Comportement des Vertébrés - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 436-459

Comportement des Vertébrés - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 436-459

-

Documents
25 pages
Lire
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Description

L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 436-459
24 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

Sujets

Informations

Publié par
Ajouté le 01 janvier 1930
Nombre de lectures 26
Langue Français
Signaler un abus

e) Comportement des Vertébrés
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 436-459.
Citer ce document / Cite this document :
e) Comportement des Vertébrés. In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 436-459.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1930_num_31_1_30032436 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
bien que les guêpes de ces différends nids vivent en bon voisinage
depuis longtemps, tout étranger d'espèce différente trouvé sur un nid
est sauvagement attaqué (même un cadavre inoffensif) ; cependant
les représentants d'espèces phytophages sont généralement traités
comme des objets indifférents. Au contraire, un individu de même
espèce, pris dans un nid éloigné de plusieurs kilomètres, est respecté ;
s'il est blessé, on le traite même avec une certaine sympathie. Mais à
côté de ces attitudes spécifiques et sans doute instinctives, liées à
des caractères d'odeur ou de forme, il existe des attitudes individuelles
plus curieuses, notamment dans les cas embarrassants où des insectes
hésitent. Autour de la momie desséchée d'un de leurs congénères,
des P. annularis forment le cercle, puis quelques-uns se hasardent,
essaient de mordre l'aile ou l'abdomen et se retirent sans insister ;
un seul persiste longtemps et livre un véritable combat pendant plu
sieurs minutes contre le fantôme, puis finit par l'abandonner avec
indifférence. Il y a là toute une série de variations individuelles dans
l'identification d'un ami ou d'un ennemi. P. G.
e) Comportement des vertébrés *
366. - S. MAURER et L. S. TSAI. - Vitamine B deficiency and
learning ability ( Déficience en vitamines B et aptitude à apprendre) . —
J. of comp. Ps., XI, 1, 1930, p. 51-62, et Science, LXX, p. 456-
458.
La suppression des vitamines B dans le régime alimentaire en
gendre des maladies nerveuses (béri-béri, pellagre, polynévrites).
D'autre part, l'insuffisance de ces vitamines dans l'alimentation de
la mère a sa répercussion sur le nourrisson. Par ce moyen un groupe
de 31 jeunes rats a été, jusqu'au sevrage, privé de vitamines. Ensuite
leur alimentation devint normale. Le groupe de contrôle est à son
tour privé de vitamines à un certain moment, de manière à égaliser
les forces des deux groupes au début de l'expérience (70e jour). Il
s'agit du parcours d'un labyrinthe assez compliqué. Or toutes les
caractéristiques de l'apprentissage : durée, nombre d'essais, nombre
d'erreurs sont tris différentes d'un groupe à l'autre ; en moyenne
il est deux fois plus difficile pour le privé de vitamines B
dans la première période de la croissance. P. G.
367. — ERNST WOLF. — Die Aktivität der japonischen Tanzmaus
und ihre rhythmische Verteilung (L'activité de la souris dansante
japonaise et sa répartition rythmique). — Z. für ver. Ph., XI, 1930,
p. 321-344.
L'enregistrement des périodes d'activité et des périodes de repos
chez des souris dansantes japonaises, a montré une répartition régul
ière nycthémérale : deux phases principales d'activité se manifestent,
l'une le matin de bonne heure et l'autre le soir et continuent à se
manifester aux mêmes heures quand les animaux sont maintenus à
J. Voir aussi les nos 301, 1063. PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE ET BIOLOGIE 437
l'obscurité et à diverses températures (le taux général d'activité
augmentant avec la température).
Quand des animaux sont maintenus à l'obscurité depuis la nais
sance et n'ont pas subi l'influence du cycle nycthéméral de la lu
mière, ils continuent à avoir un rythme semblable, mais les phases
d'activité, au lieu de tomber le matin et le soir, se présentent à des pé
riodes quelconques du jour. H. P.
368. - KONRAD HERTER. - Weitere Dressurversuche an Fis
chen (Nouvelles recherches de dressage chez les poissons). — Z. für
ver. Ph., XI, 1930, p. 730-748.
Recherches sur trois espèces de poissons, et en particulier sur quatre
vairons.
