Émergence d'un modèle de community policing « à la belge » ? Analyse de pratiques de terrain à Bruxelles - article ; n°3 ; vol.24, pg 255-274

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Déviance et société - Année 2000 - Volume 24 - Numéro 3 - Pages 255-274
The research sets out how police officers are being led to implement different forms of closer police/public interaction, promoted by national as well as local policies, in order better to manage their priorities. These are informed by knowing those validated by the policing model of crime fighting and have stressed repression, which has been the concrete operationalisation of these forms of working. This end, whose official statement is constantly being reworked, leads one to think that, though there may be change currently in police policies, this is not occurring at the level of ground level policing following a 'new' model, but in terms of methods and resources being placed at the disposition of the local police. This having been done, local police officers are continuing not to involve the public with their work, save in relation to concerns about effectiveness in relation to the development of 'proactive' methods.
Der Autor untersucht wie die Funktionäre der Polizei die Vorstellungen der lokalen und uberlokalen politischen Diskurse in verschiedene Formen der Annaherung an die Öffentlichkeit umsetzen, um damit ihre eigenen Hauptziele besser zu erreichen. Diese Ziele, d.h. das polizeiliche Modell von « crime fighting » zur Geltung zu bringen, sind durch diese Formen von Nähe gekennzeichnet. Die repressive Funktion, die in den Diskursen als neu erscheint, ist allerdings keine neue Funktion der Polizei, sondern eine Veranderung der Methoden und Mitteln auf der Ebene der lokalen Polizei. Auf dieser lokalen Ebene gibt es keine neue Verknupfung zwischen Öffentlichkeit und polizeilichem Handeln, außer in dem Ausdruck der Sorge um Effektivitat, die durch die Mobilisierung, z.B. durch sogenannte « proaktive » Methoden, zum Ausdruck kommt.
De auteur beschrijft hoe de politieambtenaren ertoe komen om hun diverse contacten met het publiek, aangemoedigd in politieke redevoeringen, te rationaliseren om beter hun prioritaire taken te kunnen uitvoeren. De valorisatie van nauwe contacten met de bevolking volgens het politiemodel 'crime fighting' heeft voornamelijk een repressieve doelstelling. Deze her- nieuwde doelstelling doet ons denken dat indien er vandaag veranderingen zijn inzake politie- praktijken, die zich niet bevinden op het niveau van de basispolitiezorg gedragen door een nieuw model, maar op het niveau van methoden en middelen die ter beschikking worden ges- teld van de lokale politiekorpsen. Zo doende wordt het publiek niet echt betrokken bij de lokale politiezorg, behalve wat betreft de mobilisatie in het kader van bij voorbeeld pro-actieve methoden die voornamelijk een betere effîciëntie nastreven.
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 2000
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Carrol Tange
Émergence d'un modèle de community policing « à la belge » ?
Analyse de pratiques de terrain à Bruxelles
In: Déviance et société. 2000 - Vol. 24 - N°3. pp. 255-274.
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Tange Carrol. Émergence d'un modèle de community policing « à la belge » ? Analyse de pratiques de terrain à Bruxelles. In:
Déviance et société. 2000 - Vol. 24 - N°3. pp. 255-274.
doi : 10.3406/ds.2000.1729
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ds_0378-7931_2000_num_24_3_1729Abstract
The research sets out how police officers are being led to implement different forms of closer
police/public interaction, promoted by national as well as local policies, in order better to manage their
priorities. These are informed by knowing those validated by the policing model of crime fighting and
have stressed repression, which has been the concrete operationalisation of these forms of working.
This end, whose official statement is constantly being reworked, leads one to think that, though there
may be change currently in police policies, this is not occurring at the level of ground level policing
following a 'new' model, but in terms of methods and resources being placed at the disposition of the
local police. This having been done, local police officers are continuing not to involve the public with
their work, save in relation to concerns about effectiveness in relation to the development of 'proactive'
methods.
Zusammenfassung
Der Autor untersucht wie die Funktionäre der Polizei die Vorstellungen der lokalen und uberlokalen
politischen Diskurse in verschiedene Formen der Annaherung an die Öffentlichkeit umsetzen, um damit
ihre eigenen Hauptziele besser zu erreichen. Diese Ziele, d.h. das polizeiliche Modell von « crime
fighting » zur Geltung zu bringen, sind durch diese Formen von Nähe gekennzeichnet. Die repressive
Funktion, die in den Diskursen als neu erscheint, ist allerdings keine neue Funktion der Polizei, sondern
eine Veranderung der Methoden und Mitteln auf der Ebene der lokalen Polizei. Auf dieser lokalen
Ebene gibt es keine neue Verknupfung zwischen Öffentlichkeit und polizeilichem Handeln, außer in
dem Ausdruck der Sorge um Effektivitat, die durch die Mobilisierung, z.B. durch sogenannte « proaktive
» Methoden, zum Ausdruck kommt.
