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Le secteur tertiaire dans le département de l'Isère - article ; n°1 ; vol.53, pg 43-90

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Revue de géographie alpine - Année 1965 - Volume 53 - Numéro 1 - Pages 43-90
48 pages

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Publié le 01 janvier 1965
Nombre de lectures 40
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Germaine Veyret
Christiane Marie
Yves Bravard
M.F. Morin
M. Francillard
M. Pellegrino
M. Mantes
M. Muet
M. Ozanne
M. Hasson
M. Meyssonnier
Le secteur tertiaire dans le département de l'Isère
In: Revue de géographie alpine. 1965, Tome 53 N°1. pp. 43-90.
Citer ce document / Cite this document :
Veyret Germaine, Marie Christiane, Bravard Yves, Morin M.F., Francillard M., Pellegrino M., Mantes M., Muet M., Ozanne M.,
Hasson M., Meyssonnier M. Le secteur tertiaire dans le département de l'Isère . In: Revue de géographie alpine. 1965, Tome 53
N°1. pp. 43-90.
doi : 10.3406/rga.1965.3198
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1965_num_53_1_3198Le secteur tertiaire
dans le département de l'Isère
par
Mme q vEYRET, Mlle С MARIE, M. Y. BRAVARD, M. F. MORIN,
M. FRANCILLARD, M. PELLECRINO, M. MANTES,
M. MUET, M. OZANNE, M. HASSON, M. MEYSSONNIER
Le Comité d'Expansion Economique de l'Isère a constitué des
commissions de travail pour essayer de dresser le bilan des réali
sations du IVe Plan à l'échelle départementale. La Commission du
Secteur tertiaire, présidée par Mme Veyret, qui comptait 4 sous-
commissions confiées à MM. Morin, Mantes, Francillard, Rousset et
Pellegrino, groupait plus de 50 personnes qualifiées. La Revue de
Géographie Alpine se fait un plaisir et un devoir de publier aujour
d'hui les résultats de ce vaste travail d'équipe sous la forme de
quatre rapports qui mettent en lumière la situation du secteur
tertiaire dans le département de l'Isère.
Ces quatre rapports sont en fait un travail collectif, au vrai
et beau sens du terme, tant la collaboration de chacun dans tous
les domaines a été efficace, objective et enthousiaste. C'est une
des raisons pour lesquelles nous avons pensé que leurs publi
cations intéresseraient les lecteurs de la Revue de Géographie
Alpine. 44 GERMAINE VEYRET, ETC..
PREMIERE PARTIE
LE COMMERCE
Dans la partie consacrée au commerce, le rapport général
sur le IVe Plan de développement économique et social 1962-1965
(annexé au J.O. du 7 août 1962) a exposé la situation du commerce
français.
Il a insisté sur trois caractères essentiels : tout d'abord la
dispersion des entreprises sur le plan géographique par suite du
très grand nombre des communes, en second lieu l'hétérogénéité
des établissements commerciaux, qui résulte d'une différence de
taille et de productivité des magasins, d'une coexistence de dyna
misme et de méthodes routinières qui entraîne désordre et mauvaise
organisation des produits commerciaux; enfin le rapport fait res
sortir la rapide évolution esquissée depuis quelques années : modern
isation liée à la production des masses des biens de consomm
ation, à l'élévation du niveau de vie, à la croissance urbaine et
la mécanisation et à la concurrence internationale.
Aussi le IVe Plan préconisait-il l'accélération de la modern
isation de la distribution et proposait les objectifs suivants :
— Faire du commerce le mécanisme permanent d'ajustement
de l'offre et de la demande des biens consommables;
— Concilier la commercialisation d'une production de masse
avec le maintien d'un commerce orienté vers la notion de service
et de spécialisation;
— Accroître la productivité des entreprises;
— Améliorer la position compétitive du commerce français;
— Restituer au consommateur un comportement actif.
En conclusion, le IV* Plan prévoyait donc les transformations
suivantes au cours de la période de 1962-1965 :
D'une part, l'accélération de la modernisation et de la concent
ration :
— en diminuant le nombre des entreprises (par disparition de
plusieurs dizaines de milliers d'entreprises marginales);
— en augmentant modérément le nombre des grands magasins
et supermarchés;
— et en accroissant la taille moyenne des entreprises. LE SECTEUR TERTIAIRE DANS i/lSÈRE 45
II souhaitait d'autre part :
— la progression du nombre des personnes employées; soit une
augmentation d'environ 8 % (environ 122 000) sur l'ensemble
des 4 années (de 1 618 000 en 1962 à 1 740 000 en 1965).
Il est assez difficile, après deux ans de réalisation, de faire
le point du IVe Plan en matière commerciale et de juger dans
quelle mesure, tant qualitativement que quantitativement, si ses
prescriptions ont été appliquées et ses prévisions confirmées.
