Résidents étrangers et immigrés en situation irrégulière au Portugal - article ; n°1 ; vol.12, pg 203-212

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Revue européenne de migrations internationales - Année 1996 - Volume 12 - Numéro 1 - Pages 203-212
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1996
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Monsieur Martin Eaton
Résidents étrangers et immigrés en situation irrégulière au
Portugal
In: Revue européenne de migrations internationales. Vol. 12 N°1. Espagne, Portugal, Grèce, pays d'immrigration.
pp. 203-212.
Citer ce document / Cite this document :
Eaton Martin. Résidents étrangers et immigrés en situation irrégulière au Portugal. In: Revue européenne de migrations
internationales. Vol. 12 N°1. Espagne, Portugal, Grèce, pays d'immrigration. pp. 203-212.
doi : 10.3406/remi.1996.1506
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/remi_0765-0752_1996_num_12_1_1506203
Revue Européenne
des Migrations Internationales
Volume 12 - N° 1
1996
NOTE DE RECHERCHE
Résidents étrangers et immigrés
en situation irrégulière au Portugal
Martin EATON
L'immigration dans le sud de l'Union Européenne - notam
ment au Portugal, en Espagne et l'Italie - en provenance d'Afrique par exemple - a
maintenant atteint des niveaux importants (Castles 1984 ; Castles et Kosack 1985 ;
King, 1992 ; Andall 1990 ; Campani 1993). Cette immigration, souvent illégale, «par
la petite porte» de l'Europe, peut être considérée comme un des problèmes majeurs
de l'Union Européenne. En ce domaine, la péninsule ibérique joue un rôle central, de
par sa situation géographique, à proximité à la fois de l'Afrique et des nations les plus
avancées d'Europe du Nord-Ouest, et de par sa position dans l'économie mondiale
(Corkill 1993) et (Lewis 1982 ; Carver 1990).
Au Portugal, notamment, des collectivités de migrants se sont constituées,
aujourd'hui bien établies et dans lesquelles les nouveaux arrivants trouvent à s'inté
grer. Il existe en effet d'importants besoins en main-d'œuvre dans certains secteurs
de l'économie et le pays accueille actuellement de nouveaux immigrés (Porto, 1984 ;
Williams, 1984). Dans la division internationale du travail (Frôbel, et al 1980 ;
Sassen 1988), le Portugal a des niveaux de salaire très bas, mais ils peuvent être encor
e davantage réduits avec l'embauche d'immigrés en situation irrégulière. La modern
isation et la poursuite de l'accumulation des capitaux placent le pays en position de
devenir une zone privilégiée d'exportations pour des marchandises fabriquées dans
des usines (Eaton 1990) qui utilisent «une main-d'œuvre immigrée qui cherche à
vendre sa force de travail» (Miles et Satzewich, 1990 : 334).
Le problème particulier des immigrés clandestins a été récemment l'objet d'ar
ticles de presse et de reportages télévisés. Il est estimé qu'environ la moitié des
100 000 Africains provenant des anciennes colonies sont en situation irrégulière
(Economist Intelligence Unit, 1993a). Martin EATON 204
Si les phénomènes de l'immigration portugaise et des retours au pays ont été bien
analysés (Arroteia 1984 ; CCRC 1984 ; King 1984 ; Lewis 1985 ; Lewis et Williams
1985a), nous n'avons que peu de connaissances sur l'immigration étrangère au
Portugal, flux facilement observable mais sur lequel la documentation reste rare.
Aussi l'objectif de cette note est de regrouper quelques éléments sur leur situation
des résidents étrangers (en situation régulière) et surtout des immigrés clandestins.
L'étude présentée concerne une «zone floue» de la société portugaise qui nécess
ite de considérer à la fois les données officielles et non-officielles (enquêtes
directes). Par définition l'évaluation statistique des clandestins est difficile à réaliser,
notre approche est donc réduite et les données recueillies s'appuient essentiellement
sur des enquêtes qualitatives réalisées auprès d'immigrés. En conséquence nous
n'évoquerons que les principaux problèmes de cette immigration déjà partiellement
abordée par Silva (1984) et plus récemment par Céu Esteves (1991).
