Les Valeurs de la Vie. Lecture actualisée de G. Canguilhem : Le Normal et le Pathologique

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Français
325 pages
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Description

En découvrant la vie comme une activité de lutte contre l’indifférence, l’état de santé comme volonté de puissance et la pathologie comme témoignant d’autres « allures » possibles de la vie, Canguilhem trace une voie que la philosophie peut explorer pour éprouver l’analogie entre pensée de la science et science de la pensée. Analogie qui rend pensable l’identité foncière entre le déploiement de la vie et de la science de la vie, attendu que toute connaissance possible de la vie est émanée d’elle-même : la vie, pour Canguilhem, s’auto-dévoile au travers de la science. L’épistémologie n’est plus dès lors que la biologie appliquée à la science dans son devenir vital, marquée par des ruptures qualitatives qui définissent ses équilibres systémiques précaires, ses erreurs heuristiques et ses remaniements constants dont l’éventualité féconde atteste la vitalité. Le culturel rejoint le naturel, et l’histoire des idées l’histoire des organismes, n’étant en fin des fins que le « prolongement des organismes par d’autres moyens ».

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Publié le 27 août 2014
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Langue Français
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FRÉDÉRIC MATHIEU
LES VALEURS DE LA VIE
LECTURE ACTUALISÉE DE LŒUVRE DEG.CANGUILHEM,LE NORMAL ET LE PATHOLOGIQUE(1966)
2014
Les valeurs de la vie
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Les valeurs de la vie  Au Pr. Nouvel, pour son approche vivante d’une discipline qui l’est de moins en moins…
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Les valeurs de la vie
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Les valeurs de la vie
Ce ne sont pas les idées de la science qui engendrent les passions, ce sont les passions qui utilisent la science pour soutenir leur cause.
François Jacob, biologiste (1920 - 2013), dansLe Jeu des possibles, 1981.
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Les valeurs de la vie
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Les valeurs de la vie
Sommaire
I.PHYSIOLOGIE,PATHOLOGIE ET THÉORIES DE LA MÉDECINE... 29A.Du normal au pathologique .............................................. 36a.Conception d’Auguste Comte............................................ 37b.Conception de Claude Bernard ......................................... 45c.57Conception de George Canguilhem .................................. B.L’intérêt du vitalisme.........................................................66a.68Des normes, des règles et des lois ...................................... b.L’originalité de la biologie................................................. 77c.Primat de l’expérience clinique......................................... 90Conclusion ......................................................................... 105II.DES NOTIONS REPENSÉES AU REGARD DU PATIENT............. 107A.Normes, normalité, normativité, moyenne.................... 111a.Norme, normalité et normativité .................................... 113b.119Moyennes et écart-types.................................................. c.123La relativité des normes ................................................... B.Une redéfinition de la maladie........................................ 126a.La maladie, symptôme d’une moindre normativité........ 126b.L’anomalie : de la différence à la pathologie..............13.....6
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Les valeurs de la vie c.L’expérience de la fragilité............................................... 142C............................................. 148Une redéfinition de la santé a..................... 149La santé dynamique et créatrice de normes b........................ 158La guérison : du tragique à la renaissance c.167La synthèse du comportement......................................... Conclusion ......................................................................... 172III.LE CORPS«ÉCHOUÉ»,SOCIAL ET BIOLOGIQUE................. 179
A.Aspects du risque et de l’erreur...................................... 179a.Le risque consubstantiel à la vie ...................................... 179b.L’erreur source de création et d’échec............................ 184c.224Normes sociales et biologiques ........................................ B.Corps politique et corps social ........................................ 228a.Du politique au médical ................................................... 231b.Du médical au politique................................................... 248Conclusion............................................................................ 250IV.ACTUALITÉ ET PROSPECTIVE DECANGUILHEM................. 251A.255Le normal et le psychopathologique .............................. a.Retour aux origines .......................................................... 257b.Genèse d’une anthropologie clinique.......................852.......B.Enjeux éthiques contemporains ...................................... 265a.Pathologisation du normal ............................................... 266b........................................ 275Normalisation du pathologique c.L’effacement du patient................................................... 2768
Les valeurs de la vie Conclusion ......................................................................... 290CONCLUSION GÉNÉRALE......................................................... 293
BIBLIOGRAPHIE...................................................................... 309
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Les valeurs de la vie
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Les valeurs de la vie Les valeurs de la vie L’œuvrephilosophique de Georges Canguilhem (1904-1995) marque un pas décisif dans le domaine de l’éthique médicale et de la bioéthique. Un pas dont la portée se laisse encore auner au pullulement des références à ses travaux dans les études philosophiques et scientifiques contemporaines. Disciple de Gaston Bachelard, il assure la continuation de la tendance épistémologique française nourrie par les révolutions intellectuelles qui ont marqué le début du XXème siècle ; philosophie des sciences alternative à sa rivale anglaise, de facture plus analytique.Son influence traverse l’œuvre de Foucault, dont il fut le directeur de recherche, et de générationsd’auteurs intéressés à la médecineou à l’approche de la médecine par la philosophie. Gageons que la prospective de la convergence NBIC ne laissera pas de rendre un second souffle à une pensée plus actuelle que jamais.Que l’on adhère ou non à la matrice intellectuelle qui sous-tend son approche, on ne peut dénier à Canguilhem d’avoir mis en lumière une dimension centrale de la discipline qui semblait être absente à son autocritique : son fondement historique, philosophique et idéologique. La médecine est un art, une technéau sens originaire de « savoir-faire » ; mais encore une éthique, au sens axiologique du terme. Tout ne va pas sans dire. Deux mots de présentation, avant que de nous engager dans l’analyse et l’interprétation d’une thèse appelée à la postérité qu’on sait. Deux mots, pour remonter aux sources, sur le parcours intellectuel qui fut celui de notre auteur ; parcours des plus particuliers qui rend raison de sa perspective comme de sa conception de la chose philosophique. L’originalité notable de Canguilhem consiste en ce que sa formation de médecin-philosophe le rend comptabled’une approche complexe et synthétique deson objet d’étude. Elle lui rend accessible un contenu 11