Certaines modifications ou réformes sont déjà effectuées,
d'autres sont en cours, d'autres en projet, certaines enfin ne sont
même pas assurées de voir le jour, du moins à bref délai.
Avec quelques variantes, la situation et l'évolution du commerce
dans le département de l'Isère sont sensiblement les mêmes que l'ensemble de la France; l'évolution s'est faite vers la concent
ration, le développement de formules nouvelles et la qualification
des salariés. Toutefois, cette évolution risque d'être marquée par
« l'environnement » et plus spécialement par l'évolution démo
graphique et les circuits commerciaux.
CARACTÉRISTIQUES
DE « L'ENVIRONNEMENT » DÉPARTEMENTAL
Évolution démographique.
Entre le recensement de 1954 et celui de 1962, la population
du département de l'Isère est passée de 626 116 à 725 703 habitants,
soit une augmentation totale de 15,9 %.
Dans cette augmentation, 6 % seulement sont imputables à
l'excédent naturel des naissances sur les décès, et 11 % à l'immi
gration; l'importance de ce facteur migratoire atteste le caractère
de pôle d'attraction du département, dont l'accroissement démo
graphique a été, durant ces huit années, le plus important des
huit départements constituant la région de programme Rhône-
Alpes.
Bien que n'assurant à l'ensemble du département qu'une
densité de 88 habitants au km2 (inférieure à la moyenne de la
région de programme : 90 au km2, et très sensiblement au-dessous
de celle du Rhône et de la Loire : respectivement 395 et 143
au km2), cette expansion démographique exerce une influence
directe sur l'orientation de l'équipement commercial du fait de
l'accentuation de la concentration urbaine, notable au niveau même
du chef-lieu de canton. La population des communes de plus de
2 000 habitants s'est en effet accrue en moyenne de 46,7 %, tandis
que celle des communes inférieures à 2 000 habitants, c'est-à-dire
des communales rurales, a diminué de 7,5 %. 46 GERMAINE VEYRET, ETC..
L'accroissement a été particulièrement sensible dans les
arrondissements comportant les villes les plus importantes (celui
de Grenoble notamment où le chef-lieu lui-même s'est accru de
44,5 % et les communes suburbaines de 63,4 %) ou situées à
proximité d'un très grand centre urbain (celui de Vienne, à de Lyon, où le canton de Roussillon s'est accru de
19,9 %). Il s'ensuit une polarisation démographique autour des
deux plus grandes villes de l'Isère au détriment des régions
« dépressionnaires » constituées notamment par l'arrondissement
de La Tour-du-Pin (accroissement limité à 1 %) et les localités
de montagne. Le pourcentage de la population active se répartit
comme suit :
Agriculture 25 % (en régression)
Industrie 50 % (en augmentation sensible)
Secteur tertiaire 25 % (en notable,
surtout dans le commerce)
Cet accroissement démographique a donc nécessité l'amélio
ration ou la création d'équipements collectifs.
Les équipements collectifs.
L'évolution de l'appareil commercial dans l'Isère est favorisée
par une amélioration, acquise ou en cours, de l'infrastructure,
conformément aux directives du IVe Plan.
Ainsi les capacités de stockage du département ont été déve
loppées, en ce qui concerne les blés et les céréales dont la capacité
totale de stockage s'élève à 750 000 quintaux répartis dans 3 coopér
atives, et plusieurs moulins coopératifs; pour le lait et les produits
laitiers existent 3 coopératives à gestion directe, et 7 coopératives
de type « fruitière »; pour la viande : une S.I.C.A. a été créée à
Grenoble en 1960; pour les produits avicoles : une coopérative
agricole, fondée en 1961-1962, a une capacité de 4 millions d'œufs.
Le vin est stocké dans 8 caves coopératives d'une capacité de
103 000 hl. Enfin pour les fruits, une coopérative et 2 S.I.C.A.
fonctionnent actuellement. Les moyens de conservation ont égal
ement été améliorés. Le département dispose actuellement :
— d'un cubage total de 5 867 m3 pour les produits aliment
aires que se partagent la Société des Glacières et Frigorifiques
de Grenoble, les Entrepôts Frigorifiques Lyonnais et la Coopérative
Dauphinoise à Vienne;
— d'un cubage total de 830 m3 pour les fruits : la Société des
Glacières et Frigorifiques à Pont-de-Beauvoisin et les Glacières de
Chavanoz. LE SECTEUR TERTIAIRE DANS i/lSÈRE 47
Le réseau d'abattoirs est moins satisfaisant : il existe actuel
lement 29 établissements vétustés, d'une capacité totale de 20 000
tonnes par an; le plan départemental prévoit l'équipement moderne
de 12 abattoirs, portant la capacité à 23 600 tonnes.
