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Chronique hydrologique de la région Rhône-Alpes : année 1985 / Hydrological reports for the Rhône-Alpes region : 1985. - article ; n°4 ; vol.63, pg 246-261

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Revue de géographie de Lyon - Année 1988 - Volume 63 - Numéro 4 - Pages 246-261
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié par
Publié le 01 janvier 1988
Nombre de lectures 34
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Exrait

Huguette Vivian
F. Nouvelot
Chronique hydrologique de la région Rhône-Alpes : année 1985
/ Hydrological reports for the Rhône-Alpes region : 1985.
In: Revue de géographie de Lyon. Vol. 63 n°4, 1988. pp. 246-261.
Citer ce document / Cite this document :
Vivian Huguette, Nouvelot F. Chronique hydrologique de la région Rhône-Alpes : année 1985 / Hydrological reports for the
Rhône-Alpes region : 1985. In: Revue de géographie de Lyon. Vol. 63 n°4, 1988. pp. 246-261.
doi : 10.3406/geoca.1988.3379
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geoca_0035-113X_1988_num_63_4_3379HYDROLOGIQUE DE LA REGION RHONE-ALPES ANNEE 1985 CHRONIQUE
Par H. VIVIAN
La caractéristique essentielle de l'année hydrologique 1985 Le régime général des cours d'eau n 'est pas perturbé par cette
dans la région Rhône-Alpes est qu'elle connut, à l'automne, alternance ; il est exagéré dans le sens d'un creusement des
des déficits creux et persistants qui sont comparables aux plus étiages de saison chaude et de fin d'année hydrologique pour
fameux étiages automnaux antérieurs tels ceux de 1957, 1962 les régimes alluviaux à tendance océanique, d'une hausse de
et 1978. l'abondance estivale et d'un retard de la décrue automnale
à l'intérieur des Alpes. Notons tout de même parfois un déca
Cet étiage qui sévit sur toute la région hors de la zone alpine lage du maximum hydrologique des mois hivernaux sur le
rendit de ce fait les débits annuels déficitaires eux aussi ou printemps pour les régimes pluviaux (Saône - Bas Rhône -
moyens malgré une abondance modeste au printemps. Loire) qui se calquent sur les variations pluviométriques. Ils
ont encaissé presque aussi nettement l'abondance des préci
pitations d'avril-mai que la carence de fin d'été et d'automne.
I. 1985 : UNE ANNEE MOYENNEMENT Celle-ci toutefois fut plus durement marquée en bien des bas
DEFICITAIRE sins ainsi que nous le verrons et constitue "l'originalité" de
l'année 1985.
Les débits moyens annuels dont quelques-uns sont portés dans
l'annexe 1 , pour l'ensemble de cette région si naturellement Cette année permet aussi de mettre une nouvelle fois en évi
hétérogène qu'est la région Rhône- Alpes, nulle part ne s'écar dence les régimes hydrologiques "thermiques" de la monta
tent beaucoup de la moyenne habituelle. La majorité des coef gne qui traduisent tout autant les fluctuations des températficients ď hydraulické (annexe 2) se regroupent à l'intérieur ures que celles des précipitations. d'une fourchette de .75 à 1.20.
Il est à noter l'opposition montagne alpine - zones rhoda II. ABONDANCE MODESTE - nienne et ligérienne qui se caractérise pour cette année 1985 DÉFICIT EXCEPTIONNEL par une hydraulicité normale ou même supérieure à la
moyenne dans la zone haute savoyarde, savoyarde (Arvey- II n'est pas possible de retrouver ces deux caractéristiques ron 1.16, Guiers 1.07, Isère à Val d'Isère .96) et dauphinoise opposées dans tous les régimes hydrologiques de l'année 1985. (Vénéon 1.02, Severaisse 1.25). Les hydraulicités les plus fai Plus que lors des années antérieures, un zonage spatial s'imbles se retrouvent à l'Ouest et au Nord du Rhône dans la zone pose à la lecture des annexes 1 et 2 : jurassienne, du Bugey et des Dombes (Albarine à St Denis
.66), d'une part, le rebord du massif central (Azergues à Cha- - une abondance normale ou modeste est l'apanage de prattillon .73) et le bassin ligérien d'autre part (Aix à St Germain iquement tous les mois de l'année à l'intérieur de la zone d'in.73 - Lignon au Chambon .59 - Loire à Bas-en-Basset et Vil-
fluence montagnarde ; lerest .73).
