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Le cimetière dans le Moyen Âge latin. Lieu sacré, saint et religieux - article ; n°5 ; vol.54, pg 1047-1072

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Annales. Histoire, Sciences Sociales - Année 1999 - Volume 54 - Numéro 5 - Pages 1047-1072
The cemetery in the Middle Ages sacred holy and religious place. LAUWERS. The institution of the Christian cemetery- a collective burial space for the faithful attached to cult edifice and consecrated by bishop- required long evolution that implied several discontinuities from Antiquity and was not fully accomplished until the twelfth century. Placing the dead consecrated ground reverts to Ecclesia in all its forms: a spiritual society made up of the community of the faithful, but also an ensemble of stone buildings rooted in the ground -ground in which the bodies of the Christians are buried against the walls of churches. In the absence any scriptural or patristic authority medieval people mainly used juridical categories from Antiquity to justify the institution of the Christian cemetery Canonists and liturgists called the cemetery sacred place holy and religious according to tripartition defined by late Roman law (sacer/ sanctus/ religiosus). The notions of Roman law thus rediscovered by clerics were manipulated contorted in order to conform to the medieval realities to which they were basically alien.
26 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1999
Nombre de lectures 58
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Monsieur Michel Lauwers
Le cimetière dans le Moyen Âge latin. Lieu sacré, saint et
religieux
In: Annales. Histoire, Sciences Sociales. 54e année, N. 5, 1999. pp. 1047-1072.
Abstract
The cemetery in the Middle Ages sacred holy and religious place.
The institution of the Christian cemetery- a collective burial space for the faithful, attached to a cult edifice, and consecrated by a
bishop- required a long evolution that implied several discontinuities from Antiquity, and was not fully accomplished until the
twelfth century. Placing the dead in consecrated ground reverts to "Ecclesia" in all its forms: a spiritual society made up of the
community of the faithful, but also an ensemble of stone buildings rooted in the ground -ground in which the bodies of the
Christians are buried, against the walls of churches.
In the absence any scriptural or patristic authority medieval people mainly used juridical categories from Antiquity to justify the
institution of the Christian cemetery. Canonists and liturgists called the cemetery a "sacred place", "holy" and "religious",
according to a tripartition defined by late Roman law ("sacer"/ "sanctus"/ "religiosus"). The notions of Roman law thus
"rediscovered" by clerics were manipulated, contorted, in order to conform to the medieval realities, to which they were basically
alien.
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Lauwers Michel. Le cimetière dans le Moyen Âge latin. Lieu sacré, saint et religieux. In: Annales. Histoire, Sciences Sociales.
54e année, N. 5, 1999. pp. 1047-1072.
doi : 10.3406/ahess.1999.279800
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1999_num_54_5_279800LE CIMETIERE DANS LE MOYEN AGE LATIN
Lieu sacré saint et religieux
Michel LAUWERS
une des particularités de encadrement des gens par le pouvoir au
cours du Moyen Age tient au rôle joua institution ecclesiale et au
double processus de spiritualisation et de spatialisation des relations sociales
qui le caractérise Spiritualisation en raison une volonté enserrer les
relations de parenté charnelle qui structurent nombre de sociétés en des
liens spirituels définissant la communauté des fidèles frères les uns par
rapport aux autres soumis la paternité divine les chrétiens dont le
baptême marque la naissance spirituelle cheminent vers le salut sous la
direction hommes glise idéalement déliés de tout lien charnel1 Quant
la spatialisation des relations sociales elle été bien mise en évidence
par les médiévistes depuis une vingtaine années ancrage progressif
qui se généralise sans doute aux 11e et 12e siècles de groupes habitants
en des lieux fixes fréquemment autour une église et un cimetière
constitue un des phénomènes majeurs de histoire médiévale2
Cette étude con ue en dialogue avec Eric Rebillard dans la perspective des recherches
animées par Dominique logna-Prat sur la spatialisation du sacré doit également beaucoup
aux discussions avec Charles de Miramon ils trouvent ici expression de mon amicale
gratitude Des versions antérieures et partielles de ce travail ont été présentées lors de séminaires
et tables rondes tenus en 1997 et 1998 Nice Auxerre Budapest et Monte Angelo je
remercie pour leurs remarques les participants de ces rencontres ainsi que Luc Ferrier Alain
Guerreau Barbara Rosenwein Manuel de Souza et Elisabeth Zadora-Rio
Voir en dernier lieu GUERREAU- JALABERT Spiritus et caritas Le baptême dans la
société médiévale dans La parenté spirituelle RITIER-AUGE et COPET-ROUGIER dir.)
Paris 1996 pp 133-203
inspirant très tôt un certain nombre de travaux réalisés par les archéologues Robert
Fossier joué un rôle pionnier dans appréciation de ce phénomène le datant des environs
de an mil cf entre autres CHAPELOT et FOSSIER Le village et la maison au Moyen Age
Paris 1980 en part 143 FOSSIER Enfance de Europe Aspects économiques et sociaux 1982 pp 355-357 Depuis les archéologues ont quelque peu nuancé la chronologie
adoptée par les historiens abandon des nécropoles en plein champ lien entre espace funéraire
édifice de culte et parfois habitat dès les 7e-8e siècles fixation et polarisation de habitat
1047
Annales HSS septembre-octobre 1999 no pp 1047-1072