Par contre, un marché d'intérêt national pour les fruits et
légumes, les produits laitiers et les produits de la mer a été ouvert
à Grenoble en octobre 1963. Son trafic actuel peut être estimé à
50 000 tonnes/an environ (8 707 tonnes ont été manipulées après
l'ouverture, entre le 22 octobre et le 31 décembre 1963, soit un peu
plus de deux mois, moitié en fruits, moitié en légumes). Mais sa
capacité est prévue pour 100 000 tonnes.
L'équipement commercial des grands ensembles, et tout part
iculièrement la création et l'organisation de centres commerciaux,
paraît entrer dans la voie d'une application rationnelle des textes
réglementant l'urbanisme commercial, notamment la circulaire
Sudreau-Fontanet du 24 août 1961 et l'instruction du Ministère
des Finances du 14 août 1963. L'implantation commerciale dans
les cités Teysseire et Paul-Mistral a été étudiée en 1961 et 1962,
en accord avec la Chambre de Commerce et d'Industrie de la ville
de Grenoble, par le Centre d'Etudes du Commerce (C.E.C.).
La construction de nouveaux ensembles immobiliers, tant
privés que publics, va faire d'ailleurs désormais l'objet d'études
beaucoup plus systématiques en matière d'équipement commercial,
du fait de l'institution en 1962, au sein de la Commission départe
mentale d'Urbanisme, d'une section d'urbanisme commercial dans
laquelle sont représentées les Chambres de Commerce et d'Industrie
de Grenoble et de Vienne, et dont l'avis sera obligatoire. Les études
préalables seront soumises aux Compagnies consulaires de la ci
rconscription, qui pourront se prononcer avec l'aide de leur Assis
tant technique et éventuellement du C.E.C. Une réalisation est en
cours dans ces conditions, à Meyzieux, dans le ressort de la
Chambre de Commerce et d'Industrie de Vienne.
Circuits commerciaux.
On assiste depuis quelques années, dans l'Isère, à des essais
de rationalisation des circuits commerciaux, dans le sens d'une
amélioration du système de distribution par une diminution des
frais et une réduction des échelons intermédiaires entre production
et consommation.
Analyse des circuits existants.
— Le circuit direct, sans intermédiaire, demeure limité : il
ne concerne que 10 % des produits agricoles (viande exclue). GERMAINE VEYRET, ETC.. 48
— Le circuit court ne s'adresse qu'à 5 % des produits agricoles
et 15 % de la viande, ainsi qu'à certains produits industriels, par
l'intermédiaire de centrales d'achat (chaussures par la S.F.D.A.C,
textiles pour les grands magasins et magasins populaires) ou
d'achats directs en fabrique (textiles pour grands magasins de
confection et commerces de vêtements, tissus, bonneterie). Mais
le circuit long demeure encore important puisqu'il touche 85 %
des produits agricoles et un certain nombre de produits industriels,
par l'intermédiaire de grossistes (quincaillerie, matériaux de cons
truction, sanitaires, etc.).
Formules d'association.
Pour faire face à la concurrence des grands magasins, surtout
des magasins populaires et des succursalistes, les commerçants
indépendants se sont organisés selon diverses formules destinées à
accroître la productivité commerciale et à réduire les prix de
revient; ainsi se sont créées des associations de grossistes, des
associations de détaillants, les chaînes volontaires.
Les groupements de détaillants en alimentation ont reçu, de
1959 à 1963 inclus, 200 adhérents nouveaux. Des chaînes volon
taires grossistes-détaillants se sont constituées dans l'Isère : Spar,
Sopegros, Ege, Cidef, Avam, Uga-Luga. Des groupements de
grossistes ont été créés dans les textiles (Sermo, Seldis), dans la
chaussure (UCF, SFDAC, CAD). Dans l'alimentation, 5 libres-
services de gros fonctionnant selon la méthode « cash and carry т>
(Groupements Rossero à Grenoble, Rousset et Vellet à Saint-Martin-
d'Hères, Genty-Gathiard à Fontaine, Chazot à Bourgoin). Enfin,
une formule originale ^association de commerçants pour la gestion
d'une grande surface de vente a vu le jour; il s'agit de la S...
Primeco à Vienne, constituée en 1962 avec l'aide de l'Assistant
technique du Commerce.
ÉVOLUTION DE LA STRUCTURE COMMERCIALE
Les établissements commerciaux.
Le nombre total des établissements dans l'Isère (commerce
de gros et détail), qui était en 1954 de 17 220, n'était plus, en
1962, que de 16 862, soit une diminution de 358 (tableau I).
