Dixième rapport sur la situation démographique de la France - article ; n°4 ; vol.36, pg 685-764

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Population - Année 1981 - Volume 36 - Numéro 4 - Pages 685-764
***. — Dixième Rapport sur la situation démographique de la France. En 1980, la fécondité en France s'est légèrement redressée, tout en restant à un niveau insuffisant pour que le remplacement des générations soit assuré. La mortalité reste au bon niveau qui était le sien l'année précédente, avec persistance d'une forte surmortalité masculine; la mortalité infantile, maintenant inférieure à 10 p. 1000, est une des plus faible au monde. La nuptialité continue à diminuer, tandis que les divorces sont en progression constante. A l'examen des statistiques d'avortement, qui pèchent par sous-enregistrement, on ne saurait conclure à une augmentation de leur fréquence. En l'absence de mouvements migratoires statistiquement perceptibles, la population française s'est accrue en 1980, du seul fait d'un excédent des naissances sur les décès de l'ordre de 250 000. Les diversités régionales concernant les phénomènes et structures démographiques restent grandes. L'inégalité du peuplement a sa source première dans les mouvements migratoires; il est remarquable que près de la moitié des départements français ont atteint leur maximum de population avant 1975; après quoi ils se sont dépeuplés. Toutefois, dans les années récentes, on assiste à un certain rééquilibrage des migrations internes au pays, à la faveur, en partie, d'un retour au lieu d'origine de personnes âgées. L'opposition entre France du Nord et France du Sud reste nette, tant en matière de répartition par âge de fécondité, la plus grande fécondité dans le Nord s'accompagnant d'une plus grande jeunesse. Les différences de mortalité restent élevées et résultent de la combinaison de nombreux facteurs dont beaucoup nous restent inconnus.
***. — 10th Report on the demographic situation in France. In 1980, fertility in France has somewhat increased although its value is below replacement level. Mortality keeps constant, with a high male excess mortality. Infant mortality, now below 10 p. 1000, is among the lowest in the world. Nuptiality keeps decreasing while divorce is on the upgrade. Abortions are undoubtedly underregistered and it is impossible to assess whether their number has really increased or not. The balance of international migration is close to zero and the population of France increased by 250,000 in 1980 because of the excess of births over deaths. Regional differences in so far as demographic aspects and structures are concerned remained important. Differences in population densities are mainly due to migration. Almost half the French départements reached their highest population figure before 1975 and then became less populated. However, in the last few years, internal migration has led to a better equilibrium. This is mainly due to the fact that many pensioners return to the place where they were born. The contrast between Northern and Southern France remains striking for age structure as well as for fertility level. The higher fertility in the North explains a younger age structure. Mortality differences are important. They are due to various causes, many of which are still unknown.
***. — Decimo informe sobre la situacion demografica de Francia. En 1980, la fecundidad aumentó levemente en Francia, pero su nivel permanece aun inferior al necesario para asegurar el reemplazo de las generaciones. La mortalidad conserva el bajo nivel del ano precedente, con una persistente sobre-mortalidad masculina; la mortalidad infantil, que es actualmente inferior a 10 p. 1000, es una de las más bajas del mundo. La nupcialidad sigue dismi- nuyendo, mientras que рог el contrario los divorcios siguen aumentando. Debido al sub-registro de que adolecen las estadisticas sobre los abortos, no se puede afirmar con exactitud que su frecuencia ha aumentado. Dado que las migra- ciones internacionales son prácticamente nulas, la población aumentó en 1980 рог el efecto exclusivo del excedente de los nacimientos sobre las defunciones cn una magnitud de 250 000. Se observan grandes diferencias entre las estructuras y caracteristicas demo- gráficas рог regiones. La desigual distribution de la población es la fuente principal de los movimientos migratorios internos : casi la mitad de los depar- tamentos que alcanzaron su mayor numero de habitantes antes de 1975, prácti- camente se han despoblado después. Sin embargo en los últimos afios se observa un cierto re-equilibrio de las migraciones internas debido principalmente al retorno de la población de edad avanzada a sus regiones de origen. Se mantiene una clara diferencia entre la parte Norte y la región Sur del pais, en cuanto a estructura por edades y fecundidad : la mayor fecundidad de los habitantes del Norte se asocia a una estructura por edades más joven. También se observa que las diferencias de la mortalidad siguen siendo elevadas como consecuencia de la acción combinada de multiples factores, muchos de los cuales nos son desconocidos.