Des papiers gris sur fond blanc plus ou moins foncés signalent la
nourriture, un couple de comparaison étant chaque fois présenté. Un
vairon est dressé à choisir le plus clair de deux gris, un autre le plus
sombre (l'absence complète d'erreurs étant obtenue après 111 essais
dans le premier, 57 dans le second). On place alors un gris interméd
iaire, d'un côté sur le gris le plus clair, de l'autre sur le gris le plus
sombre qui avaient servi au choix. Le vairon dressé au gris clair
choisit de façon à peu près constante le gris intermédiaire sur le gris
sombre, et l'autre le gris intermédiaire sur le gris clair, ce qui indique
un rôle de contraste. Chez Idus melanotus, dressé à choisir entre une
pyramide et un cube, les réactions restent correctes avec des dessins ;
si on donne à choisir la pyramide en dessin par rapport à la pyra
mide réelle (ou le cube, suivant la figure positive dans le dressage), le
choix se fait correctement pour l'objet à 3 dimensions ; mais si l'on
rend^borgne le poisson, les choix se font au hasard ; dans cette espèce
il y a donc une vision binoculaire du relief.
Sur un Carassius carassius, le dressage est fait au plus grand
(25 millimètres de diamètre) de deux disques blancs (l'autre ayant
17 millimètres), présentés ensemble à des distances variables. Ens
uite, les deux disques sont présentés à des inégales ; les
choix restent corrects ; mais le poisson réduit à la vision monoculaire
commet des erreurs.
Enfin par dressage à la plus grande ou la plus petite de deux lignes,
au plus grand ou au plus petit de deux cercles, l'auteur a vérifié
l'existence chez le vairon d'illusions optiques classiques, en pa> ticu-
lier de l'illusion de Müller Lyer. H. P.
369. - T. PERKINS et R. H. WHEELER. - Conîigurational
learning in the goldfish. [L'apprentissage d'une relation chez le
carassin doré). — Comp. Ps. Mon., VII, 1, 1930.
Le poisson est placé dans un aquarium où il a à choisir tantôt entre
deux, tantôt entre trois compartiments différemment éclairés ;
dans le cas du choix correct, il peut prendre sa nourriture : dans le
cas contraire il est chassé avec un bâton. Quand le dressage est assez
avancé, on modifie les intensités des lumières. L'animal se montrer
ait capable de transposer, c'est-à-dire qu'il réagirait non aux inten
sités absolues, mais aux relatives des lumières. Cependant
les courbes présentent toujours des irréguîftrHés dont l'explication 438 ANALYSES BIBLIOGBAPHÏQUES
exige des hypothèses complémentaires telles que celles-ci : le discern
ement est plus difficle pour des éclairages intenses que pour des éclai
rages modérés ; chose plus étrange, l'intensité intermédiaire, lnté-
pendamment de sa valeur absolue, exercerait une attraction propre
lorsqu'elle est opposée à deux intensités respectivement plus forte
et plus faible. Le poisson obéirait à une sorte de règle de juste milieu
que les auteurs rattachent, d'une manière assez peu claire, au prin
cipe du moindre effort. >■:..-. P. G.
870. — J. MELLEN. — Can a catfish count? (Un poisson-chat
peut-il compter ?) — Science, juin 1930, p. 586.
Observation d'un Ameiurus nebulosus qui fait le tour d'une touffe
d'herbes dans un aquarium, toujours dans le même sens, un certain
nombre de fois de suite. Or, il y a une prédominance notable des
nombres pairs de tours ; sur 40 observations, le nombre a été pair 27
fois et impair 13 fois. H. P.
371. — HANS CZELOTH. — Untersuchungen über die Raumorient
ierung von Triton (Recherches sur V orientation spatiale du Triton).
— Z. für ver. Ph., XIII, 1, 1930, p. 74-163.
Les Tritons changent d'habitat deux fois par an ; ils sortent de
l'eau et vont chercher une cachette pour s'enfuir l'hiver en forêt
puis retournent vers l'eau au printemps. ^ "•- •"* r'
A la même époque, on voit un certain nombre de Tritons suivre des
chemins parallèles, indiquant une orientation commune.
