consulteurs (historiens, théologiens) pour examiner chaque élément du
dossier, et de médecins pour les miracles.
En 2008, la Congrégation a eu recours à la collaboration de 72 consulteurs théologiens et,
pour l’étude des miracles présentés, elle a consulté 60 médecins spécialisés dans les différents
secteurs de la médecine actuelle. En 2008, 2 200 causes étaient en attente à la Congrégation.
Avant tout examen d’une cause, le sous-secrétaire vérifie si le dossier a bien été établi selon
les règles. Un rapporteur est nommé, qui prépare la « positio » sur les vertus, le martyre ou le
miracle. Le promoteur de la foi émet un avis favorable ou non (d’où l’appellation d’« avocat du
diable » qui lui est familièrement donnée).Après délibération, la congrégation se prononce par des votes à propos du martyre, des vertus
chrétiennes, des miracles. Si ces votes sont positifs, ils se traduisent par des décrets
reconnaissant la réalité des éléments indispensables à la béatification ou à la canonisation.
Les décrets sont signés par le cardinal préfet et par l’archevêque secrétaire de la
congrégation. La lettre apostolique qui proclame les nouveaux bienheureux est signée, par
délégation du souverain pontife (de mandato Summi Pontificis), par le cardinal secrétaire d’État.
La signature du pape apparaît en revanche sur les lettres décrétales, dans lesquelles sont
proclamés les nouveaux saints. La proclamation de ces décisions, notamment les canonisations,
est faite au cours d’un consistoire présidé par le pape.
DU BÉATIFIÉ AU SAINT
C’est l’évêque ou le supérieur religieux qui demande la canonisation d’un bienheureux à la
congrégation romaine. Il expose en particulier pourquoi le culte public devrait être proposé à
l’Église universelle et non plus limité à un lieu ou à une famille religieuse.
On ne refait pas l’ensemble de la procédure. Elle est acquise. Il est seulement demandé, en
plus du miracle nécessaire pour la béatification, un autre miracle obtenu par l’intercession de ce
bienheureux. Ce miracle est soumis, là encore, à toutes les vérifications possibles : personnalité
du miraculé, circonstances qui entourent ce nouveau miracle et, s’il s’agit d’une guérison,
certitudes médicales contrôlées par des experts (médecins et psychologues).
LES DÉLAIS
Habituellement, la procédure est longue : elle peut prendre plusieurs dizaines d’années parce
qu’il faut recueillir toute la documentation possible et la vérifier. Quoi qu’il en soit, il est demandé
d’attendre cinq ans après la mort de la personne avant d’introduire sa cause de canonisation,
afin que la procédure ne soit pas trop soumise à l’émotion et que la réputation de sainteté soit
bien acquise. Mais dans certains cas, le pape peut en décider autrement.
Certains saints bien connus ont attendu plusieurs siècles leur consécration. C’est le cas de
Jeanne d’Arc, morte en 1431 et canonisée en 1920. D’autres ont longtemps attendu la
confirmation de leur culte, comme Fra Angelico, dont le culte a été reconnu 500 ans après sa
mort ou saint Meinard), 800 ans après la sienne.
Mais l’Église catholique a connu aussi des canonisations très rapides. Parmi les records
figurent saint Thomas Becket, canonisé en trois ans, et saint Antoine de Padoue, en un an.
L’étude de certaines causes a pu être accélérée pour les premiers saints ou bienheureux
d’Églises particulières.
LA CÉLÉBRATION SOLENNELLE
Une fois décidée par le pape, la béatification ou la canonisation est célébrée au cours d’une
liturgie solennelle, présidée par le pape pour les canonisations (Jean-Paul II a présidé aussi les
béatifications). Jusqu’en 1984, ces célébrations se déroulaient toujours à Rome. Seule
exception, Paul VI canonisa les martyrs de l’Ouganda au cours de son voyage en Afrique en
1964. En 1984, Jean-Paul II saisit l’occasion de ses voyages pour procéder, le plus souvent
possible, à la béatification et à la canonisation des martyrs et des saints dans leur pays, donnant
alors un message direct aux populations, chrétiennes ou non. Ce fut le cas lors de la béatification
d’Antoine Chevrier, à Lyon en 1986, et de celle de Frédéric Ozanam, à Paris durant les JMJ de
1997.
Benoît XVI a décidé que les béatifications seraient (sauf cas exceptionnel) célébrées dans le
pays ou la région du nouveau bienheureux, de façon à faire participer d’une manière plus visible
et plus importante les Églises locales dont les fidèles n’ont pas la possibilité de quitter leur pays
pour un voyage onéreux à Rome.
Dans le même temps, il est nécessaire que partout où se déroulent les rites de la béatification,il apparaisse de façon évidente que chaque béatification est un acte du souverain pontife. C’est
pour cela que le pape, quand il autorise le culte local d’un serviteur de Dieu, rend sa décision
publique à travers une lettre apostolique.
INSCRIPTION AU CALENDRIER ROMAIN
Les fêtes à célébrer par toute l’Église sont fixées par le calendrier romain
3 – Saints du
pour l’Église universelle. Celui-ci ne retient qu’une sélection très restreinte. calendrier
D’abord parce que l’année liturgique, comme l’année civile, ne compte que
365 jours (alors qu’il y a environ 40 000 saints). Ensuite parce que le concile Vatican II a décidé
que les solennités célébrant le Christ l’emportent sur celles célébrant les saints et la Vierge
Marie. La décision de Vatican II fut que seules seraient étendues à l’Église universelle les fêtes
de saints présentant une importance véritablement universelle.
Ainsi, la plupart des fêtes des saints est laissée à la décision de chaque Église particulière ou
locale, nation ou ordre religieux. Après 1970, le calendrier romain ne comptait plus que 180
saints. Jean-Paul II l’a, depuis lors, complété. Ceux qui l’ont été éliminés du calendrier universel
sont des saints sur qui l’on a très peu d’informations ; ainsi des saints pourtant très populaires
comme Christophe, Barbe, Georges, en ont été retirés, mais n’ont pas été supprimés du
Martyrologe romain.
UN RENOUVEAU D’INTÉRÊT POUR LES VIES DE SAINTS
Le culte des saints a toujours été l’une des composantes importantes de la religion populaire .
Le type de modèles qu’il privilégie est révélateur de l’esprit et des attentes
4 – Saints
de chaque époque. Le culte des saints offre à la vie de foi des chrétiens populaires
une référence concrète et stable, des modèles éprouvés à l’abri des
perturbations ambiantes. Les fidèles ont le sentiment d’y trouver un témoignage à leur mesure de
la grâce de Dieu à l’œuvre dans l’homme.
Il faut simplement remarquer que la recherche d’un modèle stable
117 – Dévotion
n’empêche pas chaque époque de lire les vies de saints à sa manière
epropre, en y privilégiant ce qui correspond le plus à ses attentes. Le XVIII siècle, « siècle des
ephilosophes », éprouvait peu d’attrait pour la mystique, dont le XVI avait, au contraire, été très
eavide. Les goûts du XIX siècle le portaient vers le surnaturel le plus exubérant et tout ce qui
pouvait lui paraître « édifiant ».
Aujourd’hui, les saints qui rencontrent le plus de succès sont probablement ceux qui
témoignent de valeurs telles que la gratuité ou la générosité. La sympathie portée à l’esprit de
pauvreté et de fraternité d’un François d’Assise, à son caractère désinstallé de pèlerin de Dieu, à
sa communion avec la nature, à sa spiritualité simple et profonde, dont on retrouve maintes
correspondances chez un Benoît Labre, un Maximilien Kolbe ou un Charles de Foucauld, rejoint
un autre phénomène de la vie religieuse d’aujourd’hui : le renouveau des vocations
contemplatives et érémitiques. Le fait est d’autant plus frappant que les vocations séculières et
missionnaires, elles, diminuent. La contemplation attirerait-elle davantage que l’action ? En fait, il
s’agit plus probablement d’une aspiration à mieux lier action et contemplation au sein d’un
monde qui, aux yeux de beaucoup, se dessèche. Ils y cherchent ce « supplément d’âme » qui
leur paraît manquer. Cela explique aussi pourquoi des incroyants s’intéressent aujourd’hui aux
vies de saints.VOIR AUSSI
ENTRÉES
2 5
ENTRÉE 1
QU’EST-CE QU’UN SAINT ?
Au risque de surprendre, il faut affirmer que, dans la pensée catholique, un saint n’est
pas d’abord un héros, un modèle de vertu, une sorte de personnage sacré.
Comme les catholiques le chantent chaque dimanche à la messe : « Dieu seul est
saint »…
Si un homme ou une femme est déclaré saint, c’est parce qu’il ou elle apparaît comme un
reflet de la sainteté de Dieu. Pour les chrétiens, tous les hommes, grâce au Christ, sont appelés
à « refléter la gloire du Seigneur », à « être transfigurés en cette même image » (2 Co 3, 18).
Saint Pierre l’affirme clairement (1 P 1, 16). Aucun humain ne peut donc être un modèle de vertu
par sa propre force. En revanche, certains hommes et certaines femmes se sont
progressivement ouverts davantage à la grâce de Dieu et reflètent, plus clairement que d’autres,
son amour. Ce sont eux que l’on appelle les saints, au sens moderne du terme.
Par la béatification et la canonisation, l’Église catholique reconnaît donc, pour un certain
nombre d’entre eux, cette relation particulière avec Dieu. La vie de ces saints est telle que
l’Église peut assurer qu’ils ont réalisé en eux l’identification avec la sainteté divine. Par le
cheminement de leur vie, ces chrétiens font comprendre à tous ce qu’est l’horizon du
christianisme.
Le livre de l’Apocalypse réserve l’appellation de saints aux martyrs, c’est-à-dire à ceux dont la
vie ressemble le plus à celle du Christ ; mais relativement vite, à la fin des persécutions, les
chrétiens ont compris que l’on pouvait donner sa vie pour Dieu autrement que par les formes
traditionnelles du martyre. Dès lors, la voie était ouverte à la reconnaissance ecclésiale d’autres
formes de sainteté.
Être saint signifie vivre dans la proximité de Dieu, vivre dans sa famille. Et telle est notre
vocation à tous, répétée avec vigueur par le concile Vatican II, et reproposée aujourd’hui de
façon solennelle à notre attention.
Pour être saint, il n’est pas nécessaire d’accomplir des actions et des œuvres extraordinaires,
ni de posséder des charismes exceptionnels. [...] Il est nécessaire avant tout d’écouter Jésus, et
de le suivre sans se décourager face aux difficultés. « Si quelqu’un me sert – nous avertit-il –
qu’il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père
l’honorera » (Jn 12, 26).
Plus nous imitons Jésus et demeurons unis à Lui, plus nous entrons dans le mystère de la
sainteté divine.
erBenoît XVI, Homélie de la Toussaint, 1 novembre 2006.
Comment est né le culte des saintsLE CULTE DES MARTYRS
e eDès le milieu du II siècle en Orient et à partir du III siècle en Occident, les chrétiens
prennent l’habitude de se réunir près des tombes des martyrs ou sur les lieux de leur supplice,
en particulier le jour anniversaire de leur mort. Cet anniversaire a été très rapidement célébré
comme celui de leur véritable naissance : leur naissance au Ciel. La communauté chrétienne en
effet a, tout de suite et sans aucun débat, regardé comme entrés dans la gloire de Dieu ceux qui
ont versé leur sang pour lui. Très tôt, l’habitude est prise de marquer fortement le lien entre leur
sacrifice et celui du Christ sur la croix en célébrant l’eucharistie sur leurs tombes. Ce
rassemblement est favorisé par l’usage qu’avaient les Romains de se réunir autour des tombes
de leurs défunts et d’y prendre des repas ; ainsi, le « banquet eucharistique » des chrétiens
autour de la tombe des martyrs était admis par leurs bourreaux eux-mêmes. Peu à peu, le martyr
devient un modèle. On sollicite son intercession auprès de Dieu. Les évêques favorisent cette
forme de culte, généralement local.
eL e culte rendu aux martyrs engendre très vite (dès le IV siècle) la vénération de leurs
reliques. On commence à transférer des corps, des fragments de corps ou des morceaux
d’étoffe ayant touché ces corps, à travers le monde chrétien (translations). On construit des
églises dédiées au saint martyr dont elles conserveront les reliques (placées sous l’autel, elles
sont à l’origine de la pierre d’autel contenant une relique). Ces reliques revêtent une importance
extrême aux yeux du peuple chrétien. Le lieu où elles reposent est inviolable. En cas de danger
(épidémies, famine, siège, etc.), on promène en procession la châsse qui les contient pour
arrêter le mal.
Progressivement le culte des martyrs se répand bien au-delà des lieux où l’on vénère leurs
restes ; on leur attribue un jour commémoratif célébré dans toute l’Église. On met des lieux de
culte, des villes, des points géographiques sous leur patronage. Les apôtres, presque tous morts
martyrs, figurent parmi ceux que l’on vénère particulièrement en leur double qualité de
compagnons du Christ et de piliers de l’Église naissante.
LE CULTE DES FONDATEURS
Des martyrs et des apôtres, la vénération s’étend bientôt aux évêques fondateurs d’Églises
locales et aux moines évangélisateurs, ces « pères dans la foi », puis aux vierges et aux veuves
consacrées, aux grands mystiques, ascètes, maîtres à penser (docteurs). Le culte des saints est
parfois mis à contribution pour christianiser des lieux de culte ou des fêtes païennes (la
SaintJean remplace les fêtes du solstice d’été).
LE CULTE DE LA VIERGE MARIE
e eQuant à la Vierge Marie, vénérée très tôt, elle est fêtée dès les IV et V siècles à l’occasion
des fêtes du Seigneur faisant ressortir son rôle dans l’histoire du Salut : Annonciation, Visitation,
Nativité, Purification ; on y ajoutera peu à peu, au fil des siècles, d’autres fêtes : Dormition ou
Assomption, Immaculée Conception, etc.
LE CULTE DES PREMIERS SAINTS
Pendant longtemps, le culte des saints est resté comme une simple extension de celui des
martyrs : on parlait de martyre rouge pour les saints ayant versé leur sang, de martyre vert pour
les saints ayant eu une vie de pénitence, et de martyre blanc pour les saints ayant eu une vie de
virginité et de bonnes œuvres.
eLes premières vies de saints apparaissent vers le milieu du IV siècle. En 356, saint Athanase
écrit la vie de saint Antoine quelques années seulement après sa mort. À cette époque
paraissent également les premiers calendriers des saints : le plus ancien remonte à 354 (et a
servi de base au calendrier liturgique romain en vigueur jusqu’à la réforme de 1969). Calendrierslocaux et régionaux sont refondus pour rédiger le Martyrologe : le plus ancien parvenu jusqu’à
enous – faussement attribué à saint Jérôme – date de la fin du VI siècle.
On ne peut demander aux vies de saints écrites dans les premiers siècles de répondre aux
critères historiques de notre époque. Le goût général pour le merveilleux était plutôt alors la
référence. La ferveur des hagiographes, la volonté d’édifier, l’imagination des foules, les calculs
de certains personnages intéressés contribuèrent à enjoliver les vies de saints, à leur attribuer
des miracles extraordinaires.
Tout d’abord ce sont les chrétiens qui ont reconnu la sainteté de certains d’entre eux. Des
abus ont conduit les évêques à prendre le privilège de proclamer la sainteté d’un personnage.
On connaît la date de la première canonisation proclamée par un pape : celle d’Ulric, évêque
ed’Augsbourg, en 993. Ce n’est qu’à partir du XII siècle que le pape s’est réservé le droit
d’instruire le procès en canonisation, selon des règles qui sont devenues depuis lors de plus en
plus rigoureuses.
Index : Culte des saints : Origine du –; BENOÎT XVI (pape) : Cit. de – sur
les saints; Culte:– des martyrs; Martyrs : Culte des – ; Reliques : Culte des
–; Culte:– des reliques; Apôtres : Culte des –; Culte:– des Apôtres; MARIE
(Vierge):Culte de –; Culte:– de Marie; Culte des saints; Saints : Histoire du
culte des –; Saints : Premières vies de – ; ATHANASE (st, Dr de l’Église):
Vie de st Antoine; Calendrier: Premier – des saints; Saints : Premier
calendrier des –; Martyrologe : Historique du –; JÉRÔME (st, Dr de
l’Église): Rédaction d’un martyrologe par –; ULRIC ou ULRICH (st); Pape :
Rôle du – dans les canonisations et béatifications;
Le mot « saint » dans la Bible
Le saint des saints : Dieu.
Le peuple saint : le peuple juif élu de Dieu.
La tribu sainte : la tribu de Lévi vouée à Dieu (lévites).
La cité ou la ville sainte : Jérusalem.
La Terre sainte : le pays d’Israël.
Le Saint des Saints : cœur du sanctuaire du temple de Jérusalem ; dans le premier temple,
construit par Salomon, c’est là qu’était déposée l’arche d’alliance où se trouvaient les tables de
la Loi. C’était, pour les juifs, le lieu de la présence de Dieu parmi son peuple.
Index : Saints : Le mot – dans les expressions bibliques ; Saints : Saint des
saints (pièce du Temple);
Expressions religieuses contenant « saint »
Les Lieux saints : Jérusalem et les lieux où vécut Jésus.
Le Saint-Sépulcre : tombeau où Jésus fut mis après sa mort.
Le saint-père : le pape.
Le Saint-Siège : le gouvernement pontifical.
La cité sainte : la Jérusalem céleste, le Paradis.
Les villes saintes (pour les musulmans) : Jérusalem, Médine et La Mecque.
L’île des saints : l’Irlande.
Les jours saints : les jours de la semaine sainte qui précèdent Pâques.
La communion des saints : l’ensemble des fidèles vivants et morts.Les saints : nom donné aux chrétiens de Jérusalem par l’apôtre Paul dans les Actes des
apôtres (Co 16, 1).
Les saints du dernier jour : nom que se donnent les mormons.
Index : Saints : Le mot – dans les expressions bibliques ;
LE TÉMOIGNAGE DES MARTYRS
La mémoire des martyrs est un signe permanent, mais aujourd’hui particulièrement éloquent,
de la vérité de l’amour chrétien. Il ne faut pas oublier leur témoignage. Ils ont annoncé l’Évangile,
donnant leur vie par amour. Le martyre, surtout de nos jours, est signe du plus grand amour qui
récapitule toutes les autres valeurs. Son existence reflète la parole suprême prononcée par le
Christ sur la Croix : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34).
Jean-Paul II, Bulle d’indiction du Grand Jubilé de l’an 2000, Incarnationis mysterium.
La sainteté
Le mot « saint » vient du latin sanctus, souverainement pur, parfait. Selon la doctrine
chrétienne, Dieu seul est saint. Mais parce qu’il est totalement amour, Dieu invite tous les
hommes à partager sa sainteté et le bonheur dont elle est la source ; ceux qui ont répondu à cet
appel peuvent être eux-mêmes appelés « saints » dès lors qu’ils se trouvent associés à la
sainteté divine.
C’est pourquoi l’Église catholique propose à ses fidèles l’exemple de personnes dont la vie lui
paraît avoir clairement mérité le partage de la sainteté divine. Elle reconnaît alors officiellement
leurs mérites en les proclamant saints par la canonisation. Il convient de noter que, pour certains
théologiens, une telle reconnaissance ne relève pas du magistère infaillible de l’Église.
Cependant, pour tous, c’est un acte important du magistère du pape.
Index : Sainteté : Exemples de – proposés par l’Église ;
QU'EST-CE QUE ?
Acathiste
Hymne et composition poétique chantés en l’honneur de la Vierge, en souvenir de la libération
miraculeuse de Constantinople par son intervention en 626.
Auréole
(du latin aureola, sous-entendu corona : couronne d’or). Cercle de rayons lumineux ou
simplement cercle doré dont les artistes entourent la tête du Christ et des saints pour suggérer
l’irradiation immatérielle de leur personne et l’éclat de leur gloire.
Dulie
(du grec doulos, serviteur). Prières et hommages adressés aux anges, aux saints et
notamment à la Vierge Marie (hyperdulie). Le culte de dulie se différencie du culte d’adoration
(latrie), rendu à Dieu seul.
Hagiographie
(du grec hagios, sacré, et graphein, écrire). Au sens strict, récit de la vie d’un saint à partir des
méthodes de la science historique.
Au sens large, le mot désigne toute relation d’une vie de saint, à telle enseigne qu’il est parfoisemployé pour désigner toute biographie un peu trop élogieuse.
L’hagiographe est l’auteur d’une vie de saint.
Hyperdulie
(du grec uper, au-dessus, et doulos, serviteur). Le mot « dulie » désignant le culte d’honneur
rendu aux saints, celui d’« hyperdulie » a été créé pour désigner celui rendu à la Vierge en
raison de son éminente dignité parmi les saints. Le terme dulie rappelle toutefois que ce culte, si
éminent soit-il, reste de vénération, et se distingue donc fondamentalement de celui d’ adoration
(ou latrie), réservé à Dieu seul.
Icône
Image introduisant dans le mystère de la vie du Christ, de la Vierge ou des saints selon un «
canon » théologique. Les icônes sont vénérées à l’égal des reliques.
Latrie
Culte d’adoration rendu à Dieu seul.VOIR AUSSI ENTRÉES
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ENTRÉE 2
BÉATIFICATIONS ET CANONISATIONS
Béatification et canonisation
La canonisation, inscription d’un bienheureux au canon (catalogue) des saints, prévoit que son culte est étendu à l’Église universelle. La béatification,
avant-dernière étape avant la canonisation, permet un culte restreint.
Index : Béatification; Canonisation;
QU'EST-CE QUE ?
Canon des saints
Liste officielle des saints et bienheureux reconnus par l’Église catholique. Voir aussi Martyrologe.
Cause des saints
La cause est, en termes juridiques, ce qui constitue la matière d’un procès. La béatification et la canonisation ne sont prononcées par l’Église catholique
qu’au terme d’une procédure judiciaire devant les tribunaux ecclésiastiques. La cause d’un saint est donc l’ensemble des arguments présentés en vue
d’obtenir la béatification ou la canonisation d’une personne. La congrégation romaine (dans l’administration du Vatican, l’équivalent d’un ministère)
chargée d’instruire ces procès est appelée « congrégation pour la cause des saints ».
Confirmation du culte
Des saints vénérés depuis des siècles et reconnus comme saints par les Églises locales ont pu être insérés dans le Martyrologe romain, après enquête
de la congrégation de la cause des saints et décision du pape, sans qu’il y ait eu besoin de procès de canonisation.
Il en fut ainsi pour Fra Angelico (1387-1455) en 1984 ; Thorlakur Thorhalsson, évêque islandais († 1193), en 1984 ; Jean Duns Scot, franciscain
irlandais et théologien (1266-1308), en 1993 ; saint Meinard, premier évêque de Lettonie (1136-1196), en 1993.
Désormais cette confirmation officielle de la part des organismes romains demande une enquête conforme aux causes dites anciennes.
Élevé sur les autels
Équivalait jusqu’au Moyen Âge à une canonisation, puisque les reliques du saint n’étaient plus dans une tombe, mais mises à une place d’honneur sur
un autel dans une châsse, pour la vénération des fidèles et un culte public, mais, bientôt, il fallut, pour contrôler les abus, la reconnaissance canonique de
l’évêque du lieu.
Vénérable
(du latin venerabilis, digne d’être vénéré). Le titre purement honorifique fut d’abord accordé au serviteur de Dieu dès l’introduction officielle de sa cause.
Désormais il n’est donné qu’à ceux ou celles dont l’héroïcité des vertus a été reconnue par l’Église.
La vie de la personne proclamée « vénérable » peut être proposée en exemple aux chrétiens, mais sans aucun culte public.
Nombre de béatifications et de canonisations par papeLes saints et les papes
eAvant le XIX siècle, les béatifications et les canonisations furent peu nombreuses, et les célébrations groupées très rares – mis à part la canonisation
des martyrs d’Otrante par le pape Clément XIV. Durant cette période, avec quelques membres des familles royales ou princières, ce sont surtout des
évêques, des fondateurs et des fondatrices d’ordre qui sont béatifiés ou canonisés. On constate aussi la prédominance des hommes parmi les saints (79,5
%) et les bienheureux (84,3 %). Le cas de saint Isidore le laboureur, canonisé le 12 mars 1622, en même temps que saint François Xavier, saint Ignace
de Loyola, saint Philippe Néri et sainte Thérèse d’Avila, est unique. On le doit au roi Philippe III d’Espagne, miraculeusement guéri par ce saint que les
foules vénéraient.
DES BÉATIFICATIONS GROUPÉES
eDans la seconde partie du XIX siècle, les béatifications et les canonisations deviennent de plus en plus nombreuses à la suite des demandes des
congrégations religieuses. Pie X initie les béatifications « groupées » des martyrs, comme les religieuses de Compiègne ou les martyrs d’Indochine , suivi
en cela par Benoît XV, avec les jeunes martyrs de l’Ouganda et les 64 martyrs de Prague, par exemple. Ces béatifications de martyrs sont significatives,
non plus seulement de la sainteté personnelle, mais de l’Église missionnaire avec les martyrs du Canada, de la fidélité à l’Église face aux persécutions
avec les martyrs de Damas, de la Révolution française ou d’Angleterre. Pie XII béatifie ainsi, coup sur coup, 40 puis 136 martyrs anglais.
JEAN-PAUL II
Jean-Paul II innove. Il perpétue, à l’image de ses prédécesseurs, la mémoire des martyrs, mais il multiplie ces béatifications groupées (comme celles
des martyrs du Japon, de Chine, du Mexique et surtout d’Espagne). Durant ses visites pastorales, il veut donner un modèle de vie chrétienne en béatifiant
les premiers saints de ces pays, veillant à ce que des laïcs soient commémorés autant que des religieux. Il veille à ce que tous les états de vie soient
reconnus comme chemins de sainteté. L’exemple en est la béatification du couple Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi en octobre 2001, premier « cas » de
ce genre dans toute l’histoire de l’Église.Index : Béatification; Canonisation; Martyrs:– d’Otrante; ISIDORE LE LABOUREUR (st); PIE X (st, pape); Béatification:–
collective; Martyrs:– de l’Indochine; Martyrs:– de l’Ouganda; Martyrs:– de Prague; Martyrs:– du Canada; JEAN-PAUL II
(pape):– et les canonisations; BELTRAME QUATTROCCHI, LUIGI et MARIA (bx);
QU'EST-CE QUE ?
Avocat du diable
Nom populaire donné au promoteur de la foi. Lorsqu’un évêque demande à Rome de béatifier ou de canoniser un saint, la congrégation pour la cause
des saints exige du diocèse puis de ses services une enquête rigoureuse et contradictoire pour s’assurer que l’on ne présente pas comme modèles des
hommes ou des femmes qui ne le mériteraient pas vraiment. Depuis 1983, le postulateur se doit de ne rien cacher de celui ou celle qu’il présente et de
répondre aux interrogations du promoteur de justice.
Avant cette réforme, le promoteur de la foi avait à la congrégation la responsabilité de mettre en avant les ombres du dossier qui pouvaient nuire à la
cause. D’où le nom d’« avocat du diable » qu’on lui donne en plaisantant.
Bienheureux
(du latin beatus, heureux). Titre donné par l’Église à une personne dont la vie chrétienne est proposée en exemple et qui, pour cette raison, est
béatifiée. Le terme bienheureux signifie qu’aux yeux de l’Église cette personne a été admise à partager pleinement le bonheur de Dieu. Le titre est attribué
par un décret signé, par délégation du souverain pontife, par le secrétaire d’État. La célébration a lieu au cours d’une liturgie solennelle présidée par un
légat du pape, habituellement le préfet pour la cause des saints. Il lit le décret pontifical de béatification pour témoigner que cette décision a été prise par le
souverain pontife. La béatification est l’étape qui précède la canonisation. Un culte liturgique public mais restreint à un diocèse, un pays ou un ordre
religieux peut être rendu au bienheureux dans les limites autorisées dans chaque cas par le pape.
Naissance au Ciel
Synonyme du jour de la mort, puisque le saint rejoint la gloire de Dieu et naît à la vie bienheureuse et éternelle.
Jean-Paul II et les saints
Jean-Paul II a reconnu et proclamé plus de saints à lui seul que les autres papes en 400 ans.
L’UNIVERSALITÉ DE LA SAINTETÉ
Il a eu à cœur de montrer le caractère universel de l’appel à la sainteté promu par le concile Vatican II. Pour cela, il n’a pas hésité à honorer, aux côtés
edes martyrs du XX siècle, des personnes n’ayant apparemment rien fait d’« exceptionnel » au cours de leur vie, mais ayant su « appliquer l’Évangile au
quotidien, de manière cohérente et concrète ». Certains ont critiqué son « inflation » des béatifications et des canonisations. Pour lui, la diversité des saints
est la démonstration qu’il existe bien de nombreuses demeures dans la maison du Père.
DES MODÈLES POUR TOUS
En fait, il a eu le souci de donner des modèles de vie chrétienne aux nations, aux peuples, aux Églises ou aux différentes vocations. C’est le cas des
gitans, dont le premier bienheureux est Zéphirin Gimenez Malla, martyr de la guerre civile espagnole, ou des foyers, qui ont pour modèles Luigi et Maria
Beltrame Quattrocchi, premiers époux béatifiés ensemble par un pape et dont la fête liturgique a été fixée à la date anniversaire de leur mariage. Ouvriers,
journalistes, hommes politiques, artisans, pères ou mères de famille ou encore jeunes laïcs, toutes les classes sociales et les états de vie sont ainsi
représentés, même si les religieux et religieuses sont encore majoritaires.
TOUS APPELÉS À LA SAINTETÉ
Tous les catholiques, sans exception, sont appelés à la sainteté dans la vie ordinaire. Les saints, reconnus ou non, sont innombrables. La prière
eucharistique III le dit expressément : « Pour les hommes qui ont quitté ce monde et dont tu connais la droiture, nous te prions. Reçois-les dans ton
Royaume où nous espérons être comblés de ta gloire, tous ensemble et pour l’éternité. »
Jean-Paul II nommait la Toussaint la fête du « saint inconnu ». Citant la liturgie de ce jour, il soulignait que l’Église a « la joie de célébrer en une fête
unique les mérites et la gloire de tous les saints, non seulement de ceux qu’elle a proclamés au cours des siècles, mais aussi des innombrables hommes
et femmes dont la sainteté, cachée en ce monde, est bien connue de Dieu et resplendit dans son Royaume éternel ».
Index : JEAN-PAUL II (pape):– et les saints; Sainteté; Saints; GIMENEZ MALLA, ZÉPHIRIN (bx); BELTRAME
QUATTROCCHI, LUIGI et MARIA (bx);
La vérité sur l’histoire
Les papes ont béatifié et canonisé de nombreux martyrs : ceux du génocide arménien, ceux de la Révolution du Mexique , de la Révolution française,
des « pontons » de Rochefort et d’Angers, oubliés dans les cérémonies du bicentenaire, les martyrs de la guerre civile espagnole, oubliés par la plupart
des manuels d’histoire, les martyrs du nazisme et ceux du communisme.
eIls n’hésitent pas à faire ainsi mémoire des martyrs de la fidélité à l’Église romaine à Kosice en Slovaquie, en Irlande et en Grande-Bretagne au XVII
e esiècle, en Éthiopie au XVIII siècle ; et ceux de la fidélité à l’Église gréco-catholique d’Ukraine au XX siècle.
Il en est de même pour les pays de missions, l’Ouganda, la Chine, la Corée, le Vietnam ou la Thaïlande. La première canonisation de Jean-Paul II hors
de Rome fut célébrée à Séoul, en 1984, pour 103 martyrs de Corée. Sa première béatification hors de Rome fut célébrée à Manille, en 1981, pour les
martyrs de Nagasaki au Japon.
Index : Martyrs:– du Mexique; Martyrs:– d’Angers; Martyrs:– du Vietnam; Martyrs:– de la Corée; Martyrs:– de Nagasaki;
Quelques premières de Jean-Paul II
Pour la biographie du saint ou de la sainte marquée par le signe *, se reporter soit au calendrier de canonisations (entrée « Saints du calendrier »), soit à
l’entrée « Grands saints ».
Églises orientales
En 1985, sainte Rafqa Ar-Rayes*, première religieuse maronite canonisée.
En 1986, bienheureux Kuriakose Elias Chavara, premier prêtre indien de rite syro-malabar béatifié.
En 1986, bienheureuse Alphonsine Muttathupandathu, première religieuse indienne de rite syro-malabar béatifiée.
États de vieEn 1981, bienheureuse Clelia Barbieri, la plus jeune fondatrice d’ordre religieux dans l’histoire de l’Église (à peine 21 ans).
En 2001, bienheureux Luigi Beltrame Quattrocchi et Maria Corsini, premier couple béatifié.
Peuples indigènes
En 1983, bienheureuse Kateri Tekakwika, jeune Iroquoise.
En 1990, bienheureux Juan Diego Cuauhtlatoatzin, indien Nahua du Mexique, dont la vision fut à l’origine de Notre-Dame de Guadalupe.
En 2002, bienheureux Jean-Baptiste et Jacinto de los Angeles , jeunes Indiens zatopèques d’Oaxaca.
Afrique
En 1985, bienheureuse Marie-Clémentine Anwarite, première bienheureuse zaïroise.
En 2000, sainte Joséphine Bakhita, ancienne esclave originaire du Darfour (Soudan).
Amérique du Nord
En 1980, bienheureux François de Montmorency-Laval* , français et premier évêque du Canada.
En 1982, sainte Marguerite Bourgeoys, française et première sainte canonisée du Canada.
En 1990, sainte Marie-Marguerite d’Youville, première sainte « aux racines canadiennes » (Jean-Paul II).
Amérique Latine
En 1990, bienheureux Juan Diego Cuauhtlatoatzin, indien Nahua du Mexique.
En 1993, sainte Thérèse de Jésus des Andes, première sainte chilienne.
En 1995, bienheureuse Marie de Saint Joseph Alvarado Cardozo , première bienheureuse vénézuélienne.
En 1998, bienheureux Antoine de Sainte-Anne Galvao, originaire de São Paulo, premier bienheureux brésilien.
En 2000, bienheureux Mariano de Jesus Euse Hoyos , premier bienheureux né en Colombie.
En 2000, bienheureux Cristobal, Antonio et Juan, trois enfants mexicains martyrisés à Tlaxcala, les plus jeunes catéchistes, car ils catéchisaient leurs
jeunes camarades.
En 2001, bienheureux Carlos Manuel Rodrigo Santiago , premier bienheureux de Porto Rico.
En 2002, sainte Pauline du Cœur agonisant de Jésus , première bienheureuse brésilienne.
En 2002, bienheureuse Maria Romero Meneses, première bienheureuse du Nicaragua.
En 2002, bienheureuse Marie du Trépas de Jésus Sacrement , première femme argentine béatifiée.
En 2004, bienheureuse Marie-Laure de Jésus Montoya, première Colombienne béatifiée.
Asie
En 1984, saint André Kim Taegon, premier prêtre coréen canonisé.
En 1985, bienheureux Diego Luis de San Vitores, premier bienheureux martyr des îles Mariannes.
En 1987, saint Lorenzo Ruiz, laïc, premier saint philippin.
En 1993, bienheureux Maurice Tornay, premier martyr du Tibet.
En 1995, bienheureux Joseph Vaz, brahmane, originaire de l’Inde, premier prêtre béatifié du Sri Lanka.
En 2000, saint Augustin Zhao Rong, premier prêtre chinois martyrisé.
Europe
En 1986, première célébration d’une béatification en France, Antoine Chevrier *, à Lyon.
En 1996, bienheureux Otto Neururer, premier prêtre mort en camp de concentration nazi.
En 1997, bienheureux Zéphirin Gimenez Malla, premier bienheureux gitan.
En 1999, bienheureux Antoine Martin Slomsek , premier bienheureux de Slovénie.
En 2001, saint Georges Preca, premier saint originaire de Malte.
En 2003, bienheureuse Marie de Jésus crucifié Petkovic, première bienheureuse croate.
Océanie
En 1995, bienheureuse Marie de la Croix Mac Killop , première bienheureuse de l’Australie.
En 1995, bienheureux Pierre To Rot, premier bienheureux originaire de Rakunai en Papouasie.Les saints de Jean-Paul II, qui sont-ils ?
Les saints de Jean-Paul II
Jean-Paul II a béatifié 69 % d’hommes et 31 % de femmes – ce qui montre par rapport aux totaux des béatifiés depuis 1585, un développement de la
place des femmes. Ce sont notamment des martyres et des fondatrices de congrégations qui sont béatifiées.
Les martyrs représentent 80 % du total des béatifications (82 % des canonisations).
On peut à juste titre s’interroger sur le peu de laïcs non martyrs canonisés ou béatifiés : plus que le coût d’une cause introduite en vue de la
reconnaissance par l’Église de la sainteté, c’est le « suivi » qui est souvent déterminant pour son introduction, pour la recherche d’une documentation sans
faille et pour la poursuite d’une procédure complexe, longue et précise. C’est sans doute pour ces raisons que l’on constate que les bienheureux et les
saints, même avec la volonté d’ouverture de Jean-Paul II, appartiennent encore principalement à des congrégations religieuses.
Une première de Benoît XVI
En donnant son feu vert au procès en béatification d’une fillette romaine de six ans et demi, morte en 1937 d’un cancer des os après avoir manifesté «
une intense vie mystique », Benoît XVI entendait révéler que, même à cet âge, un enfant peut vivre des « vertus héroïques » qui sont celles de la sainteté.
Antonietta Meo, surnommée familièrement « Nennolina », qui avait été amputée d’une jambe après la découverte d’un ostéosarcome, devient ainsi la
plus jeune bienheureuse de l’Église catholique, si l’on excepte quelques enfants « martyrs » des premiers siècles. Cette fillette, « vive et gaie » selon les
actes de son procès en béatification, a écrit « plus d’une centaine de lettres » à Jésus, à Marie, à Dieu et au Saint-Esprit révélant, selon le dossier, « une
vie d’union mystique avec le Christ ».
« Cher enfant Jésus, tu es saint, tu es bon, fais-moi la grâce de me rendre ma jambe. Si tu ne veux pas… que ta volonté soit faite », écrit-elle dans une
de ses lettres.
Index : MEO, ANTONIETTA (bse);
Tous les êtres humains sont donc appelés à la sainteté qui, en dernière analyse, consiste à vivre en fils de Dieu, dans cette “ressemblance” avec Lui, à
partir de laquelle il nous a créés. Tous les êtres humains sont fils de Dieu et tous doivent devenir ce qu’ils sont, à travers le chemin exigeant de la liberté.
erBenoît XVI, Angélus de la Toussaint, 1 novembre 2007.Formule de béatification
Nous, (le Pape), accueillant le désir de notre frère N…, évêque de…, de plusieurs autres évêques et de beaucoup de fidèles, après avoir connu l’opinion
de la congrégation des Causes des saints, nous déclarons, de par Notre Autorité Apostolique, que le Vénérable Serviteur de Dieu N… peut être dès à
présent appelé bienheureux et que l’on peut célébrer sa fête, dans les lieux et suivant les règles établies par le droit, chaque année, au jour de sa
naissance au Ciel, le… Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
Formule de canonisation
Pour l’honneur de la Sainte et Indivisible Trinité, pour l’exaltation de la foi catholique, et l’accroissement de la vie chrétienne, par l’autorité de
NotreSeigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et la Nôtre, (le Pape), après une mûre délibération et après avoir imploré souvent l’aide
divine, et après le conseil de plusieurs de Nos Frères, Nous décrétons et définissons que le bienheureux N… est saint et que nous l’inscrivons au
catalogue des saints, et Nous statuons qu’il doit être honoré avec une pieuse dévotion dans l’Église universelle.
Rituel de béatification et de canonisation
Davantage de saints laïcs ?
Pour devenir saint, toute procédure est longue et coûteuse ; toutefois la question financière n’a jamais empêché une cause d’aboutir, pas plus qu’elle
n’est de nature à forcer les obstacles.
Pourtant, force est de constater qu’en dehors des martyrs, ce sont le plus souvent des religieux et religieuses, et très exceptionnellement des laïcs, qui
sont béatifiés ou canonisés. Il est clair qu’une congrégation religieuse est mieux placée pour favoriser le rayonnement spirituel d’un de ses membres après
sa mort, pour prendre l’initiative d’une demande et, depuis le concile Vatican II, réunir les éléments d’un dossier. Toutefois l’émergence, dans le cours du
eXX siècle, de laïcs en responsabilité, et l’importance prise au sein de l’Église par les mouvements laïcs sont probablement de nature à faire évoluer
rapidement cet état de choses.
Index : Canonisation:– de laïcs;
Combien coûte une canonisation ?
Être canonisé n’est pas donné, même si la réforme de Jean-Paul II en 1983 en a réduit les frais. Un procès de béatification coûte à lui seul près de 50
000 euros, surtout à cause de l’édition des documents préparatoires. Et si « la cause » se poursuit jusqu’à la canonisation, il faut ajouter une dépense au
moins équivalente.
La « thèse » rédigée par le « postulateur » pour présenter la sainteté d’un candidat est imprimée à plus de 50 exemplaires. Ils sont destinés aux experts
consultés, aux cardinaux, aux théologiens, aux historiens et aux membres de la Congrégation (cardinaux et évêques). Si cela est nécessaire, il faut ajouter
la recension des consultations des témoins contemporains. Chaque cause peut nécessiter deux, trois, voire une dizaine de ces volumes d’environ 1 500
pages chacun, comme ce fut le cas pour Jean XXIII ou pour Padre Pio.
À ces frais de collecte documentaire, d’archives, etc., il faut ajouter ceux qui concernent la cérémonie. Les responsables de chaque cause doivent
prendre en charge toutes les dépenses des entrevues nécessaires pour les témoins et financer l’organisation des cérémonies, pour que rien ne soit à la
charge des organismes romains. C’est pourquoi certaines cérémonies se célèbrent pour plusieurs saints simultanément afin de réduire les frais pour
chacun.
Quant aux recettes, elles sont de plusieurs types : dons des fidèles et des fondations, droits d’auteur pour les éditions, droits de reproduction pour les
télévisions, participation des agences organisatrices du voyage des pèlerins, etc.
Le déroulement de chaque procédure et de chaque cérémonie est si particulier qu’il est difficile de donner des chiffres significatifs. On peut penser que
le coût de beaucoup de cérémonies de béatification se situe autour de 25 000 euros (s’il y a plusieurs bienheureux dans une même célébration à
SaintPierre). Par exemple, les frais pour la procédure et les cérémonies de béatification de Charles de Foucauld ont coûté, entre 1953 (date d’ouverture) et
2006, près de 125 000 euros (frais de constitution du dossier de postulation, de déplacements, de correspondance, duplication des dossiers, etc., puis
cérémonies à Rome et création des reliquaires…). L’essentiel est pris en charge par des dons et par les droits d’auteur. Le coût de certaines canonisations
et cérémonies peut monter jusqu’à 300 000 euros (en cas de très grosse affluence : écrans dans la via della Conciliazione, etc.).
Index : Canonisation : Coût de la procédure de – ; JEAN-PAUL II (pape):Réforme de la canonisation par – ; JEAN XXIII
(pape):Canonisation de –; PADRE PIO DA PIETRELCINA (st) (FRANCESCO FORGIONE); FOUCAULD DE, CHARLES
(bx):Béatification de –;
Jésus invite chacun de nous à le suivre, comme ces saints, sur le chemin de la Croix, pour recevoir ensuite la vie éternelle dont il nous a fait don en
mourant. Que leurs exemples nous servent d’encouragement ; que leur enseignement nous guide et nous réconforte ; que leur intercession nous
soutienne dans les peines du quotidien, pour que nous puissions arriver un jour à partager avec eux et avec tous les saints la joie du banquet éternel dans
la Jérusalem céleste.
Benoît XVI, Homélie du 12 octobre 2008.
QU'EST-CE QUE ?
Légende
(du latin legenda, choses à lire, ce qui doit être lu).
À l’office monastique des matines est lue chaque jour, sous forme de « leçon », l’évocation de la vie du saint dont on célèbre la fête ; ce récit « à lire »
(en latin legenda) est pour cette raison appelé « légende ». Très tôt, des recueils de vies de saints furent composés pour répondre aux besoins de ces
célébrations. Puisqu’il s’agissait avant tout d’édifier et non de réaliser une œuvre scientifique (bien étrangère aux mentalités de l’époque), le fonds
historique reçut maints embellissements et le merveilleux domina volontiers, comme cela se fera dans les chansons de geste ou les romans de chevalerie.
C’est ainsi que le mot « légende » prit le sens de récit populaire plus ou moins fabuleux.
eParmi les nombreux recueils de vies de saints, on peut citer le Martyrologe (VI s.) fictivement attribué à saint Jérôme et les Acta Sanctorum entrepris
epar le jésuite Bolland (XVIII s.) et ses successeurs, les bollandistes.
eMais, le plus célèbre est connu sous le titre de Légende dorée (Legenda aurea) qui lui fut donné au XV siècle. Il a été en réalité rédigé vers 1260 par le
dominicain italien Jacques Vorazzo, dit de Voragine , sous le titre Historiae ou Legenda Sanctorum ; ce fut le recueil le plus complet et le plus utilisé.
Mêlant faits authentiques et merveilleux, il connut un immense succès et fit l’objet de nombreuses éditions, souvent illustrées de miniatures. Il figura parmi
les premiers ouvrages imprimés et inspira une abondante iconographie.
Depuis lors, la rigueur des sciences historiques a gagné la relation de la vie des saints, ce qui a valu à plusieurs d’entre eux d’être rayés du cycle
sanctoral de la liturgie.VOIR AUSSI
ENTRÉES
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ENTRÉE 3
SAINTS DU CALENDRIER
Comment sont choisis les saints du calendrier ?
Proposés par l’Église à la vénération et à l’imitation des chrétiens, mais à des époques et
dans des circonstances fort diverses, les saints constituent en réalité un monde très diversifié.
QUI SONT-ILS ?
Parmi les quelque 40 000 que l’on peut recenser dans le Martyrologe de l’Église romaine et
dans les synaxaires des Églises orientales, on relève d’abord les très grands saints. Leur rôle
dans le témoignage, la transmission et l’approfondissement de la foi sont reconnus comme
primordiaux.
Il y a ensuite la masse imposante de ceux qui sont universellement vénérés et dont on connaît
avec précision les mérites et les faits essentiels de leur vie.
Il y a enfin une foule de saints plus obscurs, soit parce que leur rayonnement est resté très
local, soit parce que l’on ne sait plus grand-chose d’eux. Beaucoup ont très certainement été
d’authentiques témoins de l’Évangile, quelques-uns en revanche sont probablement nés de
l’imagination populaire, comme du désir bien compréhensible pour une communauté humaine
de se réclamer d’origines ou de patronages flatteurs.
Par surcroît, en des siècles où la rigueur historique et le sens critique n’étaient guère affinés,
des confusions se sont faites, ou ont pu se faire, entre des noms, des personnes, des lieux, des
événements.
DES CRITÈRES PLUS EXIGEANTS
Aujourd’hui, l’Église est devenue très exigeante à l’égard de l’authenticité des vies de saints.
Ses critères sont très stricts pour la reconnaissance de nouveaux saints.
Lorsqu’elle propose un saint à la vénération des fidèles, elle ne cautionne pas pour autant les
aspects légendaires dont les siècles ont parfois embelli sa vie. Elle ne met pas non plus tous les
saints sur le même plan. Pour une bonne pédagogie de la foi, il fallait absolument faire une
sélection dans l’immense foule des personnes admises au rang des saints.
La manière dont est conçu le calendrier liturgique est révélatrice à cet égard. Une première
distinction est faite entre les saints dont la fête est à célébrer par l’ensemble de l’Église dans sa
liturgie quotidienne et les autres saints.
LES SAINTS ADMIS AU CALENDRIER
Les fêtes à célébrer par toute l’Église sont fixées par le calendrier romain pour l’Église
universelle. Celui-ci ne retient qu’une sélection très restreinte. D’abord parce que l’année
liturgique, comme l’année civile, ne compte que 365 jours (alors qu’il y a environ 40 000 saints).
Ensuite parce que le concile Vatican II, pour éviter que les fêtes des saints ne l’emportent surcelles célébrant le Christ, a décidé que le plus grand nombre d’entre elles serait laissé à la
décision de chaque Église locale, nation ou ordre religieux ; seraient seules étendues à l’Église
universelle les fêtes de saints présentant véritablement une importance universelle (n. 111 de la
Constitution sur la liturgie de Vatican II ).
Depuis 1970, date de mise en application de la réforme réalisée sur ce point par Paul VI, le
calendrier liturgique romain ne compte donc plus que 226 saints, avec ceux que Jean-Paul II a
ajoutés au calendrier universel pour y marquer la présence de régions ou de situations qui n’y
étaient pas représentées. On peut ainsi citer Juan Diego en décembre pour l’Amérique latine,
Joséphine Bakhita, esclave soudanaise, en janvier, les martyrs du Mexique en mai, Augustin
Zhao et les martyrs de Chine en juillet, Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein ) en août,
Lorenzo Ruiz et les martyrs du Japon en septembre.
Ceux qui ont été éliminés étaient d’abord ceux qui étaient peu connus ou bien ceux dont on ne
pouvait « établir avec certitude les fondements historiques de leur culte » ; ainsi des saints
pourtant très populaires comme Christophe, Barbe, Catherine ont été supprimés du calendrier
liturgique universel, mais ils restent inscrits au calendrier du Martyrologe romain.
Au sein même de la sélection du calendrier romain, les fêtes font l’objet d’un classement
hiérarchisé selon l’importance que l’Église veut attribuer à chacune d’elles.
LES SAINTS DES AUTRES CALENDRIERS
Quant aux fêtes non inscrites au calendrier romain, leur célébration liturgique est laissée aux
Églises locales, aux pays, aux diocèses, aux ordres religieux. Mais, bien sûr, chacun peut, pour
sa part personnelle, vénérer plus particulièrement tel ou tel saint, quel que soit le rang auquel
l’Église a mis sa fête.
Qu’ils figurent dans le calendrier romain ou dans des calendriers locaux, les saints
authentiques forment en effet une société d’une extrême diversité ; tout homme, toute femme
peut trouver parmi eux ceux qui correspondent le mieux à son tempérament, à sa situation, à sa
vocation.
Quant aux calendriers utilisés dans la vie courante (agendas, calendriers des postes, etc.),
leurs éditeurs s’attachent généralement à y faire figurer les noms les plus courants. Tous ne se
trouvent pas pour autant dans le calendrier romain. Ils font alors l’objet de fêtes locales.
Référencés dans telle ou telle Église locale, reconnus par l’autorité diocésaine, ils ne sont pas
répertoriés dans le Martyrologe universel.
Index : Saints : Fêtes des –; Saints : Choix des – du calendrier ; Calendrier:
Choix des saints du –; CUAUHTLATOATZIN, JUAN DIEGO (st);
BAKHITA, JOSÉPHINE (ste); Martyrs:– du Mexique; ZHAO RONG,
AUGUSTIN (st); Martyrs:– de Chine; THÉRÈSE-BÉNÉDICTE DE LA
CROIX (bse) (ÉDITH STEIN); RUIZ, LORENZO (st); Martyrs:– du Japon;
CHRISTOPHE (st):Calendrier liturgique et –; BARBE (ste):Calendrier
liturgique et –; CATHERINE D’ALEXANDRIE (ste);
Une hiérarchie des fêtes des saints
L’année liturgique est fondée sur deux cycles qui se combinent entre eux selon des règles
précises : un cycle principal, celui des temps liturgiques, qui fait revivre les grands événements
du salut (Noël, la Passion, Pâques, etc.), c’est le temporal ; un cycle secondaire, consacré aux
fêtes des saints, c’est le sanctoral (voir Calendrier liturgique).
L e calendrier liturgique sanctoral, déterminé le plus souvent par la date de la mort des
saints (ou, plus exactement, dans la perspective chrétienne, de leur « naissance au Ciel »),
établit lui-même une hiérarchie dans l’importance des fêtes des saints.En tête arrivent celles qui sont mises au rang des solennités, les très grandes fêtes de l’Église
; elles l’emportent sur toutes les autres, y compris les dimanches. Dans les 15 solennités de
l’année, 5 saints se trouvent ainsi mis en avant : la Vierge Marie (qui est de tous les saints et
saintes celle qui est honorée le plus souvent et le plus solennellement), saint Joseph, saint
JeanBaptiste, les saints Pierre et Paul ; la Toussaint honore tous les saints connus et inconnus, tous
les hommes et les femmes qui ont été admis dans la béatitude divine.
La seconde catégorie de célébrations de saints porte le nom de fêtes. Rappelant soit un
personnage soit un événement, elles prennent place, dans l’ordre d’importance, après les
solennités et les dimanches ; au nombre de 25, elles concernent 21 saints, dont 3 déjà honorés
dans le cadre des solennités. On y trouve notamment les apôtres, les évangélistes, les tout
premiers martyrs.
Au-delà de ces deux catégories viennent les mémoires (ce qui veut dire commémoration), au
nombre de 71. La quatrième et dernière catégorie, celle des mémoires ad libitum (c’est-à-dire
facultatives), concerne un peu plus d’une centaine de saints.
Ce sont donc au total environ 226 noms qui figurent au calendrier universel de l’Église, soit
une très petite proportion de la grande foule des saints plus ou moins connus. 226 environ car, à
certains jours, plusieurs saints sont fêtés simultanément, par exemple pour les martyrs de Chine,
du Mexique, de la Corée, etc.
Il faut cependant ajouter que les Églises de tel ou tel pays et les diocèses peuvent inscrire à
leur calendrier propre (solennités, fêtes, mémoires) des saints ne figurant pas au calendrier
romain et faisant chez eux l’objet d’un culte traditionnel. Ainsi, en France, sainte Geneviève,
saint Remi, sainte Bernadette, saint Yves, sainte Jeanne d’Arc, saint Césaire d’Arles figurent au
calendrier national ; en Belgique, c’est le cas de saint Amand, saint Lambert, saint Hubert ; au
Canada, la célébration de sainte Anne a rang de fête, etc.
