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Instruments d'enquête utilisés pour les études sur le terrain - article ; n°1 ; vol.6, pg 136-147

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Revue française de sociologie - Année 1965 - Volume 6 - Numéro 1 - Pages 136-147
Michèle Kourganoff : In den monographischen Stndien angewandte Instrumente.
Die Notwendigkeit, über Instrumente zu verfiigen, die sich an verschiedene Realitaten anpassen ohne an Genauigkeit einzubüssen, haben dazu gefûhrt, den Fragebogen durch Beobachtungen bzw. Unterhaltungspláne durch Klassifierungs- bzw Zusammenstellungsmaterial und durch Anleitungen uber zu erforschende Themen bzw. über notwendig zu erlangende statistische Daten (z.B. demographischer, wirtschaftlicher, politischer Art) zu ersetzen. Die Fragepläne bei den Interviews haben zum Zweck, die Analyse der sozialen Gruppen, der Verwandschafts-und Nachbarschaftsbeziehungen, der Rollen in der Familie und des Konsums zu ermoglichen. Eine Personalienkartei sammelt Informationen objektiver Art über Personen, Betriebe, Institutionen, Verbände und Verwandschaftsbeziehungen.
Michèle Kourganoff : Los instrumentos de investigación que se utilizan para los estudios hechos en el terreno.
Para el estudio de las sociedades rurales locales, la doble exigencia de flexibilidad y rigor ha hecho preferir a los cuestionarios, guias de observation y mantenimiento, fichas de clasificación о recapitulation de los datos, directivas de investigation о nomenclatures de los datos que se deben recoger (estadisticas demográficas, económicas, électorales). Las guias de mantenimiento analizan los grupos, y las relaciones entre parientes y vecinos, los papeles familiares, y el consumo. Fichas están destinadas a recoger datos objetivos : caracteristicas indi- viduales, análisis de las explotaciones agricoles y comerciales, instituciones y asociaciones, redes de parentesco.
Michèle Kourganoff : Inquiry tools for field studies.
In the study of local rural societies, to satisfy the requirements both of adaptiveness and of precision, it has seemed better to use, instead of questionnaires, series of observation and interview guide-books, research instructions, lists of data to be collected (demographic, electoral, economic statistics). The interview guide-books bear on group analysis, analysis of parental and neighbourhood relationship and family roles and on consumption. Signaletic cards are intended to gather objective data: individual characteristics, analysis of agricultural and commercial entreprises, institutions, associations, parental networks.
Михаил Курганов: Способы анкеты, использованные для изучения на участке.
Для изучения местных сельских обществ требуется большая сноровка и точность, поэтому были предпочтены опросным листам и беседам карточки для регистрации или подбора данных, директивы по исследованию или номенклатуры для сбора необходимых данных (демографические, экономические, электоральные статистики). Справочник для бесед касается анализа групп, отношений между родственниками и соседями, касается роли семей, потребления, расходов. Эти опросные листы предусмотрены для сбора объективных данных: личные характеристики, анализы сельского хозяйства и торговли, учреждений и товариществ, родственных связей.
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1965
Nombre de lectures 20
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Exrait

Michèle Kourganoff
Instruments d'enquête utilisés pour les études sur le terrain
In: Revue française de sociologie. 1965, 6-1. pp. 136-147.
Citer ce document / Cite this document :
Kourganoff Michèle. Instruments d'enquête utilisés pour les études sur le terrain. In: Revue française de sociologie. 1965, 6-1.
pp. 136-147.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1965_hos_6_1_1830Zusammenfassung
Michèle Kourganoff : In den monographischen Stndien angewandte Instrumente.
Die Notwendigkeit, über Instrumente zu verfiigen, die sich an verschiedene Realitaten anpassen ohne
an Genauigkeit einzubüssen, haben dazu gefûhrt, den Fragebogen durch Beobachtungen bzw.
Unterhaltungspláne durch Klassifierungs- bzw Zusammenstellungsmaterial und durch Anleitungen uber
zu erforschende Themen bzw. über notwendig zu erlangende statistische Daten (z.B. demographischer,
wirtschaftlicher, politischer Art) zu ersetzen. Die Fragepläne bei den Interviews haben zum Zweck, die
Analyse der sozialen Gruppen, der Verwandschafts-und Nachbarschaftsbeziehungen, der Rollen in der
Familie und des Konsums zu ermoglichen. Eine Personalienkartei sammelt Informationen objektiver Art
über Personen, Betriebe, Institutionen, Verbände und Verwandschaftsbeziehungen.