Par des observations et des expériences bien conduites dans la
nature et au laboratoire, l'auteur a mis en évidence tous les facteurs
qui peuvent régir cette orientation, les stimuli efficaces. C'est un tra
vail vraiment exhaustif.
fi$ Pour la recherche de la cachette, la mémoire joue un rôle ; mais les
facteurs fondamentaux sont de nature olfactive et optique : une ré
gion sombre à l'horizon indique une zone vers laquelle la marche se
dirige, et sorti de l'eau à l'automne, le triton se guide au laboratoire
vers les masses sombres.
L'odeur de la terre végétale, et l'odeur propre de la cachette (ju
squ'à 35 centimètres de distance) ■ exercent une attraction nette, dont
la portée est accrue quand l'odeur est portée par un courant d'air
(alors qu'au courant d'air seul l'animal réagit négativement et s'éloigne
dans le sens du courant au lieu de le remonter). Pour la recherche
de l'eau, le Triton tend à descendre (géotactisme négatif ), tant qu'il
n'est pas orienté ; mais une fois la direction prise, il est indifférent
à la pesanteur, montant ou descendant, suivant les accidents du relief
rencontrés sur son chemin. Des odeurs doivent jouer encore un rôle
dans ce chemin de retour. Mais, en tout cas, le Triton perçoit nett
ement l'humidité, première démonstration, pense l'auteur, d'un hydro-
tactisme chez un Vertébré.
En air calme, l'humidité est perçue à 70 centimètres de distance,
les courants d'air augmentant cette distance. La perception n'est pas
conditionnée par la muqueuse nasale, qu'elle soit assurée par la res
piration pulmonaire ou par la surface entière du corps. H. P. PSYCHOLOGIE ZOOLOGtQUE ET BIOLOGIE 439
872. — JEAN CASAMAJOR. — L'orientation des pigeons voya
geurs au voisinage des postes émetteurs d'ondes de T. S. F {Expér
iences faites à Tours sur des pigeons militaires). — Nat., n° 2834, 1er
juin 1930, p. 504-507.
336 pigeons, coiffés d'une sorte de petit casque en aluminium por
tant un petit aimant ont été lâchés dans une région parcourue par
des ondes émanant de plusieurs postes de T. S. F. Aucun de ces an
imaux n'a paru incommodé d'une façon appréciable pendant son vol
d'orientation au départ et à l'arrivée. Par contre, on a pu constater
une influence des vallées ; le pigeon a des routes et ces routes lui
seraient dictées autrement que par des réflexes visuels et indépendam
ment du souci de favoriser son vol. Enfin on a noté que les voyages
nocturnes furent moins bons que les diurnes. I. M.
373. - ELISABETH NAUNDORFF. - Ueber einsichtiges Ver
halten, Gemütsleben und Abrichtang einer Dohle (Sur le comporte
ment explorateur, la vie affective et le dressage d'une corneille). —
Der zoologische Garten, II, 10-12, 1929, p. 299-303.
Observations prolongées pendant quatre années de ce corvidé, qui
manifestait pour sa maîtresse une affection très exclusive, avec des
antipathies marquées pour certaines personnes, qui aimait repro
duire les bruits, s'y exerçant seul, et qui était capable lorsqu'on
avait placé un ver de farine dans une enveloppe cachée dans les
feuillets d'un livre, lui-même enfoui sous un tapis, d'aller le chercher
malgré tous ces obstacles. H. P.
374. — V. H.STAVSKY. — Discrimination of direction of moving
stimuli by chickens (Le discernement de la de stimuli mob
iles chez des poulets). — J. of comp. Ps., X, 3, 1930, p. 317-328.
En faisant tourner en sens contraire deux tambours verticaux, por
tant des stries parallèles, on produit chez un poulet un nystagmus
oculaire dont le- sens varie avec celui de la rotation. Ce discernement
physiologique est automatique ; mais l'animal est-il capable d'un
choix fondé sur un discernement véritable ? On l'établit par l'expé
rience suivante. Le poulet,, placé dans une boîte divisée par une demi-
cloison, peut choisir le compartiment de droite ou de gauche et sortir
ensuite par une issue latérale. Le fond des deux compartiments est
occupé par les deux tambours tournant en sens contraire ; le sens
varie, pour chacun, irrégulièrement d'une épreuve à l'autre ; à l'un
des sens correspond toujours une récompense, à l'autre une punition.
