Les deltas et leur aménagement - article ; n°561 ; vol.100, pg 730-769

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Annales de Géographie - Année 1991 - Volume 100 - Numéro 561 - Pages 730-769
Deltas are measured by length, width, surface and protruding area. The fundamental geomorphometrical property of a delta can be expressed by the protuberance index proposed here as the ratio of the two latter parameters.
In the delta seen as river ending, the radial distribution of the hydrographie network will be simple, cross-connected or tree-structured depending on different river discharge partitionnings. In the delta seen as a coastline, the layout is concentric with a succession disposal of sandy bars and shallow depressions usually briny or saline.
The relative influences of tide, waves and river discharge are used to define a classification of embouchures based on W.G. Galloway's and extended to many cases.
Delta resource management can be broken down into the river streams and the deltas themselves. In the latter areas, resources can be developed without altering the geomorphometrical and hydrological environment (fishing, hunting, extensive cattle farming...), with some environmental changes (rice fields, irrigated agriculture, salt flats...) or completely obliterating the natural features (industrial land reclamation, deep-water harbours...).
Les deltas se mesurent par leur longueur, leur largeur, leur surface et leur aire saillante. Le rapport entre ces deux derniers paramètres permet de proposer un indice de protubérance qui exprime la caractéristique géomorphométrique fondamentale des deltas.
Le delta, terminaison fluviale, présente une disposition radiale du réseau hydrographique selon un schéma simple, anastomosé ou arborescent associé à des partitions différentes du débit fluvial. Le delta, rivage marin, offre une disposition concentrique des cordons littoraux et de dépressions le plus souvent saumâtres ou salées.
L'influence relative de la marée, de la houle et du fleuve fonde une classification de ces embouchures inspirée de celle de W.G. Galloway et étendue à un grand nombre d'embouchures.
L'aménagement des deltas comprend celui des cours fluviaux et l'exploitation des ressources des deltas. Celle-ci peut se faire sans modification du milieu géomorphologique et hydrologique (pêche, chasse, cueillette, élevage extensif...), avec modification du milieu (riziculture, cultures irriguées, marais salants...) ou même avec complète oblitération du milieu originel (remblais industriels, ports creusés...).
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Ajouté le 01 janvier 1991
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Langue Français
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Fernand Verger
Les deltas et leur aménagement
In: Annales de Géographie. 1991, t. 100, n°561-562. Numéro du Centenaire. pp. 730-769.
Citer ce document / Cite this document :
Verger Fernand. Les deltas et leur aménagement . In: Annales de Géographie. 1991, t. 100, n°561-562. Numéro du Centenaire.
pp. 730-769.
doi : 10.3406/geo.1991.21658
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1991_num_100_561_21658Abstract
Deltas are measured by length, width, surface and protruding area. The fundamental
geomorphometrical property of a delta can be expressed by the protuberance index proposed here as
the ratio of the two latter parameters.
In the delta seen as river ending, the radial distribution of the hydrographie network will be simple,
cross-connected or tree-structured depending on different river discharge partitionnings. In the delta
seen as a coastline, the layout is concentric with a succession disposal of sandy bars and shallow
depressions usually briny or saline.
The relative influences of tide, waves and river discharge are used to define a classification of
embouchures based on W.G. Galloway's and extended to many cases.
Delta resource management can be broken down into the river streams and the deltas themselves. In
the latter areas, resources can be developed without altering the geomorphometrical and hydrological
environment (fishing, hunting, extensive cattle farming...), with some environmental changes (rice fields,
irrigated agriculture, salt flats...) or completely obliterating the natural features (industrial land
reclamation, deep-water harbours...).
Résumé
Les deltas se mesurent par leur longueur, leur largeur, leur surface et leur aire saillante. Le rapport
entre ces deux derniers paramètres permet de proposer un indice de protubérance qui exprime la
caractéristique géomorphométrique fondamentale des deltas.
Le delta, terminaison fluviale, présente une disposition radiale du réseau hydrographique selon un
schéma simple, anastomosé ou arborescent associé à des partitions différentes du débit fluvial. Le
delta, rivage marin, offre une disposition concentrique des cordons littoraux et de dépressions le plus
souvent saumâtres ou salées.
L'influence relative de la marée, de la houle et du fleuve fonde une classification de ces embouchures
inspirée de celle de W.G. Galloway et étendue à un grand nombre d'embouchures.
L'aménagement des deltas comprend celui des cours fluviaux et l'exploitation des ressources des
deltas. Celle-ci peut se faire sans modification du milieu géomorphologique et hydrologique (pêche,
chasse, cueillette, élevage extensif...), avec modification du milieu (riziculture, cultures irriguées, marais
salants...) ou même avec complète oblitération du milieu originel (remblais industriels, ports creusés...).Ann. Géo., n° 561-562, 1991
Les deltas et leur aménagement
Professeur à l'École U.P.R. Normale 30 F. du Supérieure VERGER C.N.R.S.