- seuls les mois de janvier à juillet ont une bonne hydraulicLe déficit annuel n'est donc nulle part très marqué et l'axe
ité dans le reste de la région Rhône-Alpes et ils précèdent rhodanien qui constitue une jonction entre la montagne et
les mois très déficitaires d'août à décembre. la plaine provençale parait représentatif de cette tendance.
Son hydraulicité dans les stations supérieures (Pougny -
Bognes) dépasse à peine 1 (1 .08) ; elle décline à partir de Lyon
a) Une abondance printanière modeste - de petites crues en (.96) mais ne descend pas au-dessous de .87 à Beaucaire.
mai (fig. 1).
Ce déficit annuel modeste est le résultat de la combinaison
de débits relativement abondants sans être jamais excessifs Les précipitations excédentaires du mois de février-mars ont
se perprétrant sur plusieurs mois et de débits très nettement déjà donné une hydraulicité supérieure à la moyenne hors de
déficitaires se succédant dans le temps et cumulant le déficit la zone alpine où les températures qui, en mars sont inférieurs
à la fin de l'année 1985. Cette succession, vérifiée pour tous aux normales saisonnières, commandent le phénomène de
les cours d'eau de régime pluvial prédominant n'existe pas rétention nivale. C'est en avril que les débuts, réagissant aux
dans les bassins alpins de régime nivoglaciaire. Dans leur cas perturbations de la première quinzaine, sont très supérieurs
l'année 1985 est "normale" jusqu'en août et excédentaire à la normale dans le bassin rhodanien septentrional (Rhône
jusqu'en décembre. supérieur 1.44), dans les Préalpes du Nord (Dranse à Bioge CHRONIQUE HYDROLOGIQUE DE LA RÉGION RHÔNE-ALPES, ANNÉE 1985 247
SAONE
1,37| С des grands
collecteurs
Fig. 1 — Les excédents d'hydraulicité d'avril ou mai 1985 (le coefficient maximum est seul pris en compte pour la légende).
1.28 - Fier 1.39 - Chéran 1.43 - Guiers 1.57) le Jura (Bienne de la Saône (2.24). L'Isère ne bougeant pas, l'hydraulicité
à Chassai 1.62 - Ain Pont d'Ain 1.37) comme dans la partie diminue sur le Bas Rhône (avec toutefois encore 1.37 à méridionale. On note cependant un léger amortissement sur Beaucaire). ч
le Bas Rhône (1.10) mais des coefficients d'hydraulicité encore
assez forts dans le bassin de la Drôme (1 .46 à Luc) et le Drac Les affluents préalpins et Bas Dauphinois du fleuve ont des (Pont de la Guinguette 1.1 1 - La Séveraisse 1.63). La région coefficients d'hydraulicité compris entre 1.15 et 1.50 seule
alpine interne reste dans l'immobilisme hivernal et le bassin ment, à l'exception des bassins de Chartreuse et Vercors où ligérien ne connaît que des écoulements normaux ou même les débits ont été très forts (Guiers 2.4 - Meaudret 3.9). Dans déficitaires (Loire à Bas-en-Basset .95 - Lignon au Chambon les Préalpes du Sud, le Roubion accuse 1.66 à Soyans et la .99 - Rhins à Pont Mordon .51...). Drôme 2.88 à Luc - 1 .75 à Saillans, compensant ainsi la rela
tive modestie des apports isérois (1.01 à Beaumont Monteux)
- C'est avec toujours en mai que la même s'effectue exception une montée sur les Alpes générale internes des - eaux, suite et des bassins de la rive droite (Eyrieux Pt de Chervil 1.21).
à des précipitations très abondantes sur le Jura, les Alpes du Le Jura est dans l'ensemble beaucoup plus homogène dans Nord (de 150 à 190 % supérieures aux normales) mais aussi
ses apports entre Valserine et Saône. Les valeurs de l'hydraulsur les alpes du Sud (120 à 180 % normales) et le Massif Cent icité y sont, presque dans tous les bassins, supérieurs à 1.50 ral (120 à 130 % normale) d'après les observations de la avec des maxima sur le Seran (la Bavoisière 2.90) l'Albarine Compagnie Nationale du Rhône 1. Ces précipitations se sont (Pt St Denis 1.98) l'Ain à Pont d'Ain et Chazey (1.82). La étalées sur tout le mois avec un temps frais pendant la pre
Saône au Chatelet a déjà un coefficient de 1.70 et à Lyon mière quinzaine, plus chaud et orageux au cours de la seconde.
atteint 2.24 grossie par ses affluents de rive droite (Ardières :
*Bassin du Rhône. 2.02, Azergues 1.40) et de rive gauche (Reyssouze 2.60).