L'apprentissage, prouvé par 30 choix corrects consécutifs, a demandé
chez 3 poulets, 320, 210 et 580 essais.
Mais l'animal apprend-il à choisir le côté où le tambour tourne dans
un certain sens ? ou tourne-t-il à droite où à gauche selon qu'il voit
deux mouvements de rotation convergents ou divergents ? En
d'autres termes, son choix est-il déterminée par un détail ou par la
structure de l'ensemble ? Or si on place à l'entrée des deux couloirs
un carton qui empêche l'animal de voir simultanément les deux tam
bours, son choix n'en reste pas moins correct. Il est donc capable
d'individualiser le mouvement de l'un des deux appareils. P. G. 440 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
375. - HANS KAPPELMANN. - Vergleichende Beobachtungen
an gehaltenen Rotkehlchen {Observations com,parées sur des rouge-
gorges). — Der zoologische Garten, III, 1-3, 1930, p. 43-48.
Petite contribution à la caractérologie animale ; l'auteur ayant
gardé, plus ou moins longtemps, quelques rouge-gorges en capti
vité, mais apprivoisés, a noté des différences très considérables
dans leur comportement, leur chant, leurs réactions. H. P.
376. — H. LEWIS. — Elemental versus configurai response in the
chick [Comparaison des réponses dans le sens des éléments ou de la
forme, chez le poulet). — J. of exp. Ps., XIII, 1, 1930, p. 61-75.
Les expériences de Köhler ont posé le problème du rôle respectif
des qualités absolues et des relations dans la réaction différentielle.
L.- a soumis des poulets à deux types d'expériences. Dans le premier
ils sont dressés à choisir, soit la plus claire, soit la plus sombre, soit
l'intermédiaire de trois teintes toujours les mêmes, puis toutes les
clartés sont modifiées dans le même sens, c'est-à-dire affaiblies ou
augmentées. Il y a d'abord dégradation, puis restauration rapide de
l'aptitude au choix correct. Même résultat quand on donne à choisir
entre cinq degrés de clarté (sauf pour les animaux dressés à
la clarté moyenne, qui échouent dans ce nouveau problème). La possi
bilité d'une réaction à la clarté relative est donc démontrée, bien qu'il
reste à expliquer la diminution momentanée de l'aptitude.
Dans le second type d'expériences, le dressage lui-même se fait avec
3 ou 5 degrés de clarté variables d'une épreuve à l'autre. Loin de rendre
l'éducation impossible, ces conditions la facilitent. Notons encore
l'apparition soudaine, en certains cas, de solutions définitives.
Remarquons qu'il s'agit d'un vrai choix : le poulet se dirige parfois
sur le signal qui, de son point de départ, correspond à la solution :
puis il corrige la direction quand il est à même d'apercevoir une
meilleure solution (un signal placé dans une boîte mobile dont l'ouver
ture n'est pas visible du point de départ). — Un signal de clarté cons
tante prend dans une série d'épreuves toutes les valeurs relatives pos
sibles par rapport à six autres signaux variables : il doit donc tantôt
être rejeté, tantôt être choisi. L'animal ne se laisse pas tromper par
cette identité de la qualité absolue, pas plus que par celle de la forme
ou de la position : résultat incompatible avec la conception atomis-
tique de la formation de l'habitude. P. G.
377. — T. J. B. STIER. — Spontaneous activity of mice [Activité
spontanée des souris). — J. of gen. Ps., IV, 1-4, 1930, p. 67-99.
L'activité « spontanée » de la souris qui vient de naître se décom
pose en alternances de mouvement et de repos qui sont extrêmement
régulières si l'on a soin d'éviter les stimulations extérieures et si l'on
empêche l'animal de tomber. Comme la souris, dans les premiers jours
de sa naissance, est sensiblement poïkilotherme, on peut profiter de
ce fait pour étudier l'influence de la température : on constate une
augmentation de la fréquence des cycles suivant la loi qui régit la
vitesse des réactions chimiques, ou loi d'Arrhénius, avec des coeffi
cients différents pour les périodes d'activité et de repos (d'où l'hypo* PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQÜE ET BIOLOGIE 441
thèse faite par S. de 2 processus chimiques différents à la base de ces
2 types de comportement).