De auteur beschrijft hoe de politieambtenaren ertoe komen om hun diverse contacten met het publiek,
aangemoedigd in politieke redevoeringen, te rationaliseren om beter hun prioritaire taken te kunnen
uitvoeren. De valorisatie van nauwe contacten met de bevolking volgens het politiemodel 'crime fighting'
heeft voornamelijk een repressieve doelstelling. Deze her- nieuwde doelstelling doet ons denken dat
indien er vandaag veranderingen zijn inzake politie- praktijken, die zich niet bevinden op het niveau van
de basispolitiezorg gedragen door een "nieuw" model, maar op het niveau van methoden en middelen
die ter beschikking worden ges- teld van de lokale politiekorpsen. Zo doende wordt het publiek niet echt
betrokken bij de lokale politiezorg, behalve wat betreft de mobilisatie in het kader van bij voorbeeld pro-
actieve methoden die voornamelijk een betere effîciëntie nastreven.et Société. 2000, Vol. 24. No 3, pp. 255-274 Déviance
EMERGENCE D'UN MODELE
DE COMMUNITY POLICING «À LA BELGE»?
ANALYSE DE PRATIQUES DE TERRAIN À BRUXELLES
C. TANGE*
L'auteur développe en quoi les fonctionnaires de police sont amenés à instrumentaliser les
diverses formes de rapprochement avec le public, promues dans les discours politiques supra-
locaux et locaux, en vue de mieux gérer leurs tâches prioritaire. Celles-ci, à savoir celles valo
risées par le modèle policier du crime fighting, l 'étant en vertu de la finalité répressive qui est
assignée concrètement à ces formes de proximité. Cette finalité, dont le constat se trouve
renouvelé, donne à penser que, si changement il y a aujourd'hui dans les pratiques policières,
ce n'est pas au niveau d'une fonction policière de base repensée selon un «nouveau» modèle,
mais à celui de méthodes et de moyens mis à la disposition des corps de police locale. Ce fai
sant, le policier au niveau local continue à ne pas associer véritablement le public à son action,
hormis dans la manifestation d'un souci d'efficacité accrue par la mobilisation, par exemple,
de méthodes dites «proactives ».
Mots-clés: Pouce de proximité - Pratiques policières - Spécialisation - Territoriale a-
tion - Information
La thèse que nous développerons dans cet article, au travers de l'exposé de la mise en œuvre
de la notion de « police de proximité » à Bruxelles1, s'appuie sur l'étude des pratiques policières
de terrain. Nous tenterons d'expliquer en quoi les fonctionnaires des corps de police commun
ale sont amenés à instrumentaliser un discours politique centré sur l'idée de proximité (qu'elle
soit spatiale, temporelle ou relationnelle) en vue de mieux gérer leurs tâches prioritaires2. Nous
exposerons en quoi ces tâches demeurent, en vertu des principes du modèle de crime fighting,
celles liées à l'intervention répressive, focalisée sur la recherche et la poursuite des actes délin
quants et le maintien de l'ordre public. In fine, une distance importante est ainsi maintenue
entre services de police et population dans l'exercice de ce « faire la police » (ce que l'on pourra
appeler proximité de contrôle, en vertu de la finalité qui lui est assignée)3. Ce faisant, la prise en
compte du public en tant que bénéficiaire d'un service public se résume fortement à son instru-
mentalisation dans la poursuite des fins liées à la répression des infractions et le contrôle de cer
tains «publics» ciblés au sein de la société.
Synergie (Service Intervention Recherche Jeunes asbl), Bruxelles; École de criminologie, Université Libre de
Bruxelles.
À tout le moins, dans dix des dix-neuf corps de police communale de l'agglomération, ceux pour lesquels il a été
estimé qu'un soutien par le biais de la conclusion d'un contrat de sécurité s'imposait et qui représentent une part
essentielle des effectifs des polices communales de l'agglomération bruxelloise.
C'est-à-dire avec plus d'efficacité et à un moindre coût (de leur propre point de vue).
Pour cette typologie des modalités d'expression de la proximité, nous renvoyons le lecteur à Hendrickx, Smeets,
Strebelle, 1998, 531-549; Haenel, 1995, 93-103. Déviance et Société 256
I. La méthode4
La recherche s'inscrivant dans un programme plus large d'évaluation de la politique des
contrats de sécurité développée en Belgique depuis fin 1992, nous avons été amené - partant
d'un tronc méthodologique commun - à diversifier nos approches selon l'objet de recherche
concerné5. Nous précisons ici la démarche adoptée à l'égard de l'étude des pratiques policières
qualifiées « de proximité ».
