Les lettres Born-Einstein
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Les lettres Born-Einstein par Miles Mathis La correspondance entre Max Born et Albert Einstein est maintenant disponible depuis plusieurs décennies. Malheureusement, éditée par Born et d’autres, elle a servi principalement de propagande en faveur de l’Interprétation de Copenhague. Je montrerai plusieurs manières dont cette propagande a fonctionné, mais comme bien d’autres documents sur ce sujet, cela a fonctionné surtout grâce à la force du nombre. Je veux dire par là que l’Interprétation de Copenhague a été un triomphe de la démocratie plutôt qu’un triomphe de la science. Einstein s’est simplement re- trouvé isolé et mis à l’écart. Dans cette correspondance, c’est Einstein contre Born, 1Bohr, Heisenberg, Pauli, Dirac, etc., etc. Les lettres montrent cela très clairement. Nous assistons à l’attaque de cette cabale et à l’expulsion de son membre le plus intelligent — un membre qu’ils sont clairement incapables de comprendre. Mais je ne limiterai pas ici mon attaque à Born. Comme je le fais d’habitude, j’attaquerai dans toutes les directions presque simultanément. J’entends par là que ces lettres me donnent une occasion supplémentaire de montrer à quel point la Re- lativité est bourrée de failles. Je vais pouvoir utiliser un bon nombre de citations d’Einstein pour mettre le doigt sur les contradictions de la Relativité dans ses fon- dations mêmes et dans ses mathématiques.

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Publié le 16 février 2014
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Langue Français

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Les lettres Born-Einstein
parMiles Mathis
La correspondance entre Max Born et Albert Einstein est maintenant disponible depuis plusieurs décennies. Malheureusement, éditée par Born et d’autres, elle a servi principalement de propagande en faveur de l’Interprétation de Copenhague. Je montrerai plusieurs manières dont cette propagande a fonctionné, mais comme bien d’autres documents sur ce sujet, cela a fonctionné surtout grâce à la force du nombre. Je veux dire par là que l’Interprétation de Copenhague a été un triomphe de la démocratie plutôt qu’un triomphe de la science. Einstein s’est simplement re-trouvé isolé et mis à l’écart. Dans cette correspondance, c’est Einstein contre Born, 1 Bohr, Heisenberg, Pauli, Dirac, etc., etc.Les lettres montrent cela très clairement. Nous assistons à l’attaque de cette cabale et à l’expulsion de son membre le plus intelligent — un membre qu’ils sont clairement incapables de comprendre. Mais je ne limiterai pas ici mon attaque à Born. Comme je le fais d’habitude, j’attaquerai dans toutes les directions presque simultanément. J’entends par là que ces lettres me donnent une occasion supplémentaire de montrer à quel point la Re-lativité est bourrée de failles. Je vais pouvoir utiliser un bon nombre de citations d’Einstein pour mettre le doigt sur les contradictions de la Relativité dans ses fon-dations mêmes et dans ses mathématiques. Comme preuve de mon premier point, examinons la lettre n°65, où Born dit à Einstein que Rumer a noté que : « L’hypothèse d’un espace de Riemann conduit 1. Leseul allié majeur d’Einstein dans ces lettres est Schrödinger, et Schrödinger se retrouve attaqué de la même manière malhonnête, comme je le montre.
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inévitablement à certaines suppositions sur le tenseur matériel, et nécessairement à une curieuse nouvelle espèce de théorie du champ concernant la matière ». Or cette phrase est précisément la sorte de déclaration qui aurait fait bondir Einstein. Une grande partie de ce que disait Born laissait Einstein, soit exaspéré, soit sans voix, comme nous pouvons le constater à partir du laconisme des autres réponses d’Einstein, mais cette citation-ci aurait immensément intéressé Einstein, car elle aurait amené une discussion très fructueuse. Et pourtant nous ne trouvons aucune réponse d’Einstein. La lettre de Born est datée du 6 octobre 1931. La lettre suivante d’Einstein est datée du 30 mai 1933, en réponse d’une autre lettre de Born. Plus d’un an et demi plus tard. Tout lecteur attentif gardera l’impression qu’au moins une lettre a été perdue ou a été détruite.