Chez les animaux plus âgés (pour lesquels il n'est plus possible d'étu
dier l'action de la température) les mouvements spontanés sont sous
la dépendance des contractions stomacales. Le cycle typique paraît
être 15 minutes de repos et 25 d'activité, avec des allongements pos
sibles de ces durées par « quanta » de 15 et 24 minutes, respective
ment : tirée de la considération de courbes de fréquence squelettiques
dans lesquelles, sans faire la part du hasard, on a voulu voir un mode
caractérisé dans chaque irrégularité, cette déduction nous paraît
absolument extravagante. A. F.
378. - H. W. NISSEN. - A study of maternal behavior in the white
rat by means of the obstruction method {Etude du comportement
maternel du rat blanc par la méthode d'obstruction). — J. of genet.
Ps., XXXVII, 3, 1930, p. 377-393. - A study of exploratory beha
vior in the white rat by means of the obstruction method {Etude
du comportement d 'exploration chez le rat blanc par la méthode
d'obstruction). — Icid., p. 361-376.
La méthode d'obstruction, dite « de Columbia », déjà utilisée à
maintes reprises par cette école dans ses recherches systématiques
sur la valeur relative de certains stimulants et de certaines impulsions,
chez les rats, a été appliquée à l'étude de deux nouveaux problèmes
concernant le comportement maternel d'une part, le goût de l'explora
tion d'autre part.
L'impulsion maternelle, mesurée par le nombre de fois que les f
emelles ont traversé une région électrifiée pour atteindre leurs petits
a été étudiée, sur 24 sujets, répartis en 5 groupes pour des conditions
expérimentales différant légèrement. D'après les résultats — établis
il est vrai sur un trop petit nombre de sujets — il semblerait bien que
l'impulsion de la mère vers ses petits soit plus effective que la faim,
la soif et surtout que l'impulsion sexuelle ; elle diminue à mesure que
les sujets sont plus âgés, et à mesure qu'on s'éloigne de la date de la
délivrance ; une séparation entre la mère et ses petits pendant les
4 heures qui précèdent l'expérience a également entraîné une moins
grande intensité de l'activité maternelle.
Opérant de même sur 20 rats blancs, âgés de 180 jours environ,
l'auteur a pu mettre en évidence l'existence, chez ces animaux,
d'une tendance à explorer des régions non familières, tendance qui
se manifeste par une plus grande disposition à traverser l'obstacle
électrique pour se rendre dans un labyrinthe sans issue, à multiples
recoins. A. B.-F.
379. - L. H. WARNER. - A study of sex behavior in the white
rat by means of the obstruction method ( Une étude du comportement
sexuel chez le rat blanc par la méthode d'obstruction). — Comp. Ps.,
Mon., IV, 1927, p. 1-68.
Pour étudier le comportement sexuel, il importe d'abord de déter
miner l'état physiologique de l'animal. Chez la femelle, on peut suivre
avec précision, par la méthode d'examen des sécrétions vaginales, les
phases d'un cycle régulier. Chez les mâles, il n'existe pas de périodi- 442 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
cité de ce genre ; on s'est donc contenté de les examiner à des. mo
ments de plus en plus éloignés de leurs derniers rapports avec des fe
melles.
La méthode d'obstruction consiste à opposer à l'impulsion vers
l'autre sexe un obstacle constitué par une grille électrisée à franchir.
Pour familiariser l'animal avec la situation, il est d'abord, dans
quatre essais préliminaires, laissé libre de se rapprocher de l'animal
stimulus de sexe opposé (la grille n'étant pas électrisée), puis il
subit au cinquième essai, l'épreuve de la grille électrisée (la porte
qui se referme automatiquement derrière lui l'empêche de revenir
sur ses pas). Ensuite commence l'expérience proprement dite, on
compte le nombre de fois que le rat s'approche de la grille ou entre
en contact avec elle, ou enfin la traverse (naturellement, il est aus
sitôt replacé dans le compartiment de départ)
Chez le mâle l'impulsion sexuelle, faible chez les sujets qui ont eu
des rapports sexuels normaux moins de deux heures auparavant, se
relève rapidement après six heures, atteint son maximum au bout de
12 heures, et décroit très lentement pendant les jours suivants.