Le premier objectif de ce volet de la recherche était que, partant de l'idée que nous étions
confrontés à un champ discursif relativement jeune en Belgique6, nous devions en dégager les
éléments normatifs pertinents pour les polices communales.
Ce faisant, nous envisagions non pas de prendre pour référentiel d'évaluation des pratiques
policing1 mais d'apprécier les prapolicières un modèle plus ou moins «pur» de community ',
tiques de terrain à l'aune des normes produites (dans l'ensemble fort récemment) par le législa
teur et les autorités de police. Cette approche s'inscrit donc sous l'indice d'un examen du carac
tère «neuf» - ou de «renouveau» - des pratiques policières, ainsi que d'un éclaircissement
quant à leurs finalités véritables.
Le réfèrent normatif établi, nous pouvions nous livrer à l'examen des pratiques policières
de terrain et leur confrontation à ces traits constituant les grandes lignes de la concrétisation
voulue (à tout le moins au niveau politique) de cette nouvelle manière de « faire la police » en
Belgique.
L'approche choisie a donc été celle d'une évaluation qualitative s' appuyant sur deux
grandes catégories de méthodes d'investigation empirique: les entretiens (réalisés avec les
chefs de corps de police, dans un premier temps, et avec d'autres responsables après la réalisa
tion des observations) et les observations participantes (au sein de divers services structurant
ces corps). Cette approche s'est inscrite dans une grille de lecture de l'objet «police» emprunt
ée à D. Monjardet (1996, 18-194) en l'espèce de son prisme analytique: organisation, profes-
Cette recherche, confiée au centre de recherche Synergie par le ministère de l'Intérieur (Gouvernement fédéral),
porte sur la mise en œuvre des contrats de sécurité à Bruxelles dans dix des dix-neuf communes de l'agglomér
ation (formant le centre et la «première couronne» de celle-ci); les neuf autres, que l'on peut qualifier de
« riches » et dotées d'une forte homogénéité socio-économique, n'ayant bénéficié que d'un apport plus modeste
en moyens (contrats de prévention pour trois d'entre elles). Concernant l'ensemble des résultats de cette
recherche ainsi que le développement de la politique des contrats de sécurité, cf. Haccourt, Lacroix, Tange,
1999; Defraene, Nollet, Versluys, 1994; Lacroix, Tange, 1999; Defraene, Lalieux, Mary, Smeets, 1997, Poulet,
1995 ; Cartuyvels, 1996a et b; Hebberecht, 1997, 1998.
Il s'agissait de la présence policière et l'amélioration des services rendus à la population, plus particulièrement la
pratique de ce que l'on peut appeler «police de proximité»; les pratiques de lutte contre l'absentéisme et le décro
chage scolaires ; le renforcement de la politique communale de prévention - les conseils de prévention ; la concrét
isation du concept de prévention intégrée au sein des contrats de sécurité, d'une part, avec les acteurs locaux quels
qu'ils soient, d'autre part. Concernant le concept de prévention intégrée dont nous n'abordons pas l'impact sur les
politiques policières dans le cadre de cet article, cf. Cartuyvels, 1996b, 158; Poulet, 1995; Haccourt, Lacroix,
Tange, 1999. Notons qu'a déjà été développée une nouvelle notion - poursuivant ce mouvement «créatif» amorcé
à la fin des années 1980 -, celle de sécurité « intégrale » (Cf. Centrum voor politiestudies, 1995).
À savoir celui s'articulant autour de l'idée de l'importation du modèle du community policing en vue d'améliorer
la qualité du service policier offert au public et présenté en alternative aux défaillances des services de police
dénoncées depuis les années 1980.
Avec les problèmes méthodologiques que cela suppose. Le premier, et non des moindres, étant d'arriver à définir
un tel modèle d'importation et ce, dans un contexte belge : contexte d'émergence du modèle et système d'administ
ration de la justice pénale différents, traduction de termes (im)propres de l'un à l'autre et donc dénaturation de
ceux-ci (par exemple : police communautaire ou de proximité pour community policing), etc. Nous réservons donc
à une seconde analyse la comparaison avec des cas similaires de mise en œuvre (ou d'importation) du community
policing. Émergence d'un modèle de community policing «à la belge»? 257 Tange,
sion et institution. Nous sommes ainsi passé par une étape d'analyse plus organisationnelle
portant sur les organigrammes des corps de police étudiés. Celle-ci fut facilitée par les respon
sables policiers eux-mêmes lors des entretiens qui permirent d'aborder cette dimension en
parallèle avec celles des liens entretenus, d'une part, par les corps de police avec les autorités de
police et la société civile et, d'autre part, au sein même des de police, entre les différents
niveaux de la hiérarchie policière. Ce triptyque permettait non seulement de prendre en compte
une dimension essentielle de la mise en œuvre d'une politique - celle des contraintes organisa-
tionnelles - mais également d'articuler l'étape de la définition politique des priorités du travail
policier avec celle de la gestion quotidienne des tâches policières par les premiers concernés :
les policiers eux-mêmes.