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Ajouté le 01 janvier 1981
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Dixième rapport sur la situation démographique de la France
In: Population, 36e année, n°4-5, 1981 pp. 685-764.
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Dixième rapport sur la situation démographique de la France. In: Population, 36e année, n°4-5, 1981 pp. 685-764.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1981_num_36_4_17207Résumé
***. — Dixième Rapport sur la situation démographique de la France. En 1980, la fécondité en France
s'est légèrement redressée, tout en restant à un niveau insuffisant pour que le remplacement des
générations soit assuré. La mortalité reste au bon qui était le sien l'année précédente, avec
persistance d'une forte surmortalité masculine; la mortalité infantile, maintenant inférieure à 10 p. 1000,
est une des plus faible au monde. La nuptialité continue à diminuer, tandis que les divorces sont en
progression constante. A l'examen des statistiques d'avortement, qui pèchent par sous-enregistrement,
on ne saurait conclure à une augmentation de leur fréquence. En l'absence de mouvements migratoires
statistiquement perceptibles, la population française s'est accrue en 1980, du seul fait d'un excédent
des naissances sur les décès de l'ordre de 250 000. Les diversités régionales concernant les
phénomènes et structures démographiques restent grandes. L'inégalité du peuplement a sa source
première dans les mouvements migratoires; il est remarquable que près de la moitié des départements
français ont atteint leur maximum de population avant 1975; après quoi ils se sont dépeuplés. Toutefois,
dans les années récentes, on assiste à un certain rééquilibrage des migrations internes au pays, à la
faveur, en partie, d'un retour au lieu d'origine de personnes âgées. L'opposition entre France du Nord et
France du Sud reste nette, tant en matière de répartition par âge de fécondité, la plus grande fécondité
dans le Nord s'accompagnant d'une plus grande jeunesse. Les différences de mortalité restent élevées
et résultent de la combinaison de nombreux facteurs dont beaucoup nous restent inconnus.
Abstract
***. — 10th Report on the demographic situation in France. In 1980, fertility in France has somewhat
increased although its value is below replacement level. Mortality keeps constant, with a high male
excess mortality. Infant mortality, now below 10 p. 1000, is among the lowest in the world. Nuptiality
keeps decreasing while divorce is on the upgrade. Abortions are undoubtedly underregistered and it is
impossible to assess whether their number has really increased or not. The balance of international
migration is close to zero and the population of France by 250,000 in 1980 because of the
excess of births over deaths. Regional differences in so far as demographic aspects and structures are
concerned remained important. Differences in population densities are mainly due to migration. Almost
half the French départements reached their highest population figure before 1975 and then became less
populated. However, in the last few years, internal migration has led to a better equilibrium. This is
mainly due to the fact that many pensioners return to the place where they were born. The contrast
between Northern and Southern France remains striking for age structure as well as for fertility level.
The higher fertility in the North explains a younger age structure. Mortality differences are important.
They are due to various causes, many of which are still unknown.
Resumen
***. — Decimo informe sobre la situacion demografica de Francia. En 1980, la fecundidad aumentó
levemente en Francia, pero su nivel permanece aun inferior al necesario para asegurar el reemplazo de
las generaciones. La mortalidad conserva el bajo nivel del ano precedente, con una persistente sobre-
mortalidad masculina; la mortalidad infantil, que es actualmente inferior a 10 p. 1000, es una de las más
bajas del mundo. La nupcialidad sigue dismi- nuyendo, mientras que рог el contrario los divorcios
siguen aumentando. Debido al sub-registro de que adolecen las estadisticas sobre los abortos, no se
puede afirmar con exactitud que su frecuencia ha aumentado. Dado que las migra- ciones
internacionales son prácticamente nulas, la población aumentó en 1980 рог el efecto exclusivo del
excedente de los nacimientos sobre las defunciones cn una magnitud de 250 000. Se observan
grandes diferencias entre las estructuras y caracteristicas demo- gráficas рог regiones. La desigual
distribution de la población es la fuente principal de los movimientos migratorios internos : casi la mitad
de los depar- tamentos que alcanzaron su mayor numero de habitantes antes de 1975, prácti- camente
se han despoblado después. Sin embargo en los últimos afios se observa un cierto re-equilibrio de las
migraciones internas debido principalmente al retorno de la población de edad avanzada a sus
regiones de origen. Se mantiene una clara diferencia entre la parte Norte y la región Sur del pais, en
cuanto a estructura por edades y fecundidad : la mayor fecundidad de los habitantes del Norte se
asocia a una estructura por edades más joven. También se observa que las diferencias de la
mortalidad siguen siendo elevadas como consecuencia de la acción combinada de multiples factores,muchos de los cuales nos son desconocidos.DIXIÈME RAPPORT
SUR LA
SITUATION DÉMOGRAPHIQUE
DE LA FRANCE
I — L'évolution démographique récente
Nous rassemblons dans le tableau 1 les données principales sur
le mouvement de la population des dernières années, ainsi que celles
concernant 1964 qui fut l'année d'après-guerre à plus haute fécondité.