Index : Fêtes: – des saints; Saints : Fêtes des –; Temporal; Liturgie :
Calendrier et – ; Calendrier:– liturgique; Sanctoral; Solennité (calendrier
liturgique); MARIE (Vierge):Fêtes de –; JOSEPH (st): Fête; Sœurs de
StJoseph-de-Cluny; JEAN-BAPTISTE (st):Solennité de –; PAUL (apôtre,
st):Solennité de –; PIERRE (apôtre, st):Solennité de –; Toussaint :
Calendrier liturgique; Fêtes: Calendrier liturgique; Mémoire: Calendrier
liturgique; GENEVIÈVE (ste):Calendrier liturgique et – ; RÉMI ou RÉMY
(st):Calendrier liturgique et –; BERNADETTE SOUBIROUS
(ste):Calendrier liturgique et –; YVES (st):Calendrier liturgique et –;
JEANNE D’ARC (ste):Calendrier liturgique et – ; CÉSAIRE D’ARLES
(st):Calendrier liturgique et –; AMAND (st):Calendrier liturgique et –;
LAMBERT (st):Calendrier liturgique et –; HUBERT (st):Calendrier liturgique
et –; ANNE (ste):Fête de – au Canada;
Calendrier romain pour l’Église universelle et calendrier des pays
francophones
**** Solennité
*** Fête
** Mémoire
* Mémoire facultative
AN Afrique du Nord
B Belgique
C Canada
EU EuropeF France
L Luxembourg
S Suisse
Janvier
1 Marie Mère de Dieu****
2 Basile le Grand** ; Grégoire de Nazianze** ; Saint nom de Jésus*
3 Geneviève - F*
7 Raymond de Peñafort*
12 Marguerite Bourgeoys - C*
13 Hilaire*
15 Remi - F*
17 Antoine le Grand**
20 Fabien* ; Sébastien*
21 Agnès**
22 Vincent*
24 François de Sales**
25 Conversion de saint Paul***
26 Timothée** ; Tite**
27 Angèle Merici*
28 Thomas d’Aquin**
31 Jean Bosco**
Dimanche entre 2 et 8 janvier : Épiphanie****
Dimanche après le 6 janvier : Baptême du Seigneur***
Février
2 Présentation du Seigneur***
3 Blaise* ; Anschaire*
5 Agathe**
6 Paul Miki et ses compagnons martyrs au Japon** ; Amand - B*
8 Jérôme Émilien* ; Joséphine Bakhita*
10 Scholastique**
11 N.-D. de Lourdes*
14 Cyrille et Méthode** - EU***
17 Sept fondateurs de l’ordre des Servîtes*
18 Bernadette Soubirous - F*
21 Pierre Damien*
22 Chaire de saint Pierre***
23 Polycarpe**
Mars
4 Casimir*
7 Perpétue** et Félicité**
8 Jean de Dieu*
9 Françoise Romaine*
17 Patrick ou Patrice*
18 Cyrille de Jérusalem*
19 Joseph****
23 Turibe ou Toribio*
25 Annonciation****Avril
2 François de Paule*
4 Isidore de Séville*
5 Vincent Ferrier*
7 Jean-Baptiste de la Salle**
11 Stanislas**
er13 Martin I *
21 Anselme*
23 Georges* ; Adalbert*
24 Fidèle de Sigmaringen*
25 Marc***
27 Pierre Canisius - S*
28 Pierre-Marie Chanel* ; Louis-Marie Grignion de Montfort*
29 Catherine de Sienne** - EU***
30 Pie V*
eSamedi après le 4 dimanche de Pâques : Vierge Marie, consolatrice des affligés****
Mai
1 Joseph*
2 Athanase**
3 Philippe*** ; Jacques***
12 Achille* ; Nérée* ; Pancrace*
13 N.-D. de Fatima*
14 Mathias***
er18 Jean I *
19 Yves - F*
20 Bernardin de Sienne*
21 Christophore Magallanes et les martyrs mexicains*
22 Rita de Cascia*
25 Bède le Vénérable* ; Grégoire VII* ; Marie-Madeleine de Pazzi*
26 Philippe Néri**
27 Augustin de Cantorbéry*
30 Jeanne d’Arc - F**
31 Visitation de Marie***
er1 dimanche après la Pentecôte : Sainte-Trinité****
e2 dimanche après la Pentecôte : Saint-Sacrement****
eVendredi après le 2 dimanche après la Pentecôte : Sacré Cœur de Jésus****
e3 samedi après la Pentecôte : Cœur Immaculé de Marie*
Juin
1 Justin**
2 Marcellin* ; Pierre (exorciste)* ; Pothin , Blandine et leurs compagnons - F*
3 Charles Lwanga et ses compagnons en Ouganda**
4 Clotilde - F*
5 Boniface**
6 Norbert*
9 Éphrem*
11 Barnabé**13 Antoine de Padoue**
16 Cœur Immaculé de Marie
19 Romuald*
21 Louis de Gonzague**
22 Paulin de Nole* ; Jean Fisher * ; Thomas More*
24 Nativité de Jean-Baptiste****
27 Cyrille d’Alexandrie*
28 Irénée**
29 Pierre et Paul****
30 Premiers martyrs de l’Église de Rome*
Juillet
3 Thomas***
4 Élisabeth de Portugal*
5 Antoine-Marie Zaccaria*
6 Maria Goretti*
9 Martyrs de Chine*
11 Benoît de Nursie** - EU***
13 Henri*
14 Camille de Lellis*
15 Bonaventure**
16 N.-D. du Mont-Carmel*
20 Apollinaire*
21 Laurent de Brindisi*
22 Marie-Madeleine**
23 Brigitte de Suède*
24 Charbel Makhlouf*
25 Jacques le Majeur***
26 Anne** - C*** ; Joachim **
29 Marthe**
30 Pierre Chrysologue*
31 Ignace de Loyola**
Août
1 Alphonse-Marie de Liguori" important="0" type="nompropre"/>**
2 Eusèbe de Verceil* ; Pierre-Julien Eymard*
4 Jean-Marie Vianney**
5 Dédicace de Sainte-Marie Majeure*
6 Transfiguration***
7 Sixte II et ses compagnons* ; Gaétan * ; Julienne du Mont-Cornillon - B*
8 Dominique**
9 Thérèse-Bénédicte de la Croix** - EU***
10 Laurent***
11 Claire**
12 Jeanne-Françoise de Chantal*
13 Pontien* ; Hippolyte*
14 Maximilien Kolbe**
15 Assomption de la Vierge****
16 Étienne de Hongrie*19 Jean-Eudes*
20 Bernard**
21 Pie X**
22 Marie, Reine**
23 Rose de Lima*
24 Barthélemy***
25 Louis* ; Joseph de Calasanz*
26 Césaire d’Arles - F*
27 Monique**
28 Augustin**- AN***
29 Martyre de Jean-Baptiste**
31 Marie médiatrice - B*
Septembre
3 Grégoire le Grand**
8 Nativité de la Vierge ***
9 Pierre Claver*
12 Saint nom de Marie*
13 Jean Chrysostome**
14 Exaltation de la Croix (ou Croix glorieuse)***
15 N.-D. des Douleurs**
16 Corneille**, Cyprien** - AN****
17 Robert Bellarmin* ; Lambert - B*
19 Janvier
20 André Kim et les martyrs de Corée**
21 Matthieu***
22 Maurice et ses compagnons - S*
23 Pio da Pietrelcina**
25 Nicolas de Flue - S****
26 Côme et Damien*
27 Vincent de Paul**
28 Venceslas* ; Lorenzo Ruiz et les martyrs du Japon *
29 Michel, Gabriel, Raphaël***
30 Jérôme**
Octobre
1 Thérèse de l’Enfant-Jésus**
2 Anges gardiens**
4 François d’Assise**
6 Bruno*
7 N.-D. du Rosaire**
9 Denis et ses compagnons* ; Jean Leonardi *
er14 Calixte ou Calliste I *
15 Thérèse d’Avila**
16 Edwige ou Hedwige* ; Marguerite-Marie Alacoque* ; Marie-MargueriteÏ d’Youville - C*
17 Ignace d’Antioche**
18 Luc***
19 Jean de Brébeuf, Isaac Jogues et leurs compagnons*- C** ; Paul de la Croix *
23 Jean de Capistran*24 Antoine-Marie Claret*
25 ou dernier dimanche d’octobre : Dédicace des églises dont on ne connaît pas la date de
consécration****
28 Simon et Jude***
Novembre
1 Toussaint****
2 Commémoration de tous les fidèles défunts****
3 Martin de Porrès* ; Hubert - B**
4 Charles Borromée**
7 Willibrord - L***
9 Dédicace de la basilique du Latran***
10 Léon le Grand**
11 Martin**
12 Josaphat**
15 Albert le Grand*
16 Marguerite d’Écosse* ; Gertrude*
17 Élisabeth de Hongrie**
18 Dédicace des basiliques romaines Saint-Pierre et Saint-Paul*
21 Présentation de la Vierge**
22 Cécile**
23 Clément* ; Colomban*
24 André Dung Lak et les martyrs du Tonkin**
25 Catherine d’Alexandrie*
26 Jean Berchmans - B*
30 André***
Dernier dimanche du temps ordinaire : Christ-Roi****
Décembre
3 François Xavier**
4 Jean Damascène ou de Damas*
6 Nicolas*
7 Ambroise**
8 Immaculée Conception de la Vierge****
9 Juan Diego*
er11 Damase I
12 N.-D. de Guadalupe*
13 Lucie ou Luce**
14 Jean de la Croix**
21 Pierre Canisius**
23 Jean de Kenty*
25 Nativité du Seigneur****
26 Étienne***
27 Jean***
28 Saints Innocents***
29 Thomas Becket*
er31 Silvestre ou Sylvestre I *
Dimanche dans l’octave de la Nativité ou 30 décembre en l’absence de ce dimanche : Sainte
Famille***VOIR AUSSI ENTRÉES
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ENTRÉE 4
SAINTS POPULAIRES
Les saints et les noms de lieux
La géographie humaine de l’Europe a été profondément marquée par l’influence chrétienne, tout au moins à partir du moment où le christianisme y eut
e eacquis droit de cité (édit de Milan de l’empereur Constantin en 313) et plus encore à partir de l’essor démographique des X et XI siècles venant après la
période troublée des invasions.
Ce que nous constatons pour la France est tout aussi vrai pour la Belgique, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie.
UN VILLAGE, UNE ÉGLISE
En France, l’image familière qu’offrent aujourd’hui les villages serrés autour de leur clocher est, bien sûr, la manifestation la plus immédiatement
repérable de cette imprégnation chrétienne du terroir. Mais la toponymie, c’est-à-dire l’étude des noms de lieux est au moins aussi révélatrice. Nombreux
sont en effet les villes, villages, lieux-dits, points remarquables de la topographie (monts et collines, forêts, plans d’eau, etc.) dont le nom évoque quelque
référence chrétienne.
Les noms les plus anciens ayant une valeur religieuse sont dérivés du latin cella employé dans le sens d’ermitage – d’où la cellule du moine – ou de
sanctuaire (La Celle-Saint-Cloud, etc.). Mais bien d’autres termes religieux influencent les noms de lieux : ainsi basilica ou ecclesia, église (d’où Bazoches,
la Bazoges, Églisolles, Griselles, Neuvéglise, Colombey-les-Deux-Églises), sans oublier les noms basques en eliça (Élissagaray), ni les noms
germaniques dérivés de kirihha (Dunkerque, Altkirch, etc.), qui désignent également l’église ; tels encore oratorium, oratoire (d’où Oroux, Ouroux, Oradour,
etc.) ; capella, chapelle (d’où La Capelle, La Chapelle, etc.) ; monasterium, monastère (Moutiers, Faremoutiers, Montreuil, Münster, etc.) ; martus, martyr
(Montmartre, La Martre, Le Martrois, etc.). Il faudrait aussi évoquer les noms provenant d’établissements fondés par des ordres religieux (L’Hôpital, La
Maladrerie, La Commanderie, Le Temple, Pont-l’Abbé, etc.).
DES NOMS DU SÉCULIER AU SANCTORAL
eMais ce sont surtout les noms de saints qui marquent la toponymie occidentale. L’usage de tels noms pour les lieux remonte au VI siècle et s’est
e esurtout développé à partir de l’époque carolingienne (VIII -IX siècles). À l’origine, c’est le mot dominus (seigneur, maître) et non celui de sanctus, qui
précédait le nom du saint ; d’où Dommartin, Domrémy, Dannemarie, etc.
À l’époque féodale, les attributions de noms de saints se multiplient, sanctus se substituant désormais à dominus.
Cette multiplication est telle, notamment dans le Massif central, qu’aujourd’hui en France 4 376 communes sur un total de 36 433, soit une sur huit (ou
12 %), portent un nom commençant par Saint ou Sainte. C’est dans les départements de l’Ardèche et de la Loire que la proportion est la plus forte (29 %),
à tel point que l’historien d’art Émile Mâle a pu parler d’une véritable litanie des noms de villes.
À ces 4 376 communes, il faudrait ajouter toutes celles, nombreuses, dont le nom fait référence à Notre-Dame, ainsi que celles qui évoquent de quelque
façon les personnes divines (Villedieu, Saint-Sauveur, La Trinité, etc.), ou qui comportent dans leur libellé le nom d’un saint (La-Côte-Saint-André,
PortSaint-Louis-du-Rhône, Montmartin, etc.). Et tout ceci est encore à compléter par les localités non négligeables qui ne sont pas des communes, par
exemple Saint-Charles (54), dans la commune d’Hautcourt, ou Saint-Nicolas-de-Brem (85) dans celle de Brem-sur-Mer.
Il faudrait aussi tenir compte des communes dont le nom, formé dans la langue ou le dialecte locaux, fait référence à quelque saint local. La Bretagne,
en partie évangélisée par des moines venus des îles Britanniques, a souvent conservé leur nom associé aux vocables lann (abbaye, église, terre
consacrée), loc (lieu, cellule, monastère), ou plou (paroisse). Ainsi s’expliquent les noms de Landivisiau (l’abbaye de saint Thivisiau, évêque de Dol au
e e eVIII siècle), Locronan (la cellule de saint Ronan, moine du V siècle), Ploërmel (la paroisse de saint Armel , ermite du VI siècle), etc. Et les noms de lieux
commençant par lann, loc, plou se comptent par centaines en Bretagne ! On compte lann 56 fois : par exemple, Lanvezeac, Lann-Bihoué, Lanvallay, etc.
On compte Loc 28 fois et Plou, (ou Plu, ou Plé) 149 fois : par exemple, Planguenoual.
LES PERSONNAGES (AUTHENTIQUES OU LÉGENDAIRES) QUI MARQUENT LA TOPONYMIE FRANÇAISE
Plusieurs saints distincts portent le même nom (on compte plus de 300 saints ou bienheureux Jean , 64 saints Paul, 25 saints Bernard, etc.) et il n’est
pas toujours possible de savoir lequel d’entre eux a été pris pour patron. Parfois, au contraire, les traditions ont donné un caractère exclusivement local à
des personnages honorés en fait en plusieurs lieux distincts, parfois sous des noms modifiés par la phonétique locale (saint Aignan ou saint Chinian). Pour
eles périodes antérieures au X siècle, on ne dispose que de très peu de documents permettant d’éclaircir ces points. Au total, on peut compter plus de 3
000 personnages différents honorés par les noms des communes françaises.
LES SAINTS LES PLUS SOLLICITÉS DANS LES COMMUNES FRANÇAISES
Si l’on se réfère aux seules communes dont le nom commence par Saint ou Sainte, on dénombre : Martin (248), Jean (189), Pierre (163), Germain
(130), Laurent (103), Julien (99), Hilaire (79), Georges (84), Étienne (72), André (69), Michel (69), Maurice (65), Paul (61), Marie (49) (d’après l’Atlas
routier Michelin).
eOn voit qu’au « hit-parade » des noms de communes, c’est saint Martin, évêque de Tours ( IV siècle), le grand évangélisateur de la campagne
gauloise, qui arrive de loin en tête ; sa popularité fut et reste en effet considérable.
On observe aussi que ce peloton de tête se recrute en fait dans trois catégories de saints :
e1. Parmi les grands évangélisateurs de la Gaule : outre Martin, c’est le cas de Germain, évêque d’Auxerre ( IV siècle) et, à un moindre degré, de
e eGermain, évêque de Paris (VI siècle), ainsi que d’Hilaire, évêque de Poitiers ( IV siècle), celui-là même qui ordonna saint Martin exorciste, puis le soutint
dans son action évangélisatrice.
2. Parmi les grands fondateurs de l’Église : Jean (et Jean-Baptiste), Pierre, André, Paul, Étienne, le premier martyr, et bien sûr, Marie.
3. Parmi les saints dont la popularité doit beaucoup à la légende qui s’est très vite emparée d’eux : Laurent, Julien, Georges, Maurice, etc. Mais il y a
plusieurs saints Julien : saint Julien l’Hospitalier, le plus connu ; saint Julien de Brioude, très populaire dans le centre de la France ; saint Julien, évêque du
Mans, etc.
Quant à saint Michel (un des saints patrons de la France), il tient une place à part parmi les saints, puisqu’il appartient à la milice céleste des archanges.
Symbolisant la victoire de Dieu sur le mal, il est évidemment un protecteur tout indiqué.
COMMENT LE PAYSAGE A-T-IL ÉTÉ BAPTISÉ ?
On a d’une part attribué de nouveaux noms à des localités antérieures à la christianisation (surtout si le nom ancien évoquait quelque culte païen) et
d’autre part attribué des noms chrétiens dès l’origine à de nouvelles localités. Il faut en effet rappeler que la France a connu un développement
démographique considérable par rapport à ce qu’était la Gaule.Beaucoup de bourgs et de villes doivent leur origine à la mise en valeur de régions incultes par des moines, à la fondation d’abbayes, à l’établissement
d’oratoires ou d’églises pour abriter le tombeau ou les reliques de saints, à des lieux de pèlerinage ou aux étapes des grands pèlerinages comme celui de
Compostelle. Il allait de soi que les groupes d’habitats qui se formaient ainsi se mettent sous un saint patronage, surtout si celui-ci était lié à leur origine.
Quant aux fondations dues à des initiatives d’ordre profane (châteaux, cités féodales ou royales, villes neuves et villes franches) ou au développement
économique (foires, marchés, ports, etc.), c’était tout aussi spontanément que fondateurs ou habitants tenaient à les placer sous l’égide de quelque
modèle de vie chrétienne, à tout le moins sous celle de quelque célébrité locale dont on était fier, quand ce n’était pas de quelque protecteur céleste jugé
efficace. Car il est vrai que le culte des saints, à très forte résonance populaire, a souvent vu se mêler les démarches les plus authentiquement spirituelles
et les motivations les plus intéressées.
Beaucoup de localités prirent tout simplement le nom du saint sous le patronage duquel leur église avait été placée à sa fondation. Il est même souvent
arrivé que, dans les bousculades de l’histoire, des églises disparues soient remplacées par de nouvelles constructions placées sous un patronage différent
(plus authentique, plus prestigieux ou plus en rapport avec la spiritualité du temps), tandis que la localité conservait son nom d’origine. Ainsi peut
s’expliquer le fait que, dans un certain nombre de cas, on ne trouve aucune église placée sous le patronage du saint qui a donné son nom à la ville.
Le plus souvent son souvenir se trouve conservé dans l’église sous une forme ou une autre (chapelle, statue, vitrail…).
Bien des communes sont restées fidèles à leur saint patron, en fixant, par exemple, la fête communale à la même date que la fête de leur saint patron.
Il existe d’autres manières d’exprimer cette fidélité, ne serait-ce que la connaissance des origines du nom de la cité et les efforts entrepris pour la faire
partager par ses habitants. La mémoire d’une communauté est une des sources de sa cohésion et de sa personnalité.
Index : Noms de lieux; Toponymie et les saints; Christianisme:– et toponymie; Saints:– et noms de lieux; Saints patrons :
– des villes et villages; RONAN (st):– et la toponymie ; ARMEL (st):– et la toponymie ; JEAN (apôtre, st):– et la toponymie ;
PAUL (apôtre, st):– et la toponymie ; AIGNAN (st):– et la toponymie ; MARTIN DE TOURS (st):– et la toponymie ; JEAN
(apôtre, st):– et la toponymie; PIERRE (apôtre, st):– et la toponymie ; GERMAIN (st):– et la toponymie; LAURENT (st):– et
la toponymie; JULIEN (st):– et la toponymie ; HILAIRE (st):– et la toponymie ; GEORGES (st):– et la toponymie ; ÉTIENNE
(st, chef des diacres):– et la toponymie; ANDRÉ (apôtre, st):– et la toponymie ; MICHEL (archange):– et la toponymie;
MAURICE (st):– et la toponymie ; PAUL (apôtre, st):– et la toponymie ; MARIE (Vierge):– et la toponymie;
JEANBAPTISTE (st):– et la toponymie; JULIEN L’HOSPITALIER (st):– et la toponymie ; JULIEN DE BRIOUDE ou
d’AUVERGNE (st):– et la toponymie;
Les saints patrons
Le choix d’un saint patron par un corps de métier remonte aux corporations médiévales. Il a pu être suggéré par son activité professionnelle (saint
Joseph pour les charpentiers), par quelque circonstance de sa vie ou de sa légende (sainte Marie-Madeleine pour les parfumeurs, saint Huber pour les
chasseurs, saint Laurent pour les cuisiniers, etc.). Lorsque l’Église propose aujourd’hui un saint patron, il s’agit toujours d’un choix de portée spirituelle.
Index : JOSEPH (st): St patron; MARIE-MADELEINE (ste);
QU'EST-CE QUE ?
Céphalophore
Ce mot venu du grec et formé de kephalê, tête, et phorein, porter, signifie « qui porte sa tête ». La tradition chrétienne a désigné de la sorte ceux des
saints qui, ayant été décapités, auraient porté leur tête après leur décollation, par exemple saint Denis. Ils sont souvent représentés dans cette attitude.
Chez les Francs, le geste de couper la tête était symbolique : on détruisait l’avenir des descendants et on empêchait toute succession. Dans ce contexte,
pour un saint, reprendre sa tête signifiait que sa pensée et l’avenir de son Église n’étaient pas interrompus.
Châsse
(du latin capsa, coffre). Coffre en matières précieuses pouvant contenir le corps d’un saint ou une partie importante de ses restes.
Les trois châsses les plus connues en France sont modernes :
Celle de sainte Geneviève à l’église Saint-Étienne-du-Mont à Paris est vide, les restes de la sainte ayant été brûlés à la Révolution. Le fond de l’ancien
sarcophage sert de base au nouveau tombeau.
La grande châsse de sainte Thérèse de Lisieux, dans la chapelle du carmel de la ville, est vitrée, permettant de voir une statue de marbre représentant
Thérèse que l’on a revêtue de l’habit des carmélites ; les reliques, contenues dans un coffret d’argent dans le soubassement, sont exposées lors de
circonstances solennelles dans une châsse en argent et émaux, dite « châsse du Brésil », offerte par ce pays.
La châsse de sainte Bernadette se trouve au couvent de Saint-Gildard à Nevers.
eParmi les œuvres d’art anciennes, on peut citer la châsse de saint Étienne de Muret à Ambazac (Haute-Vienne) du XIII siècle ; celle de sainte Ursule à
e eBruges, décorée de peintures de Memling, du XV siècle ; celle de sainte Gertrude de Nivelles du XIII siècle.
Patron
(du latin patronus, protecteur, dérivé de pater, père). Dans l’Antiquité romaine, le terme désignait l’ancien maître d’un esclave affranchi, vis-à-vis duquel
il conservait des droits et des obligations ; il s’est aussi appliqué à des patriciens riches qui se faisaient les protecteurs d’une « clientèle » d’hommes libres
de condition inférieure.
L’Église a repris le terme lorsque l’usage s’est établi, dès les origines, de placer sous la protection d’un saint une personne (qui en reçoit le nom au
baptême), une église, un diocèse, une confrérie, une corporation, une ville, un pays…
Thaumaturge
Ce mot, venu du grec et formé de thauma, prodige et ergon, œuvre, signifie faiseur de miracles.
Il est fréquemment appliqué à des saints par la tradition chrétienne.Quelques-uns des lieux, en France, où tombeaux et reliques de saints font ou ont fait l’objet de la vénération populaire
Les saints qui font la pluie et le beau temps
Attention : le calendrier romain et celui des Églises locales ont éliminé certains de ces saints ou modifié des dates de fête. De plus, un même nom peut
être porté par plusieurs saints différents.
Janvier
15 : S’il gèle le jour de la Saint-Maur, la moitié de l’hiver est dehors.
17 : À la Saint-Antoine, les jours augmentent de la barbe d’un moine.
22 : À la Saint-Vincent, l’hiver monte ou descend.
25 : De saint Paul la claire journée nous dénote une bonne année.
Février
3 : Si le jour de la Saint-Blaise est serein, bon temps pour le grain.
12 : Vers la sainte-Eulalie, souvent le temps varie.19 : Saint Boniface brise la glace.
23 : À la Saint-Florent, l’hiver va ou reprend.
Mars
er1 : Quand il pleut à la Saint-Aubin, il n’y aura ni foin ni lin.
12 : Le jour de saint Pol (de Léon), l’hiver se rompt le col.
17 : Sème tes pois à la Saint-Patrice, tu en auras à ton caprice.
19 : À la Saint-Joseph revient l’aronde (l’hirondelle).
Avril
4 : Quand saint Ambroise fait neiger, de huit jours froids gare au danger.
23 : Si mouillée est la Saint-Georges, les cerises lui restent dans la gueule.
25 : À la Saint-Marc, s’il tombe de l’eau, il n’y aura pas de fruits à couteau.
Mai
3 : S’il pleut à la Saint-Philippe, remise tonneaux et pipe.
12 : Saints Pancrace, Gervais et Boniface apportent souvent glace (« les saints de glace »).
23 : Qui sème des haricots à la Saint-Didier les récolte par poignées.
31 : Pluie de sainte Pétronille change raisin en grappilles.
Juin
8 : Quand il pleut à la Saint-Médard, il pleut 40 jours plus tard.
13 : Saint Antoine clair et beau emplit cuves et tonneaux.
19 : S’il pleut le jour de la Saint-Gervais, il pleut 40 jours après.
24 : Pluie de la Saint-Jean, pluie pour longtemps.
29 : Saint Pierre et Paul pluvieux, pour 30 jours dangereux.
Juillet
22 : À la Sainte-Madeleine, la moule est pleine.
25 : Si saint Jacques est serein, l’hiver sera dur et chagrin.
26 : S’il pleut à la Sainte-Anne, il pleut un mois et une semaine.
Août
10 : À la Saint-Laurent, qui trouve une pomme, une poire la prend.
15 : La Vierge du 15 août arrange ou défait tout.
24 : Pluie de la Saint-Barthélemy, chacun s’en fait fi.
28 : Fine pluie de Saint-Augustin, c’est comme s’il pleuvait du vin.
Septembre
er1 : S’il fait beau à la Saint-Gilles, ça dure jusqu’à la Saint-Michel.
14 : Qui n’a pas semé à la Sainte-Croix au lieu d’un grain en mettra trois.
17 : Saint Lambert pluvieux, neuf jours dangereux.
21 : À la Saint-Matthieu, les jours sont égaux aux nuits dans leurs cours.
29 : Les hirondelles à Saint-Michel, l’hiver s’en vient après Noël.
Octobre
4 : Sème à la Saint-François, tu auras du blé bon poids.
9 : S’il pleut à la Saint-Denis, tout l’hiver sera pluie.
24 : Saint Florentin, brouillards dans le croissant, signe de beau temps.
28 : À la Sainte-Simone, faut avoir rentré ses pommes.
Novembre
er1 : À la Saint-Mathurin, bois le vin et laisse l’eau pour le moulin.
3 : À la Saint-Hubert, les oies sauvages fuient l’hiver.
11 : La température de la Saint-Martin doit être celle de l’hiver.
25 : À la Sainte-Catherine tout arbre (ou tout bois) prend racine.
Décembre
4 : À la Sainte-Barbe, soleil peu arde.
10 : Si le soleil luit à la Sainte-Eulalie, pommes et poires à la folie.
13 : À la Sainte-Luce, les jours avancent du saut d’une puce.
25 : Noël au perron, Pâques aux tisons. Noël humide, greniers et tonneaux vides. À la Noël les moucherons, à Pâques les glaçons.
Quelques proverbes
À chaque saint sa chandelle : Pour assurer le succès d’une entreprise, il faut se rendre favorable chacun de ceux qui contribuent à sa réussite.
Comme on connaît ses saints, on les honore : On traite chacun selon ses mérites ou son caractère.
Il vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints : Il vaut mieux avoir affaire au maître qu’à ses subalternes.
Avoir la patience d’un saint : Avoir beaucoup de patience.
Selon le saint, l’encens : Il faut proportionner l’hommage au mérite.
La fête passée, adieu le saint : Une fois le plaisir passé, on oublie qui l’a fait naître.
Prêcher pour son saint : Louer ou conseiller quelque chose en visant son intérêt personnel.
Un pauvre saint : Quelqu’un de peu de mérite.
Découvrir saint Pierre pour habiller saint Paul : Remédier à un inconvénient en en créant un autre.
Un saint qu’on ne chôme plus : Personne qui a perdu tout crédit ou tout pouvoir.
Une sainte-nitouche : Personne qui affecte l’innocence ou la piété.
Un saint de bois : Personne hypocrite qui n’a pas la sainteté qu’on lui attribue.Toute la sainte journée : Une journée tout entière, sans arrêt.
Ne plus savoir à quel saint se vouer : Avoir perdu toute ressource.
À la saint-glinglin : Dans un temps indéterminé.
Des malices à faire damner un saint : Des procédés habiles.
Se donner des airs de petit saint : Se dit d’un hypocrite.
Le saint-frusquin : Ce qu’on a d’argent et d’effets ; et plus généralement, après une énumération : et tout le reste.
Une sainte colère : Une colère justifiée.
La sainte-touche : Jour de la paie.
Connaissez-vous le saint patron de votre ville ?
Savez-vous qui il est, quand il a vécu, ce qu’il a fait, pourquoi il a donné son nom à votre commune ou à votre église ?
Si vous ne le savez pas et que le renseignement ne figure pas dans le présent ouvrage, faites votre enquête : questionnez le maire de la commune, le
secrétaire de mairie, le curé de la paroisse, les connaisseurs de la région (corps enseignant, bibliothécaires, sociétés historiques locales, archivistes
municipaux ou départementaux…).
Quand vous aurez recueilli ces renseignements, vous pourrez peut-être suggérer qu’un panneau explicatif soit apposé dans la mairie, dans l’église ou
dans le centre-ville ; ou encore qu’une notice soit établie et mise à la disposition des habitants et des visiteurs de la ville ou de l’église.
Index : Saints patrons;
Les patrons des métiers et des états de vie
Légende :
T Patron selon une tradition ancienne.
E Patron proposé par l’autorité ecclésiastique durant les cent dernières années.
R Saint aujourd’hui retiré du calendrier romain.
Acteurs, Guy, 12 septembre
Adolescentes, Maria Goretti E, 6 juillet
Agriculteurs, Médard, 8 juin
Alpinistes, Bernard de Menthon E, 28 mai
Amoureux, Valentin, 13 février
Animaux, Roch T, 16 août – François d’Assise T, 4 octobre
Apprentis, Jean Bosco E, 31 janvier
Archéologues, Damase T, 11 décembre
Archers, Sébastien T, 20 janvier
Architectes, Thomas, 3 juillet
Archivistes, Laurent T, 10 août
Ardoisiers, Lézin, 13 février
Armuriers, Michel, 29 septembre
Artificiers, Barbe T R, 4 décembre
Artilleurs, Barbe T R, 4 décembre
Artistes, Fra Angelico E, 18 mars
Aubergistes, Julien l’Hospitalier T, 27 janvier
Aumôniers militaires, Jean de Capistran E, 23 octobre
Automobilistes, Christophe R, 25 juillet
Aviateurs, Joseph de Copertino, 18 septembre
Avocats, Yves T, 19 mai
Banquiers, Matthieu, 21 septembre
Bateliers, Julien l’Hospitalier T, 27 janvier – Honorine T, 27 février
Bâtiments, Thomas, 3 juillet
Bergères, Geneviève, 3 janvier
Bergers, Germaine Cousin, 15 juin – Loup ou Leu, 29 juillet
Bibliothécaires, Laurent T, 10 août
erBijoutiers, Éloi, 1 décembre
Bimbelotiers, Claude du Jura, 6 juin
Blanchisseurs, Blanchard, 10 mars
Bonnetiers, Fiacre, 30 août
Bouchers, Barthélemy T, 24 août
erBouffons, Mathurin T, 1 novembre
Boulangers, Honoré T, 16 mai – Michel T, 29 septembre
Brasseurs, Arnoul T, 14 août – Médard, 8 juin
Brodeurs, Clair, 16 juillet
Brossiers, Barbe R, 4 décembre
Candidats au permis de conduire, Expédit, 19 avril
Candidats aux examens, Joseph de Copertino, 18 septembre
Cardeurs, Blaise T, 3 février
Carriers, Roch, 16 août
Carrossiers, Guy d’Anderlecht T, 12 septembre
Catéchistes, Robert Bellarmin E, 17 septembre
Cavaliers, Georges, 23 avril
Chantres, Grégoire le Grand, 3 septembre
Chapeliers, Jacques le Mineur, 3 mai
Charbonniers, Maur, 15 janvier
Charcutiers, Antoine le Grand, 17 janvier
Charpentiers, Joseph T, 19 mars
erCharrons, Éloi, 1 décembre
Chasseurs, Hubert T, 3 novembre
Chaudronniers, Maur, 15 janvierChauffeurs de taxi, Fiacre, 30 août
Chirurgiens, Côme et Damien, 26 septembre.
Cloutiers, Cloud, 7 septembre
Cochers, Guy d’Anderlecht T, 12 septembre
Coiffeurs, Louis, 25 août
Comédiens, Genès, 25 août
Commissaires, Martin, 11 novembre
Comptables, Matthieu, 21 septembre
Cordiers, Paul, 29 juin
Cordonniers, Crépin et Crépinien T, 25 octobre
Couteliers, Jean-Baptiste, 24 juin
Couvreurs, Vincent Ferrier, 5 avril
Cuisiniers, Laurent T, 10 août
Curés et responsables de paroisses, Jean-Marie Vianney E, 8 août
Débardeurs, Christophe R, 25 juillet
Délinquants (jeunes), Dominique Savio, 9 mars
Dentellières, Anne, 26 juillet
Dentistes, Apolline T, 9 février
Doreurs, Clair T, 16 juillet
Douaniers, Matthieu, 21 septembre
Ébénistes, Joseph, 19 mars
Écoles populaires chrétiennes, Joseph de Calazanz E, 25 août
Écoles et universités catholiques, Thomas d’Aquin E, 28 janvier
Écoliers, Charlemagne R, 23 janvier - Nicolas T, 6 décembre
Écologie, François d’Assise, 4 octobre
Écrivains, François de Sales, 24 janvier
Éditeurs, Jean Bosco, 31 janvier
Éducateurs, Jean-Baptiste de la Salle E, 7 avril
Électriciens, Lucie, 13 décembre
Éleveurs, Marc, 25 avril
Enseignants, Jean-Baptiste de la Salle E, 7 avril
Épiciers, Nicolas, 6 décembre
Escrimeurs, Michel, 29 septembre
Étudiants, Catherine R, 25 novembre
Faïenciers, Antoine de Padoue, 17 janvier
Fantassins, Maurice, 22 septembre
Femmes en couches, Marguerite T R, 20 juillet
Fermiers, Isidore le Laboureur, 15 mai
Filles repenties, Marie-Madeleine T, 22 juillet
erFleuristes, Thérèse de Lisieux, 1 octobre
Fondeurs, Étienne, 26 décembre
Forestiers, Hubert, 3 novembre
erForgerons, Éloi T, 1 décembre
Gantiers, Marie-Madeleine T, 22 juillet
Gaufriers, Michel T, 29 septembre
Gendarmes, Geneviève, 3 janvier
Gens de loi, Yves T, 19 mai
Grainetiers, Marcel, 16 janvier
Hôpitaux, Camille de Lellis E, 14 juillet
erHorlogers, Éloi T, 1 décembre
Hôteliers, Marthe T, 29 juillet
Imprimeurs-libraires, Jean, E T, 6 mai
Infirmiers et infirmières, Camille de Lellis E, 14 juillet
Jardiniers, Fiacre T, 30 août – Phocas T, 22 septembre
Jeunes filles, Catherine T R, 25 novembre
Jeunesse, Louis de Gonzague E, 21 juin
Jeunesse abandonnée, Jérôme Émilien, 8 février
Jeunesse agricole chrétienne féminine, Germaine Cousin, 15 juin
Journalistes, François de Sales, 24 janvier
Laboureurs, Isidore le Laboureur, 15 mai – Guy d’Anderlecht T, 12 septembre
Lavandières, Marthe, 29 juillet
Libraires, voir Imprimeurs
Lingères, Véronique, 4 février
Luthiers, Cécile, 22 novembre – Grégoire de Nazianze, 9 mai
Maçons, Pierre, 29 juin – Thomas, 21 décembre
Maîtres d’école, Cassien, 13 août
Malades, Camille de Lellis E, 14 juillet – Jean de Dieu E, 8 mars
erMaquignons, Éloi, 1 décembre
Maraîchers, Fiacre T, 30 août
Maréchaux-ferrants, Martin, 11 novembre
Marins, Nicolas, 6 décembre – Érasme ou Elme, 2 juin
Médecins, Côme et Damien T, 26 septembre – Luc T, 18 octobre
Mendiants et SDF, Alexis T, 17 juillet
Menuisiers, Joseph T, 19 mars
erMétallurgistes, Éloi T, 1 décembre
Meuniers, Blaise, 3 février – Catherine R, 25 novembre
Mineurs, Barbe T R, 4 décembre
Missionnaires, François Xavier, 3 décembre
erMissions, Thérèse de l’Enfant-Jésus E, 1 octobreerMonnayeurs, Éloi T, 1 décembre
Musiciens, Cécile T, 22 novembre – Grégoire le Grand , 3 septembre
Notaires, Yves T, 19 mai – Marc, 25 avril
Nourrices, Agathe T, 5 février
Œuvres charitables, Vincent de Paul E, 27 septembre
Orateurs chrétiens, Jean Chrysostome, 13 septembre
erOrfèvres, Éloi T, 1 décembre
Orphelins, Jérôme Émilien, 8 février
erOuvriers, Joseph E, 19 mars et 1 mai
Palefreniers, Marcel, 16 janvier
Parachutistes, Michel, 29 septembre
Parfumeurs, Marie-Madeleine T, 22 juillet
Passementiers, Louis, 25 août
Pâtissiers, Michel T, 29 septembre – Honoré T, 16 mai
Pêcheurs, Pierre T, 29 juin – André, 30 novembre
Peintres, Fra Angelico, 18 mars – Luc T, 18 octobre
Pèlerins, Jacques le Majeur T, 25 juillet
Personnel de radios, télévision et moyens de communication, Gabriel E, 29 septembre
Philosophes, Catherine T R, 25 novembre
Photographes, Véronique, 4 février
erPlombiers, Éloi T, 1 décembre
Poètes, Cécile, 22 novembre
Poissonniers, Pierre, 29 juin
Pompiers, Barbe T R, 4 décembre
Porteurs, Christophe T R, 25 juillet
Potiers d’étain, Fiacre, 30 août
Prisonniers, Sébastien, 20 janvier – Léonard de Noblat, 6 novembre
Publicitaires, Bernardin de Sienne, 20 mai
Relieurs, Barthélemy T, 24 août
Rémouleurs, Jean-Baptiste, 24 juin
Rôtisseurs, Laurent T, 10 août
Sacristains, Guy d’Anderlecht T, 12 septembre
Sapeurs, Barbe T R, 4 décembre
Savants, Albert le Grand E, 15 novembre
Scieurs de long, Simon et Jude, 28 octobre
Scouts, Georges, 23 avril
Sculpteurs, Luc T, 18 octobre
Secrétaires, Cassien, 13 août
erSerruriers, Éloi, 1 décembre – Galmier, 27 février
Servantes, Marthe, 29 juillet
Soldats, Martin, 11 novembre – Georges, 23 avril – Jeanne d’Arc, 30 mai
Sourds-muets, François de Sales, 24 janvier
Speakers, Jean Chrysostome, 13 septembre
Tailleurs d’habits, Clair, 2 janvier – Casimir, 4 mars
Tailleurs de pierre, Blaise, 3 février – Claude, 6 juin
Tanneurs, Barthélemy T, 24 août
Tapissiers, Geneviève, 3 janvier
Taverniers, Vincent, 22 janvier
Télévision, Claire E, 11 août
Tisserands, Blaise, 3 février – Barnabé, 11 juin
Tonneliers, Jean-Baptiste, 24 juin – Michel, 29 septembre – Nicolas, 6 décembre
Touristes, Christophe R, 25 juillet
Tourneurs, Claude du Jura, 6 juin
Traducteurs, Jérôme, 30 septembre
erTravailleurs, Joseph artisan E, 1 mai
Tuiliers, Fiacre, 30 août
Typographes, 6 mai
Universitaires, Thomas d’Aquin E, 28 janvier
Vanniers, Paul l’Ermite, 15 janvier
Verriers, Clair, 2 janvier
Vignerons, Vincent T, 22 janvier
Vinaigriers, Vincent, 22 janvier
Vitriers, Marc, 25 avril
Voyageurs, Julien l’Hospitalier T, 27 janvier – Christophe T R, 25 juillet
Les saints patrons des militaires
Arme blindée et Cavalerie, Georges, 23 avril
Artilleurs et Sapeurs, Barbe, 4 décembre
Aviateurs, N.-D. de Lorette, 10 décembre
Commissariat des Armées, Martin de Tours, 11 novembre
Gendarmerie, Geneviève, 26 novembre
Hélicoptéristes, ALAT, Clotilde, 4 juin
Infanterie, Maurice, 22 septembre
Légion, Antoine, 17 janvier
erMatériel, mécaniciens de l’air et de la marine, Éloi, 1 décembre
Parachutistes, Michel, 29 septembre
Renseignement, Raphaël, 29 septembreService de santé, Luc, 18 octobre
Train, Christophe, 25 juillet
Transmissions, Gabriel, 29 septembre
Troupes de montagne, Bernard de Menthon, 28 mai
QU'EST-CE QUE ?
Ostension
(du latin ostensio, action de montrer, dérivé de ostendere, mettre en avant, présenter). Exposition d’une relique à la vénération des fidèles.
Dans le Limousin, par exemple, le culte des reliques est l’occasion de solennelles ostensions qui se font tous les sept ans. Les châsses (de saint Martial
saint Loup, saint Aurélien, etc.) sont portées en procession.
Reliquaire
Boîte, coffret, cadre où l’on conserve les reliques d’un saint. Certains reliquaires peuvent atteindre des proportions importantes, jusqu’à devenir un
bâtiment entier. La Sainte-Chapelle de Paris, par exemple, a été édifiée par saint Louis, en 1242, pour conserver la couronne d’épines du Christ.
Beaucoup de reliquaires sont des œuvres remarquables d’orfèvrerie.
Reliques
(du latin reliquiae, restes). Ce qui reste d’une personne honorée comme un saint (éléments corporels, objets lui ayant appartenu ou ayant touché son
tombeau, instruments de son supplice) et que l’on conserve avec vénération.
Le culte rendu aux reliques, culte qui s’adresse en réalité aux saints, est un culte de dulie et non d’adoration (ou latrie), réservé à Dieu seul. Il remonte
aux martyrs des premiers siècles sur les tombeaux desquels les chrétiens venaient prier et célébrer la messe. Dans l’histoire, il est arrivé que les reliques,
vraies ou fausses, fassent l’objet d’un véritable trafic.
Le culte des reliques n’est aucunement lié à la question de savoir si de tels restes participeront à la résurrection, comme certains ont pu le soutenir.
Les prénoms à la mode
Les prénoms à la mode
En Occident, le choix du prénom d’un enfant résulte de considérations très variables selon les familles et les époques. De tout temps, cependant, les
familles chrétiennes ont choisi comme nom de baptême pour leurs enfants celui d’un saint patron qui leur soit à la fois un protecteur et un modèle. D’où lafréquence des noms des grands saints universellement connus : Pierre, Paul, Jean, Jacques, Marie, François, Thérèse ; et ceux de saints en honneur
dans un pays ou une région, par exemple, Martin, Geneviève, Louis, Jeanne en France, ou Anne, Yves, Hervé en Bretagne.
Les usages régionaux ou familiaux ont très longtemps eu une grande importance : les aînés recevaient souvent le prénom de leur père ou de leur mère
de génération en génération, les filleuls celui de leur parrain ou marraine. Le souci de rejoindre ses racines se fait jour, même si aujourd’hui le palmarès
des prénoms régionaux ressemble beaucoup à celui de la France entière. De la Picardie à la Provence, en passant par l’Auvergne, le top 20 des régions
fait place belle aux vedettes du classement national. Ainsi, Emma, Léa, Enzo et Mathis figurent aux dix premiers rangs des classements des régions. Cela
ne signifie pas que les prénoms à forte identité régionale aient disparu.
Au contraire, ces derniers sont en plein essor, notamment en Bretagne, au Pays basque et en Provence. Ils sont redécouverts et attribués chaque
année par davantage de parents. Certains gardent une identité régionale très marquée. La provençale Naïs, le basque Iban et les bretons Malo et Lenaïg
sont presque exclusivement attribués dans leurs régions respectives. D’autres, comme Maël, Maëlys ou Carla, revendiquent une identité régionale tout en
se propageant en dehors de leurs frontières. D’autres enfin connaissent tant de succès que leurs origines en sont pratiquement oubliées. Mathéo, Léna et
Inès ne sont plus spécifiquement bretons, basques ou occitans : c’est sur l’ensemble du territoire national qu’on les rencontre aujourd’hui.
eAlors qu’au début du XX siècle le nombre des prénoms en usage en France était encore restreint et leur usage très stable ( Louis et Jean l’ont emporté
chez les garçons pendant 25 ans, Marie chez les filles pendant 35 ans), le renouvellement des usages tend à être plus fréquent pour les filles quelques
années avant la seconde guerre mondiale et pour les garçons aussitôt après celle-ci. On voit apparaître Victoire dans les années 1945-1950. À partir de
1965-1970, la fréquence de renouvellement s’accélère. Aujourd’hui, un prénom ne reste guère en faveur plus de cinq ans : Nicolas comme Sébastien ont
connu leur apogée entre 1970 et 1975. La liste des dix prénoms les plus fréquents se renouvelle d’un tiers ou d’une moitié tous les cinq ans. Dès qu’un
prénom devient trop courant, il est abandonné, si l’on en croit les relevés de l’Insee.
De manière générale, jusqu’à ces dernières années, la mode se lançait dans le milieu des cadres parisiens, atteignant les milieux ruraux en dernier,
différemment selon les régions où la foi chrétienne restait vivante, en particulier pour le prénom de Marie ou les composés de Marie, pour les garçons
comme pour les filles d’ailleurs.
Index : Saints patrons;VOIR AUSSI
ENTRÉES
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GRANDS SAINTS
Il faut distinguer les expressions : Martyrologe romain et calendrier liturgique, car tous
les saints reconnus par l’Église et inscrits dans le Martyrologe ne sont pas inscrits au
calendrier.
Ceux qui sont inscrits au calendrier liturgique le sont avec ces notations : solennité, fête,
mémoire, mémoire facultative. Ainsi qu’on l’a vu plus haut (entrée 3 – Saints du calendrier),
l’Église fête saints et bienheureux selon une certaine hiérarchie.
Dans les pages qui suivent, les saints qui figurent au Martyrologe sont indiqués par les initiales
MR.
Mais les Églises locales peuvent reconnaître la tradition d’un culte local de tel ou tel saint.
Dans ce cas, la mention « fête loc. » précède la date de cette fête.
Pour ce qui est de l’évocation des vies de saints dans les pages qui suivent, ont été retenus :
1. Des saints figurant au calendrier romain pour l’Église universelle. L’importance de leur fête
est précisée par les signes suivants : solennité ****, fête ***, mémoire obligatoire **, mémoire
facultative *.
2. Parmi les saints ou bienheureux faisant l’objet d’une fête locale, ont été retenus : d’une part,
ceux dont l’histoire intéresse plus particulièrement la France ou un pays francophone, et d’autre
part, ceux dont les noms sont plus couramment attribués comme prénoms. Il n’a cependant pas
été possible de retenir tous les saints locaux, dont pourtant les noms ont souvent été attribués à
de multiples localités ou paroisses de France : ils étaient trop nombreux.
Chaque fois qu’il l’a paru utile, on a signalé les diverses formes sous lesquelles un prénom de
même origine peut être attribué aujourd’hui, afin de permettre à ceux de leurs titulaires qui
l’ignoreraient de savoir qui est leur patron ; de même, en ce qui concerne la forme féminine d’un
nom masculin.
QU'EST-CE QUE ?
Docteur de l’Église
L’Église attribue officiellement ce titre à des théologiens et à des théologiennes auxquels elle
reconnaît une autorité certaine de témoins de la doctrine, en raison de l’orthodoxie de leur
pensée (exactitude de leur doctrine), de la sainteté de leur vie et de l’importance de leur œuvre.
Quelques-uns sont des Pères de l’Église ; les autres sont postérieurs à l’époque patristique.
Les Docteurs de l’Église sont actuellement au nombre de 33. Par ordre alphabétique, ce sont les
saints et saintes suivants : Albert le Grand, surnommé Doctor Universalis (1193-1280), Alphonse
de Liguori (1696-1787), Ambroise (340-397), Anselme (1033-1109), Antoine de Padoue
(11951231), Athanase (295-373), Augustin (354-430), Basile de Césarée (329-379), Bède le Vénérable
(673-735), Bernard de Clairvaux, surnommé Doctor Mellifluus (1090-1153), Bonaventure,surnommé Doctor Seraphicus (1221-1274), Catherine de Sienne (1347-1380), Cyrille
d’Alexandrie (380-444), Cyrille de Jérusalem (315-387), Éphrem (306-373), François de Sales
(1567-1622), Grégoire le Grand (540-604), Grégoire de Nazianze (330-390), Hilaire de Poitiers (†
367), Isidore (560-636), Jean Chrysostome, c’est-à-dire en grec « bouche d’or » (345-407), Jean
de la Croix (1542-1591), Jean Damascène († 749), Jérôme (345-420), Laurent de Brindisi
(15591619), Léon le Grand († v. 461), Pierre Canisius (1521-1597), Pierre Chrysologue (406-450),
Pierre Damien (1007-1072), Robert Bellarmin (1542-1621), Thérèse d’Avila (1515-1582), Thérèse
de Lisieux (1873-1897), Thomas d’Aquin, surnommé Doctor Angelicus (1225-1274).
En Espagne, on range au nombre des Docteurs de l’Église les saints Léandre de Séville
(549596), Ildefonse (607-667) et Fulgence d’Ecija (580-633). Sainte Thérèse d’Avila a été la première
femme proclamée Docteur de l’Église, par Paul VI en 1970.
Les Églises non catholiques d’Orient ne vénèrent que trois Docteurs, les saints Basile,
Grégoire de Nazianze et Jean Chrysostome.
Plusieurs théologiens du Moyen Âge, sans porter le titre de Docteur de l’Église, sont rangés
parmi les grands Docteurs de la Foi : Grégoire de Rimini (Doctor Acutus, † 1358), Jean Gerson
(Doctor Christianissimus, 1363-1429), Jean Ruysbroek (Doctor Indivicibilis, 1293-1381), Roger
Bacon (Doctor Admirabilis, 1561-1626), Jean Duns Scot ( Doctor Subtilis, v. 1270-1308). Ces
surnoms n’ont aucun caractère officiel.
QU'EST-CE QUE ?
Docteur de la Foi
Terme rappelé par le concile Vatican II ( Lumen Gentium). L’ordination épiscopale confère la
plénitude du sacrement de l’Ordre et fait de l’évêque le successeur des apôtres, lui donnant ainsi
mission d’enseigner, de sanctifier et de gouverner. À ce titre le cérémonial de son ordination lui
rappelle que, parmi les obligations de son ministère pastoral, il est « docteur de la foi », chargé
de l’enseigner et de la transmettre avec fidélité. Au jour de son ordination, le cérémonial prévoit
d’ailleurs que le livre de l’Évangile lui soit posé sur la tête pour signifier sa responsabilité.
Le titre de « Docteur de la Foi » est aussi donné, sans être officiel, à des théologiens ou à des
figures de la transmission de la foi.
Stigmate - Stigmatisé
(du grec stigma, piqûre, piqûre au fer rouge, tatouage). Dans le langage religieux, les
stigmates sont des blessures ou des cicatrices apparaissant mystérieusement et durablement sur
le corps de certains mystiques aux emplacements des plaies du Christ (mains, pieds, côté), leur
occasionnant souvent de vives souffrances rebelles à tout traitement médical et rappelant celles
que Jésus a endurées.
Les plus célèbres stigmatisés sont saint François d’Assise (1181-1226), sainte Catherine de
Sienne (1347-1380), sainte Gertrude (1256-1302), sainte Rita de Cascia (1386-1456), sainte
Colette (1380-1447) et sainte Catherine de Ricci (1522-1589). Parmi les stigmatisés
contemporains, on peut citer Anna-Katharina Emmerick (1774-1824), Thérèse Neumann
(Allemagne, 1898-1962), saint Francesco Forgione, dit Padre Pio (Italie, 1887-1968), Marthe
Robin (France, 1902-1981).
L’Église manifeste toujours une grande réserve à l’égard des stigmates ; elle n’en reconnaît le
caractère miraculeux qu’à l’occasion d’un procès de canonisation, après une minutieuse enquête.
Dans le cas de Thérèse Neumann, qui passionna l’opinion et mobilisa les médias, la
commission de six évêques et médecins qui, après maintes difficultés suscitées par sa famille,
put enfin l’examiner les jeudi et vendredi saints 1938 (elle entrait en extase tous les vendredis
saints), conclut : « état d’hystérie grave avec tous les phénomènes inhérents à la maladie, y
compris la part habituelle de simulation… »A
AARON
(† 552) MARTYR – MR 22 juin. Il souffrit sous Dioclétien pour sa fidélité au Christ.
ABBON
(† 860) ABBÉ – MR 3 décembre. Abbé de Saint-Germain à Auxerre, il est évêque de cette ville
en 857.
ABBON
(† 1004) ABBÉ – MR 13 novembre. Moine de Saint-Benoît-sur-Loire. Il est appelé en Angleterre,
puis martyrisé à La Réole par des moines qu’il avait tenté de réformer.
ABDON
e(III siècle) MARTYR – MR 30 juillet. Citoyen de Rome, il est martyrisé avec saint Sennen.
ABEL
(† v. 750) ÉVÊQUE – MR 5 août. D’abord moine à l’abbaye de Lobbes en Belgique, il succède à
saint Rigobert au siège archiépiscopal de Reims vers 743. Évincé par un concurrent, il se retire
dans son abbaye.
ABRAHAM
(† v. 480) ERMITE – MR 15 juin. D’origine perse, il fuit la persécution dans son pays pour s’établir
près de l’actuelle Clermont-Ferrand, en Auvergne, dans un ermitage qui deviendra le noyau d’un
monastère dédié à saint Cyr ou Cirgues.
On l’invoqua longtemps pour guérir la fièvre en se rendant à une source locale considérée
comme miraculeuse.
Neuf autres saints portent le nom d’Abraham, dont le patriarche Abraham (MR 9 octobre).
ACACE
(† 250) ÉVÊQUE – MR 31 mars. Évêque d’Antioche de Pisidie, il est très vénéré en Orient et en
Arménie où on l’appelle aussi Agathange, le « bon ange ».