Resumen
Michèle Kourganoff : Los instrumentos de investigación que se utilizan para los estudios hechos en el
terreno.
Para el estudio de las sociedades rurales locales, la doble exigencia de flexibilidad y rigor ha hecho
preferir a los cuestionarios, guias de observation y mantenimiento, fichas de clasificación о
recapitulation de los datos, directivas de investigation о nomenclatures de los datos que se deben
recoger (estadisticas demográficas, económicas, électorales). Las guias de mantenimiento analizan los
grupos, y las relaciones entre parientes y vecinos, los papeles familiares, y el consumo. Fichas están
destinadas a recoger datos objetivos : caracteristicas indi- viduales, análisis de las explotaciones
agricoles y comerciales, instituciones y asociaciones, redes de parentesco.
Abstract
Michèle Kourganoff : Inquiry tools for field studies.
In the study of local rural societies, to satisfy the requirements both of adaptiveness and of precision, it
has seemed better to use, instead of questionnaires, series of observation and interview guide-books,
research instructions, lists of data to be collected (demographic, electoral, economic statistics). The
interview guide-books bear on group analysis, analysis of parental and neighbourhood relationship and
family roles and on consumption. Signaletic cards are intended to gather objective data: individual
characteristics, analysis of agricultural and commercial entreprises, institutions, associations, parental
networks.
резюме
Михаил Курганов: Способы анкеты, использованные для изучения на участке.
Для изучения местных сельских обществ требуется большая сноровка и точность, поэтому были
предпочтены опросным листам и беседам карточки для регистрации или подбора данных,
директивы по исследованию или номенклатуры для сбора необходимых данных
(демографические, экономические, электоральные статистики). Справочник для бесед касается
анализа групп, отношений между родственниками и соседями, касается роли семей,
потребления, расходов. Эти опросные листы предусмотрены для сбора объективных данных:
личные характеристики, анализы сельского хозяйства и торговли, учреждений и товариществ,
родственных связей..
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»* «I* R. franc. Sociol, VI, 1965, 137-147
Instruments d'enquête
utilisés pour les études sur le terrain
par Michèle Kourganoff
Les études monographiques entreprises jusqu'ici dans huit régions ont pour
objectif de décrire les éléments constitutifs d'un système social donné et de véri
fier si leur organisation s'effectue selon des mécanismes tels que l'on puisse en
dégager des types d'organisation sociale.
L'importance du travail d'analyse prévu a tout d'abord interdit de retenir le
canton comme aire d'étude et on a choisi, à l'aide d'une pré-enquête, une unité
de vie sociale plus restreinte : commune, fraction de commune. Mais il ne s'agit
là que d'un point de départ et certains domaines d'investigation exigent un élar
gissement du terrain d'enquête, au moins aux dimensions du canton. Pour l'étude
de chaque collectivité, on a adopté le principe de longs séjours d'un même enquê
teur et de participation à la vie locale.
La première démarche de la recherche consiste à sélectionner les domaines
de la vie sociale sur lesquels portera l'étude et les problèmes qu'il faut analyser
pour comprendre le fonctionnement de la société. Mais le découpage du champ
de recherches en instruments d'enquête obéit ensuite à une logique bien diffé
rente. Un même problème est toujours cerné à l'aide d'un faisceau d'indices
pour lesquels l'investigation porte tantôt sur la collectivité tout entière (analyse
de statistiques, cadastre, liste nominative, etc.), tantôt sur des individus, tantôt
sur des groupes (cellule familiale, association, entreprise agricole, commerciale,
artisanale, etc.). Il ne peut donc pas y avoir correspondance entre un instrument
d'enquête et tel ou tel des problèmes que l'on cherche à étudier : un même pro
blème fera appel à plusieurs instruments, un même instrument renseignera sur
plusieurs problèmes.
Le contenu de chaque instrument d'enquête obéit à des considérations d'ordre
pratique plutôt que théorique : certains sont destinés à la collecte de caractéristi
ques individuelles auprès de chacun des membres de la collectivité, d'autres à
l'analyse de groupes particuliers (exploitation, commerce, association, etc.) d'au
tres encore à la recherche des données (statistiques ou d'observation) concernant
la société dans son ensemble. En outre certains instruments d'enquête sont des
tinés à recueillir des données de fait tandis que d'autres explorent des attitudes
et des représentations.