L'évolution des toutes dernières années est caractérisée par :
— une légère reprise de la natalité,
— le maintien de la mortalité à son plus bas niveau historique,
— la régression continue de la mortalité infantile,
Tableau 1. — Mouvement de la population, source .- insee
Taux Population Migration Année au Naissances Décès ment ment mortalité nette 1er janvier total natalité mortalité naturel infantile
520 18,2 10,8 23.4 1964 48 059 878 358 185 503
1970 50 528 850 542 308 180 488 16,7 10,7 18.2
1971 51 016 881 554 327 143 17,2 10,8 17.2 470
1972 51 486 878 550 548 Accroisse328 102 0 Accroisse430 17,0 10,6 16,0
51 916 857 559 298 107 16,4 10,7 1973 405 15,4
1974 52 321 801 553 248 31 279 15,3 10,5 14,6
52 600 745 560 185 25 14,1 1975 210 10,6 13,6
1976 52 810 720 557 163 0 163 13,6 10,5 12,6
1977 52 973 745 536 209 0 210 14,0 10,1 11,5
1978 53 182 737 547 190 0 190 13,8 10,2 10,6
53 372 541 1979 757 216 0 216 14,1 10,1 10,1
53 588 800 252 252 14,9 10.1 9.8 198O(a)
1981(a) 53 838
(a) Données provisoires.
Les effectifs absolus sont en milliers et les taux en "pour 1000" (natalité et mortalité pour 1000 habitants, mort
alité infantile pour 1000 naissances vivantes). Les faux mort-nés (enfants nés vivants mais décédés avant leur
enregistrement à l'état civil) sont, dans ce tableau, intégrés, comme il se doit, aux naissances vivantes et apparais
sent donc aussi dans les décès.
Population. 4-5, 198!, 685-794. 686 SITUATION DÉMOGRAPHIQUE DE LA FRANCE
— une migration nette (excédent de l'immigration sur l'émigration)
sensiblement nulle.
Pour aller plus avant dans l'analyse, il convient de prendre en
compte les mariages et les divorces et d'établir certains indices carac
térisant de façon plus précise les comportements (tableau 2).
Les mariages sont en régression depuis 1972, tandis que les divorces
ont connu une progression régulière et très sensible. Comme les nombres
annuels d'événements (naissances, mariages, divorces, décès) dépendent
en partie de la répartition par âge (et par durée de mariage dans le
cas des divorces) de la population, on s'affranchit des effets qui en
résultent de la manière suivante :
• On calcule, en matière de fécondité, la somme des naissances
réduites (appelée encore indicateur conjoncturel de fécondité ou indice
synthétique de fécondité). Cet indice s'exprime en nombre moyen de
naissances vivantes par femme; en régime stationnaire, il s'identifie
Tableau 2. — Mesures démographiques synthétiques.
Mariages Divorces
Somme Espérance de vie des nais Somme des Année des di à la naissance sances Nombre premiers mariages Nombre vorces réduites réduits réduits
SM SF SM SF
104 1964 2,90 348 1031 1050 32 250 68,0 75,1
2,47 394 914 919 40 004 120 68,4 75,8 1970
911 934 47 714 1971 2,49 406 142 68,3 75,9
1972 2,41 417 915 947 48 354 143 68,5 76,2
869 905 50 838 148 68,7 1973 2,30 401 76,3
1974 2,11 395 847 884 58 459 168 68,9 76,7
819 858 61 295 174 69,0 76,9 1975 1,93 387
1976 1,83 374 786 822 62 772 176 69.2 77,2
765 799 73 709 204 69,7 77,9 1977 1,87 367
1978 1,83 355 733 769 81 376 224 69,9 78,0
1,87 340 703 738 88 646 242 78,0 (a) 1979 69,9(a)
1980 693(a) 719(a) l,96(a) 334(a)
(a) Résultats provisoires
SM : sexe masculin SF : sexe féminin
les espé- Les nombres de mariages sont en milliers, les nombres de divorces en unités
i somme des nais- rances de vie à la naissance sont en années et dixièmes ď année. Lž
naissances vivantes par femme, la somme des premiers sances réduites s'exprime en
mariages réduits en nombre de mariages de célibataires, respectivement pour 1000
mes et 1000 femmes, la somme des divorces réduits en nombre de divorces pour
1000 mariages. DÉMOGRAPHIQUE DE LA FRANCE 687 SITUATION
à la descendance finale des femmes. En raison de cette référence, toute
somme des naissances réduites inférieure à 2,10, nombre qui correspond
à la finale nécessaire pour qu'il y ait strict remplacement
des générations, est considérée comme insuffisante dès lors que l'objectif
d'une non-décroissance de la population est retenu. Or, en France, la
somme des naissances réduites est descendue en dessous de cette cote
d'alerte en 1975 et s'y est maintenue depuis. Mais après la remontée
de 1979 par rapport à 1978 (passage de 1,83 à 1,87) qui réédite celle
de 1977 consécutive à 1976, on assiste en 1980 à une augmentation
plus marquée qui laisse espérer que le seuil de 2,10 pourrait être
atteint dans un avenir raisonnablement proche.
