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Identité et différences dans le langage parlementaire mexicain - article ; n°1 ; vol.39, pg 31-44

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Description

Langage et société - Année 1987 - Volume 39 - Numéro 1 - Pages 31-44
L'auteur analyse les discours de trois parlementaires mexicains, prononcés au cours d'une séance d' hommage à la population indienne en décembre 1942, au moment de l'entrée en guerre du Mexique. A partir d'une analyse énonciative et rhétorique, elle en dégage les enjeux internes et internationaux, tout en s'interrogeant sur le paradoxe qu'il y a à tenir des discours explicitement anti-racistes en les adressant à des représentants des communautés indiennes réduits au rôle de témoins silencieux. L'analyse permet de dégager deux orientations : renforcement de la communauté nationale à court terme par affirmation de l'unité et dénégation d'un racisme intérieur; mise en place d'un projet de développement à long terme qui implique l'assimilation et la disparition de fait des communautés concernées.
Carbo Teresa, Identity and difference in Mexican parliamentary discourse.
The author analyses the speeches of three Mexican M.P.s during a session to pay a homage to the National Indigenous population in December 1942, when Mexico joined in the war. Starting from an enunciative and rhetoric analysis of the speeches, she shows what is at stakes both internally and internationnaly, while she wonders about the paradox of an explicitly anti-racist discourse addressed to representatives of the Indian communities who are made but silent witnesses. The articulation of the speeches shows two orientations : short term strenthening of the national community through asserting its unity and denying any internal racism ; setting up a long term development project which would imply assimilation and the actual desappearance of those communities the speakers are addressing.
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1987
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Langue Français

Teresa Carbo
Identité et différences dans le langage parlementaire mexicain
In: Langage et société, n°39, 1987. pp. 31-44.
Résumé
L'auteur analyse les discours de trois parlementaires mexicains, prononcés au cours d'une séance d' "hommage à la population
indienne" en décembre 1942, au moment de l'entrée en guerre du Mexique. A partir d'une analyse énonciative et rhétorique, elle
en dégage les enjeux internes et internationaux, tout en s'interrogeant sur le paradoxe qu'il y a à tenir des discours explicitement
anti-racistes en les adressant à des représentants des communautés indiennes réduits au rôle de témoins silencieux. L'analyse
permet de dégager deux orientations : renforcement de la communauté nationale à court terme par affirmation de l'unité et
dénégation d'un racisme intérieur; mise en place d'un projet de développement à long terme qui implique l'assimilation et la
disparition de fait des communautés concernées.
Abstract
Carbo Teresa, "Identity and difference in Mexican parliamentary discourse".
The author analyses the speeches of three Mexican M.P.s during a session "to pay a homage to the National Indigenous
population" in December 1942, when Mexico joined in the war. Starting from an enunciative and rhetoric analysis of the
speeches, she shows what is at stakes both internally and internationnaly, while she wonders about the paradox of an explicitly
anti-racist discourse addressed to representatives of the Indian communities who are made but silent witnesses. The articulation
of the speeches shows two orientations : short term strenthening of the national community through asserting its unity and
denying any internal racism ; setting up a long term development project which would imply assimilation and the actual
desappearance of those communities the speakers are addressing.
Citer ce document / Cite this document :
Carbo Teresa. Identité et différences dans le langage parlementaire mexicain. In: Langage et société, n°39, 1987. pp. 31-44.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/lsoc_0181-4095_1987_num_39_1_2341IDENTITE ET DIFFERENCES DANS LE DISCOURS
PARLEMENTAIRE MEXICAIN (*)
Teresa CARBO
CIESAS (Mexique)
Au cours d'une des dernières journées de session ordinaire
du pouvoir législatif mexicain de l'année 1942, la chambre des
députés tint une séance solennelle pour rendre hommage aux
populations indigènes nationales (Diaro de debates, Camera de
Diputados. 1942).