L'hydraulicité du Rhône de 1 . 15 à Pougny passe à 1 .39 à Lyon Les débits de pointe les plus notables ont été enregistrés sur
après l'arrivée de l'Ain, puis 1.7 la Ternay par les apports le Rhône à Sault Brenaz (1258m3/s le 10) et à Lyon-St Clair H. VIVIAN 248
La période d'abondance du printemps 1985 est donc tout à (2130 m3/s le 10) après les apports de l'Ain (1154 m3/s le
9 à Chazey). La Saône a eu des débits soutenus, supérieurs fait comparable dans son extention spatiale et son hydrauli
à 1000 m3/s du 10 au 21 avec une pointe de 1655 m3/s le cké à celle de l'automne 1984 (sept. - oct.). Il n'en est pas
16. A Ternay donc il y eu 2 pointes de 3150 m3/s le 10 et de même pour les phases de déficit.
2700 m3/s le 15. A Valence 4200 m3/s furent enregistrés le
11 Mai et à Beaucaire 4661 m3/s le 12 Mai. b) Le grave déficit hydrologique de septembre à décembre
1985
Ces débits sont loin d'égaler ceux qui avaient été atteints en
La baisse des débits, hors de la montagne alpine, commença mai 1983 2. Ils n'ont tous qu'une fréquence de retour pro
en fait dès juillet pour atteindre des minima sévères en octoche ou égale à 1 fois tous les 2 ans (Loi de Gumbel appliquée
bre et novembre, valeurs faibles qui se maintinrent jusqu'à aux débits à Sault Brenaz - La Mulatière - Valence - Beauc
mi-décembre. aire) (CNR). Ils se rapprochent des maxima de Février 19843.
La crue de la Saône eut aussi cette fréquence de 2 ans mais
1) Aperçu sur les causes climatiques il est à noter que cette fois encore le Val de Saône fut copieu
sement inondé. Le temps chaud et ensoleillé, les précipitations déficitaires de
juillets et août (à l'exception des Alpes du Nord) ont amorcé Les inondations de ce cours d'eau au cours de la période hiver sur les bassins rhodaniens et ligériens une courbe de tarissnale on toujours fait partie de l'histoire des riverains et sont
ement qui allait se prolonger jusqu'à la dernière semaine de "habituelles". Les crues de printemps le sont un peu moins
décembre, après renforcement de la sécheresse en septembre. et surtout, constituent un bien plus grand handicap que cel
les d'hiver, spécialement pour l'agriculture (récolte de foin
Ce mois est caractérisé par un temps beau et chaud, les temgâchée etc.). Leur retour, fréquent au cours de ces derniè pératures moyennes sont supérieures à la normale de 1.5° à res années, a suscité dans le Val de Saône, l'inquiétude et le
3.5° (4) , l'insolation est largement excédentaire de 70 à 80 désir de mieux comprendre le phénomène hydrométéorolog
h dans le Massif Central et la vallée du Rhône, 40 à 60 h dans ique, les divers paramètres naturels et anthropiques qui font
les Alpes. Les précipitations sont partout très déficitaires (0.10 qu'une crue moyenne ou même petite est dommageable. Outre
par rapport à la moyenne de référence). un Comité de protection et d'aménagement du bassin ver
sant de la Saône et du Doubs créé en 1981 par les agricul
Cette sécheressse se poursuit en octobre (précipitations défiteurs défendant leurs propres inérêts, le Conseil Général de
citaires de 5 à 10 % dans le Jura et les Alpes 20 à 30 % dans la Saône et Loire a récemment proposé à la Préfecture de
le Massif Central). L'ensoleillement est excellent (+ 40 à + Régior/un projet de statuts pour la création d'un Syndicat
60 h dans le Jura et le Massif Central, + 40 h dans la vallée mixte d'aménagement du bassin de la Saône et du Doubs.
