L'évolution des méthodes d'évaluation de l'efficacité des investissements en Pologne - article ; n°2 ; vol.9, pg 109-128

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Revue d’études comparatives Est-Ouest - Année 1978 - Volume 9 - Numéro 2 - Pages 109-128
The Evolution of Methods in Rating Investment Efficiency in Poland.
The starting point of the paper is the definition of the relative and absolute investment efficiency and their interrelation. Thus, three, historically formed types of economic calculation in investment have been specified, namely the stationary calculation of relative efficiency of investment, the stationary calculation of absolute investment efficiency and the dynamic calculation of absolute efficiency of investment.
Main attention is focused on the analysis of calculation methods of economic efficiency of investment which have been in operation in Poland since 1962. The author provides an evaluation of those methods, and, among others, points out the following: there is a need of such calculation in which the limitation of human labour would be treated differently than the limitation of better working conditions; the calculation should be based on one synthetic criterion of choice; the use of foreign market prices in the calculation is not justified.
The author's proposals aim at building up such method of investment efficiency calculation in which investment decisions would be made on the basis of comparing the sum of the profit from the analysed investment project discounted for a given moment with the sum of correspondingly discounted lost profit resulting from the limitation of means which can be disposed of for investment ends.
The comparison of the proposed method with the method in operation allowed the author to formulate some comments on parameters used in the actually applied method of investment efficency calculation.
L'article débute par la définition de l'efficacité relative et absolue des investissements et de leur interrelation. Ainsi, l'auteur expose trois types d'évaluation économique des investissements, à savoir le calcul statique de l'efficacité relative de l'investissement, le calcul statique de l'efficacité absolue de l'investissement et le calcul dynamique de l'efficacité absolue de l'investissement.
L'attention est centrée sur l'analyse des méthodes d'évaluation de l'efficacité économique des investissements qui ont été utilisées en Pologne depuis 1962. L'auteur évalue ces méthodes et accentue notamment les points suivants : on a besoin d'un mode de calcul où la contrainte du travail humain serait traitée différemment de celle de meilleures conditions de travail ; le calcul devrait être fondé sur un critère de choix unique ; l'utilisation des prix du marché international n'est pas justifiée dans le calcul.
Les propositions de l'auteur entendent contribuer à l'élaboration d'une méthode de calcul de l'efficacité des investissements où la décision d'investir serait fondée sur une comparaison entre le montant du profit tiré d'un projet d'investissement donné, calculé pour une période donnée, et du montant du profit perdu, calculé dans les mêmes conditions, résultant de la limitation des ressources dont on peut disposer à des fins d'investissement.
La comparaison de la méthode proposée avec la méthode en vigueur permet à l'auteur de formuiler quelques commentaires sur la méthode d'évaluation de l'efficacité des investissements actuellement appliquée.
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1978
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Langue Français
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Czeslaw Sulkowski
L'évolution des méthodes d'évaluation de l'efficacité des
investissements en Pologne
In: Revue d'études comparatives Est-Ouest. Volume 9, 1978, N°2. pp. 109-128.
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Sulkowski Czeslaw. L'évolution des méthodes d'évaluation de l'efficacité des investissements en Pologne. In: Revue d'études
comparatives Est-Ouest. Volume 9, 1978, N°2. pp. 109-128.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/receo_0338-0599_1978_num_9_2_2171Abstract
The Evolution of Methods in Rating Investment Efficiency in Poland.
The starting point of the paper is the definition of the relative and absolute investment efficiency and
their interrelation. Thus, three, historically formed types of economic calculation in investment have
been specified, namely the stationary calculation of relative efficiency of investment, the stationary
calculation of absolute investment efficiency and the dynamic calculation of absolute efficiency of
investment.
Main attention is focused on the analysis of calculation methods of economic efficiency of investment
which have been in operation in Poland since 1962. The author provides an evaluation of those
methods, and, among others, points out the following: there is a need of such calculation in which the
limitation of human labour would be treated differently than the limitation of better working conditions;
the calculation should be based on one synthetic criterion of choice; the use of foreign market prices in
the is not justified.
The author's proposals aim at building up such method of investment efficiency calculation in which
investment decisions would be made on the basis of comparing the sum of the profit from the analysed project discounted for a given moment with the sum of correspondingly discounted lost profit
resulting from the limitation of means which can be disposed of for investment ends.