Les séances solennelles ne sont pas rares à la Chambre, pas
même celles en l'honneur de la population indigène. En 1940 par
exemple, un mois avant la fin du mandat présidentiel de six ans
de Lazaro Cardenas, députés et sénateurs s'étaient réunis pour
(*) Les données que j'analyse ici et le cadre général de cet
article sont extraites d'une recherche plus large sur le
discours parlementaire mexicain. Cette recherche vise à
caractériser quelques unes des procédures discursives les
plus saillantes et les plus typiques qui y ont cours, en les
liant à certains aspects du système politique mexicain. Je
suis redevable aux Séminaires sur l'Idéologie et les Aires
Culturelles du CIESAS, et aux remarques bienveillantes de
mes collègues et amis.
Langage & société no 39 - Mars 1987 - - 32
célébrer solennellement la politique progressiste et démocratique
du Président à l'égard de la population indigène. Il avait reçu à
cette occasion un titre honorifique qui faisait clairement écho à
la désignation dans l'histoire officielle du seul indien qui ait
jamais accédé à la dignité présidentielle, Benito Juarez, qui
était d'origine zapotec (1).
De même, en 1946, le 12 octobre, jour anniversaire de la
découverte par Christophe Colomb de l'Amérique et de ses indi
gènes, les députés ont à nouveau saisi l'occasion de glorifier
les groupes ethniques du Mexique et de l'Amérique, dans des élans
d'éloquence pompeuse et plutôt naïve. La même tendance a dominé
les autres sessions solennelles portant sur la population
nationale indigène (Carbo, 1982).
Dans ce contexte, la session solennelle de 1942 est cepen
dant un épisode singulier, qui se caractérise à mes yeux par une
relation paradoxale entre les termes qu'elle réunit. Elle s'est
produite pendant la seconde guerre mondiale, quelques mois seule
ment après que le Mexique eut déclaré la guerre à l'Allemagne, au
Japon et à l'Italie. De plus, et c'est là le noeud du paradoxe,
l'hommage rendu à la population indigène était explicitement
conçu comme une réfutation des "théories raciales de cet aliéné
(Hitler)" et une proclamation des convictions démocratiques et
antifascistes mexicaines.
(1) Benito Juarez est connu comme "El Benemérito de las
Americas", soit approximativement: "l1 [homme] digne de
louanges des Amériques". Cardenas fut désigné à cette
occasion comme "El Benemérito de los indios de America", ce
qu'on pourrait traduire "1' [homme] digne de louanges des
[pour avoir protégé les] indiens d'Amérique". Noter
le mode d'insersion intéressant de l'indianité dans la
seconde version du titre; par rapport à Juarez, son
indianité est connue et présupposée; avec Cardenas,
l'indianité a besoin d'être assertée, puisqu'il n'est pas
indien lui-même, et le mérite dérive d'une situation
transitive: sa protection non-indienne des indiens. •
- - 33
Nous avons donc, d'emblée, une intrication complexe de
la guerre, du racisme, de la population indienne et de la démo
cratie. Je la commenterai, sans espérer l'expliquer entièrement,
dans le cadre évasif du discours politique mexicain.
La population indienne et son insertion dans la société
post-révolutionnaire a été une des préoccupations constantes de
tous les gouvernements issus de la révolution populaire de 1910.
Les principales mesures concernant les groupes indigènes furent
l'éducation (essentiellement l'enseignement de l'espagnol), et la
promotion économique (tentée au moyen de divers programmes
d'action sociale dans les zones rurales). Les résultats furent
maigres et jusqu'à l'accession de Cardenas à la présidence, la
plupart des plans et programmes restaient implicitement scepti
ques quant à la capacité de cette population indigène à améliorer
ses conditions de vie.
En 1921, on discutait encore de 1 ■ "infériorité" indienne,
expression refusée par le groupe politique dominant. Mais ce
groupe devait néanmoins prendre en considération cette façon de
s'exprimer, ne fût-ce que pour en dénoncer la fausseté (Carbo,
1984). A la différence de ses prédécesseurs, Cardenas mit
l'accent sur les programmes de développement économique et social
plutôt que sur les plans éducatifs. Mais en 1942, les groupes
ethniques étaient toujours absents de la vie quotidienne de la
société nationale, particulièrement dans les zones urbaines (2).
