La téléphonie mobile – un risque pour la santé? 1
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La téléphonie mobile – un risque pour la santé? Les effets du rayonnement sont difficiles à mesurer et à interpréter.
Hanna Wick, membre de la rédaction scientifique de la Neue Zürcher Zeitung
1
Malgré la multitude d'études réalisées, il n'est pas encore possible de savoir si le rayonnement des téléphones mobiles et des antennes de téléphonie mobile nuit à la santé. Les effets observés sont difficiles à interpréter, de nombreuses études utilisent des méthodes lacunaires.
Qu'il s'agisse de lignes électriques ou d'appareils électroniques, de radiophonie, d'informatique ou de téléphonie mobile, nous utilisons de nos jours une multitude d'appareils électriques et d'applications. Ils constituent tous des sources de champs électromagnétiques invisibles qui nous entourent au quotidien et sont un sujet d'inquiétude. C'est pourquoi on cherche à savoir si ce rayonnement – notamment celui des téléphones mobiles et des antennes de téléphonie mobile – représente un risque pour la santé, même en dessous des valeurs limites actuelles. Depuis quelque temps, des études portent sur les éventuels effets nocifs de tels champs – toutefois sans résultats confirmés jusqu'à présent. Cela est en soi réjouissant, mais ne prouve pas le caractère bénin du rayon-nement. On ne sait pas d'où proviennent les effets et comment il faut les interpréter, notamment dans les cultures cellulaires où on les a mesurés.
La recherche d’effets athermiques Les signaux de la téléphonie mobile, comme la lumière visible, sont des ondes électromagnétiques. Les deux standards utilisés en Suisse – GSM (Global System for Mobile Communications) et UMTS (Universal Mobile Communications System) – utilisent des fréquences de 900 et de 1800 mégahertz, respectivement de 1900 à 2200 mégahertz. Ces fréquences sont d'une part plus élevées que celles des champs à basses fréquences émises par exemple par les lignes à haute tension. Diverses études ayant découvert que les enfants exposés à long terme à des champs magnétiques à fréquences basses et très faibles avaient deux fois plus de chances de soufrir d'une leucémie, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) considère ces fréquences comme étant «potentiellement cancérigènes». D'autre part, les fréquences de la téléphonie mobile sont bien plus basses que celles du rayonnement dit ionisant dont font partie entre autres les rayons X. L'énergie du rayonnement de la téléphonie mobile ne suffit donc pas à extraire les électrons des atomes ou des molécules et à endommager ainsi directement les cellules et le patrimoine génétique. Les champs électromagnétiques de la téléphonie mobile peuvent eux aussi avoir un effet nocif pour la santé. Le tissu biologique absorbe le rayonnement et s'échauffe – un effet dont on tire parti dans le four à micro-ondes, mais qui peut nuire à la santé de l'être humain. A partir d'une certaine valeur seuil, l'échauf-fement thermique peut troubler gravement les fonctions corporelles; des altérations du tissu, des brûlures ou des coups de chaleur en sont la conséquence. C'est pourquoi il existe des valeurs limites qui protègent la population et qui reposent dans la plupart des pays sur les recommandations d'un groupe d'experts indépendant appelé Commission internationale de protection contre le rayonnement non ionisant. Le critère décisif est la puissance absorbée par le corps par kilogramme et que l'on appelle le taux d'absorption spécifique (TAS). En Suisse, la valeur limite TAS est fixée à 2 watts par kilogramme de poids corporel pour les téléphones mobiles. On ne sait pas si un rayonnement inférieur à cette valeur limite peut avoir des effets nocifs. En principe, on ne peut pas exclure un tel effet athermique – ressenti peut-être seulement à long terme. Il est donc d'autant plus important de clarifier ce point, vu que le nombre d'utilisateurs de téléphones mobiles ne cesse d'augmenter: aujourd'hui plus de 1,5 milliard de personnes dans le monde s'en servent, et en Suisse on compte plus de 6,5 millions d'usagers.
Mauvaise compréhension des mécanismes Des expériences sont menées à quatr e niveaux différents pour prouver les effets potentiellement nocifs du rayonnement de la téléphonie mobile: les recherches se font sur les cultures cellulaires, les animaux, les personnes de test en laboratoire et sur des groupes entiers de la population. En fait, les résultats des différentes approches expérimentales devraient se compléter et se corroborer. Mais souvent les résultats des études de conception et de contenu similaires se contredisent ou ne permettent pas d'en tirer des conclusions univoques. C'est ce qu'a révélé un séminaire international organisé sur le Monte Verità au Tessin à la fin de l'année dernière. Ce secteur de la recherche souffre du fait que de nombreuses études ne sont pas préparées, effectuées et analysées de manière suffisamment précise et qu'elles ne sont donc pas assez pertinentes. Le projet international «Reflex» par exemple a soumis des cultures cellulaires humaines et animales à un rayonnement électromagnétique au cours de diverses expériences. Non seulement le type de cellules et le rayonnement ont varié au cours de l'expérience, mais également l'expression statistique des données. Dans certains cas, les expériences n'ont révélé aucun effet, dans d'autres, le patrimoine génétique ou le cycle cellulaire a changé. Dans le cas de cultures de fibro-blastes (un type de cellules du tissu conjonctif), on a décelé des fractures de l'ADN après une exposition aux rayons de l'ordre de 1800 mégahertz à partir d'une valeur TAS de 0,3 watt par kilogramme. De nombreux facteurs tels que la durée et la modulation du rayonnement ont également une influence sur les résultats, mais on n'a pas remarqué de corrélation entre la dose et l'effet. On ne sait pas si l'intensité du champ suffit à produire des effets, ou si la durée du rayonne-ment joue également un rôle. Selon l'avis de nombreux spécialistes, les résultats de l'étude «Reflex» ne peuvent toutefois pas être ignorés. Primo Schär de l'Université de Bâle répète actuel-lement les expériences à l'aide de diverses cellules humaines et déconseille fortement d'en conclure que des scissions d'ADN éventuelles constituent automa-tiquement un risque pour la santé. Notre corps est préparé, dans une certaine mesure,à faire face à ce genre de dégâts; ils surviennent régulièrement dans nos cellules. De plus, selon Primo Schär, on ne connaît pas suffisamment les effets du rayonnement électromagnétique sur les différentes molécules et sur la cellule dans son ensemble, s'ils endommagent indirectement le patrimoine génétique et s'ils provoquent des modifications génétiques permanentes. Il faut encore procéder à de nombreuses recherches dans ce domaine. De fait, les mécanismes représentent un point important du nouveau programme de recherche national «Rayonnement non ionisant – Environnement et santé» du Fonds national suisse. A l'heure actuelle, la Suisse reproduit une autre étude très controversée – celle de l'organisation néerlandaise de recherche appliquée (TNO) menée en 2003
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