ACHAIRE
(† 640) ÉVÊQUE – MR 27 novembre. Moine de Luxeuil, il fut ami du roi Dagobert et évêque de
Noyon-Tournai.
ACHEUL
er(Dates indéterminées) DIACRE – Fête loc. 1 mai. Il est vénéré en Picardie et dans le diocèse
d’Amiens.
ACHILLE ou ACHILLÉE
e(IV siècle) MARTYR – MR 12 mai*. Lui et son frère Nérée (dont la fête se célèbre en même
temps que la sienne) seraient des soldats romains qui auraient été martyrisés durant la
persécution de Dioclétien, vers 304.
Selon l’inscription laissée par le pape Damase (mort en 384), c’est en martyrisant eux-mêmes des
chrétiens qu’ils se seraient subitement convertis. Deux basiliques sont dédiées aux deux frères à
Rome.
Trois autres saints portent le nom d’Achille ou Achillée.Bienheureux ADALBÉRON
er(† 1128) ÉVÊQUE – MR 1 janvier. Successivement chanoine de Metz et évêque de Liège.
Trois autres saints ou bienheureux portent ce nom, dont l’un († 1005 – MR 15 décembre) fut
évêque de Verdun puis de Metz.
ADALBERT ou ALBERT DE BOHÊME
(† 997) ÉVÊQUE – MR 23 avril*. Évêque de Prague et évangélisateur des Hongrois et des
Prussiens, il fut martyrisé à Gdansk en Pologne.
ADÉLAÏDE
(v. 931-999) ABBESSE – MR 16 décembre. Fille du roi de Bourgogne, d’abord mariée à Lothaire,
erroi d’Italie, puis en secondes noces à Othon I , le fondateur du Saint-Empire romain
germanique, elle reçoit avec lui à Rome, en 962, de la main du pape Jean XII, la couronne
impériale. Elle met son influence auprès de l’empereur au service de l’Église et des pauvres et
favorise la réforme clunisienne. À la mort de son fils, l’empereur Othon II, elle assure la régence
de l’empire jusqu’à la majorité de son petit-fils Othon III. Elle meurt à l’abbaye de Seltz (Bas-Rhin)
dont elle est la fondatrice.
Deux autres saintes portent le nom d’Adélaïde.
Dérivés : Alice, Alix.
ADÈLE
(† v. 730) ABBESSE – MR 24 décembre. Fille du roi Dagobert II, elle fonde après la mort de son
mari le monastère de Pfalzel, près de Trèves, et en est la première abbesse. Son petit-fils, le futur
saint Grégoire d’Utrecht, alors âgé de 15 ans, vit à ses côtés lorsque saint Boniface, de passage,
l’ouvre à sa vocation missionnaire. Il en fait son disciple et l’associe à sa tâche d’évangélisation.
ADELINE
(† v. 1125) ABBESSE – MR 20 octobre. Elle est la première abbesse des bénédictines de
Mortain, en Normandie, lesquelles, en raison de la couleur de leur habit, sont appelées « les
dames blanches », d’où le nom d’Abbaye Blanche.
Dérivés : Aline, Line.
ADOLPHE
(v. 1185-1224) ÉVÊQUE – MR 30 juin. Moine cistercien, puis évêque d’Osnabrück (Allemagne), il
est connu pour sa très grande attention aux pauvres et aux lépreux.
Bienheureux ADOLPHE, ou ADOLF, KÖLPING
(1813-1865) PRÊTRE DIOCÉSAIN – MR 4 décembre. Il naît le 8 décembre 1813 dans une
famille de bergers. Faute d’argent, il ne peut fréquenter d’école susceptible de lui dispenser un
haut niveau d’enseignement. En tant que compagnon cordonnier, il découvre les déficits sociaux
et religieux de son corps de métier. Il répond à l’appel du Seigneur et devient prêtre. En raison de
ses origines, il voit dans la fondation des associations d’artisans catholiques une contribution
eimportante à la résolution de la question sociale du XIX siècle. Infatigablement, il se dépense
pour promouvoir une vision chrétienne de l’homme et aide les jeunes gens à rechercher ce qui
dans leur existence peut leur tracer une perspective d’avenir. Dans la fidélité envers l’Église,
l’enracinement de l’individu dans une famille chrétienne et dans une qualification professionnelle,
Adolphe Kölping voit les fondements d’un nouvel ordre social illuminé par la foi chrétienne. Il
meurt le 4 décembre 1865 à Cologne.
Aux membres de l’œuvre Adolphe-Kölping, Jean-Paul II a déclaré : « Le bienheureux Adolphe
Kölping dit un jour : "Il est important de porter le christianisme en esprit et en pratique dans laréalité de la vie sociale". Cette phrase de votre fondateur est aujourd’hui plus actuelle que jamais.
Je me réjouis du fait que, par le monde entier, plus de 5 000 familles Kölping l’ont adoptée
comme devise. »
ADRESSE
Sainte légendaire qui aurait été invoquée par les marins pour entrer au port situé au pied de
l’actuelle ville de Sainte-Adresse en Normandie.
ADRIEN et son épouse Natalie
(v. 300) MARTYR – MR 8 septembre. La tradition veut qu’il se soit converti au christianisme à
Nicomédie (actuelle Turquie) en voyant des chrétiens conduits au supplice, et qu’il ait été
luimême martyrisé sous Dioclétien avec 23 autres chrétiens. De la basilique qui lui est dédiée à
Rome partaient les processions en l’honneur de la Vierge, notamment le 8 septembre (d’où la
date de sa fête). Saint Adrien est l’un des cinq saints que l’on invoquait contre la peste.
Dérivé : Adrienne.
AFFRIQUE
e(VI siècle) ÉVÊQUE – MR 28 avril. Il évangélise la Gascogne et devient évêque de Comminges,
un ancien diocèse du Sud de la France.
AGATHE
(† v. 250) VIERGE et MARTYRE – MR 5 février**. Les détails de sa vie sont légendaires mais
son culte fut célébré très tôt. Palerme et Catane en Sicile se disputent l’honneur d’être son lieu de
naissance, mais c’est à Catane qu’elle aurait été martyrisée pour avoir repoussé les avances du
gouverneur Quintianus. La tradition rapporte qu’on lui coupa les seins avant de la mettre sur un
brasier. Elle est donc devenue la patronne des nourrices et est invoquée contre les douleurs
causées par le feu. La protection qu’elle aurait assurée aux habitants de Catane lors d’une
éruption de l’Etna a contribué à la popularité de cette patronne de la ville. Trois basiliques
romaines lui sont dédiées.
AGATHON
(† 681) PAPE – MR 10 janvier. On rapporte que ce Sicilien avait 103 ans lorsqu’il fut élevé au
pontificat en 678. Il eut à régler divers conflits ecclésiastiques (Ravenne, York) et fit condamner
el’hérésie monothélite par le III concile de Constantinople (680), pendant la tenue duquel il
mourut à Rome. Il est le patron de Palerme.
AGIL
(† 650) ABBÉ – Fête loc. 31 août. Il fonde en Champagne française le monastère de Rebais qui
connut un grand rayonnement.
AGNÈS
e e(IV siècle) VIERGE et MARTYRE – MR 21 janvier**. Au tout début du IV siècle, Agnès, une
fillette romaine de douze ans, subit le martyre plutôt que de renoncer à son vœu de virginité. Elle
est, depuis lors, vénérée pour sa vertu de pureté. Selon le récit plus tardif de son martyre, elle
aurait été conduite de force dans une maison close – où sa virginité aurait été préservée
miraculeusement – jetée dans un feu qui se serait éteint, et enfin décapitée. Sainte Agnès, l’une
des saintes les plus populaires, a une basilique à Rome dès l’époque constantinienne. C’est là
qu’aujourd’hui sont bénis chaque année les deux agneaux dont la laine sert à tisser les palliums,
ornements que portent autour du cou le pape, les primats et les archevêques.Bienheureuse AGNÈS DE LANGEAC GALAND
(1602-1634) VIERGE – MR 19 octobre. Sœur Agnès de Jésus Galand est née le 17 novembre
1602. Dès l’âge de huit ans, elle est admise à la première communion, ce qui est exceptionnel à
cette époque. Jésus Eucharistie devient le Tout de sa vie. En 1621, elle est reçue dans l’ordre de
saint Dominique, comme tertiaire. En 1623, elle participe à la fondation du monastère
SainteCatherine-de-Sienne à Langeac et revêt l’habit des moniales le 4 octobre. Dès 1627, elle exerce
la charge de prieure. Par sa prière et ses conseils, elle guide Jean-Jacques Olier vers la
fondation des premiers séminaires de Saint-Sulpice. Elle meurt le 19 octobre 1634, laissant à ses
sœurs la vocation particulière de prier pour les prêtres. Elle a témoigné par toute sa vie que «
Dieu aime toujours ». Elle est béatifiée à Rome le 20 novembre 1994.
AGNÈS DE POITIERS
(† 588) ABBESSE – MR 13 mai. Abbesse de la Sainte-Croix à Poitiers. Son amitié spirituelle
avec saint Venance Fortunat est connue.
Dix autres saintes ou bienheureuses portent le nom d’Agnès, dont Agnès de Bohème († 1282).
AGRÈVE
er(† v. 602) ÉVÊQUE – Fête loc. 1 février. Cet évêque du Puy en Auvergne se fixe en un lieu qui
deviendra plus tard la ville de Saint-Agrève (Ardèche), pour y évangéliser la région. C’est là qu’il
finit ses jours.
D’autres localités en France, vouées au même patron, sont appelées Saint-Égrève.
AGRICOL
(† 700) ÉVÊQUE – MR 2 septembre. Né à Avignon, il est moine à Lérins avant d’être élu évêque
d’Avignon vers 660.
La ville et le diocèse d’Avignon en ont fait leur patron. Il est invoqué pour la pluie ou le beau
temps.
AICHARD
(† 687) ABBÉ – MR 15 septembre. Né à Poitiers, il passe sa vie en Poitou comme moine à
Ansion puis abbé de Saint-Benoît à Quinçay. Il succède à saint Philibert comme abbé de
Jumièges en Normandie.
AIGNAN
(† 453) ÉVÊQUE – MR 17 novembre. Élu évêque d’Orléans, il évangélise la région et sauve sa
ville en négociant avec Attila, le chef des Huns.
Dérivé : Chinian.
AIGULPHE
(† 676) ABBÉ – MR 3 septembre. Il est appelé aussi saint Ay. Moine de Fleury
(Saint-Benoît-surLoire) puis abbé de Lérins, il meurt martyr, tué par quatre de ses moines dans une île de
l’archipel corse.
On connaît aussi saint Aigulphe, évêque de Bourges (MR 22 mai).
AIMÉ, AMÉ ou AMET
(† v. 628) ABBÉ – MR 13 septembre. Ermite durant 30 ans près de l’abbaye d’Agaune (actuelle
abbaye de Saint-Maurice, dans le Valais, en Suisse), il rejoint l’abbaye de Luxeuil (dans l’actuelle
Haute-Saône) fondée par saint Colomban. Avec Romaric, un grand de la cour du roi d’Austrasie
Théodebert II, il fonde près de Remiremont (Romarici Mons), dans les Vosges, deux monastères
jumelés, l’un d’hommes et l’autre de femmes. Aimé en est l’abbé, mais il revient bientôt à sa vied’ermite dans une grotte du voisinage.
Bienheureuse AIMÉE D’ASSISE
(† v. 1250) VIERGE – Fête loc. 20 février. Nièce de sainte Claire, elle se fait clarisse chez sa
tante après une jeunesse dissipée.
AIRALD
e(XII siècle) ÉVÊQUE – MR 2 janvier. Chartreux devenu évêque de Maurienne. Son culte est
confirmé en 1863.
Bienheureux ALAIN DE LA ROCHE
(v. 1428-1475) RELIGIEUX – Fête loc. 8 septembre. Ce Breton entre chez les dominicains à
Dinan (Côtes-d’Armor).
Puis, après des études à Paris, il est envoyé en Flandre et aux Pays-Bas. Il promeut la dévotion
mariale du rosaire.
ALAIN DE SOLMINIHAC
(1590-1659) PRÊTRE – MR 4 novembre. Entré à 20 ans chez les chanoines réguliers de
SaintAugustin à l’abbaye de Chancelade en Dordogne, il en devient l’abbé en 1623. Puis il est nommé
évêque de Cahors en 1636.
ALBAN
e(III siècle) MARTYR – MR 22 juin. Vivant à Verulanium (Grande-Bretagne), aujourd’hui
SaintAlban, il accueille un missionnaire chrétien recherché par la police.
Converti par lui, il se livre à la place du missionnaire : c’est le premier martyr d’Angleterre.
ALBAN
e(IV siècle) MARTYR – Fête loc. 21 juin. Il est martyrisé à Mayence.
De nombreuses localités, notamment dans le Sud de la France, portent le nom de Saint-Alban ou
Saint-Auban.
Dérivés : Albane, Albe.
ALBÉRIC DE CÎTEAUX
(† 1109) ABBÉ – MR 26 janvier. Il est l’un des trois fondateurs de Cîteaux et en fut l’abbé.
Cinq autres saints portent le nom d’Albéric.
ALBERT LE GRAND
(v. 1200-1280) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 15 novembre*. Né en Souabe
(Allemagne), Albert de Bollstaedt fait ses études à Padoue. Entré dans le jeune ordre des
dominicains, il enseigne la philosophie et la théologie à Cologne, à Fribourg, à Ratisbonne, à
Strasbourg et à la prestigieuse Université de Paris (où son nom de Maître Albert, contracté en
Maubert, a été donné à une place qui subsiste aujourd’hui). Esprit universel, il se passionne pour
toutes les disciplines. Entreprise très audacieuse et très risquée pour l’époque, il ouvre la voie à
une synthèse entre la philosophie et la physique d’Aristote d’une part, la théologie d’autre part.
C’est la voie que suivra l’un de ses élèves, Thomas d’Aquin, dont il se fera le défenseur jusqu’à
sa mort. En 1248, il est régent du studium général (lieu d’étude d’un ordre religieux, ici
dominicain) récemment créé à Cologne, ville qui sera désormais sa résidence, à l’exception des
deux années pendant lesquelles il est évêque de Ratisbonne.
Libéré sur sa demande de la charge épiscopale, il reprend son enseignement et ses travaux,
dans lesquels il se juge plus utile. Surnommé Doctor Universalis (docteur universel), Albert estproclamé Docteur de l’Église en 1931 par Pie XI, et patron des scientifiques, des naturalistes et
des chimistes en 1941 par Pie XII.
Dérivés : Albéric, Alberta, Alberles, Alberte.
Seigneur Jésus-Christ, suprême père de famille qui m’as appelé dès le matin dans ta vigne, où
tu m’as conduit dès ma jeunesse à travailler dans mon ordre pour le salaire de la vie éternelle ;
quand plus tard je serai mis au jugement et devrai rendre des comptes, que me donneras-tu, à
moi, qui non seulement sur la place publique du siècle, mais encore dans la vigne elle-même de
mon ordre, suis demeuré oisif tout le jour ?
Saint Albert le Grand
ALBERT DE BRABANT
(v. 1165-1192) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 24 novembre. Né à Louvain, membre de la famille
ducale de Brabant, il devient évêque de Liège à 25 ans, à son retour de la troisième croisade.
L’empereur d’Allemagne, Henri VI, refusant de le reconnaître, Albert se rend à Rome où le pape
Célestin III le confirme dans sa charge, demandant à l’archevêque de Reims de l’ordonner. Henri
VI s’obstinant dans son hostilité, Albert se fixe à Reims où il est assassiné par trois
gentilshommes allemands sur le tombeau de saint Remi.
En 1612, l’archiduc Albert de Brabant donne ordre de transférer de Reims à Bruxelles les restes
erde son saint patron. Mais l’on se trompe de corps. C’est en 1921, sous le règne d’Albert I de
Belgique, que les reliques de l’évêque de Liège parviennent enfin dans son pays natal.
14 autres saints ou bienheureux portent le nom d’Albert.
ALBIN, voir Aubin
ALDEGONDE
(† 684) ABBESSE – MR 30 janvier. Résolue très jeune à se consacrer à Dieu, cette fille d’une
famille noble du Hainaut refuse le mariage arrangé par ses parents et rejoint le monastère de
Mons avant de se retirer dans un ermitage qui deviendra l’abbaye double de Maubeuge,
ellemême origine de la ville. Toute une légende s’est développée autour de la vie de sainte
Aldegonde et de sa sœur, sainte Waudru, abbesse de Mons. Aldegonde, dont les reliques sont
conservées dans deux châsses à l’église Saint-Pierre à Maubeuge, est la patronne de la ville.
Bienheureuse ALETH
(† 1105) VEUVE – MR 4 avril. Elle est la mère de saint Bernard de Clairvaux.
ALEXANDRE
(† 177) MARTYR – MR 2 juin. D’origine grecque et vivant à Lyon, Alexandre est secrètement
chrétien avec son ami Épipode. Dénoncés, Épipode est torturé et décapité et Alexandre, flagellé
et crucifié.
46 autres saints, dont 30 martyrs des premiers siècles, portent le nom d’Alexandre, dont saint
Alexandre Sauli († 1593), évêque d’Aléria en Corse.
Dérivés : Alexandra, Axel , Axelle, Sacha.
Bienheureuse ALEXANDRINA MARIA DA COSTA
(1904-1955) LAÏQUE – MR 13 octobre. Mystique portugaise, elle ne vit que de l’Eucharistie
pendant 13 années de grandes souffrances. Elle demande à Pie XII de consacrer le monde au
Cœur Immaculé de Marie.ALEXANDRINE
(1385-1458) ABBESSE – Fête loc. 2 avril. Religieuse italienne, elle fonde un monastère de
clarisses à Foligno en Italie.
Dérivés : Sandrine, Sandra.
ALEXIS
e(V siècle) LAÏC – MR 17 juillet. Noble romain, il aurait quitté sa femme avec son consentement
le jour de leur mariage, pour aller vivre en mendiant en Orient.
Revenu à Rome sans se faire reconnaître, il obtient de s’installer sous l’escalier de ses parents
où il aurait vécu 17 ans dans la sainteté et la pauvreté. Son identité aurait été découverte après
ersa mort, grâce à un message mystérieux du pape Innocent I . Il inspira un des premiers textes
ede la littérature française, le Poème de saint Alexis, du XI siècle.
ALEXIS FALCONIERI
(1200-1310) LAÏC – Fête loc. 17 février*. Alexis appartient à un groupe de sept marchands
florentins qui quittent tout pour fonder en 1233 l’ordre des Servites de Marie, voué à la fois à la
contemplation et à l’action (prédication, enseignement, mission).
Alexis, le seul qui soit resté laïc, meurt plus que centenaire.
Dérivé : Alex.
ALFONSO RODRIGUEZ, voir Roque Gonzalez
ALFRED LE GRAND
(849-889) LAÏC – Fête loc. 28 octobre. Son culte n’a jamais été ratifié officiellement par l’Église.
Ce roi de Wessex (Grande-Bretagne) lutte avec énergie contre les Danois, parvenant à faire
baptiser leur chef, dont il est le parrain. Il affermit l’autorité royale et donne une nouvelle impulsion
à son Église locale.
On connaît aussi saint Alfred († 874 – MR 15 août), évêque et moine à Hildesheim.
Bienheureux ALFREDO ILDEFONSO SCHUSTER
(1880-1954) CARDINAL et ARCHEVÊQUE – MR 30 août. D’abord moine bénédictin, il devient
cardinal et archevêque de Milan.
On lui doit un remarquable ouvrage de théologie et d’histoire de la liturgie, le Liber
Sacramentorum en sept volumes. Il est béatifié en 1996 par Jean-Paul II.
ALGIS
(† 670) ERMITE – Fête loc. 3 juin. Son rayonnement fut si grand que son ermitage donna
naissance à la localité qui porte son nom.
ALICE, ALIX, voir Adélaïde
ALINE, voir Adeline
Bienheureuse ALIX LE CLERC
(1576-1622) VIERGE – MR 9 janvier. Née à Remiremont (Vosges), elle devient la fille spirituelle
de saint Pierre Fourier, curé de Mattaincourt. Avec lui, elle fonde en 1597 la congrégation de
l’Union Notre-Dame (reliée en 1622 à l’ordre des chanoinesses de Saint-Augustin), pour
l’éducation des filles. Elle meurt à Nancy dans l’une des maisons qu’elle a fondées.
ALLEAUME(† 1100) ABBÉ – MR 30 janvier. Né à Loudun (Vienne) et moine à La Chaise-Dieu (Haute-Loire),
il est appelé en Espagne par les souverains de Castille. Il dirige ensuite un hôpital pour les
pèlerins près de Burgos.
ALLYRE
(† 385) ÉVÊQUE – MR 5 juin. Quatrième évêque de Clermont en Auvergne. Saint Grégoire de
Tours en parle avec grande vénération.
ALOÏS, voir Louis
Bienheureux ALOÏS (LOUIS) STÉPINAC
(1898-1960) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 10 février. Né à Zagreb et d’origine croate, il s’est
toujours occupé des pauvres et crée pour eux la Caritas de Zagreb. Il devient évêque de Zagreb
gren 1937. En 1941, quand les Oustachis, inféodés aux nazis, arrivent au pouvoir, M Stépinac
prend la défense des juifs. Tito prend le pouvoir en 1945 et veut créer une Église croate séparée
grde Rome, mais M Stépinac refuse. Les communistes lui intentent un procès factice à la suite
duquel il est emprisonné pendant cinq ans, puis assigné dans une résidence surveillée dans son
village natal de Krasic où il exerce les fonctions de vicaire, entendant les confessions pendant
des heures entières. Pendant plus de 13 ans, il subit des persécutions physiques et morales. Il
meurt en 1960, victime de son attachement au Saint-Siège. Au cours de ses premiers jours à
Krasic, un journaliste lui demande : « Comment vous sentez-vous ? — Ici, comme là-bas à
Lepoglava, j’accomplis mon devoir. — Quel est votre devoir ? — Souffrir et travailler pour l’Église.
» Il est béatifié le 7 août 1998.
ALPHONSE-MARIE DE LIGUORI
er(1696-1787) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 1 août**. Né à Naples dans une
famille de l’aristocratie, docteur en droit et avocat, il renonce au barreau pour se faire prêtre.
Ordonné à 30 ans, il se consacre à l’apostolat dans les milieux populaires, très délaissés et
ignorants. Six ans plus tard, en 1732, il fonde la congrégation du Très-Saint Rédempteur
(Rédemptoristes) dont la spiritualité veut s’inspirer de l’exemple du Rédempteur dans la manière
de vivre et d’annoncer l’Évangile. En 1762, le pape Clément XIII l’oblige à accepter la charge
d’évêque du petit diocèse de Sainte-Agathe-des-Goths dans la région napolitaine. Devenu infirme
à 72 ans, il obtient trois ans plus tard d’être déchargé de sa fonction et de retourner dans sa
congrégation. Il y connaît épreuves et humiliations, avant de mourir douze ans plus tard. Il laisse
une œuvre écrite considérable, complément et couronnement d’une intense activité de confesseur
et de prédicateur. Il s’est ainsi fait le témoin d’un christianisme d’amour et de miséricorde à
l’encontre des conceptions rigides et pessimistes de la morale janséniste, très en honneur
jusque-là. Canonisé en 1839, il est proclamé Docteur de l’Église par Pie IX en 1871 et patron des
confesseurs et des professeurs de théologie morale par Pie XII en 1950.
Huit autres saints ou bienheureux portent le nom d’Alphonse.
ALPHONSINE DE L’IMMACULÉE CONCEPTION
(1910-1946) RELIGIEUSE – MR 28 juillet. Elle est la première sainte dans l’histoire de l’Église
catholique en Inde. Par sa congrégation, elle appartient à l’Église catholique de rite et de tradition
syro-malabars.
Née le 10 août 1910, Anna Muttathupandathu, originaire de Kottayam, au Kerala, situé au
sudouest de l’Inde, perd sa mère alors qu’elle n’a que trois mois. Jeune fille, elle décide de consacrer
sa vie au Christ. En 1928, elle entre chez les clarisses, à Bharananganam.
En raison de ses multiples soucis de santé, ses supérieures envisagent de la renvoyer dans sa
famille, mais sa piété est si intense qu’elles acceptent de lui faire prononcer ses vœux perpétuels
en 1936. Son chemin de sainteté est celui de la croix à travers la maladie et la souffrancespirituelle dans lesquelles elle rend grâce à Dieu, avec une paisible sérénité.
Elle n’aime pas la souffrance en tant que telle, bien au contraire, mais l’accepte parce qu’elle est
convaincue que Dieu lui demande ainsi de vaincre son égocentrisme pour s’unir à son Divin
époux. « Je comprends que Dieu a voulu que ma vie soit une oblation, un sacrifice de souffrance
», écrit-elle le 20 novembre 1944. Elle aime tant le Christ qu’elle ne peut que s’attacher à lui
jusque dans cette expression de son amour crucifié pour les hommes. Elle sait qu’ainsi avec lui,
elle participe à la mission de l’Église, s’inspirant de saint Paul : « Ce qui a manqué aux
souffrances du Christ, je l’achève dans ma chair pour son corps qui est l’Église » (Col 1, 24).
Dieu lui a donné un caractère affectueux et joyeux, avec une extraordinaire capacité de se réjouir
de toutes choses, même les plus simples. Et cette joie paisible, elle la transmet aux pauvres, aux
miséreux, aux blessés de la vie, leur faisant découvrir, au travers de ses paroles et de
l’expérience de son vécu quotidien, l’amour de Dieu pour chacun d’eux.
Aujourd’hui encore ils viennent en foule, à Bharananganam, en pèlerinage auprès d’elle.
Elle est béatifiée le 8 février 1986 et canonisée le 12 octobre 2008.
ALPINIEN
e(III siècle) PRÊTRE – MR 30 juin. Il est le compagnon de saint Martial de Limoges, missionnaire
envoyé par Rome pour évangéliser cette région.
ALTIN
er(I siècle) MARTYR – Fête loc. 19 octobre. La légende fait vivre ce martyr au temps du Christ
comme l’un des 72 disciples dont parle l’Évangile. Il est aussi le premier évêque de l’Église
d’Orléans.
ALVÈRE
e(IX siècle) MARTYR – Fête loc. 9 mars. Jeune fille martyrisée par les Normands, d’après les
Bollandistes, elle est vénérée en Périgord.
ALYPIUS
(† 430) ÉVÊQUE – MR 15 août. Disciple et ami de saint Augustin, il est évêque de Thagaste
(Souk Ahras en Algérie) et ardent défenseur de la foi.
AMADOUR ou AMATOR
(Dates indéterminées) – Fête loc. 20 août. On ne sait rien sur ce saint. Des légendes et des
hypothèses diverses en font soit un familier de la Vierge Marie, soit le mari de Véronique, soit
Zachée, soit un évêque d’Auxerre… Seule certitude, Rocamadour veut dire « Roc d’Amadour ».
eAu XIII siècle, on crut avoir découvert son tombeau qui devint un centre de pèlerinage d’autant
plus fréquenté qu’il se trouve sur l’une des routes de Saint-Jacques-de-Compostelle. Aux grands
pardons, les foules et les personnages illustres (saint Bernard, saint Dominique, saint Louis,
Philippe le Bel, etc.) affluaient. Rocamadour est resté un lieu de pèlerinage marial (Vierge noire),
favorisé par le caractère exceptionnel du site.
AMAND
(† 679) ÉVÊQUE – MR 6 février (en Belgique**). D’abord moine à l’île d’Yeu, puis ermite à
Bourges, Amand s’illustre surtout pendant plus d’un demi-siècle par une vie itinérante à travers
ce qui sera plus tard la Flandre (actuels Belgique et Nord de la France) pour évangéliser les
populations. Vers 646, il est élu évêque de Tongres, siège bientôt transféré à Maastricht. Trois
ans plus tard, il reprend sa mission mobile, tout en multipliant, sous forme d’abbayes, les points
d’ancrage de cette christianisation de la région. C’est dans l’une d’elles, à Elnone sur la Scarpe,
qu’il meurt presque centenaire. Cette abbaye sera à l’origine de la ville de Saint-Amand-les-Eaux(Nord). Soutenu par les rois mérovingiens, et notamment Dagobert, il rachète aux Germains
beaucoup de captifs qu’il regroupe en communautés chrétiennes.
AMANT ou AMANS
e e(IV ou V siècle) ÉVÊQUE – MR 4 novembre. Il est le premier évêque de Rodez.
Neuf autres saints portent le nom d’Amand, Amant ou Amans, dont le premier évêque de
e eStrasbourg (IV siècle) et un évêque de Bordeaux ( V siècle).
De nombreuses localités de France portent, sous diverses orthographes, le nom de l’un de ces
saints.
AMARIN
(† 676) ABBÉ et MARTYR – MR 25 janvier. Moine de Luxeuil, il vient évangéliser la vallée de la
Thur en Alsace. De là il rejoint à Volvic saint Prix, évêque de Clermont. Tous deux sont
eassassinés par les ennemis de l’évêque. Ses reliques ont été ramenées au VIII siècle au
couvent de Droangus, autour duquel s’est établie la ville de Saint-Amarin (Haut-Rhin).
AMAURY, voir Maur
AMBROISE
(v. 340-397) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 7 décembre**. Né à Trèves, il est
consulaire (gouverneur) romain de Ligurie et d’Émilie, résidant à Milan. Encore catéchumène, il
est élu évêque par le peuple de la ville. L’événement se produit alors qu’il est venu, en
fonctionnaire impérial, assurer l’ordre d’élections épiscopales agitées. Il est baptisé et ordonné
évêque en huit jours (7 décembre 374).
Il lui faut alors apprendre le grec et se donner une formation théologique et littéraire. Ses
nombreuses prédications, son abondante œuvre écrite visent soit l’instruction des fidèles, soit la
réfutation de l’arianisme qu’il combat avec intelligence et détermination. Par son influence, il
contribue à la conversion de saint Augustin, auquel il donne le baptême en 387. Il impose une
pénitence publique à l’empereur Théodore après la sanglante répression d’un soulèvement de la
population de Thessalonique (390). Ambroise est, avec saint Augustin, saint Jérôme et saint
Grégoire le Grand, l’un des quatre Docteurs de l’Église latine.
Sur les Pharisiens
En la personne des Pharisiens, Jésus reprend sévèrement et condamne au châtiment futur
tous ceux qui se chargent d’enseigner la connaissance de Dieu en empêchant les autres
d’atteindre le Seigneur. Jésus condamne ceux qui alors ne connaissent pas eux-mêmes ce qu’ils
font profession de proclamer.
Sur les saints
La naissance des saints est un événement qui réjouit beaucoup de monde parce que le bien
est contagieux et que la sainteté est une force communicative.
Saint Ambroise
AMBROIX
(† 770) ÉVÊQUE – Fête loc. 16 octobre. Évêque de Cahors, il se retire dans les solitudes du
Berry.AMÉ
(† v. 629) ABBÉ – MR 13 septembre. Il évangélise la région de Remiremont, dans les Vosges. Il
est l’ami et le compagnon de saint Romaric, fondateur de Luxeuil.
AMÉDÉE D’HAUTECOMBE
(† 1159) ÉVÊQUE – MR 27 août. Moine de Clairvaux puis abbé de Hautecombe en Savoie, il est
élu évêque de Lausanne.
Bienheureux AMÉDÉE IX DE SAVOIE
(1435-1472) LAÏC – MR 30 mars. Le duc Amédée IX de Savoie, né à Thonon et mort à Verceil
(Italie du Nord), époux de la sœur de Louis XI, fait de sa cour un modèle de vertu et devient très
vite l’objet d’une grande vénération de la part des populations alpines. Il est appelé « le Père des
pauvres » et est béatifié en 1677.
AMÉLIE, voir Émilie
ANACLET, voir Clet
ANAÏS, voir Anne
ANASTASE
(† 976) ÉVÊQUE – Fête loc. 7 janvier. Archevêque de Sens, il est l’initiateur de la construction de
la cathédrale.
13 autres saints et bienheureux portent ce nom.
ANASTASIE
e(IV siècle) VIERGE et MARTYRE – MR 25 décembre. Cette jeune martyre de Sirmium,
aujourd’hui Mitrovitza, était commémorée à Rome par la colonie grecque byzantine et le pape se
rendait dans son église pour la messe de l’aurore du 25 décembre.
Trois autres saintes, martyres, portent le nom d’Anastasie, dont une ermite du désert de Scété en
Égypte, qui mena jusqu’à sa mort une vie de total renoncement.
ANATOLE
(† 458) ÉVÊQUE – MR 3 juillet. Archevêque de Constantinople, il correspond avec le pape saint
Léon au sujet des deux natures en Jésus-Christ et participe au concile de Chalcédoine (451) qui
définit cette doctrine.
eQuatre autres saints portent le nom d’Anatole. L’un d’eux aurait vécu au V siècle en ermite au
sommet d’un rocher qui domine la vallée de Salins (Jura) ; un autre fut martyr en Ouganda.
ANDÉOL
er(† 208) SOUS-DIACRE et MARTYR – MR 1 mai. Il aurait été envoyé à Lyon par l’Église de
Smyrne, aurait évangélisé la région de Carpentras, puis fondé une église locale à Bergoïata
(future commune de Bourg-Saint-Andéol, Ardèche), où il aurait été décapité sur l’ordre de
l’empereur Septime Sévère.
ANDOCHE
(† 347) PRÊTRE – MR 24 septembre. Venu d’Asie Mineure, il évangélise la Bourgogne et le
Morvan, où il est vénéré à Saulieu.
ANDRÉer(I siècle) APÔTRE – MR 30 novembre***. Frère de Simon-Pierre, il est comme lui originaire de
Capharnaüm, au nord du lac de Tibériade. Les deux frères sont pêcheurs. Ils sont en train de
jeter leurs filets lorsque Jésus les invite à tout laisser pour se joindre à lui et devenir pêcheurs
d’hommes (Mt 4, 18-22). Ils ne le quitteront plus. Selon l’Évangile de Jean, André était un des
disciples de Jean-Baptiste qui lui avait désigné Jésus comme « l’Agneau de Dieu ». André avait
alors suivi Jésus puis, conquis, était allé chercher son frère Simon en lui disant : « Nous avons
trouvé le Messie » (Jn 1, 35-43). André et Simon-Pierre, Jacques et Jean, forment le petit groupe
des apôtres les plus proches de Jésus. Sur la vie d’André après la Pentecôte, on ne dispose que
de récits apocryphes et de légendes. Si l’on ne doit pas exclure que, comme le rapporte la
tradition, il ait évangélisé la région de Patras en Grèce, qu’il y soit mort martyr et qu’il y ait été
enterré, on ne dispose d’aucun fait attesté à ce sujet. Encore moins à propos de la croix en forme
de X sur laquelle il serait mort. Ses reliques, en tout cas, connaissent une histoire mouvementée.
C’est ainsi que le chef (la tête) du saint se retrouve successivement à Constantinople en 357,
puis à nouveau à Patras, d’où il est envoyé à Rome au moment de la conquête turque de la
eGrèce (XV siècle), pour être enfin solennellement restitué par le pape Paul VI à l’Église de
Patras en un geste symbolisant les efforts mutuels de réconciliation des Églises chrétiennes.
Saint André, en effet, est le patron de l’Église de Constantinople comme saint Pierre est celui de
l’Église de Rome. Il est aussi le patron de la Grèce, de la Russie, de l’Écosse et du diocèse de
Bordeaux.
Bienheureux ANDRÉ BESSETTE
(1845-1937) RELIGIEUX – MR 6 janvier. « Démuni de tout, sauf d’une grande confiance en Dieu
», a dit de lui Jean-Paul II. Né dans la campagne à quelques kilomètres de Montréal, André perd
à douze ans son père bûcheron. À 20 ans, il émigre vers les États-Unis pour y travailler, puis il
revient à Montréal et demande à entrer dans la congrégation de la Sainte-Croix. En raison de ses
problèmes de santé, les supérieurs hésitent, puis lui confient la charge de portier au collège
Notre-Dame sur la Côte-des-Neiges. Il l’occupe pendant près de 40 ans.
En 1904, parce qu’il veut que saint Joseph soit honoré, le frère André débute la construction
d’une petite chapelle sur le versant du Mont-Royal en face du collège. Les guérisons inexpliquées
qu’il opère font de lui un héros populaire et il devient connu comme le thaumaturge du
MontRoyal. Il est alors la cible d’attaques et de critiques, mais il conserve l’appui de son Église
diocésaine. La construction de l’oratoire Saint-Joseph commence en 1924, près de la chapelle du
frère André. Ce haut lieu de pèlerinage reçoit chaque année plus de deux millions de visiteurs qui
viennent se recueillir, prier ou tout simplement profiter de ce havre de paix pour se ressourcer. La
basilique peut accueillir 10 000 personnes. Frère André est béatifié le 23 mai 1982.
ANDRÉ-HUBERT FOURNET
(1752-1834) PRÊTRE – MR 13 mai. Prêtre, il refuse de prêter serment à la Constitution civile du
clergé, imposé par l’Assemblée constituante en 1790 et se réfugie en Navarre. Après la
Révolution, il fonde en Poitou, avec Élisabeth Bichier des Anges, qui sera elle aussi canonisée, la
congrégation des Filles de la Croix, dites Sœurs de Saint-André, pour l’instruction des enfants
pauvres et le soin des malades.
44 autres saints ou bienheureux portent le nom d’André.
ANGE
(1185-1225) MARTYR – MR 5 mai. Né à Jérusalem, il entre chez les carmes du Mont-Carmel
(Palestine). Il vient à Rome en 1218 et prêche en Sicile où il est assassiné.
Bienheureuse ANGÈLE DE FOLIGNO
(1260-1309) VEUVE et MONIALE – MR 4 janvier. Née à Foligno (Italie), elle y passe toute sa vie.
Après avoir perdu son mari et ses enfants, elle entre dans le tiers ordre franciscain. Ses visions etles réflexions qu’elles lui inspirent, révélées après sa mort par son confesseur, la mettent au rang
des grandes mystiques en même temps qu’elles font d’elle une des représentantes les plus
significatives de l’esprit franciscain.
Allons à l’hôpital, peut-être aurons-nous l’avantage d’y trouver Notre Seigneur Jésus-Christ
dans le rang des pauvres.
Bienheureuse Angèle de Foligno
ANGÈLE MERICI
(1474-1540) VIERGE – MR 27 janvier*. Née à Desenzano, sur le lac de Garde (Italie), elle se
consacre, après une vision, au service et à la catéchèse des pauvres. Dans le but de préparer les
jeunes filles à faire de leur foyer un centre de vie chrétienne, elle fonde avec un groupe de
femmes une congrégation de religieuses enseignantes et éducatrices qu’elle met sous le
patronage de sainte Ursule (ou Union Sainte-Angèle-Merici). Historiquement, c’est la première
congrégation enseignante, aujourd’hui répandue sur les cinq continents.
Outre Angèle de Foligno et Angèle Merici, quatre autres saintes portent le nom d’Angèle.
Dérivé : Angélique.
Bienheureux FRA ANGELICO
(1387-1455) RELIGIEUX – MR 18 mars. Fra Angelico, frère Jean de Fiesole, doit sa réputation à
sa sainteté autant qu’à l’expression de son art. Guido di Pietro, né en Toscane, entre chez les
dominicains et n’abandonne pas pour autant ses pinceaux. Bien au contraire, car la peinture est
considérée dans les monastères comme un moyen puissant d’élever l’âme. Frère prêcheur, c’est
par la peinture que Fra Angelico veut exercer son ministère, même quand il devient prieur de sa
communauté. Des témoins racontent qu’il ne se mettait jamais à peindre sans avoir fait oraison.
Son œuvre tout entière est un grand Magnificat.
Son Couronnement de la Vierge (au Louvre) ou son Jugement dernier sont de véritables visions
célestes, des assemblées joyeuses d’anges et de saints, main dans la main, contemplant leur
Dieu. Mais, comme saint Paul, il prêche aussi « Jésus et Jésus crucifié ». Quand il décore le
couvent Saint-Marc à Florence, ses couleurs se font austères, toutes en fines harmonies. Ses
personnages sont plus réalistes et expressifs. L’ange de l’Annonciation regarde avec tendresse la
Vierge à laquelle il porte son message ; François d’Assise, la joue appuyée sur une main, ou
Dominique, les traits contractés par la douleur, communient réellement à la souffrance du Christ
en croix. Mais Fra Angelico ne connaît pas la haine : il ne représente pas les bourreaux de la
Passion, mais seulement des mains qui soufflètent, une bouche qui crache, un bâton qui enfonce
la couronne d’épines. Quand il peint le Jugement dernier pour le dôme d’Orvieto, il montre la
douleur des damnés rejetés du Ciel et non leurs vices ou leurs turpitudes, comme tant d’autres
artistes. La renommée de Fra Angelico est telle que les papes eux-mêmes l’appellent au Vatican.
Il peint les vies de saint Laurent et de saint Étienne pour la chapelle de Nicolas V, très belles
fresques à la fois pathétiques et sereines. C’est en peignant ces scènes que Fra Angelico meurt
à Rome, où il est enterré. Jean-Paul II le proclame bienheureux, patron des artistes et plus
spécialement des peintres, en 1984.
ANGERS (martyrs d’)
er(† 1793-1794) MARTYRS – MR 1 février. Ce sont les 16 hommes, prêtres et laïcs, et les 83
femmes exécutés sous la Terreur pour avoir voulu « conserver leur foi et leur religion ».
ANGILBERT
(† 814) ABBÉ – MR 18 février. Il fut ministre de Charlemagne, puis abbé de Saint-Riquier enPicardie où il développa le chant continu de l’office monastique.
ANICET
e(II siècle) PAPE – MR 20 avril. D’origine syrienne, il est pape de 155 à 166. Avec l’évêque de
Smyrne, saint Polycarpe, il essaie sans succès de régler le conflit entre l’Orient et l’Occident sur
le mode de calcul de la date de Pâques, qui empoisonne alors les relations au sein de l’Église (la
question ne sera tranchée qu’au concile de Nicée en 325). L’évêque de Rome, à l’époque, n’en
apparaît pas moins déjà investi d’une très grande autorité sur l’ensemble de l’Église.
ANNA MICHELOTTI
er(1843-1888) RELIGIEUSE – Fête 1 février. Savoyarde, née à Annecy, sœur Jeanne Françoise
de la Visitation fonde à Turin la congrégation des Petites Servantes du Sacré-Cœur.
Bienheureuse ANNA-KATHARINA EMMERICK
(† 1824) RELIGIEUSE – Fête loc. 9 février. Née dans une famille nombreuse d’agriculteurs,
Anna-Katharina Emmerick doit, dès sa plus tendre enfance, aider aux travaux domestiques et
agricoles. Elle ne fréquente que quelque temps l’école. Quand elle demande à être admise dans
divers monastères, seules les clarisses de Münster l’acceptent, à la condition qu’elle apprenne à
jouer de l’orgue. En 1802, elle réussit finalement à entrer au monastère des augustines
d’Agnetenberg, près de Dülmen. Elle prononce ses vœux l’année suivante, participant à la vie
monastique avec ferveur, toujours prête à accomplir les travaux les plus durs que personne ne
veut faire. Mais, de 1802 à 1811, elle tombe fréquemment malade et doit supporter de grandes
douleurs. En 1811, quand le monastère d’Agnetenberg ferme, elle devient domestique chez un
prêtre, tombe à nouveau malade et ne quitte plus son lit.
C’est au cours de cette période qu’elle reçoit les stigmates et qu’elle cesse de se nourrir, ne
vivant plus que de l’Eucharistie. Le docteur Franz Wesener qui l’examine est profondément
impressionné et devient son ami fidèle. Sans pouvoir se lever de son lit, elle coud des vêtements
pour les enfants pauvres. De nombreuses personnalités, qui participent au mouvement de
erenouveau de l’Église en ce début du XIX siècle, cherchent à la rencontrer. Sa rencontre avec
Clemens Brentano est particulièrement significative. À partir de 1818, il lui rend visite chaque jour
pendant cinq ans, dessinant ses visions qu’il publie ensuite. Ce livre eut un succès immédiat et
fut tout autant critiqué. Mel Gibson s’en est inspiré en 2004 pour réaliser son film La Passion du
Christ.
Anna-Katharina, malgré les souffrances qui la clouent au lit, a le souci d’exercer la charité envers
son prochain par ses travaux de couture, ses charismes et ses nombreux contacts. Selon les
paroles de Jean-Paul II : « Elle a crié la passion douloureuse de Notre Seigneur Jésus-Christ et
elle l’a vécue dans son corps. » Ses visions décrivent la vie de Jésus avec un luxe de détails
impressionnant qui contraste avec la brièveté des Évangiles. Au cours de l’été 1823, la santé
d’Anna-Katharina décline et, la mort approchant, elle décide d’unir sa souffrance à celle de Jésus,
en l’offrant pour la rédemption des hommes. Elle meurt le 9 février 1824.
« J’ai toujours considéré le service au prochain comme la plus haute vertu, disait-elle. Dans ma
jeunesse, j’ai prié Dieu afin qu’il veuille bien me donner la force de servir mon prochain et d’être
utile. À présent je sais qu’il a exaucé ma prière. »
ANNE
MÈRE DE LA VIERGE MARIE – MR 26 juillet** (au Canada***). Elle est l’épouse de saint
Joachim, fêté le même jour. Ce sont les parents de la Vierge Marie. On ne sait rien d’eux. Les
récits les concernant sont rapportés par des textes apocryphes (Protévangile de Jacques,
Évangile du pseudo-Matthieu, Évangile de la Nativité de Marie.) Mais parce qu’ils ont donné la vie
à la mère du Sauveur et l’ont formée spirituellement, ils sont vénérés de longue date en Orient et,
à partir des croisades, en Occident. On sait en particulier l’importance du culte rendu à sainteAnne par la Bretagne dont elle est la patronne, très spécialement au sanctuaire
Sainte-Anned’Auray édifié à l’emplacement où, à la suite d’apparitions de la sainte en 1624, un paysan, Yves
Nicolazic, découvrit une statue provenant d’un sanctuaire beaucoup plus ancien. Sainte Anne est
la patronne de la province du Québec au Canada.
Dérivés : Anaïs, Anita, Annabelle, Annette, Annick, Annie, Anouck, Nancy.
Bienheureuse ANNE-MARIE JAVOUHEY
(1779-1851) RELIGIEUSE – MR 15 juillet. Née à Jallanges (Côte-d’Or), on la voit dès l’âge de 15
ans soigner les malades et instruire les enfants de son village natal. Après deux essais de vie
religieuse, elle groupe quelques jeunes filles et fonde, en 1805 à Châlon-sur-Saône, une
congrégation nouvelle pour l’éducation des enfants, qui prendra le nom de Société de
SaintJoseph-de-Cluny. Elle établit des fondations en France, mais s’intéresse surtout aux missions,
envoie ses religieuses à l’île Bourbon, au Sénégal, en Guyane, en Guadeloupe, en Martinique…
C’est le premier ordre de femmes missionnaires, initiative fort audacieuse pour l’époque.
Bienheureuse ANNE-MARIE TAÏGI
(1769-1837) LAÏQUE – MR 9 juin. Née à Sienne, mariée et mère de sept enfants, elle mène
efficacement de front, avec des moyens financiers très modestes, les soins du ménage,
l’éducation des enfants, l’épanouissement de son foyer, tout en ayant une vie spirituelle très
élevée. Elle est honorée comme un modèle d’épouse et de mère.
15 autres saintes ou bienheureuses portent le nom d’Anne ou d’Anne-Marie.
ANNE-THÉRÈSE GUÉRIN, voir Théodora Guérin
ANSBERT
(† 685) ÉVÊQUE – MR 9 février. Tout d’abord chancelier du roi Clotaire III et conseiller de la
reine sainte Bathilde, il fut abbé de l’abbaye de Fontenelle (Saint-Wandrille) puis évêque de
Rouen, où il succéda à saint Ouen.
ANSCHAIRE, ANSGAIRE ou OSCAR
(801-865) ÉVÊQUE – MR 3 février*. Ce bénédictin de l’abbaye de Corbie, en Picardie, est
envoyé au Danemark en 826 pour poursuivre avec Harald, chef danois chrétien, l’évangélisation
du pays. En 829, il passe en Suède. En 832, il devient le premier évêque de Hambourg. Le pape
le nomme alors légat pontifical auprès des peuples nordiques. En 845, les Danois ruinent tout le
travail d’évangélisation du Schleswig-Holstein et détruisent Hambourg. Anschaire est alors
nommé archevêque de Brême par Louis le Pieux. Puis, sans se laisser rebuter par les difficultés,
il repart en 852 au Danemark, puis en Suède, où il convertit le roi Olaf et les populations du
Russland. Il meurt à Brême, dont le siège archiépiscopal est réuni à celui de Hambourg.
ANSELME
(1033-1109) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 21 avril*. Né à Aoste (Italie), il s’attache
à un maître renommé, Lanfranc, qu’il suit jusque dans l’abbaye bénédictine du Bec (Bec-Hellouin,
Eure), où il se fait moine. Il y reste lorsque Lanfranc est appelé comme archevêque de
Cantorbéry (Angleterre) par Guillaume le Conquérant. En 1078, Anselme succède comme abbé
du Bec à Hellouin, son fondateur. En 1093, il est appelé par le roi Guillaume II le Roux à
succéder à Lanfranc au siège de Cantorbéry. Mais il se heurte très vite aux prétentions des rois
d’Angleterre et ne cesse plus dès lors de lutter avec détermination pour l’indépendance de
l’Église. Cela lui vaut l’exil à deux reprises. Théologien et philosophe au vaste rayonnement, il
laisse une œuvre considérable, son souci constant ayant été de faire accéder l’intelligence de
l’homme aux vérités de la foi : « comprendre ce que l’on croit ». Il est l’auteur du célèbre
argument dit « ontologique » sur l’existence de Dieu.Faites, ô mon Dieu, que je vous connaisse, que je vous aime et que je me réjouisse à cause de
vous. Et si, en cette vie, je ne le puis faire pleinement, que j’en approche chaque jour davantage,
jusqu’à ce que j’arrive à cette plénitude.
Saint Anselme
ANTHELME
(1107-1177) ÉVÊQUE – MR 26 juin. Né au château de Chignin, près de Chambéry, il entre à la
Chartreuse près de Grenoble. Il en devient le prieur avant de devenir premier supérieur général
de l’ordre des chartreux, puis en 1163, évêque de Belley dans le Jura français. Dans le même
temps, l’empereur d’Allemagne le fait prince d’Empire. Ses reliques sont conservées à la
cathédrale de Belley.
ANTIDE
(† 465) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 17 juin. Évêque de Besançon, il est martyrisé lors de
l’invasion des Vandales.
ANTOINE LE GRAND
(v. 250-356) ABBÉ – MR 17 janvier**. Ce saint éminemment populaire est égyptien. Il est souvent
accompagné d’un petit cochon, pour rappeler qu’il sait éloigner de lui toute tentation impure. Très
jeune, il répond à l’appel évangélique de renoncement absolu en se retirant dans la solitude de
Thébaïde (désert des environs de Thèbes, en Haute-Égypte). Il y subit de nombreuses tentations,
dont la légende s’est emparée avec complaisance et qu’ont popularisées bien des peintres
(Jérôme Bosch, Bruegel, etc.) ainsi que le poème en prose de Flaubert La Tentation de saint
Antoine. Contre ses tentations, Antoine essaie de lutter en s’enfonçant toujours davantage dans
le désert et le renoncement. Il en sort finalement vainqueur par la prière. L’influence d’Antoine
est, de son temps, considérable et renforcée par le soutien de son ami saint Athanase, évêque
d’Alexandrie. Nombreux sont les autres solitaires qui viennent se mettre sous sa direction. Ainsi
naissent les premiers groupes d’ermites vivant dans une même contrée sous la conduite d’un
abbé ; on les appelle anachorètes, par opposition aux cénobites ou moines vivant ensemble.
Antoine n’hésite pas à quitter un moment sa solitude pour venir à Alexandrie témoigner de sa foi
en Jésus-Christ Fils de Dieu contre l’hérésie arienne. Il est véritablement le fondateur du
monachisme chrétien et plus spécialement d’un type de vie resté en honneur dans certains
monastères orientaux (par exemple au Mont Athos).
La renommée et l’influence du grand ermite s’exercent très loin et très longtemps après sa mort,
en Orient comme en Occident, grâce à la Vie de saint Antoine écrite peu après sa mort par saint
Athanase et aussitôt traduite du grec en latin, qui se répand comme un best-seller.
eLa translation en France des reliques du saint, au XI siècle, à la suite de la conquête arabe de
l’Égypte, accroît sa popularité dans notre pays. L’abbaye de Saint-Antoine, près de
SaintMarcellin (Isère), est édifiée pour les recevoir.
Saint Antoine a longtemps été invoqué pour la guérison de diverses maladies, et spécialement
d’une grave inflammation appelée « feu Saint-Antoine » par rapprochement avec les tentatives du
démon pour entraîner le saint en enfer. Cette maladie suscite la fondation de l’ordre hospitalier
edes Antonins, absorbé par l’Ordre de Malte au XVIII siècle.
La vraie solitude purifie l’âme et l’ouvre grande aux quatre vents de la générosité. La fausse
solitude ferme sa porte à tous les hommes et s’absorbe dans ses niaiseries.
Thomas Merton, à propos de saint Antoine le Grand, Nul n’est une île.ANTOINE DE PADOUE
(1195-1231) PRÊTRE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 13 juin**. Né à Lisbonne, et d’abord
chanoine régulier à Coïmbra, Fernando prend le nom d’Antoine lorsque, changeant d’ordre en
1220, il entre chez les franciscains pour répondre à sa vocation missionnaire. Après un séjour au
Maroc où sa santé ne lui permet pas de rester, il gagne Assise, foyer de la vie franciscaine. Ses
dons d’orateur et de controversiste, sa culture théologique, l’ardeur de sa foi le vouent à une
intense activité de prédication, d’abord en Italie (où déjà il combat l’hérésie cathare), puis, entre
1225 et 1227, dans le Midi de la France (Toulouse, Montpellier, Le Puy, Brive, Limoges) à travers
les régions gagnées par la même hérésie (les Albigeois). Un moment provincial d’Italie du Nord, il
se retire à Padoue où il meurt à 36 ans, ayant acquis une réputation populaire de sainteté qui le
fait canoniser un an plus tard par Grégoire IX. Son tombeau devient immédiatement un lieu de
pèlerinage très fréquenté. En 1946, Pie XII le déclare Docteur de l’Église.
Une tradition populaire le fait invoquer pour retrouver les objets perdus (le mot « épave » vient de
Pave, ancien nom de Padoue), alors qu’il s’est évertué à prêcher contre l’usure et l’avarice !
L’origine de cette pratique se trouve dans l’histoire d’un novice qui avait quitté son couvent en
dérobant le psautier de saint Antoine et qu’une apparition fit revenir avec le psautier.