LES IMMIGRÉS AU PORTUGAL
II y a plusieurs catégories d'immigrés ethniques au Portugal, allant des commun
autés de l'Europe du Nord, aux Africains, ainsi qu'aux Américains du Nord et du
Sud. Certains sont inscrits officiellement en tant que résidents étrangers, d'autres
sont des immigrés clandestins.
La clandestinité n'est pas spécifiquement le fait des immigrants venant du Tiers
Monde. Dans la région de l'Algarve par exemple, il y avait environ 7 710 résidents
provenant de l'Union Européenne officiellement recensés en 1991. Parmi eux, 4 600
étaient Britanniques. Mais selon une étude effectuée par Cal en 1986 quelques 20 000
autres Britanniques, en situation irrégulière, vivraient actuellement dans le sud du
Portugal. Les Britanniques représentent sans aucun doute le groupe d'étrangers le
plus visible de cette région. Les Britanniques ont constitué une véritable société, avec
leurs médecins, leurs architectes, leurs dentistes, leurs hommes de loi, leurs compt
ables, leurs agents immobiliers, leurs propriétaires de bars, leurs menuisiers, leurs
plombiers, leurs nettoyeurs de piscines, et, dans certains cas, journaux et
écoles.
La raison de leur présence est en partie liée à la volonté d'échapper au fisc de leur
pays. De plus, la régularisation de leur situation au Portugal est longue et compli
quée, et beaucoup renoncent même à la solliciter ; aussi ils échappent au paiement de
l'impôt dans le pays de résidence. Des mesures pour mettre fin à cette situation ont
été envisagées, mais rien n'a été fait. Il semble que les autorités portugaises craignent
de mettre en cause dans l'Algarve l'industrie du tourisme, dans laquelle les entre
prises britanniques jouent un rôle important et dont les retombées bénéficient à la
population portugaise locale (Lewis et Williams 1991 ; (Economist Intelligence Unit,
1993b).
Officiellement, l'immigration provenant d'Amérique du Sud (Brésil), d'Afrique
(Cap Vert, Guinée-Bissau et Angola) et de l'Union Européenne reste limitée, infé
rieure aux flux d'émigration de Portugais. Mais ces chiffres officiels sous-estiment
fortement les flux, en particulier ceux venus des pays lusophones d'Afrique. étrangers et immigrés en situation irrégulière au Portugal 205 Résidents
La transformation du Portugal en un pays d'immigration coïncide avec l'intégra
tion européenne qui permet à beaucoup de ces nouveaux immigrants d'espérer s'im
planter ensuite dans d'autres pays de l'Union Européenne. Les conséquences des
Accords de Schengen, qu'il est encore difficile d'évaluer à ce jour, entraîneront pro
bablement de nouveaux mouvements de population.
En 1992 (Tableau ci-dessous), il y avait un total d'environ 121 500 étrangers off
iciellement recensés dans tout le Portugal (y compris aux Açores et à Madère). Le
groupe le plus important était celui provenant des Iles du Cap Vert, les Brésiliens se
trouvaient en deuxième position, suivis des Britanniques et des Espagnols.
