Habitude et mémoire. Apprentissage. Témoignage. - compte-rendu ; n°1 ; vol.25, pg 561-580
21 pages
Français
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L'année psychologique - Année 1924 - Volume 25 - Numéro 1 - Pages 561-580
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1924
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Langue Français
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VII. Habitude et mémoire. Apprentissage. Témoignage.
In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 561-580.
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VII. Habitude et mémoire. Apprentissage. Témoignage. In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 561-580.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1924_num_25_1_6206HABITUDE ET MEMOIRE. APPRENTISSAGE. TÉMOIGNAGE 561
Chez certains sujets, l'image se produit spontanément et sans le
plus léger effort ; elle ne peut être supprimée ; elle persiste pendant
toute la lecture ; chez quelques-uns, la même image revient con
stamment avec le même morceau. Chez d'autres, il y a des images
variées qui se meuvent, se fusionnent, forment un courant de pensée
continu. Chez d'autres enfin, il n'y a pas d'images du tout, même en
lisant un poème descriptif, et les images ne peuvent que très diffic
ilement être évoquées, même avec le plus grand effort.
La richesse de l'imagination visuelle n'entraîne pas nécessairement
son emploi dans la lecture. Le même individu peut avoir des images
nombreuses à une première lecture et pas du tout à une suivante.
D'une manière générale, chez la plupart des sujets, le plaisir paraît
augmenté par le fait que leur attention est attirée sur les images que
suscite la pièce, bien que, dans certains cas, l'observation de ces
images gêne l'émotion esthétique et produise un sentiment pénible.
Certains poèmes produisent, semble-t-il, un plus violent,
par suite de leur association avec des expériences émotionnelles du
sujet. Cette association peut du reste demeurer inconsciente.
G. P.
MARTIN HONECKER. — Komik und Einstellung. Ein Beitrag zu
den Bedingungen des Komischen Erlebnisses [Le comique et V atti
tude mentale. Une contribution à V étude des conditions de V impression
du comique). — A. f. ges. Ps., XLVII, 1-2, 1924, p. 94-107.
Si nous voyons un objet, nous le percevons en tant que tel, mais
nous « pensons » encore bien des choses. En voyant une maison nous
« pensons » encore qu'elle est installée, habitable, etc. Nous sommes
donc « montés » d'une certaine manière.
On peut aussi parler du « montage » dans les cas où nous anticipons
sur les perceptions à venir.
L'impression du comique peut se produire lorsque les perceptions
réelles contrastent avec le « montage » sans que les intérêts du sujet
soient en jeu.
Ce principe est une généralisation de celui de Lipps, mais il aurait
l'avantage de pouvoir s'appliquer à tous les cas particuliers signalés
par d'autres auteurs.
Une abondante bibliographie accompagne cette courte étude.
D. W.
VII. — Habitude et Mémoire. Apprentissage.
Témoignage.
J.-F. DASHIELL. — An experimental isolation of higher level
habits {Un isolement expérimental d'habitudes de niveau supérieur).
— J. of exp. Ps., VII, 5, 1924, p. 391-397.
On peut considérer une habitude comme une hiérarchie d'habitudes
partielles. L'auteur étudie ici des habitudes de niveau supérieur
l'année psychologique, xxv. 36 562 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
comprenant des habitudes élémentaires à la fois identiques et diffé
rentes. Des groupes de sujets sont entraînés à transcrire au moyen
d'un code des chiffres en lettres. Dans une première expérience un
groupe S travaille tous les jours avec le même code, un groupe G avec
des codes entièrement renouvelés chaque jour, et un I
des partiellement modifiés (chacun comprend cinq signes à
signification nouvelle et cinq qui conservent la signification du jour
précédent). La courbe des progrès de S monte plus vite que celle de
C, celle de G plus vite que celle de I. L'analyse du travail effectué
par chaque groupe montre qu'il met en jeu des habitudes générales
communes et des habitudes spéciales différentes, dont les effets
peuvent être étudiés ainsi isolément. — Dans une seconde expérience
continuée plus longtemps avec de nouveaux groupes S et G, on trouve
que, tandis que la courbe de S continue à s'élever d'une façon régul
ière, celle de C finit par atteindre une valeur stationnaire qui repré
sente une sorte de limite physiologique.