L'analyse des textes normatifs et des déclarations politiques8 nous a permis de dégager les
traits d'un modèle policier belge présenté comme «alternatif» à celui du crime fighting, crit
iqué en ce qu'il maintiendrait une trop grande distance avec le public de par son caractère un
iquement répressif. Cette «alternative», souvent assimilée purement et simplement à un autre
modèle : le community policing, s'est élaborée sur fond d'affaires successives ayant entouré les
services de police durant les années 1980, alors qu'elles semblaient ne pas devoir concerner
prioritairement les polices communales, hormis pour des questions de ressources insuffisantes.
Dès 1991, à la suite de ce qu'on qualifiera d'«émeutes urbaines » et d'une poussée de l'électo-
rat d'extrême droite, on constatera pourtant une focalisation des discours politiques sur les
polices locales, non plus seulement sur leur manque de moyens mais aussi sur leurs méthodes
et leur manière d'appréhender leur rapport au public et la gestion de certaines populations «à
risque».
Le premier objectif de la recherche atteint et les traits d'un modèle de police de proximité
«à la belge» dégagés, nous sommes passé par une phase d'examen des modalités d'organisa
tion des tâches au sein de ces corps de police, de leur agrégation en services plus ou moins spé- .
cialisés et territorialement disséminés. Nous avons ainsi été en mesure de définir une typologie
des corps et des services nous permettant de sélectionner ceux dans lesquels serait menée la
phase suivante d'observation participante des pratiques de terrain9.
Les observations participantes, permettant d'atteindre le deuxième objectif de la recherche,
furent réalisées au sein de divers services de trois corps. Ces observations - s'étalant, pour
chaque commune visitée, sur un mois - portaient sur l'exécution des tâches policière assignées
aux intervenants de terrain de ces services, sur leurs pratiques professionnelles.
C'est de la confrontation de ces diverses dimensions d'analyse que sont issues les conclu
sions présentées dans cet article.
En l'occurrence, et à une écrasante majorité depuis l'entrée en fonction d'un ministre socialiste flamand à l'In
térieur en 1988, ceux du ministère de l'Intérieur: nous nous sommes ainsi retrouvé à concentrer notre analyse
de la dimension institutionnelle et normative sur la mise en œuvre, à l'égard des polices communales, d'une
politique policère et d'un mouvement d'idées initiés pour une bonne part sous l'impulsion de la forte personn
alité du ministre de l'Intérieur de l'époque (Tobback, 1991); mouvement qui se voulait rénovateur des pra
tiques en matière d'exercice de la fonction de police.
Cette typologie est le résultat de la combinaison de facteurs multiples : importance du corps en moyens humains et
type d'organisation développé, le tout complété par les caractéristiques urbanistiques et socio-économiques de la
commune (cf. infra). Nous avons ainsi pu mettre en évidence trois catégories de communes parmi lesquelles furent
choisis les trois corps de police dans lesquels les pratiques ont été observées.
En ce qui concerne la spécialisation des services, nous avons retenu la classification suivante: services prenant en
charge les fonctions de garde et d'intervention ; de recherche ; de gestion des devoirs, du quartier et de l'îlotage ; des
matières concernant la famille et la jeunesse et enfin les services spécialisés dans la gestion des différents aspects
du roulage. C'est sur cette base que nous entendions analyser la teneur des pratiques développées sur le terrain et
leur inscription dans un modèle de policing. Déviance et Société 258
II. La fonction policière en Belgique: entre un souhait de mutation et
une nécessité de structuration
1 . Un contexte politique troublé
Durant la période de la fin des années 1980, les critiques entourant la police communale vont
principalement concerner son manque endémique de moyens, laissant entendre que, dans de telles
conditions, aucun modèle de police n'aurait sa chance, mais sans véritablement encore remettre en
question les pratiques - à tout le moins la théorie ou le modèle supposés les inspirer - dans la
mesure où leur encadrement légal était d'une relative minceur10. À la suite des élections législa
tives de 1991, marquant une forte poussée de l'extrême droite, la question posée deviendra plus
encore celle de savoir quel mode de gestion du travail policier offrirait le plus d'avantages pour
répondre à l'inquiétude de la population. Peu à peu, les préoccupations purement structurelles et
matérielles feront place à l'idée qu'il est nécessaire d'adopter une nouvelle approche en matière de
travail policier. Celle-ci prendra dans les discours politiques le visage du community policing.