The comparison of the proposed method with the method in operation allowed the author to formulate
some comments on parameters used in the actually applied method of investment efficency calculation.
Résumé
L'article débute par la définition de l'efficacité relative et absolue des investissements et de leur
interrelation. Ainsi, l'auteur expose trois types d'évaluation économique des investissements, à savoir le
calcul statique de l'efficacité relative de l'investissement, le calcul statique de l'efficacité absolue de
l'investissement et le calcul dynamique de l'efficacité absolue de l'investissement.
L'attention est centrée sur l'analyse des méthodes d'évaluation de l'efficacité économique des
investissements qui ont été utilisées en Pologne depuis 1962. L'auteur évalue ces méthodes et
accentue notamment les points suivants : on a besoin d'un mode de calcul où la contrainte du travail
humain serait traitée différemment de celle de meilleures conditions de travail ; le calcul devrait être
fondé sur un critère de choix unique ; l'utilisation des prix du marché international n'est pas justifiée
dans le calcul.
Les propositions de l'auteur entendent contribuer à l'élaboration d'une méthode de calcul de l'efficacité
des investissements où la décision d'investir serait fondée sur une comparaison entre le montant du
profit tiré d'un projet d'investissement donné, calculé pour une période donnée, et du montant du profit
perdu, calculé dans les mêmes conditions, résultant de la limitation des ressources dont on peut
disposer à des fins d'investissement.
La comparaison de la méthode proposée avec la méthode en vigueur permet à l'auteur de formuiler
quelques commentaires sur la méthode d'évaluation de l'efficacité des investissements actuellement
appliquée.L'évolution des méthodes d'évaluation
de l'efficacité des investissements
en Pologne
Czesfaw SULKOWSKÏ*
1. Les types de calculs d'efficacité des investissements
Deux types de calculs ont été développés tant dans la littérature que dans
la pratique économiques. Le premier est qualifié de calcul de l'efficacité
relative de l'investissement et le second de calcul de l'efficacité absolue
de l'investissement. Jusqu'ici, seul l'objectif du calcul a été défini assez
précisément. Cependant, la littérature économique ne propose aucune
définition de l'efficacité relative ou absolue de l'investissement en termes
quantitatifs.
Le calcul relatif utilisé en pratique qui, comme on le montrera plus loin,
n'est qu'une forme particulière du calcul de l'efficacité relative de l'investi
ssement, suppose que le programme de production et donc de l'effet d'utilité
de l'investissement envisagé ont été déterminés avant que le calcul soit
effectué. On réduit ainsi les choix pour l'optimisation du niveau technique
du projet d'investissement.
Considérer le programme de production comme une grandeur donnée
équivaut théoriquement à allouer à des secteurs particuliers de production
une quantité de dépenses d'investisseemnt telle qu'elle garantit un résultat
précis dans des conditions techniques et économiques àjntensité de capital
minimum. Ce calcul d'efficacité minimum de l'investissement ne concerne
que le surplus de dépenses d'investissement par rapport aux dépenses de
base. On appellera cette grandeur la dépense, ajoutée d'investissement.
Le calcul doit résoudre le problème suivant : comment répartir cette
dépense ajoutée parmi les divers secteurs de production afin d'obtenir
un effet maximum ? En d'autres termes, le calcul devrait optimiser la
* Ecole Supérieure de Sciences Economiques de Wroclaw.
109 Czeslaw Sulkowski
structure par branches des dépenses ajoutées d'investissement en partant
de la structure par branches donnée des dépenses de base.
Pour résoudre ce problème, il faut trouver le taux le plus avantageux
des dépenses ajoutées d'investissement par rapport aux rendements obtenus.
L'évaluation de l'efficacité relative devrait donc prendre la forme suivante :
Effet des dépenses ajoutées d'investissement
Dépenses ajoutées d'investissement.
En supposant identiques les effets d'utilité, le calcul les élimine en un
sens des analyses devant permettre un choix entre les meilleures variantes
d'investissement. Le résultat n'est ici rien de plus que la réduction des
coûts d'exploitation. Dans ce type de calcul, on ne compare les dépenses
ajoutées d'investissement qu'avec les économies qu'elles ont permis de
réaliser. Donc, nous avons affaire à un cas spécial de calcul d'efficacité
relative des investissements.