P. G.
DORA LUEDEKE. — Experimentelle Untersuchungen über das un
mittelbare Behalten mit besonderer Berücksichtigung der Prozesse
der Aufmerksamkeit und des Wiedererkennens [Recherches expéri
mentales sur la mémoire immédiate avec considération particulière
des processus de V attention et de la reconnaissance). — A. f. ges.
Ps., XLVIII, 3-4, 1924, p. 213-247.
Des séries de consonnes de longueur variable sont présentées au
sujet, qui doit les répéter après un intervalle de 1, 2, 4 ou 8 secondes.
Trois modes de présentation sont employés : le visuel, à l'aide de
l'appareil de Lipmann (en réalité, visuel et verbo-moteur, le sujet
étant autorisé à prononcer intérieurement les consonnes présentées) ;
l'auditif ; et enfin le mixte, — lecture à haute voix par le sujet.
Les résultats numériques ne sont pas indiqués en détail, A retenir
seulement qu'une présentation visuelle permet de reproduire corre
ctement 8 lettres, alors qu'à la présentation mixte ce nombre est porté
jusqu'à 8-9 en moyenne pour 10 sujets. De tous les intervalles em
ployés, celui de deux secondes semble être le plus favorable tant au
point de vue des résultats objectifs que d'après l'impression subjec
tive des sujets. Or, c'est à l'introspection que l'auteur attache la plus
grande importance. Il ressort des observations faites sur les sujets
que la présentation auditive favorise l'appréhension en bloc, l'atten
tion « totale », alors que dans la présentation visuelle les éléments de
la série sont perçus et reproduits isolément. Dans la présentation
mixte l'attention peut, suivant l'attitude du sujet, renforcer les sen
sations et les relier entre elles.
Lorsque le sujet répète les consonnes, le sentiment de reconnais
sance est basé parfois sur une reviviscence des consonnes présentées
(formes visuelles dans la fente de l'appareil, mélodies sonores avec le
timbre de la voix de l'opérateur) — parfois sur des critères indirects,
tels que le caractère presque obligatoire des associations, la spon
tanéité, la force et la précision de la reproduction.
D.W. HABITUDE ET MEMOIRE. APPRENTISSAGE. TEMOIGNAGE 563
BEATEICE EDGELL. — Theories of memory. — In-16, 174 p. Oxf
ord, Clarendon Press, 1924.
Miss Edgell, qui enseigne la psychologie au Bedford Collège, à
Londres, ou elle a organisé un laboratoire plein d'activité, vient de
consacrer un clair petit livre au problème de la mémoire, sur les
confins de la psychologie et de la philosophie.
Elle examine tout d'abord la conception biologique de la « réten
tion » d'après Hering, Butler, Semon et Jennings, puis la façon
dont le behaviorisme, en la personne de Watson, traite de la mémoire,
critiquant l'attitude de Lloyd Morgan. C'est ensuite un exposé des
théories de la mémoire de Hobbes à Spencer, et dans le néo-réalisme
de Alexander, B. Russell, Holt. Le chapitre suivant est consacré
à le théorie bergsonienne. Enfin, dans un dernier chapitre, est
envisagée la « retentiveness » comme conception psychologique.
Pour Miss Ëdgell la mémoire, comme connaissance du passé, ne
peut se ramener à des problèmes limités aux processus organiques ;
mais les données biologiques ont exercé une influence qui apparaît
nettement dans le néo-réalisme ou le bergsonisme ; la biologie a
surtout modifié l'esprit de. la recherche psychologique sans s'annexer
l'étude des processus mentaux qui sont bien des manifestations
de la vie, mais des manifestations d'une nature particulière. Le pro
blème de la mémoire est psychologique et c'est chez les psychologues
anglais Ward et Stout qu'il est examiné finalement sous son aspect
essentiel, celui de l'image mnémonique.