Si de nouveaux moyens sont déployés afin de soutenir les efforts des services de police, il est
ambitionné également de donner à ceux-ci une nouvelle philosophie d'action dans la perspect
ive d'un rapprochement à l'égard des préoccupations du citoyen. Cependant, la volonté de
mettre en place cette «nouvelle philosophie» n'occulte pas un problème: l'absence de
consigne sur la façon de traduire cette philosophie de manière opérationnelle et, tout comme on
le constate en France, « malgré la multiplication des textes de référence, la police de proximité
présente un contour plutôt flou»11. Les «pistes» et orientations en provenance du gouverne
ment fédéral apparaîtront sous la forme de circulaires du ministère de l'Intérieur, par couches
successives, induisant au fil du temps une agrégation de termes multiples sous celui, apparu à la
fin des années 1980, de «fonction de police de base». Les précisions apportées par ces circu
laires12 interviennent ainsi fort tardivement, venant remplir a posteriori une nouvelle politique
policière supposément déjà mise en œuvre.
Face à cette préoccupation de « rapprocher» la police du citoyen, c'est presque tout naturel
lement la figure de l'agent de quartier - éventuellement celle de l'îlotier - qui fera l'objet de
l'attention lorsqu'il faudra trouver une concrétisation à cette police que l'on présente désormais
comme constituant l'épine dorsale de la police de base destinée, par exemple, à apporter une
réponse au problème du sentiment d'insécurité du citoyen (Absil, Foucart, 1994, 103-104). À
II faudra attendre que soit votée la loi du 15 août 1992 sur la fonction de police, répertoire entérinant plutôt
qu'organisant les pratiques policières existantes.
Jankowski, 1993. Pour la situation française, voy. par ailleurs Ferret, 1998. Hormis, dès 1988, les initiatives du
ministre Tobback - introduisant notamment la notion de «fonction de police de base», de concert avec une gen
darmerie explorant et exploitant déjà de nouvelles pistes en tournant ses regards vers les pays anglo-saxons -, il
faudra attendre le milieu des années 1990 pour que diverses circulaires soient prises, concernant tous les corps de
police dans le cadre de la coopération policière et précisant la manière d'envisager la fonction de police «à part
entière». On y retrouvera, parmi d'autres termes, cette notion de «fonction de police de base», les fédérant sous
l'indice d'une parenté avec le community policing. Il est notable que le seul ouvrage qui aborde véritablement la
question de l'implantation de ce modèle en Belgique, hormis diverses initiatives propres à la gendarmerie, est celui
tiré d'une recherche menée par la Vrij Universiteit Brussel à la demande du ministère de l'Intérieur (Van Den
Broeck, Eliaerts, 1994).
Circulaire POL 47 du ministre de l'Intérieur du 16 septembre 1994, relative à la coopération policière intercom
munale et Circulaire ZIP 1 du ministre de l'Intérieur du 5 décembre 1995, relative aux directives en matière de
division du territoire en zones interpolice (ZIP) par province. Aujourd'hui, alors que le texte de la loi « organisant
un service de police intégré, structuré à deux niveaux» a été voté et est paru au Moniteur belge le 5 janvier 1999,
on attend toujours que soit menée une réflexion approfondie sur la fonction policière en Belgique, réflexion dépas
sant les questions de moyens, de structuration de l'appareil policier et de répartition des tâches entre les divers
niveaux de pouvoir. Émergence d'un modèle de community policing «à la belge»? 259 Tange.
ce stade de son développement, le flou concernant cette fonction ne sera aucunement gênant
pour les polices communales, puisqu'il leur permettra de se reposer sur des pratiques anté
rieures et des services existants (Steelandt, 1995).
2. Identification des traits de ce modèle de police « alternatif»
Venant donner corps à cette «nouvelle» fonction de police, l'énumération de tâches poli
cières et de leur priorité au niveau local fournissent une liste de traits saillants de ce modèle « à la
belge»: une permanence policière 24h/24, la surveillance et l'intervention préventive, les mis
sions judiciaires, le maintien de l'ordre au niveau local, le respect du code de la route et de la
législation de l'environnement, les contacts avec le public, l'exercice de différentes formes
d'aide sociale, à' aide aux victimes et de conseil aux citoyens. C'est dans la mise en évidence des
priorités affectées à ces tâches sur le terrain autant que dans les modalités de leur exercice dans
divers services que résidera l'intérêt de cette approche des « mutations » de la fonction de police.
La population locale étant centrale dans cette approche, une attention particulière est portée
aux impératifs scandés par les circulaires du ministère de l'Intérieur. En effet, elles stipulent
que les services de police devront dans leur répartition des tâches de base quotidiennes, se
conformer à deux points primordiaux: la. polyvalence et la déspécialisation de la fonction de
police au niveau d'exécution local et l'inscription de l'action dans une approche d'équipe
impliquant une information préalable et réciproque. En outre, dans la définition donnée fin
1995 à la «fonction de police de base», quelques aspects en sont à souligner: cette fonction
devrait se caractériser par le choix d'une approche de résolution des problèmes11 '; approche liée
aux sentiments et problèmes locaux de la population et qui devrait permettre d'obtenir la colla
boration de la population (et même de la responsabiliser). Sont dès lors nécessaires un service
de qualité et une justification des actions entreprises.