• En matière de nuptialité, la somme des premiers mariages réduits
est un indice de nuptialité des célibataires; on le calcule pour les hommes
d'une part, pour les femmes d'autre part. Cet indice s'exprime en
nombre moyen de premiers mariages, respectivement pour 1 000 hommes
et pour 1 000 femmes. L'indice décroît régulièrement et sensiblement
pour les deux sexes depuis 1972. Avec les valeurs de 693 (sexe masculin)
et 719 (sexe féminin), on parviendrait, si la situation se stabilisait à
ces niveaux, à seulement 693 hommes sur 1 000 et à 719 femmes
sur 1 000 qui se marieraient; autrement dit, 317 hommes et 281
sur 1 000 personnes de leurs générations respectives demeureraient
célibataires. Nous serions donc à des niveaux de nuptialité très bas,
très en dessous de ceux qui ont longtemps prévalu en France, et qui
correspondaient à des proportions de célibataires définitifs de l'ordre
de 100 pour 1 000.
• On calcule en matière de divortialité, la somme des divorces
réduits. Cet indice n'a cessé de croître, après une assez longue période
de stabilité dont la fin se situe en 1963. Il s'établissait alors à 100
pour 1 000 ce qui signifie, en régime stationnaire, que sur 1 000
mariages, 100 (soit 10%) se termineraient par un divorce. Avec la
proportion actuelle (1979) de 242 pour 1 000, on voit le chemin
parcouru. A noter l'accélération très vive du mouvement après 1976.
• On calcule en matière de mortalité générale, l'espérance de vie
à la naissance ou vie moyenne. Plus soutenus chez les femmes que chez
les hommes, les progrès accomplis mènent à une espérance de vie à
la naissance très satisfaisante chez les femmes (compte tenu de la
situation dans les autres pays), et moyenne seulement chez les hommes.
L'écart entre les deux groupes (78,0 — 69,9 = 8,1 ans), qui mesure
la surmortalité masculine, est parmi les plus élevés au monde.
ha nuptialité.
L'année 1980 est marquée par un certain regain de fécondité
alors que pourtant la nuptialité continue à décroître. Cette décroissance 688 SITUATION DÉMOGRAPHIQUE DE LA FRANCE
a son origine dans une baisse de la nuptialité aux jeunes âges : après une
évolution qui allait dans le sens d'une précocité accrue de l'âge au mariage,
on assiste à un mouvement en sens inverse. Mais si la plus grande
précocité n'avait pas entraîné de changement notable dans la fréquence
finale des personnes d'une génération qui finissent par se marier, il
en ira sûrement différemment avec les jeunes générations. Voici les
données synthétiques se rapportant aux générations extrêmes qui délimi
tent la période où les mariages ont été de plus en plus précoces.
Sexe masculin Sexe féminin
Fréquence Fréquence Age moyen Age moyen finale des finale des au 1er mariage au 1er mariage
mariages mariages
23,05 ans Génération 1931 25,55 ans 85,8% (a) 92,1 % 194S 24,52 ans 88,0 % 22,38 ans 92,3 %
(a) Une mesure précise de la fréquence finale des mariages est rendue difficile, spécia
lement chez les hommes du fait de différences, selon l'état matrimonial, dans les mi
grations et la mortalité. Pour ces raisons la proportion de 85,8 % a quelque chance
d'être sous-évaluée, d'autant que les données du recensement de 1975 concernant
cette génération laissent attendre une proportion de l'ordre de 89 %.