Cette impression est renforcée par un commentaire de Born ajouté à la lettre n°57 de 1927, où il déclare : «Il (Einstein) a essayé une interprétation différente, non-statistique du mécanisme d’onde de Schrödinger et il a soumis un article sur ce sujet à l’académie. Je ne peux pas m’en souvenir pour l’instant; comme tant d’autres essais d’autres auteurs, ce papier a disparu sans laisser de trace ». Je trouve ce commentaire incroyable. Comment un article d’Einstein sur un tel sujet peut-il disparaître sans laisser de trace? Comment pouvons-nous imaginer que n’importe quel article écrit par Einstein pourrait disparaître sans laisser de trace? C’est comme si on déclarait qu’une peinture de Léonard de Vinci a disparu sans laisser de trace — pas à cause d’un vol ou d’une perte, mais par total désintérêt. Je vous le demande, est-ce crédible? Non. Sans l’hypothèse d’une suppression, c’est incroyable. Après tout, nous possédons des papiers similaires écrits par Bohm et beaucoup d’autres — des scientifiques de stature bien moindre. Même si cet article d’Einstein était un tissu de bêtises, il vaudrait de toute façon une fortune, simplement parce qu’il y a son nom écrit dessus. Si l’article d’Einstein a été enterré, il a été enterré dans un but.
En fait, ceci nous conduit à une autre omission très curieuse dans les lettres. En décembre 1926, Einstein avait dit : « Je travaille très dur à déduire les équa-tions du mouvement de points matériels vus comme des singularités, d’après les équations différentielles de la Relativité Générale». Puis, en janvier 1927, la der-nière lettre d’Einstein sur ce sujet, dit : «Je démontre que l’on peut attribuer des mouvements bien précis au mécanisme d’onde de Schrödinger sans aucune in-terprétation statistique ». Einstein incluait un brouillon de cet article pour Born. Cela fut la cause de la réponse de Born citée ci-dessus, sur ce papier perdu, par lui-même et pour l’histoire. Mais non seulement ce papier était perdu, mais la correspondance de cette époque fut perdue aussi. Un intervalle de presque trois ans s’ouvre soudain dans ces lettres. La lettre d’Einstein n°57 n’est pas datée et sa lettre suivante est de décembre 1929. Born est obligé d’expliquer : « Que ces lettres aient été perdues ou que le silence ait vraiment régné, je ne le sais pas ». Et ajoutée à la lettre n°60, nous trouvons ceci de Born : « La lettre dans laquelle Einstein critique un passage de mon livre semble malheureusement avoir été per-due ». Malheureux et commode, je dirais. Il est tout-à-fait incroyable que Born
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n’aurait pas fait lui-même de commentaire concernant ce sujet, perte ou pas perte des lettres d’Einstein dans cette période. Born était toujours heureux de recevoir une lettre d’Einstein et ne manquait jamais de répondre — excepté justement cette fois-là. On nous demande de croire qu’il n’avait strictement rien à dire sur ce sujet et qu’il ne se souvenait de rien le concernant? Et qu’il est à la fois satisfait et pas du tout surpris que l’article d’Einstein et les lettres subséquentes aient disparu sans la moindre trace? Ce n’est tout simplement pas crédible.
D’autres passages servent aussi de propagande, même quand les lettres n’ont pas été supprimées. Dans la lettre n°60, Born paraphrase Dirac : les difficultés de 2 l’EDQ [parexemple la renormalisation infinie] «reposent en partie sur le fait que les équations de Schrödinger, et non celles d’Heisenberg, furent utilisées comme point de départ». Voici une citation directe de Dirac : «Dans le but de mettre en œuvre l’EDQ, la théorie de Schrödinger est une mauvaise théorie, celle d’Heisen-berg une bonne ». Comme une espèce de clarification de cette affirmation, Born commente sur le mécanisme de Schrödinger de cette manière : «L’objection com-mune est que l’on a besoin d’ondes dans des espaces à beaucoup de dimensions et que cela ne peut pas être visualisé». Mais plus tard, Born admet que «Schrödinger lui-même a montré l’équivalence mathématique des mécanismes d’onde et de ma-trices ». Il y a donc deux contradictions manifestes ici. Premièrement, si les mé-canismes d’onde et de matrices sont mathématiquement équivalentes, il peut dif-ficilement y avoir une grande différence selon que l’on choisisse l’un ou l’autre de ces mécanismes pour mettre en œuvre l’EDQ. De deux mathématiques réelle-ment équivalentes, l’une peut difficilement être mauvaise et l’autre bonne. En fait, les maths les plus simples et les plus transparentes devraient toujours être préfé-rées, étant donnée une équivalence. Cela s’applique certainement aux équations de Schrödinger, pas à celles d’Heisenberg. Deuxièmement, il est intéressant de constater que le manque de visualisation est un mauvais point pour Schrödinger mais un bon point pour Heisenberg. L’Interprétation de Copenhague — dont tout le monde sait qu’elle est connectée au mécanisme matriciel — interdit à ses adhé-rents d’essayer de visualiser les mouvements et interactions quantiques. Ils voient dans sa pureté mathématique son argument de vente principal : le fait qu’elle ne puisse pas être visualisée constitue son principal intérêt ésotérique. Elle doit être acceptée simplement parce que les maths le demandent. Mais à ce moment-là ces mêmes puristes font un demi-tour complet et se plaignent que Schrödinger ne nous offre pas de visualisation aisée? Le double standard ne pourrait pas être plus transparent.