En règle générale, on peut dire que ce type de calcul caractérise les
économies où les objectifs d'un sujet économique donné sont déterminés
directement sans passer par les catégories monétaires-marchandes.
Une autre évaluation de l'efficacité relative des investissements, moins
analysée dans la littérature économique, part de l'hypothèse de l'identité
des effets d'économie sans impliquer celle des effets d'utilité. Un tel calcul
est cependant impossible si l'on n'exprime pas les effets d'utilité en valeur.
On peut donc penser que ce type de calcul n'exprimait pas l'effet d'utilité
en valeur pour en éviter la distorsion due à un système inadéquat des prix.
Par ailleurs, l'effet d'économie est exprimé en valeur et n'exclut pas une
éventuelle distorsion des prix. En outre, on ne sait pas si la déformation
du calcul due à des prix défectueux est pire que la déformation due à des
méthodes imparfaites de réduction des différents effets à un effet identique.
Le calcul complet de l'efficacité relative ne nécessite pas l'identité des
effets d'utilité ou d'économie. Il n'exige que l'existence de plus d'une
variante de réalisation d'un projet d'investissement.
Le second type de calcul ou calcul de l'efficacité absolue de l'investiss
ement rejette l'hypothèse que la structure prévue de la production est donnée.
La sphère de choix est l'optimisation de la structure par branche non
seulement dans le cadre des dépenses ajoutées d'investissement mais aussi
dans celui des dépenses de base. Donc, l'objet de l'optimisation est la
dépense totale d'investissement. L'évaluation de l'efficacité absolue s'expr
ime alors ainsi :
Effet des dépenses totales d'investissement
Dépenses totales
Ce calcul ne diffère de l'efficacité relative que par le fait qu'il évalue
l'efficacité des dépenses totales d'investissement alors que le premier se
limite aux dépenses ajoutées.Il est également clair que le calcul d'efficacité
absolue inclut celui de l'efficacité relative.
110 des méthodes d'évaluation de l'efficacité des investissements en Pologne L'évolution
2, Calcul statique de l'efficacité relative de l'investissement
La recherche de méthodes adéquates d'évaluation de l'efficacité des
investissement a déjà une longue histoire en Pologne. Nous ne remonterons
pas à ses origines mais commencerons en 1962, qui marque la fin d'une
période de réflexion théorique et d'expériences diverses. En 1962 est publiée
l'« Instruction générale pour les méthodes de recherche de l'efficacité des
investissements»1. Ce document proposait une méthode fondée sur des
conceptions théoriques cohérentes2. On doit particulièrement insister sur
cette liaison étroite entre le concept théorique et la méthode de calcul
introduite dans l'activité économique, liaison qui ne s'est jamais reproduite
depuis. L'essence de cette méthode est de choisir un projet d'investissement
tel que la fonction suivante atteigne un minimum :
où :
/ = dépenses d'investissement
K — coûts annuels d'exploitation sans l'amortissement
Pn = production annuelle en quantités physiques.
Introduire l'évaluation (1) de l'effet exprimé en quantités physiques au
dénominateur limite les possibilités d'utilisation de cette méthode pour
l'optimisation des variantes d'investissement où les effets d'utilité sont
identiques, c'est-à-dire ce type de calcul pour lequel on admet la règle
de l'identité des effets d'utilité.
La justesse des calculs économiques concernant l'investissement dépend
grandement du niveau adéquat du taux d'efficacité. La détermination de
ce paramètre, analysé par M. Rakowski, est notable pour deux raisons3.
Elle a servi à justifier le taux d'efficacité adopté en pratique et a été fort
ement influencée par la littérature consacrée au calcul de l'efficacité de
l'investissement. Beaucoup d'économistes ont été de ce fait convaincus
que la fonction du taux d'efficacité est d'équilibrer les dépenses d'investi
ssements et la main-d'œuvre à l'échelle de l'économie nationale.
Il faut noter que chez Rakowski, les limitations des ressources en main-
d'œuvre sont traitées de la même manière que les limitations des dépenses
(1) Publié par l'Office central de planification, Varsovie, 1962.