Essayons de déterminer à partir de quelles générations les premiers
mariages aux jeunes âges se sont faits plus rares. D'après les mesures
transversales, c'est l'année 1972 qui marque le début de la baisse de
la nuptialité. A cette époque, ont commencé à se marier la génération
masculine 1954 (elle a 18 ans) et la génération féminine 1957 (elle
a 15 ans). Mais les générations immédiatement plus anciennes, pour
lesquelles peu de mariages ont encore été conclus, ont aussi été concer
nées par ce nouveau comportement. C'est ce que montre le tableau 3 :
toutes les générations qui n'avaient pas atteint 30 ans au début de 1972
forment des suites pour lesquelles, à âge égal, la fréquence des
premiers mariages conclus va en diminuant, tout comme le total des déjà conclus à cet âge. C'est ainsi que, chez les
hommes, de 605 premiers mariages pour 10 000 personnes à 20 ans
dans la génération 1952, on passe à 368 au même âge dans la géné
ration 1958; à cet âge, le cumul qui donnait 938 premiers mariages dans
la première génération n'en donne que 620 dans là deuxième. Le retard
est donc considérable. Il l'est moins à 30 ans, les générations que l'on
peut observer actuellement à cet âge (nées antérieurement à 1949), ayant
déjà suffisamment entamé la période de nuptialité.
Finalement, il ne semble pas que jusque vers la génération 1950
la fréquence des hommes et des femmes finissant par se marier soit SITUATION DEMOGRAPHIQUE DE LA FRANCE 689
appelée à diminuer sensiblement. On peut en effet avancer raisonnable
ment la proportion de 86 % à 50 ans pour les premiers (donc 14 %
de personnes encore célibataires à cet âge) et de 91 % pour les secondes
(9 % de célibataires). Pour les générations plus récentes, atteintes de
plus en plus par les habitudes de cohabitation hors mariage, le retard
Tableau 3. — Premiers mariages conclus à divers âges dans diverses
générations et total à ces âges et dans ces générations des premiers
mariages déjà conclus (pour 10 000 personnes).
Générations masculines
Age 1942 1944 1948 1950 1952 1954 1956 1958 1946
20 ans 605 526 454 368
(938) (863) (766) (620)
22 ans 1431 1307 1160 1022
(3204) 3262) 3020) 2678)
24 ans 1085 1004 911 872
(5618) (5473) (5305) (4952)
545 532 524 26 ans 565
(7093) (6926) (6740) (6534)
28 ans 301 287 282 299
(7728) (7766) (7601) (7438)
30 ans 185 165 163 175
(8038) (8109) (8142) (7996)
Générations féminines
Age 1942 1944 1946 1948 1950 1952 1954 1956 1958 1960
18 ans 608 604 543 454
(918) (933) (833) (690)
1337 1281 1197 1084 20 ans
(3206) (3229) (3164) (2844)
1202 1064 981 905 22 ans
(5690) (5599) (5434) (5172)
24 ans 657 602 560 539
(6708) (7233) (7145) (6924)
26 ans 328 316 306 304
(8000) (7875) (7646) (8230)
167 171 28 ans 176 169
(8564) (8628) (8391) (8282)
107 99 99 108 30 ans
(8759) (8791) (8853) (8630)
Nota. Les âges sont des âges atteints au cours ď une année civile et les premiers mariages
C'est ainsi que a génération 1950 atteint 22 ans en 1972 se rapportent à ces années civiles
et qu'en 1972, il y a eu ] 431 premiers mariages ď lommes et 3204 au total, à la fin de cette
année. 690 SITUATION DÉMOGRAPHIQUE DE LA FRANCE
est tel dans les toutes dernières générations, qu'une baisse de la fr
équence finale des mariages paraît probable. Les pourcentages de 69,3 %
(sexe masculin) et de 71,9 % (sexe féminin) fournis par la somme des
premiers mariages réduits en 1980 constituent des limites basses de ces
fréquences qui ne seront sûrement pas atteintes, car on peut imaginer
qu'une partie des retards causés par les habitudes de vie commune hors
mariage finira par être rattrapée à la suite de la légitimation de certaines
de ces unions. C'est du moins ce que laisse attendre la hausse de
certains taux du tableau ainsi :
— à 28 ans chez les hommes 282 (G. 1948) et 299 (G. 1950)
— à 30 ans chez les 163 (G. 1946) et 175 (G. 1948)
— à 28 ans chez les femmes 167 (G. 1948) et 171 (G. 1950)
— à 30 ans les 99 (G. 1946) et 108 (G. 1948)
Ces unions légitimes qui sont de plus en plus différées résistent
de moins en moins à l'épreuve de la vie commune. Comme nous l'avons
vu dans le tableau 2, la fréquence des divorces, telle qu'elle apparaît
dans les mesures transversales, est en croissance très soutenue, à un
rythme qui n'a pas de précédent dans l'histoire du phénomène en
France. Si la valeur de la somme des divorces réduits en 1979 (24,2 %),
devait préfigurer ce que sera la fréquence des divorces dans les cohortes
de mariages actuellement en formation, nous nous placerions dans le
groupe de tête des pays à forte divortialité. Mais on peut penser que
les forts indices actuels de divortialité tiennent pour partie à ce que
les ruptures d'union se produisent à des durées de mariage de plus
en plus brèves et non à la seule augmentation de la proportion finale
des unions dissoutes.