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Mais dirigeons-nous vers des questions plus essentielles. Commençons par l’in-troduction aux lettres, écrite par Kip Thorne. Thorne dit : « Si des expériences
2. ÉlectrodynamiqueQuantique.
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futures révélaient un jour une dérive non-nulle de l’éther, alors la Relativité d’Ein-stein s’écroulerait». Cette citation montre a quel degré la Relativité est toujours in-comprise. Thorne, comme tous les physiciens contemporains du modèle standard, croit que la Relativité dépend du résultat nul de l’expérience de Michelson-Morley, maisj’ai montré que c’est complètement faux. Le résultat nul de M/M était du à une conceptualisation fautive et à un mauvais diagramme, et n’a rien à voir avec la validité de la Relativité. La Relativité est l’effet Doppler appliqué aux horloges et autres données visuelles, et l’abstraction qui a été appelée l’éther n’a rien à y voir. Vous pouvez avoir de la Relativité Spéciale avec ou sans un éther, selon la façon dont vous voulez utiliser vos mathématiques. De plus, la RS a déjà été prouvée sans M/M, grâce aux montagnes et autres expériences et données — des pulsars aux accélérateurs. Ce fait est bien connu et je n’affirme rien de révolutionnaire ou d’of-fensant. La raison pour laquelle j’en fais mention est de montrer que même cette introduction récente est criblée d’incompréhensions fondamentales. Les universi-tés, apparemment, ne peuvent trouver personne d’assez familier avec la Relativité pour écrire une introduction sensée. Ce n’est pas une surprise pour moi, mais ça peut être une surprise pour beaucoup de gens. La preuve en est encore renforcée par la citation suivante de l’introduction : «La RG prédit que des rayons lumineux passant près du Soleil sont infléchis de moitié par l’attraction gravitationnelle du Soleil et de moitié par sa déformation de l’espace ». Cette phrase est absurde. C’est comme de déclarer que vous tombez de moitié parce que je vous pousse et de moitié parce que vous vous sentez poussé. Quelle sorte de logicien croit qu’une cause et son effet constituent deux forces différentes? C’est l’attraction gravita-tionnelle qui déforme l’espace en premier lieu. Si la gravitation ne cause que la première moitié de la déflection, qu’est-ce qui cause la déformation? D’un autre côté, si la gravitation cause la déformation, pourquoi affecterait-elle l’espace mais pas les rayons lumineux dans l’espace? La phrase de Thorne est tout simplement idiote, et il est difficile de comprendre comment de tels raisonnements si super-bement fautifs peuvent atterrir dans un livre, et encore moins dans un manuel de physique.