L'entrée en guerre du Mexique ne fut pas une décision facile
pour le gouvernement de Maximilio Avila Camacho; l'homme de la
rue ne se passionnait guère pour une guerre qu'il tenait pour
lointaine et concernant peu le pays. D'autre part, il se méfiait
(2) Selon les données du recensement de 1940, la population
indigène nationale de plus de cinq ans était de 15% de la
population totale du pays. La moitié d'entre eux était
monolingue dans l'un des dialectes indigènes, au nombre de
plus de 50, et l'autre moitié était considérée comme bilin
gue; en nombres absolus, ils étaient deux millions et demi
de personnes. (Direccion General de Estadisticas , Resumen
General del 6° Censo Nacional , cité in Brice Heath 1973) - - 34
-non sans raisons- des Etats-Unis, déjà entrés en beaucoup
guerre, et des pressions qu'ils exerçaient sur leur voisin immé
diat. Il fallut la destruction de deux pétroliers mexicains par
les Allemands, et une campagne de presse considérable, pour
amener l'opinion publique à considérer que les raisons de décla
rer la guerre l'emportaient sur le contentieux historique résul
tant des exactions américaines au Mexique.
La déclaration de guerre intervint en mai 1942 et la campa
gne de propagande officielle fut centrée autour de deux idées:
unité nationale et productivité. Ces deux thèmes avaient un
double but: ils soulignaient que le Mexique n'envisageait pas une
participation directe au conflit; il contribuait en même temps à
mettre en place pour les vingt ans à venir le programme national
qui allait conduire à ce qu'on a appelé le "miracle mexicain":
plus de révolutions dans le pays, travail acharné, paix (de gré
ou de force), urbanisation et industrialisation massive (Torres
1979) .
Les populations indiennes s'inséraient bien dans cet esprit
d'unité nationale et de progrès. Leur éducation (accompagnée
d'assimilation linguistique et culturelle) pouvait être une
preuve vivante d'une intégration nationale longtemps désirée;
elle impliquait du même coup la formation -fût-elle succinte-
d'une masse considérable de force de travail dans un marché en
expansion. L'année de notre session solennelle, 1942, fut bapti
sée 1' "année de l'effort", et le gouvernement mit en place
plusieurs autres mesures, dans l'éducation et dans les politiques
sociales et économiques, participant de cet esprit syncrétique
mêlant rhétorique et pragmatisme avoué.
Les représentants de divers groupes ethniques mexicains
furent donc invités le 24 décembre à assister à l'hommage
solennel et (selon l'expression de l'un des orateurs) "bien
mérité" que la Chambre des députés s'apprêtait à leur rendre.
On aurait facilement pu -on peut encore- interprêter tout
ceci comme un hommage à soi-même: il y avait là les députés, tous
membres du parti officiel , se réunissant dans le cadre de leur
mandat pour rendre hommage à un secteur de la société nationale - - 35
qu'ils étaient censés représenter, ou encore, si l'on préfère, à
la façon dont le groupe politique dominant (auquel ils apparte
naient tous) s'était montré attentif au "problème indigène"
expression souvent reprise au cours de la session.
La présence de représentants d'une partie des groupes ethni
ques fait sens ici: ils étaient les destinataires de la cérémonie
et, même s'il ne fallait pas regarder de trop près comment ils
avaient été choisis, leur présence pendant la session fournissait
un interlocuteur visible à qui destiner les discours et les
applaudissements .
Trois députés se succédèrent à la tribune et exercèrent sans
vergogne leur droit de parler de la population indigène, alors
même que les indiens jouaient les témoins muets. Il n'y eut bien
sûr pas de débat entre les orateurs, en dépit de différences
sensibles d'emphase et de focalisation dans ce qu'ils dirent. En
considérant la session dans son ensemble, on peut affirmer
qu'elle constituait une unité complexe qui, par addition des
discours, couvrait plusieurs dimensions essentielles de la
position politique du gouvernement à ce moment.