(2) Cf. Efektywnosé inwestycji (Efficacité de l'investissement), édité par M. Rakowski,
Varsovie, 1963.
(3) Cette conception a été exposée dans un article de Cz. Sulkowski, « Méthodes
de calcul du taux d'efficacité des dépenses d'investissement», Revue de l'Est, n° 3, 1973.
111 Czeslaw Sulkowski
d'investissement, de matières premières, etc. Cette approche n'est pas
totalement justifiée. D'abord, c'est le travail humain et non la main-d'œuvre
qu'il faut considérer comme une contrainte. Le fait que la quantité de
travail humain, disponible au cours d'une période planifiée, est limitée
est généralement admis. Mais on est moins disposé à admettre qu'il faudrait
traiter différemment les limitations du travail et celles de l'amélioration
des conditions d'emploi. Le travail humain est limité dans un sens différent
que ne le sont les conditions de travail. La société a intérêt à minimiser
le travail humain mais toujours à maximiser une amélioration relative des
conditions de travail. C'est pourquoi, dans un modèle mathématique de
l'économie socialiste, les dépenses en travail devraient être une fonction
minimisante des objectifs et les conditions de travail considérées comme
une contrainte.
On peut également expliquer ce problème d'une autre manière. Selon
la conception présentée plus haut et d'autres théories similaires, le niveau
d'intensité du capital dans les projets analysés, régulé par le taux d'efficacité,
dépend des ressources en travail humain qu'il sera possible d'employer
pendant la période planifiée. Pour une limite donnée d'investissement,
plus les ressources en main-d'œuvre sont importantes, plus le taux d'effica
cité devrait être élevé et, par conséquent, plus bas devrait être le niveau
d'intensité du capital dans les projets d'investissement envisagés.
La thèse repose sur deux prémisses :
— il faudrait employer la totalité de la main-d'œuvre libre,
— il réaliser le plein emploi sans affecter l'organisation des
horaires de travail en vigueur.
La première prémisse est claire et totalement justifiée dans une économie
socialiste. La seconde l'est moins. Elle implique que jusqu'ici un problème
important n'a pas été soulevé. On pourrait le poser dans les termes suivants :
qu'est-ce qui est plus avantageux du point de vue de l'intérêt social de la
société à un niveau donné de développement économique ? Assigner une
part des dépenses d'investissement à un accroissement additionnel de la
production des biens et services ou à un de la « production »
de temps libre ? Ce dernier type de « biens » s'obtient en élevant le niveau
de la mécanisation dans les projets d'investissements.
L'alternative entre une augmentation de la production de biens et services
et l'extension du temps libre devrait être prise en considération à toutes
les étapes du développement économique, encore que la nécessité d'un
tel choix se présente à une étape plus avancée de la société socialiste quand
le « prix » du temps libre commence à s'accroître. Ce « bien » spécifique
devrait alors être introduit dans le programme de production qui est l'objet
de la maximisation.
Pour déterminer le taux d'investissement, on peut prendre les heures
de travail comme contrainte mais uniquement à un stade où la société
n'accorde pas une valeur élevée au temps libre, c'est-à-dire quand son
« prix » est égal à zéro. Cela se produit généralement au stade de l'envol
112 L'évolution des méthodes d'évaluation de l'efficacité des investissements en Pologne
économique. En ce sens, les remarques faites plus haut ne se réfèrent pas
tant aux conceptions de Rakowski, exposées au début des années soixante,
qu'à celles d'autres auteurs, plus tardives.
La formule (1) n'inclut pas tous les facteurs qui différencient les projets
particuliers d'investissement. Le trait le plus caractéristique et peut-être
essentiel de cette méthode est qu'elle introduit des facteurs qui n'apparais
saient pas jusqu'ici dans le calcul mais qui différencient les variantes
d'investissement choisies en complétant progressivement l'évaluation de
base. Donc la méthode utilise logiquement le seul critère synthétique de
choix. Outre les facteurs introduits dans l'évaluation de base, la méthode
implique l'introduction des facteurs de différenciation suivants : gel des
dépenses d'investissement, durée de la période d'exploitation et variations
de la production et des coûts d'exploitation annuels, au cours de la période
d'exploitation.