Saint Antoine est souvent représenté avec l’enfant Jésus, un lys, un livre – symbole de sa
connaissance et de son amour de l’Écriture –, quelquefois aussi avec un âne : la légende affirme
en effet qu’un de ces animaux s’était agenouillé devant le saint Sacrement porté par le saint, alors
que la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie était contestée par un interlocuteur, qui s’était
trouvé ainsi convaincu.
Dérivé : Anthony.
Bienheureux ANTOINE CHEVRIER
(1826-1879) PRÊTRE – MR 2 octobre. Antoine est né le 16 avril 1826, en plein cœur de Lyon, fils
unique de parents chrétiens, de condition modeste, émigrés du Dauphiné. Son père, homme bon
et doux, travaille à l’octroi ; sa mère, ouvrière en soie, exploite un petit atelier à domicile. Elle
nourrit pour son fils unique de grandes ambitions. Elle veut en faire un « Monsieur » et l’élève
avec sévérité dans une conception rigoriste de la religion et de l’éducation. Il fréquente jusqu’à 14
ans l’école des Frères de la doctrine chrétienne de son quartier. Un prêtre de sa paroisse lui
propose alors de s’orienter vers le sacerdoce. Il accepte, malgré la réticence de sa mère, car il
veut devenir un bon prêtre pour les hommes. Il écrit : « Un prêtre est un homme qui sait s’oublier
soi-même, qui sait disposer de tout pour l’Évangile… Pour convertir, il faut la prière, le chemin de
Croix, le bréviaire. Il faut croire que tout est possible, ne jamais se décourager et donner le bon
exemple. » Généreux et dévoué, il se dépense sans compter auprès des jeunes.
Il est attiré par une vie pauvre et modeste, mais souffre de voir que son ministère porte peu de
fruits, se rendant compte que la majeure partie de la population est très éloignée de l’Église et
coupée de la paroisse. Il comprend aussi qu’en raison de la vie qu’il mène au presbytère les gens
du quartier de La Guillotière le considèrent comme un monsieur, donc un étranger. Il découvre la
distance qui sépare l’Église de ce monde des travailleurs né de la révolution industrielle. En mai
1856, des inondations lui montrent toute l’ampleur de la misère et, la nuit de Noël 1856, méditant
sur la pauvreté et l’humilité de Jésus-Christ dans son incarnation, il reçoit la grâce d’entrer plus
profondément dans le mystère du Christ, verbe de Dieu. Il réalise que Dieu, pour sauver
l’humanité, a choisi la pauvreté, le dénuement, l’extrême humilité. Le père Chevrier décide de
prendre ce chemin et de se consacrer à l’annonce de l’Évangile aux plus déshérités.
En 1860, il loue un ancien dancing de quartier, Le Prado, et y organise un centre de catéchèse
des enfants pauvres. Il veut aller plus loin, susciter des prêtres parmi les pauvres, vivre en pauvre
parmi les pauvres. C’est la naissance de la Société du Prado. Il croit que la formation et la
présence d’apôtres pauvres pour les pauvres sont un besoin de l’Église et de son temps, aussi
cherche-t-il toute sa vie à partager cette grâce et à s’associer des prêtres, des frères, des sœurs,des laïcs. Si elle ne compte à sa mort que quatre prêtres et quelques sœurs, la famille du Prado
est, aujourd’hui, présente dans une quarantaine de pays. L’idéal évangélique d’Antoine Chevrier
est exposé dans son livre Le Véritable Disciple de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
54 autres saints et bienheureux portent le nom d’Antoine.
ANTOINE-MARIE CLARET
(1807-1870) ÉVÊQUE – MR 24 octobre*. Né dans une famille pauvre de Catalogne, il exerce
d’abord son ministère dans cette région, notamment par sa prédication et ses écrits. Puis il passe
15 ans aux îles Canaries. À son retour en 1849, il fonde la congrégation des Missionnaires Fils
du Cœur Immaculé de Marie, ou clarétains. La même année, le pape Pie IX le nomme
archevêque de Santiago-de-Cuba où il poursuit une activité inlassable, notamment en faveur des
esclaves noirs, ce qui lui vaut de solides inimitiés et de nombreux attentats. Revenu en Espagne,
il devient le confesseur de la reine Isabelle. Lors de la révolution de 1868, il la suit en France. Il
meurt au monastère cistercien de Fontfroide (Aude).
ANTOINE-MARIE ZACCARIA
(1502-1539) PRÊTRE – MR 5 juillet*. Né à Crémone (Italie), constamment animé par l’amour des
pauvres, il est d’abord médecin, puis devient prêtre. Il s’installe à Milan et fonde les clercs
réguliers de Saint-Paul (religieux soumis à une règle et à des vœux mais vivant dans le monde),
appelés Barnabites parce que le centre de leurs activités se trouve à l’église Saint-Barnabé à
Milan. Ils se consacrent au ministère paroissial, à l’éducation de la jeunesse, à la prédication, aux
missions. Antoine-Marie fonde aussi les Sœurs de Saint-Paul.
ANTOINETTE
(† 1472) RELIGIEUSE– MR 28 février. Devenue clarisse après son veuvage, elle fonde le
monastère du « Corps du Christ » à Florence.
Beaucoup d’Antoinette ont pour patron l’un des saints Antoine.
Dérivé : Antonia.
ANTONIN
(1389-1459) ÉVÊQUE – MR 2 mai. Né à Florence, il entre à 16 ans au couvent des dominicains
où il se lie d’amitié avec Fra Angelico. Il participe au mouvement de réforme de son ordre,
mouvement dit de « l’observance ». Prieur du couvent de Rome, alors que le grand schisme
d’Occident afflige la chrétienté, il manifeste sa fidélité au pape légitime. Il revient à Florence où il
dirige le couvent Saint-Marc à l’époque où son ami Fra Angelico le décore de ses célèbres
fresques. Le pape Eugène IV, qui a apprécié sa sagesse lors du concile de Florence (1439), le
nomme archevêque de cette ville. Il s’y dépense jusqu’à sa mort, à la fois pasteur, réformateur,
prédicateur, canoniste, théologien, directeur d’âmes. On l’appelle Antonin le Conseiller, ou encore
« le protecteur des pauvres ». Sa Somme le situe parmi les grands théologiens moralistes de son
temps.
13 autres saints, dont 10 martyrs des premiers siècles, portent le nom d’Antonin. L’un d’eux est le
patron du diocèse de Pamiers (Ariège) ; ses reliques ont été transportées au monastère de
SaintAntonin-Noble-Val (Tarn-et-Garonne), origine de cette petite ville.
APOLLINAIRE
(† v. 200) ÉVÊQUE – MR 20 juillet*. Venu d’Asie, il évangélise la région de Ravenne, dont il a
epeut-être été le premier évêque. Sa légende, qui remonte au VII siècle, le fait arriver en Italie en
même temps que saint Pierre. Les deux églises Saint-Apollinaire de Ravenne sont célèbres pour
leurs mosaïques byzantines.
Ne pas confondre saint Apollinaire avec saint Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont (voir
Sidoine).Huit autres saints portent le nom d’Apollinaire, dont le patron du diocèse de Valence, frère de
saint Avit (évêque de Vienne à partir de 490).
APOLLINE
(† 249) VIERGE et MARTYRE – MR 9 février. Diaconesse d’Alexandrie, on la martyrise pour la
forcer à adorer les dieux païens. On lui arrache d’abord les dents et, pour éviter de renier sa foi,
elle se jette volontairement dans le bûcher préparé pour elle. Elle a été longtemps invoquée pour
la guérison des maux de dents.
Dérivé : Apollonie.
AQUILA et PRISCILLE
er(I siècle) LAÏCS – MR 8 juillet. Fabricants de tentes, ces époux juifs hébergèrent saint Paul lors
de son séjour à Corinthe (Ac 18, 3).
AQUILIN
(† 695) ÉVÊQUE – MR 19 octobre. Évêque d’Évreux, il devint aveugle. Ses reliques furent
transférées en cette localité lors des invasions normandes.
ARCONCE
(† 745) ÉVÊQUE – MR 10 janvier. Évêque de Viviers, il fut martyrisé.
ARDON
(† 843) ABBÉ – MR 7 mars. Originaire du Languedoc, il fut le compagnon et l’ami de saint Benoît
d’Aniane.
AREY ou ARIGE
er(† 604) ÉVÊQUE – MR 1 mai. Évêque de Gap, il lutte contre les « simoniaques », en particulier
lors du concile de Mâcon, et est l’un des grands pasteurs de son temps.
ARIELLE, voir Eurielle
ARISTIDE
(† 150) MARTYR – MR 31 août. Philosophe d’Athènes converti au christianisme, il écrit à
l’intention de l’empereur Hadrien (117-138) une Apologie du Christianisme qui contribue à adoucir
les persécutions contre les chrétiens. Il serait peut-être mort lui-même martyr.
ARLETTE, voir Charlotte
Bienheureux ARMAND
(† 1164) ÉVÊQUE – MR 23 décembre. De son vrai nom Hartman, il est évêque de Bressanone,
près de Trente en Italie du Nord, et fondateur du couvent de Novacella.
Dérivé : Armande.
ARMAND DE PONTBRIAND
(† 1792) PRÊTRE – MR 2 septembre. Vicaire général d’Arles à 38 ans, il meurt à Paris, victime
des « massacres de septembre » sous l’Assemblée législative.
ARMEL
(† 570) ABBÉ – MR 16 août. Originaire de Grande-Bretagne, il fonde l’abbaye de Plouarzel(Finistère-Nord). Persécuté, il se réfugie à Paris puis revient en Bretagne à l’actuel
Saint-Armeldes-Bochaux (Ille-et-Vilaine). Il fonde le monastère qui donnera naissance à la ville de Ploërmel
(Morbihan), où il finit sa vie. (En breton plo : paroisse, d’où Ploërmel, église ou paroisse d’Armel).
Dérivé : Armelle.
ARNOLD ou ARNOUL
(† 1087) ÉVÊQUE – MR 14 août. Né en Flandre, chevalier devenu moine puis abbé du
monastère Saint-Médard de Soissons et enfin évêque de Soissons en 1080, il fonde un
monastère à Oudenbourg (Belgique) où il finit ses jours. Il est le patron des brasseurs de bière.
ARNOUL ou ARNOULD
(† 640) ÉVÊQUE – MR 18 juillet. Né à Lay-Saint-Christophe (Meurthe-et-Moselle), il est
précepteur du futur roi Dagobert. À 32 ans, bien que laïc et père de famille (il est l’ancêtre des
Carolingiens), il est élu évêque de Metz en 614. En 627, il renonce à l’évêché et se retire au
Saint-Mont près de Remiremont (Vosges).
Bienheureux ARNOULD-JULES RÈCHE
(1838-1890) RELIGIEUX – MR 23 octobre. Frère des Écoles chrétiennes, il marque ceux qu’il
rencontre par sa fidélité à sa vocation dans le détail de sa vie quotidienne.
ARNOULT
(† 535) ÉVÊQUE – Fête loc. 18 juillet. Comte de Reims, il devient évêque missionnaire,
évangélise la région de Tours et meurt à Reims. La tradition rapporte que, conformément au désir
d’Arnoult de reposer à Tours, son cortège funèbre se dirigeait vers Chartres lorsqu’une force
surnaturelle l’arrêta à Hibernes (Rochefort-en-Yvelines). Arnoult fut inhumé à proximité, en un lieu
qui est devenu Saint-Arnoult-en-Yvelines.
ARNOUX
(† 1075) ÉVÊQUE – MR 19 septembre. Né à Vendôme (Loir-et-Cher), il est moine à l’abbaye de
la Trinité, puis évêque de Gap en 1063 et patron du diocèse.
ARSÈNE
(† 450) ERMITE – Fête loc. 19 juillet. Peut-être né à Rome, il aurait été le précepteur des fils de
l’empereur Théodose avant de se retirer pour vivre en ermite en Égypte. Ses maximes et ses
récits édifiants font de lui un des Pères du désert. Il est également connu pour son « don des
larmes », manifestation de repentir du péché.
Deux autres saints portent le nom d’Arsène.
Bienheureux ARTHAUD
(† 1206) ABBÉ – MR 6 octobre. Moine de la chartreuse de Portes, il fonde la chartreuse de
Valromey en Franche-Comté puis devient évêque de Belley.
ARTHÈME
(† 396) ÉVÊQUE – Fête loc. 24 janvier. Légat impérial, il se rendait en Espagne quand la maladie
le fait s’arrêter à Clermont-Ferrand en Auvergne. Il y reste et en devient l’évêque.
Deux autres saints portent ce nom.
Bienheureux ARTHUR
(† 1539) MARTYR – MR 15 novembre. Il meurt à Glastonbury, victime de la persécution
déclenchée par le roi Henri VIII contre ceux qui refusent la séparation entre l’Église d’Angleterreet Rome.
ASSIA, dérivé russe d’Alexia
ASTIER
e(VI siècle) RELIGIEUX – Fête loc. 21 octobre. Né dans une famille païenne et élevé par un
prêtre, il part pour Angoulême où il devient religieux. Il revient se faire ermite près du lieu de sa
naissance, soulageant et guérissant les malheureux. La ville de Saint-Astier (Dordogne) s’est
bâtie au pied de la colline où il vécut.
ATHANASE
(295-373) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 2 mai**. Né à Alexandrie (Égypte) et plus
tard élu patriarche de cette ville (328), il est surtout connu pour sa longue lutte, énergique et
périlleuse, contre la doctrine d’un prêtre originaire d’Alexandrie, Arius, qui niait la divinité du
Christ. Malgré sa condamnation par le concile de Nicée en 325, l’arianisme s’était en effet
rapidement diffusé dans tout le monde chrétien qu’il divisait profondément et dont il mettait en
cause un aspect essentiel de la foi. L’hérésie avait même gagné l’empereur Constantin. À cinq
reprises Athanase est exilé par lui ou par ses successeurs, sans cesser pour autant de proclamer
par la parole et les écrits la divinité du Christ. Il revient définitivement à Alexandrie en 366. Son
action est décisive pour la défense de l’orthodoxie définie par le concile de Nicée contre l’hérésie
arienne. Il laisse une œuvre importante qui en fait l’un des plus illustres Pères grecs de l’Église.
Dans son De Incarnatione, il montre comment la parole de Dieu incarnée dans le Christ restaure
en l’homme l’image de Dieu et comment la mort du Christ détruit la mort conséquence du péché.
Par le soutien qu’il apporte à saint Pacôme et à saint Antoine, il est l’un des promoteurs du
monachisme.
Neuf autres saints portent le nom d’Athanase.
ATTALAS
(† 626) ABBÉ – MR 10 mars. Moine de Lérins, il rejoint saint Colomban à Luxeuil et
l’accompagne dans la fondation de l’abbaye de Bobbio dont il devient l’abbé.
AUBERT
(† v. 725) ÉVÊQUE – MR 10 septembre. Évêque d’Avranches, c’est à lui que l’on doit, à la suite
d’une vision, la construction en 709 d’un premier oratoire en l’honneur de saint Michel sur le mont
Tombe, l’actuel Mont-Saint-Michel.
AUBIN
er(† 554) ÉVÊQUE – MR 1 mars. Né d’une famille noble à Vannes (Morbihan), il se fait moine et
devient abbé du monastère de Tintillac près de Guérande (Loire-Atlantique). Élu malgré lui
évêque d’Angers, en 529, à l’âge de 60 ans, il combat les mœurs dissolues de la noblesse. Après
sa mort, il est très vite honoré comme un saint. Une importante abbaye s’établit autour de son
tombeau.
Dérivé : Albin.
AUBIN
(† 390) ÉVÊQUE – MR 15 septembre. Il fut évêque de Lyon où il construisit l’église
SaintÉtienne.
AUDE
e(VI siècle) RELIGIEUSE – Fête loc. 18 novembre. Originaire de Meaux (Seine-et-Marne), elleappartient au groupe des moniales constitué à Paris par sainte Geneviève.
AUGUSTE
(† v. 560) ABBÉ – MR 7 octobre. Ami de saint Germain de Paris et fondateur du monastère de
Brives, aux portes de Bourges, il était infirme et fut guéri par l’intercession de saint Martin.
Bienheureux AUGUSTE CHAPDELAINE
(1814-1856) PRÊTRE et MARTYR – MR 29 février. Prêtre en 1843, il entre dans la Société des
missions étrangères à Paris. Envoyé en Chine en 1851, il est arrêté avec 25 chrétiens, torturé et
décapité en 1856.
AUGUSTIN D’HIPPONE
(354-430) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 28 août** (en Afrique du Nord***). Né à
Thagaste (actuelle Souk-Ahras) près de Constantine en Algérie, d’une mère chrétienne et d’un
père païen, il fait ses études à Carthage, capitale de l’Afrique romaine, où il mène une vie
dissipée. Il a un fils, Adéodat, de celle qui est restée sa femme pendant 15 ans. Devenu
professeur de rhétorique, il enseigne d’abord à Carthage même, puis à Rome et à Milan. Conquis
puis déçu par le manichéisme, il quitte l’Afrique, devient néo-platonicien puis chrétien grâce à la
prédication du grand évêque de Milan, saint Ambroise, à qui il demande bientôt le baptême. Il le
reçoit en 387 en même temps que son fils Adéodat. Sa mère, sainte Monique, connaît ainsi la
joie de voir récompensée la persévérance de ses prières.
Revenu en Afrique, il vend tous ses biens et s’installe à Thagaste avec quelques chrétiens pour y
mener une vie de prière, de méditation et de pauvreté. L’évêque d’Hippone (près d’Annaba,
exBône, en Algérie) lui confère le sacerdoce à la demande du peuple, lui confie la prédication,
normalement réservée à l’évêque, et en fait bientôt son coadjuteur. Augustin lui succède en 396.
Tout en continuant à mener une vie de religieux, il dirige activement son diocèse. Il ne cesse
jusqu’à sa mort de prêcher, de catéchiser, d’écrire, de correspondre, laissant une considérable
œuvre théologique et spirituelle écrite en latin qui a fait de lui le « Docteur de la Grâce » et l’un
des quatre grands Pères latins de l’Église. Sa lutte contre les hérésies du temps, le manichéisme,
le donatisme et surtout le pélagianisme est à l’origine d’une grande part de son activité de
prédicateur et d’écrivain.
Ses célèbres Confessions relatent son itinéraire spirituel et constituent une véritable hymne de
louange à Dieu. Le De Trinitate chante la prééminence de Dieu en tout, tandis que La Cité de
Dieu (413-426) explique que la chute de l’empire romain devant les barbares n’est pas due à
l’abandon des dieux romains. Augustin meurt tandis que les Vandales assiègent sa ville
eépiscopale d’Hippone. Sur ses ruines est édifiée, à la fin du XIX siècle, une basilique en
l’honneur de saint Augustin.
Dérivé : Augustine.
Voici ce que prescrit l’ordre naturel, voici l’homme tel que Dieu l’a créé. Car il dit : « Qu’il
domine sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et les reptiles qui rampent sur le sol » (Gn
1, 26). II a donc voulu que l’être raisonnable fait à son image ne dominât que sur des êtres
irraisonnables, non pas l’homme sur l’homme, mais l’homme sur la bête.
Saint Augustin, La Cité de Dieu.
Tard je t’ai aimée, beauté si ancienne et toujours nouvelle, tard je t’ai aimée.
Saint Augustin, Confessions.
Si le bienheureux Étienne n’eût pas été soutenu par la pensée de la récompense future,comment aurait-il pu supporter cette grêle de pierres qui pleuvaient sur lui ? Mais il portait gravés
dans son cœur les préceptes de Celui dont il contemplait la présence dans les cieux ; l’amour
dont il était embrasé par Jésus-Christ soulevait son âme au-dessus de la terre ; il désirait se
dépouiller au plus tôt de sa chair, et prendre son essor vers lui.
Saint Augustin, Sermons.
AUGUSTIN DE CANTORBÉRY
(† 604 ou 605) ÉVÊQUE – MR 27 mai*. En 596, alors qu’il est prieur du monastère bénédictin
Saint-André à Rome, le pape Grégoire le Grand l’envoie avec 40 autres moines chez les Angles
(actuelle Angleterre), que les Bretons récusaient comme envahisseurs, pour en entreprendre
l’évangélisation. De passage à Arles, il y est consacré évêque. S’adaptant aux mœurs des
Angles et à leur culture, il donne le baptême au roi de Kent Ethelbert, bientôt suivi de son peuple.
Il est le premier évêque de Cantorbéry dont il bâtit l’abbaye et la cathédrale. Plus tard, Cantorbéry
sera le siège des primats d’Angleterre.
Bienheureux AUGUSTIN THEVARPARAMPIL
(1881-1973) PRÊTRE – MR 16 octobre. Le père Thevarparampil appartient à l’Église catholique
syro-malabare. Il a dédié sa vie aux intouchables, les « dalits », et plus particulièrement aux dalits
chrétiens, car ce sont eux les plus rejetés de tous. Même les dalits hindous rejettent les dalits
chrétiens qui ne reçoivent aucune aide éducative ou professionnelle du gouvernement.
erNé le 1 avril 1891 à Ramapuram, village situé dans l’État du Kerala, il est ordonné prêtre en
1921 mais doit quitter la paroisse de Kadanad et retourner dans son village natal pour raisons de
santé. C’est là, à Ramapuram, qu’il commence son apostolat auprès des intouchables,
analphabètes et souvent astreints à des travaux d’esclaves.
Pour vaincre les préjugés et donner confiance aux dalits qui sont victimes de croyances et de
pratiques superstitieuses, il leur rend visite, les écoute et les réconforte. D’une douceur
imperturbable, il ne se fâche pas quand il se heurte à la contradiction de certains dalits. Il
rencontre aussi de l’opposition à l’extérieur, même auprès de certains chrétiens d’une caste
supérieure, mais il tient bon, car il voit en chacun, même le plus petit, le visage du Christ. C’est
ainsi que, dans l’humilité et une grande disponibilité de cœur et de temps, il vit jusqu’à l’âge de 82
ans, dont 52 années de prêtrise et de mission auprès des dalits. Il est enterré dans l’église de
Ramapuram.
Il peut être considéré comme un modèle en matière de réforme sociale, puisqu’il a fait tout ce qui
était en son pouvoir pour améliorer la condition des personnes les plus marginalisées de la
société indienne.
Il est béatifié le 30 avril 2006 à Ernakulam, en Inde.
AUGUSTIN ZHAO RONG et les 118 martyrs de Chine
(† 1815) MARTYR – MR 9 juillet*. Augustin est soldat au moment de la persécution qui frappe les
communautés chrétiennes. Accompagnant à Pékin un prisonnier, saint Gabriel Dufresne, il est
bouleversé par son comportement et le témoignage qu’il rend au Christ.
Il se fait baptiser à 30 ans et devient prêtre. Il évangélise la province du Sichuan, est à son tour
arrêté et meurt d’épuisement en raison des mauvais traitements qu’il subit en prison. Il est le
premier prêtre chinois martyr.
En le canonisant en octobre 2000, Jean-Paul II l’inscrit en tête de la liste de 120 autres martyrs,
évêques, prêtres, laïcs, religieux et religieuses missionnaires qui ont aussi donné leur vie pour le
Christ en Chine.
16 autres saints ou bienheureux portent le nom d’Augustin.
AURÉLIE ou AURÈLE(† 1027) VIERGE – Fête loc. 15 octobre. Fille de Hugues Capet et sœur du roi Robert le Pieux,
elle préfère le Christ à la vie mondaine. Pour cela elle quitte sa famille et rejoint saint Wolfgang,
évêque de Ratisbonne, qui accepte sa vocation de solitaire et lui fait construire un ermitage. Elle
est vénérée à Strasbourg.
AURÉLIEN
(† 551) ÉVÊQUE – MR 16 juin. Évêque d’Arles, il y fonde un monastère d’hommes.
AURORE, voir Lucie
AUSONE
e(IV siècle) ÉVÊQUE – MR 22 mai. Disciple de saint Martial de Limoges, il est le premier évêque
d’Angoulême. À ne pas confondre avec le poète du même nom.
AUSTREBERTE
(† 704) ABBESSE – MR 10 février. Née en Artois, elle devient abbesse d’Abbeville, puis de
Pavilly, en Normandie.
AUSTREGISILE
(† 624) ABBÉ – MR 20 mai. Moine de l’abbaye de Saint-Nizier de Lyon, il devient par la suite
évêque de Bourges.
AUSTREMOINE
e er(III siècle) ÉVÊQUE – MR 1 novembre. Selon une tradition non confirmée, il serait l’un des
sept premiers missionnaires envoyés par saint Pierre en Gaule où il devient le premier évêque de
Clermont-Ferrand.
AVENTIN
(† 732) MARTYR – Fête loc. 7 juin. Ermite dans les Pyrénées, il est mis à mort par les Sarrasins.
AVIT
(† 518) ÉVÊQUE – MR 5 février. Né à Vienne (Isère), il est le fils d’un sénateur romain qui sera
élu évêque de Vienne vers 475. Veuf à 40 ans, Avit se retire dans un monastère. En 490, il
succède à son père comme évêque de Vienne. Ce grand lettré fut d’abord préoccupé par le sort
des pauvres et par la lutte contre l’arianisme.
AVIT
(† 595) ÉVÊQUE – Fête loc. 21 août. Il est le premier constructeur de la basilique
Notre-Damedu-Port et le maître de saint Grégoire de Tours.
AXEL, AXELLE, voir Alexandre
Bienheureux AYMAR
(† 1242) MARTYR – MR 29 mai. Alors qu’il parcourt les diocèses du Midi de la France avec un
groupe d’inquisiteurs, il est mis à mort par les Albigeois près d’Avignonnet (Haute-Garonne).
AYMERIC, voir ÉmericB
BABOLEIN
(† 677) ABBÉ – Fête loc. 26 juin. Moine de Luxeuil, il est le fondateur de plusieurs abbayes, en
particulier celle de Saint-Pierre (Saint-Maur-les-Fossés) en Île-de-France, dont il est le premier
abbé.
BAIN
(† 710) ÉVÊQUE – Fête loc. 20 juin. Abbé de Fontenelle (Saint-Wandrille) et évêque de
Thérouanne en Artois, il est le patron principal de la ville de Calais.
BAPTISTE, voir Jean le Baptiste
BARBANT, voir Barbe
Le nom de sainte Barbe en Poitou s’est contracté en Barbant et est devenu masculin.
BARBE, voir aussi Viviane
(Dates indéterminées) MARTYRE – MR 4 décembre. On ne sait rien sur elle. Le calendrier
romain la commémore comme vierge et martyre à Nicomédie. Selon la légende, son père l’aurait
enfermée dans une tour pour mettre sa beauté à l’abri des convoitises. Comme elle était
devenue chrétienne dans sa prison, son père la livra au gouverneur. Celui-ci la fit décapiter par
son père lui-même sur qui la foudre tomba immédiatement. C’est pourquoi sainte Barbe est la
patronne de tous ceux qui ont à affronter le feu : artilleurs, artificiers, mineurs, sapeurs-pompiers.
Dérivés : Barbara, Barberine.
BARNABÉ
(† v. 60) APÔTRE – MR 11 juin**. Né dans l’île de Chypre, Joseph, surnommé Barnabé (en
hébreu, fils d’encouragement), ne fait pas partie des douze apôtres, mais l’Église lui en attribue
le titre pour son rôle dans la diffusion de l’Évangile. Un des premiers convertis, il met tous ses
biens à la disposition des apôtres. Il sait discerner la vocation de saint Paul et en favorise la
réalisation en le faisant admettre par les responsables de la jeune Église, alors que la brusque
conversion de cet ancien persécuteur des chrétiens leur paraissait des plus suspectes. Barnabé
accompagne Paul dans ses premières missions chez les païens. Il s’en sépare sur un désaccord
quant à la composition de leur équipe. Il se retire dans son île de Chypre où il serait mort
martyrisé par les juifs. Son tombeau y est conservé (aujourd’hui dans la partie turque de l’île).
BARNARD
(v. 778-842) ÉVÊQUE – MR 22 janvier. Né à Lyon, officier de Charlemagne, il se fait bénédictin
avec le consentement de sa femme. En 810, il devient archevêque de Vienne (Isère). Il meurt à
Romans, dans l’abbaye qu’il a fondée.
BARTHÉLEMY
er(I siècle) APÔTRE – MR 24 août***. Dans la liste des douze apôtres donnée par les trois
évangiles synoptiques, Barthélemy est toujours associé à Philippe. Or, dans l’Évangile de Jean,
on voit Philippe conduire à Jésus un Nathanaël d’abord réticent, puis conquis, qui lui déclare
même : « C’est toi le Fils de Dieu, le roi d’Israël » (Jn 1, 45). Plus loin dans le même évangile, on
evoit Nathanaël figurer parmi les apôtres (Jn 21, 2). C’est pourquoi, à partir du IX siècle, on a
souvent identifié Barthélemy avec ce Nathanaël, originaire de Cana. Selon les évangiles
apocryphes et les diverses légendes, après la Pentecôte, Barthélemy aurait évangélisé soit laPhrygie (Asie Mineure), soit les Indes orientales, soit la Mésopotamie ou la Perse, ce qui rejoint
la tradition de l’Église arménienne. Il serait mort écorché vif. Il est devenu le patron des
bouchers, des tanneurs et des relieurs.
18 autres saints ou bienheureux portent le nom de Barthélemy.
Dérivés : Bartolomé, Nathanaël, Nathanaëlle.
BASILE, ou VASSILI, LE GRAND
(v. 329-379) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 2 janvier**. Il naît à Césarée de
Cappadoce (Asie Mineure) dans une famille qui comptera de nombreux saints : son père, sa
mère, sa sœur, ses deux frères, dont le plus illustre est Grégoire de Nysse. À Athènes où il
termine ses études, Basile se lie d’amitié avec l’un de ses compatriotes, le futur saint Grégoire
de Nazianze, fêté le même jour que lui. Il se retire du monde en même temps que quelques
amis près de Césarée. La communauté qu’il fonde, et surtout les conceptions très équilibrées
qu’il se fait de la vie monastique, exercent à travers sa célèbre règle une grande influence sur le
monachisme tant oriental qu’occidental. À partir de 365, il prend une part croissante dans la lutte
contre l’arianisme, qui est favorisé par l’empereur Valens. Élu évêque de Césarée en 370, il
s’impose face au pouvoir impérial qui persécute les adversaires de la foi arienne. Son œuvre
théologique, très vaste, est dominée par un traité capital sur le Saint-Esprit. Encore aujourd’hui,
les Orientaux célèbrent les dimanches de Carême, la vigile de Pâques et la fête de saint Basile
avec une liturgie qu’il a inspirée. Basile le Grand, son frère Grégoire de Nysse et son ami
Grégoire de Nazianze forment, au sein des Pères grecs de l’Église, le groupe des Pères
cappadociens.
15 autres saints portent le nom de Basile (dont son père, Basile l’Ancien).
Les biens présents, d’où te sont-ils venus ? Si tu dis : du hasard, tu es un athée, car tu ne
reconnais pas le Créateur, et tu ne sais pas gré à celui qui t’a pourvu. Si tu confesses qu’ils
viennent de Dieu, dis-nous la raison pour laquelle tu les as reçus. Est-ce que Dieu serait injuste,
lui qui nous partage inégalement les biens nécessaires à la vie ? Pourquoi es-tu riche et celui-là
pauvre ? Toi qui enveloppes tous tes biens dans les plis d’une insatiable avarice, tu penses ne
faire tort à personne en dépouillant tant de malheureux ? Quel est donc l’avare ? Celui qui ne se
contente pas de ce qui suffit. Quel est le spoliateur ? Celui qui enlève les biens de chacun. Et tu
n’es pas un avare ? Tu n’es pas un spoliateur, toi qui, de biens dont tu as reçu la gestion, fais
ton bien propre ? Celui qui dépouille un homme de ses vêtements aura nom de pillard, et celui
qui ne vêt pas la nudité du malheureux alors qu’il peut le faire, est-il digne d’un autre nom ?
À l’affamé appartient le pain que tu mets en réserve ; à l’homme nu, le manteau que tu gardes
dans tes coffres ; au va-nu-pieds, la chaussure qui pourrit chez toi ; au besogneux, l’argent que
tu conserves enfoui. Ainsi tu commets autant d’injustices qu’il y a de gens à qui tu pourrais
donner.
Saint Basile
Bienheureux BASILE-ANTOINE MARIE MOREAU
(1799-1873) PRÊTRE – MR 20 janvier. Basile-Antoine Moreau naît dans le petit village de
Laigné-en-Belin, près du Mans, le 11 février 1799. Il arrive dans un monde marqué des troubles
engendrés par la Révolution de 1789. En 1835, il rassemble quelques prêtres du diocèse sous le
nom de « prêtres auxiliaires » voués à la prédication de retraites paroissiales. La même année, il
eraccepte la direction des Frères de Saint-Joseph fondés 15 ans auparavant. Le 1 mars 1837, il
joint les prêtres et les frères en un seul groupe, ébauche de l’Association de Sainte-Croix. Les
frères s’adonnent principalement à l’enseignement primaire dans les villages de la région, les
pères à la prédication des retraites paroissiales en lien avec les curés desservants. Cettedécision d’unir les prêtres auxiliaires et les frères donne lieu à un modèle alors inhabituel dans
l’histoire de l’Église. En 1838, l’abbé Moreau donne une règle de vie à un petit groupe de
femmes qu’il a rassemblées et qu’il oriente par la suite vers l’éducation. Dès l’origine, le père
Moreau voit dans cette Association de Sainte-Croix une communauté religieuse apostolique au
service de l’Église, bien au-delà des frontières de son pays. Durant les 15 premières années, il
étend les champs d’apostolat hors de France, dans d’autres pays d’Europe, en Afrique, en
Amérique du Nord et au Bengale-Oriental (Inde). En 1841, un groupe part pour les États-Unis,
en 1847, un autre pour le Canada. Six ans plus tard, Sainte-Croix prend en charge la mission du
Bengale (Bangladesh). Dès 1869, la province des Marianites de l’Indiana acquiert son
autonomie et devient la congrégation des Sœurs de la Sainte-Croix.
L’année 1857 est un sommet dans la vie et dans l’œuvre du père Moreau : le pape Pie IX
approuve officiellement la congrégation de Sainte-Croix (pères et frères). Celle des Marianites
de Sainte-Croix ne recevra son approbation que dix ans plus tard.
Commence alors une douloureuse période pour le fondateur. Dissensions à l’intérieur de la
congrégation, graves déboires financiers, accusations de mauvaises administrations le
conduisent à offrir sa démission de supérieur général au chapitre général de 1860 qui la refuse.
Ce n’est qu’en 1866, après une aggravation des difficultés et des injustices commises à son
endroit, que sa démission est acceptée par le pape.
Rejeté par la communauté qu’il a fondée, le père Moreau se retire. Il passe ses dernières
années à donner des prédications dans les paroisses des environs du Mans. Il tombe malade le
er1 janvier 1873 et meurt 20 jours plus tard. Quelques religieux, des membres du clergé
diocésain et quelques amis assistent aux funérailles du père Moreau. Ce n’est que 20 ans après
sa mort que les supérieurs généraux cherchent à ranimer une dévotion à sa mémoire, alors que
les congrégations qu’il a fondées continuent à se développer et à s’étendre partout dans le
monde.
Il est béatifié le 15 septembre 2007 au Mans.
BASTIEN, voir Sébastien
BATHILDE ou BALTHILDE
(† 680) REINE – MR 30 janvier. Née en Grande-Bretagne, vendue en 641 par des pirates
comme esclave au maire du palais de Neustrie, elle devient reine des Francs en épousant
Clovis II (le premier des « rois fainéants »), fils et successeur du roi Dagobert. À la mort de
Clovis II en 656, elle assure la régence durant la minorité de son fils aîné, Clotaire III.
Entourée de conseillers comme saint Léger et saint Ouen, elle favorise le développement de la
vie monastique, lutte contre la simonie et l’esclavage. À la majorité de Clotaire III, le maire du
palais, Ébroïn, la contraint à se retirer au couvent de Chelles près de Meaux. C’est là qu’elle
meurt à l’âge de 45 ans.
BAUDILE
e(† II siècle) LAÏC – MR 20 mai. Laïc et père de famille, originaire d’Orléans, il est martyrisé à
Nîmes, où il annonçait l’Évangile. Plus de 400 églises lui sont consacrées en France.
BAUDOIN ou BAUDOUIN
(† v. 680) MARTYR – Fête loc. 17 octobre. Frère de sainte Anstrude , il aurait été archidiacre de
Laon et serait mort martyr, assassiné sur les ordres d’Ébroïn, maire du palais de Neustrie.
BAVON
er(† v. 659) ABBÉ – MR 1 octobre. De son vrai nom Allowin, il naquit dans la principauté de
Liège et vécut en ermite dans les forêts. Il a donné son nom à un ancien monastère qui fut àl’origine de la ville de Gand. Il est le patron de ce diocèse ainsi que de celui de Haarlem, aux
Pays-Bas.
BÉAT
e(VII siècle) ERMITE – MR 9 mai. Ermite semi-légendaire, il est considéré comme l’un des
apôtres de la Suisse. Ses reliques sont conservées dans l’église de Saint-Béat
(HauteGaronne), alors qu’il aurait vécu à Vendôme.
Bienheureuse BÉATRICE D’ORNACIEUX
(v. 1260-1309) ABBESSE – MR 25 novembre. Née à Ornacieux (Isère), elle entre en 1273 à la
chartreuse de Parménie. Puis elle fonde un monastère à Eymeux (Drôme) où elle vit dans le
plus total dénuement mais aussi dans de grandes expériences mystiques.
BÈDE LE VÉNÉRABLE
(672-735) PRÊTRE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 25 mai*. Ce bénédictin anglais, appelé «
le Vénérable » par ses contemporains, a laissé des trésors d’érudition : commentaires de la
Bible, théologie, histoire, grammaire, poésie, etc. Son De Temporibus a préparé la décision de
dater tous les événements à partir de l’incarnation du Christ. Mais il est aussi et surtout un
apôtre de l’Eucharistie, incitant à la communion fréquente.
BÉNÉDICTE
(v. 1214-1260) ABBESSE – Fête loc. 16 mars. Elle succède en 1253 à sainte Claire comme
abbesse des clarisses d’Assise au couvent de Saint-Damien.
Beaucoup de Bénédicte ont pour patron saint Benoît ( Benedictus, en latin).
BÉNEZET ou BENOÎT DU PONT
e(1165-1184) BERGER – MR 14 avril. Selon une légende qui remonte au XIII siècle, le berger
Bénezet, ou « petit Benoît », aurait entendu une voix lui commander de construire un pont sur le
Rhône. Il s’agit du pont d’Avignon, qu’il a commencé et qui est appelé de son nom et terminé
après sa mort. Le corps de Bénezet est alors déposé dans une chapelle élevée sur le pont avant
ed’être transféré en l’église Saint-Didier d’Avignon. Depuis le XVIII siècle, il ne reste que quatre
arches du célèbre pont. Bénezet a formé un groupe de Frères pontifes (c’est-à-dire
constructeurs de ponts). Il est l’un des patrons d’Avignon.
BÉNIGNE
e er(III siècle) MARTYR – MR 1 novembre. Le récit de la vie de ce saint dijonnais, rapporté dans
el’Histoire des Francs de saint Grégoire de Tours (VI siècle), est fort sujet à caution. Ce qui est
certain, c’est que son culte s’est répandu très tôt en Bourgogne et à Dijon, dont la cathédrale,
ancienne abbatiale, lui est dédiée. Son tombeau y est conservé et fait l’objet d’un pèlerinage
annuel. Saint Bénigne est le patron du diocèse de Dijon.
BÉNILDE
(1805-1862) RELIGIEUX – MR 13 août. Pierre Romançon naît le 14 juin 1805 à Thuret, dans le
Puy-de-Dôme, en Auvergne. Il est le troisième enfant sur six d’une famille d’agriculteurs. Élève
des Frères des Écoles chrétiennes à Riom, il apprend à les connaître et entre dans la
communauté en 1810. Il prend alors le nom de Bénilde. Il enseigne à Aurillac, Moulins,
Clermont-Ferrand, dirige l’école communale de Billom (Puy-de-Dôme), puis celle de Saugues
(Haute-Loire). Ce pédagogue modeste est un grand éveilleur de vocations sacerdotales et
religieuses. Il est béatifié par le pape Pie XII qui résume sa vie dans la formule : « Il fit les choses
communes d’une manière non commune. » Le pape Paul VI le canonise le 29 octobre 1967.BENJAMIN
(† 422) MARTYR – MR 31 mars. Diacre en Perse, il est torturé et empalé en même temps que
son évêque Abdas, qui avait brûlé un temple païen. Il figure également au calendrier arménien.
BENOÎT D’ANIANE
(v. 750-821) ABBÉ – MR 12 février. Fils d’un comte wisigoth de Maguelonne (dans l’actuel
département de l’Hérault), élevé à la cour de Pépin le Bref et de Charlemagne, il entre à l’abbaye
de Saint-Seine (dans l’actuelle Côte-d’Or). Devenu son abbé et ne parvenant pas à la réformer, il
se retire en 780 dans son pays natal, à Aniane (Hérault), où il fonde bientôt une nouvelle
abbaye. Il lui donne la règle de saint Benoît de Nursie, qui n’était pas encore généralisée. Par la
qualité de sa vie monastique, le nombre de ses moines et son rayonnement, cette abbaye
devient la première de l’empire carolingien. Avec l’aide de Charlemagne et de son fils et
successeur Louis le Pieux, Benoît d’Aniane multiplie les fondations d’abbayes (Orléanais,
Touraine, Limousin, Berry, Auvergne, Albigeois, Languedoc, etc.) et s’emploie à les faire vivre
selon la lettre et l’esprit de la règle bénédictine. Il parvient ainsi à rénover une vie monastique qui
en avait grand besoin. Aussi, en 817, le concile d’Aix-la-Chapelle (capitale de l’empire
carolingien) impose-t-il les coutumes d’Aniane à tous les monastères de l’empire. En outre, Louis
le Pieux installe Benoît à proximité d’Aix-la-Chapelle, à Inden, afin d’assurer l’unité d’observance
des monastères à travers l’empire. Benoît y rédige un Codex regularum et une Concordia
regularum qui contribueront à répandre et soutenir l’esprit de réforme. Mais après sa mort,
celuieci se relâche et il faudra la réforme apportée par l’abbaye de Cluny au X siècle pour donner un
nouveau souffle à la vie monastique.
BENOÎT DE NURSIE
(v. 480-547) ABBÉ – MR 11 juillet** (Europe***). Appelé « le patriarche des moines de l’Occident
», il est né à Nursie, en Ombrie (Italie). Après l’étude des belles-lettres et du droit à Rome, il se
retire dans une grotte de la montagne près de Subiaco, non loin de Rome, pour y vivre sous le
regard de Dieu. Sollicité par des moines pour devenir leur supérieur, mais ne parvenant pas à
les réformer, il retourne dans sa grotte où affluent à nouveau des disciples. Il fonde alors douze
petits monastères de douze moines. Vers 529, il vient s’installer avec un petit groupe de moines
dans l’ancienne forteresse du Mont-Cassin, entre Naples et Rome. Bientôt, il bâtit une grande
abbaye, appelée à un rayonnement considérable. Il lui donne une règle brève, souple et pleine
de sagesse, basée sur la prière, le travail, l’amour fraternel, la pauvreté, l’obéissance,
l’hospitalité, sous la direction d’un abbé (abba, père). C’est l’origine de l’ordre de saint Benoît
(OSB), ou bénédictins. La plupart des ordres monastiques d’Occident se sont inspirés de cette
règle. Benoît meurt au Mont-Cassin. Ce couvent ayant été détruit par les Lombards en 580, les
bénédictins français de Fleury-sur-Loire (actuellement Saint-Benoît-sur-Loire) viennent en 703
chercher dans les ruines le corps de saint Benoît qu’ils ramènent dans leur couvent et qu’ils
inhument le 11 juillet, désormais date de la fête du saint. Toutefois, les moines du Mont-Cassin
continuent de célébrer sa fête le 21 mars, date de son décès. En 1964, Paul VI proclame Benoît
patron de l’Europe pour avoir apporté à ce continent le progrès chrétien par la croix, le livre et la
charrue. Il est le patron des spéléologues, des architectes, des agriculteurs, des cavaliers, des
conducteurs de machines.
23 autres saints portent le nom de Benoît.
Quoi de plus doux, frères très chers, que cette voix du Seigneur qui nous invite. Voici que le
Seigneur lui-même en sa tendresse nous montre le chemin de la vie.
Saint Benoît, Règle.BENOÎT-JOSEPH LABRE
(1748-1783) LAÏC – MR 16 avril. Il est né à Saint-Sulpice d’Amettes, près de Boulogne-sur-Mer
(Pas-de-Calais). Ayant successivement cherché sa voie chez les chartreux, les trappistes et les
cisterciens, il décide, à 24 ans, de suivre une vocation de pèlerin perpétuel et de mendiant,
parcourant l’Italie, l’Allemagne, la Pologne. Après une vie d’errance, de contemplation devant le
Saint-Sacrement, de prière et de dénuement volontaire, il meurt à Rome à 35 ans. Il est le
patron des personnes déplacées et des gens inadaptés.
BENOÎT MENNI
(1841-1914) RELIGIEUX – MR 21 novembre. Il est italien. Après avoir été brancardier à la
bataille de Magenta, il entre à 19 ans chez les Frères de Saint-Jean-de-Dieu, restaure l’ordre en
Espagne et l’étend au Portugal et au Mexique. Il fonde la congrégation des Sœurs hospitalières
du Sacré-Cœur de Jésus qui se consacrent aux malades mentaux. Il meurt à Dinan le 24 avril
1914 et est canonisé le 21 novembre 1999.
BERCAIRE
(† 685) ABBÉ – MR 26 mars. Moine de Luxeuil, puis abbé d’Hautvillers en Champagne, il fonde
le monastère de Moutier-en-Der où il meurt assassiné par un moine durant la célébration de la
Cène du jeudi saint. « Il rejoint le ciel le jour de la Résurrection », écrit le Martyrologe romain.
BÉRENGER
(† 1093) MOINE – MR 26 mai. Originaire de Toulouse, il entre au monastère bénédictin de
Saint-Papoul (Aude), où il vit dans sa communauté avec une grande patience et une grande
charité.
Dérivé : Bérengère.
BÉRÉNICE, voir Véronique
BERNADETTE SOUBIROUS
(1844-1879) MONIALE – MR 18 février (en France*). Née à Lourdes (Hautes-Pyrénées) dans
une famille pauvre d’anciens meuniers, cette petite fille ignorante et illettrée est témoin, à l’âge
de 14 ans, en 1858, de 18 apparitions de la Vierge Marie. Elles se produisent dans une grotte,
au bord du Gave de Pau, au lieu-dit Massabielle. Pressée de questions par son curé, Bernadette
se hasarde à demander à la « dame » qui lui apparaît qui elle est : « Je suis l’Immaculée
Conception », répond en patois béarnais la Vierge lors de sa seizième apparition, sans que
Bernadette comprenne le sens de ces mots. L’événement paraît alors d’autant plus saisissant
que le dogme de l’Immaculée Conception a été défini quatre ans plus tôt par le pape Pie IX. Le
jaillissement d’une source ajoute à l’extraordinaire de l’apparition. Après une longue enquête
chargée de soupçons, l’évêque se décide à construire l’église souhaitée par la Vierge. À l’âge de
22 ans, Bernadette entre au noviciat des Sœurs de la Charité à Nevers. C’est là qu’elle meurt, à
l’âge de 35 ans, après avoir connu beaucoup d’humiliations et d’incompréhension. Elle est
canonisée sous son nom de religieuse, Marie-Bernard, en 1933. Lourdes attire très vite les
foules, notamment les malades. De nombreuses guérisons s’y produisent. C’est aujourd’hui le
premier sanctuaire marial en Europe par la fréquentation. Le tombeau de Bernadette à Nevers
est lui aussi un centre de pèlerinage. Elle est la première sainte dont on ait eu la photographie,
prise par l’abbé Bernardou en 1862.
BERNARD DE CLAIRVAUX
(1090-1153) ABBÉ et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 20 août**. Né au château de Fontaine-lès-Dijon (Côte-d’Or) dans une famille noble, il commence, à la mort de sa mère, une évolution
spirituelle qui le conduit à 22 ans à l’abbaye de Cîteaux où il entraîne avec lui 30 compagnons.
L’abbaye, dirigée par Étienne Harding, est le foyer d’une réforme profonde de l’ordre bénédictin,
marquée par une grande austérité : ce sont les débuts de l’ordre cistercien. Après trois années
passées dans la prière, l’étude et des mortifications qui ruineront à jamais sa santé, Bernard est
envoyé en 1115 fonder une abbaye à Clairvaux (près de Bar-sur-Aube, dans l’Aube). Sous son
impulsion, elle prend très vite un développement considérable et essaime 160 filiales. Sans
cesse déchiré entre sa vocation contemplative et les charges impératives qui lui incombent,
Bernard doit, jusqu’à sa mort, déployer une activité intense. Animateur de son ordre et grand
fondateur d’abbayes, prédicateur, théologien et auteur spirituel, il est aussi le conseiller
recherché et écouté des évêques, des papes et des princes. Il est sans cesse sur les routes
d’Europe et entretient une active correspondance avec tous les grands de son époque. C’est lui
qui, à Vézelay, prêche la seconde croisade (qui fut d’ailleurs un échec). Sa pensée, sa
spiritualité, son souci de rigoureuse orthodoxie exercent leur influence à travers tout l’Occident. Il
arbitre les conflits, combat les hérésies et les divisions au sein de l’Église, défend
l’indépendance de celle-ci vis-à-vis des princes, s’élève contre les évêques et les abbayes
(notamment Cluny) trop attachés au pouvoir ou à l’avoir, dénonce les abus de Rome. L’impulsion
qu’il donne à son ordre cistercien se prolongera à travers les siècles par l’activité des « moines
blancs », défricheurs, agriculteurs, bâtisseurs, et surtout témoins d’une vie donnée à Dieu dans
la prière et la pauvreté. Bernard, qui n’a jamais ménagé une santé chancelante, meurt, épuisé,
dans son abbaye de Clairvaux. C’est le véritable fondateur de l’ordre des cisterciens.
Saint Pierre et saint Paul étaient hommes et pécheurs, et grands pécheurs ; ils purent
apprendre en eux-mêmes et par eux-mêmes qu’ils devaient être comparés aux autres pécheurs
et mêlés à eux. Ceux qui ont commis de grandes fautes donneront en effet le pardon plus
facilement aux grandes fautes et, selon la mesure dont on s’est servi à leur égard, ils sauront
nous mesurer à notre tour. Il convenait que fussent donnés au genre humain de tels pasteurs et
docteurs : à la fois doux et puissants, et sages aussi…
Saint Bernard, Sermon pour la fête des saints Pierre et Paul.
BERNARD DE MENTHON ou DEMONT-JOUX
e(† 1081) RELIGIEUX – MR 15 juin. Né au début du XI siècle au château familial de Menthon
(actuellement Menthon-Saint-Bernard), sur les bords du lac d’Annecy, il refuse le mariage que lui
a préparé son père pour devenir chanoine régulier d’Aoste. Chargé de l’aide aux pèlerins, il
fonde les hospices des cols du Grand et du Petit-Saint-Bernard pour subvenir aux besoins des
voyageurs et des pèlerins qui franchissent les Alpes. Il y installe des chanoines réguliers suivant
la règle de saint Augustin : c’est l’origine de la congrégation hospitalière du
Grand-SaintBernard. Il meurt à Novare (Italie), au cours d’un voyage, où se trouve toujours son tombeau.
Pie XI le proclame patron des skieurs et des alpinistes en 1923.
23 autres saints et bienheureux portent le nom de Bernard, dont saint Bernard d’Abbeville (†
1117) et saint Bernard de Rodez.
BERNARDIN DE SIENNE
(1380-1444) PRÊTRE – MR 20 mai*. Entré chez les Frères mineurs (franciscains), il se révèle
un prédicateur coloré, enflammé, infatigable. Élu vicaire général des couvents italiens, il les
réforme et multiplie les maisons. Déchargé de sa responsabilité, il reprend ses prédications et
propage la dévotion au saint nom de Jésus, symbolisé par les trois lettres IHS, initiales de
l’expression latine Iesus Hominum Salvator (Jésus sauveur des hommes).
Ce culte pour des initiales le fait un moment accuser d’hérésie. Il meurt le 20 mai 1444.Comment un esprit clairvoyant peut-il penser que l’Esprit Saint ait uni d’une union si étroite à
l’âme d’une Vierge si grande quelque autre âme, sans que celle-ci lui fût très semblable par la
pratique des vertus ? Je crois donc que saint Joseph fut le plus pur des hommes en virginité, le
plus profond en humilité, le plus ardent en amour de Dieu et en charité, le plus élevé en
contemplation.
Saint Bernardin de Sienne, Sermon sur saint Joseph.
BERNON
(† 1054) ABBÉ – MR 19 juillet. Il est le fondateur de Cluny et de nombreuses abbayes.
BERTAUD
(† 540) ERMITE – Fête loc. 16 juin. Il fut ermite dans les Ardennes françaises, à
ChaumontPortien.
eUn autre Bertaud (VII siècle – Fête 13 octobre) fut évêque de Cambrai.
BERTHE
(† 725) ABBESSE – MR 4 juillet. Veuve, elle fonde en 686 l’abbaye de Blangy en Artois, où elle
se retire avec ses filles Gertrude et Deotila.
BERTHE
e(VII siècle) MARTYRE – Fête loc. 11 mai. Épouse en secondes noces du prince Gombert, elle
décide avec lui de vivre dans la continence. Gombert part évangéliser la Frise où il meurt martyr.
Berthe fonde une abbaye à Avenay, près de Reims, et lui consacre tous ses biens. Les fils de
son mari, furieux, l’assassinent.
En 950, les corps de Gombert et de Berthe sont réunis à Avenay. Les deux saints y sont vénérés
comme martyrs.
Trois autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Berthe.
Bienheureux BERTHOLD
(† 1195) MOINE – MR 29 mars. Étudiant à Paris, il part à la croisade. Devenu moine du
MontCarmel, il y est nommé supérieur. Il est considéré comme fondateur de l’ordre du Carmel.
BERTILLE
(† v. 705) VIERGE – MR 5 novembre. Moniale du monastère de Jouarre, près de Meaux
(Seineet-Marne), elle est appelée par sainte Bathilde (femme de Clovis II) comme première abbesse de
Chelles, non loin de là, vers 670.
Bienheureux BERTILON
(† 888) ABBÉ – Fête loc. 26 mars. Il fut abbé de Saint-Bénigne à Dijon et martyr.
BERTIN
(† 698) ABBÉ – MR 5 septembre. Il fut moine de Luxeuil puis abbé de Sithin en Artois, dont
l’abbaye prit plus tard son nom.