Après cette discussion des théories, l'auteur conclut qu'il ne reste
plus qu'une chose à faire, c'est de s'adresser à l'expérience : « In
the end, all questions as to the nature of a memory-image must be
tested by experiment ». C'est une sage conclusion, et qui révèle
l'ardente et trop modeste investigatrice si attachée à son laboratoire.
H. P.
J. WITTMANN. — Ueber das Gedächtnis tmd den Aufbau der Punkt
ionen. (Sur la mémoire et la constitution des fonctions). A. f. ges.
Ps. XLV, 3-4, 1923, p. 203-265.
L'auteur a examiné une cinquantaine d'adolescents et quelques
adultes en cherchant à étudier les images intuitives eidétique.?
{eidetisehe Anschauungsbilder). 11 a constaté que chez certains
sujets les impressions visuelles, tactiles et auditives, réaparaissent
plusieurs fois spontanément sous forme d'images eidétiques, avec
la coloration affective qui a accompagné la sensation primitive. La
durée et le rythme de ces reproductions semblent dépendre de l'i
ntensité et du nombre des excitations, et, pour les images tactiles, de
l'endroit du corps excité. Les sont influencées par
l'état de l'attention du sujet. Des impressions entièrement disparues
peuvent être ravivées par des ultérieures ; il se forme
alors des groupements complexes, dans lesquels cependant la suc
cession temporelle des impressions primitives est respectée. Lorsqu'un
groupe ainsi formé commence à décliner, les impressions plus an
ciennes et plus faibles disparaissent en premier lieu. 564 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L'auteur croit pouvoir déduire de ces faits deux hypothèses rela
tives aux bases physiologiques de la mémoire :
1° L'excitation nerveuse est un processus de longue durée ; ce
ce qui expliquerait la réapparition des impressions disparues, sans
toutefois expliquer le caractère oscillatoire de ces réapparitions ;
2° Les groupements complexes des diverses est
possible grâce à une certaine plasticité du fonctionnement du sys
tème nerveux.
D.W.
THORLEIF G. HEGGE. — Notes on the theory of logical memory. —
(Notes sur la théorie de la mémoire). Se. se, Rev. II. 1, 1923,
p. 94-113.
La mémoire logique se distingue de la mémoire mécanique en
ce qu'elle dépend de la signification des éléments et de la compré
hension de leurs mutuels rapports. Ces ou « anneaux en
série » [serial links) sont liés entre eux grâce à des « auxiliaires asso
ciatifs » : ainsi les chiffres 1, 7, 8, 9 sont retenus grâce à l'auxiliaire
« Révolution française ». Il cite le cas d'une femme qui pouvait
retenir jusqu'à 350 mots isolés en les réalisant visuellement dans un
vaste paysage et en inventant toute une histoire entre les personnages
et les choses qu'elle logeait ainsi dans le cadre.
Le mécanisme de la mémoire logique révèle quatre tendances
principales :
1° à employer un aide associatif une seule fois dans la même série,
2° à utiliser un aide qui fasse déjà partie d'idées, qui contienne en
lui l'élément à retenir ;
3° à couper la série des éléments en groupes distincts et peu nomb
reux. Exemple la série 1, 7, 8 , 9, 5, 5, 9, 4, 2, 9. sera divisée en
1789. (Révolution) 559 (Cyrus) 429 (Platon).
4° à différencier les groupes d'éléments en eux-mêmes homogènes
par l'emploi d'aides hétérogènes, (cf. exemple ci-dessus).
H. explique le rôle de ces tendances en faisant jouer, outre la loi
d'association (contiguïté) des lois de substitution (exemple a donné
avec b a tendance à reproduire b mais il en est de même de x lié à a)
et des lois d'inhibition (inhibition reproductrice, associative et ré
troactive)
Le caractère essentiel de la mémoire logique est la formation d'un
petit nombre de groupes qui se substituent à une longue série
d'éléments et par là est réduite l'influence des diverses inhibitions ;
d'autre part, la fonction de groupes hétérogènes contribue à briser
la monotonie du travail de la mémoire mécanique et combat ainsi,
par l'intérêt, l'influence de la fatigue ; enfin l'esprit joue un rôle
actif, en cherchant un système approprié d'aides associatifs..