Deux projets d'investissement peuvent différer l'un de l'autre par la
durée de la période de réalisation et par la répartition des dépenses sur
une période de temps, les autres facteurs restant constants. Une durée
plus longue de réalisation et une répartition moins favorable des dépenses
sur les diverses années provoquent certaines pertes évonomiques. Dans
la méthode analysée, il faudrait évaluer cette perte sur la base du niveau
du produit des dépenses nominales d'investissement (/), la période moyenne
de gel (n2) et le coefficient de gel (q:). Le coefficient de gel devrait exprimer
la valeur du revenu national qui aurait pu être obtenue à partir d'une
unité des dépenses d'investissement dégagées. On devrait inclure cette
perte dans le calcul en l'ajoutant aux dépenses nominales d'investissement
de manière à faire apparaître le fait que le résultat éventuel des dépenses
engagées ne serait pas destiné à accroître la production mais à augmenter
le fonds d'investissement dans l'économie.
Repousser les dépenses à une période ultérieure, ce qui se produit quand
on choisit une variante d'investissement pour laquelle la durée de réalisation
est moins longue et la structure — temps des dépenses plus favorable —
dégagera toujours une part du fonds d'investissement que l'on pourra
utiliser pour accroître la production, réaliser des économies des coûts
d'exploitation dans les projets anciens ou nouveaux ou augmenter la
consommation au sens large du terme.
Dans le type de calcul analysé, où la structure de la production est
considérée comme donnée et où on ne prévoit pas un accroissement addi
tionnel de la consommation, cette part du fonds d'investissement ne peut
être utilisée qu'à des fins d'économie. Il apparaît ainsi que d'ajouter la
perte résultant du gel des dépenses d'investissement au fonds nominal
d'investissement est justifié dans la même mesure qu'est justifiée la propos
ition selon laquelle les économies totales réalisées dans les coûts d'exploi
tation peuvent être transformées en dépenses d'investissement.
La manière dont le calcul prend en compte les différences dans les périodes
d'exploitation du projet d'investissement envisagé se fonde sur l'hypothèse
intéressante que chaque projet d'investissement devrait être considéré
comme une partie de l'ensemble des investissements dans l'économie
113 Sulkowski Czeslaw
nationale. Cette hypothèse a permis d'élaborer un modèle idéal de crois
sance économique, où l'investissement augmente à un taux régulier de
tant de a % et où tous les projets ont une vie utile de même durée de /années.
Dans ces conditions, on peut considérer un tel processus d'investissement
comme équivalent, en termes de volume de la production ,où les projets
ont une durée de vie utile de t années et une intensité du capital m, au
processus d'investissement dit standard avec les paramètres ts (égal à
20 ans) et ms, si existe l'égalité suivante :
m 1 ** / «7
m.
ou :
Zt : coefficient ajustant la production des projets avec une durée / de service.
On applique ensuite ces éléments macro-économiques à chaque projet,
en estimant que les projets avec une durée t de vie et une intensité de capital
mt peuvent être remplacés par un projet-type avec une période /, de vie
utile et une intensité de capital ms = mt : Zt sans affecter le volume total
de la production. Donc, dans l'équation (1), la production annuelle Pn
concernant toute durée de la période d'exploitation est remplacée par Pn.Zt
pour la période standard.
De même, on a. déterminé le coefficient Yt qui est destiné à ajuster les
coûts d'exploitation annuels sur une longue période d'exploitation. En
supposant qu'un pourcentage annuel a d'accroissement des investissements
et de la production correspond àc % d'augmentation annuelle des coûts
(c < a), le coefficient Yt se déterminera au niveau du quotient des
totaux de construction de projets ayant une durée de vie Gt quelconque
et des coûts totaux d'exploitation des projets-type (Gt) :
_GL _ \l + c/
Y,
)
Après prise en compte du gel et ajustement des coefficients, l'évaluation
(1) peut s'écrire :
E = aï(l +n2q2)+KYt (1')
L'un des traits originaux et caractéristiques de cette méthode est la
manière de déterminer la durée de la période d'exploitation qui sera la
base du calcul d'efficacité d'un projet donné. Cette méthode ne considère
114 L'évolution des méthodes d'évaluation de l'efficacité des investissements en Pologne
pas la période d'exploitation comme une grandeur donnée de l'extérieur
et susceptible d'affecter le calcul d'efficacité d'un projet ; au contraire,
l'évaluation de l'efficacité est décisive pour déterminer la durée de la
période d'exploitation de chacun des projets. On a découvert que le niveau
de (1') dépend de la durée de la période d'exploitation1 de
sorte que E = f\i). Cette fonction est décroissante au cours des premières
années de mise en œuvre et se met ensuite à croître, ce qui indique qu'il
existe également t = topt pour lequel E = /(f opt) = minimum. La durée
de la période d'exploitation pour laquelle cette fonction remplit une telle
condition est qualifiée de période optimale d'exploitation et devrait être
incluse dans le calcul de l'efficacité de l'investissement.