D'autre part l'objectif des recherches étant à la fois de décrire la structure
sociale de chaque société et de sauvegarder l'exigence de comparativité entre ces
structures sociales, les instruments d'enquête devaient être simultanément assez
rigoureux pour que l'on dispose partout des mêmes informations, et assez sou
ples pour ne pas déformer la réalité en l'enserrant dans des catégories d'analyse
pré-établies et peut-être inadaptées. Une formalisation trop poussée des ii^tru-
ments d'enquête pourrait conduire à négliger l'originalité de chaque société et
aboutir à des résultats présentant une uniformité trompeuse. Le cadre général
137 Revue française de sociologie
une fois défini, une certaine liberté est donc laissée aux chercheurs sur le terrain,
l'essentiel étant que tous adoptent les mêmes perspectives de recherches et
recueillent des données dans les mêmes domaines sans rejeter ce qui paraîtrait
secondaire pour telle ou telle société, et qu'une monographie entreprise isol
ément eût peut-être légitimement négligé, tout en s'attachant à étudier ce qui
fait le caractère particulier et unique de chaque collectivité.
A de rares exceptions près, les instruments d'enquête (*) ne sont donc pas
des questionnaires mais des guides d'observation ou d'entretien, des fiches de
classement ou de récapitulation des données, de simples nomenclatures des
points sur lesquels il est indispensable de rassembler des données précises, et
enfin des consignes ou des textes de réflexion destinés aux enquêteurs et fixant
des directives de recherche.
A. — Consignes d'étude des structures sociales
C'est une démarche habituelle en sociologie que de répartir les individus en
un certain nombre de classes déterminées à l'aide de catégories d'analyse telles
que l'âge, la profession, le revenu, etc. Pour indispensable qu'elle soit, cette
démarche ne renseigne pas sur le degré de réalité et d'importance des catégories
ainsi constituées. Les «consignes d'étude des structures sociales», remises à
chaque enquêteur proposent donc une méthode pour découvrir les groupes
perçus comme tels par tout ou partie de la collectivité.
Dans la mesure où tout groupe en se définissant définit en même temps ce
qu'il n'est pas, le hors groupe, on peut admettre l'hypothèse que chaque fois y a groupe, il y a séparation ou « clivage ».
Les consignes remises à chaque enquêteur pour la recherche de ces clivages
sont un texte de réflexion sur les problèmes posés et les méthodes possibles pour
détecter les clivages. Il ne s'agit donc pas, à proprement parler, d'un «instru
ment d'enquête» mais d'une tentative d'unification des hypothèses qui devront
guider les chercheurs sur le terrain. Ainsi donc la méthode théoriquement la
plus satisfaisante consiste à laisser les individus se classer eux-mêmes dans tel
ou tel groupe en utilisant l'entretien non-directif. Une analyse de contenu per
met ensuite de dégager les nous et les Us exprimés. Cette méthode est extrême
ment délicate à manier; elle exige des enquêteurs rompus à cette technique, un
enregistrement sur magnétophone et un dépouillement très long. Les déchets
sont considérables. Pratiquement on ne peut guère recourir au non-directi-
visme pur et des relances doivent être pratiquées au cours de l'entretien (**).
Les consignes proposent donc à titre d'exemple : d'une part un certain nom
bre de problèmes susceptibles de permettre aux sujets de définir eux-mêmes
des groupes en se situant dans l'un ou l'autre d'entre eux; d'autre part un certain
nombre de clivages habituellement utilisés en sociologie pour rendre compte
de la structure sociale.
(*) Si l'élaboration des instruments d'enquête a été collective, la rédaction défi
nitive en a été assurée par différents chercheurs du Groupe de Sociologie rurale :
Monique Cristin : «Consignes d'étude des structures sociales».
Marcel Joixivet : « Dossier communal et cantonal »; « Fiche d'étude du réseau de
parenté »; « Guide d'étude des relations de parenté et de voisinage et d'étude de la
vie communautaire ».
Michèle Kourganoff : « Fiche individuelle et domestique »; « Fiche commerce, arti
sanat, industries»; «Fiche exploitation»; «Dossier associations».
Jacques Maho : « Guide d'étude de la consommation (fiches maison-alimentation-
vêtement) ».