Il regrouperait les départements intéressés et son but, entre du Rhône) et les températures moyennes sont supérieures à
la normale de 1.5 à 2.5 C. Il faut attendre la seconde quinautres, serait de décider des aménagements du bassin desti
nés à assurer la protection des terres riveraines, de faire réa zaine de novembre pour trouver un temps variable et froid,
des précipitations supérieures à la normale dans les Alpes mais liser des études de faisabilité etc.. Actuellement se termine
à l'Agence de bassin Rhône-Méditerranée-Corse une étude qui sont déficitaires dans la vallée du Rhône et le Massif Cent
précise des crues et inondations de la Saône qui fera object ral, la neige est apparue le 13 novembre avec un épisode
ivement le point sur la fréquence et les dommages engendrés météorologique qui a recouvert les Alpes d'une couche de 20
par ces crues dites "hors saisons". cm à partir de 1000 m d'altitude.
* Bassin de la Loire Le mois de décembre, assez doux, avec quelques épisodes
pluvio-neigeux, rentre dans la normalité ; les débits restent
L'hydraulicité mensuelle de la Loire entre Chadrac et Ville- faibles toutefois.
rest varie de 1.44 à 1.78, augmentation due aux apports
Les déficits pluviométriques prolongés ont été la cause des importants et conjugués de tous les affluents dont la plupart
très bas débits enregistrés dans la majorité des bassins de paraissent avoir eu une abondance assez exceptionnele, mar
moyenne montagne et de plaine ; les excédents d'insolation quée par des coefficients supérieurs à 2 (Semène Le Crouzet
2.56, Coise Moulin brûlé 2.54 - Rhins à Amplepuis 2.24 et et de température ainsi que des précipitations ont été respon
sables d'une abondance normale ou même légèrement excéà Pt Mordon 2. 17). Cette abondance est régulièrement répart
ie sur le mois et, pas plus sur les affluents que sur la Loire dentaire à l'intérieur des Alpes, phénomène en tout point sem
elle même il n'y eut de pointes de crue notables (705 m3/s blable à celui que nous avions pu constater à l'automne 1978
le 23 avril - 4.92 m3/s le 9 mai à Villerest). Les débits décrois (5). Cette année là les totaux pluviométriques des trois mois
sent assez rapidement de façon générale et le mois de juin septembre-octobre-novembre ont eu un déficit supérieur à
est tout à fait normal. 40 Щ de la normale sur toute la région nord-alpine, déficit
de durée de retour décenal et même record absolu pour la
Il en est de même dans le bassin rhodanien sauf dans la part période d'observations.
ie montagnarde préalpine (Bornes - Beauges - Chartreuse)
et alpine (Mt Blanc - Tarentaise - Maurienne) où les débits 2) Des déficits automnaux records pour les régimes pluviaux et nivo-
grossis par la fusion nivale et par de nombreux passages pluviaux.
pluvio-orageux montent jusqu'en juillet sans jamais s'élo
igner d'une moyenne saisonnière (fourchette de valeurs pour Les bassins affluents du Rhône, de la Saône et de la Loire,
juin et juillet .75 à 1.30). de petite taille et aux réactions instantanées, ont accusé un 1
i
CHRONIQUE HYDROLOGIQUE DE LA RÉGION RHÔNE-ALPES, ANNÉE 1985 249
déficit hydrologique qui, dans la majorité des cas, à partir La fig. 2 permet de voir la répartition des minimas ( .20) à
de septembre et surtout octobre, est le record absolu enre l'Ouest d'une ligne englobant schématiquement le Chablais,
gistré aux différentes stations pour des périodes de 15 à 30 le bassin de l'Isère. Le bas Dauphine forme un îlot au sein
ans (au niveau mensuel bien entendu). duquel les débits ne sont également pas descendus très bas
Les coefficients d'hydraulicité sont tous inférieurs à .50 et (Bourbre .32 - Herbasse .53).
descendent à .03 ou .04 (fig. 2).
En Septembre ils ont encore une certaine variabilité inhérente Le calcul des périodes de retour des débits mensuels pour les aux paramètres régionaux différents mais se concentrent dans stations disponibles ayant plus de 10 ans de mesure, apporte la fourchette de valeurs de .05 à .50 (les plus forts dans l'avant la certitude que l'automne 1985 a été pour l'hydrologie pays alpin et les Préalpes). Les coefficients d'Octobre sont
Rhône-alpine un phénomène relativement rare (1 à 20 fois plus homogènement compris entre .04 pour quelques valeurs
en 100 ans), le caractère exceptionnel du débit mensuel se minimales et .30. Novembre voit diminuer les coefficients
déplaçant de septembre à novembre mais parfois aussi, perjusqu'à .10 ; ces valeurs disparaissent pratiquement en décem
sistant sur les 4 derniers mois de l'année en se péjoranL bre dont les maximas ne sont toutefois que de .60.