BERTRAND DE COMMINGES
(v. 1050-1123) ÉVÊQUE – MR 16 octobre. Né à L’Isle-Jourdain (Gers), apparenté aux comtes
de Toulouse et à Robert le Pieux, il est évêque de Comminges vers 1073. Il redonne vie à cetteville détruite par les barbares et abandonnée depuis 585 (actuellement Saint-Bertrand-de
Comminges, Haute-Garonne). Il réforme son diocèse et organise sa protection contre les
incursions maures. Il est invoqué pour la paix dans les familles.
Bienheureux BERTRAND DE GARRIGUES
(† 1230) RELIGIEUX – MR 6 septembre. Né à Garrigues (Gard), il est l’un des premiers
compagnons de saint Dominique. C’est lui qui fonde à Paris, en 1217, le couvent dominicain
eSaint-Jacques (actuellement 20, rue des Tanneries, Paris 13 ). En 1221, il est prieur provincial à
Toulouse. Il meurt en 1230 à l’abbaye cistercienne du Bouchet, près d’Orange, où il était venu
prêcher aux moines.
BETTINA ou BETTY, voir Élisabeth
BEUVE
e(VII siècle) ABBESSE – Fête loc. 24 avril. Elle fut abbesse du monastère de Saint-Pierre à
Reims, fondé par saint Baldéric.
Bienheureuse BIENVENUE
(† 1292) VIERGE – MR 30 octobre. Tertiaire dominicaine originaire de Vénétie, elle est la
dernière de sept filles et ses parents l’appelèrent pour cette raison Bienvenue. Elle passe sa vie
au service de sa famille, se souciant du bien-être de ses parents avec une infinie patience. Son
culte est confirmé en 1765.
BILLY, voir Guillaume
BLAISE
e(IV siècle) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 3 février*. D’abord évêque de Sébaste en Arménie, il se
retire ensuite en un lieu isolé. Sommé de sacrifier aux idoles, il refuse, est torturé puis décapité.
Sa légende le présente comme un saint très populaire : les chrétiens de son diocèse mais aussi
les animaux sauvages venaient se faire bénir dans sa grotte. On lui prête beaucoup de miracles,
notamment la guérison d’un enfant mourant étouffé par une arête de poisson. Au cours de son
martyre, il aurait été déchiré avec des peignes de fer. Pour ces diverses raisons, il est le patron
des animaux, des cardeurs, et on l’invoque pour la guérison des maux de gorge.
Quatre autres saints, dont trois martyrs des premiers siècles, portent le nom de Blaise.
BLANCHE, voir Candide
BLANDINE
(† 177) MARTYRE – MR 2 juin (en France*). Cette esclave de 18 ans fait partie du groupe des
48 martyrs de Lyon dont l’histoire nous est bien connue par la lettre circulaire adressée aux
Églises d’Asie par les Églises de Lyon et de Vienne aussitôt après l’événement. Cette lettre a
peut-être été rédigée par saint Irénée, successeur de saint Pothin, évêque de Lyon, martyrisé en
même temps que Blandine. Celle-ci est d’abord torturée sans qu’on obtienne d’elle une
renonciation à sa foi et exposée aux bêtes féroces sans qu’aucun animal la touche. On la fait
alors assister, plusieurs jours durant, au supplice de ses compagnons dans l’amphithéâtre : elle
les exhorte à rester fidèles à leur foi. Le dernier jour des jeux du cirque, on la livre enserrée dans
un filet à un taureau furieux, puis on l’égorge. Après avoir brûlé son corps, on jette ses cendres
dans le Rhône. Elle est fêtée en même temps que saint Pothin et leurs compagnons martyrs.
BOGDAN MANDIC ou frère LEOPOLDO DE CASTELNOVOBOGDAN MANDIC ou frère LEOPOLDO DE CASTELNOVO
(1866-1942) PRÊTRE – MR 30 juillet. Né en Croatie, il est canonisé le 16 octobre 1983.
BOHAIRE
(† 623) ÉVÊQUE – MR 2 août. Ermite près de Blois, il devint évêque de Chartres.
BONAVENTURE
(1221-1274) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 15 juillet**. Giovanni Fedanza, né près
de Viterbe, en Italie, vient étudier les lettres et la théologie à Paris. Puis il entre chez les Frères
mineurs (franciscains), prenant alors le nom de Bonaventure. En 1257, à 36 ans, il est élu
ministre général de son ordre. Il lui faut jouer un rôle ardu de pacificateur entre les deux
tendances qui divisent gravement les franciscains : l’une en faveur d’une adaptation aux
conditions du temps, l’autre, celle des « spirituels », intransigeante dans la fidélité aux
dispositions prises à l’origine par saint François. Bonaventure écrit de nombreux ouvrages de
théologie et de spiritualité, qui lui valent le titre de « docteur séraphique ». À l’encontre de saint
Thomas, il pense que la raison permet de démontrer la création du monde par Dieu. Sa
théologie a pour fondement l’illumination mystique chrétienne. Ses idées, qui connaissent un vif
esuccès au XIII siècle, seront pour une part éclipsées par l’aristotélisme thomiste au siècle
suivant. En 1273, il est nommé cardinal et évêque d’Albano. À ce titre, il prend part en 1274 au
concile de Lyon qui parvient à réconcilier provisoirement orthodoxes et catholiques. Mais,
épuisé, il meurt pendant le concile, à 53 ans. Son tombeau se trouve dans l’église
SaintFrançois à Lyon.
BOND
(† 552) ERMITE – Fête loc. 7 novembre. Converti par saint Arthème, il se fait ermite. Il est
vénéré à Sens en Bourgogne.
BONIFACE
(v. 673-754) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 5 juin**. Né en Grande-Bretagne, Wynfrith entre chez
les bénédictins. Son esprit missionnaire le conduit en Germanie évangéliser les Saxons. Un
moment avec saint Willibrord, puis seul, il parcourt le pays, évangélisant les païens et
commençant à fonder des abbayes.
Le pape Grégoire II, qui lui a déjà donné le nom de Bonifacius (qui a bon visage) en référence à
un martyr romain, le sacre évêque à Rome. Retourné en Allemagne, il multiplie les fondations de
monastères avec le concours de moines et de moniales venus d’Angleterre. En 732, Grégoire III
le nomme archevêque de Germanie, avec mission d’établir un réseau d’évêchés. Boniface les
confie à des moines. Dès 740, il peut tenir le premier synode de Germanie. En 744, il fonde
l’abbaye de Fulda, qui deviendra le centre de la vie religieuse allemande. En 747, le siège de
son archevêché est fixé à Mayence. À la mort de Charles Martel, Pépin le Bref et Carloman le
sollicitent afin d’organiser l’Église franque. Il réunit plusieurs synodes dans ce but. En 751, à
Soissons, il sacre Pépin roi des Francs, confirmation solennelle de l’avènement de la dynastie
carolingienne. Toujours dévoré d’un zèle missionnaire, il repart évangéliser les païens frisons
(nord des Pays-Bas). Il se fait massacrer en même temps que ses 52 compagnons. Son corps
est ramené à Fulda qui devient un haut lieu du christianisme allemand. Boniface est souvent
désigné comme l’apôtre de la Germanie. Il est aussi l’un des patrons de la Grande-Bretagne.
BONIFACE DE SAVOIE
(† 1270) ÉVÊQUE – MR 4 juillet. Fils du comte de Savoie, il est évêque de Belley puis
archevêque de Cantorbéry. Il est inhumé à l’abbaye de Hautecombe en Savoie.
Douze autres saints portent le nom de Boniface.BONNET
(† 710) ÉVÊQUE – MR 15 janvier. Chancelier de France, il devient évêque de Clermont en
Auvergne et meurt à Lyon au retour d’un pèlerinage. Paris l’honore sous le nom de saint Bon.
BRÉVIN
(† 762) ÉVÊQUE – Fête loc. 24 août. Né en Saxe dans une famille chrétienne, il fait des études
de lettres puis vient en Angleterre étudier les sciences. Redevenu moine, il est élu en 759
archevêque de Cantorbéry.
BRIAC
(† 627) ABBÉ – Fête loc. 17 décembre. Ce serait un moine irlandais, compagnon de saint
Tugdual. Il aurait fondé une abbaye au lieu devenu Bourbriac (Côtes-d’Armor), dont l’église
econserve un mausolée du XVI siècle en son honneur et où des pèlerins viennent l’invoquer
contre les maladies nerveuses (procession le jour de l’Ascension).
Bienheureux BRIAN ou BRYAN
(1591) MARTYR – MR 10 décembre. Anglais, il est martyrisé pour sa foi et sa fidélité à l’Église
catholique romaine au temps de la persécution anticatholique en Grande-Bretagne.
BRICE
(† v. 444) ÉVÊQUE – MR 13 novembre. Connu pour son tempérament excessif, ce disciple de
saint Martin, avec lequel il a d’ailleurs des relations passablement orageuses, lui succède
cependant comme évêque de Tours en 397. Mais victime de graves accusations, il est obligé de
rester sept ans à Rome pour se justifier. Lorsqu’il reprend sa charge, c’est un homme
transformé, devenu d’une sainteté extraordinaire.
BRIEUC
er(† 500) ABBÉ et ÉVÊQUE – MR 1 mai. Né au pays de Galles, il aurait été converti au
christianisme par saint Germain d’Auxerre et l’aurait suivi en Gaule où il aurait été ordonné
prêtre. Revenu dans son pays, il en aurait été chassé par une invasion saxonne. Réfugié en
Armorique, il y aurait fondé un monastère qui serait à l’origine de la ville de Saint-Brieuc
(Côtesd’Armor) et aurait évangélisé le pays.
BRIGITTE DE SUÈDE
(1303-1373) RELIGIEUSE – MR 23 juillet* (en Europe***). Née dans une noble famille suédoise
et mariée très jeune, elle a huit enfants (dont sainte Catherine de Suède). Au retour d’un
pèlerinage à Compostelle, elle et son époux décident d’embrasser la vie religieuse. Brigitte est
bientôt veuve. Dans sa vie de prière et de pauvreté, ses méditations se traduisent par une
abondante œuvre spirituelle qui, connue sous le nom de Révélations, la rendront célèbre. Les
plus réputées se rapportent à la passion du Christ, au jugement dernier, à l’enfer. Comme
Catherine de Suède, Brigitte presse les papes d’Avignon de regagner Rome. Vers 1363, elle
fonde l’ordre du Saint-Sauveur. Elle meurt à Rome au retour d’un pèlerinage en Terre sainte et
sa fille Catherine prend sa suite à la tête de la nouvelle congrégation. Elle est la patronne de la
Suède.
e e erUne autre sainte Brigitte ou Brigide ( V -VI siècle – Fête loc. 1 février) est la patronne de
l’Irlande.
Après la Bible, n’ayez rien de plus cher que la lecture de la vie des saints.Sainte Brigitte
BRUNO DE HARTENFAUST
(v. 1030-1101) PRÊTRE – MR 6 octobre*. Né à Cologne dans une famille noble et ordonné
prêtre, il est d’abord chanoine dans sa ville natale. Puis il vient à Reims enseigner les sciences,
les lettres et les Écritures. Un de ses élèves, Eudes de Châtillon, deviendra le pape Urbain II. Un
moment retiré à l’abbaye de Molesmes, il est encouragé par son fondateur, saint Robert, dans
son aspiration à une vie d’ermite propice à la recherche de Dieu. En 1084, avec six compagnons
conduits par l’évêque de Grenoble, saint Hugues, il s’établit dans le massif montagneux, alors
sauvage, de la Chartreuse. Bientôt s’y élève un monastère dont les moines vivent isolés dans
des demeures individuelles. Ils y mènent une existence austère et laborieuse, ne se réunissant
que pour l’office. Le couvent de la Grande-Chartreuse est la première fondation de l’ordre des
chartreux. Quatre ans plus tard, le pape Urbain II, son ancien élève, l’appelle et sollicite ses
conseils sur les réformes à entreprendre dans l’Église. Mais Bruno ne pense qu’à reprendre sa
vie d’ermite. En 1092, il se retire à La Torre, en Calabre. Il meurt neuf ans plus tard dans une
chartreuse filiale de La Torre. Saint Bruno n’est pas l’auteur de la règle des chartreux, mais
celle-ci est fidèle aux orientations qu’il a données à l’ordre.
Cinq autres saints portent le nom de Bruno.C
CALAIS
e er(VI siècle) ERMITE – MR 1 juillet. Né à Riom (Puy-de-Dôme) dans une famille riche et
cultivée, il vient vivre en ermite dans la région du Perche. Ses reliques sont conservées dans
l’église de Saint-Calais (Sarthe).
erCALIXTE ou CALLISTE I
(† 222) PAPE et MARTYR – MR 14 octobre*. Ancien esclave chrétien, il est d’abord diacre du
pape Zéphyrin et chargé à ce titre de l’organisation des cimetières chrétiens romains : c’est à lui
que l’on doit les catacombes Saint-Calixte, premier cimetière chrétien officiel.
Élu pape en 217, il a le souci d’adapter l’Église aux conditions de son époque, notamment en ce
qui concerne le pardon à accorder aux anciens apostats, les lapsi (qui ont renié leur foi sous la
torture ou la menace). Il est dès lors l’objet des très vives attaques d’un grand théologien,
Hippolyte, qui n’hésite pas à se dresser en antipape en se faisant élire par des dissidents.
Calixte aura également à faire face aux accusations du théologien Tertullien. Contre l’hérésie
sabellianiste, Calixte définit l’unité divine et la distinction entre le Père et le Fils. Il reconnaît la
validité du mariage entre femmes libres et esclaves.
Il meurt probablement au cours d’une émeute antichrétienne.
Credo quia impossibile – Je crois parce que c’est impossible.
Tertullien, De Carne Christi.
CAMILLE DE LELLIS
(1550-1614) PRÊTRE – MR 14 juillet*. Né à Chieti dans les Abruzzes (Italie), il est d’abord
soldat et passionné de jeu. Converti, il se fait franciscain et devient infirmier à Rome. Devant le
spectacle de la situation lamentable des malades dans les hôpitaux, il crée en 1582 l’ordre des
Clercs réguliers pour les malades, appelés couramment Camilliens. Leur signe distinctif est une
croix rouge sur leur habit noir. Sur le conseil de Philippe Néri, il devient prêtre en 1584. Le pape
Léon XIII le déclare protecteur, avec saint Jean de Dieu, des infirmes, des infirmiers et
infirmières et des hôpitaux.
Trois autres saints ou bienheureux et trois saintes ou bienheureuses portent le nom de Camille,
dont une martyre d’Auxerre (fête loc. 26 novembre).
CANDIDE
(Premiers siècles) MARTYRE – MR 3 octobre. Cette jeune Romaine fut martyrisée sur la voie
d’Ostie. Ses reliques sont à Sainte-Praxède de Rome.
Dérivé : Blanche.
CANNAT
e(V siècle) ÉVÊQUE – Fête loc. 19 octobre. Fils d’un consul d’Aix, il aurait vécu dans la solitude
sur le territoire de la commune actuelle de Saint-Cannat (Bouches-du-Rhône). Il aurait été
évêque de Marseille, mais la liste épiscopale de ce diocèse ne le mentionne pas.
CANUT ou KNUT
(1040-1086) MARTYR – MR 10 juillet. Ce roi du Danemark a une carrière politique
passablement mouvementée. Profondément chrétien, il soutient de tout son pouvoir lesprescriptions ecclésiastiques, non sans soulever bien des oppositions. Il est tué au cours d’un
soulèvement aristocratique. Il est le patron du Danemark.
Un autre Canut ou Knut, assassiné en 1171, neveu du précédent, a également été canonisé
(fête loc. 7 janvier).
CAPRAIS
er(† 430) ABBÉ – MR 1 juin. Il fut d’abord ermite dans l’île de Lérins en Provence. Il aurait
succédé comme abbé à saint Honorat, fondateur de la célèbre abbaye.
CAPRAIS
(† 303) MARTYR – MR 20 octobre. Honoré dans le Midi de la France, il aurait été martyrisé à
Agen, stimulé par le courage de sainte Foy.
CARINE ou CARINAS
e(IV siècle) MARTYRE – Fête loc. 7 novembre. Elle fut probablement martyrisée avec son mari
et son fils au lieu où se trouve aujourd’hui Ankara (Turquie), sous le règne de Julien l’Apostat.
CARL, CARLOS, voir Charles
Bienheureux CARLOMAN
(† 755) MOINE – Fête loc. 17 août. Fils aîné de Charles Martel, il est roi d’Austrasie. Il aide saint
Boniface dans l’évangélisation de l’Allemagne. Sur le conseil de ce dernier, il abdique en faveur
de son frère Pépin le Bref et se fait moine, d’abord au mont Sorocte puis au mont Cassin, où il
devient berger.
Bienheureuses CARMÉLITES DE COMPIÈGNE
(† 1794) MARTYRES – MR 17 juillet. Ce sont 16 religieuses du carmel de Compiègne,
guillotinées à Paris, pendant la Terreur révolutionnaire.
CARMEN
Prénom espagnol donné en référence à Notre-Dame du Mont-Carmel , laquelle est fêtée au
calendrier romain le 16 juillet. Ce culte est lié à la spiritualité carmélitaine, dont l’ordre des
carmes et carmélites est le foyer.
Bienheureux CARMES (Martyrs des)
(† 1792) MARTYRS – MR 2 septembre. Ce groupe de 191 martyrs est mis à mort le 2
septembre 1792 (« massacres de septembre »), durant la Révolution française, parce qu’ils
refusent de prêter le serment de la Constitution civile du clergé. 120 ecclésiastiques sont tués
dans l’église des carmes à Paris (aujourd’hui près de l’Institut catholique). D’autres le sont à
l’abbaye Saint-Germain-des-Prés et d’autres encore là où ils étaient emprisonnés. Ils sont tous
béatifiés en 1926.
CAROLE, CAROLINE, voir Charlotte
CASIMIR
(1458-1484) ROI – MR 4 mars*. Fils du roi de Pologne Casimir III, il naît au palais royal de
Cracovie. Surnommé « frère et défenseur des pauvres », fuyant les honneurs et ayant fait vœu
de virginité, il mène une vie austère et pieuse. Il meurt de phtisie à 25 ans. Il est le patron de la
Pologne et de la Lituanie.Rien ne fait plus d’honneur aux grands que d’honorer Jésus-Christ dans la personne des
pauvres.
Saint Casimir
CASSIEN
(† v. 300) MARTYR – MR 13 août. Il est connu par le récit de son martyre écrit par le poète
Prudence. Professeur à Imola, en Italie, il est livré par les bourreaux à ses élèves, qui écrivent
dans sa chair à l’aide de stylets.
Une dizaine d’autres saints portent le nom de Cassien, dont un évêque d’Autun († 350) et Jean
Cassien, fondateur à Marseille (v. 415) de deux monastères, masculin et féminin, honoré comme
saint dans cette ville et connu comme auteur spirituel marqué de semi-pélagianisme.
CASTOR
(† 426) ÉVÊQUE – MR 21 septembre. Né à Nîmes, il se fait moine après son veuvage et devient
évêque d’Apt (Vaucluse).
CATHERINE D’ALEXANDRIE
(Dates incertaines) VIERGE et MARTYRE – MR 25 novembre*. Les faits que l’on rapporte à son
esujet relèvent d’une légende qui ne remonte pas au-delà du X siècle. Fille de roi, cette jeune
chrétienne instruite et même savante s’oppose avec autorité aux arguments des philosophes
epaïens envoyés par l’empereur romain Maxence (IV siècle) pour la confondre. L’empereur la
fait alors torturer au moyen d’une machine constituée de roues armées de pointes de fer et de
lames coupantes. Mais la foudre tombe sur la machine et aveugle les bourreaux. Catherine est
finalement décapitée. Toute une littérature et une iconographie se sont emparées de sainte
Catherine, brodant sur sa vie et sa mort (son corps aurait été transporté par les anges au Sinaï,
où existe toujours le couvent orthodoxe Sainte-Catherine). Il est de coutume de couronner sa
statue le 25 novembre, le privilège de « coiffer Sainte Catherine » étant réservé aux jeunes filles.
La tradition des catherinettes, jeunes filles célibataires fêtées l’année de leurs 25 ans et coiffant
à cette occasion un bonnet plus ou moins fantaisiste, est restée vivace dans bien des
professions, des entreprises, des communes. Catherine est la patronne des filles célibataires,
des philosophes et, à cause des roues de l’instrument de son supplice, des charrons, meuniers,
rémouleurs et tourneurs.
CATHERINE DE GÊNES
(1447-1510) LAÏQUE – MR 15 septembre. Appartenant à l’une des grandes familles de
l’aristocratie gênoise, les Fieshi, Catherine est mariée contre son gré à un jeune patricien dont
elle aura beaucoup à souffrir mais qui finira par se convertir. Elle cherche l’oubli dans les
mondanités, lorsqu’en 1473 une révélation mystique bouleverse sa vie. Elle se consacre
désormais à la contemplation, à la pénitence et au service des malades. À partir de 1475, on lui
permet la communion quotidienne, ce qui est très rare à l’époque. Les œuvres mystiques
attribuées à Catherine de Gênes (Dialogue spirituel, Traité du purgatoire) ne sont probablement
pas de sa plume, mais certainement inspirées par elle. Elle a exercé une grande influence sur
el’école française de spiritualité au XVIII siècle.
Bienheureuse CATHERINE JARRIGE
(1754-1836) LAÏQUE – Fête 4 juillet. Tertiaire dominicaine française, elle risqua sa vie pour
sauver les prêtres persécutés durant la Révolution française.CATHERINE LABOURÉ
(1806-1876) VIERGE – MR 31 décembre. Née dans une famille nombreuse de cultivateurs aisés
à Fain-les-Moutiers (Côte-d’Or), elle ne parvient qu’à 24 ans à vaincre la résistance paternelle
pour entrer chez les Filles de la Charité. Dès sa première année de vie religieuse (1830), alors
qu’elle est au noviciat de la rue du Bac à Paris, la Vierge lui apparaît, lui demandant notamment
de faire frapper une médaille portant l’inscription : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour
nous qui avons recours à vous. » Elle en informe seulement son confesseur qui, sans la
prévenir, engage le procès canonique de ces apparitions. Catherine accomplit jusqu’à la fin de
sa vie des tâches obscures au service des malades et des vieillards dans un hospice de la rue
de Picpus à Paris. Sa vision n’est divulguée qu’après sa mort. La médaille dite « miraculeuse »,
grgravée dès 1832 sur les instructions de l’archevêque de Paris, M de Quélen, et selon les
indications données par Catherine à son confesseur, connaît une extraordinaire diffusion à
travers le monde. Elle est notamment à l’origine de la conversion, en 1842, d’Alphonse de
Ratisbonne, un israélite qui fonde avec son frère l’ordre de Notre-Dame -de-Sion. Catherine
Labouré est canonisée par Pie XII en 1947.
CATHERINE-MARIE DREXEL
(1858-1876) RELIGIEUSE – Fête 3 mars. Religieuse des États-Unis, elle est la fondatrice des
erSœurs du Très-Saint-Sacrement, au service des Noirs et des Indiens. Elle est canonisée le 1
octobre 2000.
CATHERINE DE RICCI
(1522-1590) MONIALE – MR 2 février. Religieuse dominicaine, visionnaire étonnante, elle passe
plusieurs années de sa vie en extase du jeudi soir au vendredi 16 heures, revivant en elle-même
la passion du Christ.
CATHERINE DE SIENNE
(1347-1380) VIERGE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 29 avril** (en Europe***). Catherine
Benincasa naît à Sienne (Italie). Tertiaire dominicaine à l’âge de 16 ans, elle commence par
mener une vie volontairement recluse chez elle pendant trois ans. Puis ayant repris sa vie
normale, elle voit se constituer autour d’elle un groupe de personnes attirées par son ascendant
spirituel et sa gaieté : on l’appelle « le cercle de Fontebranda », du nom du quartier. L’influence
croissante de sa sainteté la conduit à agir au plus haut niveau de l’Église. La papauté est
installée à Avignon depuis plus de 60 ans, le malaise est général en Italie. Les Florentins,
soulevés contre les légats du pape Grégoire XI, sollicitent Catherine pour aller plaider leur cause
à Avignon. Elle y arrive en 1376. Mais, par-delà les démêlés des Florentins avec les légats, c’est
de la situation très dégradée de l’Église que Catherine se met très vite à traiter avec le pape, le
pressant de revenir à Rome et d’engager l’indispensable réforme de l’Église. Malgré la vive
opposition d’un entourage pontifical attaché à la douceur et au luxe de la cour avignonnaise,
Catherine parvient à décider Grégoire XI, qui se met enfin en route. À peine est-il arrivé à Rome
qu’il y meurt (1378). La grande et grave crise du schisme d’Occident s’ouvre alors, avec
l’élection de deux papes opposés, l’un résidant à Rome, l’autre à Avignon. Le pape de Rome,
Urbain VI, fait appeler Catherine pour bénéficier de ses conseils et de son influence. Elle investit
toute son énergie dans la cause de celui qu’elle reconnaît comme le seul pape légitime. Deux
ans plus tard, elle meurt épuisée, à 33 ans. Ne sachant pas écrire et ignorant le latin, elle laisse
pourtant une œuvre spirituelle considérable entièrement dictée, les Dialogues, les Lettres,
souvent fruit de ses extases. Cette œuvre lui vaut d’être la seconde femme proclamée Docteur
de l’Église par Paul VI en 1970, aussitôt après Thérèse d’Avila. Elle est la seule laïque Docteur
de l’Église.
Elle est patronne de l’Europe, de l’Italie en 1939 et des infirmiers italiens en 1943.CATHERINE DE SUÈDE
(v. 1330-1381) VEUVE – MR 24 mars. Fille de sainte Brigitte de Suède, elle est mariée, jeune
encore, contre son gré. Son mari et elle conviennent de vivre dans la continence. Elle rejoint sa
mère à Rome en 1349 et, devenue veuve, vit dès lors avec elle. À sa mort, elle ramène son
corps en Suède, au monastère de Wadstena fondé par sainte Brigitte. Elle prend la suite de sa
mère à la tête de l’ordre du Saint-Sauveur et en assure l’organisation.
15 autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Catherine.
CÉCILE
er(I siècle) VIERGE et MARTYRE – MR 22 novembre**. Tout ce que l’on sait de cette sainte,
ec’est qu’elle est honorée à Rome depuis le V siècle comme vierge et martyre et que les Coecilii
constituaient une très illustre famille romaine. Quant au récit légendaire de la Passion de sainte
Cécile, il est très postérieur. Selon cette légende, Cécile, vierge romaine, prévient son mari
Valérien, la nuit de ses noces, qu’un ange veille sur sa virginité et qu’il ne pourra voir cet ange
avant de se faire baptiser. Valérien, ayant reçu le baptême, est arrêté et supplicié en même
temps que le frère de Cécile, Tiburce. Cécile, de son côté, refusant de sacrifier aux dieux, est
condamnée à être brûlée dans son installation de bain. Elle échappe d’abord à la mort puis,
blessée, finit par expirer.
eAu XV siècle, on fait d’elle la patronne des musiciens en tirant argument d’un passage de sa
Passion : « Pendant que retentissaient les instruments de musique de ses noces, elle chantait
en son cœur pour le Seigneur. »
Quant à la basilique Sainte-Cécile au Transtévère, longtemps supposée bâtie à l’emplacement
de la maison de Valérien, elle a pour fondatrice une Coecilia étrangère à la sainte.
Quatre autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Cécile.
Dérivés : Célia, Sheila.
erCÉLESTIN I
(† 432) PAPE – MR 27 juillet. Élu au siège de Pierre en 422, il combat l’hérésie des pélagiens,
puis celle de Nestorius, évêque de Constantinople, qu’il fait condamner aux conciles de Rome
(430) et d’Éphèse (431).
CÉLIA, voir Cécile ou Céline
CÉLINE DE REIMS
(† 458) LAÏQUE – MR 21 octobre. Épouse d’Émile, comte de Laon (Aisne), et mère de saint
Remi, cette mère de famille est morte près de Laon.
CÉRAN
(† 614) ÉVÊQUE – Fête loc. 26 septembre. Évêque de Paris, il a le souci du culte des saints.
CÉSAIRE D’ARLES
(v. 470-543) ÉVÊQUE – MR 27 août (en France*). Né à Chalon-sur-Saône, religieux au
monastère de Lérins qui fut un véritable séminaire d’évêques, il est ordonné prêtre à Arles vers
499 et en devient évêque vers 503. Il le reste jusqu’à sa mort, déployant une activité
considérable. Il combat le semi-pélagianisme et affirme son autorité lors du concile d’Orange II
en 529 qui, à l’encontre de cette hérésie, définit la doctrine de la grâce et du péché originel.
Outre ses 150 sermons, on conserve de lui une règle qui restera en vigueur dans les abbayes
de femmes pendant deux siècles, jusqu’à ce que celle de saint Benoît la supplante.
Six autres saints portent le nom de Césaire, dont saint Césaire de Clermont († 627).
Dérivés : César, Césarine.Chaque fois, frères très chers, que nous célébrons les fêtes des saints martyrs, espérons, par
leur intervention, recevoir la grâce du Seigneur afin qu’en imitant ces martyrs, nous méritions
d’obtenir un jour les récompenses éternelles. Car seuls célèbrent dans la vérité les joyeuses
solennités des martyrs ceux qui suivent leurs exemples… Pour nous, nous voulons bien partager
la joie des saints, mais non supporter avec eux les épreuves de ce monde. Cependant, seul
parviendra à la béatitude des saints martyrs celui qui aura accepté de les imiter dans la mesure
du possible.
Saint Césaire d’Arles, Sermon sur les saints.
Bienheureux CÉSAR DE BUS
(1544-1607) RELIGIEUX – MR 15 avril. Originaire de Cavaillon, sur les bords de la Durance, il
vit à la cour frivole de la reine Catherine de Médicis. Il participe au massacre des protestants, le
jour de la Saint-Barthélemy. L’arrivée d’Henri IV lui fait quitter Paris en 1568, et il se réfugie en
Avignon où il mène une vie mondaine. C’est là qu’il se convertit grâce aux conseils du sacristain
de l’église où, chaque matin, il entend la sainte Messe. Il renonce à sa vie de gentilhomme
mondain et, en l’année jubilaire 1575, après une rencontre intérieure avec Jésus crucifié, il
décide de se faire prêtre. La lecture du catéchisme du concile de Trente lui donne alors l’idée de
créer une société de prêtres qui se feraient catéchistes, en particulier pour les gens sans
instruction et les habitants des campagnes. Le 29 septembre 1592, il fonde à L’Isle-sur-Sorgue
la congrégation des Pères de la doctrine chrétienne, qu’il installe ensuite à Avignon. Le 27 avril
1975, il est béatifié par Paul VI qui déclare alors avec humour : « Il n’a pas toujours suivi les
préceptes de l’Évangile. »
CÉSARIE
(† 530) ABBESSE – MR 12 janvier. Elle est la sœur de saint Césaire d’Arles. Grégoire de Tours
et Venance Fortunat font son éloge. Prière, pénitence et travail, telle fut sa vie.
CHAFFREY ou CHAFFRE
(† 752) ABBÉ – Fête loc. 18 octobre. Abbé du monastère de Carmeri, dans le Velay, il est tué
par les Sarrasins et vénéré comme martyr.
La ville de Monastier-Saint-Chaffre (Haute-Loire) s’est formée autour de Carmeri.
CHAMOND
(† 658) ÉVÊQUE – Fête loc. 28 septembre. Courtisan de Clovis II, il devient un évêque de Lyon,
et meurt assassiné par Ébroïn, maire du palais.
CHANTAL, voir Jeanne de Chantal
CHARBEL MAKLHOUF
(1828-1898) MOINE – MR 24 juillet*. Né dans un village de la montagne de Beka’kafra, le plus
haut village du Proche-Orient, dans une famille maronite pauvre, il entre à 23 ans au monastère
de Notre-Dame de Mayfouk (au nord de Byblos). Après deux années de noviciat, en 1853, il est
envoyé au monastère de Saint-Maron où il prononce les vœux monastiques, puis il est transféré
au monastère de Kfeifan où il étudie la philosophie et la théologie. Son ordination sacerdotale a
lieu en 1859, après quoi il est renvoyé au monastère de Saint-Maron. Pendant les 19 années
qu’il y passe, Charbel réalise son ministère sacerdotal et monastique d’une manière édifiante.
En 1875, il obtient l’autorisation de vivre à l’ermitage Saint-Pierre-et-Paul, proche du monastère.Au terme de ces 23 années de vie solitaire, le 16 décembre 1898, en récitant la prière « Père de
Vérité », il a une attaque. Il meurt la veille de Noël à l’âge de 70 ans.
Il est béatifié le 5 décembre 1966 et canonisé le 9 octobre 1977.
Bienheureux CHARLES D’AUTRICHE
er(1887-1922) EMPEREUR – Fête 1 avril. Empereur d’Autriche-Hongrie, homme de paix, il est
qualifié ainsi : « la sainteté dans l’action politique ». Il meurt pauvre en exil.
CHARLES BORROMÉE
(1538-1584) ÉVÊQUE – MR 4 novembre**. Né sur les bords du lac Majeur en Italie, il a 22 ans
lorsque le cardinal de Médicis, son oncle, élu pape sous le nom de Pie IV, le nomme cardinal et
l’appelle à ses côtés à Rome. Il prend alors une part prépondérante dans la reprise du concile
de Trente et sa conduite à bon terme en 1563. Il est nommé archevêque de Milan en 1564. À
l’avènement de Pie V, à l’élection duquel il a largement contribué, il regagne son diocèse et
déploie toute son énergie à y mettre en application les réformes décidées par le concile, créant
en 1564 un des premiers séminaires pour la formation des prêtres, développant l’enseignement
religieux, fondant les missionnaires diocésains sous le nom d’oblats de saint Ambroise, visitant
systématiquement son territoire. De nombreux évêques prendront modèle sur son action et son
diocèse, typiques du mouvement de la réforme catholique. Il se dépense sans compter lors de la
peste qui ravage son diocèse en 1576-1578 et meurt à 46 ans. Il est proclamé patron des
œuvres catéchistiques par Pie XI en 1934.
Frères, nous sommes tous faibles, je le reconnais ; mais le Seigneur Dieu nous a donné des
moyens où nous pouvons facilement trouver du secours si nous le voulons… Tel, qui entre au
chœur pour la psalmodie ou qui va célébrer l’Eucharistie, se plaint de ce que mille pensées se
présentent aussitôt et le distraient de Dieu. Mais avant d’aller au chœur ou de célébrer la Messe,
qu’a-t-il fait ? Comment s’est-il préparé ? Quels moyens a-t-il pris pour maîtriser son attention ?
Veux-tu que je t’enseigne comment progresser sans cesse spirituellement, veux-tu savoir
comment l’être davantage encore pour que ta louange plaise mieux au Seigneur ? Écoute-moi
bien ! Si un petit feu d’amour divin est déjà allumé en toi, ne le montre pas tout de suite, ne
l’expose pas au vent ; garde fermée la porte de ton four, pour ne pas laisser perdre la chaleur.
Cela veut donc dire : fuis, autant qu’il t’est possible, les distractions, demeure recueilli en Dieu,
évite pour cela les conversations frivoles. As-tu la charge de prêcher et d’enseigner ? Étudie,
applique-toi à tout ce qu’il faut pour bien exercer cette charge. Soucie-toi d’abord de prêcher par
ta vie et par ta conduite ; évite qu’en te voyant dire une chose et en faire une autre, les gens ne
se moquent de tes paroles en hochant la tête.
Saint Charles Borromée
Bienheureux CHARLES DE FOUCAULD
er(1858-1916) ERMITE – Fête loc. 1 décembre. Orphelin à l’âge de six ans, il est élevé par son
grand-père officier qui le gâte beaucoup. À 18 ans, il entre à Saint-Cyr, puis à l’école de
cavalerie de Saumur. Aristocrate fortuné, ce jeune officier mène joyeuse vie et supporte mal la
discipline militaire. À cause d’une liaison qu’on lui reproche, il est mis en non-activité. Quelques
semaines plus tard, il demande sa réintégration dans son régiment mais est muté dans une unité
du Sud oranais où une insurrection a éclaté. En mars 1882, il démissionne de l’armée et décide
d’aller explorer le Maroc, alors interdit aux étrangers, sous le costume et l’identité d’un rabbin.
Ses études géographiques et linguistiques de tout premier ordre lui confèrent une grande
réputation. C’est au cours de ce voyage qu’il se familiarise avec l’Afrique du Nord. Installé à
Paris près de sa famille, il revient peu à peu à la foi qu’il avait perdue, sous l’influencenotamment de l’abbé Huvelin, directeur spirituel de sa cousine. En 1890, il se retire à la trappe
Notre-Dame-des-Neiges, en Ardèche. Puis il part en Syrie, où il mène une vie ascétique et
communautaire pendant sept ans.
Ordonné prêtre à 43 ans, il part à Béni-Abbès, dans le Sud algérien, y fonde une « fraternité »
ouverte à tous, chrétiens et musulmans. « Allant où le pousse l’Esprit », il accompagne au
Hoggar le commandant Laperrine, pacificateur des oasis, qui devient son ami. Il s’installe en
1905 à Tamanrasset, dans l’extrême Sud algérien, « là où il n’y a pas de tabernacle, afin que
Jésus y soit présent ». Dans son ermitage, il prie et reçoit tous ceux qui frappent à sa porte. Il se
met totalement à l’écoute des Touaregs si isolés du reste du monde. Il s’intéresse de très près à
leur culture et à leur civilisation, recueillant leurs poèmes, leurs chants, les éléments de leur
langue (Paul VI mentionnera ce « frère universel » dans son encyclique sur le développement
des peuples). Seul parmi des non-chrétiens, il réfléchit longuement à la naissance d’une
fraternité où prêtres, religieux et laïcs des pays chrétiens deviendraient Frères et Sœurs du
Sacré-Cœur, prêts à tout donner pour la conversion des infidèles.
Lorsque la guerre éclate en 1914, on lui demande de rester présent au Sahara qui s’agite. Le
er1 décembre 1916, le père de Foucauld est assassiné à la porte de son ermitage, par des
rebelles qui voulaient le prendre en otage. En 1897, il avait écrit ces lignes prémonitoires : «
Pense que tu dois mourir martyr, dépouillé de tout, étendu à terre, nu, méconnaissable, couvert
de sang et de blessures, violemment et douloureusement tué, et désire que ce soit ce soir… »
Ma foi a été complètement morte pendant des années : pendant douze ans (de 1874 à 1886),
j’ai vécu sans aucune foi. Rien ne me paraissait assez prouvé. Je demeurai douze ans sans rien
nier et sans rien croire, désespérant de la vérité et ne croyant même pas en Dieu, aucune
preuve ne me paraissant assez évidente. Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris
que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui. Ma vocation religieuse date de
la même heure que ma foi : Dieu est si grand, il y a une telle différence entre Dieu et tout ce qui
n’est pas Lui… Dans les commencements, la foi eut bien des obstacles à vaincre. Moi qui avait
tant douté, je ne crus pas tout en un jour.
Charles de Foucauld, Lettre à Henry de Castries, 14 août 1901.
Bienheureux CHARLES LE BON
(† 1127) LAÏC – MR 2 mars. Quatrième fils du roi de Danemark, saint Canut, et comte de
Flandre en 1119, il mène une vie d’ascète en se consacrant au bien de ses sujets, rendant la
justice, soulageant les pauvres, moralisant le commerce en temps de famine, imposant le
respect de la Trêve de Dieu. Il meurt assassiné dans l’église de Bruges. Il est proclamé patron
secondaire de la Belgique par Léon XIII.
Dérivés : Carl, Carlos, Charley, Charly.
Bienheureux CHARLES ou KARL LEISNER
(1915-1945) PRÊTRE – MR 12 août. Au début des années trente, Karl Leisner est lycéen à
Clèves. Dès 1933, il s’oppose fermement à Hitler et à son régime. Avant même de passer le
baccalauréat, en 1934, il choisit de faire des études de théologie pour devenir prêtre. Au cours
de son premier semestre à Münster, il se voit confier la responsabilité des mouvements de
jeunesse diocésains. Il essaie de réunir les jeunes pour qu’ils soient capables de résister au
nazisme. Déjà, ses activités sont surveillées par la Gestapo. Il est ordonné diacre le 25 mars
1939 à Münster. Mais peu de temps après, atteint de tuberculose, il interrompt toute activité pour
se faire soigner en Forêt-Noire.
Dénoncé à la Gestapo à cause de propos imprudents contre le régime, il est emprisonné à
Fribourg-en-Brisgau avant d’être conduit au camp de Sachsenhausen, puis transféré au camp deDachau où sont incarcérés environ 2 800 prêtres allemands, autrichiens, polonais et d’autres
pays d’Europe, ainsi que des pasteurs protestants. Il y a là des prêtres de 144 diocèses et des
religieux de 40 ordres différents. Ils ont le droit de célébrer la messe tous les jours dans une
chapelle, le matin à cinq heures, avant l’appel. Karl Leisner s’accroche toujours à l’espoir d’être
grordonné prêtre. L’arrestation et le transfert à Dachau de M Piguet, évêque de
ClermontFerrand, en 1944, rendent possible une ordination dans le camp. Un père jésuite, grâce à la
complicité de la comptable du camp, obtient les autorisations de l’évêque de Münster. Un
déporté russe façonne un anneau en laiton portant l’effigie de Notre-Dame de Dachau, un père
bénédictin allemand fabrique une crosse en bois de chêne portant l’inscription Victor in vinculis
(vainqueur dans les chaînes), un prêtre du diocèse de Trêves confectionne dans de l’étoffe
violette, prise dans les magasins des SS, les ornements épiscopaux. L’ordination a lieu le 17
décembre 1944, le troisième dimanche de l’Avent, celui de la joie. Karl s’agenouille devant
l’évêque qui lui impose les mains ainsi que les prêtres de son diocèse de Münster.
Prêtre, il ne l’est que huit mois et ne célèbre qu’une seule messe. Il bénit les prêtres du camp et
rencontre les pasteurs protestants. Il est libéré le 4 mai 1945, mais sa maladie empire et il meurt
à Münich le 12 août 1945. Jean-Paul II célébre sa béatification en 1996, dans le stade olympique
de Berlin, devant 42 000 jeunes.
14 autres saints ou bienheureux portent le nom de Charles.
CHARLES LWANGA et ses compagnons
(† 1886 et 1887) MARTYRS – MR 3 juin**. Ces 22 jeunes gens de l’Ouganda sont les premiers
martyrs de l’Afrique noire. Convertis par les Pères blancs, ils refusent de renier leur foi et sont
livrés par leur souverain à d’atroces supplices, la plupart le 3 juin 1886 à Namugongo,
aujourd’hui haut lieu de l’Église ougandaise. Charles Lwanga, chef des pages du roi, est
proclamé patron de la jeunesse noire catholique par Pie XI en 1934.
Bienheureuse CHARLOTTE
(1715-1794) MARTYRE – MR 17 juillet. Elle est la plus âgée (80 ans) des carmélites de
Compiègne guillotinées à Paris sous la Terreur, le 17 juillet 1794 (épisode évoqué dans la pièce
Dialogues des Carmélites de Bernanos).
Bien des Charlotte ont un des saints Charles pour patron.
Dérivés : Arlette, Caroline, Carole.
CHEF ou THÉODORE
(† 575) ABBÉ – MR 29 octobre. Il est disciple de saint Césaire d’Arles et reclus à Vienne.
CHELY ou HILAIRE DE MEUSE
(† 535) ÉVÊQUE – MR 25 octobre. Baptisé adolescent, il veut devenir ermite mais se fait moine
à Lérins. Devenu évêque de Mende, il défend activement les populations du Gévaudan contre
toutes les ingérences des princes.
CHÉRON
e(V siècle) ÉVÊQUE – MR 28 mai. Évêque de Chartres, martyrisé ou assassiné, il est
ereprésenté sur un vitrail du XIII siècle dans la cathédrale.
CHILIAN, CILIAN ou KILIEN
(† 639) ÉVÊQUE – MR 13 novembre. D’origine irlandaise, il est parent de saint Fiacre.
Missionnaire en Artois, il est aussi évêque de Wurzbourg.
CHINIAN, voir Aignan d’OrléansCHLOÉ, voir Clélia
CHRISTIAN et ses frères camaldules
(† 1003) MARTYRS – MR 12 novembre. Christian fait office de cuisinier au sein d’un groupe
d’ermites camaldules chargés par le roi Boleslas d’évangéliser la Pologne. Ils sont massacrés
par des brigands dans leur ermitage sur les bords de la Warta. Leur fête est célébrée dans toute
la Pologne et l’ermitage est devenu un lieu de pèlerinage.
Dérivé : Christiane.
CHRISTINE
Plusieurs saintes sont honorées sous ce nom, dont la patronne de Palerme, vierge et martyre du
eIV siècle, fêtée le 24 juillet au Martyrologe romain ; une autre martyre, fêtée le 6 février, qui
serait morte à Césarée de Cappadoce (Asie Mineure) ; sainte Christine « l’Admirable », née vers
1150, qui finit sa vie au couvent Sainte-Catherine de Saint-Trond (Belgique) vers 1224 et aurait
eu une existence remplie de prodiges mystérieux, fêtée le 24 juillet au Martyrologe romain.
Dérivés : Christel, Christelle.
CHRISTOL, déformation de Christophe
CHRISTOPHE
(Dates incertaines) ERMITE – MR 25 juillet. Personnage populaire à l’existence incertaine, il est
ele patron des voyageurs et des automobilistes. Vénéré depuis le V siècle en Asie Mineure, son
culte s’est répandu dans tout l’Occident. Son nom, qui signifie en grec « Porte-Christ », vient de
la légende selon laquelle, passeur auprès d’un fleuve, il aurait eu un jour à le faire traverser à un
petit enfant, sous le poids duquel il faillit succomber, et qui n’était autre que le Christ portant le
monde. Il serait mort martyr. Son histoire en a fait le patron des arbalétriers, des portefaix, des
forts des halles, des foulons et des fruitiers.
Parmi les pèlerinages traditionnels en l’honneur de saint Christophe, l’un des plus célèbres est
celui de Saint-Christophe-le-Jajolet (Orne), où des reliques du saint sont vénérées de très
longue date et où, le dimanche suivant le 25 juillet, on procède à la bénédiction des automobiles.
Une archiconfrérie de Saint-Christophe y est instituée en 1912 par Pie X.
Dérivé : Christol.
CHRISTOPHE MAGALLANÈS et 26 autres martyrs du Mexique
(† 1927) MARTYR – MR 25 mai. Durant la période d’anticléricalisme et de persécutions, des
centaines de jeunes hommes sont condamnés sans procès, souvent torturés puis exécutés en
proclamant : « Vive le Christ-Roi ! »
Christophe est prêtre et défend la liberté religieuse en soutenant les laïcs chrétiens arrêtés,
jusqu’au jour où il l’est lui-même et donne ainsi le témoignage de sa fidélité.
Trois autres saints ou bienheureux portent le nom de Christophe, dont saint Christophe de
Cordoue, décapité en 852, victime de sa fidélité à sa foi, et le bienheureux Christophe de Cahors
(† 1272), disciple de François d’Assise qui l’envoie en 1216 en France pour y fonder des
couvents de Frères mineurs.
Ainsi furent créés ceux de Mirepoix (Ariège) et de Cahors (Lot).
CLAIR DU DAUPHINÉ
er(† v. 660) ABBÉ – MR 1 janvier. Né dans un village qui porte actuellement son nom,
SaintClair-du-Rhône (Isère), il fut abbé du monastère de Saint-Marcel à Vienne (Isère) où il mourut.
Plusieurs autres saints Clair, vivant à des époques différentes, ont laissé des traces dansel’histoire locale : l’évangélisateur de Nantes au III siècle, un ermite au mont Saint-Clair près de
eSète, un prêtre martyr du IX siècle, originaire de Rochester, passé dans le Vexin et patron des
doreurs et des brodeurs (fête 16 juillet).
CLAIRE D’ASSISE
(1193-1253) VIERGE – MR 11 août***. Claire Offreduccio , née à Assise dans une famille de la
noblesse, est conquise par l’idéal de pauvreté évangélique prêché par saint François. À 18 ans,
le jour des Rameaux de 1212, ayant fait profession religieuse devant François, elle coupe sa
longue chevelure blonde et revêt la bure. Bientôt rejointe par sa sœur Agnès, elle s’initie d’abord
à la vie religieuse chez les bénédictines. Puis, à la demande de François, elle fonde l’ordre des
Pauvres dames (ou clarisses) sur le modèle des Frères mineurs. Avec ses compagnes, elle
s’installe au couvent Saint-Damien d’Assise, poussant jusqu’à l’héroïsme l’amour de la pauvreté
par amour du Christ. La règle de Claire bannit toute propriété individuelle ou collective. Nombre
de ses amies et parentes, y compris sa mère, la rejoignent peu à peu. Elle meurt à 60 ans, après
avoir dirigé pendant 42 ans son couvent et l’ordre des clarisses qui en est né. Le pape Innocent
IV et la curie romaine viennent assister à ses obsèques. Elle est proclamée patronne de la
télévision dans le monde par Pie XII en 1958.
Sept autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Claire.
CLARISSE, CÉCILE ou SIGEBERGE
e(VII siècle) RELIGIEUSE – MR 12 août. Elle est la première abbesse de l’abbaye de femmes
établie par Romaric et saint Aimé sur le Saint-Mont, à côté d’une abbaye d’hommes. Ces deux
abbayes sont à l’origine de Remiremont (Vosges).
Une autre Clarisse est fêtée le même jour. Il s’agit d’une religieuse franciscaine italienne morte
en 1640 qui, après avoir été objet de scandale par le luxe dans lequel elle menait sa vie
monastique, se convertit à l’austérité la plus rigoureuse et organisa à Viterbe des fraternités
vouées aux pauvres et aux malades.
CLAUD
eIl s’agirait soit d’un ermite du VIII siècle, dont le tombeau est conservé dans l’église de
SaintClaud (Charente), soit de la transposition du nom de saint Cloud, petit-fils de Clovis et sainte
Clotilde (voir Cloud).
CLAUDE DU JURA
(† 703) ÉVÊQUE – MR 6 juin. Évêque de Besançon, il se retire dans l’abbaye de Condat fondée
e eau V siècle (Saint-Oyan-de-Joux), qui prend son nom au XII siècle et autour de laquelle s’est
edéveloppée la ville de Saint-Claude (Jura), siège d’un évêché depuis le XVIII siècle. Il est le
patron des tourneurs, des bimbelotiers (industrie de la région de Saint-Claude).
Dérivés : Claudette, Claudie, Claudine, Claudius.
CLAUDE LA COLOMBIÈRE
(1641-1682) RELIGIEUX – MR 15 février. Né à Saint-Symphorien-d’Ozon dans le Dauphiné, il
entre chez les jésuites et fait ses études de théologie à Paris tout en étant précepteur des
enfants de Colbert. Nommé supérieur du collège de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire), il devient
le confesseur des visitandines de la ville. Parmi elles se trouve sainte Marguerite-Marie
Alacoque. Au cours des visions qu’elle a fréquemment, le Christ l’incite à lutter contre
l’indifférence des hommes à son égard en répandant la dévotion au Cœur de Jésus. Le père La
Colombière, témoin de la sainteté et de l’équilibre de la religieuse, est convaincu de l’authenticité
des apparitions et des confidences dont elle est l’objet, et il en rédige le récit. Après un séjour en
Grande-Bretagne au cours duquel, jeté en prison lors de la vague de persécutionsanticatholiques de 1678, il perd la santé, il revient à Paray-le-Monial pour y mourir à 40 ans. Il
est canonisé le 31 mai 1992.
CLAUDINE THÉVENET
(1774-1837) RELIGIEUSE – MR 3 février. Claudine Thévenet naît en 1774 à Lyon. On la
surnomme Glady. Elle a 19 ans quand, un matin de janvier 1794 (en pleine Révolution), elle
reconnaît ses deux frères Louis et François dans un cortège de condamnés à mort. Elle prend le
risque de les accompagner jusqu’au pied de l’échafaud. Ils lui disent : « Pardonne comme nous
pardonnons. » Après la fusillade, elle a le courage de se glisser à côté des victimes. On achève
à coups de sabre les survivants parmi lesquels elle reconnaît Louis et François. C’en est trop
pour ses nerfs : toute sa vie elle en conservera une prédisposition à la migraine. Cette
expérience traumatisante influence sa vocation. Désormais, face à toute misère, elle ne donne
jamais d’autre réponse que l’amour. Et cette misère est indicible à Lyon après la Révolution et
les guerres napoléoniennes. En 1816, un prêtre lui confie deux petites orphelines qu’il vient de
découvrir abandonnées et grelottantes. Elle les accueille. Puis d’autres arrivent. Pour s’en
occuper, Claudine s’organise avec quelques amies et, deux ans plus tard, en 1818, elle fonde la
congrégation des Sœurs de Jésus-Marie, vouée à l’éducation de la jeunesse. Au bout de trois
mois elles sont déjà douze pour s’occuper de 20 orphelines. En 1837, elle est frappée
d’hémiplégie et elle meurt la même année. Elle est canonisée le 21 mars 1993.
CLELIA BARBIERI
(1847-1870) RELIGIEUSE – MR 13 juillet. Italienne, née près de Bologne, elle est la fondatrice
des Sœurs de l’Addolorata et canonisée le 9 avril 1989.
D’autres Clélia ont pour sainte patronne Claire.
Dérivé : Chloé.
Bienheureuse CLÉMENCE
(† 1176) MONIALE – MR 21 mars. Clémence de Hohenberge (Allemagne), devenue veuve, se
fait moniale bénédictine. Elle meurt à Trèves après avoir été toute sa vie un modèle de bonté.
Bienheureux CLEMENS AUGUST VON GALEN
(1878-1946) ÉVÊQUE – MR 22 mars. Clemens August naît le 16 mars 1878 dans une famille
noble, au château de Dinklage, dans le diocèse de Münster. Il est le onzième de 13 enfants. Son
éducation est austère mais animée par une foi catholique ardente. Sa mère lui apprend à imiter
Jésus-Christ et à regarder la vie terrestre comme une préparation à la vie éternelle.
Ordonné prêtre en 1904, il est envoyé à Berlin, et lors de la crise financière de 1923, il secourt
les plus nécessiteux en prenant sur ses revenus personnels : « Il serait vraiment inutile, disait-il,
qu’il me reste encore des biens après ma mort ! »
Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler est nommé chancelier. Clemens August n’a aucune confiance
dans le chef du parti national-socialiste, malgré la signature d’un concordat. Le 3 avril, au cours
de la messe d’intronisation du conseil municipal de Münster (comptant de nombreux dignitaires
nazis), il rappelle les deux fondements de l’ordre social chrétien : la justice et la fraternité.