Thorne répondra qu’il cite Einstein directement : Einstein a dit cela dans saRel-ativité. Donc, si je veux montrer la faille de ce raisonnement, je dois me tourner directement vers Einstein. Je le ferai. C’est une des déclarations les plus bizarres d’Einstein, et il la fit en se basant uniquement sur les nombres. Quiconque étudie les équations originelles d’Einstein sait que ses premières maths de RG lui don-nèrent les mêmes nombres que Newton pour la déflection de la lumière stellaire, car c’était ce dont il pensait avoir besoin. Je montre ceci dansmes articlesen sui-vant les dérivations ligne par ligne. Quelques temps après, lorsqu’il s’aperçut qu’il lui faudrait le double de ce nombre, il retourna à ses calculs et les fignola afin qu’ils lui donnent le nombre voulu. En d’autres termes, en utilisant des maths fautives, Einstein publia un article qui proclamait avoir trouvé environ 0,85 pour la dévia-tion de la lumière stellaire. L’équation de Newton avait depuis longtemps prédit une déviation de la lumière, sans aucune référence à la RS ou à la RG, et cette
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quantité était aussi 0,85. C’est le nombre qu’Eddington utilisa plus tard comme « prédictionnewtonienne ».Mais Einstein reconnut une erreur dans ses équations du champ et les réécrivit (avec l’aide d’Hilbert) une couple d’années plus tard. Cette fois, il publia un article avec équations qui donnait un résultat de 1,7. C’est la raison pour laquelle il dit plus tard, dans le livreRelativité, qu’environ la moi-tié de la déviation était due au «champ d’attraction newtonnien» et que le reste était du à des «modifications géométriques». Dans un autre papier, j’ai confirmé que la RG contient deux courbes, l’une d’elle due à l’accélération newtonnienne et l’autre due au différentiel temporel. Il paraîtrait donc qu’Einstein et Thorne soient disculpés. Le problème est qu’ils disent tous deux ce fait d’une manière très trom-peuse. Selon le verbiage d’Einstein et de Thorne, l’attraction gravitationnelle du Soleil et la déformation autour du Soleil sont deux choses différentes. Elles consti-tuent deux causes différentes. Mais comme je viens de vous le rappeler, elles ne peuvent pas être des causes différentes. C’est l’attraction gravitationnelle du So-leil qui cause la déformation, et donc l’attraction gravitationnelle est totalement responsable de l’entièreté de la déviation, pas juste la moitié. De la façon dont Einstein et Thorne le disent, il apparaît que la déformation est indépendante dans les maths et dans le champ, et cela est trompeur parce que ça laisse le lecteur avec l’impression que la déformation n’a aucune cause. Cela laisse l’impression que la géométrie courbe de la séparation temporelle est lacausa sui, la cause en soi. C’est important, car cela cache le mécanisme de la gravitation. Je n’invente pas un quelconque problème sémantique ou métaphysique ici; ce problème est fonda-mental et mécanique. Comme je m’en suis plains en beaucoup d’autres endroits, la RG paraît aller au-delà de Newton en remplaçant la force à distance par de la courbure. Mais cela pourrait constituer une amélioration uniquement si vous ou-bliez que l’espace courbe se trouve à une certaine distance de l’objet courbant et que la courbure demande une cause. Einstein fait des mathématique la cause de la courbure, et donc nous oublions que c’est l’objetqui est réellement la cause de la courbure. L’objet central est la cause de toute courbe et de toutes les courbes dans les maths, qu’elles soient des courbes d’accélération ou des courbes de sépa-ration temporelle. L’objet ne crée pas la séparation de temps, bien sûr, mais il crée le champ dans lequel la séparation existe. Cela doit signifier que toute déflection est causée par l’objet central. Il n’y a pas de causation moitié-moitié. L’affirmation originelle d’Einstein manquait criminellement de rigueur, et personne n’a semblé suffisamment compétent pour le corriger. En réalité, ils ne l’ont pas corrigé parce qu’ils ont vu son erreur comme utile. Elle cache le mécanisme, et la physique mo-derne existe uniquement en cachant les mécanismes à tous les étages.
Puisque nous parlons de RG, examinons une fois de plus soigneusement cette théorie. Dans le commentaire de Born à la lettre n°1 de 1916, il dit : «L’existence et la taille d’un champ gravitationnel à l’intérieur d’un petit espace peuvent donc être assumés seulement en relation à un certain système (accéléré) de référence». C’est tout-à-fait le point de l’expérience par la pensée d’Einstein de l’ascenseur dans l’espace, mais Einstein ne suit pas lui-même cette procédure. Par exemple,
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soit une personne se trouvant sur la Terre : quel est le système en accélération? Einstein ne permet pas au système de référence d’accélérer. Il ne permet pas à la Terre d’accélérer vers la personne, pour créer la force. Et la personne ici n’est pas un système de référence. La personne est une particule-test. Einstein donne l’ac-célération à la personne, ce qui détruit totalement son hypothèse et son postulat. Einstein déclare un axiome révolutionnaire puis ne le suit pas lui-même. Il fait remarquer que donner l’accélération à la particule-test pose la question (correcte-ment), puis il continue et pose de nouveau la question de façon flagrante sur la page suivante. En refusant de donner l’accélération au système de référence, Ein-stein outrepasse la Relativité qu’il vient juste d’affirmer dans l’exemple de l’équiva-lence. Il n’y a pas de mouvement inertiel dans la RG, puisque ni la particule-test, ni le système de référence n’accélèrent réellement (pas relativement l’un à l’autre et pas relativement à l’espace ou à tout autre système). Ce que je veux dire, c’est que, selon Einstein, la personne ou particule-test n’accélère pas provenant de, ou vers, la Terre. Il crée plutôt un équilibre mathématique entre la particule et le champ. La courbure d’une particule en orbite, par exemple, n’est pas une accélération dans la RG, puisque selon Einstein une courbe est équivalente à une ligne droite. Une vitesse en ligne droite n’a pas d’accélération dans un champ euclidien, et dans un champ riemannien une orbite stable n’a pas d’accélération. Une courbe ne pos-sède pas d’accélération. C’est pourquoi un objet en orbite ne peut pas «sentir de force ».Pas d’accélération, pas de force. Pas de force, pas d’accélération.
