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L'étude empirique longitudinale

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Page 4 L’étude empirique longitudinale Sandra CHARREIRE PETIT pour e-theque Avant propos L’étude empirique occupe une place à part dans les recherches en sciences de gestion ; En particulier parce qu’elle permet d’établir des ponts entre les communautés académique et pratique. En effet, les théories produites sont largement nourries par les pratiques en vigueur dans les organisations et les institutions. Inversement, les praticiens s’inspirent des connaissances que les chercheurs produisent sur eux-mêmes, sur leurs pratiques au sens large, sur le fonctionnement des marchés ou encore sur les dépendances et les influences que les organisations entretiennent avec leurs environnements. Il n’est donc pas surprenant que des réflexions méthodologiques, comme celles que nous proposons, soient dédiées à l’étude empirique. Cette dernière peut être, au plan méthodologique, qualifiée de quantitative ou de qualitative. Le présent ouvrage est centré sur l’étude empirique qualitative. Non pas parce que l’approche quantitative n’est pas digne d’intérêt, mais parce que le choix d’une approche empirique qualitative répond généralement à deux exigences qui correspondent bien au besoin de développement des connaissances des chercheurs en gestion aujourd’hui. - La première de ces exigences consiste à pouvoir saisir en profondeur la complexité d’un phénomène, d’un processus ou d’un concept étudié. En effet, le matériau qualitatif permet des descriptions et des ...

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Page 4
Avant propos
L’étude empirique longitudinale Sandra CHARREIRE PETIT pour e-theque
L’étude empirique occupe une place à part dans les recherches en sciences de gestion; En particulier parce qu’elle permet d’établir des ponts entre les communautés académique et pratique. En effet, les théories produites sont largement nourries par les pratiques en vigueur dans les organisations et les institutions. Inversement, les praticiens s’inspirent des connaissances que les chercheurs produisent sur eux-mêmes, sur leurs pratiques au sens large, sur le fonctionnement des marchés ou encore sur les dépendances et les influences que les organisations entretiennent avec leurs environnements. Il n’est donc pas surprenant que des réflexions méthodologiques, comme celles que nous proposons, soient dédiées à l’étude empirique. Cette dernière peut être, au plan méthodologique, qualifiée de quantitative ou de qualitative. Le présent ouvrage est centré sur l’étude empirique qualitative. Non pas parce que l’approche quantitative n’est pas digne d’intérêt, mais parce que le choix d’une approche empirique qualitative répond généralement à deux exigences qui correspondent bien au besoin de développement des connaissances des chercheurs en gestion aujourd’hui. - La première de ces exigences consiste à pouvoir saisir en profondeur la complexité d’un phénomène, d’un processus ou d’un concept étudié. En effet, le matériau qualitatif permet des descriptions et des explications riches (Miles et Huberman, 1991). En outre, le choix du qualitatif, et notamment à travers les études de cas, permet deproduire de nouveaux liens théoriques tout en mobilisant des problématiques anciennes à partir d’une même situation (Dyer et Wilkins, 1991 : 616). - La seconde exigence vise à permettre, davantage que les méthodes quantitatives, une contribution théorique innovante. En effet, dans une étude de cas qualitative, le chercheur peut exposer une construction théorique en «montrant ses opérations dans un contexte social en mouvement» (Dyer et Wilkins, 1991). En outre, l’étude de cas unique permet d’aller en profondeur et d’innover tout en proposant des résultats scientifiques solides. En sciences de gestion, les études empiriques longitudinales offrent un rapport intense avec le terrain. Elles comportent quelques particularités : La nature dynamique des contextes constitue le cœur même de la démarche. Elles sont particulièrement adaptées pour étudier des processus organisationnels Elles nécessitent de disposer de temps. Elles permettent de riches et complètes compréhensions des contextes d’investigation et des processus étudiés par le chercheur, lequel « vit » alors les événements.
L’étude empirique longitudinalePage 5 Sandra CHARREIRE PETIT pour e-theque Le rapport intime avec la réalité empirique permet le développement de théories testables, significatives et valides (Glaser et Strauss, 1967). Par essence, les recherches longitudinales abordent la réalité sociale de manière dynamique. Cette dernière émerge plus qu’elle n’existe pour le chercheur. Selon nous, la compréhension d’un contexte dans sa dynamique constitue l’axe majeur de différenciation avec d’autres types de recherche et fonde la spécificité des études empiriques longitudinales. La perspective longitudinale est donc particulièrement adaptée pour des projets de recherche et des problématiques qui considèrent d’emblée la réalité sociale de manière dynamique. C’est précisément ce que Andrew Pettigrew entend par « recherche processuelle ». Aborder ainsi la dynamique de la réalité sociale s’inscrit dans l’esprit de ce que, dès 1966, Berger et Luckman appellent la « construction sociale de la réalité ».
Présentation de la logique de l’ouvrage
Le présent ouvrage est composé de cinq chapitres qui suggèrent une progression dans la compréhension des possibilités, mais aussi des difficultés de la recherche empirique longitudinale qualitative pour le chercheur. Les deux premiers chapitres présentent les éléments caractéristiques des études longitudinales ainsi que d’autres critères qui, sans être discriminants, doivent selon nous être impérativement considérés par le chercheur. Les développements font état d’arbitrages auxquels tout chercheur est confronté dans ce domaine. Par exemple, des questions fondamentales sont abordées comme le rapport entre la durée du processus étudié et la durée d’observation du processus par le chercheur. La démarche longitudinale est en outre située parmi d’autres design de recherche et le questionnement est articulé avec les niveaux épistémologique et méthodologique de la démarche.Les chapitres trois et quatre traitent de l’action de recherche, c’est-à-dire des moyens pour conduire une recherche de manière rigoureuse, en soulignant les difficultés classiques et en illustrant de quelles manières le chercheur peut y faire face. Le troisième chapitre porte un regard plus spécifiquement méthodologique sur le dispositif à élaborer par le chercheur. Cela dit, le propos ne se veut pas normatif : l’objectif n’est pas de présenter des « recettes » mais plutôt de suggérer au chercheur un questionnement suffisamment générique afin qu’il puisse y apporter des réponses circonstanciées, en fonction à la fois du contexte d’investigation et de sa problématique.