Après ce raisonnement relativement simple, on peut également conclure
que la période optimale d'exploitation dépend du rapport entre les dépenses
d'investissement (avec la perte due au gel) et les coûts annuels d'exploitation.
*opt ~
La relation entre topt et le rapport entre les dépenses et la période annuelle
d'exploitation n'est pas seulement vraie pour les cas où le choix est réalisé
à l'aide de l'évaluation (1). Comme l'a montré H. Fiszel2, cette relation
existe aussi quand on utilise un mode différent d'évaluation de l'efficacité
des investissements.
La méthode introduit différents niveaux de production et de coûts selon
les diverses années de la période d'exploitation de la même manière,
méthodologiquement, qu'on différencie les périodes d'exploitation et
consiste à ramener à des grandeurs constantes les variables de production
et de coût. L'équivalent constant de la production Pst et des coûts Kit est
calculé ainsi :
pst = rp £ pi «tV (1+a)'-1
i= 1
où :
rP> rk " expriment respectivement les coefficients dits de transformation
de la production et des coûts.
La forme finale du calcul d'efficacité est :
nzq2)KstYt
(1) Ceci résulte de l'hypothèse admise selon laquelle a > c.
(2) H. Fiszel, Teoria efektywnos'ci inwestycji ijej zastosowanie (Théorie de l'efficacité
de l'investissement et son application), Varsovie, 1969, p. 30.
115 Czeslaw Sulkowski
Jusqu'en 1975, on a recommandé d'utiliser l'évaluation (1") dans la
pratique économique.
3. Le calcul statique de l'efficacité absolue de l'investissement
Cette méthode, introduite en 19691, élargit grandement le calcul de
l'efficacité de l'investissement car elle peut servir de base à l'optimisation
des dépenses totales d'investissement. Son utilisation a cependant été
limitée à l'industrie. La méthode détermine cinq classes d'efficacité. On
utilise diverses évaluations comme critères permettant de classer un projet
d'investissement spécifique dans un groupe donné. L'inclusion d'un dans le plan central dépend alors de sa position dans
l'échelle de classification.
Le critère le plus courant, c'est-à-dire le critère fondamental de choix
est l'évaluation de l'efficacité de la production en devises (Ed) et le class
ement d'un projet donné dans un groupe y d'efficacité s'effectue en remplis
sant la condition suivante :
yi-l < Ed = 7j, U = 1, 2 ... 5, y0 = 0, y5 = 1) (2)

Pd - valeur de la production annuelle en prix dérivés des prix en devises
Kd - coûts annuels d'exploitation avec amortissement, où la valeur des
matières premières importées ou de celles qui sont potentiellement
exportables est dérivée des prix en devises
a - taux d'efficacité absolue de l'investissement (a = 0,12).
jj - valeurs marginales de l'évaluation Ed pour chacune des classes.
Dans les cas où on ne peut pas exprimer en prix-devises la production
issue de l'investissement envisagé, on utilise comme mesure de base (Er)
l'évaluation de 1' efficacité marchande de la production. Le critère de
classement d'un projet donné dans un groupe particulier d'efficacité
consiste à remplir la condition suivante :
Er = = 2 ... 5, ôt = 0, <55 = (3)
(1) Ramowe wytyczne w sprawie metod oceny i klasyfikowania inwestycji przemyslowych
nowo rozpoczynanych w latach 1971-1975 z punktu widzenia ekonomicznej efektywnosd
(Directives générales pour les méthodes d'évaluation et de classement des nouveaux
investissements industriels entrepris à partir de 1971-1975 du point de vue de l'efficacité
économique), Monitor Polski, n° 24, 1969.
116