La théorie d’Einstein se débarrasse en fait de l’accélération centripète ou gravi-tationnelle. Sa personne, ou particule-test, n’a pas d’accélération relativement au champ, puisque le champ est déjà courbé et la particule suit juste une trajectoire de force nulle. Et la Terre n’a pas d’accélération relativement au champ, puisque Einstein a créé le champ en tant qu’extension de la Terre.
Ce que fait Einstein, c’est d’assumer la courbure. La courbure est dans son pos-tulat, pas la Relativité ou l’équivalence. Si vous étudiez la progression dans ses arguments, il est clair que le postulat d’équivalence est une impasse. Il la propose seulement pour la jeter et prendre à la place le nouveau postulat de la courbure. L’équivalence n’agit pas non plus comme une approche de la courbure. Il n’y a aucune connexion, et Einstein n’essaye même pas d’en créer une. Il ne fait que sauter d’une idée à l’autre. L’équivalence est offerte sur une page et la courbure sur la suivante, sans transition. Une fois que nous avons la courbure, nous n’avons plus besoin d’équivalence, et elle n’est pas seulement non supportée par les argu-ments, elle est contredite, comme je l’ai montré. La courbure retourne et contredit l’équivalence, puisque l’équivalence concerne des accélérations et la courbure se débarrasse des accélérations.
Même avec la courbure, nous n’avons aucune fondation. Le choix d’Einstein pour ses mathématiques devient son axiome explicite de la courbure, mais il ne nous propose aucune raison pour son choix. Comme je l’ai abondamment montré, l’équivalence implique en fait que nous n’avons pas à choisir de courbure, mais
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Einstein insinue le contraire. sans argument, Il insinue que nous devons choisir la courbure. L’espace riemannien qu’il choisit lui permet de faire tout cela presque de façon invisible. Avec des tenseurs, vous pouvez créer de la courbure sans avoir à la définir, l’annoncer ou la justifier. Pour le dire d’une autre manière, un espace riemannien vous fournit automatiquement une courbure — une courbure sans cause, sans force et sans accélération.
J’espère que vous pouvez constater que tout ceci est très malhonnête, à la fois mathématiquement et physiquement. Prenons un cas similaire. Disons que je dé-couvre une particule qui se déplace en zig-zag. Je désire expliquer pourquoi elle fait cela. Une possibilité serait de montrer les causes mécaniques du mouvement. C’est l’ancienne physique. Mais la nouvelle physique exprime juste une mathéma-tique où le zig-zag est le mouvement par défaut. Il n’y a donc rien à expliquer mécaniquement. Le choix des maths constitue l’explication toute entière, et la physique est redondante. La physique était la réponse à la question « Qu’est-ce qui se passe? ». Mais selon les maths de la RG, rien ne se passe. Einstein a créé une courbe qui est mécaniquement équivalente au mouvement en ligne droite de Newton, et donc il n’y a rien à expliquer.
Dans ces lettres, Einstein se plaint à juste titre des suppositions mathématiques de l’EDQ, mais il ne semble pas s’apercevoir combien est présomptueux le champ tensoriel. Notez qu’Einstein ne fournit jamais un mécanisme pour la création de la courbure. C’est son mécanisme implicite : la gravité crée la courbure. Mais la gravité EST la courbure, selon Einstein. Il affirme les deux choses à la fois. Donc, la gravité est lacausa suien elle-même. Ce n’est pas un mécanisme, c’est, la cause juste du discours circulaire. Einstein assume simplement ce qu’il essaye de prouver. Son choix d’une mathématique lui donne la courbure, qui lui donne la gravité. Son axiome est le champ riemannien, et tout le reste est déduit de ce champ, sans nécessité supplémentaire d’un mécanisme, d’une métaphysique, de fondements ou d’explications. Einstein trouve cela élégant. Il dit [lettre n°99] : «Les équations gravitationnelles seraient encore convaincantes parce qu’elles évitent le système inertiel (le fantôme qui affecte tout mais qui n’est pas affecté lui-même)». Il admet donc ce que j’essayais de montrer : le système inertiel s’est évaporé. La citation de Born sur « l’objet même de la Relativité Générale » n’étant vu que « en relation à un certain système de référence accéléré » est renversé. Il n’y a aucun système de référence, seulement un champ mathématique qui fournit tous les mouvements eux-mêmes. Avec une astuce mathématique, il n’y a pas de force, pas de cause du champ et pas de gravité. Comme avec l’EDQ, seules les maths existent.