La fécondité.
Dans le tableau 4, figurent quelques données récentes sur les nais
sances faisant apparaître certaines particularités :
— les naissances illégitimes marquent une tendance nette à la
hausse, à l'inverse des naissances légitimes issues de conceptions avant
mariage. Ainsi les possibilités accrues de maîtrise de la fécondité sont
mises différemment en jeu dans les deux cas. Il ne fait pas de doute
que la pratique étendue de la cohabitation hors mariage s'accompagne
de plus en plus d'un maintien de liens d'une telle nature après une
naissance;
— la part des naissances d'étrangers dans l'ensemble des nais
sances légitimes est aussi en croissance, croissance qui se trouve cependant
freinée en 1979 ^K
Quelqu'importance qu'ait pris la cohabitation juvénile, les nais
sances dans le mariage constituent de loin la manifestation essentielle
de la fécondité. Et il ne fait pas de doute que des mariages plus rares DEMOGRAPHIQUE DE LA FRANCE 691 SITUATION
Tableau 4. — Naissances selon la légitimité et la nationalité
DES PARENTS. Source „ :
Naissances légitimes Naissances
illégitimes avec Proportion le naisdes avec un Année deux pa des naissances Total parent sances rents d'étrangers (a) Nombre tion étranger vivantes étrangers en% en%
1979 Ensemb
1975 745 065 63 429 8,5 681636 64 906 17 245 10,8
720 395 61469 658 926 64 699 1976 8,5 16 830 11,1 77 883 Propor
1977 744 744 65 398 8,7 679 346 67 348 18 087 11,2
1978 737 062 69 221 9,3 667 841 67 024 18 562 11,4
757 354 10,2 679 521 67 735 19 652 11,4
(a) En comptant pour moitié les naissances où un seul des parents est étranger.
et plus tardifs sont un facteur de baisse de l'ensemble de la fécondité.
En examinant l'importance des naissances des différents rangs à partir
des probabilités d'agrandissement (c'est-à-dire les fréquences, dans les
mariages ayant atteint une dimension de famille donnée, de ceux qui
atteindront au moins la supérieure), on aboutit au tableau 5.
Tableau 5. — Probabilités d'agrandissement du moment calculées
DANS LE MARIAGE ACTUEL (pour 1 000).
Année a\ a2 a3 Û4 a5 a6 al 4
564 581 607 615 625 1964 934 756 625 559
922 741 596 534 536 558 577 584 590 1965
521 533 572 581 1966 919 742 583 543 583
1967 722 557 492 501 518 536 545 570 913
544 475 494 521 528 534 1968 916 720 476
927 722 542 459 458 485 500 506 511 1969
444 502 512 1970 932 714 525 453 471 495
729 524 450 448 487 500 523 526 1971 952
487 415 479 505 503 1972 946 709 423 450
919 680 452 386 389 428 447 465 477 1973
394 336 387 414 443 462 1974 885 637 346
853 608 343 291 301 340 366 391 397 1975
263 305 336 364 361 1976 847 619 320 273
358 381 404 1977 876 673 340 273 298 336
871 679 347 278 312 352 372 397 385 1978
337 398 410 396 1979 872 716 396 290 379
• !) Les proportions de naissances illégitimes de mères étrangères, par rapport
à l'ensemble des naissances illégitimes est nettement plus faible (de l'ordre
de 6,5 %) en sorte que l'apport d'ensemble à la natalité française des naissances
provenant de la population étrangère est un peu inférieur à 11 %.