III. Modalités organisationnelles
Afin de faciliter le recueil des données et la présentation des résultats de manière transversale,
nous avions opéré un premier regroupement des services de police sur base d'une répartition des
tâches - relativement répandue dans les corps de police étudiés - sous la forme de « sous-fonct
ions » de la fonction de police de base14. Les entretiens avec les chefs de corps nous ont fourni de
nombreux éléments de réflexion à exploiter dans l'examen des modalités organisationnelles. Une
attention particulière fut accordée aux services dits « de quartier» étant donné la place attribuée à
ceux-ci dans le cadre des énoncés de politique policière tant au niveau local que supra-local.
1 . Bruxelles - une agglomération urbaine « pas comme les autres »
Le contexte bruxellois est à bien des égards particulier en Belgique. Celui-ci, au cœur des
bouleversements du tournant des années 1990, reste dans le flou le plus total lorsqu'il s'agit
Cette prise de position se retrouve, abondamment développée, dans la littérature anglo-saxonne traitant de l'a
lternative entre approche par objectifs (fixés au préalable, centrés sur les critères policiers) et approche par
résolution de problèmes («au coup par coup », «à la demande», en fonction de relations établies avec le
public). Cf. Horton, 1989; Goldstein, 1990; Morgan, Newburn, 1997, 48; Toch, Grant, 1991; Haarmann,
1990-1991 ; Bayley, 1994, 141-142; Brodeur, 1998; Reiner, 1992, 253 ; Fielding, 1995.
Et ce, même si les limites entre ces types de services peuvent être assez poreuses et certains services ne pas exister
dans certains corps. Cf. supra, note 19. Déviance et Société 260
d'envisager des changements de fond dans l'organisation de sa gestion de la sécurité. Les rai
sons en sont multiples.
N'ayant pas suivi le mouvement de fusion des communes concrétisé en 1977, Bruxelles en
tant qu'agglomération urbaine demeure à ce jour toujours un patchwork de dix-neuf communes
«jalouses de leur autonomie»15, disposant chacune de leur propre corps de police communale
et prenant, jusqu'ici pour une part essentielle, leurs propres décisions dans le domaine de la
politique policière locale.
Un autre facteur de complexité est relatif à son histoire en tant qu'agglomération urbaine.
Parcourue de péripéties diverses, cette histoire a conduit à l'annexion, par la commune formant
son noyau, de territoires périphériques parfois fort vastes appartenant antérieurement à d'autres
entités communales limitrophes. Le paysage institutionnel est dès lors complexe, l'exercice de
la fonction de police au niveau local s'y articulant difficilement (certains quartiers, par
exemple, se sont retrouvés scindés par les nouvelles répartitions de territoire).
Mais la situation de l'agglomération bruxelloise du point de vue de sa politique policière
multiple n'est pas le seul élément qui la différencie des autres grandes villes. Certaines questions
urbanistiques ont une influence importante sur la gestion policière quotidienne et sur la défini
tion des différentes politiques policières, ne fût-ce qu'en termes d'effectifs policiers à mobilis
er16. Outre des superficies fort variables d'une commune à l'autre, l'agglomération bruxelloise
se caractérise par une forte différenciation entre un «centre urbain» et la «périphérie» (neuf
communes forment ainsi la deuxième «couronne», favorisée). Cette différenciation, de nature
socio-économique, ethnique et démographique est due à la suburbanisation des années 1960.
Les effets en sont une migration des populations riches, puis des classes moyennes, vers la péri
phérie, laissant le centre à ceux qui ne peuvent se permettre un tel déplacement: les personnes
âgées, les travailleurs peu qualifiés, les petits indépendants et les entrants au marché du loge
ment, rejoints ensuite par les travailleurs immigrés (première et deuxième génération)17; tous se
retrouvant parfois concentrés au sein de certains quartiers (cf. infra, le point IV.2.f.).
Un second mouvement, à l'intérieur de l'agglomération bruxelloise, se juxtapose à la subur
banisation: la diminution de la qualité des logements (dits «locatifs» et résiduels). Due, entre
autres, à la désaffection des pouvoirs publics pour la rénovation urbaine à l'intérieur de l'agglo
mération, elle a eu pour conséquence une concentration, dans certaines zones, de populations
économiquement défavorisées. Cette zone forme, du Nord au Sud, un «croissant pauvre». À
cette paupérisation se combine une forte concentration de population immigrée ou d'origine
immigrée. On y constate un troisième niveau de polarisation constitué par une série de quartiers
qui se différencient par un taux encore plus important de populations étrangères et une concent
ration importante déjeunes (jusqu'à 20% de la population et à 80% des étrangers). Ces populat
ions sont, en grande partie, victimes de «pressions marginalisantes» dues à l'évolution des
structures de l'emploi à Bruxelles et des effets pervers des restructurations urbaines.