Cette étude, plus spéculative qu'expérimentale, se rattache au
mouvement néo-associationniste, mais elle reconnaît la nécessité
de faire dans le jeu de la pensée logique une place à l'activité de
l'esprit et aux attitudes mentales.
H.L. HABITUDE ET MEMOIRE. APPRENTISSAGE. TEMOIGNAGE 565
HANS H. KELLER. — Ueber den Bekanntheits- und Fremdh
eitseindruck. — {Des impressions de familier et de jamais-vu)
Z. für Ps., XCVI, p. 1-57, 1924..
Recherches expérimentales sur le rôle des souvenirs inconscients.
1. On présente au sujet, pendant un temps bref (mnémomètre de
Ranschburg et métronome entre 60 et 96), — et on lui fait lire haut
trois fois, — une série de 10 syllabes. Après un intervalle de 5 minutes,
on lui montre dans les mêmes conditions 20 syllabes, dont 5 choisies
. parmi les 10 de la première série. Le sujet indique : « vu », « jamais
vu », « douteux ».
Après 10 minutes de repos, présentation d'une nouvelle série de
10 syllabes, et, après un intervalle de 24 heures, d'une de
20 syllabes : 5 anciennes, 15 nouvelles. Le sujet doit réagir comme
précédemment.
On note les réponses avec leurs nuances, ainsi que les temps de
réaction. *
d' « étrange » est plus fort au bout de Le sentiment de « non vu »,
5 minutes qu'après 24 heures. Le « non vu » se dessine dans l'esprit
sur un fond de « vu », si l'on peut ainsi parler. Tout au moins, peut-
on dire : il est plus net quand le « vu » est plus sûr, c'est-à-dire après
un court intervalle.
Corrélativement, le temps de réaction des réponses « inconnu »,
après 24 heures, est plus long que celui des après 5 minutes.
Le sentiment d' « étranger » est cependant autre chose que l'ab
sence du de familier, — ou du moins, il n'est pas que cela :
1° les sujets l'indiquent dans leurs commentaires ; 2° le temps de
réaction du « non vu » est plus court que le temps du « vu ». La gamme
des nuances, de réponses incertaines, montre cependant qu'il n'est
pas un sentiment « absolu », indépendant. Il n'est pas du « connu »,
et cependant il participe du « connu ».
Les commentaires des sujets pour le caractériser peuvent être
classés en 4 groupes : 1° Cela ne m'est pas connu ; 2° Je ne l'ai pas
appris, pas vu lors de la présentation ; 3° II ne m'est pas sympat
hique, il me repousse en quelque sorte ; 4° Cela étranger, sans
que je puisse savoir pourquoi, cela n'évoque rien.
2. On utilise le test de Bourdon (biffer une lettre déterminée dans
un groupe de syllabes) pour obtenir une première impression des
textes, des « complexes », non consciente, et pour examiner son action
ultérieure. Cette action peut être ainsi résumée : elle se manifeste,
dans la reconnaissance et la non-reconnaissance (« vu », « non vu »),
mais n'aboutit pas à une possibilité de reproduction. C'est une man
ière de « montage » visuel. I. M.
ANITA M. MUHL. — Automatic writing combined with cristal
gazing, as a mean of recalling forgotten incidents [L'écriture auto
matique combinée avec la vision à travers le cristal, comme moyen de
rappeler les incidents oubliés). — J. of Abn. Ps., XIX, 3, 1924,
p. 264-273.
L'auteur opère sur une fillette de 15 ans et la fait combiner l'écri- 566 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ture automatique et la vision à travers le cristal. La relation entre
les deux processus est lache. Il conclut que la combinaison est utile,
tant qu'il s'agit de souvenirs, dangereuse lorsqu'elle permet d'expri
mer des productions fantaisistes de l'esprit qui tendent à rompre
l'équilibre psychique.