Tableau : Les résidents étrangers au Portugal, 1989 et 1992
Taux de
Pays d'origine 1989 1992 croissance
Cap-Vert 17 972 31 127 73,2
Angola 4 842 6 601 36,3
3 447 5 808 68,5 Guinée-Bissau
Mozambique 2 980 3 574 19,9
1 837 2 519 37,1 Sao Tome-et-Principe
1 675 2 408 43,8 Autres Pays Africains
Etats-Unis 6 438 7 321 13,7
2 092 2 109 0,8 Canada
Autres Pays Nord- Américains 207 nd
Brésil 10 520 14 048 33,5
Illustration non autorisée à la diffusion Venezuela 4 886 4910 0,5
Autres Pays Sud- Américains 532 1 002 88,3
Pays d1 Asie 3 741 4 769 27,5
Royaume-Uni 7 761 9 284 19,6
7 734 Espagne 7 294 6,0
Allemagne 4 482 5 404 20,6
3 019 3 674 21,7 France
Pays-Bas 1 670 2010 20,4
Autres Pays d'Europe 5 021 5 390 7,3
Océanie 347 391 12,7
430 Apatrides et doubles nationaux 212 102,8
Ensemble du Portugal
(y compris Açores et Madère ) 90 975 120 513 32,5
Source : INE 1990a p. 257 et 1993a, p. 182
Les 31 100 immigrés Capverdiens recensés ont obtenu leur permis de séjour,
mais on peut considérer qu'il y vraisemblablement plusieurs milliers de personnes
qui n'apparaissent pas encore sur les registres officiels. L'arrivée des Brésiliens est
essentiellement due à la crise économique des années 80 qui a initié un important
mouvement migratoire vers le Portugal ; ce pays devenant particulièrement attractif Martin EATON 206
depuis son entrée dans l'Union Européenne. Si certains sont rentrés depuis au Brésil
(Eaton, 1994), on enregistre cependant de nouvelles arrivées comme le démontrent
les chiffres du tableau ci-dessus.
Le tableau montre que la population étrangère officielle au Portugal a fortement
augmenté entre 1989 et 1992. Une part de cet accroissement correspond à l'arrivée
de ressortissants des pays de l'Union Européenne, facilitée par la libre circulation, et
de Brésiliens. Mais les taux d'accroissements les plus élevés sont ceux des anciennes
colonies portugaises (de Guinée-Bissau et de l'Angola notamment). En termes rela
tifs, les noirs africains représentent environ 0,5% de la population totale du Portugal,
et plus de la moitié d'entre eux provenaient des Iles du Cap Vert.
Il est paradoxal de constater que les africains lusophones reproduisent aujour
d'hui plusieurs des caractéristiques de l'émigration portugaise vers l'Europe du
Nord-Ouest il y a trente ans. Ils sont attirés par la relative prospérité de Lisbonne
comme les Portugais avaient été attirés par celle de Paris. La plupart d'entre eux
occupent des emplois (bâtiment, industrie, services) que les Portugais d'aujourd'hui
refusent de faire eux-mêmes dans leur pays, mais c'est pour tenir ces mêmes emplois
que d'autres Portugais sont partis vers le Nord dans les années soixante et au début
des années soixante-dix.
C'est à Lisbonne, et de loin, que l'on rencontre la plus grande concentration
d'étrangers en 1991 avec presque 52% de l'ensemble de ceux qui habitent le pays
(figure 1). Les Capverdiens y sont particulièrement bien représentés, (environ
19 600 personnes). Ces chiffres ne tiennent évidemment pas compte des clandestins
mais ils indiquent les grandes tendances concernant la migration vers le Portugal.
Des régions telles que l'Algarve et les villes industrielles de Setubal et de Porto
ainsi que les centres industriels d'Aveiro et de Braga -où les possibilités d'emplois
sont plus importantes et où les conditions de vie sont meilleures (Naylon 1987 ;
Pimpâo 1991 ; Wise 1990)- attirent aussi une importante main-d'œuvre immigrée.
Un nouveau facteur pourrait affecter les mouvements futurs des migrants vers le
Portugal. Il s'agit de l'accord de paix signé par l'Angola et les négociations en cours
concernant l'avenir du Mozambique. Avec une plus grande stabilité politique dans
ces deux états, il est probable que l'arrivée au Portugal d'immigrants provenant de
l'ancienne Afrique coloniale ne soit plus aussi important que le mouvement actuel.