Au niveau de l'évolution socio-économique, on peut considérer Bruxelles comme une
région « riche » mais dont la richesse est « contrastée » (inégalités dans la distribution des reve
nus) et «en déclin» (nombre de minimexés18 et de chômeurs en augmentation) (Kesteloot,
Meert, Mistian, Savenberg, Van Der Haegen, 1997, XIII).
Nous reprenons ici le titre d'un article de Schoune, 1996, 24.
Concernant les particularités urbanistiques et socio-économiques de Bruxelles, nous conseillons la lecture du rap
port de recherche de Kesteloot, Meert, Mistian, Savenberg, Van Der Haegen (1997).
Kesteloot, Meert, Mistian, Savenberg, Van Der Haegen, 1997, 193. Il faut cependant éviter les classifications simp
listes. En effet, on assiste aussi à un phénomène de « gentrifïcation »; c'est-à-dire un retour des couches « aisées »
- principalement composées de fonctionnaires internationaux ou de cadres appartenant à des firmes étrangères -
vers des quartiers du centre- ville (Maissin, 1998, 12).
Minimex : revenu minimum d'existence. Émergence d'un modèle de community policing «à la belge»? 261 Tange,
Citons encore, comme élément constitutif de ces différences socio-économiques, l'impor
tance du marché locatif à Bruxelles comme mode d'accès privilégié au logement (60% des
ménages bruxellois contre 30% en Flandre et 33% en Wallonie)19. Structurellement, plus on
s'éloigne du centre, plus la proportion de propriétaires occupants augmente20.
À l'intérieur de l'agglomération bruxelloise, les différences entre communes, voire entre
quartiers, sont donc importantes, ce qui va influer sur la nature et l'ampleur des problèmes aux
quels la police communale sera appelée à proposer des réponses (éventuellement à les antici
per) et sur base desquels elle se définira sa propre ligne de conduite.
Pour finir, rappelons que les résistances institutionnelles bruxelloises sont telles que la poli
tique policière bruxelloise a eu pour réfèrent, jusqu'il y a peu, un modèle développé par le biais
de circulaires dont l'une des plus importantes, celle concernant les zones interpolices (minis
tère de l'Intérieur, 1995) n'était pas d'application à Bruxelles, les autorités communales refu
sant dans l'ensemble leur mise en œuvre.
Dix-neuf corps de police communale21, dix-neuf politiques policières: cette situation comp
lique constamment la gestion de la sécurité sur le territoire de l'agglomération bruxelloise,
chaque commune prenant en charge sa propre gestion de la sécurité et de la coopération entre
les services de police sur leur territoire tout en devant ménager un espace à la avec
les policiers des territoires limitrophes22.
2. Tendances et contre-tendances dans l'organisation des tâches policières au niveau
local
Afin de mieux visualiser l'évolution actuelle des corps de police communale étudiés, nous
avons mis en évidence ce que nous disent divers éléments d'analyse organisationnelle. Des
modalités d'organisation des services et des tâches observables dans les dix corps de police étu
diés, se dégagent deux tendances :
a) celle, largement majoritaire, qui tire les conséquences de la mise en place d'unités motori
sées de patrouille et d'intervention (focalisées sur la vitesse d'intervention et la sur
veillance) sur un modèle de lutte contre le crime (crime fighting). Cette tendance poursuit
un glissement, un mouvement de relégation au second plan du critère territorial. Est ainsi
accentuée une spécialisation fonctionnelle de la garde, se dissociant - au maximum des
moyens disponibles - des tâches dites « divisionnaires »23;
Chiffres issus du recensement de la population et des logements au 1er mars 1991 (Institut national des statis
tiques, Tome 2B, 1993), repris dans Zimmer, 1996, 38.
Cela aura par ailleurs un impact sur le travail des agents de quartier en ce qui concerne, par exemple, l'importance
de la prise de contact avec les habitants d'un quartier où la population manifeste une forte mobilité en déménageant
fréquemment. De même, le fait que certains quartiers soient dotés de populations aux caractéristiques socio-éc
onomiques relativement similaires déterminera également la nature des contacts (ou leur absence) avec les agents de
quartier. Les chômeurs ou les personnes âgées seront vraisemblablement plus facilement joignables que les per
sonnes travaillant en journée hors de leur quartier de résidence.
Chacun, dirigé par un chef de corps, sous l'autorité d'un bourgmestre en matière de police administrative et sous
celle du procureur du roi en matière de police judiciaire.