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Maintenant, utilisons cette transition pour passer de la RG à l’EDQ. Exami-nons la lettre n°115, où Pauli essaye d’arbitrer entre Born et Einstein. Pauli dit : « L’apparenced’une position définie d’un corps macroscopique ... est alors regardé
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comme étant une ’création’, existant en dehors des lois de la nature, même si elle ne peut pas être influencée par l’observateur. Les lois naturelles disent uniquement quelque chose sur les statistiques de ces actes d’observation». Ici, nous voyons le maître de l’illogisme aux pieds duquel Kip Thorne s’est assis, sans aucun doute. Born trouve les explications de Pauli «simples et saisissantes», et Borne n’est pas seul dans cette estimation. Pauli est généralement considéré comme un grand au-teur de science tout comme un grand scientifique. Son explication de la Relativité e fut l’une des plus influentes du 20siècle — ce qui constitue une bonne partie de l’explication de la confusion courante.
Ce paragraphe de Pauli est de la pure jactation. Mettons-le en pièces. Pauli considère les données empiriques — les résultats d’expériences réelles — comme étant de la « création » — en dehors des lois de la nature. Mais si la nature n’a pas créé ces données, qui ou quoi l’a fait? Nous savons que Pauli ne parle pas de Dieu, et il exclut explicitement l’observateur. Donc Pauli nous a inventé un verbe sans sujet. Nous avons des données qui prennent les caractéristiques d’un miracle, puisqu’elles apparaissent sans causalité. Les fats ne sont ni objectifs ni subjectifs ici. À la place, Pauli solutionne l’ancienne dichotomie — tranche le nœud gordien — en nous donnant une troisième catégorie indéfinie : des données créées par personne et par rien.
Avant, la physique était comprise comme étant la description et l’explication de faits expérimentaux, comme la position et le temps. Mais pour Pauli, cette sorte de physique est en dehors des lois de la nature. Donc, tout ce que nous percevons et expérimentons est en dehors des lois de la nature [Pouvez-vous imaginer une plus grande contradiction physique, une attaque plus terrible contre l’ancienne dé-finitions de la physique?]. Les lois de la nature disent « quelque chose » sur les statistiques, mais Pauli ne dit pas ce qui constitue ce quelque chose. Mais apparem-ment, les lois de la nature ne concernent que les maths, les maths sont statistiques, et les maths ne s’appliquent pas à la réalité empirique. Dans la physique de Pauli, ni les maths ni les lois naturelles ne s’appliquent à la réalité empirique ou observa-tionnelle. La réalité observationnelle est une sorte d’univers parallèle, ou de film concurrent, quelque chose qui s’est créé de lui-même, qui n’obéit à aucune loi na-turelle, n’a pas de mathématique ou d’explication et n’a pas de lien causal, logique ou définitionnel possible avec le monde statistique de l’EDQ.
On peut achever philosophiquement le monde empirique par le coup de mar-teau appelé décohérence, mais ce n’est qu’une lune de papier. On a l’impression que cette feinte est réservée au public, et que la question n’existe jamais réelle-ment pour le clergé de l’EDQ. Pauli n’a pas besoin de la décohérence, puisque pour lui il n’existe pas de réalité ayant besoin d’être expliquée. L’observable est tout simplement un fantôme, et on n’a pas besoin de perdre son temps à expliquer des fantômes.
Mais je dis que plutôt que décohérence, ils devraient l’appeler incohérence, et inclure tous les fondements de l’EDQ — telles qu’ils existent — dedans. Les
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déclarations de Pauli sur ce sujet sont incohérentes. Elles sont de la confusion mentale — du charabia posant en langage humain.
Pour Pauli, un fait d’observation n’est pas seulement indéterminé, subjectif ou imprécis. Pauli transcende toute la dialectique historique en une fois, en nous disant que le monde réel n’est pas le sujet ou l’objet des lois naturelles, n’est pas créé par Dieu, l’observateur ou tout autre entité ou cause, n’est ni précis ni flou, déterminé ou indéterminé, réel ou irréel. Pour le nouveau physicien, le monde observé est un néant, une non-question, un détail superflu.