Tab.l Fréquence des débits moyens mensuels exprimées en pourcentage (I)
(record antérieur)
Cours d'eau Septembre Ort obre Novembre Décembre
Qm3/s F Qm3/s R Qm3/s R Rang > ?/„ F/. Qm3/s R y
Préalpes. Bas Dauphine
Dranse à Bioge 495 Km2 6° 6° 6.65 6° 22.9 4.85 5" 22.9 II. 4 22.9 9.20 18.7 (1962 1985) (3.48 1962) (2.73 1978) (6.08 962) 3° Chéran à la Charmaz 249Km2 3» 1.60 10.4 3° 1° 2.0 ' I. II 10.4 2.20 10.4 2.66 (1962 1985) (.990 1962) (1.05 (1.39 I9Í 1972) 2) Gui ers à Si Laurem 89km2 I» .431 1° ЗЛ .369 2° 3.3 1.43 Ie 10.0 1.46 3.4 (1971 1985) ( .550 1978) Gervanne à Beaufort I08Km2 4° .05 2° 18Л .015 2° 7.9 1° .024 7.9 .040 2.6 (0.0 (1967 1985) 1978) (.004 1 978)
Drôme à Saillans II47Km2 6° 2.66 2° 1° 27.5 2.51 17.5 2.59 7.5 3.17 2.5 1 (1966 1985) П. 89 (1.93 1978) 1971) 1 1978) <° 2о Roub ion à Soyans I86Km2 3° 2° .115 II. 9 2° .095 7.1 .108 7.1 .216 7.1 (1965 1985) (.009 1978) (.073 (.070 9/8) (.120 1978) Ie 1" Drac au Pi de la Guinguette 3.21 2U 4° 1.5 2.Ь2 1.15 З.ЬЗ 24.5 4.01 10.6 5I0Km2 (1953 1985) (3.29 978) (3.79 1971)
7» Bourbre à Jameyzieu 703Km2 3" 2° 3.30 з-.s 2.82 > oJ 1° 2.94 ■\ (^3 ? 1^ 2.4 (1964 1985) (2.0 196 7) (2.86 I 3G4)
Jura 1° Bienne à Chassai 465Km2 1° 2° 2.70 3.3 .845 3° 3.3 9.50 10. С 15. 1 16.6 (1971 1985) (6.95 1980 ) (13.4 1975) 1° Albarme à Chaley I35Km2 .498 1° 1° 3.8 .386 1° 3.8 I. II 3.8 2.28 3.8 (1973 1985) 7° Ain à Pont d'Ain 2760Km2 1° 33.7 2° 1° 24.1 .945 1.9 26.6 5.6 59.5 1.9 (1959 1985) (8.9 IS 78)
Rebord Massif Cen irai 2" Azergues à Cha» ilion 336Km2 2° 1° .495 34. 3 .510 9.4 .605 9.4 .780 3.1 (1970 1985) (.261 (.268 T 978) 978) 16° 1° 1° Eyrieux à Pt de Chervil 392Km2 1.55 1.34 22.7 47 .590 1.5 1.24 1.5 1978) 8° i (1953 1985) (.606 2° Ligne à Gourami I20Km2 2° 4° .027 10. 7 .044 10.7 .109 10. 1.43 25 (1973 1985) (.025 1979) (.022 1978) (..84 1978) (.530 [0,78)
Bassin de la Loire
1° 1° 1° Coi se à le Nézel 60Km2 .035 1° 3. I .032 3.1 .062 3.1 .095 3.1 (1970 1985) 1° 1° Rhins à Amplepujs II4Km2 1° 1° .147 3. 3 .070 3.3 .256 3.3 .325 3.3 (1971 1985) 1° 1° 2° 1° Aix à St Germain I95Km2 ..072 3. 3 .148 3.8 .345 II. 5 .535 3.8 (1971 1985) (.330 1978) 1° 1° 2° Mare à Verrines 95 Km2 1° .082 3. 3 .091 3.3 .179 10. 0 .338 3.3 (1971 1985) (.143 ] 978)
(I) Fréquences cumulées exprimées en pourcentages, ex: 10% =10% de débits n ensuels inférieurs à celui de I985;en probabili tés:2%=2fois en IOOans .10% = 10 fois ou Ifois tous les 10 ans. 20% = 20 fois en IOOans ou tous les 5 ans . . . 250 H. VIVIAN
Les exemples portés dans le tableau 1 sont très probants et s'appliquent à novembre et surtout décembre pour trois il est facile de noter que lorsque l'automne 85 n'est pas au des stations (cf. tab. 2). La Dranse n'a pas eu, confo1er rang de la série des modules mensuels, c'"est l'automne rmément d'ailleurs à ce que nous avions pu voir déjà par les
1978 qui bien souvent le précède. 11 est évident que la période coefficients ď hydraulické, ďétiage notable (retour 5 à d'observations, pour les petits cours d'eau ne dépassant pas 8 ans).