Le delta est une forme de relief littoral plus ou moins saillante vers
le large et résultant de l'accumulation des matériaux apportés par un
fleuve à son embouchure ; la saillie peut n'être que relative, comme
lorsque le delta occupe un fond de baie. L'avancée de la ligne de rivage
est elle-même associée à une saillie des formes sous-marines construite
par l'accumulation des matériaux en avant du relief émergé. Cette
accumulation, en pente faible et limitée par un talus, constitue la plat
eforme deltaïque. C'est l'ensemble des formes émergées (delta strico
sensu ou plaine deltaïque) et des formes immergées qui constituent
l'intégralité du relief deltaïque (Moore G.F. et Asquith D.G., 1971).
La délimitation des deltas est plus ou moins aisée. Les fleuves isolés
construisent des deltas individualisés. La plaine deltaïque s'élargit en
général vers l'aval et, dans le cas de bras multiples, le delta ne saurait
être restreint aux étendues insulaires comprises entre les bras ; le delta
du Rhône ne peut être limité à la seule Camargue ; il englobe des
plaines marginales sur la rive droite du bras le plus à droite et sur la
rive gauche du bras le plus à gauche. Mais tous les deltas ne sont pas
aussi bien individualisés et les plaines marginales peuvent se fondre
avec la plaine littorale. Les limites sont particulièrement difficiles à fixer
lorsque d'autres fleuves créent des formes semblables à proximité ; les
deltas se juxtaposent alors en entremêlant leurs marges et en créant de
véritables plaines deltaïques complexes.
La délimitation du delta à l'amont présente quelque difficulté si
aucune solution de continuité ne marque le passage de la plaine alluviale
du fleuve à la plaine deltaïque au sens strict. En général, le profil en
long des alluvions marque une légère rupture de la pente qui diminue
vers l'aval. Par exemple le niveau des hautes eaux du Mékong présente
cette rupture à la frontière entre le Cambodge et le Vietnam ; de même
la pente du Rhône qui est encore de 25 cm par kilomètre d'Aramon à
Beaucaire, s'abaisse à 4 cm par kilomètre en aval d'Arles. LES DELTAS ET LEUR AMÉNAGEMENT 731
Les conditions sont telles que ni les limites longitudinales, ni les limites
latérales ne peuvent être fixées de façon absolue. Les divergences d'est
imation de la superficie des deltas — parties sous-marines exclues —
ne doivent donc pas étonner. Ainsi, les superficies indiquées pour un
même delta varient-elles considérablement selon les auteurs. Pour le
delta du Danube, les évaluations vont de 2 740 km2 pour J.M. Coleman
et L.D.Wright (in Broussard M.L., 1975, p. 117) à 5 640 km2 pour
E. Panighiant (1974), mais ce dernier auteur inclut la lagune Razelm
dans le delta lui-même. On ne peut donc proposer que de simples
ordres de grandeur pour la superficie totale S des deltas :
Gange-Brahmapoutre (Bangladesh et Inde) 100 000 km2
Mékong (Vietnam) 93 000 km2
Irraouadi (Birmanie) 35 000 km2
Lena (U.R.S.S.) 32 000 km2
Mississippi (États-Unis) 29 000 km2
Indus (Pakistan) 28 000 km2
Orénoque (Venezuela) 25 000 km2
Niger (Nigeria) 19 000 km2
Fleuve Rouge (Vietnam) 15 000 km2
Godavari (Inde) 12 000 km2
Nil (Egypte) 12 000 km2
Mackenzie (Canada) 7 200 km2
Danube (Roumanie et U.R.S.S.) 4 000 km2
Rhône (France) 1 700 km2
Pô (Italie) 1 500 km2
Mahakam (Indonésie) 1 300 km2
Ebre (Espagne) 600 km2
Comme leur superficie, les autres paramètres morphométriques des
deltas ne peuvent être que des valeurs approximatives (fig. I). On
nomme apex A, ou sommet du delta, l'extrémité amont de celui-ci ;
l'apex correspond à la rupture de pente signalée plus haut et, dans
beaucoup de cas, à la première diffluence du réseau hydrographique.