Mais le plus grand des paradoxes — le paradoxe qui n’est même pas affiché comme un signe de distinction — est que ce même nouveau physicien proclame être un expérimentaliste. Par exemple, Feynman s’est toujours vanté que l’EDQ concordait avec l’expérience, et que donc elle était assez bonne pour lui. Mais comment peut-il savoir que l’EDQ vérifie l’expérience quand toute expérience est une donnée d’observation, et que le monde observé est une création, qui n’est pas sujette aux lois naturelles? Pour le dire autrement, comment pouvez-vous écarter toute donnée comme étant une «création »sans cause, puis utiliser cette donnée pour confirmer votre théorie? Les nouveaux physiciens veulent accepter uniquement les données statistiques et ignorer les données empiriques directes. Mais ils ne semblent pas apercevoir le lien nécessaire entre les deux. Que sont les données statistiques, sinon une distillation mathématique de grandes quantités de données observées?
Dans la lettre n°116, Born dit : « Des concepts qui se réfèrent à des choses qui ne peuvent pas être observées n’ont pas leur place en physique». Pauli, Feyn-man, Gell-Mann, Thorne et tout le reste seraient tout-à-fait d’accord. Mais depuis quand les probabilités sont-elles des données observables, ou des quanta? Ces physiciens semblent penser que les mathématiques sont un objet observable. Alors, pour ajouter encore plus d’absurdité, ils proclament que les choses observées sont des choses qui ont décohéré d’une masse confuse statistique, et que ces choses observées existent en dehors des lois naturelles, qu’elles sont des créations de rien et de personne. Donc, pour résumer : 1. Les concepts physiques doivent s’appliquer à des choses qui peuvent être observées. 2. Leschoses pouvant être observées, comme les arbres et les étoiles, sont des créations existant en dehors des lois naturelles. 3. Ceschoses décohèrent à partir de probabilités d’une manière mystérieuse, uniquement en présence d’un observateur. 4. L’observateurn’influence pas cette décohérence, quoique sa présence semble constituer une nécessité. 5. Unefois qu’un objet décohère d’une masse confuse de probabilité, il peut être utilisé comme preuve expérimentale des équations de l’EDQ.
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Si tout cela ne constitue pas le plus étrange cercle de raisonnements que j’aie jamais vu, c’en est très proche. C’est le plus monstrueux enchaînement de contra-dictions que quiconque puisse imaginer.
Le nouveau physicien pense qu’il a effectué une sorte de nettoyage métaphy-sique de ses données en refusant de les examiner directement. Regardez direc-tement aux données ou à une partie quelconque de celles-ci, et elles deviennent sans valeur, souillées par l’œil et l’esprit humains. Les examiner à travers la fe-nêtre immaculée des mathématiques probabilistes les laisse pures et vierges, non corrompues par le péché de réalité ou par la pénitence brumeuse du monde phy-sique.
Dans la même lettre à Born, Pauli caractérise aussi faussement la différence entre la mécanique classique et l’EDQ. Il déclare qu’avec la mécanique classique, des mesures répétées avec une précision limitée peuvent remplacer une seule me-sure faite avec grande précision [comme pour l’orbite d’une planète, dit-il]. Mais c’est faux. Le chemin d’un corps ne peut pas être déterminé à partir d’une seule mesure, quelque soit la précision. Comme je le montre dans mesarticles sur la RS, tout mouvement requiert au moins deux mesures, et ces mesures ne peuvent pas être effectuées simultanément. Pour mesurer un mouvement, vous devez mesurer à la fois une longueur et un temps, et vous ne pouvez les mesurer tous les deux dans la même observation. Cette règle est fondamentalement équivalente au Prin-cipe d’Incertitude de Heisenberg (PIH), mais il s’applique aux macro-observations aussi bien qu’aux observations quantiques.