20 ans, les sécheresses antérieures tout aussi fameuses ne sont
pas prises en compte (1921 - 1949) par exemple). Elles appar Par contre le débit de décembre 1985 devient tout aussi
aissent par contre dans les longues séries du Rhône et de la exceptionnel dans le bas Dauphine que dans les Préalpes cenLoire. tre et sud malgré des coefficients d'hydraulicité nettement plus
élevés (.32 la Bourbre - .31 Chéran - .15 Drôme). L'étude
des fréquences ou temps de retour s'avère donc bien utile pour Le a effectué service un hydrologique traitement statistique centralisateur pour (bassin 4 des stations RMC - hydroLyon)
compléter la notion d'étiage en juxtaposant la valeur rela
métriques de leur réseau alpin. Ces stations sont dans des bas tive du déficit qui peut être fort variable à temps de retour
sins assez représentatifs des caractéristiques hydrologiques égal. Il est donc possible de dire que dans les séries statist
régionales des Préalpes et du bas Dauphine : la Dranse à iques disponibles le mois de décembre a été pour toute la région
Bioge, le Chéran à la Charniaz, la Bourbre à Jameyzieu et Rhône-Alpes à l'Ouest des bassins chablaisiens et isérois en la Drôme à Saillans. La loi de Galton appliquée successive- amont de Grenoble, ил mois de déficit rare (30-40 ans). Il mentaux débits de sept. oct. nov. dec. donne des durées de le serait peut-être un peu moins avec une série d'observations
retour très variables de 4 à 40 ans !... Les plus longues plus longue qui ne le placerait pas au 1er rang.
WOA/E
Q,37| С collecteurs des grands
Fig. 2 — Les déficits d'hydraulicité de l'automne 1985
(septembre, octobre, novembre, décembre). 251 HYDROLOGIQUE DE LA RÉGION RHÔNE-ALPES, ANNÉE 1985 CHRONIQUE
Tableau 2 — Durée de retour (années) des débits mensuels (entre parenthèses : débits en m3/s)
Sept. Dec. Oct. Nov.
Dranse à Bioge - 1962-85 5 8 3 7,00 (9,20) (6,65) (4,85) ,4(11, 40)
Chéran à la Charniaz - 1962-85 6 18 30 ( 2 25, 3,00 (2,66) (4,60) (1,11) ,20)
Drôme à Saillans - 1966 -85 5 11 20, 00( 2 40,00 (3,17) (2,66) (2,52) ,59)
Bourbre à Jameyzieu 4 8 00 ( 2 25,30 (2,83) И, ,94) (3,30) (2,82)
Le même calcul de probabilité et durée de retour appliqué tements de la région, permettant de situer temporellement le
aux débits moyens du trimestre octobre, novembre, décem creux le plus profond de l'étiage et la fin du tarissement. Cette
bre donne également des valeurs élevées que le CNR a trouvé étude a pour base les débits minima de 3 jours consécutifs
pour les stations du Rhône (cf. ci-après) de 40 à 50 ans pour pour septembre et octobre et permet de constater qu'au 15
le Chéran, la Bourbre, 15 à 20 ans pour la Drôme et seul octobre l'étiage automnale 1985 reste très sévère sur les rivières
ement 10 ans pour la Dranse. des départements du Rhône, de la Loire, de l'Ardèche, sévère
sans plus, au droit des départements de la Drôme et de l'Ain6.