Consacré évêque la même année, il commente devant 500 000 fidèles sa devise Nec laudibus,
nec timore : « Ni la louange, ni la crainte. » Un an plus tard, il condamne un ouvrage d’Alfred
eRosenberg, Le Mythe du XX siècle, qui exalte la pureté de la race et le sang allemand, source
d’une humanité supérieure. Dans sa lettre pastorale, il rappelle que seul le Sang précieux
répandu par Jésus-Christ au calvaire a le pouvoir de nous sauver, parce que c’est le sang de
Dieu fait homme. Pie XI le consulte en 1937 pour l’encyclique Mit Brennender Sorge (« Avec une
brûlante inquiétude »), où le pape condamne la divinisation du peuple et de la race. Clemens
August, dans le plus grand secret, en fait imprimer 120 000 exemplaires et, le dimanche 21
mars, chaque curé, sur ordre de l’évêque, lit en chaire ce texte à la grand-messe.À partir de la deuxième moitié de 1940, les mesures persécutrices contre l’Église se succèdent :
arrestation et déportation de nombreux prêtres, invasion des monastères dont les occupants
grsont expulsés. M von Galen, le 13 juillet 1941, proteste contre ce régime d’arbitraire et de
terreur. Le 3 août, à la cathédrale, il dénonce le massacre des aliénés et l’euthanasie. Hitler
envisage de faire pendre l’évêque qui ose lui résister. Mais Goebbels l’en dissuade. Toutefois,
40 prêtres du diocèse de Münster sont arrêtés, dont 10 mourront en déportation. En 1944, c’est
le propre frère de l’évêque, Franz, qui est déporté au camp d’Oranienburg.
Vers la fin de la guerre, il doit quitter Münster. Quand il y revient après l’armistice, le 16 mars
1946, il est accueilli par 50 000 personnes qui l’acclament. Il meurt quelques jours plus tard, le
22 mars.
Le jour de sa béatification, le 9 octobre 2006, le pape Benoît XVI dit de lui : « Son message
toujours actuel, c’est que la foi ne se réduit pas à un sentiment privé, qu’il faudrait peut-être
même cacher lorsqu’elle dérange, mais implique la cohérence et le témoignage également dans
le domaine public, en faveur de l’homme, de la justice et de la vérité. » Pour souligner son
message, le pape décide que la cérémonie sera célébrée dans la basilique Saint-Pierre de
Rome.
CLÉMENT
(† 97) PAPE et MARTYR – MR 23 novembre*. Une lettre adressée vers 95 à l’Église de
Corinthe par ce troisième successeur de saint Pierre (88-97) montre quelle autorité on
reconnaissait déjà à l’évêque de Rome. Selon saint Irénée et saint Jérôme, Clément aurait été
ordonné par saint Pierre.
eD’après des textes du IV siècle très sujets à caution, il aurait été exilé en Chersonèse, sous
l’empereur Trajan, et jeté à la mer. C’est sans doute pourquoi il est le patron des bateliers. Dès
ele IV siècle, une basilique romaine lui est dédiée.
CLÉMENT-MARIE HOFBAUER
(1751-1820) RELIGIEUX – MR 15 mars. Ce rédemptoriste viennois exerce une influence
e eprofonde sur la vie religieuse de l’Europe centrale à la charnière des XVIII et XIX siècles.
eReprésentant actif de la réaction romantique religieuse qui caractérise la première partie du XIX
siècle, il contribue à faire reculer le joséphisme (mainmise de l’État sur l’Église) et à promouvoir
l’évangélisation des milieux populaires par la fondation de maisons de son ordre, notamment en
Pologne.
Onze autres saints ou bienheureux portent le nom de Clément.
Bienheureuse CLÉMENTINE ANWARITE
er(1939-1964) MARTYRE – MR 1 décembre. Née le 29 décembre 1939, elle est baptisée en
1941. À 15 ans, elle déclare à sa mère : « Je veux faire le travail de Dieu » et entre dans la
congrégation de la Sainte-Famille. Sa mère s’incline devant le fait accompli. Malgré son
caractère bouillant, ou peut-être à cause de lui, la nouvelle religieuse se montre d’une totale
fidélité à sa vocation.
En 1964, le Congo, devenu indépendant depuis quatre ans, est en proie à la guerre civile. Les
partisans de Patrice Lumumba, chef rebelle assassiné en 1961, ont organisé une « armée
populaire de libération ». Celle-ci est commandée par le général Olenga qui recourt aux services
d’une tribu du pays, les Simba.
grLe 29 novembre 1964, à midi, les Simba (qui ont tué l’évêque de Wamba, M Wittehois, le 26
novembre) arrivent au couvent des sœurs de la Sainte-Famille. Le commandant des Simba
rassure les religieuses terrorisées : il vient pour les conduire, dit-il, en lieu sûr, à Wamba. Mais
l’homme qui les conduit a reçu l’ordre de garder sœur Anwarite, car le colonel Ngalo veut l’avoir
pour femme. On la fait entrer de force dans sa voiture. Elle refuse : « Je ne veux pas allercommettre ce péché ; si vous voulez, tuez-moi ! » crie Anwarite. On la frappe. Elle a un bras
cassé, le visage tuméfié, et tombe inanimée. Le colonel ordonne : « Transpercez cette sœur,
erenfoncez le couteau dans son cœur ! » Elle expire le 1 décembre 1964. Elle est béatifiée le 15
août 1985 à Kinshasa.
CLET
(† v. 88) PAPE – MR 26 avril. Clet (distingué du pape Anaclet ou confondu avec lui selon les
historiens) est le deuxième successeur de Pierre sur le siège épiscopal de Rome, vers 76.
Martyrisé vers 88, il aurait été enseveli aux côtés de saint Pierre sur la colline du Vatican.
Dérivé : Anaclet.
CLOTILDE
(v. 470-545) REINE – MR 4 juin (en France*). Née à Lyon, elle est la fille de Chilpéric, roi des
Burgondes. Celui-ci, comme tout son peuple, est arien. Mais les évêques de la région, au
premier rang desquels saint Avit de Vienne, exercent une grande influence sur la famille royale.
Clotilde, nièce du roi Gondebaud, est élevée par sa mère dans la foi catholique. Son mariage
avec le jeune roi des Francs Clovis, qui est païen comme l’ensemble de ses sujets, est
probablement favorisé par l’épiscopat (492). Il aura des conséquences historiques considérables
puisque, sous l’influence conjuguée de son épouse et de saint Remi, Clovis se convertit en 496
et, avec lui, c’est tout le peuple franc qui adopte la foi catholique. Veuve, Clotilde voit mourir son
fils Clodomir, puis massacrer deux enfants de celui-ci par ses deux autres fils, Childebert et
Clotaire. Elle se retire à Tours pour y finir ses jours. Elle est enterrée aux côtés de sainte
Geneviève et de Clovis dans l’église qu’il avait édifiée près de l’actuel Panthéon à Paris.
CLOUD ou CLODOALD
(† 560) ÉVÊQUE – Fête loc. 7 septembre. Petit-fils de Clovis et de sainte Clotilde et fils de
Clodomir, roi d’Orléans, il échappe au massacre dont ses deux frères sont victimes de la part de
leurs oncles, Childebert, roi de Paris, et Clotaire, roi de Soissons, en vue de s’emparer de leur
héritage. Ordonné prêtre en 551 par l’évêque Eusèbe (ce qui rassure ses oncles), il y construit
un monastère où il se retire. C’est l’origine de la ville de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), lieu de
pèlerinage jusqu’à la Révolution pendant laquelle les cendres de saint Cloud sont dispersées.
Saint Cloud est le patron des cloutiers.
CLOVIS, nom germanique de Louis
Ce roi des Francs fut baptisé par saint Remi de Reims en 496 (voir Louis).
COELIA, voir Céline
COLETTE
(1381-1447) VIERGE – MR 6 mars. Née à Corbie (Somme) de parents âgés qui avaient prié
saint Nicolas pour avoir un enfant, on l’appelle Nicolette, d’où Colette. Attirée par la vie
religieuse, elle est orientée par l’abbé bénédictin de Corbie vers la spiritualité franciscaine.
Déçue par les adoucissements que les clarisses ont apportés à leur règle, elle se fait tertiaire de
Saint-François et se retire, quatre années durant, dans un ermitage qu’elle s’est aménagé contre
la collégiale de Corbie. Elle y prend conscience de sa vocation : ramener l’ordre des clarisses à
la rigueur de la règle établie par sainte Claire. Encouragée par son directeur spirituel, un
franciscain, elle va trouver à Nice le pape Benoît XIII (en réalité un des antipapes d’Avignon). Il
la confirme dans sa mission, la nomme abbesse des couvents qu’elle réforme ou fonde, et la
charge même de la réforme des trois ordres de la famille franciscaine (franciscains, clarisses,
tiers ordre). Après la fin du grand schisme d’Occident, le pape Martin V la confirme à son tourdans la tâche à laquelle elle s’est vouée. Les vives oppositions auxquelles elle se heurte la
conduisent à fonder de nouveaux monastères régis par des constitutions particulières,
notamment en Franche-Comté, en Bourgogne, en Bourbonnais, au Puy. Peu à peu, d’anciens
monastères se joignent au mouvement. Ces clarisses de stricte observance sont appelées «
colettines ». Finalement c’est l’ordre entier des clarisses qui revient progressivement à l’esprit de
la règle d’origine. Colette meurt à Gand dans l’un des monastères qu’elle a réformés. Elle est
inhumée à Poligny (Jura) dans l’un de ceux qu’elle a fondés.
Dérivés : Nicole, Nicolette.
COLIN, voir Nicolas
COLOMBA
(521-597) FONDATEUR – MR 9 juin. Il fonde, en Écosse, le monastère d’Iona qui joua un rôle
important dans la conversion de l’Écosse du Nord. Son Cathach, un psautier écrit de sa main,
existe encore.
COLOMBAN ou Colomba
(v. 540-615) ABBÉ – MR 23 novembre*. (À ne pas confondre avec le précédent.) Né en Irlande
où il se fait moine, Colomban part évangéliser le Nord-Est de la Gaule à la tête de douze autres
moines. Après avoir fondé une première communauté monastique dans les Vosges, il en fonde
une seconde à Luxeuil (Haute-Saône), puis une troisième à proximité, à Fontaine. Par sa
sainteté personnelle et celle de ses trois monastères régis par une règle d’une extrême rigueur,
Colomban exerce une influence spirituelle profonde sur toute la région. Ayant dénoncé les
scandales du roi Thierry II d’Austrasie et de son aïeule, la reine Brunehaut, il est chassé. Il
s’établit finalement sur les bords du lac de Constance, à Bregenz, puis en Italie. Il meurt au
monastère de Bobbio qu’il a fondé. Colomban, tout en fondant des monastères et en
évangélisant les populations, n’a cessé de conduire d’ardentes campagnes tant pour réformer le
clergé que pour combattre l’hérésie arienne.
Seigneur Dieu, détruis et déracine tout ce que plante en moi l’adversaire. Ces semences de
mort une fois détruites, mets dans ma bouche et en mon cœur de penser et d’agir selon le bien :
que mon action et ma volonté ne servent que toi ; que je comprenne tes commandements ; que
je te cherche.
Donne-moi la mémoire, donne-moi la charité ; donne-moi la chasteté ; donne-moi la foi ;
donne-moi tout ce que tu sais être utile à mon âme, Seigneur. Fais en moi le bien, et
accordemoi ce que tu sais être opportun, toi qui règnes éternellement.
Saint Colomban
COLOMBE
e(IV siècle) MARTYRE – MR 31 décembre. Espagnole, elle fuit la persécution de son pays mais
meurt martyre près de Meaux. Ses reliques furent longtemps vénérées à Sens.
Bienheureux COLUMBA MARMION
(1858-1923) ABBÉ – MR 30 janvier. Originaire de Dublin en Irlande, il fait ses études
théologiques à Rome. De retour vers son Irlande natale, il s’arrête pour saluer un compagnon de
cours dans la toute jeune abbaye bénédictine de Maredsous, près de Namur. Il est
immédiatement séduit par l’atmosphère liturgique du lieu. Il veut entrer dans ce monastère, mais
son évêque lui demande d’attendre et le nomme vicaire à Dundrum, puis professeur au grandséminaire de Clonliffe. En 1886, il reçoit enfin la permission de s’engager dans la vie monacale.
À 30 ans, il ne lui est pas toujours facile de trouver sa place au milieu d’une bande de jeunes
novices. La tâche est d’autant plus ardue qu’il doit changer de coutumes, de culture et de
langue. Mais comme il affirme être au monastère pour chercher l’obéissance, il ne peut que
serrer les dents et se laisser former à la discipline monastique, à la vie fraternelle et à la prière
chorale jusqu’à sa profession solennelle. En 1909, Dom Columba est élu troisième abbé de
Maredsous. À 51 ans, il se trouve ainsi à la tête d’une communauté de plus de 100 moines,
avec, à leur charge, un collège secondaire, une école de métiers d’art et une grande ferme. Il
doit en outre préserver et nourrir la réputation déjà bien établie de l’abbaye en poursuivant
recherches et travaux sur les sources de la foi. La guerre de 1914-1918 le met à l’épreuve dans
une communauté composée d’Irlandais et d’Allemands.
Lorsqu’il meurt, victime d’une épidémie de grippe, le 30 janvier 1923, il laisse une œuvre
spirituelle qui aura immédiatement un grand impact dans la spiritualité de ses contemporains, car
elle est un message pour vivre l’union à Dieu dans l’intimité du Christ Jésus. En fait, Columbia
Marmion n’a rien écrit en vue d’une publication. Ses trois premiers livres consacrés au Christ ont
été édités par l’un de ses moines, à l’aide de notes prises par ses disciples.
CÔME
(Dates indéterminées) MARTYR – MR 26 septembre*. Il est fêté en même temps que son frère
Damien avec lequel il subit le martyre (à Cyr, près d’Alep en Syrie, vers 300 ?). La tradition en
fait des anargyres, c’est-à-dire des médecins donnant leurs soins gratuitement. Leur culte est
etrès vivant dès le V siècle tant en Orient qu’en Occident, où des églises leur sont dédiées. Ils
sont les patrons des médecins, des chirurgiens, des pharmaciens et des sages-femmes.
Trois autres saints ou bienheureux portent le nom de Côme.
CONRAD
(† 975) ÉVÊQUE – MR 26 novembre. Évêque de Constance, en Suisse, il ne se préoccupe que
des affaires de son église et du bien de la population locale.
16 autres saints portent le nom de Conrad, dont Conrad de Bavière, disciple de saint Bernard et
moine à Clairvaux.
CONSTANCE
(† 1794) MARTYRE – MR 17 juillet. Elle est l’une des carmélites de Compiègne guillotinées
pendant la Terreur révolutionnaire à Paris.
CONSTANTIEN
er(† 529) ABBÉ – MR 1 décembre. Auvergnat, il est d’abord moine de Micy, près d’Orléans puis
premier abbé de l’abbaye de Javron en Auvergne.
CONSTANTIN
(† 529) ÉVÊQUE – MR 12 avril. Il est le troisième évêque de Gap en Haute-Provence.
CONTEST
(† 510) ÉVÊQUE – MR 19 janvier. Évêque de Bayeux en Normandie, il rencontra bien des
adversités durant son ministère.
CONVOYON
(† 868) ABBÉ – MR 5 janvier. Archidiacre de Vannes et abbé fondateur du monastère
SaintSauveur à Redon, il meurt chassé par les Vikings.CORA, CORALIE, CORINNE, voir Dioscore
CORBINIEN
(670-750) ÉVÊQUE – MR 8 septembre. Il naît à Châtres, près d’Arpajon. Dès son adolescence,
Corbinien s’impose la règle des moines, résumée ainsi : étudier les écritures saintes, mépriser
les vaines ambitions de la gloire, choisir la psalmodie, veiller souvent la nuit et prier, pratiquer
l’hospitalité. Il fait construire une maison où il vit en reclus avec une petite communauté qu’il
forme aux exercices du christianisme et avec lesquels il célèbre les offices. Il décide de se
rendre à Rome pour y recevoir les conseils et la bénédiction du pape Grégoire II. Le pape,
impressionné par la ferveur qui brûle le cœur de cet homme, décide de l’ordonner prêtre et de le
sacrer évêque afin qu’il puisse, partout dans le monde, annoncer la parole de Dieu. Alors qu’il a
fait halte dans une forêt la nuit, lors d’un voyage en Alémanie et en Bavière, un ours dévore son
cheval. Corbinien le gronde, puis charge la bête sur son bagage et l’emmène jusqu’à Rome
comme un animal domestique. Il ne le relâche qu’à l’arrivée. Revenu en Bavière, il décide de s’y
établir. Il y fait bâtir une église qui deviendra la cathédrale de Freising. C’est là qu’il meurt, le 8
septembre de l’an 730. Il est inhumé dans l’église de Sainte-Marie, Mère de Dieu. Il est l’un des
saints patrons du diocèse d’Évry, où il vécut 15 ans en ermite, à Saint-Germain-lès-Arpajon. Le
pape Benoît XVI, ancien archevêque de Münich-Freising, a mis l’ours dans ses armoiries
pontificales.
CORÉE (Martyrs de la)
Fête le 20 septembre. André Kim Taegon (1821-16 avril 1846), premier prêtre coréen, Paul
Chong Hasang (1795-22 avril 1839) et leurs 101 compagnons coréens et français meurent
martyrisés en 1839.
Les dix Français étaient des missionnaires de la Société des Missions étrangères, trois évêques
et sept prêtres : Laurent Imbert, Siméon Berneux, Pierre Maubant, Louis Beaulieu, Jacques
Chastan, Pierre Aumaitre, Pierre Dorie, Just de Brétonnières, Antoine Daveluy .
Ce sont les premières canonisations proclamées en dehors de Rome, au cours du voyage de
Jean-Paul II en Corée, le 6 mai 1984 à Séoul.
CORENTIN
(† 490) ÉVÊQUE – MR 12 décembre. Il serait le premier évêque de Quimper et l’évangélisateur
de la région, aidé en cela par les saints Tugdual et Guénolé. La cathédrale de Quimper lui est
dédiée. Il est le patron du diocèse.
Dérivé : Corinne.
CORINNE, voir Corentin
CORNEILLE
(† 253) PAPE et MARTYR – MR 16 septembre**. Durant son bref pontificat (251-253), le pape
Corneille lutte contre un antipape redoutable, Novatien. Ce dernier est partisan du refus du
pardon aux anciens apostats (on est en pleine persécution des chrétiens), Corneille au contraire,
soutenu par un concile et par son ami saint Cyprien, évêque de Carthage (fêté en même temps
que lui), se prononce pour la réconciliation. Une violente épidémie de peste survenant sur ces
entrefaites déclenche une nouvelle vague de persécutions antichrétiennes. Corneille est arrêté
et exilé à Civitavecchia où il meurt. Il est honoré comme martyr. Ses reliques se trouvent à
Sainte-Marie-du-Transtévère à Rome.
Deux autres saints, dont le centurion Corneille (Ac 10), portent ce nom.
CRÉPIN et CRÉPINIENe e e(III siècle) MARTYRS – MR 25 octobre. Selon une légende du IX ou X siècle, ces deux
frères, des cordonniers qui chaussaient les pauvres gratuitement, seraient venus de Rome à
e eSoissons pour y prêcher l’Évangile et y seraient morts martyrs sous l’empereur Maximien (II -III
esiècles). Leur culte est attesté dès le IV siècle par saint Grégoire de Tours. Ils sont les patrons
des cordonniers, d’où le nom traditionnel de saint Crépin pour désigner l’ensemble des outils du
cordonnier et même le sac dans lequel les cordonniers nomades les transportaient.
CRESCENT
e(II siècle) ÉVÊQUE – Fête loc. 27 juin. Originaire de Galatie, disciple de saint Paul (2 Tm 4, 10)
et évêque en Galatie (Asie Mineure), Crescent serait venu prêcher l’Évangile en Gaule sous
er el’empereur Trajan (I -II siècles) et aurait fondé le siège épiscopal de Vienne (Isère).
CUNÉGONDE ou KUNIGONDE
(† 1033 ou 1039) IMPÉRATRICE – MR 3 mars. Épouse d’Henri de Bavière élu empereur
d’Allemagne à la mort d’Otton III, elle donne en même temps que lui un témoignage de vertu qui
leur vaudra à tous deux la canonisation. D’un commun accord, ils auraient notamment fait vœu
de continence. Ils fondent le monastère et le diocèse de Bamberg. Devenue veuve, l’impératrice
se retire dans le couvent de Kaufungen, en Hesse, l’un de ceux qu’elle a fondés.
CUNÉGONDE (KINGA)
(1234-1292) VEUVE et RELIGIEUSE – MR 24 juillet. Épouse du prince Boleslas de Pologne qui
aida son peuple lors de l’invasion tartare, Cunégonde entre chez les clarisses à la mort de son
mari.
CUTHBERT ou HERBERT
(† 687) ÉVÊQUE – MR 20 mars. L’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande se disputent l’honneur de lui
avoir donné le jour. Berger puis moine, prieur pendant douze ans et ermite pendant huit ans, il
est élu malgré lui évêque d’Hexam et décide l’évêque de Lindisfarne à échanger sa charge
contre la sienne. Un an avant de mourir, il abdique et se retire sur un îlot désert. Il est le patron
des marins anglais.
CYPRIEN DE CARTHAGE
(v. 200-v. 258) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 16 septembre** (en Afrique du Nord****). Cet avocat
d’Afrique romaine, converti au christianisme à 40 ans, est ordonné prêtre et, peu après, élu
évêque de Carthage (248). Les dix années de son pontificat se déroulent dans la tourmente et
se concluent tragiquement.
À peine Cyprien élu, l’empereur Dèce déclenche une vague de persécutions contre les chrétiens.
Cyprien, recherché comme tous les évêques, parvient à se cacher. Mais, le calme revenu, un
problème aigu se pose à toute l’Église : quelle attitude adopter vis-à-vis des lapsi (ceux qui, sous
la menace, ont renié leur foi) ? Sévérité ou indulgence ? Partout l’Église se trouve divisée. À
Carthage, la scission menace même. Devant ce risque, et malgré sa propension personnelle à
l’intransigeance, Cyprien adopte une position mesurée : la pénitence sera proportionnée à la
faute. En 255, surgit un nouveau conflit, à propos du baptême donné par les hérétiques.
L’Église d’Afrique, soutenue par celle d’Orient, impose un nouveau baptême aux hérétiques
convertis tandis que l’Église de Rome admet la validité du premier baptême. À ce sujet, Cyprien
ers’oppose avec vigueur au pape Étienne I . En fait, la controverse est très vite balayée par le
déferlement d’une nouvelle vague d’hostilité aux chrétiens, lancée par l’empereur Valérien.
Cyprien, refusant de sacrifier aux dieux, témoigne devant son peuple de sa fidélité à la foi et
meurt décapité. Ses dix années d’épiscopat auront été exemplaires : à l’animation de son Église
locale, au témoignage de sa foi s’ajoute son œuvre de théologien, dont l’influence fut grandedans tout l’Occident et qui a fait de lui un des Pères latins de l’Église. Parmi ses œuvres, citons
le De Lapsis et le De Catholicae Ecclesiae Unitate : « On ne peut avoir Dieu pour père si l’on n’a
pas l’Église pour mère. » Sa définition de l’Église sera reprise par le concile Vatican II (Const.
sur l’Église n. 4) : un peuple rassemblé dans l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit.
Saint Cyprien est le patron principal de l’Église d’Afrique du Nord, qui le fête solennellement.
CYPRIEN DE PÉRIGORD
e(VI siècle) ABBÉ – MR 9 décembre. Limousin d’origine et abbé du monastère de Genouillac,
son nom reste attaché à la petite ville de Saint-Cyprien (Dordogne), où la tradition le fait vivre
edans la grotte de Roque-Fournière. Il est vénéré en Périgord dès le VI siècle.
CYPRIEN DE TOULON
(† v. 545) ÉVÊQUE – MR 3 octobre. Disciple et ami de saint Césaire d’Arles, moine de
SaintVictor de Marseille, il est évêque de Toulon dès avant 517.
Cinq autres saints portent le nom de Cyprien.
CYR
e(IV siècle) MARTYR – MR 16 juin. Cet enfant de trois ans est martyrisé avec sa mère Juliette, à
Tarse en Cilicie.
40 localités en France se sont mises sous la protection de saint Cyr.
CYRILLE D’ALEXANDRIE
(† 444) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 27 juin*. D’abord ermite, il succède à son
oncle Théophile comme patriarche d’Alexandrie en 412. Il est l’âme de la lutte contre l’hérésie de
Nestorius, patriarche de Constantinople, qui soutient qu’en Jésus il y a deux personnes
distinctes, l’humaine et la divine. Il fait condamner cette doctrine par le synode d’Alexandrie (430)
puis par le concile d’Éphèse (431) au cours duquel est proclamée l’unité de la personne de
Jésus, avec deux natures, respectivement divine et humaine. Marie peut, dès lors, à bon droit
être appelée Théotokos (en grec, Mère de Dieu). Cyrille est proclamé Docteur de l’Église par
Léon XIII en 1883.
N’est-il pas évident pour tous qu’il s’est abaissé à la condition d’esclave, sans en retirer aucun
profit pour lui-même, mais pour nous faire don de lui-même, afin que nous soyons enrichis de sa
pauvreté, élevés, par notre ressemblance à lui, à son bien propre et excellent, et que nous
apparaissions par la foi dieux et enfants de Dieu ?
Saint Cyrille d’Alexandrie, Commentaire de Jean.
CYRILLE DE JÉRUSALEM
(v. 315-386) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 18 mars*. Né à Jérusalem, il est déjà
un spécialiste de la formation religieuse des adultes lorsqu’il est élu évêque de sa ville en 348.
Ses Catéchèses, qui nous sont parvenues, sont destinées aux catéchumènes et aux nouveaux
chrétiens. À trois reprises, il est chassé de son siège épiscopal sous l’influence des ariens, mais
c’est dans sa ville qu’il finit sa vie. Il est proclamé Docteur de l’Église en 1882 par Léon XIII.
CYRILLE DE THESSALONIQUE
(827-869) MOINE – MR 14 février** (en Europe***). Né à Thessalonique, Cyrille reçoit au
baptême le nom de Constantin, ne prenant celui de Cyrille qu’à la fin de sa vie, comme nom de
moine. Lui et son frère Méthode, que l’on fête ensemble, sont les apôtres des pays slaves.Moines en Asie Mineure, ils sont envoyés en 863 en Moravie (dans l’actuelle République
Tchèque) par l’empereur de Byzance pour en évangéliser la population. Il leur faut donc traduire
la Bible et les livres liturgiques dans la langue autochtone de l’époque, le slavon. Il créent un
alphabet, le slave étant jusqu’alors une langue exclusivement orale. Ils s’inspirent principalement
de l’alphabet grec (celui de leur langue maternelle), et accessoirement d’alphabets orientaux
pour exprimer les sons inconnus du grec. C’est l’alphabet glagolitique, dont des disciples tireront
plus tard l’alphabet cyrillique adopté par la Russie, la Bulgarie, la Serbie. Le slavon figure, depuis
lors, parmi les langues considérées comme sacrées : il est la langue liturgique des chrétiens de
rite byzantin en pays slave. Dénoncés auprès du Saint-Siège par l’épiscopat germanique pour
employer dans la liturgie une langue courante au lieu du grec et du latin, Cyrille et Méthode
viennent à Rome en 868 et y reçoivent l’approbation du pape Adrien II. C’est là que meurt
Cyrille. Méthode, pour sa part, nommé archevêque et légat du pape en pays slave, poursuit sa
mission et meurt à Velherad en Moravie. Les deux frères sont vénérés dans toutes les Églises,
qu’elles soient romaine ou orthodoxe. Ils sont patrons de l’Europe.
Douze autres saints portent le nom de Cyrille.D
DALMACE ou DALMAS
(† 580) ÉVÊQUE – MR 13 novembre. Il est le troisième évêque de Rodez, dont saint Grégoire
de Tours vante la générosité envers les pauvres.
erDAMASE I
(v. 305-384) PAPE – MR 11 décembre*. Diacre et collaborateur du pape Libère, il lui succède en
366. Aux prises dès son élection avec un antipape, Ursinus, son pontificat est troublé par les
menées de toutes sortes d’hérétiques et par les schismes qui éclatent à Antioche, à
Constantinople, en Sardaigne et à Rome même. Sur les incitations de saint Athanase, il réunit à
Rome un synode qui confirme la position du concile de Nicée vis-à-vis de l’arianisme. En 382, il
promulgue la définition du Canon des Écritures. La même année, il obtient de l’empereur de
Rome, Théodose, la séparation de l’État et du paganisme, symbolisée par la suppression au
Sénat de l’autel de la Victoire. Il affirme avec beaucoup de vigueur la primauté du siège
apostolique. Ayant pris saint Jérôme comme secrétaire, il lui confie la révision de la traduction
latine de la Bible : c’est l’origine de la Vulgate.
DAMIEN
(Dates indéterminées) MARTYR – MR 26 septembre* (fêté en même temps que saint Côme ). La
tradition veut que Damien et son frère Côme aient été des médecins refusant toute rémunération
(anargyres), allusion probable aux guérisons obtenues par la prière. Martyrisés, peut-être vers
e300 (à Cyr, près d’Alep en Syrie), ils font l’objet d’un culte très vivant dès le V siècle et sont les
patrons des médecins, chirurgiens, pharmaciens et sages-femmes.
Bienheureux DAMIEN DE VEUSTER
(1840-1889) RELIGIEUX – MR 15 avril. Joseph De Veuster naît dans une famille chrétienne à
Trémolo, village près de Louvain, en Belgique. Prêtre dans la congrégation des Sacrés-Cœurs
de Jésus et Marie (dite « de Picpus », nom de la rue de Paris où elle a pris naissance), il reçoit le
nom de « père Damien ».
En 1862, à 23 ans, il part comme missionnaire à Hawaï, dans le Pacifique. Les premiers
missionnaires catholiques y sont arrivés en 1827 mais n’ont pu y établir durablement la foi
catholique qu’aux alentours de 1840. Dix ans plus tard, en 1872, il se porte volontaire pour aller
vivre au milieu des lépreux de l’île de Molokai, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de la
grande île d’Hawaï. « Me voici prêt à m’ensevelir tout vivant avec des infortunés », déclare-t-il à
son évêque. 17 ans plus tard, victime à son tour de la lèpre, une maladie alors non seulement
incurable mais volontiers considérée comme un châtiment de Dieu, le père Damien choisit d’aller
avec ces exclus pour se faire, parmi eux, le témoin de l’Évangile. Ce faisant, il ne lui faut pas
seulement surmonter la barrière des préjugés sociaux et moraux ainsi que celle de l’isolement,
mais aussi un autre type d’épreuve : la répulsion naturelle que provoquent les lépreux. Les
premiers mois sont difficiles mais conduisent le père Damien à la constatation que, pour sauver
les âmes, il faut sauver les corps afin de redonner leur dignité aux personnes humaines.
Le père Damien, tout en soignant les lépreux et en organisant l’entraide des soins entre eux,
s’emploie dès lors à susciter avec eux et pour eux une authentique vie sociale. Il met en route la
construction de maisons entourées de jardins, d’un orphelinat, d’une église, d’une conduite d’eau
courante.
Il est béatifié le 4 juin 1995 à Bruxelles par Jean-Paul II.
Sept autres saints ou bienheureux portent le nom de Damien.
Bienheureux DANIEL BROTTIERBienheureux DANIEL BROTTIER
(1876-1936) PRÊTRE – MR 28 février. Très jeune, Daniel Brottier se sent appelé au sacerdoce.
Né dans une famille modeste près de Blois, il est ordonné prêtre en 1899 et entre dans la
congrégation des Pères du Saint-Esprit. Il part comme missionnaire au Sénégal, où il exerce son
ministère avec humour et dynamisme jusqu’en 1911. La maladie l’obligeant à quitter la terre
d’Afrique, il se consacre aussitôt à recueillir des fonds pour construire la cathédrale de Dakar en
utilisant des méthodes, alors révolutionnaires, de publicité dans les journaux et le métro.
Aumônier volontaire pendant la guerre de 1914, il fonde, après les hostilités, l’Union nationale
des combattants (qui rassemble vite 600 000 hommes de tous bords) pour « qu’ils restent unis
comme au front ».
En 1923, le père Brottier est nommé directeur de l’Œuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil ,
fondée en 1866 par l’abbé Roussel. Devenu « le brasseur des affaires de Dieu », il consacre
désormais à cette œuvre son énergie et son cœur. Disciple fervent de Thérèse de
l’EnfantJésus, il commence par construire une chapelle qui lui est dédiée et aussitôt les dons d’argent
affluent. Le dynamisme, le sens de l’organisation et le travail acharné du père Brottier – fidèle à
sa devise : « Aide-toi, le ciel t’aidera » – donnent un essor extraordinaire à cette œuvre qui
éduque et prépare à leur futur métier des milliers de jeunes gens en difficulté familiale ou
sociale.
DANIEL COMBONI
(1831-1881) ÉVÊQUE – MR 10 octobre. Daniel Comboni naît en 1831 au nord de l’Italie, dans
une famille paysanne. Ordonné prêtre en 1854, il part trois ans plus tard au Soudan pour le «
salut des âmes les plus abandonnées du monde ». En 1864, alors qu’il est en prière à
SaintPierre de Rome, il a l’intuition du « Plan de régénération de l’Afrique » dont l’idée maîtresse est
le salut de l’Afrique par les Africains eux-mêmes. Il note aussi l’importance de la femme africaine
dans cette œuvre. Pour faire connaître la mission de l’Afrique centrale, il fonde une revue
missionnaire, crée un institut de prêtres et frères missionnaires (1867), les comboniens actuels,
et un institut de sœurs (1872). Entre-temps, il assiste au concile Vatican I comme théologien et
fait signer par 70 pères conciliaires une pétition en faveur de l’évangélisation de l’Afrique
centrale. En 1877, il est nommé vicaire apostolique de l’Afrique centrale et, un mois plus tard, il
est ordonné évêque de Khartoum. Il connaît bien des épreuves : en douze ans, il perd 24 de ses
compagnons. Ni les incompréhensions ni les calomnies ne lui sont épargnées, mais il reçoit ces
croix avec un esprit de foi, jusqu’à sa mort à Khartoum. Béatifié le 17 mars 1996, il est canonisé
le 5 octobre 2003.
DANIEL LE STYLITE
(409-493) RELIGIEUX – MR 11 décembre. Né en Syrie, il se fait moine dès l’âge de douze ans.
Plus tard, il rend visite à Syméon, moine stylite dans un monastère près d’Antioche (stylite : du
grec stylos, colonne ; par esprit de pénitence, les moines stylites se retiraient du monde en
vivant au sommet d’une colonne). À la mort de Syméon, Daniel décide de suivre son exemple.
Ainsi établi près de Constantinople en 460, il y reste jusqu’à sa mort 30 ans plus tard. On vient
de très loin pour s’édifier de ses pénitences et de ses exhortations.
eUn autre Daniel ( IV siècle – Fête loc. 10 juillet) a été martyrisé en Arménie.
Dérivés : Danièle, Dany.
DAVID
(† v. 970 av. J.-C) ROI et PROPHÈTE – MR 29 décembre. Nous connaissons sa vie par les
Livres de Samuel et sa vie spirituelle par les Psaumes. Il est roi (1S 16, 1-13) et préfigure le
Christ.
DAVIDer(† 601) ÉVÊQUE – MR 1 mars. Ce patron du pays de Galles est un moine, devenu évêque,
qui donna une vive impulsion et un caractère très rigoureux au monachisme gallois et breton. Il
est l’un des créateurs de la liturgie celtique.
Sept autres saints portent le nom de David.
DELPHIN
(† 404) ÉVÊQUE – MR 24 décembre. L’un des premiers évêques de Bordeaux, il fait progresser
la foi en Aquitaine. Il lutte contre l’hérésie priscillianiste, née en Espagne, dont nous connaissons
mal la nature. Il est l’ami de saint Paulin, évêque de Nole en Italie, lui-même originaire de
Bordeaux, avec lequel il échange une grande correspondance.
Bienheureuse DELPHINE DE SABRAN
(v. 1282-1360) VIERGE – MR 26 novembre. Elle est née dans la montagne du Lubéron
(Vaucluse). Lorsqu’elle épouse Elzéar de Sabran, ils décident d’un commun accord de garder
leur virginité. Après la mort de son mari en 1323, elle adopte une vie de pauvreté et de prière.
Elle meurt à Apt. Son tombeau se trouve à la cathédrale.
DENIS ou DENYS
(† v. 250) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 9 octobre* (fêté en même temps que ses compagnons
martyrs). Premier évêque de Paris, il meurt décapité sous le règne de l’empereur Dèce
(249251), en même temps que le prêtre Éleuthère et le diacre Rustique. Denis est un des saints
céphalophores, ce qui signifie que, selon la légende, il porta sa tête après sa décollation ; il est
souvent figuré de la sorte. Une Vie de sainte Geneviève, publiée vers 520, atteste qu’à cette
époque Denis faisait déjà l’objet d’un culte ancien. Ce récit fixe le lieu du supplice au vicus
Catulliacus, aujourd’hui Saint-Denis, où une basilique fut édifiée très tôt en son honneur sur le
lieu de sa sépulture. Une autre tradition le fait mourir sur la colline de Montmartre (mons
eMartyrum), autrefois dédiée au dieu Mars. Malgré la confusion faite jusqu’au XVII siècle, Denis
erde Paris n’a rien de commun avec Denis l’Aréopagyte, converti par saint Paul à Athènes au I
siècle, que le Martyrologe romain mentionne au 3 octobre.
Saint Denis est le patron des diocèses de Paris, de Saint-Denis en France et de Saint-Denis de
la Réunion.
21 autres saints ou bienheureux portent le nom de Denis ou Denys. 49 localités en France
portent son nom.
À Paris, sur les traces de saint Denis
eLe culte rendu à saint Denis, premier évêque de Paris ( III siècle), est très ancien. Il s’est trouvé
estimulé par une Passion rédigée au IX siècle décrivant le supplice de Denis en utilisant
probablement les éléments d’une tradition orale. Les pèlerinages sur les lieux de son martyre et
de sa sépulture rassemblèrent longtemps les foules. On en retrouve maints témoignages dans le
Paris d’aujourd’hui.
eAu 25 de la rue Henri-Barbusse (5 arrondissement), dans la cour intérieure, se trouvent les
vestiges d’une chapelle qui aurait marqué lemplacement de l’oratoire où Denis et ses
compagnons Rustique et Éleuthère furent arrêtés. Par la voie romaine dont la rue Saint-Jacques
occupe le site, ils auraient été conduits au cœur de l’ancienne Lutèce (l’île de la Cité), torturés à
la « maison de justice » située à l’emplacement de l’actuel chevet de Notre-Dame, jetés dans un
cachot à l’emplacement de l’actuel Hôtel-Dieu, et condamnés à mort. Ils auraient alors été
conduits sous escorte au Mons Martis, le mont du dieu Mars, dont on a fait le Mons Martyrum, le
mont des Martyrs, Montmartre. Les pèlerinages qui se rendaient sur les lieux du supplice
suivaient le tracé des actuelles rues Montmartre et du Faubourg-Montmartre, de la rue des
Martyrs et de la place des Abbesses. L’exécution aurait eu lieu à la hauteur du 9 de la rueYvonne-Le-Tac, en un point appelé depuis lors le Martyrium, où a été édifiée une chapelle. C’est
dans sa crypte qu’en 1534 saint Ignace et ses sept premiers compagnons firent le vœu de se
consacrer au service de l’évangélisation, vœu dont est sortie la Compagnie de Jésus (les
Jésuites).
Selon la tradition, le bourreau, après avoir décapité Denis, lui mit la tête dans les mains en lui
disant : « Tiens ceci, Denis, je te la donne. » Denis, prenant sa tête, alla jusqu’à une source pour
en laver le sang. Une fontaine, dans le square Buisson, avenue Junot, est honorée comme le
lieu de cette purification et une statue de Denis décapité y a été placée.
De là, Denis serait allé jusqu’à la localité de Catulliacum, devenue depuis Saint-Denis, où il
eaurait été inhumé. Sur son tombeau, au V siècle, sainte Geneviève édifie une chapelle,
e eagrandie par Dagobert au VII siècle. Suger, au XII siècle, la remplace par l’actuelle basilique,
coup d’envoi de l’architecture gothique, où les rois de France se feront inhumer. La basilique est
aujourd’hui la cathédrale du diocèse de Saint-Denis.
DENISE ou DENYSE
e(III siècle) MARTYRE – MR 15 mai. Le Martyrologe romain fait état à cette date d’un groupe de
echrétiens d’Asie Mineure arrêtés pendant les persécutions de Dèce (III siècle) et sommés sous
peine de mort de sacrifier aux dieux. L’un d’eux n’ayant osé se soustraire à cet ordre, une jeune
fille de 16 ans, qui était présente, s’indigna. Aussitôt arrêtée, elle fut exécutée en même temps
que ceux qui avaient refusé de sacrifier.
e eDeux autres martyres ( III et IV siècles) portent le nom de Denise ou Denyse. Beaucoup de
Denise ont pour patron l’un des saints Denis.
DÉSIRÉ
(† v. 550) ÉVÊQUE – MR 8 mai. Né près de Soissons et gardien du sceau royal sous les rois
Clotaire et Childebert, il succède à saint Arcade en 543 comme évêque de Bourges. Il prend part
à des conciles locaux où sont condamnées les hérésies de Nestorius et Eutychès. Il est enterré
à Bourges.
ePlusieurs autres saints portent le nom de Désiré, dont Désiré ( VI siècle), évêque de Clermont,
Désiré († 655), évêque de Cahors et Désiré († 700), fondateur de l’abbaye de Fécamp.
DÉVOTE
e(III siècle) MARTYRE – MR 3 novembre. Fête loc. 27 janvier. Elle est une martyre corse dont la
elégende remonte au XI siècle et dont le culte est ancien dans son île natale. La tradition
rapporte qu’une colombe, sortie de sa bouche après sa mort, aurait guidé jusqu’à Monaco la
barque transportant son corps. Elle est la patronne de la principauté de Monaco et de la Corse.
Bienheureuse DIANE D’ANDALO
(1201-1236) VIERGE – MR 10 juin. Née à Bologne, elle entre à 20 ans chez les chanoinesses
de Saint-Augustin. Les siens l’en font sortir de la manière la plus brutale, si l’on en croit les
relations historiques. Persévérant dans sa vocation, elle fonde deux ans plus tard un couvent de
dominicaines où elle meurt à l’âge de 35 ans.
DIDACE ou DIEGO
(† 1463) RELIGIEUX – MR 12 novembre. Franciscain espagnol, il est d’abord portier d’un
couvent près de Cordoue où sa renommée de sainteté se répand. Envoyé comme missionnaire
aux îles Canaries et bien que « frère lai » ou frère laïc, il est « gardien », c’est-à-dire supérieur
de la mission. En 1450, il se rend à Rome avec de nombreux frères pour la canonisation de
saint Bernardin. Là, le dévouement qu’il déploie pendant une épidémie le fait désigner pour
diriger l’hôpital de l’Ara Coeli. Rentré en Espagne, il meurt au couvent d’Alcala de Henarès (prèsde Madrid), avec la réputation d’être l’un des plus grands mystiques de son temps.
DIDIER ou DÉSIRÉ
(† 606) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 26 mai. Évêque de Vienne (Isère), il indispose le roi
mérovingien Thierry II par ses remontrances à l’égard de sa conduite. Déposé par un concile
réuni à Chalon à l’initiative du roi, il est un moment exilé puis lapidé et achevé à coups de bâton
au lieu qui deviendra Saint-Didier-sur-Chalaronne (Ain).
Le même jour, fête de saint Didier, évêque de Langres, martyrisé par les Vandales vers 355.
Neuf autres saints portent le nom de Didier, dont un évêque d’Auxerre († 623 – MR 26 octobre).
DIÉ, DÉODAT ou DIEUDONNÉ
(† 679) ÉVÊQUE – MR 19 juin. Il aurait été d’abord évêque de Nevers puis se serait retiré pour
mener une vie d’ermite dans les Vosges. Tout en restant fidèle à ce mode de vie, il fonde un
monastère en un lieu qu’il appelle Val de Galilée et en assure la direction. Par la suite, le
monastère sera voué à saint Dié et donnera son nom à la ville qui se développera autour de lui.
Saint Dié est le patron du diocèse dont cette ville est le siège.
eDeux autres saints portent le nom de Dié, dont un abbé du VI siècle dans le Blésois (MR 24
avril).
DIEGO CUAUHTLATOATZIN
(† 1548) BERGER – MR 9 décembre*. Selon une tradition difficile à justifier, l’existence de Juan
Diego est celle d’un homme de foi et d’humilité. Cet Indien du Mexique est un pauvre berger. Le
9 décembre 1531 à Tepeyac, près de Mexico, il aurait eu la vision de Notre-Dame de
Guadalupe, qui se présente à lui sous les traits d’une Indienne à la peau foncée. Il lui construit
un sanctuaire, qui devient un lieu de pèlerinage. Toute l’Amérique latine vient y prier en foules
immenses celle qui est la patronne protectrice de tout ce continent. Juan Diego est béatifié le 6
mai 1990 et canonisé le 31 juillet 2002.
Les historiens restent sceptiques sur l’existence réelle de Juan : aucune mention historique le
concernant ne remonte avant 1648, et une expertise scientifique de la chemise-relique,
conservée dans la basilique, conclut en 1982 qu’il s’agit d’une peinture. Le supérieur de la
basilique de Guadalupe envoie au pape un message demandant de ne pas canoniser Juan
Diego Cuauhtlatoatzin car « l’existence de l’Indien n’a pas été démontrée ». Cette canonisation
provoque une certaine réticence d’une partie du clergé mexicain qui considère que l’existence
historique du nouveau saint n’est pas assez confirmée. Le secrétaire de la conférence des
évêques mexicains déclare même : « Juan Diego Cuauhtlatoatzin a-t-il existé ou pas ? A-t-il fait
des miracles ? L’important, c’est que notre peuple mexicain croit en la Vierge de Guadalupe.
C’est peut-être cela le plus grand des miracles ! » Juan Diego devient ainsi le premier saint
indien de l’Église catholique et cette canonisation ne fait que renforcer la popularité de la Vierge
de Guadalupe dont l’image est présente dans la quasi-totalité des appartements, des taxis, des
commerces et des maisons du Mexique.
DIOSCORE
(† 303) MARTYR – MR 18 mai. Il meurt à Alexandrie brûlé par des lames de métal rougies au
feu avant d’être décapité.
Dérivés : Cora, Coralie, Corinne.
DISMAS
(† 33) LAÏC – MR 25 mars. La tradition appelle ainsi le bon larron crucifié à côté du Christ (Luc
23, 33-43). On peut le considérer comme le premier saint canonisé.
DODONDODON
(† 750) ERMITE – MR 29 octobre. Originaire de la région de Laon en France, il est abbé du
monastère de Walers-en-Faigne, dans le Cambrésis.
DOLORÈS
MR 15 septembre**. Nom donné dans les pays de culture hispanique aux personnes ayant pour
patronne Notre-Dame-des-Douleurs (Dolores).
DOMINIQUE
(1170-1221) PRÊTRE – MR 8 août**. Dominique Guzman , né dans la province de Burgos
(Espagne), entre, après des études à Palencia, chez les chanoines réguliers d’Osma
(VieilleCastille). Devenu sous-prieur, il accompagne son évêque dans une mission au Danemark et,
traversant le Midi de la France, découvre toute la gravité de la situation provoquée par l’hérésie
albigeoise. Peu après, il se rend à Rome, où le pape Innocent III, très préoccupé des progrès
rapides de l’hérésie, l’envoie dans les régions où elle se développe, afin d’y prêcher la foi
catholique. Dominique, conscient des raisons du succès des Cathares dans la région (austérité
de vie de leurs cadres, en contraste avec le relâchement et l’ignorance du bas clergé et la
richesse de l’Église), s’emploie lui aussi, avec quelques compagnons, à inciter les populations à
revenir à l’esprit évangélique, mais dans la fidélité à l’Église. Ils donnent eux-mêmes le
témoignage d’une vie de pauvreté, de chasteté, d’obéissance et de prière.
Dominique suscite à Prouille (Aude) une communauté de femmes venues de la foi cathare. En
1215, il fonde à Toulouse le premier couvent de Frères prêcheurs (nom qu’il donne à ses
religieux qui seront d’ailleurs plus couramment appelés dominicains). Ainsi naît le nouvel ordre,
voué essentiellement à la prédication, auquel Dominique donne comme règle celle de saint
Augustin, qui permet de concilier vie religieuse et tâche apostolique. Tandis que se poursuit la
sanglante croisade des Albigeois, Dominique et ses compagnons parcourent la région, prêchant
et organisant des débats. Il envoie des frères en dehors de la région, dans les grandes villes
universitaires, foyers de la culture contemporaine, où ils multiplient les fondations. Dès 1216 le
pape Honorius III approuve l’ordre, dont le premier chapitre général établit les constitutions en
1220. Dominique meurt prématurément l’année suivante ; ses couvents sont déjà assez
nombreux en France, Espagne, Italie, pour former alors huit provinces. Le nom de Dominique
vient du latin dominicus, voué au Seigneur.
Une quarantaine de saints et bienheureux portent le nom de Dominique. Parmi eux : Dominique,
abbé de Silos en Espagne († 1073, MR 20 décembre), Dominique Savio (1842-1857), jeune
élève de saint Jean Bosco (MR 9 mars), et de nombreux martyrs chinois, vietnamiens et
japonais.
DOMITIEN
er(† I siècle) ÉVÊQUE – MR 9 août. Il est évêque de Châlons-en-Champagne.
DOMNIN
(† v. 370) ÉVÊQUE – Fête loc. 13 février. Peut-être venu d’Afrique et considéré comme le
fondateur de l’Église de Digne, il est le patron de ce diocèse.
eUn autre Domnin, fêté le 3 novembre, a été évêque de Vienne (Isère) au VI siècle. Enfin, on
honore au Puy un enfant portant le nom de Domnin, originaire d’Avrillé (Vendée), qui aurait été
emartyrisé au III siècle à l’âge de dix ans.
DOMNOLE
er(† 581) ÉVÊQUE – MR 1 décembre. Il est abbé du monastère Saint-Laurent près de Paris,
puis évêque du Mans.DONALD
e(VIII siècle) RELIGIEUX – MR 15 juillet. Moine écossais, il entre dans les ordres en même
temps que ses neuf filles.
DONAT
e(VI siècle) ERMITE – MR 19 août. Il aurait vécu en ermite dans une grotte au Val-Saint-Donat,
près de Sisteron. À l’époque de l’invasion des Sarrasins, ses reliques auraient été transportées à
Saint-Donat-sur-l’Herbasse (Drôme).
eUn autre saint Donat, archevêque de Besançon au VII siècle, dota les monastères de son
diocèse d’une règle inspirée de saint Benoît, saint Colomban et saint Césaire.
DONATIEN et ROGATIEN
(† 304) MARTYRS – MR 24 mai. Ces deux frères, souvent appelés « les enfants nantais » , sont
en effet morts martyrisés à Nantes. Donatien avait converti Rogatien. Ce sont les patrons du
diocèse de Nantes.
Quatre autres saints portent le nom de Donatien, dont trois martyrs des premiers siècles ; l’un
ed’eux est saint Donatien (IV siècle), deuxième évêque de Châlons-en-Champagne.
DORA, DORIANE, DORINE, voir Dorothée
DORMANTS D’ÉPHÈSE (Les sept)
e(II siècle) – MR 27 juillet. Sept jeunes hommes, emmurés vivants dans un arbre où ils s’étaient
eréfugiés pour fuir la persécution, se réveillèrent au V siècle, rendant ainsi témoignage à la
résurrection.
Ils sont vénérés à Plouaret en Bretagne et ils sont mentionnés dans la sourate 18 du Coran, d’où
l’existence d’un pèlerinage islamo-chrétien.
DOROTHÉE
e(IV siècle) MARTYRE – MR 6 février. Elle est martyrisée à Césarée de Cappadoce
(actuellement Kayseri en Turquie) en même temps qu’un jeune avocat, Théophile, converti à la
suite d’un miracle. Des reliques de sainte Dorothée sont honorées à Arles.
Dérivés : Dora, Doris, Dorine, Doriane.
DOUAI (Martyrs de)
e e(XVI et XVII siècles) MARTYRS – 160 prêtres anglais formés à Douai moururent martyrs en
Angleterre de 1568 à 1679. La plupart sont fêtés sous leur nom à la date de leur martyre.
DOULCHARD
e e(VIII ou IX siècle) ERMITE – Fête loc. 25 octobre. Ermite dans les environs d’Orléans, il a
edonné son nom à partir du XI siècle à Saint-Doulchard (Cher) en raison des services rendus à
la population locale.
DROCTOVÉE ou DROTÉ
(† 580) ABBÉ – MR 10 mars – Fête loc. 30 août à Paris. Il est d’abord abbé de
SaintSymphorien à Autun. Saint Germain de Paris en fait le premier abbé de ce qui deviendra le
monastère parisien de Saint-Vincent-et-de-la-Sainte-Croix, appelé plus tard
Saint-Germain-desPrés.
DRUON ou DROGNONDRUON ou DROGNON
(† 1186) ERMITE – MR 16 avril. Fils du seigneur local, Druon naît près de Carvin (Nord).
Renonçant à tous ses biens, il se retire pour vivre en ermite à Sebourg près de Valenciennes.
C’est là qu’il meurt, après avoir accompli de nombreux pèlerinages. Son culte est associé à celui
du bienheureux Pierre de Luxembourg, allié à sa famille.
DYMPHNA ou DYMPNA
e(IX siècle) VIERGE et MARTYRE – MR 30 mai. C’est une Irlandaise venue en Belgique, près
d’Anvers, où elle fut martyrisée. Elle est invoquée contre l’épilepsie.E
EBBON
(† 740) ÉVÊQUE – Fête loc. 27 août. Abbé du monastère Saint-Pierre-le-Vif à Sens, il devint
l’évêque de cette ville qu’il sauva lors de l’invasion des Sarrasins.
EDEYRN ou EGEYRN
e(V siècle) ERMITE – Fête loc. 6 janvier. La légende associe cet ermite breton aux faits et gestes
du roi Arthur.
EDGAR LE PACIFIQUE
(† v. 975) ROI – Fête loc. 8 juillet. Fait rare à cette époque, c’est un règne de paix qui caractérise
celui de ce roi des Anglo-Saxons, père de sainte Édith de Wilton et de saint Édouard le Martyr.
ÉDITH
(v. 961-984) VIERGE – MR 16 septembre. Fille du roi des Anglo-Saxons, saint Edgar, elle passe
l’essentiel de sa brève vie au monastère de Wilton (Angleterre) où elle meurt à 23 ans.
ÉDITH STEIN, voir Thérèse-Bénédicte de la Croix
EDMOND RICH, EDME en Bourgogne
(† 1240) ÉVÊQUE – MR 16 novembre. Après avoir étudié à Oxford puis à Paris, il revient
enseigner à Oxford. Élu archevêque de Cantorbéry et primat d’Angleterre en 1234, il entend
réduire les bénéfices du clergé et préserver l’indépendance de l’Église vis-à-vis du pouvoir royal.
