Association pour le Maintien de l

Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne

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" Depuis 2001, fleurissent partout en France de nouveaux lieux d’échange entre producteurs agricoles et consommateurs. Plus d'un millier d'AMAPs (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) permettent aujourd'hui de satisfaire une demande croissante en produits de saison variés, choisis par le producteur, qui les livre chaque semaine sous forme de paniers. Ce système, certes séduisant, exige néanmoins des partenaires un fort engagement mutuel ". Maëlle Gasc - décembre 2010
Majeure Alternative Management - HEC Paris - 2010-2011

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Publié le 20 octobre 2011
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Langue Français
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Observatoire du Management Alternatif Alternative Management Observatory __ INITIATIVE A.M.A.P Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne Maëlle Gasc – décembre 2010 Majeure Alternative Management – HEC Paris – 2010-2011 1 Les AMAP : un partenariat entre consom’acteurs et producteurs Cette fiche a été réalisée dans le cadre du cours « Grands défis planétaires » donné par Denis Bourgeois, David Khoudour-Castéras et Thanh Nghiem au sein de la Majeure èmeAlternative Management, spécialité de 3 année du programme Grande Ecole d’HEC Paris. Résumé : Depuis 2001, fleurissent partout en France de nouveaux lieux d’échange entre producteurs agricoles et consommateurs. Plus d’un millier d’AMAPs (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) permettent aujourd’hui de satisfaire une demande croissante en produits de saison variés, choisis par le producteur, qui les livre chaque semaine sous forme de paniers. Ce système, certes séduisant, exige néanmoins des partenaires un fort engagement mutuel. Mots clés : Agriculture, Equitable, Solidarité The French AMAPs: a partnership between consumers and producers. This review was presented in the « Global challenges » course of Denis Bourgeois , David Khoudour-Castéras and Thanh Nghiem. This course is part of the “Alternative Management” specialization of the third-year HEC Paris business school program. Abstract: This past decade has seen the emergence of a new form of retail outlets for agricultural products in France. In the thousand of French AMAPs, consumers can find fresh and seasonal ts chosen and delivered weekly by the producer himself. This appealing project is also very demanding, and requires a genuine commitment from the parties involved. Key words: Farming, Fair, Solidarity Sommaire 1. Données élémentaires : p. 3 2. Histoire : p. 5 3. Mission(s) et valeurs : p. 6 4. Analyse de l’auteur de la fiche : p. 8 5. Bibliographie : p. 10 Charte Ethique de l'Observatoire du Management Alternatif Les documents de l'Observatoire du Management Alternatif sont publiés sous licence Creative Commons http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/fr/ pour promouvoir l'égalité de partage des ressources intellectuelles et le libre accès aux connaissances. L'exactitude, la fiabilité et la validité des renseignements ou opinions diffusés par l'Observatoire du Management Alternatif relèvent de la responsabilité exclusive de leurs auteurs. 2 1. Données élémentaires Il existe aujourd’hui en France environ mille deux cent AMAP. Elles regroupent cinquante 1mille foyers, ce qui représente deux cent mille personnes . La marque AMAP est enregistrée à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) depuis 2003 et appartient à l’association Alliance Provence. Répartition des AMAP en France Il n’existe pas de recensement précis et fiable des AMAP en France. Cependant, afin d’aider les consommateurs à localiser l’association la plus proche de leur domicile, la plupart des AMAP sont inscrites en ligne, sur le site web national des AMAP, les sites web régionaux des AMAP, ou le site web du MIRAMAP (Mouvement Interrégional des AMAP). A travers la 2liste suivante, non-exhaustive, nous tentons d’organiser la répartition en France des AMAP , par région. Région Nombre d’AMAP Région Nombre d’AMAP Alsace 9 Languedoc-Roussillon 15 Aquitaine 96 Limousin 4 Auvergne 21 Lorraine 17 Basse-Normandie 16 Midi-Pyrénées 92 Bourgogne 20 Nord-Pas-de-Calais 18 Bretagne 43 Outre-Mer 1 (Guadeloupe) Centre 22 Pays de la Loire 37 Champagne-Ardenne 5 Picardie 19 Corse 1 Poitou-Charentes 30 Franche-Comté 9 Provence-Alpes-Côte 140 d’Azur Haute-Normandie 29 Rhône-Alpes 132 Ile-de-France 120 Un mouvement en cours de structuration Les AMAP ont été créées localement et indépendamment les unes des autres par des 1 « Les AMAP en région », MIRAMAP, Mouvement Interrégional des AMAP : http://miramap.org/spip.php? rubrique9, consulté en novembre 2010. 2 « Annuaire des AMAP », Site national des AMAP : http://www.reseau-amap.org/recherche-amap.php, consulté en novembre 2010, et « Les AMAP en région », MIRAMAP, Mouvement Interrégional des AMAP : http://miramap.org/spip.php?rubrique9, consulté en novembre 2010. 