Le SRAE Rhône-Alpes, afin de caractériser cet étiage, a effec Excepté dans le Jura, il apparaît que la date du 14 octobre
tué lui, pour son réseau hydrométrique d'observation, une marque une stabilisation ou une reprise des écoulements ainsi
étude des plus bas débits journaliers rencontrés dans les que le montrent quelques exemples :
Tableau 3 : Débits de 3 jours consécutifs (QC N3)
QCN3 QCN3 du Q
1/09-25/09 26/09-14/10 14/10
Rhône
Azergues Chatillon .210 .295 .295
Coise Nezel .033 .015 .028
Rheins Amplepuis
Ain
Reyssouze Montagnat (841 km2) .070 .070 .070
Suran Pont d'Ain (349 km2) .038 .023 .019
Albarine St Rambert (349 km2) .033 .025 .025
Ardèche
Ligne Gourami .010 .009 .020
Drôme
Gervanne Beaufort .050 .015 .015
Roubion Soyans .098 .084 .114
Loire
Aix St Germain .044 .081 .100
Mure Verrines .088 .070 .070 •
252 H. VIVIAN
Rhône à Valence 350 m3/s le 27/10 Sur les grands cours d'eau, le Rhône, la Loire et la Saône,
les plus bas débits journaliers puis la reprise modeste des écouà Beaucaire 394 m3/s le 23/11.
lements sont reportés mi-octobre fin novembre.
* Rhône - Saône - Loire
Stations Débit minimum Un classement des débits mensuels de la période 1920-85 pour
les stations des trois plus grands collecteurs, fait apparaître les
6m3/s du 17 au 20/11 3 derniers mois de l'année 1985 dans les dix plus faibles valeurs Loire à Villerest
(Rhône ; Saône) ou dans les quinze (Loire) en ce qui concerne Saône à Lyon 27 m3/s les 23-24/11 octobre, dans les six plus faibles pour novembre et décembre. Rhône à Sault Brenaz 160m3/sdu 16 au 23/11 Cela revient à dire que les débits moyens mensuels de ces deux
derniers mois sont de fréquence inférieure à 8 % (tab. 4). à Ternay 245 m3/s le 21/11
Tableau 4 — Rang et fréquence des débits mensuels (en %)
Octobre Novembre Décembre
Qm3/s Qm3/s F F Qm3/s Rang Rang Rang
F
1 Loire Villerest 16.0 15 22 11.5 3 3.8 16,1 0.7
(1er 1978 et 83)
Saône Couzon 48.0 6 8.7 61.0 2 2.27 152 3 3.78
(1er 1947) (1er 1961)
Rhône Lyon 262 И 15.9 254 6 8.3 245 4 5.3
NR 181 (1er 1921) 289 (1er 1978) 245 (1er 1921)
317 400 314 6 9 4 5.78 3 4.13 Ternay
NR 233 352 400
7 517 4 547 Valence 510 9 5.3 3 3.78
MR 346.. 475 499 (1er 1921) (1er 1947) (1er 1921)
Beaucaire 594 6 8.3 635 3 3.78 671 2 2.27
NR 430 593 623 (1er 1921) (1er 1921) (1er 1921)
Le classement de la moyenne des deux mois d'octobre et Oct. + Nov. + Dec. rang
novembre et de celle du trimestre d'octobre à décembre situe 2° Sault Brenaz 202 m3/s respectivement les valeurs au 5ème rang et au 2ème rang parmi 2° Lyon 253 les plus faibles débits rencontrés en plus de 60 ans (1967-1985
2° 343 pour Beaucaire). Tous ces débits sont des débits influencés Ternay
2° et après élimination des apports constitués par les destocka- Valence 524
ges des réservoirs il est aisé de constater que la sévérité des 2° Beaucaire 633
étiages a été diminuée notablement par le fonctionnement des
usines hydroélectriques (7)
Ce déficit important, qui détermine la modestie de l'abon
dance annuelle 1985, se marque par des coefficients d'hydrau-
La Compagnie Nationale du Rhône a pu, (fig. 3) par une licité, sur ces grands cours d'eau, inférieurs à .50 comme sur adaptation de Galton sur la moyenne des 3 mois (octobre à les petits affluents. La Saône et la Loire ont une déficience
décembre) aux 3 stations de Sault-Brenaz, Ternay et Beauc maximale avec des coefficients de .13 (Loire à Villerest en
aire, attribuer à la moyenne de 1985, qui se situe au 2ème novembre) et .12 (Saône à Lyon) soit égale à 10 % du débit
rang, une durée de retour de 30 à 35 ans, l'année 1921 déte normal... Le Rhône à partir de Lyon seulement a une hydraul
nant le record (70 ans). ické inférieure à 50 % avec des coefficients minima en I
1
i
1
HYDROLOGIQUE DE LA RÉGION RHÔNE-ALPES, ANNÉE 1985 253 CHRONIQUE
HYDROLOGIE DU RHON E
ATIONDESAULTBREr IAZ S7
v'ts moyens : Octobre-Déct imbre Dél
Adaptation de Galton
Période 1920 - 1985
» _^
mm •
^^ 500
300 -
»
100 -
0,01 0,5 0,8 0,9 0,99 0,999 0,0001 0,001 0,05 0,1 1 1 I
10 000 1000 100 20 10 2
t HYDROLOGIE DU RHON E
E STATION DEBEAUCAIR
Debt ts moyens : Octobre-Décen ibre 4000
Adaptation de Galton 3000
Période 1920 ■ 1985 2000 s*
У
s-
ROD —
400
300 -
■7ПП —
100-
0,0001 0,001 0,01 0,05 0,1 0,5 0,8 0,9 0,99 0,999 I I
10 000 1000 100 20 10 2
Fig. 3 — Durée de retour des débits mensuels minimums du Rhône 254 H. VIVIAN
régulateur des surfaces englacées. De même que la rétention novembre de .30 à Ternay, .37 à Valence, .41 à Beaucaire
nivale qui sévit pendant l'hiver sur toutes les Alpes au dessus (.37 en Décembre).