Mais combien les résultats obtenus par la combinaison de ces deux
processus semblent artificiels- aléatoires et susceptibles des inter
prétations les plus diverses!
M. L.
M. FOUCAULT. — Sur la fixation des images. — J. de Ps., XXI,
1924, 6, p. 522-572, et 7, p. 617-653.
En deux importants articles, Foucault rapporte, avec une minutie
de détails et de précisions très grande (trop grande serait-on presque
tenté de dire), les résultats d'un certain nombre d'expériences rela
tives à l'acquisition mnémonique de mots usuels et artificiels, de
nombres, et de consonnes. L'idée directrice de ce travail est le désir
de mettre objectivement en évidence que la fixation n'est pas l'œuvre
d'une simple faculté de retenir (« Retentiveness » de l'école anglaise),
mais « une opération complexe et variée, pour laquelle l'esprit humain
développe des richesses infinies ».
Si les recherches de Foucault n'ajoutent rien d'absolument nou
veau dans leurs grandes lignes aux travaux d'Ebbinghaus, de Binet
et de Piéron, elles mettent bien en relief un certain nombre de points
particuliers intéressants :
1° L'utilisation des « auxiliaires » (évocation d'images, idées,
liaisons d'idées ou jugements) est bien mise en évidence par la com
paraison précise des temps moyens d'acquisition pour les mots natur
els et les mots artificiels (dépourvus de sens) pour la fixation des
quels les auxiliaires jouent beaucoup moins. Il est de 51 "5 pour les
mots français, de 134"7 pour les mots artificiels. Cependant il n'y a
pas proportionnalité entre les rapports des temps d'acquisition pour
les deux sortes de mots (1 /4,10) et celui du nombre des images qu'ils
ont évoquées (1/1,26). Cela montre pour l'auteur qu'il faut distinguer,
outre la quantité, la qualité des images évoquées. Il resterait à dé
montrer, ce que F. ne fait que très rapidement, et sur trop peu
d'exemples, que cette qualité, cette puissance des images, est réell
ement supérieure, en moyenne, da^s le cas des mots naturels.
2° La fixation des mots connus peut être aussi mécanique que
celle des mots inconnus chez un enfant (de moins de 10 ans). Le
temps moyen de fixation a été (pour 28 séries de 12 mots, et 48 de
8 mots) de 241", 48 pour les mots connus, et de 239", 92 pour les mots
inconnus. Les mots inconnus semblent avoir évoqué autant d'images
que les autres, et les images évoquées par les mots connus ont été
très faibles, très pauvres au point de vue qualitatif.
3° Dans une autre série d'expériences, l'auteur étudie le pouvoir
que présentent certains sujets de former un système sonore composé
de plusieurs mots, sans évocation d'images, formant ainsi les « com
plexes » que Müller a déjà étudiés. De plus ces complexes (qui sont le
plus souveat des couples, plus rarement des groupes de trois mots) HABITUDE ET MEMOIRE. APPRENTISSAGE. TEMOIGNAGE 567
sont fixés par des associations locales. Le sujet fixe qu'il s'agit du
lor, du 3e ou du 7e couple. Naturellement le 1er et le 2e et le dernier
couple sont les plus favorisés à ce point de vue ; 4° En ce qui concerne
la rétention des nombres, Foucault rappelle ce fait que le coefficient
de fixation est plus élevé pour les séries de 5 que pour les séries de
7 chiffres. Ce fait, paradoxal en apparence, viendrait de ce que, pour
les séries courtes, les phénomènes de persistance sensorielle joueraient
seuls, tandis que, pour les plus longues séries, le sentiment de l'insuf
fisance de cette persistance sensorielle inciterait les sujets à utiliser
d'autres moyens de fixation, en ayant recours particulièrement aux
« auxiliaires ».