3 producteurs et consommateurs sous le statut d’association de loi 1901. Depuis quelques années, une véritable structure cohérente se met en place via une densification des réseaux régionaux (AMAP Ile-de-France, par exemple) et plus récemment la formation d’un Mouvement Interrégional des AMAP, le MIRAMAP. L’objectif de ces structures est de permettre des échanges d’expérience, d’améliorer la visibilité des AMAP auprès des institutions officielles, et de permettre la mise en place coordonnée de formations pour les créateurs d’AMAP. Une initiative nationale à échelle humaine MIRAMAP estime à trente-six millions d’Euros le chiffre d’affaires annuel des AMAP en France, ce qui correspond au chiffre d’affaire d’une grande PME, d’après une des définitions 3de la Commission Européenne . 3 Recommandation de la Commission (96/280/CE), du 3 avril 1996, concernant la définition des petites et moyennes entreprises [Journal officiel L 107 du 30.04.1996]. 4 2. Histoire Une idée venue d’ailleurs L’ancêtre de l’AMAP vit le jour dans les années 1960 au Japon. Il se nommait alors Teikei (  , ce qui signifie coopération ou collaboration en japonais. L’idée est venue des mères nippones qui, inquiètes des effets néfastes de l’industrialisation de l’agriculture sur la qualité des produits, s’engagèrent vis-à-vis des paysans à souscrire à leur récolte en échange d’une 4 1garantie de qualité. Aujourd’hui au Japon, un foyer sur quatre participerait à un Teikei . L’initiative d’un paysan français du Sud En 2001, ce n’est pas au Japon, mais lors d’un voyage aux Etats Unis que Daniel Vuillon découvrit ce système innovant, en observant un groupe de consommateurs d’une CSA (Community Supported Agriculture). Ce maraîcher, originaire du Va r, fut surpris de constater que les produits achetés par les consommateurs venaient d’être livrés directement par un fermier de l’Etat voisin. Dès son retour en France, Daniel Vuillon présenta sa découverte lors d’une réunion AT TAC et suscita l’enthousiasme d’un groupe de consommateurs. Le 17 avril 2001, après plusieurs réunions, les Olivades (nom de la propriété des Vuillon) livra son premier panier aux habitants d’Aubagne. La première AMAP était née, mais elle ne portait pas encore ce nom. Devant le succès des Vuillon, plusieurs associations du Va r , dont la Confédération Paysanne, décidèrent le 10 mai 2001 de créer Alliance Provence, association dont le but est d’accompagner les créateurs d’AMAP dans la région. Alliance Provence déposa la marque AMAP en 2003 auprès de l’INPI. La France : entrée tardive mais efficace dans le système AMAP Depuis l’initiative des Olivades, de nombreux autres producteurs et consommateurs se sont lancés dans l’aventure. Aujourd’hui, on compte environ mille deux cent AMAPs en France. A Aubagne, la ville des Olivades, a eu lieu en 2004 le premier colloque international des Teikei, AMAP, CSA des Etats-Unis, ASC (Agriculture Soutenue par la Communauté) du Québec, et autres, rassemblés au sein du réseau international URGENCI (Urbain Rural pour Générer des 5Echanges entre les Citoyens) . 4 Jacquiau C., 2007. « Max Havelaar, ou les ambiguités du commerce équitable », Le Monde Diplomatique, http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/JACQUIAU/15101, consulté le 27/11/2010. 1 5 Voir le site internet du réseau URGENCI (consulté le 27/11/2010) : http://www.urgenci.net/ 5 3. Missions et valeurs Un engagement mutuel Le principe de l’AMAP consiste en un accord entre le producteur et le consommateur. Le producteur s’engage à livrer chaque semaine des produits variés de saison et de qualité, selon des méthodes agronomiques définies en accord avec le consommateur. Le respect du cahier des charges de l’agriculture biologique n’est pas obligatoire, mais il est une source 6d’inspiration, ainsi que la Charte de l’agriculture paysanne . Cette Charte est un texte d’inspiration pour la Charte des AMAP, défini par Alliance Provence comme un « document de référence définissant les valeurs, les principes et les engagements auxquels doivent souscrire les associations désirant être reconnues comme AMAP auprès d’Alliance 7Provence » . Le producteur s’engage à respecter la biodiversité, le rythme de la nature et les hommes, afin de produire des aliments sains. En contrepartie, le consommateur accepte de supporter avec le producteur les risques potentiels pesant sur sa récolte (aléas climatiques, par exemple). Ainsi, il paie par avance sa consommation pour la saison à venir. Le principe du « panier » Selon les points de vue, il peut être tout à fait agréable de recevoir chaque semaine des produits nouveaux et de saison, ou tout-à-fait dérangeant par rapport à ses habitudes, ses goûts ou dons culinaires. Or le principe de livraison hebdomadaire d’un panier rempli de fruits et légumes de saison, variés et non standardisés (par rapport à la grande distribution) est un point-clé du système AMAP. Il faut