Le premier député traita, en termes généraux, le thème du
racisme et de sa non-existence au Mexique. Utilisant les pronoms
personnels et les phrases nominales, il produisit un triangle
dont l'un des sommets était occupé par un "nous" qui recouvrait à
peu près les groupes et secteurs suivants:
- lui-même en tant que député,
- les députés en tant que représentants de la nation,
- la nation dans son ensemble,
- l'Amérique latine et même le monde entier.
Ce qui sous-tendait ce large éventail de caracterisation, c'est
que ceux qui appartenaient à ce "nous" étaient les non-indiens.
Ce fait était mis en valeur par l'emploi, dans des contextes
stylistiquement bizarres, du pronom de la seconde personne, - - 36
qui occupait un autre sommet du triangle et permettait de "vous",
s'adresser aux groupes indigènes physiquement présents dans la
session. La population indigène était aussi désignée à l'aide de
pronoms de la troisième personne, mais les assertions les plus
frappantes par rapport au thème principal (le racisme) étaient
produites sous la forme de la seconde personne, par exemple:
Vous êtes considérés par les doctrines d'Hitler comme les
membres d'une race inférieure (...) (3)
"Ils" occupait la troisième place et désignait, comme on
peut s'y attendre, ceux qui partageaient les doctrines d'Hitler,
et étaient "nos" ennemis naturels aussi bien que "les vôtres"
puisque, si nous entreprenons de paraphraser ce député avec juste
un peu de mauvaise volonté, "vous" désignait les indiens, dange
reusement proches des juifs et des nègres, et "nous" étaient les
peuples démocratiques qui croyaient à l'égalité raciale et la
mettait en pratique dans la planification gouvernementale.
La dernière partie permit à l'orateur de centrer son
discours sur une proposition d'alliance entre les groupes indi
gènes et les secteurs politiques dominants au niveau national. Ce
qui ressortait essentiellement de cette proposition d'alliance
était qu'il conviendrait que les indiens acceptent les programmes
éducatifs et linguistiques officiels, soit essentiellement
l'apprentissage extensif de l'espagnol, présenté comme le
meilleur moyen de communiquer avec le pays tout entier.
La différenciation "nous/vous" faisait dans ce discours
l'objet d'une tentative de résolution par référence au "sang"
comme indicateur signifiant de la "race" et du "mélange de races"
( "mestiza je" ) , situation supposée du Mexique et de l'Amérique de
1 ' époque :
11 y a, coulant dans pratiquement toutes nos veines, du sang
indien. C'est un motif de satisfaction et de fierté pour nous de
voir ce sang indien dans notre corps
(3) Une autre était, par exemple, la suivante: (...) la présence
de vous tous ici au jourd ' hui suffit à établir que nous
n'avons rien de commun avec les théories qui croient à la
supériorité d'une race particulière. - - 37
La notion de groupe ethnique était mise en équivalence avec
celle de race, et la race avec le sang; d'une certaine façon, par
cette chaîne d'équivalences, la description de l'hommage qui
avait commencé dans la première phrase du premier paragraphe
commme un
(...) hommage bien mérité à la population indigène du pays
aboutissait dès la fin de ce même paragraphe à une formulation
beaucoup plus modeste et défensive qui assertait:
(...) un hommage du Congrès mexicain rendu à la race de sang
indien gui n'est inférieure à aucune autre.
*
Le deuxième orateur développa davantage les aspects concrets
et programmatiques de la présence de la population indigène et
son insertion (ou son manque d'insertion) dans la société natio
nale. Il dénonça avec passion, non les crimes fascistes, mais la
faiblesse de l'intérêt manifesté par plusieurs secteurs politi
ques et sociaux pour les programmes gouvernementaux visant à
1 ' intégration.
Il articula son discours sur le précédent en mentionnant le
Président Avila Camacho et l'ancien Président Lazaro Cardenas ,
leur amour et intérêt bien établis pour le destin des groupes
indigènes. Il entreprit alors de critiquer les équipes ineptes
qui entouraient ces présidents. Son intervention est celle qui
adopte le ton le plus officiel, qui est la moins rhétorique et,
de ce fait, elle donne une dimension d'autant plus dramatique à
ses descriptions détaillées des conditions scandaleuses dans
lesquelles vivait encore la population indigène.