Ces questions seront appelées à évoluer avec la mise en œuvre effective de la loi «organisant un service de police
intégré, structuré à deux niveaux» (cf. supra, note 12). Actuellement, il s'agit encore d'harmoniser les tâches de la
gendarmerie (brigades territoriales et brigade de surveillance et de recherche), de la police judiciaire près le par
quet de Bruxelles et des polices communales.
Tâches liées au suivi de pièces, parfois judiciaires pour de petites enquêtes, souvent administratives et liées au
quartier. On se rappellera, par exemple, que la déspécialisation des tâches est l'un des trois «d» (décentralisation,
déconcentration et déspécialisation) évoqués par l'étude de Van den Broeck et Eliaerts (1994) à propos de la mise
en œuvre d'un modèle qualifié de community policing en Belgique. Déviance et Société 262
b) celle, fort peu observée, mais concernant toutefois au moins un corps de police fort import
ant à Bruxelles, s'oriente sans ambages vers un retour à la prépondérance du critère terri
torial dans l'organisation des tâches24. Elle peut se combiner à une déspécialisation relat
ivement poussée de celles-ci lorsque le corps dispose des moyens nécessaires à cet effet, lui
permettant de continuer à assurer l'ensemble des missions de la fonction de police de base.
Afin de mieux visualiser la situation actuelle telle qu'elle ressort de l'examen des modalités
organisationnelles dans les dix corps de police étudiés, nous avons représenté les critères qui
nous ont semblé sous-tendre de façon prépondérante la répartition des tâches25.
Comme nous l'avons déjà souligné, on peut considérer que, dans l'ensemble, les corps de
police étudiés se situent dans la partie supérieure de ce schéma, à gauche ou à droite en fonction
des caractéristiques physiques de la commune et des moyens matériels existants (cf. supra). On
peut toutefois penser que certains corps de police vont tendre prochainement vers une plus
grande attribution de compétences à leurs divisions territoriales, notamment en ce qui concerne
l'intervention. Au surplus, un seul corps s'organise déjà - en raison de sa taille réduite et de ses
moyens limités - sous forme de task forces en fonction des nécessités, mais toujours autour de
tâches d'enquête judiciaire (proactives ou non)26.
Enfin, il reste un élément à souligner qui accentue l'espace laissé au pouvoir d'appréciation
du fonctionnaire de police dans l'exercice de ses tâches quotidiennes : le manque de moyens
donnés aux officiers27 des échelons subalternes pour assumer une direction effective (par
exemple, l'absence d'un secrétariat spécifique).
IV. L'exécution des tâches par le policier de terrain:
quelle proximité pour quel policing?
Après avoir mieux cerné la manière dont les chefs de corps envisageaient la mise en œuvre
de la fonction de police dans leur commune et affiné notre perception des situations des divers
corps de police de l'agglomération bruxelloise, nous avons pu sélectionner les corps qui
feraient l'objet d'observations sur le terrain et les services dont l'étude serait privilégiée (pour
des raisons liées tant à l'objet qu'au timing de recherche).
Une fois mise en évidence la variété des situations communales et des contextes de travail
dans lesquels évoluent les fonctionnaires de police, nous avons choisi de combiner deux cri
tères de classification des corps de police, permettant de caractériser provisoirement la situa
tion de la manière suivante. D'une part, selon une classification s'appuyant sur le nombre de
Cette tendance ne se manifeste toutefois pour le moment que dans la mise en œuvre de projets pilotes nécessi
tant un développement progressif et de longue haleine. Les premières étapes vraiment décisives n'ont été fran
chies que récemment, sans qu'il soit possible d'en évaluer la portée.
Dans ce schéma, nous entendons par déconcentration l'attribution de pouvoirs décisionnels à des organes subal
ternes, confiant à ces derniers un droit d'initiative. Dans la dynamique de mise en œuvre de la police de proximité,
il s'agit donc de l'attribution, au niveau le plus bas possible, d'un pouvoir d'initiative et de décision, visant à confé
rer une autonomie et une responsabilité accrue aux organes « subalternes », tout en maintenant ceux-ci sous la hié
rarchie et le contrôle de leurs supérieurs. Cette déconcentration n'implique par forcément une dissémination géo
graphique à travers un territoire d'organismes, de services qui se trouvaient initialement, ou qui pourraient se
trouver groupés en un seul lieu. Concernant cette notion, cf. De Bruycker, 1995, 843.
Une organisation suivant le principe de la task force signifie que les fonctions de recherche et d'enquête sont (...)
assurées en fonction de l'événement, des cellules temporaires d'enquête sont constituées en désaffectant un certain
nombre d'hommes de leurs fonctions quotidiennes afin de gérer le suivi d'une affaire déterminée (Kaminski,
Boon, Brion, Cappelle, 1991, 63).
Ou à tout autre policier assumant des tâches de direction.