Marie Moscovici : « Guidé des rôles familiaux ».
(**) L'article de J. Maho et M. Cristin rend compte d'une première analyse de ce
type dans un village de la Creuse.
138 Instruments d'enquête utilisés pour les études
Ces thèmes qui peuvent a priori sembler adéquats pour l'étude des divi
sions à l'intérieur d'une société rurale sont : l'exode, le mariage, l'école et l'édu
cation, l'Eglise et la religion, la politique, les loisirs, les problèmes agricoles, les
industries locales.
La liste des problèmes proposés n'est sans doute pas exhaustive mais elle ne
doit pas non plus être intégralement retenue pour toutes les collectivités étudiées :
seuls certains (relevés par la pré-enquête, l'observation, les informat
eurs, l'analyse des données objectives) feront l'objet d'investigations.
Pour chacun de ces thèmes, des hypothèses de clivage et des questions sont
proposées. Elles ne visent pas à obtenir des renseignements quantitatifs ou object
ifs, qui seront recueillis par ailleurs, mais des opinions.
La même démarche est suivie dans la présentation des clivages : il s'agit de
montrer comment les clivages classiques peuvent se manifester au niveau des
sociétés rurales locales. On propose donc quelques questions portant sur les
clivages socio-économiques, par âge, par sexe, par profession, par familles.
Quelle que soit l'approche choisie (problème ou clivage) la méthode proposée
pour détecter les groupes repose sur une attitude constante du chercheur: à
partir de chacun des clivages ou des problèmes (et même d'une façon générale,
à propos de tout entretien réalisé au cours de l'enquête) relever les sentiments
d'appartenance ou d'exclusion exprimés, les groupes de référence spontanément
cités. L'existence d'un groupe est supposée lorsqu'un sujet s'exprime en des termes
impliquant une séparation en « nous » et en « eux >.
Les entretiens réalisés en suivant les consignes d'étude des structures sociales
permettront d'apprécier si les réseaux de parenté et les rapports de voisinage
définissent des clivages, et si les groupes organisés ou non (institutions, associa
tions, groupements) représentent une réalité sociale importante. Trois instr
uments ont été prévus pour étudier ces groupes et pour reconstituer les réseaux
existant au sein du village et décrire l'incidence des relations de parenté sur les
comportements : une fiche « Institutions, associations, groupements »; une fiche
« Réseaux de parenté »; un guide « Relations de parenté et de voisinage ».
B. — Fiche « Institutions - Associations ■ Groupements *
C'est une fiche signalétique de tous les groupements décelés par le chercheur
à l'intérieur de la société qu'il étudie. Le même type de fiche a été prévu à la fois
pour les institutions et associations organisées et pour les groupements informels.
Ainsi elle sera remplie aussi bien pour une C.U.MA. que pour la JA.C, les
Anciens Combattants, le Conseil municipal, une Association de Parents d'Elèves,
les membres de la fanfare ou de l'équipe de football, les bandes de jeunes, les
habitués d'un café, les sympathisants d'un parti politique, etc. D'une façon géné
rale pour tout groupement jouant un rôle quelconque dans la vie locale.
Les divers points récapitulés sur cette fiche concernent :
— La nature du groupement étudié (institution, association, groupement
formel ou informel) et sa désignation (légale ou attribuée par l'informateur),
son régime juridique, le nombre de ses membres, et s'il y a lieu, son organisa
tion (bureau, etc.), les revenus dont il jouit, etc.
— Les conditions de recrutement ou d'admission des membres : qui fait
partie de droit du groupe, qui peut y être admis, qui en est d'office exclu.
— La vie du groupe : fréquence, but, nature et déroulement des réunions.
— La fonction et l'importance du groupement dans la vie locale : son rôle
passé et actuel, éventuellement les distorsions entre son rôle réel et celui qu'on
lui assigne, ses perspectives.
139 Revue française de sociologie
— Les liens qui l'unissent éventuellement aux autres associations ou groupe
ments existants : participation simultanée des mêmes individus à plusieurs grou
pements, hostilité ou cordialité entre les divers groupes, types d'alliances, de
conflits, d'oppositions. Vision du groupe par les autres.
— L'histoire du groupe : depuis quand existe-t-il, à qui a-t-il succédé, qui
a été à l'origine de sa formation, comment s'est-il constitué, pour quelles raisons,
dans quel but ? Quelle a été son évolution, tant sur le plan idéologique que sur
le plan matériel (changements de tendance, interruptions, croissance, etc.).