Par contre, à la fin de cette décennie, la dernière colonie appartenant au Portugal,
Macao, passera sous souveraineté chinoise ; ce processus à la destinée incertaine
risque cependant d'influer sur le devenir de la colonie portugaise. Ses 100 000 habi
tants seront libres, en 1997, de se déplacer dans toute l'Union Européenne, et il est
possible que beaucoup d'entre eux essaient de rejoindre le Portugal. Même si cette
«migration de retour» ne risque pas d'atteindre le niveau de celle des retornados (res
sortissants Portugais rapatriés des colonies d'Afrique en 1975 - Pena Pires 1987 ;
1990 ; Saint-Maurice et Pena Pires 1989), on peut penser qu'il y aura certainement
au cours de dix prochaines années un nouveau flux important d'immigrés que le
Portugal devra absorber. Résidents étrangers et immigrés en situation irrégulière au Portugal 207
L'IMMIGRATION CLANDESTINE
Bien que personne ne connaisse l'importance exacte de la migration clandestine
actuelle au Portugal, on peut cependant, selon différentes sources, estimer à 15 000
environ le nombre d'Africains qui travaillent en situation irrégulière dans la seule
ville de Lisbonne.
L'immigration des jeunes hommes, qui souhaitent tout autant trouver des revenus
qu'échapper à l'incorporation dans les armées de la guerre civile, est fréquemment
contrôlée par des réseaux implantés au Portugal. Il semble que la prise en charge des
emigrants par des commence à Luanda, avec la vente des passeports. Le plus
souvent, quand les immigrés arrivent à l'aéroport de Lisbonne, ils sont accueillis par
des intermédiaires qui leur procurent une adresse et leur facilitent l'entrée au
Portugal avec un visa de tourisme pour une période de trois mois. Ils les mettent
ensuite en contact avec des employeurs prêts à payer ces recruteurs. La dépendance
des travailleurs clandestins est très forte à la fois envers ces intermédiaires et envers
leurs employeurs. La presse de Lisbonne rapproche souvent cette situation de l'e
sclavage.
Figure 1. Distribution des résidents étrangers au Portugal, 1991
Spain
Légende - Nationalités
^^- Angola
Cape Vert
Guinée-Bissau
Mozambique
États-Unis
Canada
Brésil
Venezuela
Asie
Allemagne
Illustration non autorisée à la diffusion Espagne
France
Pays-Bas
Royaume-Uni
Autres Résidents Étrangers
59,000 - -^*
Source: INE (1992 pp. 182-3) Martin EATON 208
La majorité des travailleurs immigrés clandestins vivent dans les banlieues des
principales villes du Portugal, ou bien dans les quartiers du centre ville et à la péri
phérie de Lisbonne (figure 2). La prolifération des bidonvilles dans des quartiers tels
qu'Areeiro, Chelas, Damaia, Amadora et Benfica autour de la capitale ont leurs
racines dans les bairros clandestinos, étudiés depuis plus de 30 ans par Freitas
(1961) ; Pereira (1966) ; Salgueiro (1985) ; Silva (1981) ; Williams (1981) ; Soares
(1982) ; Cardoso (1983) ; Soares, et al (1985) et Cardoso (1985). Un bairro, selon la
traduction littérale, est un quartier ou une banlieue, mais le terme a pris le sens de
ville composée de logements illégaux et irréguliers.
Le Portugal souffre d'une crise du logement à l'échelle nationale. Les deux prin
cipaux problèmes sont le manque de nouveaux logements et la qualité médiocre des
habitations existantes (Paiva, 1985). En 1975 l'énorme vague d'immigration vers le
Portugal des retornados a aggravé la situation. Un grand nombre d'entre eux s'est vu
contraint de s'installer dans des habitations temporaires et dans des bidonvilles situés
près de l'aéroport ou même sous les embranchements de bretelles d'autoroutes
autour de la ville. Aujourd'hui ce sont les communautés de noirs africains qui ont
réinvestis ces quartiers dégradés dont la plupart exhibent toujours les mêmes carac
téristiques : cabanes en bois et en tôle ondulée, système sanitaire et infrastructure
quasiment inexistants, surpeuplement. Les bidonvilles, qui prennent parfois le nom
de bairros de lata -littéralement «villes en fer blanc»-, ont été pratiquement considér
és par les autorités comme une solution partielle aux problèmes du logement.
