Les puces du chien et du chat

Les puces du chien et du chat

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La présence domestique des chiens et chats est souvent associée à
celle d'une autre compagne historique de l'homme : la puce… Hôte
indésirable mais à l'apparence si dérisoire ; au nom brocardé depuis
des lustres et pourtant véritable… peste. Qui est-elle et comment se
propage-t-elle dans nos foyers ? Voici quelques connaissances utiles
pour comprendre comment s'en débarrasser.

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Publié le 24 août 2011
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Langue Français
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. Les puces
L 2 t 1 (anciennement Aphaniptères). tientnon seulement aux dom-Les imagos sont des ectoparasitesmages provoqués par les piqûres,Les caractéristiques morphologiques des mammifères et des oiseaux. Ilsmais aussi à leur aptitude à trans-et biologiques des deux principales sont aptères, de couleur jaune oumettre des agents pathogènes.espèces (C. felisetC. canis) permet-brun sombre, et mesurent de 1 àPlus de 2 500 espèces ont été iden-tent de les identifier et de mettre en 8 mm de longueur. Leur corps esttifiées. Les chiens hébergent essen-œuvre un plan de lutte raisonnée. aplati latéralement ce qui facilitetiellementCtenocephalides felisC. felisetC. canissont des insectes leur progression dans le pelage.(photo 1)(Pulicidé, 89%des pucesde couleur brune, dont les femelles Leurs pattes sont adaptées au saut.récoltées) etC. canis(photo 2)mesurent de 2,5 à 3,2 mm de long(10 %), Le corps et les pattes sont couvertsplus rarementArcheopsylla erinaceiles mâles de 1,5 à 2,3 mm. Les, et de nombreuses soies. Les adultesla Puce du hérisson (0,5 %) etdeux espèces se distinguent facile-Pulex irritansou Pucede l’hommement par la forme de leur tête et le 1Cet ordre est proche des Diptères. Son nom ac-(0,5 %). Les chats hébergent presquenombre d’encoches présentes sur tuel est bâti sur la racine grecquesipho(tube) en référence à l’appareil buccal adulte.uniquementC. felis(99 %).les tarses des pattes postérieures.
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Ce sont des parasites sédentaires àperformances de saut deC. felissont l’état adulte, c'est-à-dire vivant enremarquables : elle atteint 33 cm en permanence sur leur hôte et ne lehauteur et saute en moyenne à quittant qu’exceptionnellement20 cm de distance (2 à 48 cm). quand ils sont dérangés ou bienLes puces adultes, mâles et femelles, lorsque la température corporellese nourrissent de sang. Leur appa-de leur hôte diminue (anesthésie,reil buccal piqueur(photo 5)est consti-mort).C. canisparasite exclusive-tué essentiellement d'une paire de ment les chiens, alors queC. felisstylets perforants (laciniae) pourvus est capable de se nourrir et de sede petites dents et d’un stylet impair, reproduire sur chien, chat, lapin,le labre. La coaptation de ces 3 stylets furet et mouton. Dans le pelage dudélimite 3 canaux : 1 canal alimen-chien ou du chat la puce ne per-taire qui permet l’aspiration du sang siste pas plus de 3 à 4 semaines dupar les pompes pharyngiennes, 2 ca-fait du toilettage et des réactions denaux salivaires qui assurent l’injec-défense. En l’absence d’hôte, elletion de la salivepropulsée par la ne survit pas au-delà de 2 jourspompe salivaire. Cette salive a des alors que les puces nouvellementpropriétés allergisantes pour les écloses, donc à jeun, survivent 1 àchiens et les chats. La dermatite al-6 semaines selon les conditionslergique par piqûre de puces (DAPP) ambiantes. estune des dermatoses les plus fré-Elles se déplacent presque exclusi-quentes de ces animaux. La quantité vement en marchant. La progres-de sang ingérée au cours du repas, sion dans le pelage est facilitée pardifficile à évaluer, serait d’une di-l’aplatissement latéral de leur corpszaine de microlitres par jour. Le re-et par la disposition en proue despas débute dès l’arrivée sur l’hôte. hanches antérieures qui favoriseUne heure après, en général, la puce l’écartement des poils(photo 3)est gorgée. Il est donc intéressant de, tan-dis que leur maintien est facilité pardisposer