Il entre alors en conflit avec les moines de son chapitre, avec le roi Henri III et même avec le
Saint-Siège. Incorruptible et inflexible, il préfère s’exiler en France, d’abord à l’abbaye
cistercienne de Pontigny (Yonne), puis à Soisy près de Meaux (Seine-et-Marne), où il meurt. Son
corps se trouve dans une châsse de l’église de Pontigny.
Cinq autres saints ou bienheureux portent le nom d’Edmond.
Dérivés : Edma, Edmée, Elme.
ÉDOUARD III LE CONFESSEUR
(v. 1002-1066) ROI – MR 5 janvier. Roi d’Angleterre en 1042, il est le dernier souverain
anglosaxon avant la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. Édouard fait recueillir les
meilleures lois et coutumes des comtés anglais en un code resté célèbre sous le nom de Lois
d’Édouard le Confesseur, que Guillaume promet à la noblesse de conserver. Pieux et aimé de
son peuple, il construit la première abbaye de Westminster, où il meurt. De nombreux monarques
et hommes illustres ont, depuis lors, leur tombeau à Westminster Abbey.
EDWIGE, voir Hedwige
EFFLAM
(† 700) ABBÉ – Fête loc. 6 novembre. Prince britannique, il fonda un monastère en Bretagne et
donna son nom à la localité qui en naquit.
ÉGLANTINE, voir Rose
ÉLAPHE
(† 580) ÉVÊQUE – Fête loc. 19 août. Nous connaissons la vie de cet évêque de Châlons-en-Champagne par saint Grégoire de Tours.
ÉLÉONORE
(1222-1291) VEUVE – Fête loc. 25 juin. Comtesse de Provence et belle-sœur de saint Louis, elle
épouse le roi Henri III d’Angleterre et finit sa vie comme moniale bénédictine.
Dérivé : Énora.
ÉLEUTHÈRE
(† 189) PAPE – MR 26 mai. Il est le douzième successeur de saint Pierre. Les martyrs de Lyon
lui envoyèrent une lettre de la prison où ils attendaient leur martyre.
ÉLEUTHÈRE
(† 531) ÉVÊQUE – MR 20 février. Probablement le premier évêque de Tournai (Belgique), son
culte est très populaire en Wallonie et dans le Hainaut. Sa châsse se trouve toujours à Tournai,
où de grandes fêtes ont célébré son quatorzième centenaire, en 1931.
Dix autres saints portent le nom d’Éleuthère.
ÉLIANE, voir Élisabeth
ÉLISABETH
er(I siècle) MÈRE DE SAINT JEAN-BAPTISTE – MR 5 novembre. On ne sait rien d’autre sur elle
que ce qu’en dit l’Évangile de saint Luc. Elle est l’épouse de Zacharie, prêtre au service du
temple de Jérusalem. Elle est stérile jusqu’au jour où l’ange Gabriel apparaît à Zacharie pour lui
annoncer que, malgré leur âge avancé, Élisabeth va donner le jour à un enfant nommé Jean. Il
sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère, marchera devant Dieu avec l’esprit et la
puissance du prophète Élie et préparera au Seigneur un peuple disposé à l’accueillir.
Six mois plus tard, alors qu’Élisabeth est enceinte, le même ange Gabriel apparaît à Marie,
cousine d’Élisabeth, pour lui annoncer qu’elle va être la mère du Sauveur. Dans son émotion et
sa joie, Marie accourt auprès d’Élisabeth et, alors qu’elle la salue, le futur Jean-Baptiste «
tressaille aussitôt d’allégresse » dans le sein de sa mère, qui reconnaît en sa cousine « la mère
de son Seigneur ».
ÉLISABETH DE HONGRIE
(1207-1231) VEUVE – MR 17 novembre**. Fille du roi André II de Hongrie, elle épouse à 14 ans
le landgrave Louis IV de Thuringe. Elle est mère de trois enfants lorsque, à 20 ans, elle perd son
mari. Elle subit alors de multiples humiliations, qu’elle supporte avec douceur.
Chassée du château de Louis IV, elle se fait tertiaire de Saint-François, se consacrant au service
des pauvres et des malades. Elle meurt à 24 ans à Marburg (Allemagne).
Très populaire, elle est canonisée quatre ans plus tard.
ÉLISABETH, ou ISABELLE, DE PORTUGAL
(1271-1336) VEUVE – MR 4 juillet*. Fille du roi d’Aragon Pierre III et de la bienheureuse
Constance, elle est la petite-nièce de sainte Élisabeth de Hongrie. Elle épouse à douze ans le roi
Denis de Portugal. Celui-ci est un souverain remarquable mais un époux volage. Si Élisabeth
supporte avec abnégation ses infidélités, leur fils Alphonse se révolte à deux reprises contre ce
père indigne et prend les armes contre lui. À chaque fois Élisabeth rétablit la paix. Denis meurt
en 1325. Élisabeth mène dès lors une vie de prière au service des pauvres, comme tertiaire
franciscaine à Coïmbre.
Bienheureuse ÉLISABETH DE LA TRINITÉ(1880-1906) RELIGIEUSE – MR 9 novembre. Née près de Bourges où son père est en garnison,
Élisabeth Catez mène d’abord la vie de toutes les jeunes filles bourgeoises de son temps. Son
caractère est vif, enthousiaste et sensible. À 13 ans, elle obtient le premier prix de piano au
conservatoire de Dijon. Mais, depuis deux ans déjà, elle a décidé de se faire religieuse. Sa mère
s’oppose à cette vocation si précoce et lui demande d’attendre sa majorité pour entrer au carmel.
« Qu’importe, écrit Élisabeth dans son journal, je puis être carmélite en dedans. »
Sa vie de carmélite, à Dijon, ne dure que cinq années. Tout en raccommodant humblement les
robes de la communauté, Élisabeth étudie saint Paul. Elle y découvre les mots « être louange de
gloire » qui seront l’expression de toute sa spiritualité. Elle écrit beaucoup, à sa famille, à ses
amis, et tient un journal spirituel. L’écoute de la parole de Dieu la conduit au silence intérieur : «
Ce n’est pas tout d’entendre cette Parole, il faut encore la garder. »
La maladie d’Addison emporte prématurément Élisabeth, après de grandes souffrances pendant
lesquelles elle ne cesse d’exprimer son désir de communion totale avec Dieu : souffrir avec
Jésus, c’est sauver avec lui.
Le 21 novembre 1904, juste deux ans avant sa mort, elle écrit la prière à la Sainte Trinité qui
résume tout son message spirituel et sa compréhension du mystère de la Trinité.
En 1980, au cours de son voyage en France, Jean-Paul II a dit d’Élisabeth qu’elle « était l’une
des filles de la nation française qui avaient exercé la plus grande influence sur sa vie ». Elle est
béatifiée par ce pape le 25 novembre 1985.
Douze autres saintes ou bienheureuses portent le nom d’Élisabeth.
Dérivés : Babette, Bettina, Betty, Éliane, Élise, Elsa, Elsy, Leslie, Lilian, Lilianne, Lily, Lisbeth,
Lise, Lisette, Lizzie.
Ô mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous,
immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité.
Que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que
chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère !
Élisabeth de la Trinité, Écrits spirituels.
ELISABETH-ANNA SETON
(1774-1821) VIERGE – Fête le 17 septembre. Née à New York dans l’Église épiscopalienne, elle
devient catholique à 29 ans et fonde les Sœurs de la Charité de Saint-Joseph. C’est la première
sainte américaine. Elle est canonisée en la Journée internationale de la Femme le 14 septembre
1975.
ELME, voir Edmond ou Érasme
ÉLODIE, ou ALODIE, et sa sœur NUNILONE
(† 851) MARTYRES – MR 22 octobre. Nées d’un père sarrasin et d’une mère chrétienne à
Huesca en Espagne, ces deux jeunes Wisigothes refusent la loi qui les oblige à suivre la foi de
leur père. Elles acceptent le martyre pour rester fidèles à Jésus-Christ.
ÉLOI
er(v. 588-660) ÉVÊQUE – MR 1 décembre. Né à Chaptelat (Haute-Vienne), il fait son
apprentissage d’orfèvre à Limoges. Venu à Paris, il acquiert la confiance du trésorier du roi
Clotaire II, Bobbon. On raconte qu’à la surprise de tous, il exécute deux trônes avec l’or qu’on lui
avait remis pour n’en fabriquer qu’un. On lui confie l’atelier monétaire de Marseille. Il devient le
conseiller intime de Dagobert, fils de Clotaire II, qui lui facilite la fondation de monastères
(notamment Solignac, en Haute-Vienne).Appelé à l’épiscopat, il succède à saint Médard sur le siège de Noyon-Tournai en 641. Il est sacré
à Noyon par saint Ouen, récent évêque de Rouen et autre conseiller de Dagobert.
Il continue à fonder des monastères (Noyon, Tournai, Saint- Quentin) et va jusqu’en Frise
évangéliser les païens.
C’est là qu’il meurt. Ses reliques sont ramenées des Pays-Bas à Noyon en 1952.
Saint Éloi est patron des orfèvres, maréchaux, forgerons, charrons, vétérinaires, selliers,
couteliers, chaudronniers, mineurs, serruriers, horlogers, carrossiers, batteurs d’or, taillandiers,
monnayeurs, ferblantiers, cochers, fermiers, maquignons, valets de ferme, laboureurs.
ELSA, voir Élisabeth
ELVIRE
(† 1936) MARTYRE – MR 19 août. Religieuse carmélite, elle rend témoignage de sa fidélité au
Christ avec plusieurs autres sœurs, durant la guerre civile espagnole.
ELZEAR
(1285-1323) LAÏC – MR 24 septembre. Elzear de Sabran, comte d’Arian, est né à Robians
(Vaucluse).
Il épouse à 14 ans sainte Delphine de Glandèves, qui en a 16. Ils décident d’observer la
continence et se font tertiaires de Saint-François. Ambassadeur en France du roi Robert de
Naples, il meurt durant sa mission.
Son tombeau et celui de son épouse se trouvent à la cathédrale d’Apt (Vaucluse). Il est canonisé
en 1369, du vivant de sa femme.
ÉMEBERT
(† 645) ÉVÊQUE – MR 15 janvier. Frère de sainte Gudule, il fut un jeune homme humble et tout
au service des pauvres. Grâce à toutes ses vertus, il fut choisi pour être le cinquième évêque de
Cambrai et d’Arras.
ÉMERIC, AYMERIC, ou IMRE en hongrois
(† 1301) ROI – MR 4 novembre. Il est le fils de saint Étienne, roi de Hongrie. Bon père de famille
et bon chrétien, il ne monte pas sur le trône puisqu’il meurt avant son père. Quand il rendait visite
à un monastère, son intuition spirituelle le portait vers les plus fervents et il ne saluait que d’un
simple baiser de paix les religieux sans ferveur.
ÉMILE
e(III siècle) MARTYR – MR 22 mai. Lui et son compagnon Caste, chrétiens d’Afrique, ont d’abord
faibli devant le supplice. Ayant repris courage et affirmé leur foi, ils sont jetés aux flammes. Nous
les connaissons par un écrit de saint Cyprien.
Quatre autres martyrs des premiers siècles portent le nom d’Émile.
ÉMILIE DE RODAT
(1787-1852) VIERGE – MR 19 septembre. Elle naît à Druelle, près de Rodez (Aveyron). En
1819, elle fonde à Villefranche-de-Rouergue les Sœurs de la Sainte-Famille, au service des plus
pauvres et des plus démunis. Son corps repose au couvent de la Sainte-Famille dans la ville. Sa
congrégation poursuit aujourd’hui ses activités dans de multiples domaines : enseignement,
catéchèse, service des malades, services sociaux, présence auprès de handicapés, de gitans,
de prostituées, etc. Son confesseur, Pierre-Marie Fabre, publie sa biographie en 1858.
ÉMILIE DE VIALAR(1797-1856) VIERGE – MR 24 août. Née à Gaillac (Tarn), elle y mène pendant 20 ans une vie
déjà consacrée aux pauvres et aux malades avant de constituer sur place, avec trois amies, en
1832, la congrégation hospitalière et enseignante de Saint-Joseph de l’Apparition (en référence
au mystère de l’Incarnation révélé à saint Joseph par un ange). En 1833, à Gaillac, Émilie et ses
compagnes prononcent leurs vœux. Leur congrégation se répand rapidement à travers le monde,
comptant déjà plus de 40 maisons à la mort de sa fondatrice.
Dérivé : Amélie.
ÉMILIEN
(† 574) ABBÉ – MR 12 novembre. Berger espagnol devenu curé en milieu rural, il veut vivre
comme ermite, mais est appelé à devenir l’abbé du monastère où se regroupent ses nombreux
disciples. Il est considéré comme l’un des protecteurs de l’Espagne sous le nom de San Milla de
la Cogolla, « saint Émilien au capuchon ».
ÉMILIENNE
e(VI siècle) LAÏQUE – MR 5 janvier. Tante du pape saint Grégoire le Grand qui nous a donné le
récit de sa sainte vie.
ÉMILION
e(VIII siècle) ABBÉ – Fête loc. 16 novembre. Originaire du pays de Vannes, il vit d’abord en
solitaire à Saujon près de Saintes en Saintonge, puis il groupe quelques disciples sous la règle
bénédictine. Le monastère édifié après sa mort se trouve à l’origine de la ville de Saint-Émilion
(Gironde), au centre du célèbre vignoble.
EMMANUEL
Le mot hébreu Emmanuel signifie « Dieu avec nous ». L’évangéliste saint Matthieu (1, 21-23)
applique au Christ l’annonce faite par le prophète Isaïe (7, 14) d’une vierge qui donnerait
naissance à un enfant portant ce nom.
Bienheureux EMMANUEL RUIZ
(1804-1860) MARTYR – MR 10 juillet. Franciscain espagnol, gardien du couvent de Damas, il est
massacré par les Druzes, avec trois frères maronites et onze frères franciscains, pour avoir
préféré le Christ à l’islam.
ÉNIMIE
e(VII siècle) VIERGE – Fête loc. 5 octobre. Fille du roi mérovingien Clotaire II et sœur du roi
er eDagobert I , elle voit son histoire relatée par un moine du XIII siècle. Vouée à Dieu, elle aurait
évité, par une lèpre soudainement contractée, un mariage arrangé par son père. Retirée dans la
région sauvage du Gévaudan, elle aurait vécu d’abord dans une localité qui deviendra
Bagnolsles-Bains (Lozère), puis en un lieu-dit Burlatis, sur les bords du Tarn. Elle y construisit un
emonastère, qui prit au XI siècle le nom de Sainte-Énimie, conservé par la ville née à cet endroit.
ÉNORA, voir Éléonore
ENZO, diminutif familier de Vincenzo (Vincent en italien)
ÉPHREM
(v. 306-373) DIACRE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 9 juin*. Né à Nisibe (actuellement
Nusaybin en Syrie), ce théologien et poète, resté diacre par modestie, fonde à Édesse
(actuellement Urfa en Turquie) une célèbre école de théologie, très fréquentée par les chrétiensperses alors persécutés dans leur pays. On conserve de lui des écrits en syriaque, des
commentaires de la Bible, des homélies, des hymnes (notamment en l’honneur de la Vierge),
dont la qualité et l’énorme volume lui ont valu à la fois le surnom de « Lyre du Saint-Esprit » et le
titre de Docteur de l’Église. Le jugement dernier l’a beaucoup inspiré et bien des images
populaires à son propos viennent de son imagination débordante.
Deux autres saints des premiers siècles portent le nom d’Éphrem.
ÉPIPHANE
(† 403) ÉVÊQUE – MR 12 mai. Né en Palestine, il mène quelque temps la vie d’ermite en
Égypte, puis fonde un monastère dans son pays. Devenu évêque de Salamine (Chypre) en 367,
il participe au concile de Constantinople I (381) et combat violemment les hérésies arienne et
origéniste. Saint Jérôme a traduit ses œuvres du grec en latin.
ÉPIPODE
(† 177) MARTYR – MR 22 avril. Ami de saint Alexandre de Lyon, il est martyrisé en même temps
que lui, les deux hommes s’exhortant mutuellement devant le supplice. Ils sont fêtés le même
jour.
ÉRASME ou ELME
(† v. 303) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 2 juin. La légende raconte que cet évêque de Formiae
(région de Naples), après avoir été fouetté puis arrosé de plomb fondu et d’huile bouillante, aurait
été éventré, encore vivant, ses intestins étant tirés à l’aide d’un treuil. Il figure parmi les 14 saints
invoqués pour les maux de ventre. Il est, en outre, patron des marins en raison de la similitude
entre le treuil de son supplice et le cabestan des navires.
ÉREMBERT
(† 674) ÉVÊQUE – MR 14 mai. Moine de Fontenelle (l’actuelle abbaye Saint-Wandrille en
Normandie), il devint évêque de Toulouse, mais préféra se retirer dans son monastère d’origine.
ÉRIC ou ERIK
(† 1161) MARTYR – MR 18 mai. Roi de Suède en 1150, il christianise le nord de son pays et
tente de convertir les Finlandais par une croisade. À la sortie d’une messe, il est tué à Uppsala
par un prince danois prétendant à la couronne. Il est considéré par les Suédois comme un saint
et un martyr.
ERMELINDE
e(VI siècle) VIERGE – Fête loc. 29 octobre. Recluse belge de Meldaert, dans le diocèse de
Malines, elle mène une vie contemplative si lumineuse que son culte devient très populaire.
ERMIN
(† 737) ÉVÊQUE – MR 25 avril. Moine à Lobbes dans le Hainaut, il est également évêque
itinérant, à l’initiative de saint Ursmer.
ERNEST
(† 1147) ABBÉ – Fête loc. 7 novembre. Abbé du monastère de Zwiefalten près de Constance, il
se joint à l’armée de l’empereur Conrad III partant pour la deuxième croisade (qui fut un échec). Il
trouve la mort en Turquie.
Dérivé : Ernestine.
ERWAN, ERWIN, voir YvesESTELLE
e(III siècle) VIERGE et MARTYRE – Fête loc. 11 mai. Estelle ou Stella (étoile) est honorée à
eSaintes comme martyre du III siècle. Elle est surtout célèbre grâce au poète Mistral. Son nom
est en fait Eustelle (du grec eu, beau, bien et stello, parer, orner). Gouverneur de la région de
Saintes, son père est un Romain de naissance illustre et sa mère descend d’une antique et
puissante famille de druides. La curiosité de son esprit cultivé la place sur le chemin de saint
Eutrope, premier évêque de la région. Après avoir entendu ses enseignements, elle demande le
baptême. Il la baptise et la consacre à Dieu. Comme elle se refuse à tous les prétendants et
qu’elle s’obstine dans sa foi, son père la fait mettre à mort dans les arènes de Saintes.
ESTÈVE, déformation catalane d’Étienne
ÉTHAN
Fête le 5 novembre. Prénom biblique qui se trouve dans le premier livre des Rois.
ÉTHÈRE
(† 602) ÉVÊQUE – Fête loc. 27 août. Il accueille saint Augustin de Cantorbéry qui se rendait
chez les Angles pour les convertir, à la demande du pape Grégoire le Grand.
Plusieurs autres évêques portent ce nom, dont un évêque d’Auxerre († 573 – Fête loc. 27 juillet).
ÉTIENNE
(† v. 36) DIACRE et MARTYR – MR 26 décembre***. Ce que l’on sait de ce premier diacre et
premier martyr de l’Église est rapporté par les Actes des Apôtres. Son nom fait supposer qu’il
s’agit d’un juif helléniste (de culture grecque) de Jérusalem. Faisant partie des sept diacres
désignés par la jeune communauté chrétienne pour soulager les apôtres dans leur tâche et veiller
notamment à une équitable répartition des biens, Étienne se révèle tout de suite un vigoureux
témoin du Christ par la puissance inspirée de sa prédication. Il appelle avec audace les juifs à se
convertir, proclamant que celui qu’ils ont crucifié est vivant. Irrité et inquiet, le Sanhédrin (le
Grand Conseil juif) le convoque. La profession de foi enflammée qu’Étienne fait alors est reçue
par l’assemblée comme une provocation. Il est aussitôt lapidé et meurt en demandant le pardon
de ses bourreaux. Un jeune juif assiste à la lapidation en gardant les vêtements des lanceurs de
pierres : Saul, le futur saint Paul.
eÀ partir du V siècle, la nouvelle de la prétendue découverte du corps d’Étienne suscite un
intense mouvement de vénération pour ce martyr. Ses reliques se multiplient et se répandent, et
des églises se construisent de tous côtés en son honneur.
Saint Étienne est le patron des diocèses d’Agen, Bourges, Cahors, Meaux, Metz et Toulouse.
ÉTIENNE HARDING
(† 1134) ABBÉ – MR 28 mars. D’origine anglaise, il vient en France, à Molesmes, se joindre aux
moines de saint Robert. En 1098, il participe avec lui à la fondation de l’abbaye de Cîteaux
(Côted’Or), berceau de l’ordre cistercien. Né d’une volonté de réaction contre le laxisme et l’opulence
de l’ordre de Cluny, cet ordre adopte un type de vie caractérisé par la pauvreté et la plus extrême
austérité. Étienne, devenu abbé de Cîteaux en 1109, donne à l’ordre cistercien sa Charte de
Charité (1119). C’est lui qui accueille en 1112 le jeune saint Bernard et ses 30 compagnons, et
qui lui confie trois ans plus tard la mission de fonder une nouvelle abbaye à Clairvaux : c’est le
point de départ de l’étonnante histoire de Bernard de Clairvaux.
ÉTIENNE DE HONGRIE
(v. 970-1038) ROI – MR 16 août*. Fils du duc des Magyars et d’une princesse chrétienne, il reçoit
le baptême vers l’âge de 15 ans, en même temps que son père, et prend alors le nom chrétiend’Étienne. Succédant deux ans plus tard à son père, il entreprend de fonder l’unité du pays sur la
foi chrétienne par l’évangélisation de sa population. Il recourt alors aux moines de Cluny. En l’an
1000, il se fait reconnaître « roi apostolique de Hongrie » par le pape Sylvestre II et reçoit le
sacre à Esztergom, résidence de la dynastie et bientôt centre religieux du pays. La couronne de
saint Étienne est restée le symbole de l’unité nationale. Étienne donne à son pays une solide
organisation civile et religieuse. Il meurt à Bude, après avoir consacré le royaume à la Vierge.
ÉTIENNE DE MURET ou DE GRANDMONT
(1045-1124) ERMITE – Fête loc. 8 février. Ermite à Muret, près d’Ambazac (Haute-Vienne), il se
fait des disciples qui, après sa mort, transportent son corps à Grandmont, où s’élève alors une
abbaye. C’est l’origine de l’ordre grandmontain, très répandu dans l’Aquitaine médiévale. La règle
de l’ordre est tirée d’un recueil des Pensées d’Étienne composé par ses disciples.
eSa châsse du XII siècle, dans l’église d’Ambazac, est une œuvre d’art.
40 autres saints ou bienheureux portent le nom d’Étienne, parmi lesquels saint Étienne
d’Aubazine, fondateur en 1135 de l’abbaye cistercienne de cette localité (Corrèze), qui conserve
son tombeau.
69 localités portent en France le nom de Saint-Étienne, en référence le plus souvent au diacre
martyr, mais parfois à un autre Étienne honoré localement.
Dérivés : Stéphane, Stéphanie, Fanny, Éstève.
EUCHER
(† 738) ÉVÊQUE – MR 20 février. Originaire d’Orléans, il est d’abord moine à Jumièges, puis, en
716, est élu évêque d’Orléans. Mais Charles Martel déteste sa famille et, en 732, il exile Eucher à
Cologne. Celui-ci finit pieusement sa vie à l’abbaye bénédictine de Saint-Trond (Limbourg belge).
Deux autres saints portent le nom d’Eucher : l’un des plus illustres évêques de Lyon († 450 – MR
e16 novembre) et un évêque de Maastricht (VI siècle).
EUDES
(† 700) ABBÉ – MR 19 novembre. Né à Orange, il s’engage dans la vie religieuse au monastère
Saint-Honorat de Lérins et devient ensuite premier abbé de Monestier en Auvergne. Les moines
deviennent de plus en plus nombreux dans cette abbaye, appelée aussi Saint-Chaffre.
erEUGÈNE I
er(† 657) PAPE – MR 2 juin. Il est élu pape en 654, alors que son prédécesseur Martin I a été
déporté en Crimée par l’empereur Constant II, qui entend imposer l’hérésie monothéiste. Eugène
à son tour entre en conflit avec l’empereur à ce sujet. Menacé du sort de son prédécesseur, il
meurt avant que l’empereur ne passe à l’acte.
EUGÈNE DE CARTHAGE
(† v. 501) ÉVÊQUE – MR 13 juillet. Élu évêque de Carthage en 477 sous la domination des
Vandales qui sont ariens, il affirme sa foi catholique lors du colloque des évêques africains tenu
en 484 et est aussitôt déporté dans le désert par le roi Huneric. Revenu à Carthage après la mort
du roi en 484, il est à nouveau banni en 496. Retiré en Gaule près d’Albi, il y meurt.
e20 autres saints ou bienheureux portent le nom d’Eugène, dont l’un, Eugène de Paris ( III siècle)
aurait été le premier évêque de Tolède, serait ensuite venu en Gaule comme disciple de saint
Denis et y serait mort martyr à Deuil-en-Parisis (aujourd’hui Deuil-la-Barre, Val d’Oise).
EUGÈNE DE MAZENOD
(1782-1861) ÉVÊQUE – Fête le 21 mai. Né à Aix-en-Provence en 1782, il vit en exil en Italie
durant la Révolution française. À son retour, après une période de réflexion, il entre en 1808 auséminaire Saint-Sulpice de Paris. Trois ans après, il est ordonné prêtre et revient à Aix exercer
son ministère auprès des pauvres. En 1816, il fonde les Missionnaires de Provence qui
deviendront les Oblats de Marie Immaculée. Nommé vicaire général de son oncle, archevêque
de Marseille, il lui succède en 1837 et, tout en s’occupant des oblats, il développe la vie de son
diocèse, marqué par les suites de la Révolution et les secousses sociales de l’époque.
Il dirige les oblats vers les missions les plus difficiles comme celles du Grand Nord.
Il est canonisé le 3 décembre 1995.
EUGÉNIE MILLERET, voir Marie-Eugénie de Jésus
Bienheureuse EUGÉNIE SMET, voir Marie de la Providence
EULALIE DE MÉRIDA
(† 304) VIERGE – MR 10 décembre. Très populaire dans l’Église médiévale, elle est surtout
connue par sa légende qui la dit martyrisée à Mérida (Espagne) à l’âge de douze ans. La
eCantilène de sainte Eulalie, composée au IX siècle à l’abbaye de Saint-Amand, est l’un des plus
anciens textes en langue d’oïl.
Une autre Eulalie, de Barcelone, martyrisée à la même époque et fêtée le 12 février, est peut-être
la même que celle de Mérida. Elle est une des patronnes du diocèse de Perpignan.
EULOGE
(† 859) PRÊTRE et MARTYR – MR 11 mars. Prêtre à Cordoue sous la domination sarrasine, il
est emprisonné avec quelques fidèles qu’il exhorte à accepter le martyre.
À sa sortie de prison, il écrit son Mémorial des saints et son Apologétique des martyrs. Élu
évêque de Tolède, il ne peut rejoindre cette ville. Ayant protégé une jeune musulmane convertie,
il est arrêté en même temps qu’elle et décapité.
Six autres saints portent le nom d’Euloge.
EUPHRASIE
(† v. 412) VIERGE – MR 24 juillet. Originaire de Lycie, en Asie Mineure, où son père est
gouverneur, elle se retire avec sa mère dans le désert égyptien de Thébaïde après la mort de
son père. Elle y meurt à 30 ans, après s’être imposé une vie d’une extrême austérité. Son culte
est très populaire dans l’Église grecque.
eUne martyre du IV siècle porte le même nom.
Bienheureuse SŒUR EUPHRASIE DU SACRÉ-CŒUR
(1877-1952) RELIGIEUSE – MR 29 août. Rose Éluvathingal naît en 1877 à Kattoor dans le
diocèse de Trichur, au Kerala, un État de l’Union indienne, situé à l’extrême sud-ouest du pays
en bordure de l’océan Indien. Sa vie n’est qu’une vie religieuse toute simple, mais l’intensité de
sa vie quotidienne dans la présence divine fut si grande qu’elle fut appelée mobile tabernacle,
une expression anglaise que l’on pourrait traduire par « tabernacle vivant ».
Elle est élevée très pieusement par sa mère qui lui inculque une grande dévotion à la Vierge
Marie. Elle lui parle aussi de sa patronne sainte Rose de Lima. La petite Rose désire l’imiter dans
une vie cachée. Ainsi est-elle initiée au détachement des choses terrestres, et cela surtout après
qu’elle a reçu, à neuf ans, une vision de la Sainte Vierge. Lorsqu’elle manifeste son désir de vie
religieuse, son père s’y oppose. Rose mène alors chez elle une vie de prière et de pénitence.
Après la mort de sa jeune sœur, son père change d’avis et l’emmène au couvent à Koonamma,
chez les Sœurs de la congrégation de la Mère du carmel (carmélites apostoliques de rite
syromalabar).
Malheureusement, Rose est affligée de plusieurs maladies, accompagnées de douleurs intenses,et les sœurs songent à la renvoyer. Guérie miraculeusement par une apparition de la sainte
Famille, elle continue sa vie religieuse. En 1898, elle reçoit le nom de sœur Euphrasie du
SacréCœur de Jésus et fait ses vœux perpétuels le 24 mai 1900. Elle est nommée au couvent
SainteMarie d’Ollur près de Trichur comme maîtresse des novices, puis comme supérieure jusqu’en
1916.
L’humble vie de mère Euphrasie se passe presque tout entière au pied du saint Sacrement, le
rosaire à la main. Les gens l’appellent « la Mère qui prie » et lui confient de multiples intentions.
Elle réconforte chacun avec tendresse par des mots de l’Évangile. Quand on lui fait un don, à
chaque fois elle répond : « Je ne l’oublierai jamais, même après ma mort. » Sa piété se traduit
aussi par une charité active qui se manifeste notamment lors d’une épidémie de choléra. Mère
Euphrasie meurt en 1952 et depuis, sa tombe n’a cessé d’être un lieu de pèlerinage. Elle est
béatifiée à Trichur le 3 décembre 2006.
EUPHRASIE PELLETIER, voir Marie de Sainte-Euphrasie
EUPHRONE
(† 573) ÉVÊQUE – MR 4 août. Évêque de Tours, il reconstruit sa ville qui avait été presque
entièrement détruite par un incendie. Il est le prédécesseur de saint Grégoire de Tours.
On connaît également saint Euphrone, évêque d’Autun († 475).
EURASIE ou EUROSIE
(† 714) MARTYRE – MR 25 juin. Née à Bayonne, elle est tuée à Jacca en Aragon par les
Sarrasins.
EURIELLE
erVIERGE – Fête loc. 1 octobre. Elle est la sœur de saint Judicaël, roi breton devenu moine, dont
la Bretagne garde la mémoire.
Dérivé : Arielle.
EUSÈBE DE VERCEIL
(† 371) ÉVÊQUE – MR 2 août*. (Du grec eusèbès, pieux). Né en Sardaigne, il est élu en 345
évêque de Verceil en Piémont (Italie). Soutenant activement saint Athanase dans la lutte contre
l’hérésie arienne, à laquelle adhère l’empereur Constance, il est banni par celui-ci. Revenu à
Verceil après huit ans d’exil, il sacre le premier évêque d’Embrun (Hautes-Alpes).
e21 autres saints portent le nom d’Eusèbe, dont un pape ( IV s.).
EUSÉBIE ou YSOIE
(† 680) ABBESSE – MR 16 mars. Élevée par sa mère, sainte Rictrude, à l’abbaye de Hamaye,
elle en devient à son tour abbesse à l’âge de douze ans. Elle meurt à 23 ans, après avoir
gouverné sa communauté dans la paix.
EUSTACHE
(Dates indéterminées) MARTYR – MR 20 septembre. Sa légende raconte que, général de
el’empereur Trajan (II siècle) sous le nom de Placidas , il était un jour à la chasse lorsque le cerf
qu’il poursuivait se retourna, portant une croix lumineuse entre ses bois. Placidas se fit baptiser
en prenant le nom d’Eustache (en grec, fertile). Il serait mort martyr, enfermé avec les siens dans
un taureau de métal chauffé à blanc.
Six autres saints et bienheureux portent ce nom, dont un évêque de Tours († 461).
EUTHYME LE GRAND(377-473) MOINE – MR 20 janvier. D’origine arménienne, ce moine établi en Palestine attire à lui
beaucoup de disciples. Actif défenseur du concile de Chalcédoine (451) qui condamne le
monophysisme et proclame la double nature du Christ, il ramène à la foi catholique l’impératrice
Eudoxie. La liturgie grecque lui doit également beaucoup.
EUTROPE
e(III siècle ?) ÉVÊQUE – MR 30 avril. Premier évêque de Saintes en Saintonge
(CharenteeMaritime), il a évangélisé cette région. Son culte était déjà vivace au VI siècle, mais sa vie nous
eest mal connue en dehors des faits légendaires rapportés par saint Grégoire de Tours (VI
siècle). Il serait mort martyr. Son sarcophage, qui est conservé dans la crypte de l’église
SaintEutrope de Saintes, est retrouvé en 1842. Saint Eutrope est le patron du diocèse de La Rochelle.
eQuatre autres saints portent ce nom, dont un évêque d’Orange ( V siècle – MR mai).
EUVERTE
(† 340) ÉVÊQUE – MR 7 septembre. Évêque d’Orléans, il y est encore vénéré.
ÉVANGÉLINE, voir Jean l’Évangéliste
ÉVARISTE
(† 108) PAPE – Fête loc. 27 octobre. Sans doute originaire de Grèce et non de Bethléem comme
le veut la légende, il nous est connu par saint Irénée.
Bienheureuse ÈVE DU MONT-CORNILLON
(† 1265) VIERGE – MR 14 mars. Recluse à Liège, elle propage la célébration de la Fête-Dieu,
avec sainte Julienne, sa prieure.
Dérivés : Éva, Évelyne.
ÉVRARD
(† 958) ABBÉ – Fête loc. 14 août. Prévôt du chapitre de la cathédrale de Strasbourg, il est
appelé par saint Bennon, ancien évêque de Metz devenu ermite sur les bords du lac de
Constance, qui lui demande de rassembler les nombreux ermites de ce lieu en une communauté,
à Einsiedeln (Suisse). Ce monastère est devenu, depuis lors, le centre d’un célèbre pèlerinage
marial (Notre-Dame-des-Ermites).
EXUPÈRE, voir SpireF
FABIEN
(† 250) PAPE et MARTYR – MR 20 janvier*. Né à Rome, laïc élu pape en 236, on lui doit la
division de la ville de Rome en sept secteurs confiés chacun à un diacre, ainsi que
l’aménagement des cimetières chrétiens de la ville (notamment celui de Saint-Calliste où il sera
inhumé). Il est martyrisé lors de la persécution de l’empereur Dèce.
Dérivé : Fabienne.
FABIOLA
(† 400) VEUVE – MR 27 décembre. D’une grande famille romaine, la gens Fabia, elle fonde à
Rome après son veuvage, le premier hôpital pour indigents. En 394, elle suit saint Jérôme en
Palestine. Revenue à Rome en 395, elle fonde à Ostie une auberge destinée à être un « accueil
aux étrangers pauvres ». Il ne faut pas la confondre avec l’héroïne du roman de Wiseman
Fabiola ou l’Église des catacombes (1854).
FABRICIEN
(Dates indéterminées) MARTYR – Fête loc. 11 juillet. Il rendit témoignage du Christ avec saint
Flour et saint Florentin, à Chelles en Île-de-France.
Dérivé : Fabrice.
FANCHON, voir Françoise
FANNY, voir Étienne
FARGEAU
Déformation de Fergeux, compagnon de saint Ferréol († 211).
FARON
(† 670) ÉVÊQUE – MR 28 octobre. Il est chancelier du roi Dagobert, puis moine à Luxeuil et
évêque de Meaux où il développe la vie monastique. Il fonde en particulier le monastère de
Faremoutiers avec sa sœur sainte Fare (MR 7 décembre).
FAUSTE
(† 490) ÉVÊQUE – MR 28 septembre. Moine puis abbé à Lérins, il est choisi comme évêque de
Riez en 459 et travaille activement contre l’arianisme.
15 autres saints portent ce nom.
FAUSTINE, voir Marie-Faustine Kowalska
Bienheureuse FÉLICIE
(† 1666) VIERGE – MR 6 juin. Religieuse de la Visitation à Autun-en-Bourgogne, elle était liée
d’amitié avec la fondatrice de cet ordre.
FÉLICITÉ DE CARTHAGE
(† 203) MARTYRE – MR 7 mars. Voir Perpétue.
FÉLICITÉ DE ROMEe(II siècle) MARTYRE – MR 23 novembre. Sa légende, qui voit en elle une veuve romaine
martyrisée en même temps que ses sept fils, lui attribue arbitrairement un lien maternel avec
sept martyrs romains réels, pris pour des frères car ils étaient honorés le même jour (10 juillet).
FÉLIX
(† 582) ÉVÊQUE – MR 6 janvier. Premier évêque de Nantes, il est pendant 33 ans l’une des
grandes figures de l’épiscopat mérovingien. À la fois missionnaire et organisateur, il réalise une
œuvre considérable d’évangélisation des campagnes, en même temps qu’il prend une part
active à l’administration de la ville et à son développement portuaire (un canal de la ville porte
son nom). On lui doit la première cathédrale de Nantes.
erFÉLIX I
(† 274) PAPE – MR 30 décembre. Il défendit ardemment la foi catholique face aux erreurs de
Paul de Samosate qui niait la divinité du Christ.
Le nom latin de Félix (fécond, heureux), très courant dans l’Antiquité, se retrouve chez 70 saints
ou bienheureux, la plupart martyrs des premiers siècles. Parmi les plus récents, Félix de
Cantalice († 1587 – MR 18 mai), franciscain italien, et Félix de Valois († 1212 – MR 4
novembre), l’un des fondateurs de l’ordre des trinitaires.
FERDINAND III
(1199-1252) ROI – MR 30 mai. Fils du roi Alphonse IX de León et de la reine Bérangère de
Castille, il est proclamé roi de León à la mort de son père (1230), réunissant définitivement les
deux royaumes de Castille et de León. Il poursuit activement cette œuvre d’unification politique
de l’Espagne en faisant progresser de manière remarquable la « reconquête » des territoires
musulmans (Cordoue, Murcie, Jaen, Séville). À sa mort, seul subsiste le royaume de Grenade, à
l’extrême sud. En même temps qu’il réalise cette œuvre historique, Ferdinand ne cesse de
donner l’exemple d’une vie chrétienne.
Il existe un autre Ferdinand ou Fernand (1402-1443), prince portugais, prisonnier des Maures,
martyrisé à Tanger.
Dérivés : Fernand, Fernande.
FERRÉOL et FERJEUX
(† 211) PRÊTRES – MR 16 juin. Il s’agit peut-être d’un seul et même personnage. La tradition,
equi remonte à Grégoire de Tours (VI siècle), époque où s’affirme leur culte, en fait deux prêtres
envoyés par saint Irénée, évêque de Lyon, pour évangéliser la région de Besançon, où, après un
long apostolat, ils auraient été martyrisés.
Plusieurs autres saints portent le nom de Ferréol, dont un tribun romain martyrisé à Vienne en
eIsère (III siècle – MR 18 septembre), un évêque d’Uzès, dans le Gard († 581 – MR 4 janvier), et
eun évêque de Limoges (VI siècle – MR 18 septembre).
FIACRE
(† v. 670) MOINE – MR 30 août. Moine d’origine irlandaise, il vécut en ermite dans la forêt de
Breuil, à l’emplacement actuel de Saint-Fiacre-en-Brie en Île-de-France, partageant son temps
entre la prière, le souci des pauvres et le travail manuel, notamment la culture des fruits et des
légumes. Son tombeau, but d’un pèlerinage annuel, se trouve dans l’église du village. Il est
patron de la Brie, des maraîchers, des potiers d’étain, des bonnetiers et des tuiliers.
FIDÈLE DE SIGMARINGEN
(† 1622) PRÊTRE et MARTYR – MR 24 avril*. Marc Rey, né à Sigmaringen en Allemagne
occidentale, d’abord précepteur dans une famille princière puis avocat, se fait capucin à 35 anssous le nom religieux de Fidèle.
Après des études théologiques à Constance, il entreprend une prédication en milieu protestant
suisse. Envoyé en mission à l’est du pays, dans les Grisons, où les protestants se soulèvent
contre l’archiduc d’Autriche, il obtient beaucoup de conversions mais meurt assassiné.
Quatre autres saints ou bienheureux portent le nom de Fidèle.
FIDOLE ou PHAL
(† 540) ABBÉ – MR 16 mai. Fils de militaire romain, vendu comme esclave, il est acheté par
l’abbé du monastère d’Aumont, dans la région de Troyes, dont il devient lui-même abbé.
FIRMIN
e(Fin du III siècle) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 25 septembre. Il est, selon la tradition, le premier
évêque d’Amiens. Un portail de la cathédrale lui est consacré ainsi qu’à ses successeurs. Un
ensemble de sculptures sur pierre décorant le mur de clôture du chœur retrace son histoire
légendaire. Il est le patron du diocèse.
FIRMIN
(† 552) ÉVÊQUE – MR 11 octobre. Ami et disciple de saint Césaire d’Arles, il aurait été nommé
à 22 ans troisième évêque d’Uzès (Gard).
Six autres saints portent le nom de Firmin.
FLAVIEN
(† 610) ÉVÊQUE – MR 23 août. Il fut évêque d’Autun. Un autre Flavien fut également évêque
d’Autun en 544.
Bienheureuse FLEUR DE BEAULIEU
(v. 1300-1347) VIERGE – MR 5 octobre. Née à Maurs (Cantal), elle se consacre au service des
pauvres dans l’ordre des Hospitalières de Saint-Jean de Jérusalem.
Elle connaît de nombreuses expériences mystiques au cours de sa vie.
FLORA ou FLORE
(† 851) MARTYRE – MR 24 novembre. Après avoir été longtemps prisonnière, elle périt
décapitée à Cordoue pour avoir refusé de devenir musulmane.
Elle est la patronne de toutes celles qui portent un nom de fleur et qui n’ont pas de patronne
canonisée : Bleuette ou Bluette, Capucine, Dahlia, Hortense, Myrtille, Pâquerette, Pervenche,
Violaine, Violette, Iris, etc.
FLORENCE
e er(IV siècle) VIERGE – MR 1 décembre. Convertie par saint Hilaire, évêque de Poitiers, elle se
retire vers 360 à Celle-Lavescault (Vienne) en Poitou. Elle y meurt à 29 ans.
FLORENCE
(Dates indéterminées) MARTYRE – Fête loc. 10 novembre. Martyre à Agde (Hérault), elle est
honorée en même temps que ses compagnons de martyre, Tibère et Modeste.
FLORENT
e(V siècle) ÉVÊQUE – MR 4 juillet. Il est le troisième évêque de Cahors. Saint Paulin de Nole lui
écrit en 405 pour le féliciter de son travail apostolique.
FLORENTFLORENT
(† 614) ÉVÊQUE – MR 7 novembre. Avant d’être le septième évêque de Strasbourg, il vécut en
ermite à Niederhaslach (Bas-Rhin). Il y attira des disciples bientôt groupés en un monastère dont
subsiste la dernière des églises successives, avec des vitraux retraçant la vie du saint.
eOnze autres saints portent le nom de Florent, dont un évêque d’Orange ( VI siècle – MR 17
octobre) et un évêque de Vienne en Gaule († 377 – MR 3 janvier).
FLORENTIN
e(V siècle) MARTYR – MR 27 septembre. Il est vénéré à Amboise et à Saint-Florentin en
Bourgogne où il fut martyrisé avec son compagnon saint Hilaire.
FLORENTIN
(† 553) ABBÉ – Fête loc. 25 avril. Il est le premier abbé du monastère des Saints-Apôtres à
Arles, fondé par l’évêque saint Aurélien. Son épitaphe, en vers, sur son tombeau-reliquaire à
l’église Sainte-Croix d’Arles, est un des plus anciens exemples chrétiens du genre.
FLORIAN
(† 304) MARTYR – MR 4 mai. Officier romain, il fut noyé, une pierre au cou, dans une rivière à
Lorch pour sa fidélité au Christ. Il est le patron de la Basse-Autriche.
FLOUR
e er(IV siècle) ÉVÊQUE – MR 1 juin. Il est le premier évêque de Lodève (Hérault) et
l’évangélisateur d’une région s’étendant du Languedoc à l’Auvergne. On trouve sa trace dans les
eannales du diocèse dès le IV siècle. Il est enterré en Auvergne et son tombeau est à l’origine
ed’une abbaye fondée au XI siècle par saint Odilon, cinquième abbé de Cluny. C’est autour de
cette abbaye que se développe la ville de Saint-Flour, aujourd’hui siège de l’évêché du diocèse
coïncidant avec le département du Cantal. Saint Flour est le patron de ce diocèse.
Bienheureux FOULQUES DE NEUILLY
(† 1202) PRÊTRE – Fête loc. 2 mars. Prêtre de paroisse à Neuilly-sur-Marne, en Île-de-France,
il est chargé par Innocent III de prêcher la quatrième croisade.
Bienheureux FOULQUES DE TOULOUSE
(† 1231) ÉVÊQUE – Fête loc. 25 décembre. Ménestrel originaire de Gênes, il est abbé de
l’abbaye du Thoronet en Provence, puis évêque de Toulouse où il aide saint Dominique dans
ses fondations.
FOY ou FOI
e(† III siècle) VIERGE et MARTYRE – MR 6 octobre. Sainte très populaire au Moyen Âge, elle
fut vraisemblablement martyrisée à Agen dans les débuts du christianisme local. Mais le récit de
eson martyre remonte au X siècle : fille d’un haut fonctionnaire, elle aurait été torturée et
edécapitée pour être restée fidèle à sa foi, incitant saint Caprais au même courage. Au IX siècle,
les reliques de Foy sont transportées à Conques-en-Rouergue (Aveyron) où elles deviennent
l’objet de pèlerinages d’autant plus nombreux et importants que Conques se trouve sur l’une des
grandes routes de Saint-Jacques]?>-de-Compostelle. Des reliques de la sainte seraient aussi à
l’origine de Sainte-Foy-la Grande (Gironde), où des moines venus de Conques auraient bâti un
oratoire, origine de l’église actuelle. Son culte s’est largement répandu dans toute la France.
FRA ANGELICO, voir AngelicoFRANCE, FRANCELINE, FRANCETTE, FRANCINE, voir Françoise
Bienheureux FRANCISCO DE JESUS MARTO, voir Jacinta de Jesus Marto
FRANÇOIS D’ASSISE
(1186-1226) RELIGIEUX – MR 4 octobre**. Jean Bernardone naît à Assise d’un riche marchand
drapier qui, par sympathie pour la France où il a voyagé, prend l’habitude de l’appeler François.
Il a peu de goût pour le négoce familial et mène une vie frivole tout en nourrissant des rêves
chevaleresques. Une guerre entre Assise et Pérouse, au cours de laquelle il est blessé et fait
prisonnier, lui donne à réfléchir. Peu à peu se précise sa vocation : se mettre au service de Dieu
« en épousant Dame Pauvreté ». C’est l’occasion d’un vif conflit et d’une rupture avec son père.
Aux yeux de son entourage, François semble avoir perdu la raison. Il vit désormais en ermite
aux environs d’Assise, dans le plus total dénuement. Des disciples viennent progressivement
rejoindre celui qu’on appelle le poverello, le petit pauvre. L’esprit franciscain se développe :
louange à Dieu, annonce de sa parole et de son amour, pauvreté, chasteté, humilité, joie dans la
paix.
Cet idéal, qui paraît tout à fait utopique à l’époque, répond pleinement en fait aux exigences
spirituelles de l’heure, dans une Église trop prospère, trop installée, trop dominatrice, contre
laquelle de vives réactions se manifestent (vaudois, cathares…).
En 1210, le pape Innocent III approuve le principe de la règle des Frères mineurs, nom que, par
modestie, François donne à son ordre.
En 1212, la belle et jeune Claire d’Assise vient se mettre sous la direction spirituelle de frère
François et fonde, avec l’aide de ses conseils, l’ordre des Pauvres Dames, les futures clarisses,
second ordre franciscain.
Un peu plus tard, est institué un troisième ordre, un « tiers ordre », pour des laïcs désirant rester
dans le monde. Avec l’afflux des disciples, il faut songer à donner à l’ordre une structure un peu
plus élaborée. François y voit une atteinte à l’esprit de simplicité, si bien qu’en 1219, au retour
d’un voyage en Égypte dans l’espoir de convertir le sultan, il abandonne à son second, Pierre de
Catane, la direction de l’ordre.
Il se retire dans sa cabane de la Portioncule, près d’Assise, et poursuit sa prédication. En 1224,
au cours d’une retraite dans la montagne de l’Alverne, il reçoit les stigmates de la passion du
Christ. À Assise, il tombe malade, perd la vue, et au milieu de ces grandes souffrances,
compose son admirable Cantique de Frère Soleil, premier grand poème de la langue italienne. Il
meurt à la Portioncule. Il ne s’est jamais jugé digne d’être ordonné prêtre. Son tombeau, dans la
basilique édifiée à Assise par les franciscains, est vite devenu un centre de pèlerinages.
Saint François d’Assise a inspiré de nombreux artistes. Olivier Messiaen lui a consacré un opéra
créé au Palais Garnier à Paris le 28 novembre 1983. On peut rappeler, à ce propos, que le
compositeur Messiaen, qui fut organiste de l’église de la Trinité à Paris dès l’âge de 31 ans, a
toujours été un passionné des chants d’oiseaux : ce fut peut-être son point de rencontre avec le
frère François.
Dérivés : Francelin, Francis, Francisque, Franck , Paco, Paquito, Paquita, Soizic.
On considère que ce poème de saint François d’Assise a été écrit dans la petite église
SaintDamien à Assise.
Très Haut, Tout-Puissant, Bon Seigneur, À Toi sont les louanges, la gloire, l’honneur et toute
bénédiction.
À Toi seul, Très-Haut, ils conviennent et nul homme n’est digne de te nommer.
Loué sois-Tu, mon Seigneur, avec toutes les créatures, spécialement messire le frère soleil,
par qui tu fais le jour et nous éclaires.
Et il est beau et il rayonne à grande splendeur : de Toi, Très Haut, il est le signe. Loué sois-Tu,mon Seigneur, pour sœur lune et les étoiles ; dans le ciel tu les as formées, claires, précieuses
et belles.
Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour frère vent, et pour l’air et le nuage, le serein et tout temps,
par lesquels à tes créatures tu donnes le soutien.
Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour sœur eau qui est fort utile et humble, précieuse et chaste.
Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour frère feu, par qui tu éclaires la nuit, il est beau et joyeux,
robuste et puissant.
Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour notre maternelle sœur la terre, qui nous porte et nous
mène, et produit la variété des fruits et l’herbe.
Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour Toi, soutenant
injustice et tribulation.
Bienheureux sont-ils de persévérer en paix, car par Toi, Très-Haut, ils seront couronnés.
Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour notre sœur la mort corporelle, à qui nul homme vivant ne
peut échapper.
Malheureux ceux-là seuls qui meurent en péché mortel !
Bienheureux ceux qui ont accompli tes très saintes volontés car la seconde mort ne pourra
leur nuire.
eCantique des créatures, dit aussi Cantique du soleil, XIII siècle, cité dans C. Carretto, Moi,
François d’Assise.
L’auteur anglais G.K. Chesterton décrit comme suit la scène au cours de laquelle, le 16 avril
1209, François d’Assise décide de vivre dans le dénuement absolu ; son père, riche drapier,
excédé de ses largesses envers les pauvres, l’avait cité devant le tribunal de l’évêque.
François se dresse devant tous et dit : « Jusqu’à ce jour j’avais appelé Pietro Bernardone
père, mais désormais je suis le serviteur de Dieu. Non seulement l’argent, mais tout ce qui peut
être dit sien, je le rendrai à mon père, jusqu’aux habits qu’il m’a donnés ! » Et il arracha tous ses
vêtements sauf un, et l’on vit que c’était un cilice. Il jeta les vêtements sur le plancher et lança
l’argent sur le tas. Puis il se tourna vers l’évêque et reçut sa bénédiction, comme quelqu’un qui
tourne le dos à la société ; et d’après la légende, il sortit tel qu’il était dans le monde glacé. En
vérité, c’était littéralement dans la circonstance un monde glacé et la neige couvrait la terre… ll
était sans argent, il était sans parents, il était selon toute apparence sans métier, sans projet,
sans espoir en ce monde ; et tandis qu’il avançait sous les arbres givrés, il se mit soudain à
chanter.
Gilbert Keith Chesterton, Saint François d’Assise, DMM, 1979.
FRANÇOIS BORGIA
(1510-1572) PRÊTRE – MR 30 septembre. Descendant du roi Ferdinand V d’Aragon, il est
admis à 18 ans à la cour de Charles Quint. Vice-roi de Catalogne (1539-1543) et duc de Gandie
(près de Valence), il fait la connaissance du tout nouvel ordre des jésuites et fonde avec eux un
collège à Gandie. Devenu veuf et ayant établi ses huit enfants, il entre en 1550 à la Compagnie
de Jésus. En 1555, il en devient provincial pour l’Espagne, et en 1565, est élu général de la
Compagnie (le troisième après saint Ignace). Il contribue grandement à son développement,
notamment en Amérique. Il est depuis 1934 patron de l’Espagne et, avec saint Antoine de
Padoue, celui du Portugal.
FRANÇOIS CARACCIOLO
(1563-1608) RELIGIEUX – MR 4 juin. Il est, avec Augustin d’Adornole, le fondateur en Italie des
Clercs réguliers mineurs qui mènent une vie à la fois contemplative et active.Bienheureux FRANÇOIS DE MONTMORENCY-LAVAL
(1623-1680) ÉVÊQUE – MR 6 mars. Né le 30 avril 1623, il est le fils d’Hugues de
MontmorencyLaval, seigneur de Montigny. Adolescent, François de Laval fréquente le collège des jésuites de
erLa Flèche, nouvellement créé sous l’impulsion d’Henri IV. Il est ordonné prêtre le 1 mai 1647.
Nommé vicaire apostolique de la Nouvelle-France en 1658, il est sacré évêque en l’abbaye de
Saint-Germain-des-Prés à Paris, et arrive à Québec le 16 juin 1659. Il y fonde la communauté
des prêtres du Séminaire de Québec le 26 mars 1663, met sur pied le Grand Séminaire de
Québec et ouvre en 1668 une résidence pour les futurs prêtres, le Petit Séminaire de Québec,
qui deviendra en 1765, après la conquête anglaise, un collège ouvert à tous.