5° L'auteur insiste fortement sur cette idée que toute acquisition
mnémonique comporte un effort (dynamogénique évidemment) qui
consiste surtout, selon lui, à garder, durant toute l'expérience, l'idée
de la fin à atteindre, à esquisser mentalement des ébauches de réci
tation portant même sur une simple fraction de la série à conserver.
Cet effort serait surtout visible au cours de la récitation, quand
l'image désirée n'arrive pas à la conscience. Mais il semble s'agir
surtout ici d'évocation plutôt que de fixation. L'effort ne serait
absent que dans le cas de fixation involontaire, dépourvue de finalité,
et résultant uniquement du jeu des forces mécaniques ou automat
iques, persistance des perceptions, et formation d'association.
6° Dans la fixation volontaire, les perceptions persistantes et les
mouvements fixateurs (d'articulation) se trouvent transformés du
fait que l'on a l'idée du but à atteindre, parce que s'accomplissant
sous le contrôle de l'attention. Ces transformations résident surtout
dans des développements, complications, additions, destinées à
rendre plus vive l'image ou le complexe d'images à retenir. Enfin, il
faut ajouter, dans la fixation volontaire, l'emploi (volontaire aussi)
du rythme. Les sujets qui retiennent par couples ou par groupes de
trois éléments, en seraient sans doute un exemple. M. P.
JE. -S. ROBINSON — Results oî variations in length of memorized
material [Résultats des variations de longueur du matériel à ap
prendre). — Amer. Ps. Assoc, déc 1923, Ps. Bul., XXI, 2,1924,
p. 93-94.
L'auteur a repris les recherches qu'il avait déjà poursuivies, sur
la question avec Heron (J. of exp. Ps., V, 1922, p. 428). Des listes de
nombres de 3 chiffres (au lieu de syllabes) de diverse longueur, sont
apprises, avec dans l'intervalle entre l'acquisition et la réacquisition,
soit un repos, soit la mémorisation d'un autre test. Au sujet des
courbes d'acquisition, avec les séries de 4 à 10 nombres, il y a ralen
tissement progressif, ou accélération négative suivant l'expression
de l'auteur. Aux premiers stades, il est acquis davantage par unité
de temps avec les séries plus courtes.
La difficulté d'acquisition croît plus vite que la longueur des séries
si l'on inscrit en ordonnée le temps d'acquisition et en abscisse la lon
gueur des séries, la courbe présente une accélération positive continue.
Après un repos de 15 minutes, il est retenu proportionnellement
davantage des séries longues que des séries courtes. 568 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
En ce qui concerne 1' « inhibition rétroactive », c'est-à-dire l'effet,
effaçant de l'acquisition intercurrente, elle serait d'autant plus
faible que la première série serait plus longue, du moins au-de.ssus-
de 6 nombres (car les séries de 4 sont fréquemment affectées-
que celles de 6).
Ces résultats sont en accord avec ceux précédemment obtenus.
H. P.
EDWARD S. ROBINSON et CHESTER W. DARROW. — Effect
of length of list upon memory of numbers {Effet de la longueur des
listes sur la mémoire des nombres). — Am. J. of Ps., XXXV, 1,
1924, p. 235-243.
Dans une expérience antérieure le problème avait été posé à propos
de la mémoire des syllabes. Les résultats en ont été confirmés pour la
mémoire des nombres. Les séries sont respectivement de 4, 6, 8 et 10
nombres de 3 chiffres présentés chacun pendant deux secondes (le
sujet essaie de les réciter) ; puis, après un intervalle de quinze minutes
consacré, soit au repos, soit à l'étude d'une autre série de nombres,
la première série est présentée une seconde fois, ce qui permet d'éva
luer l'économie du temps nécessaire pour réapprendre.
Les courbes (exprimant le nombre de nombres rappelés en fonction
du temps employé pour apprendre) montrent que plus la liste est
courte, plus l'apprentissage fait des progrès rapides au début (ainsi;
on retient plus de nombres d'une liste de quatre nombres présentée
deux fois que d'une liste de huit présenté une seule fois). Mais si on
cherche quelle fraction des nombres absolus de nombres retenus dans
chaque série, a été fixée, par exemple, dans chaque sixième du temps
total nécessaire pour retenir la série, on trouve, pour les séries de 6,
8 et 10 nombres des résultats identiques ; la même loi avait été
trouvée avec des listes de 9, 12, 15, 18 syllabes.