L'attitude de la femelle est réglée de façon très précise par le rythme
physiologique, la période de recherche du mâle coïncide chez elle avec
la fin de la congestion des organes externes et le début de l'appari
tion des cellules cornées dans les sécrétions vaginales ; son irritation,
à ce moment, est plus marquée que celle du mâle à son point culmi
nant. P. G.
880. — C. J. WARDEN. — Animal motivation. Experimental Studies
on the albino rat (Motivation animale. Etudes expérimentales sur
le rat blanc) . — In-8 de 502 pages. New-York, Columbia Univers
ity Press, 1931.
La psychologie du rat blanc aux Etats-Unis correspond à la phys
iologie du chat en Angleterre ; ce rat est essentiellement, par sa taille
moyenne, sa vitesse de reproduction, et sa familiarité, l'animal
des laboratoires de psychologie.
Un nouveau monument vient de lui être élevé par W. dont l'acti
vité a trouvé l'aide de Warner, J. N. et Marion Jenkins, Ed. Hamilt
on, et H. W. Nissen, et le concours du Conseil des Recherches dans
les Sciences sociales de l'Université Columbia.
Tandis que les aspects dynamiques du comportement étaient géné
ralement négligés, W. a entrepris des recherches sur les tendances dir
igeant les activités animales en appréciant leur force d'après la gran
deur d'un obstacle qu'elles permettent de surmonter, suivant un
principe général posé par Lubbock, et une méthode originale instituée
au Laboratoire de Columbia, par utilisation d'une grille électrique où
les décharges reçues par l'animal qui la traverse pour atteindre le
but auquel il tend, peuvent être graduées.
On trouve, réunies dans ce livre, une série d'études isolément pu
bliées, et qui ont montré tout l'intérêt et la fécondité de cette mé
thode dans l'étude des « drives » (ou orientations actives du compor
tement suscitées par des facteurs internes) comme la faim (Warner,
Hamilton), la soif (Warner), l'instinct sexuel (Warner, Marion Jen
kins, Nissen) — qui tient la plus grande place, — l'instinct maternel PSYCHOLOGIE ZOULOGIQCE ET BIOLOGIE 443
(Nissen), la tendance exploratrice (Nissen). De ces études quelques-
unes sont analysées dans ce volume de Y Année Psychologique et les
autres l'ont été dans les volumes précédents.
Signalons donc seulement le chapitre de synthèse écrit par Warden
sur la comparaison des « drives » normaux, comme la faim, la soif, l'ins
tinct sexuel, en mesurant leur force d'après le pourcentage de fran
chissement de l'obstacle douloureux pour atteindre l'objet du désir,
en fonction de la durée de privation.
La faim et la soif atteignent leur maximum après un temps, plus
long pour la faim que pour la soif, puis décroissent assez vite (des
éléments d'affaiblissement devant intervenir), le besoin sexuel atteint
très tôt un plateau, moins élevé que les impulsions précédentes, mais
avec décroissance insignifiante, en sorte qu'après quelques jours, il se
montre plus fort que la faim ou la soif.
L'âge, la nature de l'animal, les conditions de vie interviennent
naturellement, mais la méthode permet justement de fructueuses
comparaisons quantitatives et souvent le moyen de suivre avec
précision les influences capables de s'exercer sur les éléments moteurs
du comportement animal.
Il y a là une œuvre importante qui fait honneur à l'école de psychol
ogie animale de Columbia, qui est placée sous la direction générale de
Woodworth, et tout particulièrement à Warden et à ses actifs colla
borateurs. H. P.
381. - W. D. DENNIS. — A study of learning in the white rat.
(Etude de V apprentissage chez le rat blanc). — J. of genet. Ps.,
XXXVII, 2, 1930, p. 294-308.
Trois groupes de 20 rats blancs ont été soumis à l'apprentissage de
3 labyrinthes simples à 2 voies, ne différant que par leur longueur.
Pour chaque labyrinthe, une fois l'apprentissage terminé (3 parcours
successifs exacts), le problème était modifié : la voie primitivement
obstruée devenait le passage correct ; et ainsi de suite jusqu'à ce que
le rat ait été soumis à 5 apprentissages successifs.