donc pour les consommateurs réapprendre à cuisiner, à goûter et apprécier ces produits auxquels ils ne sont pas forcément pas habitués. Le prix du panier est fixé de manière équitable. Proche du prix de grande surface, il comporte des produits de qualité bien supérieure et permet d’assurer au producteur un revenu décent. Ce prix relativement bas est permis par la suppression des coûts intermédiaires (emballages, transport), ainsi que par l’absence du gâchis observé habituellement en grandes surfaces pour des contraintes de standardisation des produits. Le panier peut être mis à disposition des consommateurs sur le lieu-même de production, 6 Charte de l’agriculture paysanne, définie par la Confédération Paysanne et la FADEAR (Fédération Associative pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural), elle définit dix principes autour de trois dimensions (sociale, économique et environementale), destinés à orienter les décisions politiques et les pratiques sur le terrain. 7 Charte des AMAP, Alliance Provence, mai 2003. 6 ou dans un lieu proche (magasin, maison, etc.). L’horaire est fixé pour convenir au plus grand nombre. Une équipe de bénévoles organisateurs Contrairement aux dispositifs classiques de vente (marchés, etc.), ce n’est pas le vendeur qui prend en charge les détails logistiques de son circuit de distribution, mais une équipe de bénévoles, choisie au sein du comité de consommateurs de chaque AMAP. Répartis en coordinateurs et trésorier, ces bénévoles prennent en charge l’organisation des ventes hebdomadaires, ainsi que la répartition des produits dans des paniers individuels. Ainsi, le consommateur devient consom’acteur puisqu’il devient actif dans son rôle d’acheteur. 7 4. Analyse de l’auteur de la fiche Un système marchand alternatif ? Peut-on dire que les AMAP proposent un système alternatif au système de marché? Pour Claire Lamine, auteur du livre Les AMAP, un nouveau pacte en producteurs et consommateurs?, paru en 2007 aux Editions Yves Michel, cette initiative se rapproche de certains projets de monnaie alternative, comme les SEL (Systèmes d’Echanges Locaux). En effet, tout comme ces associations qui permettent à leurs membres d’échanger biens et services sans avoir recours à l’argent, aucune transaction monétaire n’a lieu lors de la remise du panier. En outre, on observe d’autres similitudes, comme le poids le projet du réseau qui s’appuie sur la force du collectif, et l’apprentissage comme principe-clé de l’initiative. Néanmoins, le fonctionnement des AMAP se rapproche également beaucoup du système marchand tel que nous le connaissons : les prix des paniers sont calculés en fonction des prix du marché, et les consommateurs choisissent parfois leur AMAP après avoir comparé les prix des paniers ! Cependant, c’est bien une réelle révolution dans les habitudes de consommation qui est introduite par le modèle AMAP : le client n’est plus roi, puisqu’il n’a plus le choix de sa consommation (produits variés et de saison obligatoire), et qu’il s’engage dans la durée vis- à-vis d’un agriculteur lui-même engagé. Quelle portée pour cette alternative? Si les avantages d’un tel système sont évidents par rapport aux modèles classiques de distribution, comment expliquer la persistance des super, hyper, et autres adverbes hyperboliques – marchés? Pourquoi n’adhérons-nous pas tous immédiatement à une AMAP? Leur relative – mais réelle – faible visibilité pour un consommateur non initié à l’agriculture biologique ou à l’économie sociale et solidaire peut constituer un premier élément de réponse. Bien sûr, il ne s’agit pas d’ériger de grandes affiches publicitaires sur les abribus ou dans le métro pour faire connaître les AMAP, mais la communication est un axe à privilégier si la volonté des adhérents est d’augmenter le poids des AMAP dans le système de production- distribution français. Par ailleurs, n’est-il pas, dans cette optique, contre-productif d’avoir déposé « AMAP » en tant que marque? N’est-ce pas une entrave au développement de ces structures? Un encadrement trop strict peut être perçu comme décourageant par certains. Enfin, nous pouvons nous interroger sur le pourcentage de la population française dont la fibre écologique ou sociale est assez développée pour les pousser à adhérer à une telle structure. En d’autres termes, le marché des AMAP n’est-il pas fondamentalement limité? Il 8 est probable qu’au moment de leur création, les AMAP n’aient été fréquentées que par ce type de consommateurs. Mais aujourd’hui, la méfiance croissante envers les grands groupes agro- alimentaires, la sensibilité croissante du grand public aux enjeux environnementaux, ainsi que le souci de manger sain font émerger une nouvelle cible pour les AMAP. Si ces structures souhaitent perdurer et se développer, peut-être est-ce dans leur intérêt de fonctionner pour une fois avec une logique de marché, afin de saisir l’opportunité offerte par cette nouvelle demande et d’instaurer un nouveau système de consom’action. 9