En 1674, le diocèse de Québec est créé et il en devient le premier évêque. Pasteur infatigable, il
fait trois voyages en France dans des conditions difficiles. Il parcourt aussi en canot, à pied et en
raquettes son vaste diocèse, qui s’étend des rives du fleuve Saint-Laurent et de l’Acadie
jusqu’au Mississipi, pour visiter les gens chez eux. Il porte une attention particulière aux
Amérindiens dont il défend la dignité en combattant les commerçants qui leur vendent de l’alcool
pour les exploiter par la suite. En 1685, François de Laval démissionne de son poste d’évêque
de Québec. Il obtient du roi Louis XIV la permission de venir terminer ses jours en
NouvelleFrance. Il se retire au séminaire de Québec et se met au service du nouvel évêque qui lui
succède en 1688. Décédé à Québec le 6 mai 1708, il est inhumé dans la cathédrale qui est la
basilique Notre-Dame de Québec. Son nom est donné à la ville de Laval, au Québec, à
l’Université-Laval et à l’Hôpital-Laval à Québec. Il est béatifié le 22 juin 1980 par Jean-Paul II.
FRANÇOIS DE PAULE
(1436-1507) ERMITE – MR 2 avril*. Originaire de Paola en Calabre, il est séduit très jeune par
l’idéal franciscain et rejoint les Frères mineurs. Mais il recherche un dépouillement plus absolu,
une humilité plus radicale encore. Il se retire pour une vie d’ermite dont la sainteté lui attire des
disciples. Il les regroupe en leur donnant le nom le plus modeste possible, les « minimes », dont
la règle est d’une extrême austérité. Le roi Louis XI, malade et redoutant la mort, obtient du pape
que François vienne jusqu’à lui, à Plessis-lez-Tours, dans l’espoir qu’il obtienne la guérison. En
fait, François le prépare à achever chrétiennement sa vie. Il reste ensuite à Plessis-lez-Tours,
d’où il donne un vigoureux développement à son ordre.
FRANÇOIS DE SALES
(1567-1622) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 24 janvier**. Né au château de Sales,
près de Thorens (Haute-Savoie), d’une famille de la noblesse rurale, il fait ses études
supérieures à Paris et à Padoue. C’est le moment où l’Église romaine, animée d’un puissant
esprit de renouveau après les sombres années du déclin qui a suscité la réforme protestante, se
lance dans le mouvement de la contre-réforme. François se fait prêtre. L’évêque de Genève,
réfugié à Annecy, le charge de ramener au catholicisme, par la prédication, le Chablais (nord de
la Savoie) conquis au protestantisme. Son succès, obtenu malgré des difficultés de toutes
sortes, le fait bientôt choisir comme coadjuteur de l’évêque de Genève (toujours en résidence à
Annecy). Il lui succède en 1602 à 35 ans. À la tête de son diocèse, prenant exemple sur saint
Charles Borromée, archevêque de Milan, il est un des grands promoteurs de la réforme
catholique (visites pastorales, prédication, catéchèse, formation du clergé…). Il fonde avec
Jeanne de Chantal, en 1610, l’ordre de la Visitation Sainte-Marie. Par sa parole comme par ses
écrits, il exerce une énorme influence spirituelle bien au-delà de son diocèse et jusqu’à Paris.
Parmi les nombreux ouvrages qu’il a laissés, les plus célèbres sont son Introduction à la vie
dévote (1604), constamment rééditée jusqu’à nos jours, et son Traité de l’amour de Dieu (1616),
qui constituent des chefs-d’œuvre de la littérature française et font de lui un humaniste chrétien.
Nombre d’ordres et de congrégations s’inspireront de l’esprit salésien. Le corps de François de
Sales repose dans la basilique de la Visitation à Annecy, de même que celui de Jeanne de
Chantal. Il est le patron des diocèses d’Annecy et de Chambéry, celui des écrivains et de lapresse catholique.
Je ne connais d’autre perfection que d’aimer Dieu de tout son cœur et son prochain comme
soi-même ; toutes les autres pratiques ne sont que des moyens d’arriver à la charité, mais ne
sont point la charité qui seule fait la perfection.
Saint François de Sales
FRANÇOIS XAVIER
(1506-1552) PRÊTRE – MR 3 décembre**. Né au château de Javier en Navarre, il vient faire ses
études à l’Université de Paris, puis enseigne la philosophie. À Paris, il fait la connaissance
d’Ignace de Loyola. Le 15 août 1534, avec cinq étudiants, Ignace et François Xavier se
consacrent à Dieu dans une petite chapelle de Montmartre : c’est le début de la Compagnie de
Jésus. François achève ses études de théologie, est ordonné prêtre en 1537 et, lorsque le roi du
Portugal demande au pape des missionnaires pour évangéliser les Indes orientales, Ignace
désigne François Xavier. Il s’embarque en 1541 pour Goa, la capitale des Indes portugaises et,
arrivé en Extrême-Orient, y déploie une activité inlassable, parcourant en 10 ans plus de 100
000 km dans des conditions extrêmement difficiles. Il se rend notamment à Ceylan, à Malacca,
dans les Moluques, au Japon, où il séjourne deux ans. Partout il fonde des communautés
chrétiennes. Malgré son très vif désir de faire connaître l’Évangile à la Chine, il ne peut entrer
dans ce pays et, épuisé par les fièvres, meurt solitaire dans la petite île de Sancian, face au
continent. Il a 46 ans. François Xavier est le patron des missions.
Près de 70 autres saints ou bienheureux portent le nom de François.
Dérivé : Xavier.
Bien que je sois devenu très pâle, je suis pourtant plus robuste que jamais. Les fatigues qu’on
prend pour éduquer une nation qui aime tant la vérité et qui désire tant son propre salut donnent
bien de la joie.
Saint François Xavier
Bienheureux FRANCOIS-RÉGIS CLET
(† 1820) MARTYR – MR 9 juillet. Lazariste missionnaire en Chine, il est torturé, mis en croix et
étranglé.
À ne pas confondre avec saint Jean-François Régis.
FRANÇOISE ROMAINE
(1384-1440) VEUVE – MR 9 mars. Née à Rome dans une famille patricienne et mariée très
jeune, elle a plusieurs enfants, dont la plupart meurent en bas âge. Elle se dépense au service
des malades durant la peste de 1414, bientôt rejointe par d’autres dames romaines. C’est le
point de départ d’une communauté non cloîtrée d’oblates bénédictines, à laquelle se joint
Françoise après la mort de son mari. Durant le grand schisme d’Occident, qui oppose les papes
de Rome et d’Avignon, elle joue un rôle médiateur.
Dérivés : Fanchon France, Franceline, Francette, Francine.
Bienheureux FRANZ JÄGERSTÄTTER
(1907-1943) MARTYR– MR 9 août. Il naît en 1907, à Sankt Radegund à quelques kilomètres de
Braunau, ville où Hitler est né en 1889. Il est dès les premiers jours un antinazi et vote contrel’Anschluss en 1938. « Ma vision catholique du monde, disait-il alors, est incompatible avec le
national-socialisme. » Mobilisé en 1943 dans la Wehrmacht, il se déclare objecteur de
conscience en citant la parole de saint Pierre : « Mieux vaut obéir à Dieu qu’aux hommes. » Il
refuse, même sous la torture, d’être enrôlé dans l’armée hitlérienne car sa foi catholique lui
interdit de servir le régime nazi. Déféré à la prison de Berlin-Plötzensee, il refuse, pendant un an,
d’obtempérer aux « ordres » nazis, soutenu par son épouse Franziska qui consent à élever
seule leurs enfants dont la plus petite n’a que six ans. Le 16 juillet 1943, il est condamné à mort
par un tribunal militaire à Berlin pour « obstruction aux principes de la Wehrmacht » et pour avoir
« délibérément refusé, pour des raisons personnelles, de remplir son devoir patriotique dans la
difficile lutte engagée par l’Allemagne pour sa survie ». Il écrit alors à sa femme : « J’écris avec
mes mains liées. Il vaut mieux que ce soit les mains, plutôt que la volonté. » Il est guillotiné dans
la prison de Brandeburg-a-der-Havel, à Berlin, le 9 août 1943, à l’âge de 36 ans, « pour
subversion de la force armée ».
L’Autriche, longtemps divisée dans son histoire, n’annule le verdict de Berlin qu’en 1997. Elle
craignait d’offenser ainsi des milliers d’anciens soldats de la Wehrmacht qui estimaient « avoir
fait leur devoir » en se battant pour leur pays annexé par l’Allemagne hitlérienne. Benoît XVI
veut aller plus loin qu’une simple réhabilitation. Il décide de promouvoir sa béatification comme
martyr, ratifiant ainsi l’incompatibilité du national-socialisme avec la foi chrétienne. « Il a donné
sa vie, la conscience honnête, en fidélité à l’Évangile et pour le respect de la personne humaine
», déclare le cardinal Saraiva Martins au jour de sa béatification dans la cathédrale de Linz, le 26
octobre 2007.
Ni la prison, ni les chaînes et non plus la mort peuvent séparer un homme de l’amour de Dieu
et lui voler sa libre volonté. La puissance de Dieu est invincible. Soyez obéissants et
soumettezvous aux autorités : ces mots arrivent aujourd’hui de tous côtés, même de la part de gens qui ne
croient presque pas du tout en Dieu et aux Écritures sacrées… Il y a toujours ceux qui tentent de
t’opprimer la conscience en te rappelant l’épouse et les enfants. Est-ce que les actions qu’on
accomplit deviennent-elles plus justes seulement parce qu’on est marié et qu’on a des enfants ?
Ou alors est-ce que l’action devient-elle meilleure ou pire seulement parce que l’accomplissent
d’autres milliers de catholiques ? Je crois que l’on peut prêter obéissance aveugle, mais
seulement dans les cas où on ne cause aucun dommage à personne. Si aujourd’hui les hommes
étaient un peu plus sincères, il devrait exister aussi quelques catholiques pour dire : « Oui, je me
rends compte que ce que nous sommes en train d’accomplir n’est pas bien, cependant je ne me
sens pas encore prêt à mourir ». Être disposé à mourir pour sa propre foi. Celui-ci aura plus de
mérite que celui qui est condamné pour ne pas abjurer l’Église publiquement, parce qu’en ce
dernier cas on a tout simplement le devoir de mourir plutôt qu’obéir, si on ne veut pas commettre
péché grave.
Franz Jägerstätter, juillet-août 1943.
FRÉDÉRIC
(† 838) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 18 juillet. Évêque d’Utrecht (Pays-Bas) vers 825, il participe
au concile de Mayence (839), fait évangéliser la Frise par saint Odulphe et meurt probablement
assassiné sur l’ordre de la reine Judith, épouse de Louis le Pieux, à laquelle il avait reproché sa
conduite.
Bienheureux FRÉDÉRIC JANSSOONE
(1838-1916) PRÊTRE – Fête le 4 août. Prêtre fransiscain français, il est envoyé en Terre sainte
où la misère des chrétiens le conduit à se faire mendiant. Puis il est envoyé au Canada pour y
quêter en faveur de la custodie de Terre sainte.Bienheureux FRÉDÉRIC OZANAM
(1813-1853) LAÏC – MR 9 septembre. Frédéric Ozanam naît le 23 avril 1813 à Milan, où son
père tient un cabinet médical. Revenu à Lyon, il est élève au collège royal. Après deux années
de stage chez un avoué lyonnais, il gagne Paris en novembre 1831 pour y poursuivre ses études
de droit. Le jeune étudiant trouve à se loger chez le physicien André-Marie Ampère, lyonnais
d’origine. Il accumule diplôme sur diplôme. Une épidémie de choléra qui, en 1832, frappe surtout
les quartiers pauvres de Paris le convainc que les paroles sont insuffisantes quand on se dit
charitable car la charité doit se vivre en actes. Il rencontre Chateaubriand, Lammennais,
Montalembert, Lamartine et Emmanuel Bailly. Ce dernier est proche de l’abbé Migne, éditeur
inépuisable de la patrologie, d’encyclopédies historiques et théologiques. Ensemble, ils décident
de créer une « conférence de charité ». Ils prennent contact avec sœur Rosalie Rendu, qui, dans
le quartier Mouffetard, un des quartiers les plus pauvres de Paris, entre la montagne
SainteGeneviève et la rivière de le Bièvre, accueille toutes les misères dans son dispensaire. Le 23
avril 1833, ils placent la « conférence de charité » sous le patronage de saint Vincent de Paul. Ils
sont sept ; ils seront plusieurs millliers dix ans plus tard.
Frédéric Ozanam quitte Paris pour s’inscrire au barreau de Lyon, mais il préfère l’enseignement,
se présente à l’agrégation et est nommé suppléant à la chaire de littératures étrangères à Paris,
en octobre 1840. Son enseignement, très érudit, est aussi très original car, face au scepticisme
ambiant, il veut montrer que la vérité du christianisme repose sur des fondements scientifiques.
Impressionné par les conférences de carême de Notre-Dame de Paris, il partage avec les jeunes
catholiques de son temps le souci de donner et recevoir des connaissances religieuses solides
et adaptées aux préoccupations contemporaines. Il milite pour la justice sociale, prônant
l’alliance du christianisme et de la liberté. En 1848, avec enthousiasme, il prend position pour la
démocratie et la République. À partir de 1852, il doit suspendre ses cours en raison de sa santé
fragile, et en profite pour créer des « conférences de Saint-Vincent-de-Paul ». Il meurt à
Marseille le 8 septembre 1853.
« Cet universitaire, a déclaré Jean-Paul II, vise avant tout la recherche et la communication de la
vérité, dans la sérénité et le respect des convictions de ceux qui ne partagent pas les siennes. Il
comprend que la charité doit conduire à travailler au redressement des injustices. Charité et
justice vont de pair. Il a le courage lucide d’un engagement social et politique de premier plan,
car aucune société ne peut accepter la misère comme une fatalité sans que son honneur n’en
soit atteint. » Frédéric Ozanam est béatifié par Jean-Paul II lors des Journées Mondiales de la
Jeunesse à Notre-Dame de Paris en août 1997.
Dérivés : Freddy, Frédérique, Frida .
FRIDOLIN
e(VIII siècle) ABBÉ – MR 6 mars. Le déroulement de sa vie reste plein d’incertitudes. Moine de
Luxeuil d’origine irlandaise, il aurait été abbé de l’abbaye Saint-Hilaire-de-Poitiers, avant de
fonder une abbaye à Seckingen, entre Bâle et Constance. Il est le patron du canton suisse de
Glaris, région qui, bien que située à l’est de la Suisse, dépendit longtemps de cette abbaye.
FRONT
e(III siècle) ÉVÊQUE – MR 25 octobre. De ce premier évêque de Périgueux, la tradition fait un
disciple de saint Pierre qui l’aurait envoyé évangéliser la Gaule. Il est le patron du diocèse et la
cathédrale de Périgueux lui est dédiée.
FRUMENCE
e(IV siècle) ÉVÊQUE – MR 20 juillet. Selon le récit de son contemporain, l’écrivain chrétien
Rufin (340-410), c’est en partant évangéliser l’Inde que le jeune Frumence, venant de Tyr, serait
resté en Éthiopie après le massacre de ses compagnons par des barbares. Recueilli par le roipuis devenu son secrétaire, il aurait ainsi pu introduire le christianisme en Éthiopie, dont il est
considéré comme l’apôtre. Premier évêque d’Axsum, il aurait été sacré par saint Athanase,
évêque d’Alexandrie. Latins, Grecs et Coptes lui vouent une égale vénération.
FULBERT
(v. 960-1029) ÉVÊQUE – MR 10 avril. Venu d’Italie, il est disciple à Reims du théologien Gerbert
(le futur pape Sylvestre II), avant d’aller diriger à Chartres une école dont la renommée devient
bientôt internationale. Brillant philosophe, il compte parmi ses anciens élèves bien des grands
noms de son époque. Élu évêque de Chartres en 1006, cet esprit universel mène de front une
multitude de tâches : prédicateur et pasteur de son peuple, professeur, écrivain, poète et
musicien, conseiller des rois de France. Il engage la reconstruction de l’actuelle cathédrale de
Chartres après l’incendie de 1020.
FULGENCE
er(v. 467-533) ÉVÊQUE – MR 1 janvier. Ce moine, originaire de Carthage, est élu en 507
évêque de Ruspe (dans l’actuelle Tunisie). Aux prises avec l’arianisme des Vandales qui ont
conquis le pays, il est exilé à deux reprises en Sardaigne. Ses écrits le classent parmi les grands
théologiens de son siècle.
Le bourg Saint-Fulgent en Vendée est une déformation de Fulgence.
FULRAD
(† 784) ABBÉ – Fête loc. 17 février. Né en Alsace, il entre au monastère bénédictin de
SaintDenis en Île-de-France, dont il est élu abbé en 750. Tout en développant le patrimoine foncier de
l’abbaye, qui deviendra considérable, il soutient la réforme de l’Église franque par saint Boniface
et contribue à l’avènement et à la puissance de la dynastie carolingienne.
FURCY ou FURSY
(† 650) ABBÉ – MR 16 janvier. Issu de la noblesse irlandaise, il passe en Angleterre, où il fonde
deux abbayes. Puis, comme tant d’autres moines irlandais évangélisateurs, il vient sur le
continent et, avec l’aide du maire du palais de Clovis II, fonde l’abbaye de Lagny en
Île-deFrance puis celle de Péronne en Picardie. Frohen, où il est mort, est un lieu de pèlerinage.
FUSCIEN
e(IV siècle) MARTYR – MR 11 décembre. Les saints martyrs Victoric, Fuscien et Gentien, venus
de Rome, évangélisèrent la région d’Amiens, de la Thérouane et de la Picardie.G
GABRIEL
ARCHANGE – MR 29 septembre***. Fêtés ensemble par l’Église le jour anniversaire de la
consécration de la basilique romaine de Saint-Michel, les archanges Gabriel, Michel et Raphaël
nous sont connus par la Bible qui les présente comme des êtres célestes envoyés par Dieu,
sous des formes humaines, pour délivrer de sa part certains messages ou accomplir certaines
missions. Gabriel, dont le nom signifie en hébreu « Dieu s’est montré fort », annonce les
interventions de Dieu pour le salut des hommes et la venue du Messie. Il s’adresse au prophète
Daniel (Dn 8, 16 ; 9, 21-27), à Zacharie et à la Vierge Marie (Lc 1, 11-38). La célébration de
eGabriel est apparue au X siècle. En 1951, Pie XII fait de lui le patron des techniciens et des
professionnels des moyens de communication (radio, télévision, téléphone, etc.).
Dérivé : Gaby.
GABRIEL DE L’ADDOLORATA
(1838-1862) RELIGIEUX – MR 27 février. Né à Assise, François Possenti découvre sa vocation
religieuse à l’occasion de la mort de sa sœur et entre à 18 ans chez les religieux passionistes
sous le nom de Gabriel de l’Addolorata (en italien « celle qui a du chagrin »). Sa dévotion à la
Vierge et la sainteté de sa vie exercent une profonde action sur son entourage. Il meurt de la
tuberculose à 24 ans, à la veille d’être ordonné prêtre.
GABRIEL LALLEMANT
(1610-1649) PRÊTRE et MARTYR – MR 19 octobre. Né à Paris, il entre à 20 ans dans la
Compagnie de Jésus et, après avoir enseigné en France, obtient malgré sa mauvaise santé
d’être envoyé au Canada. Il participe avec le père Jean de Brébeuf à l’évangélisation des
Hurons. Il est pris par les Iroquois, torturé et mis à mort en même temps que sept autres martyrs
jésuites.
Huit autres saints ou bienheureux portent le nom de Gabriel, dont Gabriel Perboyre, religieux
lazariste, martyrisé en Chine en 1840.
GABY, voir Gabriel
GAËL, GAËLLE, voir Judicaël
GAÉTAN DE THIENE
(v. 1480-1547) PRÊTRE – MR 7 août*. Né à Vicence (Italie), il fait des études de droit à Padoue
et devient protonotaire apostolique à Rome. Ce grand timide surmonte toutes ses appréhensions
pour s’occuper des orphelins, des incurables et des prisonniers, dans le cadre d’une association
du Divin Amour. En 1523, il fonde avec Jean-Pierre Carafa, évêque de Théato (futur pape Paul
IV), les Clercs réguliers théatins, selon une formule associant le ministère sacerdotal à une vie
spirituelle communautaire exigeante en vue de contribuer à la réforme des mœurs du clergé. Il
passe ses dernières années à Naples au service des pauvres.
GALACTOIRE
e(VI siècle) ÉVÊQUE – MR 27 juillet. Il est le plus ancien évêque connu de Lescar au Pays
basque, et était présent au concile d’Agde en 506. Il aurait été tué par les Wisigoths, alors qu’il
conduisait un groupe de ses fidèles au secours des Francs.
GALL(† 645) MOINE – MR 16 octobre. Il est l’un des douze moines irlandais qui accompagnent saint
Colomban en Gaule et l’aident à fonder les abbayes de Luxeuil et de Fontaine-lès-Luxeuil. Il le
suit dans son exil à Bregenz, à l’extrémité orientale du lac de Constance. Il s’en sépare ensuite
pour aller vivre en ermite un peu plus à l’ouest, en un lieu où sera établie, après sa mort, une
abbaye bénédictine qui portera son nom. C’est l’origine de la ville de Saint-Gall, chef-lieu du
canton suisse de même nom.
GALMIER
(† v. 660) MOINE – MR 27 février. Né dans le Forez, il exerce le métier de serrurier à Lyon avant
de se faire moine à l’abbaye Saint-Just de cette ville (à l’emplacement actuel de l’église de
même dénomination) où il est inhumé. Ses reliques sont conservées dans l’église de
SaintGalmier (Loire). Il est le patron des serruriers.
GASPARD DEL BUFALO
(1786-1837) FONDATEUR – MR 28 décembre. Prêtre romain, il refuse de prêter serment à
Napoléon et doit quitter la ville en 1808. Revenu à Rome en même temps que le pape Pie VII,
après l’abdication de Napoléon, il se livre à une active prédication dans la campagne romaine,
privée de prêtres depuis plusieurs années. Pour donner sa pleine efficacité à cette mission, il
fonde en 1815 la congrégation des Missionnaires du Précieux-Sang puis, en 1834, celle des
Sœurs du Précieux-Sang, vouée à l’éducation des jeunes filles.
GASTON, voir Vaast
GATIEN
e e(III -IV siècle) ÉVÊQUE – MR 18 décembre. Il aurait été envoyé par Rome pour évangéliser la
région de Tours, dont il serait le premier évêque. Il aurait assumé cette charge pendant un
demisiècle. Il est l’un des patrons du diocèse de Tours, dont la cathédrale lui est dédiée.
GAUD
(† 648) ÉVÊQUE – MR 31 janvier. Il aurait été évêque d’Évreux avant de se retirer dans un
ermitage. C’est sur son tombeau que saint Pair (ou Paterne), évêque d’Avranches, aurait édifié
ea u VI siècle la première église de Saint-Pair-sur-Mer (Manche). Des reliques de saint Gaud
sont conservées dans l’église actuelle.
Bienheureux GAUDEFROY
(† 1139) ABBÉ – MR 9 septembre. Abbé de Savigny en Normandie, il étend sa congrégation en
Normandie, en Angleterre et en Irlande.
GAULTIER
(† 1070) LAÏC – MR 11 mai. Fils du seigneur de Confolens (Charente), il fait ses études au
Dorat (Haute-Vienne) dans une communauté de chanoines au service des paroisses rurales. Il
mène ensuite une vie d’ermite sous les murs du château de son père. Il dirige la collégiale des
chanoines de Lesterp, à quelques kilomètres de Confolens.
GAUTIER
(† 1099) ABBÉ – MR 23 mars. Né à Andainville (Somme), il fonde l’abbaye bénédictine de
Saint-Martin-de-Pontoise en Île-de-France (Val-d’Oise), aujourd’hui collège des Pères oratoriens.
Sa vocation étant plutôt la solitude, il se retire d’abord à Cluny, puis dans une île de la Loire près
de Tours. Chaque fois, ses moines le retrouvent et le ramènent à Pontoise, où il achève sa vie.
eSon tombeau (XIII siècle) se trouve dans l’église Notre-Dame de la ville. Il est le dernier saint àavoir été béatifié par un évêque, celui de Rouen.
Dérivé : Walter.
GÉBUIN ou JUBIN
(† 1081) ÉVÊQUE – Fête loc. 18 avril. Archevêque de Lyon, il se rend à Rome pour obtenir du
pape Grégoire VII la confirmation de la primatie de Lyon sur les métropoles de Sens et de Rouen
qui la contestent.
erGÉLASE I
(† 496) PAPE – MR 21 novembre. Originaire d’Afrique, membre du clergé romain, il est déjà
réputé pour sa science avant son élection pontificale en 492. Il doit surmonter, durant son bref
pontificat, de multiples difficultés : l’Italie est ravagée par le roi ostrogoth Théodoric, l’hérésie
pélagienne divise l’Église, l’empereur et le patriarche de Constantinople contestent la primauté
pontificale. Gélase y fait face avec tant d’énergie et de savoir-faire qu’on a parlé de «
renaissance gélasienne ».
Six autres saints ou bienheureux portent le nom de Gélase ou Gélasius.
GEMMA GALGANI
(1878-1905) VIERGE – MR 11 avril. Cette jeune Italienne se voit refuser l’entrée dans les ordres
en raison de sa santé chancelante. L’intensité de sa vie spirituelle se traduit par des extases
fréquentes. Elle reçoit les stigmates de la passion du Christ, connaît des sueurs de sang comme
lui et participe ainsi à ses souffrances physiques et morales. Elle offre toutes ses épreuves pour
le salut des hommes. Elle meurt à 25 ans.
GENÈS, GENEST ou GENIEZ
e(IV siècle) MARTYR – MR 25 août. Greffier public à Arles, il aurait été décapité pour avoir
refusé de transcrire des actes ordonnant la persécution des chrétiens. On lui donne aussi part à
la légende du mime païen converti à Rome. Le tombeau de saint Genès aux Alyscamps aurait
eété abrité par une basilique située à l’emplacement de l’actuelle basilique Saint-Honorat (XII
siècle). On peut penser qu’il y a interférence entre les histoires des deux Genès de Rome et
d’Arles.
GENÈS ou GENEST
e e(Fin du III ou au début du IV siècle) MARTYR – Fête loc 25 août. Ce mime païen aurait été
touché par la grâce tandis qu’il parodiait une cérémonie chrétienne devant l’empereur Dioclétien.
eIl se serait alors proclamé chrétien et aurait été décapité. Le sujet a été repris au XVII siècle
par l’auteur dramatique français Rotrou, dans une pièce intitulée Le Véritable Saint Genest.
GENÈS
(† 679) ABBÉ – Fête loc. 3 novembre. Abbé du palais de Clovis II, il est archevêque de Lyon en
668. Il échappe à un attentat organisé par le maire du palais, Ébroïn, qui avait déjà fait
assassiner saint Léger, évêque d’Autun. Il participe au concile de Malay (679) et meurt en
visitant le monastère de Chelles en Île-de-France.
GENÈS
(† v. 660) ÉVÊQUE – MR 3 juin. Évêque de Clermont, il serait le fondateur de Manglieu, près
d’Issoire en Auvergne.
GENÈS, GENEST, GENIEZ, GENIS ou GENIXDe nombreuses communes de France sont placées sous l’égide d’un saint portant l’un de ces
noms. En fait, plusieurs saints portent le nom de Genès, tout en pouvant être également connus
sous un nom voisin.
GENEVIÈVE
(v. 420-v. 510) VIERGE – MR 3 janvier (propre de France*). Née à Nanterre, elle reçoit à l’âge
de 15 ans le voile des vierges des mains de l’évêque de Paris. Certains disent même qu’elle a
été consacrée dès l’âge de 7 ans. Elle mène alors une vie de prière et de grande abstinence. Au
début de 451, Attila s’avance vers Paris et les habitants veulent s’enfuir. Geneviève les incite à la
prière et leur donne l’assurance qu’il n’y entrera pas. Les faits lui donnent raison. Plus tard,
pendant l’invasion de Paris par Chilpéric, elle conjure la famine en faisant ravitailler les assiégés
par une flottille chargée de blé.
Après sa mort, Geneviève est enterrée aux côtés de Clovis et de sainte Clotilde dans l’église de
l’abbaye que le roi franc avait édifiée au sommet de la colline, devenue depuis lors la montagne
Sainte-Geneviève. Sainte Geneviève est très vite considérée par la population parisienne
comme sa protectrice. Lors des grandes calamités ou des dangers les plus menaçants, sa
châsse fut promenée en procession dans les rues de Paris. La sainte fut beaucoup invoquée
pendant la grande peste de 1129 et on lui attribue la fin du fléau. En 1744, lors d’une maladie,
Louis XV fait le vœu, s’il est guéri, de remplacer l’église à demi ruinée de l’abbaye par un édifice
grandiose. À peine achevée, la nouvelle église Sainte-Geneviève est transformée en Panthéon
par la Constituante (1791). Pendant la Révolution, les ossements de la sainte sont brûlés en
place de Grève, ses cendres jetées à la Seine, sa châsse fondue à la Monnaie. En 1806, lors de
la démolition de l’ancienne église, le fond du sarcophage de Geneviève est retrouvé et placé
dans l’église voisine, Saint-Étienne-du-Mont, où il sert de base à la nouvelle châsse (vide) qui y
a été symboliquement placée. Quelques reliques authentiques se trouvent dans la
châssereliquaire qui domine le maître-autel.
Sainte Geneviève est la patronne de Paris et celle des formations chargées de veiller sur la
population : la gendarmerie et la police.
Dérivé : Ginette.
GENGOUL
(† 760) ERMITE – MR 11 mai. Familier de la cour de Bourgogne, il se retire pour devenir ermite
et reclus près d’Avallon où il est tué par l’amant de sa femme.
GENS
(† 1150) ERMITE – Fête loc. 16 mai. Né à Monteux (Vaucluse), il se retire comme ermite près
de Beaucet où il finit sa vie. Son ermitage attirera beaucoup de monde.
GEOFFROY
(v. 1065-1115) ÉVÊQUE – MR 8 novembre. Né dans le Soissonnais, ordonné prêtre à Noyon,
abbé de Nogent-sur-Coucy en 1095, il devient évêque d’Amiens en 1104. Comme évêque, il
appuie les bourgeois d’Amiens qui entendent former une commune pour se libérer de
l’oppression des seigneurs. Il assiste au concile de Vienne en 1112. En revenant du concile de
Reims, il meurt à l’abbaye Saint-Crépin à Soissons.
Dérivé : Godefroy.
GEORGES
(† 303) MARTYR – MR 23 avril*. Soldat, il aurait été martyrisé en Palestine pendant la
persécution de Dioclétien. Bien que son culte soit très ancien, les détails de sa vie et de sa mort
sont inconnus, et sa légende n’a guère de fondements, à tel point que le pape Gélase (492-496)en interdit la lecture à l’église. Elle ne manque évidemment pas de pittoresque : on y voit
notamment Georges triompher d’un redoutable dragon. Cette scène, reproduite sur les pièces
d’or anglaises, est à l’origine des allusions à la « cavalerie de Saint-Georges », longtemps
efficace moyen de la diplomatie britannique.
Le culte de saint Georges se propage d’abord en Palestine, puis en Italie, en Sicile, dans les
Gaules et en Angleterre. Les croisades contribuent à étendre sa popularité, en particulier dans
les armées française et anglaise. Il devient le patron des chevaliers. Benoît IV le donne
également comme patron à l’Angleterre. Il est en outre devenu celui des cavaliers et des scouts.
17 autres saints ou bienheureux portent le nom de Georges , dont saint Georges († 870 – MR 9
novembre), évêque de Lodève, et saint Georges († 670 – MR 2 novembre), évêque de Vienne
en Gaule. 79 localités en France portent le nom de Saint-Georges.
Dérivés : Georgette, Georgine, Youri.
GEORGETTE, GEORGIE ou GEORGINA
(† v. 500) VIERGE – Fête loc. 15 février. D’après saint Grégoire de Tours, il s’agit d’une jeune
recluse, retirée non loin de Clermont-Ferrand, pour s’adonner au jeûne et à la prière. On raconte
qu’au moment de ses funérailles, une volée de colombes accompagna son cercueil jusqu’à sa
mise en terre.
Beaucoup de Georgette ont comme patron saint Georges.
GÉRALD
(† 1108) ÉVÊQUE – MR 5 décembre. D’abord moine à Moissac (Tarn-et-Garonne), il fut évêque
de Braga, au nord du Portugal.
Dérivé : Géraldine.
Bienheureux GÉRARD
(† 1138) CONFESSEUR – MR 13 juin. C’est le frère aîné de saint Bernard . Soldat, il est
grièvement blessé et emmené en captivité. À sa libération, il décide de se faire moine et rejoint
son frère à Cîteaux. Pendant 30 ans il est son bras droit. Alors que tous deux sont en voyage à
Rome, Gérard tombe malade et revient mourir à Cîteaux.
GÉRARD MAJELLA
(1726-1755) CONFESSEUR – MR 16 octobre. Né à Muro Lucano, dans le royaume de Naples, il
est encore jeune quand il perd son père qui était tailleur. Il est alors mis en apprentissage dans
la profession paternelle. Mais, après diverses tentatives infructueuses de vie religieuse, il entre
comme frère convers dans la compagnie du Très-Saint Rédempteur (rédemptoristes),
récemment fondée par saint Alphonse de Liguori. Comblé de grâces extraordinaires (extases,
prophéties, miracles, conversions), il est en même temps l’objet de calomnies qui le mettent à
deux doigts d’être exclu de sa communauté. Il souffre l’injustice en silence, et trouve un appui
auprès du fondateur de l’ordre. Il meurt à 29 ans.
16 autres saints ou bienheureux portent le nom de Gérard, en particulier Gérard, moine de
Corbie et fondateur de l’abbaye de Sauve-Majeure († 1095 – MR 5 avril), Gérard, évêque de
Toul († 994), et Gérard de Brogne, moine de Saint-Denis-en-France († 959).
GÉRAUD
(v. 850-909) MR 13 octobre. Ce comte d’Aurillac, qui a laissé une réputation de grande
simplicité, fonda une abbaye sur ses terres.
GERBAUD
(† 691) ÉVÊQUE – Fête loc. 5 décembre. Moine bénédictin, il fonde l’abbaye de Livry enNormandie, puis devient évêque de Bayeux.
GERLAND
(† 1104) ÉVÊQUE – MR 25 février. Originaire de Besançon, parent de Robert Guiscard, le
fondateur du royaume de Naples et conquérant de la Sicile, il est évêque d’Agrigente en Sicile et
restaure le christianisme après l’expulsion des Sarrasins.
GERMAIN D’AUXERRE
(v. 378-448) ÉVÊQUE – MR 31 juillet. Né à Auxerre dans une famille noble, marié, habile juriste
et haut fonctionnaire de l’Empire, il est choisi en 418 pour être évêque d’Auxerre. Il donne ses
biens aux pauvres, défend les fidèles contre les impôts excessifs et les invasions barbares. Le
erpape Célestin I l’envoie comme légat en Angleterre, où il combat le pélagianisme tout en
favorisant la vie religieuse. De retour en Gaule, il est envoyé en mission à Ravenne où il meurt.
Son corps est ramené à Auxerre et son tombeau devient vite un lieu de pèlerinage. Plus de 120
communes en France portent son nom.
GERMAIN DE PARIS
e(† 576) ÉVÊQUE – MR 28 mai. Né à Autun à la fin du V siècle, il est prêtre et conseiller du roi
Chilpéric. Celui-ci l’appelle en 556 à devenir évêque de Paris. Il y fonde le monastère appelé
plus tard Saint-Germain-des-Prés, dont il consacre l’église en 558. Il essaie en vain d’arbitrer les
premières luttes entre les reines Brunehaut et Frédégonde. Après sa mort, son corps est
transféré dans l’église du monastère qu’il a fondé, qui lui sera alors dédiée. C’est sur son
eemplacement qu’au XI siècle, après les dévastations normandes, est édifiée l’église abbatiale,
depuis lors fréquemment remaniée, qui porte le nom de Saint-Germain-des-Prés.
Bienheureux GERMAIN DE TALLOIRES
e(XI siècle) ABBÉ – MR 28 octobre*. Ermite et fondateur du monastère de Talloires en Savoie,
son culte est confirmé en 1886.
GERMAINE COUSIN
(v. 1579-1601) VIERGE – MR 15 juin. Fille d’un laboureur de Pibrac, près de Toulouse, elle perd
sa mère très tôt. Chétive, maltraitée au foyer, elle accepte les souffrances et les humiliations
avec patience et joie, trouvant son réconfort dans la prière et en particulier celle du chapelet. On
raconte qu’étant soupçonnée d’avoir emporté du pain pour le donner aux pauvres, elle ouvrit son
tablier d’où tombèrent des fleurs printanières. On la retrouve morte sous l’escalier, sur son lit de
sarments. À Pibrac (Haute-Garonne), une basilique est élevée en son honneur. Elle est choisie
comme patronne par la Jeunesse Agricole Chrétienne Féminine (JACF).
GERMER
(† 658) ÉVÊQUE – MR 16 mai. Évêque de Toulouse où il développe le culte de saint Sernin (ou
Saturnin), il voit la population donner son patronyme à plusieurs localités.
GERTRUDE LA GRANDE
(† 1302) MONIALE – MR 16 novembre. Née à Helfta, en Saxe, elle entre à cinq ans à l’abbaye
cistercienne de cette ville, ce qui est assez courant à cette époque. Elle y reçoit une forte
éducation littéraire et théologique. Favorisée de visions, de révélations et de dons spirituels
exceptionnels, elle a laissé le récit de ses faveurs mystiques dans plusieurs ouvrages
(notamment le Livre de la grâce spéciale et le Livre de la divine piété) qui, traduits en plusieurs
langues, la classent parmi les grands mystiques du Moyen Âge. Sa spiritualité, qui n’est pas
sans manifester des excès dus à un tempérament hyperaffectif, se situe dans le courantcistercien.
eLe culte de sainte Gertrude s’est répandu bien avant d’être officialisé au XVII siècle. Elle est la
patronne des Indes occidentales.
Cinq autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Gertrude.
Seigneur mon Dieu, Tu es mon créateur et celui qui me repétrit. Renouvelle donc aujourd’hui
en moi le don de l’Esprit. Compte-moi parmi tes enfants d’adoption. Fais de moi l’enfant d’une
race nouvelle afin qu’avec les fils de la Promesse, je sois joyeuse que la grâce vienne enrichir la
nature.
Fais-moi grandir en la foi et en la joie de l’espérance. Rends-moi patiente à l’heure de
l’épreuve et radieuse à l’heure de la louange. Fais-moi toujours attachée à Toi jusqu’à ma
dernière heure humaine… Seigneur Jésus, conserve-moi au profond de mon cœur la
transparence de mon baptême et la rectitude de ma foi, qu’à l’heure de paraître devant toi, je te
les présente intactes. Imprime en moi le sceau de ton cœur, que je puisse vivre selon Toi et
dans l’allégresse de parvenir sans entraves jusqu’à Toi.
Sainte Gertrude, Exercice pour rendre grâce du Baptême .
GERVAIS
(† 386) MARTYR – MR 19 juin. Gervais et Protais sont deux martyrs dont les corps furent
découverts à Milan par saint Ambroise qui les y ensevelit le 19 juin 386 sous l’autel de l’actuelle
basilique San-Ambrosio. On ne sait rien de sûr à leur sujet, bien que saint Augustin les présente
comme des modèles. Par contre, la légende leur attribue maints faits merveilleux. Leur culte se
e erépand dans tout l’Occident. Ils ont notamment leur église à Paris, dont l’édifice (XV -XVII
esiècles) occupe l’emplacement d’une basilique dédiée aux deux martyrs dès le VI siècle. Ils
sont les patrons du diocèse de Soissons.
Cinq autres saints ou bienheureux portent le nom de Gervais.
Dérivé : Gervaise.
GÉRY
(† v. 625) ÉVÊQUE – MR 11 août. Né à Carignan (Ardennes), il est remarqué par l’évêque de
Trèves qui l’ordonne diacre. Après avoir exercé son ministère dans sa région natale, il est élu
évêque par le peuple de Cambrai et sacré par l’archevêque de Reims entre 584 et 590. Hanté
par le souci des captifs et des esclaves, il s’efforce de leur procurer soulagement et délivrance. Il
assiste au concile de Paris en 614. Il est le patron du diocèse de Cambrai.
GHISLAIN
(† 680) MOINE – MR 10 octobre. Il est le fondateur de l’abbaye autour de laquelle s’est créée et
développée la ville de Saint-Ghislain (Hainaut), près de Mons en Belgique.
Dérivé : Ghislaine.
GILBERT DE NEUFFONTS
(† 1152) ABBÉ – MR 6 juin. Seigneur auvergnat, il part en 1146 pour la deuxième croisade. Au
retour, il embrasse la vie religieuse. Sa femme, sainte Pétronille, et leur fille, sainte Poncia, en
font autant. Il fonde un monastère de prémontrés à Neuffonts (Saint-Didier-la-Forêt, dans l’Allier)
où il meurt l’année suivante.
Cinq autres saints ou bienheureux portent le nom de Gilbert, dont un cistercien († 1168 – MR 17
octobre), moine de l’abbaye d’Ourscamp qui devint abbé de Cîteaux.
Dérivé : Gilberte.GILBERT DE SEMPRINGHAM
(† 1189) ABBÉ – MR 4 février. Fils d’un soldat normand ayant participé à la conquête de
l’Angleterre et reçu du roi Guillaume la seigneurie de Sempringham, Gilbert, ordonné prêtre,
fonde sur ses terres un monastère de femmes (1131) puis un monastère d’hommes (1147).
C’est le point de départ de l’ordre anglais des gilbertins. Ami de Thomas Becket, il est persécuté
et emprisonné par le roi Henri II. Son monastère est dissout par Henri VIII en 1538.
GILDAS LE SAGE
(† 570) ABBÉ – MR 29 janvier. D’une noble famille originaire de Grande-Bretagne, il naît en
Écosse et débarque vers l’âge de 20 ans en Armorique où il se fait prêtre. Après être allé
prêcher dans son pays natal puis en Irlande, il s’établit dans la petite île d’Houat, au large de
Rhuys, où l’afflux de disciples le conduit à venir fonder un monastère à Rhuys même. Il est l’un
des apôtres de la Bretagne. Ses écrits (livres liturgiques pour les Églises celtes, histoire
britannique) l’ont fait surnommer « le sage ». Il meurt sur l’île d’Houat. Il est le patron du diocèse
de Vannes.
GILDUIN
(† 1077) ÉVÊQUE – MR 27 janvier. Chanoine de Dol-de-Bretagne, il est élu, encore adolescent,
à l’épiscopat. Il meurt à Chartres au retour de son voyage à Rome.
GILLES
e e er(VI ou VII siècle) ABBÉ – MR 1 septembre. À Saint-Gilles-du-Gard, on vénère la mémoire
d’un abbé qui y vécut et sur le tombeau duquel fut fondée une abbaye. On ne sait rien de lui,
mais c’est l’un des saints les plus populaires du Moyen Âge. Une légende le montre vivant en
ermite dans la forêt en compagnie d’un cerf ou d’une biche miraculeuse.
GINA, GINO, voir Louis de Gonzague
GINETTE, voir Geneviève
GIRAUD
(† 1031) ABBÉ – MR 29 décembre. Abbé de Saint-Arnoul, il est tué par l’un de ses moines.
Bienheureuse GISÈLE
(† v. 1060) VEUVE – MR 7 mai. Fille d’Henri II de Bavière et de Gisèle de Bourgogne, et sœur
de saint Henri, elle épouse en 996 saint Étienne de Hongrie. Veuve en 1038, elle se retire dans
le monastère allemand de Niedenburg où elle achève sa vie.
GLADY, voir Claudine Thévenet
GLADYS
e(VI siècle) VEUVE – MR 29 mars. Épouse bretonne du roi de Clamorgan au pays de Galles,
elle vécut en ermite après sa mort.
GOBAIN
(† 670) MARTYR – MR 20 juin. Gobain aurait été l’un des nombreux missionnaires irlandais
passés en Gaule, où il aurait mené une vie solitaire en un lieu situé près de La Fère (Aisne).
C’est là que s’élèvera la ville de Saint-Gobain. Il aurait été massacré par des envahisseurs
germains.GODEFROY, voir Geoffroy
GOHARD
(† 843) MARTYR – MR 24 juin. Évêque de Nantes, il fut tué par des pillards normands alors qu’il
célébrait la messe.
GOMER
(† 775) MARTYR – MR 11 octobre. Après un mariage malheureux, ce militaire doit quitter sa
femme et vivre en reclus dans le Brabant où il devient moine. Il meurt assassiné.
GOND ou GODON
(† v. 690) CONFESSEUR – Fête loc. 26 mai. Neveu de saint Wandrille , il le rejoint à l’abbaye de
Fontenelle fondée peu auparavant (l’actuelle abbaye Saint-Wandrille en Normandie). Puis il
fonde à son tour près de Sézanne (Marne) une abbaye qui prendra son nom.
Les marais de Saint-Gond, près de l’ancienne abbaye, sont devenus célèbres au cours de la
bataille de la Marne en 1914.
GONTRAN
er(† 593) CONFESSEUR – MR 28 mars. Fils du roi Clotaire I , il règne à partir de 561 sur
Orléans, la Bourgogne, le Berry et une partie de la Provence, faisant des efforts méritoires pour
accorder sa vie avec sa foi, en cette époque de violence et de mœurs dissolues. Il fonde
quelques monastères, dont celui de Beaume-les-Dames (Doubs) en Franche-Comté, et aide
saint Colomban à fonder celui de Luxeuil (Haute- Saône). Il réunit plusieurs conciles régionaux.
Il meurt à Châlons en Champagne.
GONZAGUE, voir Louis de Gonzague
GOSWIN ou GOSSUIN
(† 1165) ABBÉ – Fête le 9 octobre. Né à Douai, il fait ses études à Paris et devient moine. Il
fonde plusieurs abbayes, puis devient abbé du monastère d’Anchin dans le diocèse de Cambrai.
GOULVEN
e er(VI siècle) ÉVÊQUE – MR l juillet. Après une vie de solitaire il devient évêque de Léon en
Bretagne, dans l’actuel Finistère-Nord. Très populaire en Bretagne, il serait mort à Rennes et
aurait été inhumé à l’abbaye Saint-Mélaine.
GRÂCE ou ZORAÏDE
(† 1180) MARTYRE – MR 21 août. Elle fut mise à mort à Alcira près de Valence en Espagne en
même temps que son frère Bernard (Ahmed) et sa sœur Marie (Zaïde), car ils refusaient de
devenir musulmans.
Dérivés : Gracieuse, Graziella.
GRAT
(† après 506) ÉVÊQUE – MR 19 octobre. Premier évêque connu d’Oloron
(PyrénéesAtlantiques), il figure parmi les signataires des décrets du concile d’Agde en 506. Il est le patron
de la ville d’Oloron.
GRATe(V siècle) ÉVÊQUE – MR 7 septembre. Évêque d’Aoste, dont il est le saint patron, il est
également très vénéré en Savoie.
GRÉGOIRE DE NAZIANZE
(† v. 330) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 2 janvier**. Né à Nazianze en Cappadoce
(Asie Mineure), compatriote de saint Basile, il étudie à Athènes où il enseigne l’éloquence.
Revenu auprès des siens, il se laisse ordonner prêtre vers 362 par son père, évêque de
Nazianze, puis rejoint Basile dans son couvent. Celui-ci, devenu évêque de Césarée en 370, fait
de Grégoire l’évêque de Sasima. Mais Grégoire, effrayé par sa charge, s’enfuit. Malgré cela, en
378, il est nommé évêque de Constantinople, avec la redoutable mission d’y rétablir la foi
catholique à l’encontre de l’arianisme, hérésie longtemps soutenue par l’empereur. Il s’y emploie
de son mieux, se faisant le théologien de la Trinité dans des homélies qui le classent parmi les
Pères de l’Église. Toutefois, son élection ayant été contestée, Grégoire, plus porté à la
contemplation qu’à la lutte, se retire dans sa Cappadoce natale où il achève sa vie.
Ô Toi l’au-delà de tout, comment t’appeler d’un autre nom ? Quelle hymne peut te chanter ?
aucun mot ne t’exprime. Quel esprit te saisir ? nulle intelligence ne te conçoit. Seul, tu es
ineffable ; tout ce qui se dit est sorti de toi. Seul, tu es inconnaissable ; tout ce qui se pense est
sorti de toi. Tous les êtres te célèbrent, ceux qui te parlent et ceux qui sont muets. Tous les êtres
te rendent hommage, ceux qui pensent comme ceux qui ne pensent pas. L’universel désir, le
gémissement de tous aspire vers toi. Tout ce qui existe te prie et vers toi tout être qui sait lire ton
univers fait monter un hymne de silence. Tout ce qui demeure, demeure en toi seul. Le
mouvement de l’univers déferle en toi. De tous les êtres tu es la fin, tu es unique. Tu es chacun
et tu n’es aucun. Tu n’es pas un être seul, tu n’es pas l’ensemble ; Tu as tous les noms,
comment t’appellerais-je ? Toi, le seul qu’on ne peut nommer ; quel esprit céleste pourra
pénétrer les nuées qui voilent le ciel lui-même ? Aie pitié, ô Toi, l’au-delà de tout ; comment
t’appeler d’un autre nom ?
Hymne attribuée à saint Grégoire de Nazianze.
GRÉGOIRE L’ILLUMINATEUR
(† 326) ÉVÊQUE – MR 30 septembre. Il évangélise l’Arménie qui devient le premier État
officiellement chrétien après la conversion du roi Tiridate, avant même l’Empire romain. « Saint
Grégoire fut nommé l’Illuminateur parce qu’en lui se reflétait de façon extraordinaire le visage du
Sauveur. Le mot "illumination" possède aussi un autre sens dans l’acception arménienne ; il
signifie la lumière qui provient de la diffusion de la culture à travers l’enseignement », déclare
Benoît XVI à Rome en février 2008.
GRÉGOIRE DE LANGRES
(† 539) ÉVÊQUE – MR 4 janvier. D’abord gouverneur d’Autun et connu pour sa sévérité, il
devient évêque de Langres où ses fidèles ne peuvent que louer sa délicatesse et sa
compréhension.
GRÉGOIRE DE NYSSE
(† 395) ÉVÊQUE – Fête loc. 9 mars. Né à Césarée du Pont (Asie Mineure), il est le fils de saint
Basile l’Ancien et le frère de saint Basile le Grand. D’abord professeur de rhétorique, il embrasse
la vie monastique en 362. En 371, son frère, Basile, l’installe évêque de Nysse, en Cappadoce.
Après la mort de Basile, Grégoire prend sa suite comme défenseur de la foi catholique face à
l’hérésie arienne. Il se distingue en particulier au concile de Constantinople (381). Il meurt danssa ville épiscopale de Nysse.
Théologien de la Trinité et de l’Incarnation, en même temps qu’auteur mystique, il laisse une
œuvre écrite considérable qui le classe parmi les Pères de l’Église.
erGRÉGOIRE I LE GRAND
(† 604) PAPE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 3 septembre**. Né à Rome d’une famille
patricienne, arrière-petit-fils du pape Félix III, il fait une brillante carrière administrative et devient
préfet de Rome. En 575, il renonce à sa charge et à sa fortune et se fait moine. Il établit un
monastère sous la règle de saint Benoît dans sa maison romaine. Envoyé un moment à
Constantinople comme représentant du pape Gélase II auprès de l’empereur, il revient à Rome
peu avant d’être élu pape malgré lui, en 590, dans une période particulièrement difficile : Rome
est sous la menace des envahisseurs lombards et ne peut attendre aucun secours de
l’empereur, alors que la famine et la peste ravagent le pays. En l’absence d’une autorité civile,
Grégoire, déployant une fois de plus ses qualités d’administrateur et de diplomate, prend en
mains les destinées de la ville, assure son approvisionnement, organise sa défense, négocie
avec les envahisseurs. Mais il reste avant tout pasteur. Il conduit d’une main ferme son Église de
Rome, mettant tous ses soins dans la prédication. N’hésitant pas à tourner le dos à l’empire de
Byzance, il met tous ses espoirs dans les peuples barbares, Francs, Lombards, Angles, etc., qui
se sont emparés de l’Europe occidentale. Pour évangéliser les Angles, il envoie en
GrandeBretagne un groupe de moines sous la conduite du futur saint Augustin de Cantorbéry. Grégoire
le Grand laisse une importante œuvre écrite, plus pastorale et morale que théologique
(homélies, dialogues, lettres, traité de pastorale). Bien qu’il ait à son actif une importante réforme
liturgique, c’est indûment qu’on lui attribue le chant grégorien, même s’il a exercé une influence
durable en donnant un caractère universel aux chants d’Église.
Il s’est fait chair, pour faire de nous des possédés de l’Esprit. Il s’est abaissé par bonté pour
nous relever. Il est sorti de chez lui pour nous y introduire. Il est apparu à nos yeux visiblement
pour nous montrer les choses invisibles. Il a enduré les coups pour nous guérir. Il a supporté les
outrages et les moqueries pour nous délivrer de l’opprobre éternel. Il est mort pour nous donner
la vie.
Saint Grégoire le Grand, Paradoxe du salut.
GRÉGOIRE VII
(v. 1015-1085) PAPE – MR 25 mai*. Né à Soarno en Toscane, moine clunisien à Rome, il est le
conseiller de nombreux papes successifs avant d’être lui-même élu en 1073. Il n’est alors que
diacre. Il reçoit la prêtrise et l’épiscopat en accédant au trône pontifical. Déjà, il avait œuvré avec
énergie auprès de ses prédécesseurs pour promouvoir une réforme de l’Église, devenue
indispensable. Pape, il donne à cette réforme une impulsion décisive : lutte contre la simonie, le
trafic des bénéfices ecclésiastiques, le mariage ou le concubinage des prêtres, et surtout contre
l’emprise exercée par les pouvoirs temporels sur les autorités ecclésiastiques. En vue de libérer
l’Église de toute emprise des pouvoirs politiques, Grégoire VII rédige un ensemble de 27
décrets, connus sous le nom de Dictatus Papae (1074-1075), expression d’une véritable «
théocratie » (les pouvoirs temporels sont soumis au pouvoir spirituel). L’empereur d’Allemagne,
Henri IV, refuse cette suprématie. Un conflit aigu s’ouvre entre eux, qui débouche dans un
premier temps sur le célèbre épisode de Canossa (1077), où l’empereur Henri IV vient solliciter
le pardon de Grégoire. Mais un peu plus tard, l’empereur prend sa revanche en parvenant à
installer un antipape, Clément III, à Rome (1084). Sans doute la ville est-elle bientôt reprise par
Robert Guiscard, devenu l’allié du pape. Mais ses pillages soulèvent la population et Grégoire
doit fuir Rome une nouvelle fois. Il se retire à Salerne où il meurt, meurtri et humilié. Il laisse le