de 1000 m gomme les effets des graves précipitations géné
Les graphiques de la figure 4 concrétisent les fluctuations de ratrices de crues en cette saison, la fusion des neiges et des
débit par rapport aux modules et accusent l'importance du glaciers, à très haute altitude, supplée en partie au déficit
déficit automnal par rapport aux excédents printaniers, donc, pluviométrique.
le manque de compensation intersaisonnier qui avait équili
bré, par contre, l'année 1984. Cette influence reste très limitée dans l'espace et en fait ne
parait pouvoir s'exercer que lorsque la superficie englacée du
bassin versant est supérieure à 10 %. Pour ce pourcentage, III. UN AUTOMNE NORMAL POUR LES il ne s'agit bien souvent, ainsi que le montre le tableau ci- RÉGIMES GLACIAIRES OU GLACIO-NIVAUX après, que d'une atténuation du déficit hydrologique ; ce n'est
qu'exceptionnellement, et encore faudrait-il être sût que des Certes dans la région Rhône- Alpes, ce type de régime ne con orages très locaux ne viennent pas "grandir" le rôle de la cerne qu'une très petite partie des bassins versants, mais à
fusion glaciaire, qu'apparaît un excédent hydrologique (Val propos de l'année 1985 dont les conditions climatiques automn
d'Isère). Au dessus de 20 % le rôle de la fusion est plus indéales ont été quelque peu conformes aux schémas des séche
niable et se marque de façon encore plus nette en 1985 qu'en resses ensoleillées connues antérieurement dans le siècle, il
1978 (Arveyron - Averole) (tab 5). nous a paru opportun de souligner encore une fois le rôle
Tableau 5 — Coefficients d'écoulement 1985 et 1978
S/Km2 % Glaciers A S О N D
Arveyron 176 51 1985
B. du Bouch et Qm3/s 16.10 13.71 5.11 1.72 .61
CH.97 1.51 1.54 1.24 .78
CH78 -95 -91 -80 -55 -97
Averole 45 28 1985
2.59 .99 .35 4.29 .21 Q
CH .91 1.06 1 .75 .71
CH78 1.34 1.37 .85 .89 .93
Vénéon 103 18 1985
Les Etages 11.84 6.71 3.12 1.34 .79 Q
CH 1.08 .98 .58 .60 .69
Romanche 220 13 1985
Le Chambon 11.32 5.89 2.42 1.64 1.21 Q
CH .98 .89 .58 .60 .69
CH78 1.23 1.04 .72 .54 .66,
Isère 46 12 1985
Val d'Isère 1.94 2.97 1.30 .90 .59 Q
CH. .86 1.02 1.18 1.22 1.02
CH78 1.49 1.13 .83 .97 1.10
Doron 67 5 1985
de B. le Bettaix 2.87 1.48 .80 .83 .48 Q
CH .86 1.02 1.22 1.18 1.02
CH78 1.85 1.12 .75 .85 .65
Drac 510 58 1985
Pt de la 4.71 3.21 2.52 3.53 4.01 Q
Guinguette CH .49 .33 .21 .26 .43
.64 .42 CH78 1.55 .42 .23