On nomme point distal D, le point du littoral du delta le plus éloigné
de l'apex. La distance à vol d'oiseau entre l'apex et le point distal
constitue la longueur du delta L. On peut l'estimer à 26 km pour l'Ebre,
à 55 km pour le Rhône, à 90 km pour le Danube, à 180 km pour le
Nil et à 260 km pour le Mississippi. La dénivelée deltaïque H est la
différence entre l'altitude de l'apex et le niveau moyen de la mer. Cette
dénivelée atteint 7 m pour le Rhône, 8 m pour l'Orénoque, 15 m pour
le Fleuve Rouge et 18 m pour le Nil. Le rapport H/L constitue la pente
du delta ; celle-ci diffère de la pente longitudinale des bras fluviaux qui
peuvent avoir, de l'apex à la mer, des longueurs différentes de L, en
allongeant leurs cours par des sinuosités ou en le raccourcissant par
un débouché plus proche de l'apex que le point distal. 732 ANNALES DE GÉOGRAPHIE
D
A D= L
Fig. 1. — GÉOMORPHOMÉTRIE PLANE DES DELTAS.
A : apex du delta ;
D: point distal du delta;
Et et E2 : extrémités du littoral deltaïque ;
L : AD : longueur du delta ;
S : surface du delta ;
s: aire saillante du delta.
La distance à vol d'oiseau entre les deux extrémités Ex et E2 du
littoral deltaïque constitue la largeur deltaïque L. La localisation précise
des extrémités El et E2 est souvent entachée d'incertitude. On peut
évaluer la largeur deltaïque à 23 km pour l'Ebre, à 70 km pour le
Rhône, à 100 km pour le Danube, à 220 km pour le Mississippi et à
260 km pour le Nil.
L'aire saillante 5 d'un delta correspond à la surface comprise entre
le segment de droite El E2 et la ligne de rivage deltaïque. Elle sert à
établir un indice de protubérance du delta P = s/S. Malgré la double
incertitude sur la mesure de ces termes, cet indice exprime une carac
téristique fondamentale du delta ; ses variations vont de valeurs très
proches de zéro, par exemple pour le Var ou le Tibre, à des valeurs de l'unité : 0,9 pour l'Ebre (fig. 2).
Par sa définition même, le delta apparaît comme une construction
sédimentaire à la limite d'un fleuve et de la mer. Bien que les deux
aspects de cette situation soient unis dans une étroite complémentarité,
il est possible d'étudier successivement les traits physiographiques où ;
DELTAS ET LEUR AMÉNAGEMENT 733 LES
dULî Bras vif • • • • Cordon actuel g ■ .-■ ^ Cordon disparu Terre hors du delta
— ^ Bras mort o o o o Cordon ancien '•■V.'-V.'/'J Lagune
Fig. 2. — LE DELTA DE L'EBRE.
La grande protubérance du delta est due à la puissance de l'apport sédimentaire et à la faiblesse
des actions marines.
les caractères de terminaison fluviale l'emportent, puis ceux où les de rivage marin prédominent.
/. Le delta, terminaison fluviale
Les deltas, constructions fluviales, sont d'abord déterminés par les
conditions géomorphologiques, climatiques et hydrologiques de leurs
bassins-versants. De ces facteurs dépendent le volume et la nature des
matériaux qui forment les deltas. La charge solide des fleuves se dépose 734 ANNALES DE GÉOGRAPHIE
lorsque la pente, en diminuant, devient insuffisante pour entraîner la
totalité des matériaux transportés.
Le remblaiement a pour effet d'augmenter localement la pente que
l'allongement du cours fluvial vers l'aval a pour effet de diminuer. Il a
aussi pour effet de nourrir l'importante subsidence souvent constatée
dans beaucoup de deltas. La masse des sédiments ainsi apportés est
souvent considérable. Elle a été estimée aux valeurs suivantes exprimées
en millions de tonnes par an pour quelques fleuves à delta :
2 500 Gange-Brahmapoutre (Bangladesh, Inde)
600 Yang Tsé Kiang (Chine)
de 465 à 520 Mississippi (États-Unis)
400 Indus (Pakistan)
350 Irraouadi (Birmanie)
180 Godavari (Inde)
Danube (Roumanie et U.R.S.S.) de 91 à 141
Fleuve Rouge (Vietnam) 130
80 Mékong (Vietnam)
Nil (Egypte) avant le barrage d 'Assouan 60
depuis le d'Assouan 2,1
de 24 à 67 Niger (Nigeria)
de 18 à 68 Pô (Italie)
Rhône (France) au xixe siècle 45
en 1987 5
Medjerda (Tunisie) 16
Mahakam (Indonésie) 8
2,8 Ebre (Espagne)
De cette quantité de sédiments, une partie échappe au domaine
émergé du delta et parfois même pour les sédiments les plus fins, au
domaine immergé de cette construction. La nature et la granulométrie
des sédiments sont variées : galets pour le Var, sable et vase pour le
Rhône et le Mississippi (fig. 3). Le débit du fleuve, l'abondance et la
nature des matériaux apportés, le régime du fleuve constituent les
facteurs de l'action fluviale dans la construction deltaïque. Lorsqu'à
proximité du niveau de base, la pente diminue, les alluvions se déposent,
les plus grossières d'abord, les plus fines ensuite. Le fleuve prolonge
son lit par accumulation essentiellement lors des crues. Cet allongement,
œuvre du fleuve, peut atteindre des valeurs assez grandes : de 20 à
60 m par an pour la bouche principale du delta du Mississippi, 70 m
pour celle du Danube et de 30 à 80 m pour celle du Pô.