— Les membres du groupe. Les notations portées ici sont essentiellement des
points de repère renvoyant aux renseignements précis recueillis par ailleurs
sur chacun des individus appartenant à la collectivité étudiée ou y jouant un
rôle notable (cf. fiches individuelles).
Une fiche sera « ouverte » pour chaque groupe mentionné par un informateur
ou observé (même sans certitude de son existence) et complétée tout au cours
de l'enquête sur le terrain.
On ne s'intéressera pas seulement aux groupements de la commune, mais
aussi à ceux d'un territoire plus étendu s'ils jouent un rôle ou ont des membres
dans l'aire retenue pour l'étude.
Les données figurant sur la fiche sont recueillies soit à partir d'un document,
soit par observation, soit à la suite d'entretiens. Le degré de réalité et d'impor
tance des groupes décelés est lié à la façon dont ils sont perçus par la collect
ivité. Par ailleurs certains groupes peuvent ne pas apparaître directement à
l'observation.
C. — Fiche de réseau de parenté
C'est une fiche qui permet, à partir de chaque famille conjugale de rétablir
l'ensemble des liens de parenté. Elle se présente comme un tableau sur lequel
figurent les divers membres d'une famille conjugale et les relations de parenté
existant entre chacun d'eux et les membres d'autres familles.
La nécessité de reconstituer l'espace familial réel obligera souvent à déborder
largement du cadre du village et il pourra s'avérer impossible de suivre dans un
espace devenu trop large les nombreuses ramifications familiales. Mais cette
impossibilité même est extrêmement révélatrice et si l'on peut espérer à la
lumière des premiers résultats reconstruire en Creuse des réseaux de parenté
regroupant l'ensemble de la population il est intéressant de constater que les
mêmes techniques de recherche ne permettent pas, en Beauce, d'intégrer les
familles dans un certain nombre de réseaux et que l'on découvre au contraire
une « atomisation » de ces réseaux.
D. — Guide d'étude des relations de parenté et de voisinage
Selon les circonstances ce guide est utilisé soit pour décrire des événements
observés pendant le séjour, soit pour se faire décrire par des informateurs des
événements familiaux récents ou la façon habituelle dont ces se
déroulent.
L'objectif de ces descriptions est de permettre :
— de saisir l'extension donnée localement au terme de « parent » ou « voisin ».
Jusqu'à quel degré de parenté est-on « en famille » ? Jusqu'où est-on entre
voisins;
— d'apprécier la vitalité des liens familiaux et de voisinage;
140 Instruments d'enquête utilisés pour les études
— de découvrir les rôles, fonctions, statuts, droits et devoirs particuliers
éventuellement dévolus à certains membres de la famille étendue (aîné ou pa
triarche par exemple) ou à voisins;
— de découvrir s'il existe dans le village des familles ou des groupes de voisi
nage qui ont un rôle social ou politique important et comment cette importance
se manifeste;
— de découvrir enfin, au sein d'un même village, des comportements sociaux
selon les différentes familles, les unités de voisinage, les groupes socio-pro
fessionnels.
Ce guide est centré sur l'observation des comportements d'entraide (coprop
riété, échanges, « coups de main ») et des fêtes (réjouissances communes, invi
tations, etc.) qui constituent autant de manifestations des relations sociales.
E. — Fiches individuelles (annexe p. 137)
Les rapports entre les groupes existant au sein d'un village sont liés au fait
que les mêmes individus participent souvent à plusieurs groupements. Par ai
lleurs la confrontation des caractéristiques individuelles des membres d'un groupe
fournit souvent une explication de sa nature et de ses fonctions. Par exemple,
dans tel village les membres des principales associations se recrutent parmi les
plus favorisés sur le plan économique tandis que dans telle autre région seuls les
plus défavorisés prennent l'initiative de s'organiser. Pour procéder à ce type
d'analyse Я faut recueillir un certain nombre de données précises au niveau des
individus et pouvoir facilement les mettre en relation les unes avec les autres.
La méthode que nous avons utilisée a consisté à sélectionner les renseigne
ments essentiels à obtenir pour chacun des habitants et à les consigner sur une
fiche individuelle en prévoyant un système de renvoi permanent aux recueillis au niveau d'unités plus larges (famille, entreprise, etc.) dont
chacun d'eux faisait partie. Pour la commodité de l'exposé nous qualifions cette
fiche de «fiche individuelle» bien qu'elle comporte certains caractères d'une de ménage et de groupe domestique.