d’insecticides qui agissent l’existence de deux griffes et detrès vite pour éviter l’apparition deux tubérosités à l’extrémité ded’une dermatose allergique. Les dé-chaque patte. Le poil est pris entrejections des puces sont des petits la tubérosité et la griffe(photo 4)brunâtres faciles à repérer. cristaux C. felisetC. canissont des puces biendans le pelage des hôtes. adaptées au saut, utilisé pour fuir ou bien, dans le cas des jeunes toutLa reproduction juste éclos, pour gagner leur hôte ; ilet le cycle évolutif sert très rarement à passer d’un hôteLes femelles fécondées commen-à l’autre. Le saut des puces diffère decent à pondre 24 à 48 heures après celui des sauterelles qui mettent enle repas et ne cessent qu’à leur œuvre une puissante musculature.mort. Elles pondent en moyenne La propulsion des puces est la consé-quence, dans un premier temps, de la compression de la masse de rési-line, protéine à haute élasticité, contenue dans la patte postérieure suivie d’un verrouillage de loquets cuticulaires maintenant le fémur re-plié sur la hanche. La puce est prête à sauter, elle est accroupie et prend appui à l’arrière sur ses trochanters. Le déverrouillage des loquets permet la libération brutale de l’énergie stoc-kée dans la masse de résiline. Cela propulse l’insecte vers l’avant selon  .
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(photos 7 et 8)
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passe que rarement sont à l’ori-e d’une recontamination tar-e, survenant après l’application n traitement insecticide. cycle peut être bref : de deux à is semaines en été, il peut durer sieurs mois, ce qui explique la llulation des puces à la belle sai-et dans les pays chauds. rôle pathogène des puces pour chien et le chat tient essentielle-nt aux piqûres : spoliation de g et inoculation de salive qui à l'origine d'une sensibilisation ez certains sujets. s puces transmettent au chien et chat – exceptionnellement à l’en-t – un ver plat :Dipylidium cani m. La contamination se fait par estion d’une puce ayant ingéré stade larvaire un œuf du Cestode c des fragments de fèces de ens ou de chats parasités. canisetC. felissont également teurs d’une filaire du tissu péri-al du chien :Dipetalonema re ditum(Nématode).
La lutte contre les puces, ur être efficace, doit être nduite sur le long terme us disposons de produitsdesti-s aux animaux : soit des insecti-es (fipronil, perméthrine – iques pour le chat –, imidaclo-d, dichlorvos, carbaryl, pro-xur), soit des produits qui pertur-t la croissance (“régulateurs de issance”) comme le méthoprène le lufénuron. Ils sont utilisés ls ou en association. Il est im-portant de traiter tous les animaux
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d’un même foyer. Souvent, les chats qui tolèrent bien les puces sont négligés. Ils constituent alors de véritables réservoirs. Il est possible de traiter les locaux par des pulvérisations ou par des fumigations renfermant des insec-ticides et/ou des “régulateurs de croissance”. Il faudra, lors des ap-plications, insister sous les tapis, sous les coussins des fauteuils, le long des plinthes, et ne pas négliger les fentes de plancher. L'aspirateur collecte de nombreux cocons, des œufs et des larves. Il faut alors penser à changer le sac ou bien à y introduire un insecticide. Lorsque les puces posent problème dans une maison il est préférable de bâtir un plan de lutte, adapté à la nature et au nombre d’animaux et à ladisposition des locaux. Dans tous les cas, c’est une entreprise longue qui nécessite de rester vigi-lant pour ne pas sélectionner des populations de puces résistantes aux produits de lutte.r
Quelques acceptions de “puce” dansParlezvous en tomo ?(Insectesn°139), en ligne àwww.inra.fr/opie insectes/iparlez.htm#puc
L’auteur Michel Franc, docteur vétérinaire, est professeur à l'école vétérinaire de Toulouse. Il est l'auteur d'une thèse sur : “Ctenocephalides felis: données épidémiologiques et bio-logiques. Méthodes d’évaluation des moyens de lutte.” Contact : École nationale vétérinaire 31076 Toulouse - Tél. 05 61 19 38 73 m.franc@envt.fr
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