Cette diminution de 2 %, concomitante à l'augmentation de
14 % de la population, confirme la concentration de la distribution
dans le département d'autant plus plausible que
du volume des ventes, qui n'est pas connue avec précision, peut
être estimée supérieure à la moyenne de 20 % enregistrée de 1954
à 1962 dans l'ensemble de la France. i
1
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D'après la répartition par branches d'activité (tableau I) on
peut également constater que les commerces agricoles et aliment
aires sont les plus touchés par la régression et la concentration :
1 314 établissements ont disparu, soit 25 % ; c'est dans ce secteur
que l'évolution départementale est la plus sensible, comme dans
l'ensemble de la France.
Les commerces de gros ont enregistré une augmentation
passant de 1 480 en 1954 à 1 620 en 1962; les commerces agricoles
et alimentaires représentent 43 % environ du total des établiss
ements : 5 grossistes ayant disparu depuis 1959 et 5 entreprises
de gros ayant effectué des regroupements dans la région de Bour-
goin; il faut admettre que l'accroissement est surtout le fait des
chaînes volontaires et groupements.
Quant au commerce de détail, il comptait 15 242 points de
vente en 1961, contre 15 740 en 1954, soit une diminution de 4 %.
La densité en est actuellement de 1 point de vente pour 46 habi
tants (légèrement supérieure à la moyenne de la région de pr
ogramme : 1 pour 43). Les commerces non sédentaires représen
tent environ 8 % de l'ensemble contre 9 % en 1954.
La répartition par branches d'activité fait ressortir : une
position toujours forte, quoique en régression sensible, des com
merces alimentaires (23 % en 1962, contre 31 % en 1954); une
position dominante de l'hôtellerie et des débits de boissons, à
peu près inchangée en 8 ans (30 % en 1962, 31 % en 1954);
une proportion moindre, mais à peu près stable, du textile et de
l'habillement (8 % en 1962, 8,5 % en 1954).
Une tendance à la déspécialisation se manifeste par l'augment
ation du nombre des petits commerces multiples (10 en 1954,
105 en 1962) et des magasins non spécialisés (4 en 1954, 15 en
1962).
L'évolution des formes commerciales permet de faire les cons
tatations suivantes :
— Les grands magasins sont passés de : 3 en 1954 à 6 en
1962 (2 Nouvelles Galeries et 2 Prisunic à Grenoble, 2 Touteco
à Vienne et à Péage-de-Roussillon).
— Les supermarchés ont tous pris naissance durant la période
considérée et sont actuellement au nombre de 5 (2 Suma, 1 Casino,
1 Genthy-Cathiard à Grenoble, 1 Forum à Vienne). Les magasins à
succursales sont passés de 363 en 1954 à 469 en 1962 (soit 30 %
en plus); il faut distinguer parmi eux les magasins à marges
réduites (2 centres Leclerc à Grenoble et 1 à Voiron, 7 Saveco instal
lés à partir de 1958. Les coopératives de consommation ont sens
iblement diminué, passant de 112 en 1954 à 70 en 1962. LE SECTEUR TERTIAIRE DANS i/lSÈRE 51
La répartition actuelle, dans l'Isère, des commerces de détail
se présente comme suit :
Commerce concentré 3,5 % indépendant 96,5 %
En 1961, la répartition à l'échelon national était la suivante :
Secteur concentré 6,5 % indépendant 93,5 %
Si l'on s'en réfère au nombre des points de vente, le commerce
concentré a donc, dans le département, une meilleure position que
dans l'ensemble de la France.
L'emploi dans le commerce.
Evolution du nombre des points de vente par personnes
employées.
On ,a fréquemment constaté, à l'échelon national, que l'évolu
tion du commerce avait particulièrement touché les petites entre
prises qui n'emploient que peu, ou pas du tout, de salariés.
Cette évolution est confirmée dans l'Isère, où l'on remarque
(tableau I) que ce sont effectivement les plus petites entreprises
qui ont été les plus atteintes.
La répartition des établissements selon le nombre de personnes
employées se présente comme suit :
Entreprises n'ayant pas de salariés : 64,6 % en 1954, 62,2 %
en 1962; ayant de 1 à 5 salariés : 32 % en 1954, 33,8 % en
1962;
Entreprises ayant de 6 à 10 salariés : 1,3 % en 1954, 2,3 %
en 1962; ayant de 11 à 50 salariés : 1 % en 1954, 1,5 %
en 1962;
Entreprises ayant plus de 50 salariés : 0,1 % en 1954, 0,2 %
en 1962.
Il ne faut cependant pas en déduire que 2,2 % des entreprises
n'ayant pas de salariés ont disparu en totalité : une partie d'entre
elles sont passées dans la catégorie supérieure par recrutement de
personnel.
Mais le fait que toutes les entreprises ayant des salariés soient
en progression est une nouvelle confirmation du mouvement de
concentration.