Chaque fiche est en effet remplie à partir d'un individu (généralement le
chef de famille) mais comprend l'ensemble des renseignements concernant les
deux conjoints (lorsqu'il s'agit d'un individu marié ou l'ayant été). Elle com
porte en outre quelques notations à propos des personnes vivant sous le même
toit (quel que soit leur degré de parenté) et à propos des enfants du couple
(même lorsque ceux-ci ont quitté le foyer ou la région). L'ensemble des fiches
permet donc des analyses et des regroupements non seulement à partir des indi
vidus mais à partir des foyers, des familles et des générations.
Comme la fiche mise au point pour le recueil des données concernant les
groupes, la fiche individuelle n'est pas destinée à être utilisée comme questionn
aire. Son but est de rappeler le minimum d'informations précises à obtenir sur
chaque individu et de permettre leur enregistrement de façon condensée et direc
tement utilisable. La concision et le caractère souvent elliptique de cette fiche
ont rendu nécessaires des consignes d'applications dont il serait fastidieux d'énu-
mérer les détails : définition des individus concernés, explication des signes
utilisés, modes de recueil des renseignements. Ces derniers émanent en effet de
sources très variées (documents, entretiens, observations) et concernent des
domaines extrêmement divers, toutefois ce ne sont plus des représentations ou
des attitudes mais des données de fait telles que par exemple :
— Lieux et dates de naissance des conjoints et de chacun de leurs parents
(voir l'article de Marcel Jollivet sur l'utilisation des lieux de naissance pour
l'étude de l'espace social).
141 Revue française de sociologie
— Professions (actuelles et antérieures, portant sur trois générations : parents,
conjoints et enfants).
— Domiciles, déplacements, séjours à l'extérieur.
— Lieux, dates et circonstances des mariages.
— Dimensions des familles (nombre d'enfants, cohabitation, émigration à
l'intérieur de chaque foyer).
— Lieux et professions des émigrés.
— Niveau de scolarisation.
— Ressources, niveau de vie, propriétés...
— Comportement politique, religieux, participation aux groupements, asso
ciations, etc.
La majorité des données précises et quantifiables dont nous disposons pour
chaque société étudiée est fournie par l'exploitation de ces fiches individuelles
auxquelles il faut ajouter les fiches remplies par ailleurs pour chaque entreprise
agricole, commerciale ou artisanale.
F. — Fiches d'exploitation agricole (annexe p. 144)
G. — Fiches « commerce • artisanat - industrie » (annexe p. 145)
H s'agit de deux fiches distinctes mais nous les analysons ensemble parce que
les informations consignées sur chacune d'elles sont de nature analogue. La
fiche d'exploitation agricole, en particulier, est extrêmement simplifiée par rap
port à celles qu'utilisent généralement les économistes : il n'est pas question
d'étudier la gestion de l'exploitation mais sa position sociale dans l'ensemble
local et ses principales fonctions économiques et sociales. Les renseignements
portés sur ces deux fiches concernent essentiellement :
— La localisation de l'entreprise.
— Son régime juridique, ses dimensions.
— L'histoire des mutations successives, leurs dates, leur mécanisme, les
liens entre anciens et actuels propriétaires.
— La main-d'œuvre et ses tâches réelles.
— La nature et la quantité des productions.
— Les circuits de commercialisation (points d'achat et de vente).
— Une appréciation du dynamisme de l'entreprise, de son «modernisme» et
de ses perspectives.
Une fiche est remplie pour toutes les exploitations et tous les commerces,
artisanat ou industries de la commune et tous ceux qui emploient des habitants
de la commune même s'ils sont situés en dehors du périmètre primitivement
retenu. Le degré d'extension nécessaire constitue ici un des critères permettant
de fixer les dimensions de l'unité sociale réelle.
Un système de renvoi permanent entre les fiches individuelles et les fiches
d'entreprise (agricoles ou commerciales...) permet de mettre en relation leurs
différents éléments.
H. — Fiches d'étude de la consommation
Le genre de vie et la familiale sont les secteurs de la vie sociale
les plus susceptibles de révéler l'évolution du milieu rural et sa pénétration par
la société globale. Les entretiens effectués auprès des commerçants fournissent
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