La difficulté croît proportionnellement plus vite que la longueur des
séries. Par contre les séries longues sont relativement moins affectées
par l'oubli et par l'inhibition rétroactive. P. G.
H. MEUER. — Experimentelle Beiträge zur Lehre vom Wortge-
däehtnis nach der Methode der Polyeideskopie {Contribution expé
rimentale à l 'étude de la mémoire verbale par la méthode de polyeides-
copie). — A. f. ges. Ps., XLVII, 1-2, 1924, p. 14 à 44.
L'auteur lisait des séries de mots monosyllabiques concrets à des
enfants de onze à douze ans et à des adultes de quinze à cinquante-
cinq ans des deux sexes. Il a trouvé que le nombre de mots reproduits
2 secondes après la présentation augmentait avec la longueur de la
série, le temps de lecture étant toujours égal. Pour des séries de 5, 10,
20 et 30 mots, avec un temps de lecture égal toujours à 10 secondes
pour la série entière, il a trouvé des résultats suivants : (Moyennes.
de 8 enfants) :
Expériences dans l'ordre ascendant :
Nombre de mots présentés 5 10 20 30 de reproduits 3,9 4,5 5,6 6,8- ET MEMOIRE. APPRENTISSAGE. TEMOIGNAGE 569- HABITUDE
Expériences dans l'ordre descendant :
Nombre de mots présentés. 30 20 10 5
4,9 de reproduits 6,2 5,3 4,7
En faisant plusieurs expériences à la suite, on décèle l'influence
de la fatigue :
Nombre de mot« présentés
dans l'ordre des expériences
ÎÔ~
Nombre de mots reproduits. . . 10 20 30 ^30 20
(Moyennes de 30 enfants) 4,9 5,2 6,1 5,5 4,8 3,7
Les mêmes expériences, repétées aux diverses heures de la journée
scolaire, montrent que les résultats fournis pendant la première heure
de classe, soit du matin, soit de l'après-midi, sont supérieurs à ceux
fournis pendant la deuxième heure de la classe du matin.
Des récréations intercalées entre les diverses séries d'une expé
rience ont eu pour effet de diminuer le rendement, ce que l'auteur
attribue à l'excitation causée par le jeu.
Pour étudier la courbe de l'oubli, l'auteur a formé des groupes de
8 enfants et de 8 ou de 11 adultes, chaque groupe donnant une repro
duction immédiate (après un intervalle de 2 secondes) et une deuxième
reproduction, après un variable pour les différents
groupes.
Voici les résultats, les chiffres entre parenthèses indiquant le
nombre de mots reproduits 2 secondes après la fin de la présentation,
les chiffres sans parenthèses donnant le nombre de mots répétés à la
deuxième reproduction.
Intervalle entre la présentation et la 2e reproduction
6o' 3o' 5 heures ik heure« 96 heures 4 Sem.
Série de 10 mots. . 2,1(4,4) 1,7 5:4) 0,6(4,2; 2,6(4,7) 3,0(4,5) 1,3(4,7)
Série de 30 mots.. 4,2(6,1) 3,2(6,8) 3,3(7,4) 3,3(7,1) 2,5(7,0) 1,4(6,4)
Les résultats des adultes sont sensiblement pareils.
Les reproductions successives et surtout celle qui a lieu aussitôt
après l'exposition, consolident les souvenirs. Voici les résultats des
trois groupes ; dont chacun comprend onze enfants ; le nombre de
reproduction varie d'un groupe à l'autre.
reproduits après un intervalle de : Nombre de mot
— — — —
2" 45' 5 heures 24 heures 72 heures 1 sem.
îer Groupe 4,8 4,8 4,6 6,9 4,8 4,6
2e 4,1 3,8 3,4 3,6 3,3
3e 2,0 2,1
D. W.

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