D'autres solutions ont été recherchées par les immigrés. Certains se sont instal
lés illégalement dans des logements municipaux mal entretenus et inoccupés de la
périphérie de Lisbonne, notamment dans les paroisses de Carnide, Campolide,
Charneca et Marvila (carte 2). D'autres ont utilisé les compétences acquises sur les
chantiers du bâtiment pour construire des logements pour eux-mêmes. Certains
conseils municipaux leur ont fourni des terrains et des infrastructures, mais il s'agit
là de cas exceptionnels.
La solution institutionnelle, l'attribution de logements municipaux (de type
HLM) ne peut être que très partielle. Les demandes ne peuvent être satisfaites car les
listes d'attente sont déjà trop importantes avant même que ces nouveaux habitants ne
s'y ajoutent. Des efforts ont été consentis, notamment par le Conseil Municipal de
Lisbonne, depuis 1989 (INE 1880, p. 57), mais restent insuffisants par rapport à la
demande.
Sur le plan de l'enseignement, la situation est tout aussi difficile. Et malgré les
initiatives prises en faveur des enfants d'immigrés (réduction des effectifs dans les
classes, rattrapage scolaire etc.) beaucoup parmi eux prennent du retard dans leurs
études. En effet, une enquête (APN 1991) montre que les enfants arrivant du Cap Vert
et de Sâo-Tomé ainsi que ceux de familles de Gitans ont le taux le plus élevé d'aban
don au niveau de l'école primaire et des taux d'échecs allant jusqu'à 60% et 35%
pour les deux groupes. Résidents étrangers et immigrés en situation irrégulière au Portugal 209
Figure 2. Les quartiers dégradés de Lisbonne, 1986
Légende pour Communes
100
Illustration non autorisée à la diffusion
R. Tagus
Santa Engrâcia
Source: Cardoso & Pimenta (1989, p.24.)
CONCLUSION
II est bien sûr difficile de conclure à partir des quelques éléments que nous avons
présentés. On peut cependant relever que le gouvernement portugais ni ne tolère ni
ne condamne la présence des immigrés illégaux au Portugal. Il est à la fois désireux
de tirer profit de leurs compétences mais d'exercer aussi un contrôle sur cette popul
ation. L'expulsion est utilisée en dernier recours et les chiffres semblent confirmer
cette situation. En 1990, 250 personnes furent expulsées après confirmation d'absen
ce de permis de séjour.
Dans l'avenir les immigrés vont devoir faire face au marché unique européen. Le
Portugal a accepté de faire partie de la Zone Schengen fin 1991, s'engageant donc à
laisser le passage libre à tout individu à l'intérieur du pays depuis mars 1995. Ce pro
cessus va certainement conduire au renforcement des frontières extérieures et il sera
beaucoup plus difficile aux immigrés clandestins d'entrer au Portugal (Gordon
1989). Ceci pourrait conduire à un freinage, sinon à un arrêt complet de tout mouve
ment d'immigration future des anciennes colonies du Portugal par exemple. Mais
quoiqu'il en soit, devant la nouvelle situation créée par les phénomènes d'immigrat
ion, le Portugal va devoir gérer les conséquences de l'actuel afflux de main-d'œuvre
et donc plus particulièrement la situation des ressortissants non-portugais vivant sur
son territoire. Martin EATON 210
Notes et références bibliographiques
REMERCIEMENTS
L'auteur désire remercier Carlos Pereira da Silva, de l'Université de Lisbonne, pour son assistance dans
le travail de documentation bibliographique ainsi que pour un certain nombre de recommandations et
d'observations utiles. Les points de vue et les erreurs demeurent de la responsabilité de l'auteur.
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