Pauli ne comprends pas non plus l’EDQ, puisqu’il dit que la répétition de me-sures ayant une certaine précision n’a aucune utilité prédictive, car le PIH déter-mine une imprécision spécifique. Il dit que : «ceci détruit la possibilité de l’utilisa-tion de toutes les mesures positionnelles précédentes dans ces limites d’erreur ». Non, le PIH met en fait sous forme d’équation la règle que vous ne pouvez voir au-delà de la précision de vos outils, un fait qui était déjà connu dans la méca-nique classique et la mesure macroscopique. Heisenberg nous donne une équation pour calculer notre précision maximale étant donnée la largeur de nos outils et observables. Mais ceci ne remet pas en cause la répétition des mesures, la conser-vation de données anciennes ou leur utilisation prédictive. Les seules données que l’on rejette sont celles qui prétendent à une plus grande précision que ne nous le permettent nos outils. Mais cela est vrai également dans le monde macroscopique, comme dans le monde quantique, et cela n’a rien à voir avec des statistiques. En fait, c’est précisément mon argument contre l’interprétation courante du calcul dif-férentiel, qui proclame une précision qui est au-delà de la précision des ses outils de mesure. Le calcul différentiel proclame maintenant une précision infinie, ce qui est au-delà de la précision de tout outil possible.
En vérité, l’EDQ, telle qu’elle a été bâtie par Bohr, Heisenberg, Pauli et tous les autres ne suppose même pas qu’ilexisteun chemin pour un corps donné. L’EDQ
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LES LETTRESBORN-EINSTEIN
ne leur permet pas de bâtir une orbite, puisqu’il n’existe pas deux positions pou-vant être connectées. Le saut quantique, pour être consistant, doit s’appliquer non seulement de particule à particule, mais aussi d’observation orbitale à observa-tion orbitale, et les nouveaux scientifiques l’admettent et l’acceptent. La citation de Pauli implique que le PIH les force à l’admettre et à l’accepter, et que ceci en lui-même fait rejeter la répétition et la prédiction qui y est associée. Mais ce n’est pas vrai. Le choix de Pauli de croire en cela est un choix philosophique, pas un choix mathématique. Vos mathématiques et vos outils ont tous deux des limites à leur précision et à leur utilité, et il est sage de le reconnaître. Mais au-delà de cette limite, les maths et les outils n’ont rien à dire, ni positivementni négativement. Ils ne demandent pas que vous croyiez en une continuité au-delà de cette limite, mais ils ne l’interdisent pas non plus. Les nouveaux scientifiques nous disent dog-matiquement que rien n’est connaissable au-delà de cette limite (et jusqu’à ce que nous inventions des outils plus petits, ceci est vrai). Mais ces limites ne légifèrent pas — elles n’impliquent même pas — que rien n’existe au-delà de cette limite. En fait, la logique nous dicte que l’existence se continue au-delà de nos limites d’observation, juste comme la logique dicte que le monde continue pendant que nous dormons. En un sens huméen (selon Hume), toute chose se trouve de façon égale au-delà de la preuve : ce qui signifie, bien entendu, qu’il est simplement tout aussi raisonnable de croire que les électrons suivent un chemin continu que de croire que le monde continue pendant que nos yeux sont fermés. Et cela signifie qu’il est très raisonnable de croire les deux, peu importent les chicaneries qui nous viennent de Hume, Pauli ou quiconque.
Dans la lettre n°86, même Einstein accepte cette philosophie huméenne. Il dit : « Je suis bien conscient qu’aucune causalité n’existe en relation à l’observable; je considère cette réalisation comme conclusive». Beaucoup de gens pensent que cette phrase vient directement de Hume, mais une lecture attentive de Hume mon-trera qu’il n’est jamais allé aussi loin lui-même. Ce que Hume démontrait, c’est que vous ne pouvez pas prouver que la causalité existe. Ce n’est ni un faita priori, ni finalement prouvablea posteriori. Mais vous devez reconnaître que ce n’est pas la même chose que de dire que la causalité n’existe pas. Ce qui ne peut pas être prouvé vrai n’est pas pour autant faux. Einstein se trompe donc ici. Il a admis beaucoup plus qu’il n’avait besoin d’admettre. De plus, Popper a démontré que la physique ne dépend pas et n’a jamais dépendu d’une preuve de causalité ou de tout autre mécanisme. L’argument de Hume est tout-à-fait trivial, car la science dépend de la fasifiabilité, pas de la prouvabilité. La causalité est une supposition mécanique, qui est soit fortifiée, soit falsifiée par l’expérience. Comme je l’ai dit plus haut, toute logique, déduction et science avance à partir de suppositions ou de postulats ou d’axiomes, et ces suppositions n’ont pas, et n’ont jamais eu, besoin d’être prouvées. Le fait qu’elles ne puissent être prouvées n’est pas seulement tri-vial : c’est en soi axiomatique. Les axiomes et postulats sont DÉFINIS comme des choses qui sont soit librement présumées soit définies comme vraies. Si elles sont définies comme vraies, cette définition n’est pas prouvée ou prouvable, elle non
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