Anne-Emmanuelle Berger, Scènes d’aumône. Misère et poésie au XIXe siècle ; n°133 ; vol.36, pg 136-137

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Romantisme - Année 2006 - Volume 36 - Numéro 133 - Pages 136-137
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Publié le 01 janvier 2006
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Langue Français
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on pourra les consulter dans l’édition de la Pléiade. La substantielle introduction offre une synthèse lumineuse sur ce texte. Jean-Claude Berchet y apporte toutes les informations uti-les, mais surtout montre bien en quoi Cha-teaubriand s’est démarqué de la pratique du récit de voyage en Orient pour en renouveler le genre. Ainsi, l’ Itinéraire  se présente comme un texte syncrétique. Carnet de notes d’ un écrivain à la recherche d’images pour Les Mar-tyrs en gestation dans ce qu’un cinéaste appel-lerait aujourd’hui un repérage, il est aussi qualifié par Chateaubriand de « Mémoires d’une année de ma vie ». Si le moi y prend un rôle apparemment surdimensionné, cette mul-tiplication des « je » ne relève pas seulement d’un ego envahissant, mais témoigne de la nouvelle mission assignée à la figure naissante de l’écrivain : non plus découvrir des territoi-res inconnus dans une enquête ethnographi-que ou géographique, mais reconnaître et sentir ; le savoir encyclopédique se fragmente pour laisser place à la subjectivité de l’écrivain, non dans un geste narcissique, mais dans une volonté de penser la culture européenne et ses origines. Chateaubriand est moins en quête d’exotisme oriental ou de différence que d’identité, dans un récit qui est anamnèse, voyage au pays de la mémoire. Ce « psycho-drame culturel » engage des enjeux esthétiques et politiques. Athènes est ainsi le « chemin de Damas esthétique » de Chateaubriand, où il substitue à l’idéal winckelmannien un modèle plus empreint de naturel. Dans l’ Itinéraire , rédigé dans une période où Napoléon affermit son pouvoir sur la France, le despotisme orien-tal est une occasion de penser, à défaut de o dpoeunvooibrsedrivreer,lelsecdoensspéoqtuisemnceesndaépsalsétorenuiesens,.eÀt l’Islam comme religion de la soumission répond un double héritage occidental, Athènes et Jérusalem, à savoir la démocratie grecque et la leçon chrétienne, sources de la liberté moderne. Aussi Chateaubriand privilégie-t-il ces deux villes aux dépens des métropoles que sont Constantinople et Le Caire, et réhabilite-
Cette rubrique est assurée par une équipe de travail dont les membres appartiennent au conseil de rédaction et dont Paule Petitier est la coordinatrice. Les livres reçus par Romantisme ne peuvent pas tous faire l’objet d’un compte rendu ; mais leur signalement complet est publié, au fur et à mesure de leur envoi à Roman-tisme , sur http://www.equipe19ser.jussieu.fr
Chateaubriand François de Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem et de Jérusalem à Paris, suivi du Journal de Julien, édition présentée, établie et annotée par Jean-Claude Berchet, Paris, Gallimard « Folio classique », 2005, 735 p. Texte clé dans l’histoire du récit de voyage, l’ Itinéraire de Paris à Jérusalem et de Jérusalem à Paris a fait l’ob et de tons critiques:celledÉmileMjalakisd(e1u9x4é6d)iqui reproduit la Note sur la Grèce , ajoutée en tête de la réédition de ce texte dans les Œuvres complètes en 1826, c’est-à-dire en pleine guerre d’indépendance de la Grèce, et celle, solide, procurée par Maurice Regard dans la Biblio-thèque de la Pléiade (1969). En poche, Gar-nier-Flammarion propose la réimpression de son édition de 1968, à l’apparat critique mini-maliste. Autant dire q ’ uvell édition, u une no e intégrant les travaux récents sur le récit de voyage en Orient, était chose attendue. Par la qualité de son commentaire et de son apparat critique, l’édition présentée par Jean-Claude Berchet remplit magistralement cette attente. Comme pour l’édition de la Pléiade, le texte choisi est le dernier revu par Cha-teaubriand pour les Œuvres complètes Ladvocat en 1826. Cette nouvelle édition de poche comprend des textes qui ne figuraient pas dans l’édition Garnier-Flammarion : les citations que Chateaubriand avait supprimées pour les renvoyer en notes (« notes de Cha-teaubriand »), et le voyage du domestique de Chateaubriand, Julien Potelin ( Journal de Julien ), qui offre un contrepoint au récit de son maître, savoureux par sa langue et par ses détails culinaires. Les seuls documents qui manquent sont l’introduction, constituée de deux mémoires sur l’histoire de Sparte et d’Athènes et sur l’authenticité des traditions chrétiennes à Jérusalem, et les pièces justi-ficatives : mais regrettera-t-on vraiment ces compendiums chronologiques et ces disserta-tions sur la taille de Jérusalem ? Besoin étant, Romantisme n o 133 (2006-3)
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