Parmi les résultats recueillis, signalons que l'introduction de chaque
nouveau problème n'a pas entraîné de modifications systématiques
du nombre d'épreuves nécessaires à l'apprentissage. Celui-ci n'a pas
été sensiblement influencé par la longueur du labyrinthe. L'appren-
tipsage a été progressif, le critère choisi n'étant pas atteint brusque
ment. En dépit d'un coefficent de constance toujours élevé (0,90),
on n'a pas trouvé de corrélation significative entre les résultats
des différents problèmes considérés. A. B.-F.
38g. - G. D. HIGGINSON. - The performance of the white rat in
a rotated maze (Le comportement du rat blanc dans un labyrinthe
d'orientation variable). — J. of comp. Ps., X, 4, 1930, p. 355-374.
Différents auteurs, notamment Watson et Carr, ont observé qu'une
rotation de 90° ou de 180° du labyrinthe troublait beaucoup les an
imaux habitués à l'appareil. La fonction troublée est-elle l'orientation
absolue ou l'orientation relative ? Dans cette deuxième hypothèse,
on devait penser que les objets visibles du milieu servaient de re
pères. Mais d'autres expériences semblaient prouver que la rotation 444 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dans un milieu homogène (l'appareil étant recouvert d'une enve
loppe uniforme) produisait la même désorientation ; aussi Watson
croyait-il à une orientation absolue dont l'organe serait peut-être les
canaux semi-circulaires.
H. a repris la question d'une façon plus rigoureuse. Il élimine les
changements visibles du milieu (soit à un certain moment de l'ap
prentissage, soit dès le début), en opérant, soit avec un éclairage arti
ficiel, une seule lampe centrale, de sorte que la distribution des
ombres et des lumières est peu modifiée par la rotation, soit dans
l'obscurité absolue (dans ce cas l'expérimentateur suit le déplace
ment de l'animal grâce à une petite tache de matière phosphores
cente fixée sur son dos).
Les rats dressés à la lumière sont troublés quand on opère ensuite
à l'obscurité, mais d'abord le trouble n'est pas moins grand quand,
au lieu de faire tourner l'appareil, on le déplace parallèlement à lui
même. Ensuite, quand ils ont complété leur dressage dans ces condi
tions nouvelles, ils ne sont plus désorientés par de nouvelles rotations.
Mais surtout les changements d'orientation n'ont pas d'effet sur
les rats dressés à l'obscurité complète. La discussion des résultats
obtenus par Watson avec des rats aveugles, montre que la perturba
tion observée chez eux était superficielle ; d'ailleurs, faute de rense
ignements numériques sur le niveau du dressage au moment où les
expériences de rotation ont commencé, il est impossible d'interpréter
les fautes commises comme une preuve de l'existence d'une orientation
absolue. P. G.
383. — W. R. MILES. — The comparative learning of rats on el
evated and alley mazes of the same pattern {L'apprentissage compare
chez le rat, de labyrinthes en relief ou creux du même modèle). —
J. of comp. Ps., X, 3, 1930, p. 237-262. . -
Dans un labyrinthe ordinaire dont les allées ont ordinairement
trois pouces de large, l'animal peut effectuer et effectue en fait des
mouvements très variés, en particulier dans les directions latérales
(par rapport à celle du chemin qu'il doit suivre). Il y a là une déper
dition d'effort et d'attention. L'idéal serait un labyrinthe réduit à
un squelette, c'est-à-dire constitué par de simples lignes droites.
M. a réalisé cet appareil par la juxtaposition d'éléments uniformé
ment constitués par deux supports verticaux assemblés par des entre
toises et réunis à leur partie supérieure par une pièce horizontale dont
la largeur n'excède pas trois quarts de pouce. Chacun de ces éléments,
stabilisé par un élargissement de son pied, se tient debout solidement
et peut être assemblé par simple juxtaposition à d'autres éléments ; le
rat excellent grimpeur, peut courir facilement sur la voie mince cons
tituée par l'assemblage des pièces horizontales supérieures qui
forment un labyrinthe en relief. L'observation de ses déplacements
est très facile. M. a construit plusieurs types d'appareils de ce genre
et les a comparés avec des labyrinthes ordinaires de même structure ;
les rats travaillaient alternativement sur l'appareil en creux et sur
l'appareil en relief. Les résultats sont comparables à tous les points de
vue : nombre d'essais nécessaires pour dominer le problème, élimi
nation deg erreurs, durée d'acquisition de l'habitude, Ce sont les mêmes