L'allongement ne demeure pas constant au cours des âges. J. Le
Gall (1958) a montré que la progression des deux bouches du Tibre,
lente jusqu'en 1660, s'accéléra brusquement à partir de cette date pour LES DELTAS ET LEUR AMÉNAGEMENT 735
Fig. 3. — LE RÔLE DU VENT SUR LE CHEMINEMENT DES TROUBLES
DU DELTA DU MISSISSIPPI.
Le 3 février 1973, un vent de direction 294" atteignant 5,8 m par seconde entraîne les eaux
fluviales chargées de sédiments. Cf. I I. Rouse et J.M. Coleman, 1976. Image Nasa Landsat
1 E 1195-160245.
atteindre un mètre par an pour le Fiumicino et trois mètres par an
pour la Fiumara.
Par remblaiement, l'allongement provoque une surélévation corrél
ative du lit entre des bourrelets de berge jusqu'au sommet du delta.
Ainsi, le lit du fleuve se perche-t-il au-dessus de la plaine deltaïque.
Cette disposition sera éminemment favorable à la défluviation, en
général déclenchée par les crues : des bras latéraux se créent et peuvent
devenir des bras principaux ; les anciens bras principaux peuvent alors
demeurer vifs ou être complètement abandonnés. Il résulte de cette
évolution une disposition en bras divergents qui est caractéristique de
beaucoup de deltas : le Rhône et le Nil se divisent actuellement en deux 736 ANNALES DE GÉOGRAPHIE
Fig. 4. LES DELTAS ET LEUR AMÉNAGEMENT 737
bras, alors que le Gange-Brahmapoutre et le Niger présentent une
multitude de bras {fig. 4).
Le dessin du réseau hydrographique permet de distinguer une
disposition arborescente où les diffluences ne sont pas suivies de
confluences (exemple : le Mississippi), une disposition anastomosée où
les diffluences et les confluences coexistent en créant parfois un lacis
compliqué (exemple : le Niger) et, enfin, une disposition simple où il
n'y a qu'un seul cours vif (exemple : le Sâo Francisco, au Brésil).
Des études topologiques ont analysé ces réseaux deltaïques ;
J.S. Smart et V.L. Moruzzi (1972) ont même proposé un indice de
recombinaison pour exprimer le rapport entre le nombre de diffluences
et celui des confluences :
Ne 2Nc
a
Nd Nc-1
où Ne est le nombre des confluences,
Nd le nombre des diffluences,
Nb le des bouches à la mer,
Nt = Ne + Nd + Nb.
Cet indice a varie de 0 lorsqu'il n'y a que des diffluences sans
confluence à 1 lorsque l'anastomose est complète et que des jonctions
unissent toujours les bras entre eux vers l'aval. L'indice a présente par
exemple les valeurs suivantes :
0,64 pour le delta de la Colville (Alaska),
0,86 le de l'Irraouadi (Birmanie),
0,66 pour le delta du Yukon (Alaska),
0,78 le du Niger (Nigeria),
0,52 pour le delta du Parana (Argentine).
La disposition simple, anastomosée ou arborescente, est certain
ement un des traits majeurs de la géomorphologie des deltas. Elle est
aussi la cause de la partition des débits et, par là-même, de la répartition
des apports sédimentaires. Cette partition peut se faire selon des pro
portions variées :
Nil : bras de Rosette 75 % de Damiette 25 %
<< Fig. 4. — LES BOUCHES MULTIPLES DU GANGE-BRAHMAPOUTRE.
ASSEMBLAGE DE DEUX IMAGES NASA-LANDSAT 1 MSS6.
L'ensemble du delta qui se prolonge au-delà de la limite droite de l'illustration par une partie
estuarienne — appelée estuaire de la Meghna — occupe un front de près de 400 km dans le
golfe du Bengale, de l'Hooglhy jusqu'à Chittagong; il constitue le débouché commun du Gange,
du Brahmapoutre et de la Meghna qui acheminent à la mer 2 500 millions de t de sédiments par
an. La différence de géomorphologie entre l'Est et l'Ouest du delta est liée à une subsidence
accusée à l'Est (zone de subduction).
Une image complète et interprétée de ces mangroves est donnée in: Resource Planning Unit,
1979.