Le troisième député ferma le cercle: les dimensions interna
tionales et nationales de la question de l'égalité raciale furent
rassemblées sous une formulation qui, tout en soutenant l'invita
tion lancée par le premier orateur aux groupes indigènes d'accep- - - 38
ter l'école et l'espagnol, donnait à la proposition une valeur
d'urgence motivée par les actes du fascisme en Europe en le
transposant dans la conjoncture nationale.
Il obtint ces effets grâce à une chaîne d'identités et de
différences longue mais simple. Les pronoms personnels ne jouent
pas un rôle important dans la mesure où la plupart des équivalen
ces étaient explicitement assertées sous la forme "X est Y" (4).
La chaîne se déroulait à peu près de la façon suivante:
- La guerre d'indépendance du Mexique en 1818 et la révolution
mexicaine de 1910 avaient comme objectif majeur la réalisation
de l'égalité économique, politique et sociale dans les divers
groupes ethniques nationaux;
- De là, le Mexique et son gouvernement issu de la révolution de
(4) Cet article ne présente, compte tenu de sa longueur, que les
résultats résumés de l'analyse à laquelle nous avons soumis
les matériaux, mais aucune des étapes méthodologiques de la
recherche. L'analyse a couvert presque tout le texte de la
session, bien que de façon non exhaustive. Les phrases
nominales, la portée et la mise en séquence des pronoms
personnels ont été dégagées grâce à une analyse syntaxique
qui n'est pas entièrement conventionnelle, et une attention
particulière a été portée aux occurrences du présent de
l'indicatif du verbe être ("ser"), ainsi qu'au contenu pro-
positionnel des phrases qui constituaient chaque étape d'une
séquence. Cette information, complétée par un examen des
structures de phrases en termes de principales, subordonnées
et coordonnées, a contribué à dégager ce qui est présenté
dans l'article comme des ensembles de propositions simples
pour chaque texte et qui peut être considéré comme représen
tant le noyau dur de leur contenu propositionnel. On a aussi
porté attention aux récurrences lexicales, mais non d'un
point de vue quantitatif. Toutes les opérations d'analyse
ont été faites à la main, sans aucune normalisation préala
ble des textes. On trouvera une présentation plus détaillée
de ce type de travail en analyse de discours, où la compé
tence de lecteur de l'analyste lui-même jouent un rôle
méthodologique délibéré, dans Carbo 1984. '
- - 39
1910 sont intrinsèquement hostiles au fascisme et ses théories
de supériorité raciale;
- Ceux qui s'opposent au gouvernement révolutionnaire mexicain
contemporain sont disposés à accepter la vérité des horribles
doctrines d'Hitler;
- Ces sont visiblement refusées par l'origine histori
que du système politique mexicain et par le fait même de
l1 hommage solennel que la chambre des députés rend aux indiens
mexicains ;
- De là, la défense de la révolution mexicaine contre ses ennemis
intérieurs et extérieurs est une tâche qui incombe aussi bien
aux indiens qu'aux "mestizos" jusqu'à la défaite totale de ces
ennemis, "fascistes de toute couleur".
Si nous établissons un tel ensemble de propositions simples
pour le discours du pemier orateur, -propositions plus cachées
dans la trame serrée du texte- nous obtenons quelque chose du
genre suivant:
- les races existent;
- elles sont égales;
- mais elles peuvent être traitées différemment;
- Hitler en privilégie une;
- le Mexique (nous) ne le fait pas;
- le et sa politique sont antifascistes;
- les indiens, vous, êtes une partie de la nation mexicaine;
- vous êtes caractérisés par le sang, la culture et la langue
maternelle ;
- le sang est déjà mélangé dans ce pays
- la culture et la langue maternelle sont des problèmes dont on
s'occupera par l'éducation et des campagnes d'enseignement de
1 espagnol ;
- le gouvernement a entrepris de prendre des mesures de grande
ampleur pour atteindre ces buts anti-fascistes;
- vous ne pouvez manquer de les soutenir au nom de votre/notre
idéologie anti-fasciste.